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  • il y a 2 mois
Avec Gilles Ganzmann, Rachida Kaaout, Jean-Claude Beaujour, Mehdy Raïche

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##A_VOUS_DE_LE_DIRE-2026-09-07##

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Transcription
00:00Premier sujet de débat, l'AFD classé à l'extrême droite, vous le savez, remporte 43,8% des voix
00:06en Sachsen-Halt, c'est une région allemande, c'est deux fois plus qu'en 2021, alors elle rate de
00:12trois sièges, la majorité absolue, elle ne gouverne pas encore, il faut bien le préciser, mais est-ce que c
00:18'est une percée qui vous inquiète ?
00:20Est-ce qu'elle traduit d'abord le rejet des parties traditionnelles ou pire encore ? Parce que quand on
00:25voit les mesures, elles sont quand même assez radicales, l'AFD qui veut abolir le droit d'asile, multiplier les
00:31expulsions des étrangers, imposer le travail aux demandeurs d'asile, et surtout ça c'est assez gênant, créer des classes
00:37séparées pour leurs enfants, alors les handicapés ne sont pas souhaités, ni ceux qui ont un faible niveau parce qu
00:44'ils tirent tout le monde vers le bas, c'est extrêmement choquant.
00:47Vous en avez pensé quoi, Rachida Kaoud, de cette percée de l'AFD ? Est-ce qu'elle vous inquiète
00:52?
00:53Alors, à ce stade, il ne faut plus s'inquiéter, à ce stade, il faut quand même être lucide et
01:00se dire que ce résultat est dû au fait que, que ce soit en Allemagne ou en France, nos politiques
01:08sont pitoyables parce qu'ils sont incapables de proposer un programme pour lutter contre cette crise,
01:15et surtout contre toutes ces inégalités.
01:19Vous voulez dire crise migratoire ?
01:21Non, non, les crises ça me rappellent pareil, ça me rappelle un moment de l'histoire de l'Europe qui
01:29a été terrible, où donc Hitler avait été porté au pouvoir suite à une crise économique, à une crise sociale.
01:39Et aujourd'hui, en réalité, quand il n'y a pas d'offre politique, de politiciens en même temps capables
01:45de donner un cap pour trouver des solutions à comment retrouver du pouvoir d'achat,
01:49à comment lutter contre justement l'immigration clandestine qui est un véritable sujet,
01:55eh bien, on se tourne vers ce qu'il y a de pire, donc les extrêmes.
02:00Oui, c'est d'ailleurs un petit peu la ligne d'Éric Zemmour et Sarah Knafow qui, alors eux, vont
02:04jusqu'à presque se féliciter de cette percée,
02:07et qui disent, en gros, on n'a pas trouvé de réponse, et notamment à la crise migratoire.
02:10C'est pour ça que je vous posais la question, parce que c'est le cas, on a entendu quelques
02:14Allemands témoigner,
02:15c'était la ex-RDA, c'est une région d'ex-RDA, certains ont un petit peu la nostalgie de
02:21ça.
02:22La nostalgie, la nostalgie, là on est en train de parler quand même d'un parti néo-nazi, anti-célumite,
02:29qui accumule.
02:31Je vous explique ce que j'ai entendu, les Allemands, comment ils justifient cette percée, en tout cas sur place
02:37?
02:37Alors, ce qui est intéressant, c'est de regarder l'évolution qu'il y a par rapport à l'élection
02:40de 2021.
02:42L'AFD a plus que doublé son score, donc on voit que ce n'est pas juste un vote contestataire,
02:47parce que généralement, lorsqu'on parle des extrêmes, on dit souvent que c'est un vote contestataire.
02:50Au niveau de l'AFD, là pour le coup, c'est structurel.
02:53Ensuite, il faut revenir sur ce qu'est la SAX, c'est vrai que c'est une région assez particulière,
02:57parce qu'il y a beaucoup de chômage historiquement en Allemagne, dans cette région-là,
03:00et c'est plutôt une région assez pauvre, où il y a beaucoup de problèmes en interne économiquement.
03:03Donc on sent qu'il y a fait un effet de crise, et que ça s'est structuré autour du
03:06vote de l'AFD,
03:07et l'AFD est perçu comme la réponse politique.
03:09L'autre point intéressant, c'est de regarder aussi à qui ils peuvent s'associer.
03:12On sait qu'en Allemagne, ils n'ont pas du tout la même culture institutionnelle et politique que nous,
03:16ils sont plutôt dans les coalitions, on n'est pas du tout dans les coalitions, on est plus dans du
03:19fait majoritaire.
03:20On sait qu'une partie, notamment de la gauche, le BSW, a annoncé hier que la gauche radicale
03:25était capable de s'associer momentanément à l'AFD pour gouverner.
03:28Ça déjà, c'est un effet surprenant.
03:30C'est quelque chose qui est impossible à voir en France.
03:32Il y a aussi la CDU qui a répondu ce matin en disant que, potentiellement, ils pouvaient revenir,
03:37et là on va revenir sur le sujet migratoire,
03:39ils étaient capables de revenir sur des sujets migratoires,
03:41et proposer des choses beaucoup plus, pas violentes, mais beaucoup plus dures.
03:45Donc on sent que, dans la Saxe, ça ne veut pas dire que toute l'Allemagne est comme ça,
03:50mais on sent qu'au moins dans la Saxe, c'est un laboratoire,
03:53on sent que la question économique et la question migratoire
03:55sont les sujets qui vont en fait complètement façonner l'opinion publique et le vote allemand.
04:01Il y a un dernier point, c'est que je pense que, de manière générale, en Europe,
04:05on voit qu'il y a un retour de ce qu'on pourrait appeler le souverainisme.
04:07Aujourd'hui, je pense que le débat, il est sur une partie des Européens,
04:11ou du moins des nations qui ont l'impression d'être dépossédés d'une partie de leur destin,
04:15et ils vont voter de plus en plus vers des extrêmes.
04:17Ça peut être extrême droite sur des sujets migratoires,
04:19ou extrême gauche pour d'autres sujets.
04:21Et je pense qu'aujourd'hui, on n'a toujours pas compris,
04:23mais que ce soit en France, en Italie, en Allemagne,
04:25et on peut le voir aussi en Angleterre,
04:28on sent que ce sont des courants souverainistes
04:30qui peuvent être très durs, qui prennent le pouvoir.
04:31Oui, mais même les partis souverainistes français, en l'occurrence,
04:33par exemple, vous prenez le Rassemblement National,
04:35est très embarrassé par cette victoire.
04:37Et on a entendu plusieurs porte-parole du Rassemblement National
04:40qui se sont désolidarisés et très embarrassés.
04:43À l'AFD, il y a effectivement des anciens dénonazis,
04:45il y a aussi eu des campagnes, on se souvient,
04:48des campagnes de communique plus que très problématiques
04:50qui faisaient référence.
04:51Non, effectivement, l'AFD a beaucoup de composantes extrêmement problématiques.
04:54On est au-delà de l'extrême droite, on s'en fait.
04:55Et vous faites bien de parler de cette région,
04:57qui est une région extrêmement particulière de l'Allemagne,
05:00qui est désertée, même par les femmes,
05:02à un certain coin de la Saxe.
05:04Il n'y a plus que des hommes, il n'y a pas beaucoup de travail,
05:07vous l'avez dit, et c'est vrai que c'est un sujet.
05:10Et il se trouve que ce parti a fait une campagne
05:14assez efficace sur les réseaux sociaux,
05:16notamment sur TikTok.
05:16Ils sont très forts sur les réseaux sociaux.
05:17Et oui, donc ça explique peut-être certaines choses.
05:21Et puis, c'est un parti pro-russe.
05:25Absolument.
05:25Il ne faut pas l'oublier.
05:26Et qu'est-ce qu'on dit ?
05:28On dit, par exemple, l'idée, c'est qu'il faut arrêter,
05:31et j'entends aussi cette petite musique,
05:34il faut arrêter le soutien à l'Ukraine.
05:37Ça, on l'entend aussi un petit peu en France, en ce moment.
05:39Mais c'est bien ce que je dis.
05:41Un peu beaucoup.
05:42Donc, au fond, au-delà de ce qui vient d'être dit,
05:45notamment sur le contexte particulier en Allemagne,
05:49ma préoccupation, c'est que c'est quand même un mouvement
05:52qui se généralise à l'ensemble de l'Europe.
05:55On voit bien un certain nombre de pays tomber.
05:58Et une fois qu'on aura donné les clés du pouvoir en disant
06:01on n'a jamais essayé un tel, et puis c'est pas si mal,
06:04chacun devra prendre ses responsabilités.
06:07Gilles ?
06:07Pourquoi on vote pour des idées abjectes ?
06:10Alors là, c'est une vaste question.
06:11La facilité, probablement, ou c'est beaucoup plus facile.
06:16Vous savez, quand on vous dit le pays va mal,
06:18tout d'abord, il y a, j'ai envie de dire,
06:21c'est pas simplement une question d'absence de pédagogie.
06:23On parlait, par exemple, des sujets migratoires.
06:26Moi, je dis, mais prenez un bouquin, un bouquin.
06:28Vous pensez que la France telle qu'elle existe aujourd'hui,
06:30elle a toujours existé ?
06:32Oui, mais le rassemblement et ce parti-là,
06:34ils sont quand même très différents.
06:35Oui, je crois que le rassemblement national,
06:38il ne peut pas dire que largement.
06:39Je crois que l'idée d'abjecte, c'était...
06:42C'est un pays qui est très divers aussi.
06:45Vous avez posé la question tout à l'heure en disant
06:47un jeu vidéo sur le site de la présidence des États-Unis,
06:51parce que nous, êtres humains, nous avons cédé,
06:55nous avons lâché là où on se battait sur des valeurs.
06:58Maintenant, on est dans le sauve-qui-peut.
07:00Et au nom de ces mois qui comptent
07:02et c'est ma propre survie qui compte,
07:05on est prêts à céder sur tout jusqu'à l'abjecte.
07:08Parce qu'effectivement, un jeu vidéo qui dit
07:11on va se faire des migrants,
07:14ou alors de dire ou avoir ces idées antisémites pas possibles,
07:19crapuleuses, alors même que nous savons tout sur la Shoah,
07:23comment, comment, comment ?
07:25C'est vrai que l'idée est assez curieuse et très...
07:28Je vous rappelle quand même que sa dirigeante est homosexuelle
07:31mariée avec une Sri Lankaise.
07:32Donc c'est un petit peu complexe, mais en tout cas...
07:35Mais parce que vous pensez qu'au Sri Lanka,
07:36vous n'avez pas des extrémistes aussi ?
07:38Non, non, mais bien sûr.
07:38Je voulais vous dire que c'était un petit peu contradictoire.
07:41Tout ça au sein du parti.
07:42Et c'est un parti complexe, je ne suis pas en train de dire quoi que ce soit.
07:45Non, non, mais...
07:49Je provoque parce que c'est moi.
07:52C'est pour un parti anti-immigration et un petit peu homophobe.
07:56Ça interroge.
07:57Voilà, c'est tout ce que je voulais dire.
07:59A tout de suite.
08:00La suite à 11h sur Sud Radio.
08:03Le point sur l'actualité.
08:04La suite de nos débats.
08:06Sud Radio.
08:0910h midi.
08:10Sud Radio, à vous de le dire.
08:11Stéphanie Demiru.
08:13Sud Radio avec mes débatteurs aujourd'hui.
08:16Rachida Kaout, Jean-Claude.
08:17Beaujour.
08:18Mehdi.
08:19Raich.
08:19Et on poursuit nos débats.
08:21Vous n'hésitez pas, évidemment, vous le savez maintenant,
08:23à venir réagir, prendre part aux discussions.
08:26Vous êtes peut-être dans votre voiture,
08:29en train d'aller sur votre lieu de travail.
08:32Eh bien, soyez prudents.
08:33Vous faites ça en Bluetooth.
08:34Mais n'hésitez pas à venir nous parler.
08:36On va parler maintenant de Bruno Retailleau
08:38qui veut reconnaître les racines judéo-chrétiennes de la France
08:41dans une charte de l'ordre républicain
08:43adossée à la Constitution.
08:45Un peuple qui oublie d'où il vient
08:47est un peuple qui s'efface,
08:48dit le candidat républicain à la présidentielle.
08:52Alors, est-ce que c'est souhaitable ?
08:54Est-ce que, tout simplement,
08:55il veut consacrer cette tradition religieuse
08:58dans une république qui est pourtant laïque ?
09:01Est-ce que c'est assumer notre histoire
09:03ou fragiliser la neutralité de l'État ?
09:06À vous de le dire, 0-800-26-300-300.
09:10Alors, c'est vrai que, Jean-Claude Beaujour,
09:12ce n'est pas une idée nouvelle.
09:13Éric Ciotti l'avait proposé en son temps.
09:16Mais c'est vrai que Bruno Retailleau
09:18voudrait la remettre à l'ordre du jour.
09:19Oui, mais enfin, en voulant mettre dans les textes,
09:21moi, je suis toujours méfiant
09:23parce qu'en tant que juriste, je vous dirais,
09:25en permanence, on dit que les textes, les lois
09:27sont trop complexes, sont trop nombreuses, etc.
09:30On veut mettre tellement de choses,
09:31y compris dans la Constitution,
09:32ce qui voudrait dire que certaines choses
09:34seraient non-constitutionnelles.
09:36Et donc, c'est aussi donner du pouvoir
09:37au Conseil constitutionnel
09:38parce que plus vous mettez un certain nombre de règles
09:40dans la Constitution,
09:43plus vous donnez au Conseil constitutionnel
09:46des moyens de discuter.
09:47Moi, plus généralement,
09:48sur l'idée et la culture de pays,
09:51je pense que ce n'est pas qu'une question de texte.
09:53c'est de savoir autour de quels projets de société
09:56nous allons désormais nous mobiliser.
09:58C'est là-dessus.
09:58Peut-être qu'il faut qu'on se consacre,
10:01qu'on se concentre.
10:03C'est quels projets d'avenir ?
10:05Comment est-ce qu'on fait avec l'existant ?
10:07Comment est-ce qu'on fait cohabiter
10:08l'ensemble de nos concitoyens ?
10:10Et moi, je dis d'autant plus simplement
10:13que je suis catholique pratiquant,
10:15mais je reste ouvert,
10:16je suis pour la laïcité dans l'espace public.
10:18Alors justement, cette charte,
10:19elle ne concernerait pas seulement
10:20les racines de la France.
10:22Écoutez l'explication de Bruno Retailleau
10:24et je vous donne la parole.
10:25Sur le plan culturel,
10:26il faut assumer nos racines judéo-chrétiennes.
10:28Et ce sera dans la Constitution ?
10:30C'est d'une charte.
10:30Vous savez qu'il y a une charte de l'environnement
10:32qui est adossée à la Constitution
10:34et c'est important parce que les juges
10:36doivent en tenir compte.
10:37Eh bien, je veux que là encore,
10:39ce soit les gens qui définissent les règles
10:40et non pas les juges.
10:41Et donc vous, président,
10:42la tradition judéo-chrétienne de la France
10:44sera inscrite dans la Constitution ?
10:45Absolument, parce que je pense
10:46qu'on souffre aujourd'hui
10:48d'une forme de mea culpa constante,
10:50cette espèce de culpabilité éternelle.
10:52Et je veux dire aux Français
10:53qu'il faut être fier de nos racines,
10:55fier de ce que l'on est.
10:56Ça n'exclut personne.
10:57Simplement, au contraire,
10:58quand on veut s'ouvrir,
10:59il faut être sûr de ses racines.
11:02Est-ce que vous êtes convaincue
11:03par cette explication, Rachida Kahout ?
11:05Alors oui, il faut être fier de ses racines.
11:10Ce n'est pas le sujet.
11:12Mais ce qui me désole,
11:14c'est que ça change.
11:15Et ça va à l'encontre
11:17de ce que nous sommes en train
11:19de construire,
11:19c'est-à-dire en fait
11:20une union nationale,
11:22enfin du moins on essaye.
11:23Et moi, ce qu'il vient de dire,
11:26en fait,
11:26c'est trier encore une fois
11:28les Françaises et les Français.
11:29On lui dit,
11:29ça n'exclut personne.
11:31Oui, mais enfin bon,
11:34les propos sont assez clairs.
11:35Donc c'est comme en fait
11:36le permis d'avoir
11:38une nationalité culturelle.
11:40On en est là.
11:41Alors, qu'est-ce que j'attends
11:42d'un candidat ?
11:43Mais c'est justement
11:44qu'il ne divise pas.
11:45J'attends d'un candidat en fait
11:47que finalement,
11:47vous l'avez dit à juste titre
11:49tout à l'heure,
11:49il y a effectivement
11:50ces racines judéo-chrétiennes,
11:53mais il y a aussi les autres,
11:54ceux qui ont fait aussi la France
11:56et cette terre de passage,
11:57où au final,
11:59pourquoi exclure les uns
12:00plus que les autres ?
12:02C'est une interrogation
12:04qui est légitime.
12:05Et moi, je pense que
12:07toucher à la Constitution
12:08sur des considérations
12:11on va dire
12:14culturelles, raciales,
12:15eh bien,
12:16c'est toucher
12:17à l'ADN
12:19de la France
12:20qui est justement
12:21ce pays
12:21où tout le monde
12:23peut se sentir
12:24chez soi
12:25sans avoir en fait
12:26à se dire
12:27eh bien,
12:28ah non, finalement,
12:29eh bien,
12:29ce sont les judéo-chrétiens
12:31qui sont beaucoup plus légitimes
12:33d'être ici,
12:34etc.
12:34etc.
12:36Oui, Gilles Gansman.
12:37Il suffit d'aller
12:37à l'école.
12:38Quand vous allez à l'école,
12:40on vous enseigne
12:41nos ancêtres les Gaulois.
12:42Et puis,
12:43il y a plein de gens
12:43dans cette classe
12:45où ces ancêtres
12:46ne sont pas les Gaulois.
12:48Et quand la preuve
12:49dit nos ancêtres les Gaulois,
12:51forcément,
12:52un tas de jeunes
12:54dans cette classe
12:55se disent
12:56mais moi,
12:57mon ancêtre,
12:58ce n'est pas un Gaulois.
12:59Eh bien,
12:59c'est de ça
13:00qu'on doit discuter.
13:01Oui, tout à fait.
13:02Est-ce qu'on doit
13:03comprendre
13:04avec qui on vit
13:05et dans quelle société
13:06on vit ?
13:06Tout à fait,
13:06la société a évolué.
13:07Et que dans les classes,
13:09ce n'est plus
13:10comme dans les années
13:1050 ou 60
13:11où pour presque
13:13tout le monde
13:13de la classe,
13:14leurs ancêtres,
13:15c'était les Gaulois.
13:15Est-ce que c'est forcément
13:16de nature à diviser
13:18si Bruno Retailleau
13:20a envie de le rappeler ?
13:21J'imagine.
13:21c'est que parfois
13:23cet héritage
13:23est un peu piétiné
13:25en danger ?
13:26On peut faire
13:27un peu de politique
13:27si vous voulez
13:28ce matin.
13:29Moi, d'ailleurs,
13:30Bruno Retailleau
13:31le dit,
13:31il dit
13:32qu'il faut arrêter
13:32avec cette forme
13:33de repentance,
13:34etc.
13:36J'entends bien
13:37et j'entends bien
13:38qu'effectivement
13:39une partie de l'électorat
13:41se dit
13:42qu'on en a assez
13:42de la repentance,
13:44etc.
13:45Regardez l'histoire
13:45telle qu'elle est,
13:46regardez les faits,
13:47pour moi,
13:48ça n'est pas
13:48de la repentance.
13:49En revanche,
13:50et c'est la raison
13:50pour laquelle j'insiste,
13:52l'objectif,
13:53c'est qu'est-ce que
13:53l'on construit ensemble
13:54et c'est partir
13:55de notre réalité
13:56du moment.
13:57Ce n'est pas d'avoir
13:58une réalité fantasmée
13:59et je vous dis,
14:00je suis d'autant plus à l'aise
14:01que je suis catholique,
14:02pratiquant
14:03et favorable
14:03à la laïcité
14:04dans l'espace public.
14:06Et quand vous disiez
14:07nos ancêtres les Gaulois,
14:08c'est un sujet
14:08que je connais un petit peu
14:09parce qu'outre-mer,
14:15quand on regarde
14:16l'histoire de France,
14:17il y a eu cette volonté
14:19cultivée par Napoléon
14:21de faire un pays fort
14:22où on a supprimé
14:23les langues régionales.
14:24Je regardais une émission
14:25où les petits bretons,
14:26il y a un siècle,
14:27les bretons et les enfants,
14:29ils avaient le bonnet d'âne
14:30quand on suspectait
14:32que l'eux n'avaient
14:33employé un mot breton.
14:34Donc, il y a cette volonté.
14:35C'est vrai que c'est
14:36un moment de l'histoire.
14:37Aujourd'hui,
14:37les choses ont changé.
14:41Regardons comment
14:41nous allons construire
14:43la France de demain
14:43avec sa puissance
14:45et avec ses atouts.
14:47Voilà, pour moi,
14:48quel est le vrai sujet.
14:49Alors, c'est vrai
14:49qu'il veut,
14:51je vous le disais,
14:52pas seulement l'isoler,
14:54c'est renforcer également
14:55le droit à la sécurité,
14:56lutter contre
14:57les séparatismes religieux,
14:58et ça, c'est important,
14:59et imposer
14:59certaines failles minimales
15:01et faciliter, d'ailleurs,
15:03les mesures sur l'immigration.
15:04C'est un bloc complet
15:05qu'il veut faire,
15:06Bruno Retailleau.
15:07Alors, je comprends
15:07l'idée derrière,
15:08mais il y a un paradoxe
15:09dans ce qu'évoque
15:10Bruno Retailleau
15:11et Jean-Claude
15:12l'a évoqué tout à l'heure,
15:14en même temps,
15:14la droite,
15:15et notamment Bruno Retailleau,
15:16peut parler du gouvernement
15:17des juges,
15:17mais par ce type
15:19de proposition,
15:20paradoxalement,
15:20il redonnera plus de pouvoir
15:21au conseil constitutionnel
15:23et au juge constitutionnel.
15:24Donc là, déjà,
15:25il y a un paradoxe
15:26en interne
15:26à régler
15:27sur la proposition.
15:29Ensuite,
15:29sur les racines judéo-chrétiennes,
15:31alors, je ne vais pas faire
15:31un cours d'histoire,
15:32loin de moi,
15:33mon master de recherche
15:34en histoire,
15:34mais je me souviens
15:36que judéo-chrétien,
15:37en France,
15:38on a été longtemps
15:39persécuté les juifs,
15:40quand même,
15:40donc c'est aussi un...
15:41J'ai eu des critiques,
15:42d'ailleurs,
15:42à cette proposition.
15:43Voilà, je me souviens
15:44que c'était notre Philippe Lebel,
15:45donc Philippe Lebel,
15:45c'est le XIVe siècle,
15:46qui a chassé les juifs aussi,
15:47donc il y a aussi
15:48une culture historique
15:49en France,
15:50où notamment le christianisme
15:51a beaucoup chassé les juifs,
15:52donc c'est aussi
15:53un terme un peu particulier,
15:54donc l'utiliser de cette manière,
15:55je ne le comprends pas.
15:56Ensuite,
15:56faire rentrer ça
15:57dans la constitution,
15:59pour moi,
16:00la constitution,
16:00elle organise des pouvoirs.
16:02Ça doit être au contraire
16:02un texte assez simple,
16:03on ne peut pas
16:04tout y faire rentrer.
16:05Pour moi,
16:05elle perd de son sens
16:11faire rentrer
16:11la révolution française dedans,
16:13je peux faire rentrer
16:14n'importe quoi,
16:14en fait,
16:15qui serait justifié
16:16dans l'histoire de France.
16:17Et encore une fois,
16:18l'histoire de France,
16:18elle est multiple,
16:19elle n'est pas que judéo-chrétienne,
16:21elle est plein de choses,
16:21elle est multiple,
16:22elle est diverse.
16:23Donc, à ce titre-là,
16:24tous les partis politiques
16:25pourraient faire en sorte
16:26de faire rentrer
16:27ce qu'ils souhaitent
16:28de la France,
16:29ou du moins de leur part
16:30à laquelle ils sont attachés
16:31à la France.
16:31Je trouve que c'est
16:32une proposition qui est un peu...
16:33Je comprends que ça répond
16:34à une question notamment
16:35du séparatisme religieux,
16:36mais je ne suis pas sûr
16:37que ce soit la réponse
16:38à apporter en termes constitutionnels.
16:40On a un auditeur
16:40qui veut réagir.
16:41On a entendu la petite cloche.
16:43Yann, bonjour.
16:44Vous nous appelez de Bayonne.
16:46Vous n'êtes pas trop d'accord
16:47avec ce qui vient d'être dit ?
16:49Alors, moi,
16:50je vais me présenter
16:50comme se sont présentés
16:51vos invités.
16:52Moi, je suis un fervent
16:54défenseur de la laïcité
16:55et je suis athée complet.
16:57Par contre, aujourd'hui,
16:59voyant un peu
17:01quelle route reprend
17:02aujourd'hui notre France
17:05et ce qu'on veut
17:05défendre, imposer,
17:06alors que ce n'est pas
17:07notre histoire
17:09et tout ça.
17:09Je comprends
17:10qu'on ait envie
17:11que nos politiciens
17:13aient envie
17:13de prendre
17:14cette mesure-là.
17:16Aujourd'hui,
17:16on a une histoire.
17:18Moi aussi,
17:19j'en ai assez
17:19qu'on s'excuse toujours.
17:20On est toujours en train
17:21de s'excuser notre histoire.
17:23Quand bien même
17:24on a fait des choses bien,
17:25on s'excuse.
17:26Et aujourd'hui,
17:28je ne vois pas
17:29les gens de votre plateau
17:30ou les autres
17:31aller dire à un pays musulman
17:33d'enlever ça
17:34de leur constitution,
17:35de leur loi et tout ça.
17:36Et ça,
17:36on trouve ça très bien
17:37chez les autres.
17:37Mais dès qu'il s'agit
17:38de chez nous,
17:39ça nous dérange.
17:40Et ça,
17:40ça me dérange.
17:40On est une république.
17:42On est une république laïque.
17:43En fait,
17:43on n'est pas un pays...
17:45Du coup,
17:46vous ne vous parliez
17:46de me chouater.
17:48Oui,
17:48mais je ne suis pas sûr
17:49que ce soit la réponse,
17:52soit on est tous judéo-chrétiens.
17:53Ben non,
17:54par définition,
17:54on n'en.
17:55Mais pourquoi la croyance
17:56rentrerait justement
17:56dans ce qui va régir
17:58notre vie en société ?
17:59Pour ça,
18:00je rejoins la loi suprême,
18:01c'est que la loi suprême,
18:02c'est la réunion.
18:04Parce qu'aujourd'hui,
18:06en tant qu'ancien directeur
18:07d'un centre social
18:08dans un endroit,
18:10dans un QPV,
18:12on va dire,
18:12dans une cité,
18:14aujourd'hui,
18:15vous avez des gens
18:16qui commencent
18:17à vous dire
18:18il ne faut pas parler
18:20de Noël,
18:21dire une année,
18:22ce n'est pas une bonne chose.
18:25Vous avez raison
18:26de souligner ça
18:26parce que ça heurte
18:27quand même beaucoup
18:28de Français,
18:30de religions catholiques.
18:31Pourquoi on enlèverait ça
18:32à la Toussaint ?
18:34Et moi,
18:34je n'ai pas de problème
18:35à ce qu'ils fêtent
18:36leur fête,
18:38qui est une mosquée chez nous.
18:39Il n'y a pas de fait de tout ça.
18:40Tout le monde peut avoir
18:41tout ce qu'il veut,
18:42mais qu'on ne rentre pas,
18:44ces gens-là,
18:44il y a une partie
18:46de ces gens-là
18:46qui rentrent dans la société
18:47en voulant nous imposer
18:49des choses
18:50ou critiquer nos choses
18:51sous couvert
18:52de ce qu'on a fait
18:53de famille.
18:53Vous pensez, Yann,
18:54que ça changerait quelque chose,
18:55que ça soit inscrit
18:56dans la Constitution ?
18:57C'est une manière
18:57de remettre l'Église,
18:59si j'ose dire,
19:00au cœur du village ?
19:01Je ne pense pas
19:04que ça changera des choses,
19:05mais par contre,
19:06ça affirmera certaines choses aussi.
19:07On arrêtera toujours
19:08de s'excuser,
19:09de dire...
19:10Et puis peut-être
19:10que ce sera le début
19:12d'une vraie intégration.
19:14Moi, je suis fils
19:15d'un grand-père tunisien,
19:16un grand-père portugais,
19:17donc je vous le dis honnêtement,
19:19et qu'on repartira
19:20sur une intégration
19:22plutôt qu'une immigration,
19:24une intégration
19:25qui faudra qu'on fasse comprendre
19:27à tout le monde
19:27qu'il y a des choses
19:28qui se passent.
19:30sur l'espace public.
19:32Et que, voilà.
19:33Merci Yann, en tout cas,
19:34de votre intervention.
19:35Ça réagit beaucoup
19:36aux standards.
19:37On reprendra Vanessa
19:38dans quelques instants
19:39qui nous appelle de rock.
19:41Et on poursuit donc
19:42ces discussions
19:420826 300 300
19:44avec mes débatteurs
19:45sur Sud Radio.
19:47Sud Radio.
19:5010h midi,
19:52Sud Radio.
19:52A vous de le dire,
19:54Stéphanie Demiru.
19:55Merci de nous rejoindre
19:56sur Sud Radio
19:57avec mes débatteurs.
19:58Rachida Kaoud,
19:58Jean-Claude,
19:59bonjour,
20:00Mehdi,
20:01Raïch,
20:01un peuple qui oublie
20:02d'où il vient
20:04et un peuple qui s'efface.
20:05Bruno Retailleau
20:06qui veut reconnaître
20:06les racines judéo-chrétiennes
20:08de la France
20:09dans le cadre
20:10d'une charte
20:11adossée à la Constitution.
20:12Ça fait réagir.
20:14On était,
20:15il y a quelques instants,
20:15avec Yann.
20:16On va prendre Vanessa
20:17qui nous appelle de rock.
20:19Bonjour Vanessa.
20:21Oui,
20:22bon alors déjà,
20:22pardonnez-moi
20:23si j'exprime mon avis
20:25de manière un peu populaire.
20:26Je n'ai pas assez
20:27de connaissances
20:28en histoire
20:28Ne vous excusez absolument pas.
20:31C'est votre avis,
20:32il est précieux.
20:32Pour avoir un avis
20:33extrêmement intelligent.
20:34Mais moi,
20:35instinctivement,
20:36je suis contre
20:37ce genre de choses
20:38parce que je pense
20:40que ça a des cas,
20:43ça apporte
20:44une nouvelle difficulté
20:45à résoudre
20:46notre problème actuel
20:48réel.
20:49Bon,
20:50moi,
20:50je fais partie
20:51des plus modestes.
20:53Ma vie fait que
20:54je côtoie
20:55beaucoup de musulmans.
20:57J'ai ma voisine
20:58que j'adore
20:58qui est pratiquante.
21:00Elle est française.
21:03Elle est plus jeune que moi.
21:04Moi,
21:04j'ai 50 ans.
21:06C'est une française
21:07mais pratiquante.
21:08Moi,
21:08personnellement aussi,
21:09j'ai énormément
21:10la foi catholique.
21:11Jésus,
21:12Jésus,
21:13super star.
21:14Je n'admire personne
21:16sur la planète
21:17sauf Jésus.
21:18Par contre,
21:18je suis une mauvaise
21:19chrétienne,
21:19une mauvaise catholique.
21:21Si tu les écoutes,
21:22je n'ai pas le droit
21:22de...
21:23Parfois,
21:23elle n'est pas valide
21:24parce que je ne crois pas
21:25aux détails de...
21:27Bon,
21:27bref,
21:27peu importe,
21:28on s'en fiche.
21:29Mais ce que je veux dire,
21:30c'est que...
21:31Vous parliez
21:32de problème réel,
21:34Vanessa.
21:34Oui,
21:35problème réel,
21:36parce que c'est un problème
21:37réel de...
21:41La France,
21:41la France,
21:41elle s'est battue
21:42pendant des décennies
21:45pour ne plus être
21:46justement sous l'injustice
21:49des règles,
21:50entre guillemets,
21:51des catholiques
21:51et des chrétiens.
21:52Je pense surtout
21:53aux droits de la fille
21:54dans les années 70.
21:55Vous vous rendez compte,
21:55les années 70,
21:56c'était hier
21:57et il y avait encore
21:58des histoires
21:59d'enfants légitimes,
22:00pas légitimes,
22:01enfin bon,
22:01bref.
22:02On s'est battus
22:04pour que...
22:06Alors oui,
22:06moi je suis fidèle
22:08à mes origines
22:10judéo-chrétiennes
22:11parce qu'il y a de quoi
22:12être fière
22:12de la parole de Jésus
22:14et de sa mentalité
22:16parce que ça veut dire
22:17ouverture des épris,
22:18tout le tralala.
22:20Mais l'Église
22:23qui fait la loi
22:25ou cette...
22:27Enfin, je ne sais pas,
22:28je trouve que...
22:29Alors c'est pas forcément
22:30ce que dit Bruno Retailleau.
22:32Il dit tout simplement,
22:33je répète la phrase
22:34pour se justifier,
22:35un peuple qui oublie
22:35d'où il vient
22:36et un peuple qui s'efface.
22:38C'est ce qu'il dit.
22:38Il ne veut pas forcément
22:39dire que l'Église
22:41va dominer,
22:42si j'ose dire.
22:43Je pense qu'il est d'accord
22:44avec le fait
22:44que nous sommes
22:45un pays laïque.
22:46C'est peut-être
22:48l'idée de rappeler
22:50que les racines
22:51judéo-chrétiennes
22:52en effet peut-être
22:54sont dominantes en France.
22:56Il y a de ça peut-être.
22:57Et ça, ça vous dérange ?
22:59Ce qui me dérange,
23:00c'est que du coup,
23:01on oublie
23:02que pour les musulmans
23:07qui...
23:07C'est un cadeau
23:09que franchement,
23:10la France aide
23:11les musulmans
23:12à s'émanciper,
23:14même s'ils gardent
23:15la foi.
23:16Et que c'est important
23:18qu'à mon avis personnel,
23:20que la religion musulmane
23:21soit un peu plus libre.
23:24Parce que si on regarde
23:24dans le monde...
23:25Enfin, je veux dire,
23:26pourquoi les Français ?
23:27On est un peuple
23:28hyper gentil,
23:30hyper accueillant,
23:31hyper poli.
23:33Bon,
23:35c'est pas trop d'accord avec moi.
23:36On est plutôt râleurs
23:39et plutôt mal polis
23:40en France, généralement.
23:41C'est le Parisien.
23:43Vous dites qu'on est tolérants,
23:45c'est ça, en gros,
23:46Vénéza ?
23:47Oui, oui, oui.
23:47On est quand même
23:48un peuple tant les tolérants.
23:50Et oui, c'est vrai,
23:51on est râleurs quand même.
23:52Oui, un peu quand même,
23:53parfois.
23:54Vénére midi.
23:55En tout cas,
23:56oui, vous ne trouvez pas
23:57ça souhaitable.
23:57Merci Vanessa
23:58d'être intervenue
23:59sur l'antenne
24:00du Sud Radio.
24:01C'est vrai,
24:02c'est un sujet
24:03qui est clivant.
24:04On le voit, Gilles.
24:05Vous voulez rajouter
24:06quelque chose ?
24:07Moi, je suis chrétien aussi.
24:09J'ai été baptisé.
24:10Et moi,
24:11j'étais à l'école
24:12où on ne parlait pas
24:14de religion.
24:15On avait,
24:16moi, j'avais dans ma classe...
24:17Ça, c'est terminé,
24:17ce temps-là.
24:18C'est vrai qu'ils parlent
24:19tous de religion,
24:20maintenant, les jeunes.
24:20J'avais un petit Sénégalais,
24:21j'avais un Marocain,
24:23j'avais un Italien,
24:24j'avais un Français.
24:26Et puis, j'allais
24:26dans la famille du Marocain
24:28où on me donnait
24:29des tonnes de choses
24:30à manger,
24:31je les prends, reprends.
24:33Et on vivait tous
24:33en communauté
24:34et on ne se demandait pas
24:35quelle était la religion
24:36des personnes.
24:37C'était même
24:37quelque chose de secret.
24:39Moi, dans ma classe,
24:41je suis né dans les années 70,
24:43dans ma classe,
24:43j'avais un tas déjà
24:44de nationalité.
24:46C'était fabuleux.
24:47Mais on ne se posait pas
24:47la question.
24:48Et aujourd'hui...
24:49J'ai pas connu
24:50cette époque.
24:50Et aujourd'hui...
24:53Vous êtes beaux,
24:53vous êtes jeunes,
24:54merci Mehdi.
24:56Mais aujourd'hui,
24:56c'est ça qui a changé.
24:57Non, mais c'est la réalité.
24:58C'est qu'on définit les gens
24:59par leur religion
24:59et non plus par leur nationalité.
25:03Et c'est pour ça
25:03que je suis surveillée.
25:05La nationalité
25:06a disparu
25:07au profit des religions.
25:08Or, quelqu'un qui pratique
25:10la religion musulmane,
25:12ce n'est pas la même
25:13si vous la pratiquez en Iran
25:14ou si vous la pratiquez
25:15au Maroc,
25:16si vous la pratiquez
25:17en Algérie,
25:18c'est totalement différent.
25:19Comme les chrétiens
25:20ne sont pas les mêmes
25:20en Italie.
25:21En Italie,
25:22les chrétiens sont
25:23beaucoup plus durs
25:24ou en Espagne
25:25qu'en France
25:26ou d'autres pays.
25:28Et je ne sais pas
25:29qu'est-ce qui s'est passé
25:30dans ce monde
25:30pour que d'un seul coup,
25:32on ne définisse plus
25:33les gens
25:33par rapport
25:34où ils viennent.
25:35C'est-à-dire que
25:35quand on va avoir
25:36un Allemand,
25:36on va se demander
25:37s'il est de droite,
25:38de gauche
25:39ou de quelle religion.
25:39et moi,
25:41j'allais à l'église
25:42et tout ça,
25:43je ne me suis jamais demandé
25:44qu'était la religion
25:46quand j'allais
25:46chez mon copain
25:48en Maroc.
25:49Il a raison,
25:50Gilles Gansmanin.
25:51Je suis désespérée
25:53de voir que mes enfants
25:54parlent de religion
25:55dans leur classe d'école.
25:56Nous,
25:56nous parlions de religion
25:57mais positivement
25:58parce que j'étais content
25:59d'aller à la barre midi
26:00d'un tel,
26:02parce que j'étais content
26:03d'aller à la mosquée,
26:04parce que je connaissais
26:05très bien
26:06la grande mosquée
26:07de Damas
26:08et que ça ne m'empêchait pas
26:10d'aller la semaine d'après
26:12à un mariage
26:13à la synagogue
26:15à Perpignan.
26:16Donc,
26:17c'était positif
26:18parce qu'au milieu
26:18de quoi,
26:19nous avions quoi ?
26:20Nous avions le fait
26:20d'être français tous.
26:22C'était ça,
26:22c'était le point commun
26:23et que le reste,
26:25c'était,
26:26j'ai envie de dire,
26:27une variable d'ajustement.
26:28C'était un élément
26:30mais nous avions de commun
26:32d'être français
26:33avec un idéal.
26:35Dans les années 80-90,
26:37il y a une forme
26:38Il y avait moins d'extrêmes.
26:39Oui,
26:39mais justement,
26:41il y avait moins d'extrêmes.
26:42Pardonnez-moi,
26:43il y avait moins d'extrêmes
26:44parce qu'aujourd'hui,
26:45et je vais vous dire,
26:46si on est en débat,
26:47regardez un peu
26:48dans les librairies.
26:49Ce qui est de plus important,
26:50c'est la culture du moi,
26:52c'est le moi personnel,
26:54c'est comment je vais me sentir bien.
26:55En fait,
26:56on a cultivé,
26:57à outrance,
26:58je ne dis pas
26:58qu'il ne fallait pas l'avoir,
26:59mais l'individu.
27:00On a perdu le sens du nous.
27:02Voilà,
27:02on a perdu le sens.
27:05Ce qui marche mieux,
27:06ce sont tous les trucs,
27:07tous les bouquins
27:08sur le moi,
27:09le développement personnel,
27:10ce qui est important,
27:11mais c'est comment moi,
27:12c'est le moi qui suis au centre.
27:14Donc,
27:14au fond,
27:15on a cet effet de balancier,
27:17on est passé du nous
27:18à l'extrême moi,
27:19et à partir du moment
27:20où on a l'extrême moi,
27:21c'est plus...
27:22mais tout de suite,
27:22vous voyez,
27:23le moi,
27:23très bien,
27:24mais pourquoi ramener tout,
27:25en effet,
27:26à la religion ?
27:26Mais précisément,
27:27parce qu'il y a un problème
27:29d'identité aussi.
27:30Moi,
27:30je dis que...
27:31Mais évidemment,
27:32on est dans l'identité.
27:34Attendez,
27:34elle n'est pas en même temps
27:34les deux.
27:35Je réponds à votre question.
27:37À partir du moment
27:38où c'est le moi qui est important,
27:39ça va être ma religion,
27:40ça va être comment est-ce
27:41que je me considère,
27:43et peu importe le nous,
27:44peu importe ce qu'on fait
27:45comme Français,
27:46c'est ma religion qui me dit ça,
27:47donc c'est moi,
27:48et puis voilà.
27:48Oui,
27:49mais pourtant,
27:49c'est contradictoire,
27:50pardonnez-moi de vous couper,
27:51avec l'aspect communautaire
27:54de certains qui pratiquent
27:56leur religion,
27:56où justement,
27:58on leur reproche parfois
27:59de ne pas s'ouvrir assez.
28:01Donc,
28:01c'est moi dans le nous,
28:03quand même.
28:03Mais ça peut être
28:04le moi dans nous,
28:05et avant tout le nous,
28:06et puis,
28:07nous dans le moi,
28:08dans un deuxième débat,
28:11parce que précisément,
28:13un certain nombre de sujets
28:14se sont insérés
28:15dans notre société,
28:16par exemple,
28:16les sujets
28:18géopolitico-religieux
28:20se sont imposés chez nous,
28:21et c'était le risque.
28:23Le conflit,
28:24par exemple,
28:25un certain nombre de conflits
28:26ont été ramenés
28:27dans nos cités,
28:28ont été ramenés
28:29dans nos sociétés,
28:30effectivement,
28:31et donc,
28:31nous le payons au prix fort.
28:33Absolument.
28:33Bon,
28:33on poursuit nos débats.
28:35Pardonnez-moi,
28:35Mehdi,
28:36je vous avais envie de réagir,
28:37mais je vous donnerai la parole.
28:38Tout à l'heure,
28:39on va dire un mot quand même
28:41du pouvoir d'achat,
28:42parce que le pouvoir d'achat
28:42des Français recule,
28:43l'inflation qui repart,
28:45l'énergie flambe
28:45de près de 17%.
28:47Est-ce que vous,
28:48vous vous obligez
28:48à puiser dans vos épargnes
28:50ou à renoncer
28:50à certaines dépenses ?
28:52A vous de le dire,
28:520800 26 300 300.
28:54Venez réagir sur l'antenne
28:56de Sud Radio.
28:56A tout de suite.
28:58Sud Radio.
29:02Midi 14h,
29:04Sud Radio.
29:05La France dans tous ses états.
29:07Érico Légas.
29:09Bonjour Dominique.
29:1110h midi,
29:12Sud Radio.
29:13A vous de le dire,
29:14Stéphanie Demiru.
29:15Sud Radio,
29:16à vous de le dire,
29:17Rachida Kahout,
29:18Jean-Claude,
29:18bonjour,
29:19et Mehdi,
29:20Raich,
29:20on parlait il y a quelques instants
29:22de l'identité
29:23à la faveur de la proposition
29:26de Bruno Retailleau.
29:27qui veut mettre
29:27les racines judéo-chrétiennes
29:29dans la constitution.
29:30Je vous ai coupé
29:31un petit peu le sifflet
29:32puisqu'il y avait la pub,
29:33mon cher Midi Raich.
29:34Je voulais rajouter quelque chose.
29:35Oui,
29:37je vais faire une petite incise.
29:38Alors,
29:39le mot identité,
29:40ce n'est pas un gros mot.
29:41Déjà,
29:41quand on parle d'identitaire
29:44politiquement,
29:44on a l'impression vraiment
29:45qu'on tombe dans les extrêmes.
29:46Mais c'est aussi important
29:47de se questionner
29:47sur ce qu'on est.
29:48Donc déjà,
29:49pour moi,
29:49il n'y a pas un problème
29:50quand on ramène
29:50ce type de sujet politiquement.
29:52Après,
29:53il y a,
29:53je pense aussi,
29:55des questions
29:55qui sont intimement liées
29:57à ce sujet
29:58qu'on n'aborde pas forcément.
29:59Je m'explique.
30:00Quand on a un retour
30:01de la religion,
30:02je pense que la religion,
30:03elle est souvent comprise
30:04comme le dernier bastion communautaire.
30:05C'est-à-dire que
30:06quand on ne sait plus
30:06véritablement ce qu'on est
30:08ou où on va,
30:08et là,
30:09on n'est plus sur
30:09des considérations politiques,
30:10des considérations économiques,
30:12on a l'impression
30:12qu'on se sent un peu lâché
30:13par la société,
30:14on est en bord.
30:15Là,
30:15on en vient à du fondamentalisme,
30:17on en vient à des sociabilités primaires
30:21et la religion
30:21peut être effectivement
30:22ce sentiment communautaire.
30:23Et quand on voit
30:24à la droite,
30:25notamment vouloir inscrire
30:26l'être judéo-chrétien,
30:27je pense que c'est ça.
30:28Je reviens sur ce que disait
30:31Jean-Claude,
30:31c'est que je pense
30:32qu'on ne sait plus véritablement
30:34ce que c'est que des Français.
30:35Ou du moins,
30:35on peut en avoir honte par moment,
30:37on n'assume pas forcément
30:37certains points de l'histoire
30:39et on va avoir tendance
30:40à vouloir revenir
30:41à un fantasme,
30:43peut-être qu'est le christianisme,
30:44qui serait finalement
30:45l'élément communautaire
30:46de tout le monde.
30:46Et je pense que c'est plutôt ici
30:48qu'il faudrait travailler le sujet,
30:49c'est que la France,
30:50elle est multiple,
30:51elle est diverse,
30:51et elle est de plein
30:52d'horizons différents.
30:53Mais je vois vraiment
30:54la religion pas comme
30:55un problème en soi,
30:56mais je vois la religion
30:57comme le dernier bastion
30:58où on se dit finalement
30:59quand tout part à volo,
31:00quand ça ne va plus
31:01dans la société,
31:02quand tout se délit,
31:02il n'y a plus de lien social,
31:04on va effectivement tomber sur...
31:06En fait,
31:06c'est le dernier rempart.
31:07Une fois que ce rempart tombe,
31:09c'est la Bérésina,
31:09plus rien ne voit.
31:10Et je vois vraiment
31:11cette proposition
31:11un peu comme ça,
31:12en fait.
31:13Je l'aperçois de cette manière.
31:14Et on a beaucoup d'appels
31:15sur ce sujet
31:16qui vous fait décidément réagir
31:18au 826-300-300.
31:20Nous sommes avec Lucie
31:21qui nous appelle de Toulouse.
31:23Bonjour Lucie.
31:25Bonjour.
31:26Eh bien écoutez,
31:26moi je prends un petit moment
31:28pour vous appeler
31:29parce qu'effectivement
31:30j'écoute tous les matins
31:32vos émissions
31:32qui sont très intéressantes.
31:34On vous en remercie.
31:35Je souhaiterais quand même
31:36souligner quelque chose
31:38et un exemple de la France,
31:41c'est la petite île
31:42de l'Océan Indien
31:43qui est l'île de la Réunion
31:44où il y a un mélange
31:45de mixité de race et tout.
31:47J'ai vécu pendant 20 ans
31:48et on n'a pas eu
31:49ce problème de racisme,
31:51ce problème de voile,
31:53ce problème d'aller à l'église
31:54ou d'aller dans un temple
31:55ou d'aller dans une mosquée
31:57ou autre.
31:58Et en fait,
31:59on a oublié ça en fait
32:00parce qu'on parle
32:01de religion et ça,
32:02mais on a oublié
32:03qu'il voulait que la France
32:04c'était un pays d'accueil.
32:06Cette île,
32:07c'était un pays d'accueil
32:07de plus de 200 ans.
32:10Et moi j'ai trouvé
32:11dans cette île-là
32:12qui vous voulez
32:13qui est l'exemple
32:13et aujourd'hui
32:14je suis dans Métropole
32:15et c'est pour ça
32:16que je vous appelle.
32:17Prenons l'exemple
32:18de l'île de la Réunion
32:19qui est française.
32:20Mais comment vous l'expliquez
32:22vous Lucie
32:22que ça soit différent
32:23sur l'île de la Réunion
32:24qu'en Métropole ?
32:26On ne se pose pas
32:27la question
32:27d'où tu viens
32:28ou d'où tu es en fait.
32:30Dès l'instant
32:30où il y a un partage
32:31de bienveillance
32:32et d'amour
32:32et de sincérité,
32:35on ne se pose pas
32:35la question à la Réunion.
32:37En fait,
32:38il y a le respect
32:39qui se fait systématiquement
32:41parce que chacun
32:42reste à sa place.
32:44Il y a des communautés
32:46indiennes,
32:47tamounes,
32:48arabes,
32:51africaines et autres
32:52mais on n'a pas tout cela
32:54et on assiste
32:55à toutes les rémonies
32:56avec bienveillance.
32:57Mais il n'y a pas
32:58ce racisme là en fait.
32:59Mais vous avez dit
33:00quelque chose
33:00de très important,
33:01chacun reste à sa place.
33:03Et peut-être que
33:04en Métropole,
33:05tout le monde
33:05ne reste pas toujours.
33:06Je me fais peut-être
33:07l'avocate du diable
33:08mais c'est peut-être
33:10dans ces cas-là
33:10qu'on a envie
33:12davantage de défendre
33:13son identité.
33:14En tout cas,
33:14merci Lucie,
33:15c'était intéressant,
33:17important comme témoignage.
33:19Jean-Claude Beaujour.
33:20Oui,
33:21effectivement,
33:22moi je voudrais,
33:22dans le prolongement
33:23de ce qui vient d'être dit,
33:24alors il y a eu quand même
33:25et il y a encore
33:26un certain nombre
33:27de tensions ethno-raciales
33:29à la Réunion
33:30mais c'est vrai
33:30qu'on a géri.
33:31Et Lucie se souvient
33:32probablement
33:33des événements du Chaudron
33:34il y a quelques années.
33:36Elle a raison
33:37lorsqu'elle dit
33:38qu'il y a une cohabitation
33:39pacifique aujourd'hui.
33:41J'étais il y a
33:42trois mois
33:43à la Réunion
33:44et on oublie
33:45qu'à Saint-Denis
33:46vous avez
33:47la plus vieille mosquée
33:48ou la première mosquée
33:50en France.
33:51C'était à Saint-Denis
33:52de la Réunion
33:52et nous avions
33:53une discussion,
33:54on m'avait organisé
33:55une discussion
33:56autour de personnalités
33:57religieuses
33:58de religions différentes
34:00et effectivement
34:00je dis
34:02qu'au cours
34:03des débats
34:03qui vont venir
34:04nous devrions donner
34:05ou regarder
34:06la manière
34:07dont ça s'est passé
34:08à la Réunion
34:09et ça peut être
34:10il peut y avoir
34:11des pistes de réflexion
34:12sur la façon
34:13de gérer.
34:14Donc oui
34:14dialogue interreligieux
34:16oui
34:17favoriser
34:18le développement
34:19des communautés
34:21oui
34:21accepter
34:22qu'il peut y avoir
34:22des sujets
34:23mais il faut
34:24les gérer.
34:26Vous voyez par exemple
34:26en banlieue
34:27nous parlions
34:27hors antenne
34:28de la situation
34:30en banlieue
34:30où on a laissé
34:31s'installer
34:31la pauvreté
34:32mais vous savez
34:33à force de ne pas avoir
34:34une vraie politique
34:35des banlieues
34:36qu'est-ce qui s'est passé
34:37on a laissé s'installer
34:38la pauvreté
34:39c'est le terreau
34:41de tout
34:41à part la suite
34:42je ne dis pas
34:43que c'est cela
34:43qui explique
34:44ça ne dit pas
34:44la pauvreté
34:45qui explique
34:46mais c'est un facteur
34:47qui facilite
34:49l'éclatement
34:50ethno-religieux
34:51et c'est ça
34:52le vrai sujet
34:52on n'a pas
34:53à gérer les problèmes.
34:53C'est un sujet
34:54on l'a vu
34:55qui vous a fait
34:55beaucoup réagir
34:56et pourtant
34:57ce n'est pas
34:57la priorité
34:58des français
34:58sur la liste
35:00des candidats
35:02à la présidentielle
35:03surtout
35:03des électeurs
35:05c'est évidemment
35:06on le sait
35:06le pouvoir d'achat
35:08je voulais quand même
35:08m'arrêter quelques instants
35:09sur ce pouvoir d'achat
35:10parce que
35:11c'est extrêmement difficile
35:13pour beaucoup de français
35:14en cette rentrée
35:16le pouvoir d'achat
35:16qui recule
35:17l'inflation qui repart
35:18l'énergie qui flambe
35:20encore l'essence
35:21à plus de 2,10 euros
35:23je voyais ce matin
35:24beaucoup de français
35:25un sur deux
35:26c'est le cas d'ailleurs
35:27des autres européens aussi
35:28qui se serrent
35:29la ceinture
35:30qui rognent
35:30dans le caddie
35:31qui rognent
35:31sur les loisirs
35:33le pouvoir d'achat
35:34qui baisse de 0,2%
35:36au premier trimestre
35:36puis 0,6%
35:39en deuxième
35:39il va falloir sortir
35:41des propositions
35:42efficaces
35:44Rachida Kahout
35:44pour les prochains
35:45candidats à la présidentielle
35:47alors c'est mal parti
35:48parce que je voyais
35:48tout à l'heure
35:49rien que pour le budget
35:50vous avez vu cette proposition
35:52ils veulent imposer
35:53l'épargne salariale
35:53maintenant
35:54une piste pour financer
35:55le budget 2027
35:56on ne s'en sort jamais
35:57parce que
35:59on leur explique
36:00que le pouvoir d'achat
36:01c'est important
36:01pour les français
36:02et à chaque fois
36:03il y a autre chose
36:04qui rognent
36:05sur ce pouvoir d'achat
36:06tant qu'en fait
36:08les vaches à lait
36:10seront toujours
36:10identifiées
36:11comme celles
36:11qui à chaque fois
36:12seront celles
36:13qui seront
36:14on va dire
36:15prélevées
36:16et bien
36:16ça va continuer
36:17c'est très simple
36:19après maintenant
36:20moi je vais vous parler
36:21du quotidien
36:22je suis maman
36:22j'ai deux enfants
36:23qui ont fait
36:24leur entrée scolaire
36:25et effectivement
36:27le pouvoir d'achat
36:29est un réel sujet
36:30les prix sont
36:31extrêmement chers
36:32c'est à dire que
36:32l'inflation a probablement
36:34baissé
36:34mais les prix
36:35n'ont pas baissé
36:36donc quand vous
36:37quand vous
36:38oui justement
36:39c'est de mal en pire
36:40et c'est juste
36:41et en plus
36:42on assiste à une
36:43c'est comme si
36:45finalement
36:45et bien
36:46c'est une résignation
36:47parce que
36:48quand vous regardez
36:49les prix aussi
36:49à la pompe
36:50ils sont encore plus hauts
36:52que ce qui nous avait
36:53justement
36:53et bien
36:54conduit
36:55aux gilets jaunes
36:56il y a quelques années
36:57mais ça y est
36:59c'est terminé
37:00en fait
37:00c'est une résignation
37:02parce que
37:02on ne peut rien faire
37:04et moi je refuse
37:05qu'on reste
37:06en fait
37:07dans ce climat
37:08où l'inaction
37:10en fait
37:10continue
37:11de faire loi
37:12et risque de faire
37:14justement
37:14et bien
37:15basculer notre société
37:16vers notamment
37:17ces sujets
37:17dont on parlait
37:18juste avant
37:19parce que c'est
37:20multifactoriel
37:21le pouvoir d'achat
37:22fait partie des sujets
37:23qui justement
37:24et bien
37:24divise notre société
37:26et qui conduit
37:27au ras-le-bol
37:28et ce ras-le-bol
37:28et bien
37:29nous conduit
37:29à chercher
37:30le coupable
37:31et parfois
37:31le coupable
37:32qui est désigné
37:32et bien
37:33c'est pas le bon coupable
37:34donc les vrais coupables
37:35ce sont
37:36ces futurs
37:37on va dire
37:38enfin ces potentiels
37:39candidats
37:40à la candidature
37:42et qui
37:43aujourd'hui
37:43et bien
37:44force est de constater
37:45n'ont aucune solution
37:45pour notre pouvoir d'achat
37:47et comme je vous l'ai dit
37:48quand je vais au magasin
37:49pour faire les courses
37:50pour la rentrée scolaire
37:51de mes enfants
37:52et bien le panier
37:53n'est absolument pas le même
37:54absolument
37:54et d'ailleurs
37:55puisque vous parlez
37:56de supermarchés
37:57et de courses
37:59vous avez vu que maintenant
38:00les consommateurs
38:01se ruent vers les marques
38:02distributeurs
38:03ah oui tout à fait
38:04ils achètent beaucoup moins
38:06les marques plus chères
38:07et c'est vrai que
38:08il y a de plus en plus
38:10ce développement
38:11des supermarchés
38:12qui font leurs propres marques
38:13et ça ça marche
38:14et vous avez de nombreux
38:15supermarchés
38:15qui sont en train
38:16aujourd'hui d'ouvrir
38:17qui s'appellent
38:18les anti-gaspi
38:20par exemple
38:20et honnêtement
38:22j'étais quand même
38:23choquée aussi
38:23parce que quand je suis
38:24rentrée dedans
38:25par curiosité
38:25j'aime bien observer
38:27quand même un petit peu
38:28ce qui se passe
38:29les prix ne sont pas
38:29si bas que ça
38:30non plus
38:31ça veut dire
38:31qu'il y a quand même
38:32aussi un problème
38:32au tout début
38:34de la chaîne
38:34donc c'est aussi
38:35les industriels
38:36qui souffrent
38:37ce sont aussi
38:38les commerçants
38:38qui souffrent
38:39et les producteurs
38:40les agriculteurs
38:41qui ne sont pas
38:41séviés
38:42mais on se demande
38:43où va l'argent
38:43du coup
38:44où va l'argent
38:45quelque part
38:46parce que
38:46quand vous êtes
38:48sur le terrain
38:49que vous rencontrez
38:50moi je connais un peu
38:50le monde agricole
38:51quand vous voyez
38:52le prix de la patate
38:53le prix
38:56dans le milieu
38:58vitivinicole
38:59quand les types
39:01vivent ce qu'ils vivent
39:01vous dites
39:03il y a quand même
39:04un décalage
39:04il y a deux points
39:06dans votre remarque
39:07sur le pouvoir d'achat
39:09c'est que
39:09de mon point de vue
39:11si effectivement
39:12on veut encore taxer
39:13c'est qu'on veut
39:13résoudre le problème
39:15de la dépense publique
39:16je ne parle pas
39:17de la dette
39:17je parle de la dépense publique
39:19au quotidien
39:20on veut résoudre
39:21ce problème
39:21de la dépense publique
39:22par l'augmentation
39:23des impôts
39:24sauf que
39:25l'augmentation
39:26des impôts
39:27quelle que soit
39:28la forme
39:29ça touche toujours
39:30la classe moyenne
39:32et cette classe moyenne
39:34elle est de plus en plus
39:36imposée
39:36et donc
39:36on peut comprendre
39:37on comprend
39:39à juste titre
39:39la frustration
39:42quid par exemple
39:43des économies
39:45qu'on peut simplement faire
39:46c'est à dire
39:47est-ce qu'on ne peut pas
39:49et il ne s'agit pas
39:50de faire des poches
39:51d'économie
39:52sur l'hôpital
39:53etc
39:53mais est-ce qu'il n'y a
39:55pas de moyens
39:56de mettre
39:56nos comptes
39:57les comptes publics
39:58en meilleur état
39:59parce que
40:00tant qu'on est dans
40:01une spirale
40:02on cherche des taxes
40:03et on cherche
40:05inlassablement
40:06des taxes
40:07sur le pouvoir d'achat
40:08des français
40:08et sur la santé
40:10vous sur quoi
40:11vous économisez
40:12venez nous le dire
40:13sur Sud Radio
40:13on se retrouve
40:14dans quelques instants
40:16Sud Radio
40:18parlons vrai
40:1910h midi
40:20Sud Radio
40:21à vous de le dire
40:22Stéphanie Demuru
40:23à vous de le dire
40:25on parle
40:25le pouvoir d'achat
40:26des français
40:27vous souffrez
40:28en cette rentrée
40:29vous obligez
40:30à vous serrer
40:31la ceinture
40:32sur quel poste
40:33à vous de le dire
40:34on a un premier auditeur
40:35qui nous appelle
40:35Loïc de Toulouse
40:36bonjour
40:37mon cher Loïc
40:38bonjour
40:39vous vouliez réagir
40:40est-ce que vous
40:41vous serrez la ceinture
40:43ah ben là
40:43c'est même plus
40:44serrer la ceinture
40:44je suis passé au stade
40:46d'après
40:47là c'est de l'étranglement
40:48c'est à dire ?
40:50c'est à dire
40:51nous sommes aujourd'hui
40:52le 8
40:53je vais attendre
40:54désespérément
40:55le 27
40:56que mon salaire
40:56arrive maintenant
40:57il me reste 280 euros
40:59pour finir le mois
41:00ah oui
41:01280 euros
41:02effectivement
41:02ça ne fait pas lourd
41:04comment
41:05vous expliquez ça
41:06est-ce que
41:07votre situation
41:08s'est dégradée
41:09au fil des années
41:10Loïc ?
41:12et ben je dirais
41:12qu'il y a une accélération
41:14parce que pour être
41:15totalement transparent
41:16bon je fais 66 km
41:18tous les jours
41:18pour aller travailler
41:20je gagne quand même
41:212500 euros net
41:23tous les mois
41:23donc je me considère
41:24plutôt la classe moyenne
41:26ce qui est la moyenne
41:27des français
41:27ce qui n'est pas
41:28un mauvais salaire
41:29et comment vous expliquez
41:31ce
41:31c'est extrêmement
41:34édifiant
41:35ce que vous nous dites
41:35vous êtes au début du mois
41:37il vous reste 280 euros
41:38logement
41:39c'est pas compliqué
41:40je suis divorcé
41:41j'ai donc une pension alimentaire
41:4320% de mon revenu
41:45j'ai le remboursement
41:46d'un prêt
41:4725% de mon revenu
41:49les charges fixes
41:50électricité
41:51téléphone
41:52etc
41:53représentent aujourd'hui
41:5415% de mon budget
41:56et ça a pratiquement
41:57doublé
41:58en l'espace de 3 ans
41:59doublé
42:00l'électricité
42:03voilà
42:04et là
42:05j'ai un souci
42:06sur mon véhicule
42:07essence
42:07aujourd'hui
42:08moderne
42:09donc j'ai été obligé
42:09de ressortir
42:10ma vieille voiture
42:12qui ne roule plus
42:13au 98
42:13je viens de faire le plein
42:1550 litres
42:16pratiquement 110 euros
42:18et un plein
42:19qui me fera
42:19400 kilomètres
42:20c'est à dire
42:21que je recommence
42:21à la fin de la semaine
42:22le double
42:23j'avoue
42:24quand on entend ça
42:26on se demande
42:27comment est
42:27géré le pays
42:28comment c'est possible
42:29quand on travaille
42:30qu'on est à
42:312500 net
42:32qu'on n'arrive plus
42:33à payer
42:34parce que j'imagine
42:36que tout ce qui est
42:37loisirs
42:37vous n'y pensez même plus
42:38les loisirs
42:39c'est oublié
42:40depuis 6 mois
42:41de toute façon
42:42on tient
42:43je vais être
42:44totalement transparent
42:45j'attends Noël
42:46le 13ème mois
42:48oui c'est
42:49j'avoue qu'on est
42:51Rachida
42:51et je parle même pas
42:52des problèmes de santé
42:53parce que du coup
42:54imaginez vous avez
42:57un pet
42:57au niveau de la santé
42:58donc comment on fait
42:59en fait
43:00qui prend en charge
43:00parce que les mutuelles
43:01coûtent extrêmement cher
43:02tout le monde n'a pas
43:03une mutuelle
43:04qui prend en charge
43:05tous les soins
43:06je parle de ça
43:07parce que j'étais avec
43:08pareil
43:09une mère de famille
43:10qui me parlait
43:11en fait
43:12des soins d'orthodontie
43:13et où elle avait fait
43:15le choix
43:15de ne pas
43:16de ne pas faire
43:17en fait
43:18si vous voulez
43:18le soin dentaire
43:19à son fils
43:20parce qu'elle n'avait
43:22pas les moyens
43:22avec cette rentrée scolaire
43:23et elle a décalé ça
43:24à janvier
43:25vous imaginez quand même
43:27qu'aujourd'hui
43:27en fait
43:28au détriment
43:29si vous voulez
43:29de la santé
43:30de sa propre famille
43:32de ses propres enfants
43:35c'est terrible
43:36on est en train
43:36de vivre une période
43:37qui est vraiment
43:38pour moi
43:39catastrophique
43:39et le choix
43:40ne devrait pas être
43:41enfin il ne devrait pas
43:42être fait du tout
43:43surtout pour un soin
43:44élémentaire
43:45comme celui-ci
43:46Loïc
43:47votre situation
43:47je vous l'ai déjà demandé
43:49empirer
43:49vous avez dit
43:50ces dernières années
43:52mais
43:53j'imagine que vous viviez
43:55mieux avant
43:57ça s'est vraiment dégradé
43:58très récemment
43:59c'est quoi
43:59j'imagine
44:00comme vous faites
44:01beaucoup de kilomètres
44:02que l'essence
44:03est un poste important
44:04pour vous
44:05il est devenu
44:06oui très clairement
44:09quand on est au stage
44:10aujourd'hui
44:10on bosse
44:11pour en faire le plein
44:12pour faire le plein
44:13pour pouvoir avoir sa voiture
44:14aller travailler
44:15pour faire le visio
44:16oui
44:18on ne s'en rend pas compte
44:19alors
44:20il y a effectivement
44:21il y a des sujets
44:22de gestion publique
44:23gestion des affaires publiques
44:24qui est de la responsabilité
44:26de l'état
44:26et on en a parlé
44:27mais il y a aussi
44:28d'autres phénomènes
44:29qui nous impactent
44:29directement
44:30le contexte international
44:32vous voyez bien
44:33le conflit
44:36Iran-Etats-Unis
44:37fait que le prix
44:39de l'énergie
44:39augmente
44:40le conflit
44:41entre la Russie
44:42et l'Ukraine
44:42a fait augmenter
44:43le prix du gaz
44:46le prix d'électricité
44:48le prix des matières premières
44:49donc c'est vrai
44:50que nous sommes impactés
44:51et comme vient de le dire
44:52l'auditeur
44:53il dit
44:53bah oui
44:54maintenant je suis divorcé
44:55j'ai une pension alimentaire
44:58ce qu'il faut bien savoir
45:00et là encore
45:01on va peser les mots
45:03ce qu'il faut bien savoir
45:03c'est que
45:04l'éclatement des familles
45:06conduit à une
45:07un apopérisation
45:08une apopérisation
45:09et d'ailleurs
45:11les femmes
45:11sont les plus grosses victimes
45:14là-dedans
45:15bien sûr
45:15parce que
45:16l'Opensure
45:16Loïc doit payer
45:17une pension alimentaire
45:18toutes ne reçoivent pas
45:19justement la pension
45:20et probablement
45:21que la personne
45:22son ex-épouse
45:23qui reçoit
45:24cette pension alimentaire
45:25peut-être dira
45:26ça n'est pas suffisant
45:27mais lui c'est déjà 20%
45:28donc ce qu'on oublie
45:29de dire
45:30c'est que nos modes de vie
45:31on parlait du passé
45:34il y a un jeune
45:36copanéliste
45:36qui nous disait
45:37vous vous êtes des vieux
45:37mais il dit
45:38justement
45:39nos modes de vie
45:40d'aujourd'hui
45:41de société moderne
45:42font qu'on n'a plus
45:42les familles autour
45:44quand on n'est pas
45:45dans une grosse ville
45:47on travaille
45:47très loin
45:48et donc on doit avoir
45:49une voiture
45:50on doit avoir
45:51le prix de l'essence
45:52les 100 euros
45:53de Loïc
45:54c'est le prix
45:54de la carte Navigo
45:56que je pèse par mois
45:56et moi j'ai tout mon transport
45:58pour 100 euros
45:59en région parisienne
46:00Mehdi
46:01oui de toute façon
46:02je pense que la France
46:03est devenue un pays
46:04de travailleurs pauvres
46:05je le dis souvent
46:06et pour moi
46:07la pauvreté commence
46:08quand on n'a plus
46:09la capacité d'anticiper
46:11ou de prévoir
46:13les imprévus
46:14type santé
46:15et là
46:16quand à 2500 euros
46:17vous ne pouvez plus
46:17avoir de loisirs
46:18et vous ne pouvez plus
46:19anticiper votre santé
46:20pour moi
46:20vous tombez très clairement
46:21dans la paupérisation
46:22et une grande partie
46:24des français
46:24sont dans ce cas là
46:26et
46:26ce n'est pas juste
46:27un problème
46:27de politique publique
46:28très clairement
46:29il n'y a pas que ça
46:30effectivement
46:30il y a des facteurs
46:33où on ne peut pas
46:33avoir une grande incidence
46:35dessus
46:35on parlait du prix
46:36l'énergie
46:37que ce soit que le conflit
46:38crée une
46:38le carburant en Espagne
46:40par exemple
46:40il est moins cher
46:41pour le coup
46:42c'est de la taxe
46:43il n'y a pas que de la taxe
46:45mais c'est aussi ce sujet là
46:46mais vraiment
46:47j'insiste
46:48la France est vraiment
46:49devenue un pays
46:50de travailleurs pauvres
46:50c'est important
46:52de le comprendre
46:52et ce n'est pas acceptable
46:54c'est inacceptable
46:55et on ne peut pas
46:56entendre des situations
46:57de la sorte
46:58chez un auditeur
46:59quand on s'est dit
47:00qu'il gagne 2500 euros
47:02mais c'est ça
47:02je dis
47:03c'est 2600
47:06le salaire médian
47:08il n'est pas aussi
47:09je crois que c'est
47:112600 le salaire médian
47:12en France
47:13peut-être
47:14je crois pas
47:15moi j'en étais
47:161900 sur le salaire médian
47:18je n'ai pas internet
47:18pour vérifier
47:19mais il me semble
47:20que le salaire médian
47:21était à 1900
47:22pour moi il est
47:232006
47:23mais on va vérifier ça
47:25moi je vais vérifier ça
47:26en tout cas Loïc
47:28bon courage à vous
47:29j'ose même pas
47:30vous demander
47:30si vous attendez
47:31quelque chose
47:33du futur président
47:34de la république
47:35ou de la future présidente
47:36est-ce que
47:37il y a quelqu'un
47:37qui a grâce à vos yeux
47:39et qui semble
47:40répondre à vos attentes
47:42en tout cas
47:42dans ses propositions
47:43oui
47:44alors je vais être franc
47:45avec vous
47:45pour moi c'est même
47:47un triptyque
47:48qui malheureusement
47:49n'arrivera jamais
47:50à s'entendre
47:51et aller au pouvoir
47:52mais quand j'entends
47:53madame Knaffot
47:54quand j'entends
47:54monsieur Lissnard
47:55et quand j'entends
47:56monsieur Rotaillot
47:56les trois ont aujourd'hui
47:58compris
47:59qu'il allait
48:00faire de l'économie
48:02et aller arrêter
48:04de payer
48:06pour tout le monde
48:07vous voyez
48:08quand j'étais gamin
48:09mon père a voyagé
48:10à l'étranger
48:1290% des pays
48:14dans le monde
48:14aujourd'hui
48:15vous n'entrez pas
48:16chez eux
48:16si vous n'êtes pas
48:17en capacité
48:17de prouver
48:18que vous êtes
48:18financièrement autonome
48:20vous avez raison
48:21et donc vous attendez
48:22si j'ai bien compris
48:24une baisse de la dépense
48:25publique
48:25clairement
48:26clairement
48:27parce que
48:27j'ai travaillé
48:28dans le public
48:29j'ai travaillé
48:29dans le privé
48:30j'ai même travaillé
48:30aux achats publics
48:31aux marchés publics
48:32vous saviez
48:33les gabs
48:34qu'on peut y trouver
48:35bien sûr
48:36mais oui
48:36il faut les dénoncer
48:37d'ailleurs
48:38Loïc merci
48:39bon courage
48:39à vous
48:40vraiment
48:41et n'hésitez pas
48:43à revenir
48:43sur l'antenne
48:44de Sud Radio
48:45réagir
48:46vous êtes toujours
48:47le bienvenu
48:47merci à vous
48:49Rachida
48:49Mehdi
48:50Jean-Claude
48:51bonjour

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