Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 6 semaines
Jean-Joseph Clément, 59 ans, réparateur de machines agricoles. A l'été 1989, il est retrouvé le visage massacré près d'Avignon. Une pluie de coups. Dès le début, le routard, Francis Heaulme, 30 ans, est interrogé. Personne ne sait alors qu'il a déjà tué huit personnes. Il va falloir attendre 37 ans pour le renvoyer aux assises.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00L'heure du crime, 14h15, c'est l'heure du crime sur RTL, avec Jean-Alphonse Richard.
00:07Jean-Joseph Clément, un réparateur en machine agricole de 59 ans, retrouvé le crâne fracassé sur les bords d'une
00:14rivière dans le Vaucluse.
00:15Nous sommes le 6 août 89, à l'époque Francis Aulme est encore un inconnu.
00:22Bonjour, Jean-Joseph Clément, 59 ans, réparateur de machines agricoles.
00:28A l'été 1989, il est retrouvé le visage massacré près d'Avignon.
00:33Dès le début, le routard Francis Aulme, 30 ans, est interrogé.
00:38Personne ne sait alors qu'il a déjà tué 8 personnes.
00:42Il va falloir attendre 37 ans pour le rattraper dans cette affaire.
00:47Jean-Joseph Clément, la dernière victime de Aulme, l'heure du crime, votre rendez-vous 100% fait divers et
00:53c'est tout de suite sur RTL.
01:03Mardi 8 août 1989, 14h55, quatre jeunes vacanciers venus se baigner dans l'Ouvese, à Bédaride, dans le Vaucluse.
01:14Signale à la gendarmerie la présence d'un corps dissimulé dans des fourrés en bordure d'un chemin.
01:19La victime gît face contre terre, en partie dévêtue.
01:24Elle ne porte plus qu'un slip, un t-shirt, une chemise à carreaux déchirés et des chaussettes.
01:30Le légiste note son visage déformé, déplé à la face, au crâne, à la main gauche.
01:37Le nez a été enfoncé.
01:39L'autopsie conclut à une contusion cérébrale.
01:42Six coups portés à la tête, avec un objet contondant, ont entraîné une importante hémorragie.
01:49Un pistolet à peinture, couvert de sang, retrouvé à proximité du cadavre, a pu servir à frapper.
01:56À 350 mètres de là, un break Peugeot 405 blanc s'est enlisé dans les graviers.
02:03Quelqu'un a démarré le véhicule et fait une mauvaise manœuvre.
02:06L'enjoliveur arrière gauche porte des éclaboussures de sang.
02:10Les clés ne sont plus au tableau de bord.
02:13Le propriétaire de l'auto et la victime ne font qu'un seul homme.
02:17Jean-Joseph Clément, 59 ans, réparateur de machines agricoles.
02:22Il habite Pierre Latte, dans la Drôme.
02:25Sa femme n'avait plus de nouvelles de lui depuis la veille.
02:28Jean-Joseph Clément avait pris la route autour de 13h15.
02:31Il a porté une pièce mécanique, un joint usagé de tracteur, dans un atelier à Avignon.
02:36La pièce en question a disparu, tout comme les lunettes de vue de la victime et son portefeuille.
02:47Les gendarmes ramassent plusieurs mégots sur la scène de crime.
02:50Trois marques différentes.
02:52Jean-Joseph Clément ne fumait pas.
02:53Le lieu où il a été tué est connu pour être fréquenté par des prostituées.
02:58Des empreintes digitales sont relevées sur le rétroviseur et une portière de la Peugeot.
03:02Le sang sur le pistolet à peinture est bien le sien.
03:06Tout comme le sang qui macule un jean d'homme couleur bleu clair de marque Belmondo et de taille 42
03:14-43 abandonné sur place.
03:16Ce pantalon n'appartient pas à Jean-Joseph Clément.
03:21Dans la poche est retrouvé en morceau de papier avec les chiffres 85, 09, 21, un numéro de téléphone incomplet.
03:34Mardi 8 août, 18h32, quelques heures après la découverte du corps de Jean-Joseph Clément,
03:39les gendarmes interpellent un individu qui traîne à 100 mètres de la scène de crime.
03:44Il est grand, il est maigre, il a le visage émacié, il porte des lunettes à monture métallique, une chemise
03:51et un short.
03:52Il présente sa carte d'identité.
03:54Francis Holm, 30 ans, né à Metz, sans domicile fixe, il fait la route, il est hébergé de foyer en
04:01foyer, il passait là par hasard.
04:03Il logeait dans un foyer Emmaüs à Marseille, il fait du stop.
04:07Ce Holm est alors inconnu de la police, on le laisse repartir.
04:11Quatre jours plus tard, Francis Holm consulte un médecin de la région.
04:15Il déclare avoir été attaqué au couteau par un inconnu.
04:19Et effectivement, le docteur constate une plaie de 3 à 4 centimètres à l'avant-bras gauche.
04:24Deux autres plaies peu profondes au-dessus de son sein gauche.
04:29Rien de vital, Holm demande à être hospitalisé à Montélimar.
04:33Impossible alors de savoir qu'en cet été 1989, cet homme a déjà tué huit personnes, des femmes et deux
04:43enfants.
04:43Il n'a jamais été repéré.
04:46A chaque fois, il a repris la route pour se fondre dans la nature.
04:50C'est un SDF anonyme.
04:54Une certitude, Francis Holm était bien présent à proximité du lieu où Jean-Joseph Clément a été tué.
05:00Et ça, c'est une information capitale.
05:02Et effectivement, si c'est une coïncidence, cette coïncidence, elle est énorme.
05:05Comment un tueur en série peut-il se retrouver sur une scène de crime sans qu'il soit responsable de
05:10ce qui vient de se passer ?
05:11Alors effectivement, tout est possible, mais le pourcentage, il est extrêmement faible.
05:15La justice ne le connaît pas, c'est important.
05:17Il n'est pas encore pointé du doigt comme étant le routard du crime.
05:22Il va falloir attendre deux ans et demi encore avant que les gendarmes découvrent que Holm est tout simplement un
05:28tueur en série.
05:29Et ça, ça va être une immense surprise.
05:31Il faut revenir à l'affaire Jean-Joseph Clément.
05:34Bonjour, Maître Didier Seban.
05:36Bonjour.
05:37Merci beaucoup d'être avec nous en direct depuis la foire de Chalon en Champagne, avec nous dans le studio
05:43éphémère de l'heure du crime.
05:46Vous êtes avocat à Paris et vous défendez les intérêts de Christine Clément.
05:49C'est la fille de Jean-Joseph Clément, Christine Clément, qui est avec nous également dans l'heure du crime.
05:53On va lui en parler dans un instant.
05:55Maître Didier Seban, une attaque trapuleuse a priori.
05:59Le portefeuille a été volé, les lunettes aussi, on ne sait pas trop bien pourquoi, ce sont des lunettes de
06:02vue, dans un lieu pas très bien fréquenté.
06:06Il y a un déferlement de violence.
06:08Ça, c'est ce qu'on note tout de suite.
06:09Oui, une violence inouïe, c'est aussi un des éléments qui va convaincre Mme Aude Christot, la juge d'instruction
06:16de renvoyer Francis Holm devant la cour d'assises.
06:19C'est le déroulé des faits, la violence des coups.
06:22On retrouve systématiquement chez Francis Holm ce déchaînement de violence.
06:30C'est brutal, c'est une cascade de violence.
06:32Oui, c'est ça.
06:34Il s'est jeté sur lui et il l'a laissé mort.
06:38C'est vraiment les circonstances de ces faits.
06:41Et on retrouve à chaque fois la même violence, déferlement à un moment donné, quelque chose qui prend Francis Holm
06:48et qui fait qu'il tue de colère.
06:50Il dit d'ailleurs dans ses aveux, parce qu'il va passer deux fois des aveux, il dit j'ai
06:54été bouleversé par la colère.
06:56Oui, alors j'ai été bouleversé par la colère, M. Didier Seban, vous le connaissez bien Francis Holm, vous l
07:00'avez suivi, vous avez analysé son dossier, vous avez lu les expertises sur lui.
07:05Ça fait des années qu'on parle de Francis Holm, c'est une figure du crime français.
07:09Quelques mots sur Francis Holm, à l'époque, il n'est pas connu de la justice.
07:14C'est un routard, il va de lieu en lieu, c'est très compliqué de le suivre finalement.
07:19Oui, on le retrouve souvent dans les hôpitaux psychiatriques quand il sort de ses crimes et dans les centres Emmaüs
07:25quand il va en commettre.
07:27Il se fait héberger par Emmaüs un peu systématiquement.
07:30C'est un homme dont on dira qu'il a une intelligence en dessous de la moyenne, très en dessous.
07:37Un coefficient intellectuel de 70, quelque chose comme ça.
07:40Mais il a l'intelligence du criminel, c'est-à-dire qu'il sait aussi se rendre plus bête qu
07:46'il ne l'est pour qu'on ne l'identifie pas au fond.
07:50Il y a un côté un peu sournois quand même.
07:52Il y a un côté sournois à chaque fois, exactement.
07:54C'est important ce que vous dites, Maître Sebon, je reviens juste là-dessus, mais c'est un petit point
07:58très important.
07:58Vous dites, Holm, chaque fois qu'il va commettre un crime, il est dans un centre Emmaüs.
08:03Il dort, tout se passe bien, puis il reprend la route, il fait du stop.
08:06Et ensuite, dès qu'il a commis ce crime, effectivement, il va dans des asiles psychiatriques.
08:11Il va dire, ça ne va pas, j'ai mal à la tête, on lui donne des produits.
08:14Il va rester quelques jours.
08:15Ça, c'est une habitude.
08:16C'est une habitude.
08:17D'une certaine manière, on peut faire son parcours criminel au travers des centres Emmaüs qu'il a fréquentés, des
08:22hôpitaux psychiatriques.
08:23Et on peut dire que quasi systématiquement, il y a un acte d'extrême violence avant son hospitalisation.
08:29Et ça, ça s'est passé, effectivement, dans l'affaire que nous traitons aujourd'hui, l'affaire Jean-Joseph Clément.
08:34On retrouve ce parcours, effectivement, même si à l'époque, je le répète, mais c'est important,
08:38à l'époque, on ne le connaît pas, cet homme dangereux qui est tout maigre, etc., qui est très grand,
08:42mais qui a une puissance absolue.
08:44C'est une espèce de lutteur, comme ça, et il fracasse ses victimes.
08:49Bonjour, Christine Clément.
08:50Bonjour.
08:51Merci beaucoup d'être avec nous également dans le studio L'Heure du Crime, d'avoir fait cet effort de
08:55venir nous voir.
08:56Et c'est très gentil à vous pour parler, effectivement, de votre père disparu.
09:01Je rappelle, simplement, mais on y reviendra, que ça fait des années que vous cherchez la vérité.
09:05Vous êtes parmi ces victimes.
09:07On en parle souvent dans L'Heure du Crime, de ces victimes qui, pendant des années, cherchent une vérité, cherchent
09:11des réponses, sans parfois les obtenir.
09:13Vous êtes en train de toucher au but, mais ça, on va y venir.
09:16Alors, Christine Clément, comment vous apprenez la mort de votre père ?
09:21Parce que c'est extrêmement brutal.
09:24Votre père, ce n'est pas un bagarreur, il n'a jamais eu affaire à la justice.
09:27Non, du tout.
09:27Papa était une personne très, très calme, très, très gentille.
09:31Et moi, j'apprends, le soir de sa disparition,
09:35la personne qui était avec lui, sa compagne, me téléphone pour me dire que papa n'était pas rentré
09:41et qu'il était parti.
09:42Je lui demande où.
09:43Elle me dit qu'il était parti sur Avignon faire des courses pour des machines.
09:48Et elle me dit qu'il n'est pas rentré.
09:50C'était assez bizarre parce que, 17h30, il devait récupérer sa voiture neuve sur Valréas.
09:58Et je lui dis, bon, donc j'arrive, donc je suis allée chez mon papa.
10:04Et on est parti, j'ai pris ma voiture et on a refait le trajet jusqu'à Avignon.
10:08Quand vous, Christine, c'est important, quand vous apprenez que votre père, il est mort,
10:13il n'est pas mort de façon naturelle.
10:14Il n'a pas eu un infarctus, là, au bord de la route.
10:17C'est ce que j'ai cru au départ.
10:18Voilà, il a été fracassé.
10:20Il a été massacré, cet homme.
10:22Il n'y a pas d'autre terme.
10:23Il n'y a plus de visage, quasiment.
10:24Je sais, oui.
10:25Il est écorché dans tous les sens, etc.
10:28On s'est acharné sur lui.
10:29Quand vous apprenez ça, je ne suppose pas tout de suite.
10:32J'ai appris ça le lendemain par des gendarmes.
10:35Alors, au bout d'arrêt de Courtaison, là, je ne me rappelle plus du tout,
10:38qui m'ont dit qu'il avait retrouvé, mais qu'il était décédé.
10:43Donc, ils m'ont convoqué.
10:45Donc, je suis allée sur la BR, la brigade de recherche d'Avignon.
10:49Et le corps, vous n'allez pas le voir tout de suite ?
10:50Non, je suis allée le voir trois jours, quatre jours après.
10:54Mais je ne l'ai pas reconnu tellement qu'il était...
10:58Abîmé.
10:59Oui, ça va qu'il avait une très, très grosse verrue derrière la tête.
11:02Dans le coup, je l'ai reconnu à ça.
11:05Deux ans et demi plus tard, une arrestation et une série d'aveux.
11:09Jean-Joseph Clément, la victime oubliée de Francis Holm.
11:12Lorsque j'ai frappé, j'ai pensé au premier meurtre que j'ai commis.
11:15Je me suis dit, tiens, j'en ai liquidé encore.
11:18L'enquête de l'heure du crime, on se retrouve dans un instant sur RTL.
11:33L'heure du crime, présentée par Jean-Alphonse Richard sur RTL.
11:39L'heure du crime consacrée à l'affaire Jean-Joseph Clément, mécanicien agricole,
11:44retrouvé mort tabassé près d'Orange à l'été 1989.
11:47Francis Holm, inconnu à l'époque, avait été contrôlé sur les lieux et relâché.
11:52Il va être réentendu et il va faire des aveux.
11:58Dimanche 19 novembre 1989, quatre mois après le meurtre de Jean-Joseph Clément,
12:05le routard Francis Holm, localisé en Meurthe-et-Moselle, est placé en garde à vue.
12:11On le réinterroge sur sa présence à Bédaride le jour de la découverte du corps.
12:15Holm nie, mais il laisse filtrer quelques informations.
12:19Il se souvient, effectivement, qu'il portait un pantalon.
12:23Il l'avait sali, il s'est changé.
12:26Il a enfilé un short, il ne sait plus ce qu'il a fait du fameux pantalon.
12:31Il raconte qu'il n'était pas bien dans sa tête à cette période.
12:34Il venait de faire un séjour en psychiatrie, audition qui n'est pas concluante.
12:38La garde à vue est levée.
12:43Mardi 7 janvier 1992, trois ans après la mort de Jean-Joseph Clément,
12:49Francis Holm est à nouveau placé en garde à vue, à Brest cette fois.
12:53Les gendarmes de la section de recherche de Rennes, le maréchal des logis Jean-François Abgral en tête,
13:00le soupçonnent d'avoir tué au printemps 89 une aide soignante dans le Finistère, Aline Péresse.
13:06Le suspect avoue ce meurtre.
13:08Au sortir de la garde à vue, un gendarme l'interpelle.
13:12Et au fait, pour le petit vieux à Avignon, c'est toi ?
13:17Holm, en confiance, répond aussitôt, oui, c'est moi aussi.
13:22Mardi 3 mars 1992, deux mois après ses premiers aveux, Francis Holm confirme avoir tué Jean-Joseph Clément.
13:29Et il donne de nouveaux détails.
13:31C'était entre 13h30 et 17h, il s'en souvient.
13:34Il avait bu.
13:35Lors de son passage au foyer Emmaüs à Marseille, il avait emprunté un pistolet à peinture.
13:41Le même que celui retrouvé ensanglanté près du corps.
13:43J'étais énervé.
13:45Le stop ne marchait pas.
13:47J'ai pris mon pistolet en main et je me suis dit, le premier qui passe, je lui cognerai dessus.
13:52J'étais en manque d'alcool.
13:54Il raconte que la victime est arrivée en voiture, avec une femme blonde à bord, une prostituée du coin.
13:59La quarantaine, mini-jupe, les deux se sont disputés près de la rivière.
14:04Ils regardaient tout ça.
14:06L'homme se plaignait du prix, demandait, trop cher.
14:08La femme est partie.
14:10Il ne se souvient plus des détails, mais il a frappé la victime à la tête.
14:14Lorsque j'ai frappé, j'ai pensé au premier meurtre que j'avais commis.
14:18Je me suis dit, tiens, j'en ai liquidé encore un.
14:22Lors de l'interrogatoire, Francis Holm accepte d'enfiler le fameux jean ensanglanté retrouvé sur la scène de crime.
14:28Eh bien, ce pantalon lui va parfaitement.
14:36Vendredi 10 avril 92, Holm est mis en examen pour le meurtre de Jean-Joseph Clément, mais face au juge,
14:41il se rétracte.
14:42Il a tout inventé.
14:44Tout sort de son imagination.
14:46Dès lors, le routard, qui avait pourtant dessiné un croquis très exact de la scène de crime,
14:50et donné des détails précis, ne va cesser de multiplier les déclarations contradictoires et floues au sujet du crime de
14:57Bédaride.
15:00Des aveux, des rétractations, mais beaucoup d'éléments, vous venez de l'entendre.
15:05Des informations qui semblent accabler Francis Holm.
15:08Et on est là 3 ans, 4 ans, après le meurtre de Jean-Joseph Clément.
15:12La famille de la victime se plaît à espérer un procès, mais elle se trompe.
15:16Et pourtant, il est mis à l'examen.
15:18Mais cette famille, elle va être déçue.
15:19Et cette famille, elle va être cassée.
15:20On parle toujours des familles dans l'heure du crime, parce que ce sont les victimes collatérales, comme on dit.
15:25Ce sont des gens qui ont souffert, mais on n'en parle jamais.
15:28Ils sont dans l'ombre, et puis effectivement, ils traînent ce fardeau de la mort d'un proche pendant des
15:32années et des années.
15:33Ça, c'est terrifiant.
15:35Holm avait déjà entendu deux fois.
15:38Dans quelles conditions, Didier Seban, vous êtes avec nous dans cette heure du crime,
15:41vous défendez Christine Clément, c'est la fille de Jean-Joseph Clément.
15:44Vous êtes avocat, bien sûr.
15:47Dans quelles conditions il avoue devant les gendarmes de Rennes,
15:51après tout, ce qu'il raconte, c'est assez précis, même s'il faut le suivre un petit peu.
15:56C'est toujours un peu décousu avec Holm.
15:58Oui, Holm, c'est difficile de l'interroger, parce que souvent, quand il parle d'une affaire,
16:03il passe à une autre.
16:04Il mélange les faits.
16:06Il décrit un autre crime.
16:08Donc, c'est pour ça aussi qu'il faut travailler sur tous ses aveux,
16:11puisque souvent, il va reconnaître un fait, mais ce n'est pas le fait sur lequel on l'interroge.
16:16Et il a un côté...
16:18Un peu fantasque.
16:19Un peu fantasque, oui.
16:21Et je dois dire que celui qui sait l'interroger, c'est Abgral.
16:26Il va la nouer une relation de confiance.
16:27C'est un enquêteur chevronné.
16:29Il sait l'amener à créer une relation.
16:33Raconte-moi, vas-y, dis-moi, qu'est-ce qui s'est passé ?
16:37Et évidemment, Holm avoue, il avoue d'autant plus dans le détail,
16:42c'est ça ce qui m'a impressionné, qu'il fait un plan extrêmement détaillé.
16:46Il le dessine.
16:46Il le dessine de sa main.
16:48Un mot là-dessus, Maître Seban, vous connaissez très bien la trajectoire de Holm.
16:52Les plans, il aime bien ça, Holm.
16:53Il aime bien dessiner.
16:55Tout de suite, il dessine avec les enquêteurs.
16:56Exactement, à la limite, il a plus de facilité à dessiner qu'à parler.
17:00C'est ça.
17:01C'est un manuel.
17:02Et donc, il dessine vraiment le plan qui correspond à la scène de crime qu'ont vu les gendarmes.
17:08Donc, on ne peut pas...
17:10Et puis, il parle d'une chose qu'ont pas forcément les gendarmes.
17:14Il parle du pistolet à peinture, du fait qu'il s'en est servi pour...
17:18Pour frapper.
17:19Pour frapper.
17:19Et on le retrouve sur la scène de crime.
17:22Donc, et il dit qu'il l'a pris chez Emmaüs.
17:25Donc, vraiment, on peut difficilement faire des aveux plus sympathiques, mais plus importants, plus précis.
17:31Mais il va y avoir une malédiction au Holm au tribunal de Reims.
17:35On va en parler.
17:36On va en parler.
17:37Évidemment, le Reims n'est pas très loin d'ici, de Châlons-Champagne, où on est ici en direct de
17:41la foire de Châlons.
17:42On va en parler, parce que ça va être la malédiction de ce dossier, qui va se retrouver figé dans
17:46une espèce de marécage,
17:48dont on ne va pas sortir pendant des années.
17:50Et ça, c'est dramatique.
17:51Mais ça, la justice a vraiment beaucoup de responsabilité dans ce dossier, il faut bien le dire.
17:57Christine Clément, fille de Jean-Joseph Clément, également invitée aujourd'hui de l'heure du crime à Châlons-en-Champagne,
18:03à la foire de Châlons-en-Champagne.
18:05Là, vous vous dites...
18:07Voilà, il y a un homme qui a avoué.
18:08Évidemment, vous ne le connaissez pas, c'est Francis Holm.
18:10C'est sûrement un cinglé, etc.
18:13Il a tué mon père.
18:15On va savoir, là.
18:17Il y a beaucoup d'espoir dans la famille, à ce moment-là.
18:19Tout à fait, oui.
18:20C'est vrai que moi, je ne le connaissais pas du tout.
18:22À l'époque, je ne suivais pas trop non plus tout ça, quoi.
18:25Donc, oui, pour moi, ça a été une bénédiction de savoir que c'était lui.
18:31Ça a été aussi un soulagement, parce qu'on a toujours un peu peur qu'il y ait quelqu'un
18:34dans la nature qui se promène.
18:37On n'est jamais tranquille, quoi.
18:38Donc, de savoir que c'était lui, oui, j'ai dit, enfin, on va arriver à un procès.
18:44À un procès.
18:45Et Christine, avec votre maman, à ce moment-là, vous vous dites, ça y est, on va savoir, on va
18:52l'avoir.
18:52Cet homme-là, il va être au tribunal, devant la cour d'assises.
18:55On va peut-être pouvoir même lui parler.
18:57C'est ça que vous dites ?
18:58Oui, tout à fait.
18:58Oui, lui parler, surtout pour savoir pourquoi il a tué papa, quoi.
19:04Donc, oui, avoir les réponses sur les questions.
19:07Ça, c'est important.
19:08Tout à fait.
19:09Et je crois que vous avez, évidemment, ce dossier, vous connaissez par cœur, vous l'avez lu et relu.
19:13Et vous saluez le travail de Jean-François Abogal, le gendarme.
19:19Ah, bien, tout à fait.
19:20Oui, oui.
19:21Parce que lui...
19:21Lui, comme dit très bien Maître Seban, il sait parler à Holm.
19:24Oui, lui, il sait lui parler, oui.
19:26À lui, il lui parle, il lui fait justement des croquis, des dessins.
19:30Donc, oui, c'est vrai que lui a ouvert une porte assez importante.
19:35Tout à fait.
19:36Maître Didier Seban, dans les détails que donne...
19:38Parce que ça, il faut bien cadrer ce dossier, Jean-Joseph Clément.
19:42Là, on l'a dans la main, Holm.
19:44Et on sait quasiment que c'est lui.
19:46Il ne peut pas inventer tout ça.
19:47Il va parler aussi de la prostituée, qu'on va retrouver plus tard,
19:53qui ne parlera pas à l'époque.
19:54Elle a un petit peu disparu.
19:56Elle se prénomme Rosemonde.
19:58C'est lui qui en parle.
19:59C'est lui qui dit qu'il y avait cette femme qui était sur place.
20:01Et ce qui est important, c'est que la dernière juge d'instruction l'a retrouvée.
20:05Oui.
20:05Madame Aude Castot l'a retrouvée, il l'a fait interroger,
20:08et elle a confirmé ce qui s'était passé.
20:11Donc, évidemment, il est dans des détails absolument précis.
20:19Il est dans un déroulé des faits qui correspond à ce qu'on sait des faits.
20:23Et il est sur place, mais quand même, un tueur sur place,
20:26dans une région dont on sait qu'il va commettre un meurtre abominable
20:32avec la violence, évidemment, de Francis Holm,
20:38c'est caractéristique.
20:39C'est ce qui fait notre conviction de sa culpabilité
20:42dès que nous voyons ce dossier.
20:44C'est la signature.
20:46On va demander d'ailleurs au juge de rassembler tous les dossiers à Holm
20:49pour voir comment il a tué les différentes personnes qu'il a tuées.
20:52et on retrouve ce parcours.
20:54Un dossier transféré à Reims, des scellés perdus,
20:59et un juge qui doute.
21:01Jean-Joseph Clément, la victime oubliée de Francis Holm,
21:04on ne peut pas exclure une affabulation du suspect.
21:08L'enquête de l'heure du crime, pourquoi ?
21:10Un dossier parfait, qui contient des aveux millimétrés,
21:13va s'effondrer et disparaître.
21:16Le retard est-il coupable ?
21:19Ou pas coupable ?
21:20A suivre dans un court instant sur RTL.
21:23Merci d'écouter RTL.
21:30RTL
21:34L'heure du crime, présenté par Jean-Alphonse Richard sur RTL.
21:39Psychiatre et psychologue ont brossé de Francis Holm un portrait des plus noirs.
21:44Intelligence médiocre, instable, impulsif, fier de lui, manipulateur, satisfait de la publicité faite autour des crimes qui lui sont reprochés.
21:54Retour dans l'heure du crime.
21:56Sur le meurtre de Jean-Joseph Clément en 1989 près d'Avignon,
22:00le tueur en série Francis Holm a avoué, avant de se rétracter,
22:04« Le dossier va changer de main puis se perdre totalement ».
22:11Vendredi 16 avril 1993, l'enquête sur la mort de Jean-Joseph Clément est transmise par le juge d'instruction
22:17d'Avignon
22:18à un de ses collègues, à Reims, devant le juge Rémois, Alain Schrick,
22:24Francis Holm continue à nier.
22:27Comble de malchance, des scellés de l'affaire ont disparu,
22:30dont des pièces maîtresses, le fameux jean ensanglanté et les mégots de cigarettes.
22:35Pour le juge, les preuves sont insuffisantes pour confondre Holm.
22:41Les empreintes sur la Peugeot 405 de la victime ne sont pas les siennes.
22:45Le juge est très critique vis-à-vis des enquêteurs,
22:48ils auraient obtenu des aveux pas du tout fiables.
22:52On ne peut pas exclure une affabulation du suspect fondée sur les entrevues
22:57avec les gendarmes, écrit le magistrat.
23:0018 décembre 2002, coup de théâtre,
23:04après 9 ans d'investigation,
23:07Francis Holm obtient un non-lieu.
23:10Jean-Joseph Clément, c'est pas lui.
23:12Le dossier est refermé.
23:18Jeudi 20 octobre 2022,
23:2033 ans après le meurtre de Jean-Joseph Clément,
23:23sa fille unique Christine et son avocat Didier Seban
23:26demandent la réouverture du dossier pour charge nouvelle.
23:29L'avocat explique que la connaissance du mode opérateur de Francis Holm,
23:33jugée à plusieurs reprises,
23:34et accusée à ce stade d'avoir tué 11 personnes,
23:38a largement évolué au fil des années.
23:40Selon lui, la mort de Jean-Joseph Clément porte la signature incontestable du routard du crime.
23:47Le dossier est alors rouvert à Reims.
23:50Nouveau juge d'instruction est désigné.
23:52Le 12 juin 2024, 35 ans après le meurtre,
23:57la procédure est aiguillée vers le pôle des colquaises.
24:0235 ans après le meurtre,
24:05on avait tout en main dans cette affaire Francis Holm.
24:08Parfois on dit la justice manque de preuves,
24:10la justice manque d'indices,
24:12la justice manque de témoignages,
24:14et effectivement on ne peut pas aller plus loin,
24:16c'est très compliqué pour les juges d'instruction, je l'entends bien,
24:19mais là, pardon,
24:21mais on a tout dans la main.
24:22Le dossier il existe,
24:24il est ficelé,
24:26il est très fourni.
24:28On se demande pourquoi effectivement ce juge de Reims,
24:30d'un seul coup,
24:31a foutu tout ça à la poubelle.
24:32C'est un mystère évidemment qui ne sera jamais résolu.
24:35Pertes et profits comme on dit.
24:37Alors il y a ce non-lieu prononcé en 2002,
24:40avec des attendus très célèbres,
24:42très, pardon, sévères,
24:43pour l'enquête.
24:46En fait, Maître Didier Sebrons est avec nous,
24:48avocat de Christine Clément,
24:50la fille de Jean-Joseph Clément.
24:51Ce que dit le juge de Reims sur Francis Holl,
24:54il dit en fait,
24:55entre les lignes,
24:56il dit ses aveux on lui a dicté.
24:58C'est trop beau pour être vrai.
25:00Exactement,
25:01on lui a fait dire des choses,
25:02il n'est pas assez malin
25:03pour avoir résisté à la pression des gendarmes,
25:06et pour avoir dit ce qu'on attendait de lui qu'il dise.
25:10C'est bien le problème de ces affaires,
25:13c'est-à-dire qu'en fait,
25:13un tueur en série,
25:15c'est comme les pièces d'un puzzle,
25:17il faut les prendre une par une,
25:18et il faut regarder,
25:19et il faut voir le parcours criminel.
25:21C'était intelligent de rassembler les dossiers à Reims,
25:24mais on est tombé sur un juge
25:25qui n'avait pas envie de les rassembler,
25:27n'avait pas envie d'étudier chacun de ces dossiers
25:31pour voir finalement l'implication de Francis Holl.
25:34Oui, c'est ça.
25:36Et ce qui était encore plus terrible,
25:38finalement la justice est un peu couverte elle-même,
25:40elle avait perdu les scellés.
25:41Les scellés se sont perdus entre Avignon et Reims.
25:46On ne sait pas.
25:48Vous imaginez ?
25:49Le pantalon,
25:50les habits que portait M. Clément,
25:54les éléments qui ont pu être réunis,
25:56ils sont perdus entre les deux juridictions,
25:58entre les deux tribunaux.
25:59Alors il faut bien,
26:00finalement,
26:01il y a une telle erreur,
26:02une telle faute
26:03qu'il faut bien la légitimer
26:05en disant finalement
26:06que ça n'avait pas d'importance
26:07puisqu'on n'avait pas l'auteur.
26:08Alors les scellés perdus,
26:09c'est scandaleux.
26:10En matière judiciaire,
26:11il y a eu beaucoup,
26:12beaucoup d'histoires,
26:13et vous en connaissez bien,
26:15beaucoup,
26:15beaucoup,
26:16M. Seban,
26:17où les scellés sont perdus.
26:19Là,
26:19ce n'est pas n'importe quel scellé.
26:20Il y a tous les mégots de cigarette
26:22qui étaient sur la scène de crime,
26:24c'est important,
26:25etc.
26:26Il y a ce fameux jean
26:27de Marc Belmondo
26:28qui allait très très bien
26:30à Francis Holm,
26:30totalement ensanglanté.
26:32Il dit lui-même
26:33qu'il s'est changé.
26:34Il était en short
26:34quand on le voit
26:35pour la première fois
26:36sur cette scène de crime.
26:38Donc effectivement,
26:39là,
26:39c'est absolument terrifiant.
26:41Christine Clément,
26:42vous êtes avec nous
26:43également dans l'heure du crime
26:44depuis la foire de Chalon
26:46en Champagne.
26:47Nous sommes en direct.
26:48Vous êtes la fille
26:49de Jean-Joseph Clément.
26:50Encore merci d'être avec nous.
26:52Il y a ce non-lieu
26:53à Reims.
26:55Evidemment,
26:55vous avez grandi.
26:56Les années ont passé.
26:57Vous attendez un petit peu
26:59ce procès depuis des années.
27:02Anne Massorane
27:02ne voit-tu rien venir.
27:03Le procès n'arrive pas.
27:05Et puis là,
27:05d'un seul coup,
27:06vous entendez
27:07et en ont lieu.
27:08C'est fini.
27:09Quelle est votre réaction ?
27:10Surtout quand j'ai entendu
27:12et quand j'ai reçu le courrier
27:13que j'ai ouvert cette lettre
27:15et que j'ai vu ça,
27:17j'ai dit que c'était aberrant.
27:18J'en ai voulu vraiment
27:18à ce juge.
27:19Vous avez pleuré, je crois.
27:21Ah ben oui.
27:22Ah oui,
27:22parce que là,
27:23tout s'effondre
27:24parce que j'ai dit
27:24moi, après,
27:25comment je vais faire ?
27:26En plus,
27:27j'avais à l'époque
27:28des avocats
27:29qui étaient véreux,
27:31incapables,
27:31nuls,
27:32qui m'ont mené en bateau
27:33pas possible.
27:36Donc oui,
27:36j'étais effondrée
27:37parce que je me tapais
27:38la tête contre les murs.
27:39Moi,
27:40il y a des juges
27:40qui me disaient
27:41d'amener des preuves
27:41mais quelles preuves
27:42ils voulaient que je leur amène ?
27:43Ça, c'est aussi une spécialité
27:45parfois, pardon,
27:45mais ça ne devrait pas exister.
27:47On demande aux victimes
27:48d'apporter des preuves.
27:49Donc bon,
27:49ça, effectivement,
27:51vous êtes complètement démunis
27:52face à cet appareil judiciaire.
27:53Ah oui,
27:53c'est eux qui ont perdu
27:54toutes les pièces.
27:54Donc moi,
27:55je ne peux rien amener,
27:56c'est impossible.
27:57Est-ce que c'est à ce moment-là,
27:59Christine Clément,
28:00que vous dites
28:01ce Holm,
28:02il faut que je poursuive,
28:03il faut que j'y aille.
28:04On ne peut pas en rester là
28:06parce que vous allez faire
28:07le tour de France
28:08pour suivre Holm partout.
28:09Vous renseignez partout,
28:10vous allez dans les tribunaux
28:12pour essayer de le voir
28:12lorsqu'il y a un procès.
28:14Vous êtes à droite,
28:15vous êtes à gauche,
28:15vous poussez des portes,
28:17vous essayez de voir des gens.
28:18Tout à fait.
28:18Tout seul ?
28:19Oui.
28:19Vous ne connaissez personne ?
28:20Non.
28:21Non, non, non, non,
28:22je ne connais personne.
28:23Et c'est vrai que,
28:24oui,
28:24je le suis sur Internet,
28:26je vais sur les tribunaux
28:28quand il y a des jugements.
28:31Et c'est vrai
28:32que pendant des années,
28:33des années,
28:35j'arrivais à rien, quoi.
28:37Jusqu'au jour
28:37où je suis montée
28:39pour les deux enfants
28:40de Montigny à Metz.
28:41Vous êtes allée au procès ?
28:42Je suis allée au procès.
28:43Là, vous le voyez, Holm ?
28:44Là, je le vois.
28:45Là, vous dites quoi ?
28:46Il fait peur.
28:47Il fait peur ?
28:48Il fait peur.
28:49Et c'est lui,
28:50donc il faut que...
28:50Disons que quand le président
28:52de la cour
28:54a redemandé à Holm
28:55si c'était lui
28:58le meurtrier de mon papa,
29:00est-ce que c'est...
29:02Alors, je ne sais plus
29:03s'il y a des vous ou tu
29:04qui avaient tué le vieux
29:07à Bédaride.
29:08Il ne répond pas.
29:09Il ne répond pas.
29:09Il ne répond pas,
29:10mais c'est vrai que le juge
29:11en a parlé au milieu
29:12de ce procès
29:13des deux enfants de Montigny.
29:14Donc, pour moi,
29:15il y a une porte qui s'ouvrait.
29:16Oui, ça, c'était important.
29:18Oui.
29:18Juste un petit mot,
29:19Maître Didier Seban,
29:20Paul Descolquais,
29:21qui reprend enfin l'affaire.
29:22Mais enfin,
29:23ils arrivent évidemment
29:24à la fin.
29:25On pourrait se dire
29:26que tout est perdu,
29:27mais pas du tout.
29:27Ça, c'est une bonne nouvelle.
29:29Ah oui,
29:29c'est parce que
29:30le Paul l'a repris,
29:32parce qu'on a eu
29:33des juges convaincus
29:34qui ont réinterrogé Abgral.
29:36Par exemple, Abgral
29:37n'était pas seul
29:38à interroger Francis Holm.
29:40Il y avait un autre gendarme
29:41avec lui.
29:41Cet autre gendarme
29:42a décrit
29:43comment les aveux
29:44avaient été passés.
29:45Donc,
29:46le procès d'Abgral
29:47que fait la défense
29:48de Francis Holm
29:49ne tenait pas.
29:50Ils ont retrouvé
29:51la prostituée
29:52qui a confirmé
29:53un certain nombre de choses.
29:55Donc,
29:55il y a vraiment,
29:56si vous voulez,
29:57à la fois ce faisceau d'indices
29:58qu'on avait déjà à Reims
29:59et qui,
30:00pour moi,
30:01suffisait à le renvoyer
30:02devant la cour d'assises.
30:03Et puis,
30:04il y a des éléments
30:05encore nouveaux
30:05qui sont venus
30:06se rajouter
30:07dans la corbeille
30:08et qui font
30:09qu'aujourd'hui,
30:10il est renvoyé
30:10devant la cour d'assises.
30:12Le témoignage
30:13d'une prostituée
30:14qui a vu le tueur.
30:18Jean-Joseph Clément,
30:19la victime oubliée
30:20de Francis Holm,
30:21un grand type
30:21poussé à un homme
30:22dont j'ai croisé le regard.
30:24J'ai senti
30:24que cet homme-là
30:25était en danger.
30:26L'enquête de l'ordre du crime.
30:27On se retrouve
30:28dans un instant
30:28sur RTL.
30:29Toute la journée,
30:30RTL vous accompagne.
30:40RTL,
30:41votre radio.
30:44L'heure du crime
30:45présentée par
30:46Jean-Alphonse Richard
30:47sur RTL.
30:49Au programme
30:50de l'heure du crime,
30:51le meurtre
30:51de Jean-Joseph Clément,
30:53le tueur en série
30:54Francis Holm
30:55avait reconnu
30:56avoir tué
30:56ce mécanicien agricole
30:57près d'Avignon
30:58en 89.
30:59Il s'était rétracté,
31:00non lieu.
31:0135 ans plus tard,
31:02le pôle des Colquais
31:03relance les investigations.
31:08Jeudi 27 février 2025,
31:10Francis Holm,
31:1166 ans
31:12depuis seulement
31:13deux jours,
31:14est interrogé
31:14par le juge
31:15du pôle des Colquais.
31:16Il dément
31:17avoir tué
31:18Jean-Joseph Clément.
31:19Il affirme
31:20ne s'être jamais
31:21rendu
31:21sur les bords
31:22de l'Ouvese,
31:23là où le corps
31:24de la victime
31:24avait été retrouvé.
31:26Il conteste encore
31:27avoir possédé
31:28le jean
31:28ensanglanté
31:29de Marc Belmondo.
31:31Les enquêteurs
31:31du pôle
31:32réinterrogent
31:33tous les témoins
31:34de l'époque.
31:34Le 15 avril 2025,
31:37les anciennes prostituées
31:38Rosemonde F.
31:40et Viviane K.
31:41sont entendues.
31:42La première
31:43n'a plus de souvenirs
31:44précis de l'affaire.
31:45La seconde,
31:45en revanche,
31:46se rappelle bien
31:47de la journée
31:48du 7 août 1989
31:50sur place.
31:51Alors qu'un client
31:52venait de la ramener,
31:54elle avait vu
31:54une voiture
31:55devant le véhicule.
31:58Elle avait aperçu
31:59un homme
31:59de grande taille.
32:01mince,
32:01cheveux milons,
32:02raides,
32:03sans lunettes,
32:04portant un pantalon
32:05de couleur claire
32:06et un t-shirt marron.
32:07Cet homme poussé,
32:09Jean-Joseph Clément,
32:10elle a entendu
32:10des éclats de voix.
32:12Elle dit avoir croisé
32:13le regard de la victime
32:14et l'avoir sentie
32:15en danger.
32:16Holm conteste
32:17ce témoignage.
32:19Selon lui,
32:19à l'époque,
32:20il avait les cheveux courts.
32:21À nouveau entendu,
32:22Viviane K.
32:23estime que le croquis
32:25du lieu du crime
32:25établi par Holm
32:27correspond à la scène
32:28de crime de l'époque.
32:30Si c'est Francis Holm
32:32qui a fait ce dessin,
32:33alors c'est bien lui,
32:33l'assassin de ce mec,
32:35répond-elle.
32:39Mi-mars 2026,
32:41Francis Holm
32:42est hospitalisé
32:43dans une unité spécialisée
32:44de l'établissement
32:45de Nancy-Brabois.
32:46Il serait notamment
32:47atteint de graves
32:48troubles cardiaques.
32:50Trois mois plus tard,
32:5116 juin 2026,
32:52Francis Holm
32:53est renvoyé
32:54devant la cour d'assises
32:55des Hauts-de-Seine
32:56pour le meurtre
32:57de Jean-Joseph Clément.
33:00Enfin renvoyé
33:01pour le meurtre
33:02de Jean-Joseph Clément,
33:03j'ai envie de dire
33:03pas trop tôt,
33:04parce qu'effectivement
33:05on a perdu beaucoup
33:06beaucoup de temps
33:06dans cette affaire
33:07qui a été totalement
33:09massacré, négligé,
33:10il n'y a pas d'autre terme.
33:11On se demande
33:11comment on en est là
33:12des années après.
33:14Effectivement,
33:15et ça c'est troublant.
33:17Christine Clément,
33:17vous êtes avec nous
33:18dans cette heure du crime.
33:19Je viens directement vers vous.
33:20Vous êtes la fille
33:21de Jean-Joseph Clément.
33:24Viviane K,
33:24c'est un témoin important
33:25parce qu'elle raconte
33:26ce qu'elle a vu ce jour-là.
33:28Et il y a quelque chose
33:29de terrifiant,
33:29c'est qu'elle a vu votre père
33:33se faire agresser
33:35par cet homme
33:36et quand on est famille
33:37de victimes,
33:38pendant des années,
33:38vous avez cherché
33:39comment,
33:39ce qui a peut-être
33:40pu se passer,
33:41ces dernières secondes,
33:42ces dernières minutes,
33:43chaque fois les familles
33:44se demandent ce qui a pu
33:45se passer.
33:45Les dernières secondes,
33:46les dernières minutes,
33:47l'instant critique.
33:48Et là,
33:49vous avez une réponse.
33:51Je suppose que ça vous a
33:52bouleversé
33:53quand vous avez lu
33:53ce témoignage ?
33:55Bien sûr,
33:55parce que j'ai trouvé
33:56que ce témoignage
33:57arrivait quand même
33:59un peu trop tard.
34:00Très tard ?
34:00Très,
34:01très tard,
34:01parce que j'ai quand même
34:02fait pas mal de...
34:03par des journaux,
34:05des appels à témoins
34:06et donc elle a vu
34:08ce qui s'est passé.
34:10C'est vrai qu'elle était
34:10avec une personne
34:11qui n'a pas voulu
34:12s'arrêter.
34:12Elle a voulu s'arrêter
34:13pour lui porter secours
34:16et la personne qui conduisait
34:17n'a pas voulu s'arrêter.
34:19Donc c'est vrai que là,
34:19j'en veux un peu...
34:21C'est-à-dire qu'elle était
34:21avec un client ?
34:22Alors je ne sais pas
34:23si c'était un client
34:24ou un ami,
34:24tout à part.
34:25Elle a vu votre père
34:26se faire agresser
34:28par un homme grand,
34:31etc.
34:31qu'elle décrit
34:32parfaitement.
34:33Et là,
34:34elle a dû laisser faire.
34:36Elle a dit
34:37à la personne à côté
34:38de s'arrêter.
34:38Il n'a pas voulu s'arrêter.
34:40Alors c'est vrai que
34:41cet aveu arrive un peu tard.
34:43Il arrive un peu tard,
34:44mais bon,
34:45ce n'est jamais trop tard,
34:45j'ai envie de dire,
34:46en matière criminelle.
34:47À un moment donné,
34:48on est toujours
34:48heureux d'avoir un aveu.
34:49Et cet aveu-là,
34:50il pèse lourd.
34:51Maître Didier Seban,
34:52vous confirmez,
34:52vous êtes l'avocat
34:53de Christine Clément,
34:54la fille de Jean-Joseph Clément,
34:56et on vous doit d'ailleurs
34:58la relance de cette affaire.
35:00C'est important,
35:00vous êtes battu
35:01pour que ce dossier
35:02ne sombre pas dans l'oubli.
35:05Ce témoignage
35:06de cette prostituée,
35:08j'ai envie de dire,
35:09même s'il est tardif,
35:10il est capital.
35:11Et oui,
35:12parce qu'il vient confirmer
35:13ce que va avouer,
35:15ce qu'a avoué Francis Haume.
35:17Il vient valider
35:18les aveux de Francis Haume,
35:20une fois de plus,
35:21rajouter,
35:22si j'ose dire,
35:22encore un élément à charge,
35:24le concernant,
35:25sur son attitude,
35:27sur le fait que
35:28M. Clément s'est débattu,
35:30qu'il avait peur,
35:31et que,
35:33effectivement,
35:33on ne pouvait être
35:34que terrorisé
35:34devant ce grand gaillard
35:37animé de haine,
35:38et d'une force
35:39tout à fait exceptionnelle.
35:41je crois que ce témoignage,
35:43ça montre qu'il ne faut
35:44jamais lâcher,
35:44jamais abandonner,
35:45qu'il faut aller rechercher
35:46les gens,
35:47comme le fait
35:47le Paul Colquais.
35:49Vous savez,
35:49je me rappelle toujours
35:50ce moment où j'ai été voir
35:52le procureur de Reims,
35:53et je lui ai demandé
35:54de réouvrir le dossier,
35:56et il a fallu
35:57une heure et demie,
35:58et il ne voulait pas,
35:59en disant,
35:59mais il faut démontrer
36:01les charges nouvelles.
36:02Et je lui ai dit,
36:02les charges nouvelles,
36:03c'est tout simplement
36:04que,
36:05depuis le non-lieu,
36:06Francis Haume a été condamné
36:08pour d'autres crimes,
36:09pour plusieurs autres crimes,
36:10et qu'il faut retravailler
36:11à partir de ça.
36:12Et finalement,
36:13le procureur général de Reims
36:15m'accordera cette réouverture,
36:17et je suis heureux,
36:19mais j'ai qu'une crainte aujourd'hui,
36:21c'est qu'on a tellement attendu,
36:23et que le procès ne puisse pas
36:24avoir lieu,
36:25compte tenu de l'état de santé
36:26de Francis Haume.
36:27Il y a une urgence,
36:28j'ai demandé à la justice
36:29de prendre cette affaire d'urgence,
36:31parce qu'il faut qu'il puisse,
36:33devant Mme Clément,
36:34expliquer ce qui s'est passé,
36:36qu'il puisse rendre des comptes,
36:37tout simplement,
36:38et qu'on puisse savoir
36:40ce qui s'est passé ce jour-là.
36:42Ce procès,
36:44Christine Clément,
36:45évidemment,
36:45vous l'attendez depuis des années,
36:46vous et vos proches,
36:48je pense que ça vous hante,
36:49vous avez dû faire des cauchemars là-dessus,
36:51en disant,
36:52est-ce que finalement,
36:53j'aurais une réponse,
36:53mais une réponse judiciaire ?
36:56Tout à fait,
36:56et bien là,
36:57j'en ai fait les trois derniers mois
36:58qu'il a été hospitalisé,
37:01c'est vrai que j'entendais
37:03qu'il était très très mal,
37:05donc là, oui,
37:06pendant trois mois,
37:07j'ai vraiment été, moi, mal aussi,
37:08parce que j'avais peur qu'il décède
37:10et que tout s'arrête.
37:12Donc, oui,
37:13là, ça serait quelque chose
37:14de catastrophique pour moi.
37:16En renvoi aux assises,
37:17un maître Didier Seban,
37:18c'est pas rien.
37:20C'est-à-dire que le dossier,
37:21alors en gros,
37:23je ne vais pas faire de la procédure,
37:24mais le dossier a été ficelé,
37:26le dossier a été lu et relu,
37:27on a pesé les arguments,
37:29on les a mis en place,
37:30on les a mis dans des boîtes,
37:31on sait exactement ce qu'on lui reproche
37:32à cet homme,
37:33ça pèse très lourd,
37:34c'est pas rien.
37:35Ça ne fait pas la culpabilité,
37:37puisque la cour d'assises
37:38peut le décider,
37:39et encore une fois,
37:39Francis Aulm est présumé innocent,
37:42mais ça dit que
37:44une juge d'instruction chargée de l'affaire,
37:46et pas n'importe qui,
37:48Mme Aude Christo,
37:49a présidé la cour d'assises
37:50pendant des années,
37:52donc elle sait, en fait,
37:54les éléments ou les charges
37:56qui peuvent ou qui ne peuvent pas
37:58être retenues,
37:59elle a rassemblé ce dossier,
38:01elle a réuni tous les éléments
38:03dont on a discuté un par un,
38:04le parcours de Francis Aulm,
38:06sa présence sur place,
38:08ses aveux,
38:10le témoignage de cette prostituée,
38:12la violence des coups,
38:13le parcours criminel de celui-ci,
38:15pour dire,
38:16il y a des charges suffisantes
38:18pour qu'il soit jugé
38:19par la cour d'assises des Hauts-de-Seine,
38:20et nous espérons que ça arrive vite.
38:23Le suspect va faire appel
38:25de ce renvoi aux assises.
38:27Jean-Joseph Clément,
38:28la victime oubliée de Francis Aulm,
38:29je veux une réponse,
38:31je veux savoir si mon père a souffert
38:32ou s'il est mort tout de suite.
38:33L'enquête de l'heure du crime,
38:35je vous retrouve tout de suite sur RTL.
38:37Cette émission vous intéresse ?
38:39Vous en voulez plus ?
38:40Retrouvez toutes les archives
38:41en podcast sur l'appli RTL.
38:50Dans l'heure du crime,
38:51le meurtre près d'Avignon
38:52de Jean-Joseph Clément,
38:54le tueur en série Francis Aulm,
38:57avait avoué avoir tué ce sexagénaire
38:59et il s'était ensuite rétracté.
39:01Non lieu.
39:0237 ans après les faits,
39:04il est renvoyé aux assises.
39:09Jeudi 2 juillet 2026,
39:11Francis Aulm,
39:1267 ans,
39:13toujours hospitalisé à Nancy-Brabois,
39:16fait appel de son renvoi
39:17devant une cour d'assises
39:18pour le meurtre de Jean-Joseph Clément.
39:20De quoi retarder
39:22de plusieurs mois
39:23l'échéance d'un éventuel procès.
39:25S'il était condamné,
39:26Jean-Joseph Clément
39:27serait la douzième victime
39:29du retard du crime.
39:34Christine Clément,
39:35la fille de la victime,
39:37a toujours été convaincue
39:39de la culpabilité de Francis Aulm.
39:41Elle n'a jamais cessé
39:42de s'interroger
39:43sur la mort de son père.
39:44Dans le journal
39:45Le Nouveau Détective,
39:46elle indiquait
39:47« Je veux une réponse
39:48à toutes les questions
39:49que je me pose
39:50depuis si longtemps.
39:51Je veux savoir
39:52si mon père a souffert
39:53ou s'il est mort tout de suite. »
39:56En fait, Francis Aulm,
39:57ce dont je me suis aperçu,
39:58c'est que ces crimes
39:59avaient comme caractéristique
40:00l'extrême violence
40:01mais surtout
40:01la vulnérabilité de la victime.
40:03C'est le fait
40:03qu'il puisse repérer quelqu'un
40:05à qui il peut faire ce qu'il veut.
40:08La voix de Jean-François Abgral,
40:09un gendarme
40:10qui a longuement enquêté
40:12et interrogé Francis Aulm,
40:15c'était dans le podcast RTL
40:16« Les voies du crime ».
40:18Et Abgral, effectivement,
40:19c'est un des rares enquêteurs
40:20qui a su parler à Francis Aulm.
40:23À Francis Aulm,
40:23on ne lui parle pas comme ça.
40:25C'est compliqué.
40:26Il faut avoir les codes.
40:27Il faut avoir, effectivement,
40:28savoir à quoi il pense.
40:30quand on lui parle.
40:32Il faut certes le tutoyer,
40:33mais pas le rudoyer.
40:34Il peut se refermer
40:35d'une seconde à l'autre,
40:37Francis Aulm.
40:37C'est très, très compliqué.
40:39Donc, effectivement,
40:40Jean-François Abgral,
40:41il a su trouver
40:42les mécanismes
40:42qui permettaient,
40:43effectivement,
40:44de faire avancer
40:46cet homme.
40:48Maître Didier Seban,
40:49vous êtes avec nous
40:49dans l'heure du crime,
40:50avocat à Paris,
40:52avocat de Christine Clément,
40:54la fille de Jean-Joseph Clément.
40:55Merci d'être avec nous
40:56en direct sur RTL,
40:57en direct depuis la foire
40:59de Chalon en Champagne.
41:01Vous le disiez,
41:02Francis Aulm,
41:03il est malade.
41:05On ne connaît pas très bien
41:06son état de santé.
41:07Est-ce qu'on sait
41:07où on en est aujourd'hui
41:09de ce procès ?
41:10Bon, il a fait appel
41:11de la procédure,
41:12ça retarde effectivement
41:13les choses.
41:14Bon, il suit son traitement,
41:16c'est ce que je sais.
41:17Évidemment,
41:17je ne suis pas le premier
41:18informé de son état de santé.
41:21J'ai appelé
41:22la cour d'appel de Versailles
41:23qui doit statuer
41:24sur cet appel.
41:25J'ai insisté
41:26sur l'urgence.
41:28J'espère qu'on aura
41:29dans les deux mois
41:30ou dans les trois mois
41:31maximum une audience
41:33pour décider
41:34si son appel
41:35est valable ou pas.
41:36Et si la cour d'appel
41:38rejette
41:39l'appel de Francis Sault,
41:41à ce moment-là,
41:42une audience pourrait être
41:43fixée devant la cour d'assises.
41:44Je ne cesse de demander
41:45à ce qu'on prenne
41:46en conclure urgence
41:47la bataille,
41:48les erreurs
41:49qu'a fait la justice.
41:50Il faut qu'elle se rattrape
41:51d'une certaine manière.
41:52Nous l'avons assignée
41:53pour faute lourde,
41:54la justice,
41:54parce qu'elle a perdu
41:55les céléments.
41:56Parce qu'elle a,
41:57pendant huit ans,
41:58un juge d'instruction
41:59à Reims
41:59n'a strictement rien fait.
42:00Il a gardé le dossier
42:02dans son cabinet
42:03sans ne rien faire.
42:05Donc, on a dit
42:06vous avez commis des fautes.
42:07n'en commettait pas
42:08encore une autre
42:09en empêchant que,
42:10comme fournirait,
42:11d'une certaine manière,
42:12Francis Sault
42:12ne rende pas compte
42:14de ses actes
42:14devant la cour d'assises.
42:15Cette procédure
42:16pour faute lourde,
42:17il faut bien dire,
42:18c'est très compliqué
42:18d'attaquer la justice,
42:20notamment en matière pénale
42:21comme ça,
42:21lorsqu'il y a des instructions
42:23en cours.
42:23C'est extrêmement compliqué,
42:25c'est un chemin de croix,
42:26même pour les avocats.
42:27On en est où
42:28dans cette procédure ?
42:30Ils attendent, en fait,
42:32de savoir s'il y a un procès
42:33ou pas de Francis Sault.
42:34On attend le procès
42:35du procès.
42:35Et puis, évidemment,
42:36la découverte
42:37ou pas la découverte
42:38des scellés,
42:39après les scellés, etc.
42:40Vraiment, c'est du Raymond De Vos.
42:42C'est du Raymond De Vos,
42:43effectivement.
42:44Donc, on n'est pas sûr
42:45que Holm soit
42:46en état de comparer.
42:48Aujourd'hui, il l'est.
42:49Mais le sera-t-il demain ?
42:51C'est effectivement
42:52une autre question.
42:54Christine Clément,
42:55fille de Jean-Joseph Clément
42:56est avec nous également
42:57dans le studio
42:57L'heure du crime.
42:59Il y a quelque chose
43:00d'important pour vous.
43:01C'est que là,
43:01vous êtes en plein suspense.
43:03Vous attendez ce procès.
43:05Et j'avais envie de dire,
43:06ça fait plus de 30 ans.
43:09Je ne sais pas comment
43:10vous résistez, d'ailleurs.
43:11Je vais tout vous dire.
43:12Parce que ça fait plus de 30 ans
43:13que vous vivez un suspense.
43:15Vous avez comme ça
43:16quelque chose,
43:17vous vous attendez,
43:17qui n'arrive pas.
43:19Je suppose que nerveusement,
43:21c'est terrifiant.
43:23Oui, il y a quelque part,
43:25ça fait peur.
43:26Parce que des fois,
43:27il y a des très mauvaises nouvelles.
43:28Bon, c'est vrai que je suis
43:30très, très bien entourée
43:32avec mes avocats.
43:33Donc, ça me réconforte aussi.
43:38C'est vrai que j'attends ce procès
43:40parce que oui,
43:40ça fait des années et des années.
43:42Donc, c'est vrai que j'attends
43:43ce procès avec impatience.
43:45Est-ce que vous vous attendiez
43:46lorsque vous avez commencé
43:48à vous intéresser à Holm,
43:51à essayer d'aller le voir ?
43:52C'est étonnant ce que vous racontiez tout à l'heure.
43:54Vous alliez le voir dans les tribunaux.
43:55Oui.
43:56Un peu pour voir comme un entomologiste
43:58un insecte dans un bocal
43:59pour voir un petit peu
44:00à quoi il ressemblait cet homme.
44:02Ça, c'est très, très étonnant.
44:04Est-ce que vous vous attendiez
44:05à un tel chemin de croix
44:06pendant des années ?
44:07Ah non, pas du tout.
44:08Non, non, pas du tout.
44:10Et ça va que j'ai fait une promesse
44:11sur le cercueil de papa
44:12que j'irai jusqu'au bout.
44:14C'est ce qui me tient.
44:15Mais je ne m'attendais pas du tout
44:17à ce que ça dure autant d'années.
44:18Vous pensez que la justice,
44:20c'était plus facile ?
44:22Ah oui.
44:23Plus accessible ?
44:24Oui, mais je n'avais jamais eu affaire
44:25à la justice.
44:26Donc oui, je pensais que justement,
44:28avec la justice,
44:29ça allait aboutir,
44:29bon, je ne m'attendais pas dans l'année,
44:31mais dans les 2-3 ans, oui.
44:33Je pensais que 92,
44:35quand il a été vraiment,
44:38coupable,
44:38qu'il y a les preuves qui sont arrivées,
44:40oui, j'ai dit là,
44:40ça va avancer.
44:42Ça va avancer.
44:42Et vous vous trompiez, hélas.
44:44Ah oui, énormément.
44:45Et beaucoup de monde se trompait.
44:47Effectivement, les avocats,
44:49les journalistes,
44:50on pensait que là, ça y est,
44:51une victime de Holm était déclarée,
44:53mais ça n'a pas été le cas.
44:56Justement, maître Didier Seban,
44:58c'est important.
44:59Il y a ce dossier Jean-Joseph Clément,
45:02la soixantaine à l'époque,
45:04mécanicien,
45:06agricole,
45:07c'est vraiment loin d'être la victime
45:10la plus connue de Holm,
45:11évidemment.
45:11On la découvre un peu aujourd'hui.
45:14Et j'ai le sentiment,
45:15comme ça,
45:16qu'il y a presque des victimes oubliées.
45:19Et que Jean-Joseph Clément,
45:21pardonnez-moi,
45:21mais c'est la victime oubliée
45:23du dossier Holm.
45:24Oui, c'est sûrement,
45:26mais peut-être,
45:27il y en a-t-il d'autres,
45:27vous savez,
45:28dans un tel parcours criminel,
45:29on peut penser que
45:32Francis Holm,
45:33qui était le routard du crime,
45:34qui a tué dans toute la France,
45:35parce que la justice
45:37ne savait pas rapprocher les faits,
45:39ne savait pas
45:41s'intéresser au parcours de cet homme,
45:43eh bien,
45:44il y a peut-être d'autres familles
45:46qui n'ont pas eu l'énergie
45:47de Mme Clément,
45:49qui sont dans la douleur
45:51et qui ne savent pas
45:51qui a causé leur malheur.
45:53Vous pensez que Holm,
45:53il y a encore des victimes ?
45:54Il y a sûrement encore
45:56des victimes de Francis Holm,
45:57mais déjà,
45:58jugeons celle-là
45:59et faisons-le parler,
46:00parce que moi,
46:01j'ai l'espoir
46:02que, compte tenu
46:03de ces problèmes de santé
46:04et tout ça,
46:05on puisse en savoir
46:06à la fois sur la mort
46:07de Jean-Joseph Clément,
46:08mais peut-être
46:09sur d'autres victimes
46:10oubliées de Francis Holm.
46:11C'est fou,
46:12ce dossier,
46:12Jean-Joseph Clément,
46:13parce que tout était
46:14dans le dossier
46:14depuis le début.
46:16Exactement.
46:16On l'arrête.
46:17Encore une fois,
46:18j'en parle de gâchis judiciaires,
46:20mais il n'y a pas
46:20d'autre terme,
46:20je suis désolé.
46:21On l'arrête sur place,
46:22on arrête un tueur
46:23en série sur place,
46:24on le contrôle sur place.
46:26On n'est pas au milieu
46:28d'une immense métropole,
46:29on est à Bédaride,
46:32à quelques centaines
46:33de mètres du lieu
46:34où il a été tué.
46:35On avait l'auteur
46:37entre les mains
46:37et on a fait
46:38comme si on ne voulait
46:39pas voir.
46:40Christine Clément,
46:41évidemment,
46:41je connais votre réponse,
46:42mais il faut aller
46:43jusqu'au bout, non ?
46:44Bien sûr.
46:45Vous allez y aller,
46:45évidemment.
46:47Il faut que la santé
46:48me le permette,
46:49mais je pense que...
46:50Elle vous le permettra ?
46:51Oui,
46:52et j'irai jusqu'au bout.
46:53Oui, oui.
46:53Ah oui, oui.
46:54Là, je ne peux pas
46:55m'arrêter maintenant,
46:56ce n'est pas possible.
46:56Il faut avoir un point final,
46:57c'est ça ?
46:58Tout à fait.
46:59C'est ce que j'attends
46:59depuis des années.
47:00On n'a pas l'épilogue,
47:01on n'a pas la conclusion.
47:03J'ai les personnes
47:04qu'il faut
47:05en face de moi.
47:07Maître Sevan,
47:08juste un petit mot là-dessus,
47:09on arrive à la fin
47:09de l'émission.
47:11Il faut aller jusqu'au bout,
47:12on y est là.
47:14C'est la dernière étape,
47:15mais j'ai envie de dire
47:16que c'est la plus périlleuse.
47:17Il faut sauter
47:17cette dernière haie.
47:19C'est la plus périlleuse
47:21parce qu'on est accroché
47:23à la santé de Francis Holm
47:25et que ça,
47:26ça n'est pas supportable.
47:27Juste un petit mot encore,
47:29Christine Clément.
47:30Oui.
47:30Qu'est-ce que vous auriez
47:31à lui dire à Francis Holm ?
47:33Moi, je veux lui dire
47:34juste une question.
47:35Pourquoi il a fait ça ?
47:37Il parle, sûrement.
47:39Voilà.
47:39Oui, qu'il me réponde.
47:41Merci beaucoup,
47:43Christine Clément.
47:44Merci à vous.
47:45Didier Seban
47:46d'avoir été aujourd'hui
47:47les invités
47:48de l'Art du Crime.
47:49Merci à l'équipe de l'émission,
47:51rédactrice en chef,
47:51Justine Vignon,
47:52préparation Marie Bossard,
47:53Lili Labéi,
47:55réalisation en direct.
47:56Merci à vous.
47:57Merci à vous.

Recommandations