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  • il y a 7 semaines
Retrouvez le replay de Fauvelle Week-end sur BFMTV.

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00:00Je me tourne vers Brice Tinturier. On a besoin de vos lumières. Brice, on est à un peu plus de
00:037 mois maintenant du premier tour de l'élection présidentielle.
00:07On parle de souveraineté, on parle de dette, on parle de voile, on parle d'insécurité, on parle d'impôt,
00:12on parle d'héritage.
00:13Il y a beaucoup de thèmes qui sont arrivés dans la campagne ces derniers jours. Je voulais simplement vous demander
00:17aujourd'hui quel est l'état d'esprit des Français à 7 mois du premier tour.
00:21Est-ce qu'ils s'intéressent à cette campagne ? Est-ce qu'ils sont inquiets ? Comment est-ce
00:24qu'ils voient cette élection ?
00:26D'abord, ils s'intéressent à cette campagne, ils nous le disent. Ils pensent qu'elle sera historique ou décisive,
00:30par exemple, à 87%.
00:31C'est l'enquête qu'on a réalisée pour le laboratoire de la République, où il y a de très
00:35nombreux et très précieux indicateurs.
00:37Ils sont 85% aussi à nous dire qu'ils s'y intéressent. Ça, c'est incontestable.
00:42Ensuite, ils s'y intéressent pourquoi et comment est-ce qu'ils l'abordent.
00:45Je n'ai jamais vu des indicateurs montrant une telle colère dans le pays.
00:49Colère ?
00:50Colère, c'est la dominante de cette élection.
00:53Vous avez 2% aujourd'hui de Français, saluons-les, qui nous disent appartenir à une France apaisée, dans laquelle
00:59ils se sentent bien.
01:01Vous en avez 46% qui se déclarent mécontents, mais pas forcément en colère ou dans la contestation.
01:06Et vous en avez maintenant une majorité, plus de 50%, qui vous dit, non seulement mécontentement, mais colère, contestation.
01:13Donc, en gros, le chaudron bouillonne.
01:15Le chaudron bouillonne, je voudrais juste vous interroger sur une expression qu'on lit et qu'on voit beaucoup dans
01:22les médias, dans la presse, ces derniers jours.
01:24Nous serions en situation de pré-insurrection.
01:27Il y a même la référence à 1789, la France sur un volcan.
01:30Vous dites ça, ça bouillonne.
01:32Est-ce qu'effectivement, vous sentez aujourd'hui que cette colère peut déboucher sur autre chose ?
01:36Non, parce que, dans tous les cas, pas aujourd'hui, parce que l'enjeu, c'est la présidentielle.
01:41Donc, il y a encore un processus électoral très attendu par les Français, très attendu d'ailleurs par les sympathisants
01:47du RN ou de la France insoumise,
01:48qui se disent, et c'est important de l'avoir à l'esprit, on peut gagner, et qui donc veulent
01:54et pensent qu'il va y avoir une rupture.
01:56On n'est pas simplement dans le changement, dans une demande de changement qui était le leitmotiv de toutes les
02:01présidentielles.
02:01Là, ça rappelle plutôt 1981, avant 1789.
02:06C'est rupture, renversons la table.
02:09Donc, l'enjeu, il est là, et ces Français sont très divisés.
02:13Vous êtes RN ou LFiste, vous vous dites que l'élection aura des résultats positifs pour le pays et pour
02:19vous-même.
02:20Vous le dites moins si vous êtes dans ce grand bloc qui va du centre-gauche jusqu'à la droite,
02:25on va dire.
02:25C'est plutôt nourri par une dynamique qui profite aujourd'hui aux populistes de droite ou de gauche,
02:33puisque tout ce qu'on voit là, permettez-moi juste de rebondir,
02:37mais nous montre à quel point on est en réalité face à une offre politique qui est populiste, chimiquement pure.
02:46Le peuple, en définitive, a toujours raison, nous a dit Marine Le Pen.
02:49Donc, ce n'est pas le droit, ce ne sont pas les contre-pouvoirs, c'est le peuple.
02:53Et puis, on le voit sur les éléments aussi qui ont trait à un certain nombre de contre-pouvoirs,
02:59ou maintenant à l'Ukraine, ou maintenant à la question migratoire.
03:02Vous décrivez une France coupée en trois, au moins, elle est fille d'un côté, RN de l'autre,
03:06bloc central au milieu, appelons-le comme ça.
03:10Mais est-ce que les Français, aujourd'hui, sont prêts à choisir,
03:14alors attention, je vais bien choisir mes candidats, l'un des candidats du bloc central ?
03:17Mettons-y, je parle sous le regard de Valérie Pécasse-Gabriel Attal,
03:20votre candidat Bruno Retailleau et Édouard Philippe, pour dire les choses simplement.
03:24Ou est-ce que jamais les Français ne voteront, après dix ans de macronisme,
03:28pour quelqu'un qui a été ministre d'Emmanuel Macron,
03:31même si tous les trois ont pris leur distance ?
03:32Non, on ne peut pas dire que jamais ils ne voteront pour lui,
03:34parce qu'il y a encore d'abord huit mois de campagne,
03:37qu'ensuite, si la perspective, notamment dans l'entre-deux-tours,
03:40d'une victoire de Marine Le Pen devient de plus en plus forte,
03:43à ce moment-là, vous aurez des mouvements, on a connu ça en 2024,
03:46je ne sais pas qui sera qualifié contre Marine Le Pen.
03:50Regardez le Parisien, aujourd'hui, dans ce week-end,
03:53on a un certain nombre d'attentions de vote qui nous disent des choses intéressantes,
03:57mais on ne peut pas affirmer, et c'est pour ça que je ne fais pas non plus de second
04:00tour,
04:01on ne peut pas affirmer que le jeu serait joué,
04:03et que c'est Marine Le Pen qui, inéluctablement, va l'emporter.
04:07Moi, ce que je vous décris, c'est un pays où il y a, en termes d'indicateurs,
04:11il faut y ajouter le déclinisme, le sentiment d'un immense gâchis,
04:14la consternation des Français qui se disent, comment est-ce qu'on peut en être là ?
04:18Beaucoup d'impôts, et en même temps, le sentiment que rien ne va dans aucun des domaines.
04:24Et il commence à globaliser, c'est ça qui est important et nouveau,
04:27en se disant, ça vient de la classe politique, depuis 40 ans.
04:31Donc oui, il est difficile d'être un sortant,
04:34et d'être associé à ce moment-là, aux dix dernières années.
04:36Maintenant, il y a d'autres paramètres qui vont rentrer en ligne de compte,
04:39et, j'ai envie de dire, la bataille argumentative, elle commence.
04:43On le voit, justement, à propos des prises de position du Rassemblement national,
04:47sur le voile, sur l'Ukraine, etc.
04:48– Valérie Pécresse, quand vous entendez Brice Tatorier,
04:50qui décrit finalement une sorte de prise en tonaille
04:53entre les filles d'un côté et le RN de l'autre pour, j'allais dire, votre famille,
04:56en tout cas ce bloc central, est-ce que vous vous dites
04:59que votre famille est en train d'aller dans le mur,
05:01en klaxonnant avec ses candidatures multiples,
05:04et ses candidats qui refusent de s'effacer les uns pour les autres ?
05:08– Moi, ce que je vois, c'est que c'est exactement le paysage
05:12que décrit Brice Tatorier, et tous les jours, je rencontre des Français,
05:16et tous les jours, je rencontre des Français qui sont exaspérés par la situation.
05:20Ils sont exaspérés par l'impuissance publique,
05:23et puis quand ils sont, j'allais dire, de la droite ou du centre,
05:26ils sont exaspérés par nos divisions.
05:28– Ils vous disent quoi ?
05:29– Ils nous disent, mettez-vous d'accord, ayez un seul candidat,
05:34mais ils nous disent aussi, proposez un programme puissant de redressement,
05:38parce que ce qu'ils pensent, c'est que les solutions d'hier n'ont pas marché,
05:41donc il faut inventer les solutions de demain,
05:43et ces solutions de demain, ça ne peut pas être les mêmes,
05:46et donc il faut une rupture, il faut remettre de l'ordre aux frontières,
05:49il faut remettre de l'ordre dans la rue, il faut remettre de l'ordre dans les comptes,
05:52et il faut remettre de l'ordre dans les services publics.
05:53Vous savez, souvent on dit, les gestionnaires, c'est pas bien,
05:57ils sont gestionnaires.
05:58Ben non, en fait, on n'est pas gestionnaire,
06:00on a mal géré l'argent des Français.
06:02Aujourd'hui, l'impôt est vécu comme injuste,
06:04parce qu'il n'est pas efficace, les services publics ne fonctionnent plus.
06:07Voilà, donc on a besoin d'un projet de totale rupture.
06:10Et de ce point de vue, cette pré-campagne-là, en ce moment que nous vivons,
06:14elle est intéressante.
06:15– Qui démarre à toute vitesse.
06:16– Elle démarre à toute vitesse,
06:17et elle permet quand même, je trouve,
06:21d'aller chercher des solutions aux problèmes.
06:23Et de proposer des solutions un peu innovantes,
06:26un peu puissantes, et c'est important.
06:29Je peux vous en donner des exemples.
06:31– Oui, rapidement.
06:32– Par exemple, typiquement, Bruno Retailleau a proposé des mesures hier sur…
06:37– Donner la parole aux Français par référendum,
06:39et cette parole donnée aux Français sur tous les sujets,
06:42c'est ce que dit Bruno Retailleau,
06:43serait supérieure, par exemple, à ce que décide le Conseil constitutionnel,
06:48ce qui fait dire à certains de ses opposants que c'est la fin de l'État de droit.
06:51– Alors, cette proposition de Bruno Retailleau,
06:54elle est puissante, et elle est intéressante.
06:57Moi, je ne sais pas si vous connaissez mon histoire,
07:00mais moi je suis juge, je suis juge de profession.
07:03Avant d'être en politique, j'étais magistrate au Conseil d'État,
07:07et c'était vraiment ma vocation.
07:09– Ça ne vous fait pas peur, ce que propose Bruno Retailleau ?
07:11– Justement, l'État de droit, pour moi, est un trésor,
07:13le Conseil constitutionnel, un pilier de nos institutions.
07:16– Et donc ? – Néanmoins, la proposition de Bruno Retailleau,
07:20elle a un énorme mérite, c'est qu'elle veut mettre fin
07:23à l'impuissance publique qui naît aujourd'hui des jurisprudences
07:27du Conseil constitutionnel, et je vais y venir.
07:29Et il veut aussi redonner la parole au peuple.
07:31Et je pense que c'est intéressant.
07:33Le Conseil constitutionnel, sa jurisprudence,
07:36qui est une jurisprudence humaine,
07:38qui est une jurisprudence qui a été faite depuis des décennies,
07:41a connu une dérive, malheureusement, technocratique,
07:45comme l'ensemble de la sphère publique française.
07:48Une dérive technocratique, et une dérive aussi
07:52en termes de pouvoir de blocage.
07:55Je vous donne un exemple.
07:57Aujourd'hui, quand le Conseil constitutionnel
08:01a développé une jurisprudence,
08:03c'est un peu le monstre de Frankenstein
08:04qui a échappé à son créateur.
08:06Une jurisprudence sur les cavaliers législatifs.
08:09Cavaliers législatifs, c'est le fait de mettre dans la loi
08:11quelque chose qui ne devrait pas y figurer.
08:13Je simplifie.
08:14Oui, mais alors ça, vous voyez, ça parle à personne,
08:16mais ça vous montre à quel point on va dans le technique et le machin.
08:21En fait, le Conseil constitutionnel a dit,
08:23la Constitution dit qu'il ne faut pas faire
08:26des cavaliers législatifs dans une loi.
08:27Mais moi, je dis, je vais aller plus loin.
08:30Les cavaliers législatifs, ils doivent avoir,
08:35enfin, les amendements doivent avoir un rapport
08:37avec le texte de l'Arctique, pas avec le texte de loi.
08:41Ça veut dire qu'ils ont limité le pouvoir d'amendement
08:43des parlementaires au strict minimum.
08:45Et ça veut dire, en concret, qu'ils ont censuré
08:4730% de la loi immigration qui était votée par le Parlement.
08:50Et c'était la loi de Bruno Retailleau.
08:51Je retombe sur mes pattes.
08:52Oui, mais ça, c'est totalement technocratique.
08:54C'est incompréhensible par les Français.
08:56C'est incompréhensible par personne.
08:57Je vous la pose quand même.
08:58Il y a trois candidats du Bloc central.
09:00Gabriel Attal, Édouard Philippe, Bruno Retailleau.
09:01Est-ce que vous pouvez nous dire, à la fin,
09:03il n'en faut qu'un ?
09:04Mais bien sûr, je le dis, urbi et torbi,
09:06et je le dis depuis le début.
09:08Ce que je dis...
09:09N'importe lequel ou pas ?
09:10D'abord, moi j'ai un candidat,
09:11qui est le candidat de ma famille politique
09:12et que je soutiens.
09:13Il s'appelle Bruno Retailleau.
09:14Il vient de faire d'ailleurs une proposition
09:16très puissante, à la fois pour rompre
09:18avec l'impuissance publique qui naît
09:20des décidions du Conseil constitutionnel,
09:22et pour protéger les intérêts vitaux de la France
09:24contre certaines décisions de jurisprudence européenne
09:26qui pourraient être contraires à nos intérêts vitaux.
09:29C'est votre candidat à date ?
09:30C'est mon candidat.
09:31Ça pourrait changer ?
09:33Il a des propositions très importantes à faire,
09:35et sur le régalien, permettez-moi de vous dire
09:37que je pense qu'il est le plus crédible.
09:39C'est très important.
09:40Pardon, vous allez trouver la question un peu facile.
09:42Est-ce que vous êtes sûr qu'au final,
09:43il fera mieux que vous, à la présidentielle ?
09:45Moi, ce que je souhaite, c'est qu'il soit le premier
09:48au terme de cette pré-campagne.
09:50Mais si ça n'est pas le cas.
09:51Mais je le dis, et je le dis depuis des semaines,
09:54depuis des mois, je le dis à tout le monde,
09:57parce que j'ai vécu cette situation.
09:59J'ai vécu cette situation de siphonnage des voix
10:02et de vote utile.
10:03J'ai vécu cette peur des électeurs en 2022
10:06du second tour Mélenchon-Le Pen.
10:09Et aujourd'hui, on se retrouve dans la même situation.
10:11Donc si on veut éviter le second tour Mélenchon-Le Pen,
10:13il ne faudra qu'un seul.
10:14Et il faudra qu'on se réunisse.
10:14Et il faudra mettre nos états d'âme sous le tapis,
10:19parce qu'à un moment donné, ce sera une nécessité.
10:21Mais ça n'empêche pas que dans cette pré-campagne,
10:23on pousse pour avoir le projet le plus puissant
10:25et le projet qui mette fin à l'impuissance publique.
10:28Brice Tinturier, cette semaine, le débat politique
10:30a tourné autour de la proposition du Rassemblement national
10:32d'interdire le voile dans l'espace public
10:35avec des amendes pour les femmes voilées,
10:37proposition faite par Jean-Philippe Tanguy
10:38qui figurait d'ailleurs dans le programme de Marine Le Pen
10:40depuis des années, sur ce plateau dimanche dernier.
10:44Politiquement, est-ce que c'est bien joué de la part du RN ?
10:46Je ne vous demande pas si c'est constitutionnel,
10:48ça a été débattu et ça le sera encore,
10:50si c'est réaliste, si c'est discriminatoire,
10:52mais pourquoi il fait ça, Jordan Bardella ?
10:54Pourquoi il dit ça ?
10:55Mais parce que cet élément fait partie des marqueurs profonds
11:01du Rassemblement national et de son électorat.
11:04Et j'ai envie de dire,
11:05ce n'est pas que les masques tombent,
11:07mais la stratégie de dédiabolisation du Rassemblement national,
11:11on voit bien là ses limites.
11:13On revient à une forme de populisme assumé,
11:16à des marqueurs historiques,
11:18sur le voile, sur l'immigration, sur d'autres sujets.
11:21Donc c'est tout à fait logique, c'est tout à fait cohérent.
11:24Quand on disait la stratégie de la cravate,
11:26je crois que c'était une stratégie.
11:28La stratégie de la cravate est écrasée par la stratégie du voile.
11:31Mais Marine Le Pen, elle revient aux fondamentaux
11:34du Rassemblement national.
11:35Juste un point, un dernier point,
11:37pour appuyer ce qu'a évoqué aussi Valérie Pécresse.
11:40Moi, je suis persuadé que dans le contexte que je vous ai décrit,
11:43l'exaspération, de colère,
11:44il faut y ajouter 85% de Français qui disent que le pays est en déclin.
11:48Eh bien, vous avez mécaniquement,
11:50donc, ceux qui veulent renverser la table,
11:52les autres qui disent, si on renverse la table,
11:53il faut peut-être la renverser,
11:54mais il ne faut pas casser toute la vaisselle.
11:55Il y a ceux qui veulent monter sur la table aussi.
11:57Mais ça veut dire aussi que les candidats
12:00qui ne veulent pas renverser toute la table
12:01doivent avoir des propositions très radicales
12:04pour justement être capables de répondre
12:06à ce sentiment massif, majeur.
12:09Encore une fois, moi, je ne l'ai jamais vu à ce point
12:11qu'on est justement à un point un peu décisif
12:15et qu'on n'avait jamais imaginé sur l'affaiblissement du pays.
12:18Valérie Pécresse, votre position sur le voile,
12:21il y a des positions tranchées,
12:22ceux qui disent, je mets une amende,
12:24ceux qui disent, on n'y touche pas.
12:25Il y a des positions plus nuancées.
12:26Édouard Philippe qui dit, moi, à titre personnel,
12:28ça me dérange, il a dit ça il y a plusieurs mois,
12:30ça me dérange quand je croise une femme voilée,
12:32mais ça me dérangerait encore plus
12:34qu'un policier aille lui demander ses papiers
12:37pour la verbaliser.
12:39Vous, quand vous croisez une femme voilée,
12:40vous vous dites quoi ?
12:41Moi, ma position sur le voile, elle est connue.
12:43Elle est connue de tous.
12:45Pour moi, le voile n'est pas un vêtement comme les autres.
12:47C'est un signe religieux
12:48et c'est un signe de soumission de la femme.
12:50Donc, à titre personnel, je n'y suis pas favorable.
12:52Mais, mais, je veux protéger les petites filles,
12:58les mineurs, les élèves des écoles,
13:01les sportifs dans les clubs de sport.
13:03Je veux leur donner les moyens de leur émancipation,
13:06le moyen de choisir de se voiler ou de ne pas se voiler.
13:09J'ai été une militante anti-burca, vous le savez.
13:11À l'époque, d'ailleurs, Jean-Marie Le Pen refusait,
13:15refusait de dire, enfin, a refusé la loi anti-burca.
13:19Donc, c'est vous dire que le RN, voilà,
13:21il change avec les saisons, ses positions,
13:23sur le voile, en tout cas.
13:24Mais, pour moi, une femme adulte,
13:27elle est libre de croire ou de ne pas croire
13:29à la religion de son choix.
13:30Et l'espace public en France,
13:32et l'espace public en France,
13:35c'est un espace public de liberté.
13:37Et donc, tout ça fait que je suis contre cette mesure.
13:40Mais, je vais vous dire, Marc Ovel,
13:41moi, j'ai une seule certitude.
13:43Une seule certitude.
13:44Et je vous le dis,
13:46les yeux dans les yeux,
13:47j'ai une seule certitude.
13:49Jamais, ils ne l'appliqueront, cette mesure.
13:50Jamais.
13:51C'est une mesure uniquement électoraliste.
13:52Et pour le prouver,
13:54je vous renvoie
13:55à l'entre-deux-tours de 2022.
13:57Parce que moi, j'ai des souvenirs très précis.
13:58Marine Le Pen avait rencontré,
14:00dans l'entre-deux-tours,
14:00une femme voilée,
14:02qui l'avait interpellée
14:03sur l'interdiction du voile.
14:04Et Marine Le Pen avait dit,
14:05d'ailleurs, ensuite,
14:06que ça l'avait questionnée.
14:08C'est pour ça qu'on a été surpris,
14:09y compris nous,
14:10observateurs de la vie politique,
14:11que la question soit à nouveau tranchée
14:12en faveur de l'interdiction.
14:14Et Jordan Bardella,
14:15ayant apparemment émis quelques réserves
14:16en disant,
14:17lors d'un séminaire au RN,
14:18moi, je ne la sens pas,
14:19cette mesure.
14:20Si déjà Marine Le Pen ne la sent pas,
14:22et si Bardella ne la sent pas non plus,
14:23vous vous dites, ils ne le feront pas.
14:24Je veux dire, ils ne le feront pas.
14:26Et par ailleurs,
14:27souvenez-vous du débat
14:28Macron-Le Pen,
14:30ou de deuxième tour de 2022,
14:32où Marine Le Pen est acculée
14:34sur cette mesure,
14:35parce qu'il faut qu'elle la défende
14:36et la justifie.
14:36Et à la fin, elle finit par dire,
14:38on ne pourrait pas parler d'autre chose,
14:39s'il vous plaît.
14:39On ne pourrait pas parler d'autre chose,
14:41s'il vous plaît.
14:41C'est ça, la mesure clé,
14:42la mesure phare du programme du RN.
14:44Donc, c'est uniquement une mesure,
14:45et Brice Saint-Turier l'a très bien dit,
14:47c'est uniquement une mesure par avant.
14:50C'est une mesure,
14:51peut-être pour faire oublier d'ailleurs,
14:53que son conseiller économique
14:54vient de démissionner,
14:56parce que le programme de Marine Le Pen
14:57est un programme de démagogie.
14:59– Démissionner ou pousser vers la sortie,
15:00il y a eu plusieurs versions.
15:01– Oui, enfin, pour faire oublier
15:02que celui qui avait des vraies idées
15:04de politique économique pro-entreprise au RN
15:06a démissionné,
15:07a été poussé à la sortie.
15:08C'est peut-être pour faire oublier ça
15:09qu'il nous ressortent les vieilles lunes du voile.
15:12– Valérie Pécresse,
15:12je voudrais vous entendre
15:13sur le scandale du périscolaire à Paris,
15:15puisqu'aujourd'hui,
15:15une quinzaine de familles
15:17a porté plainte contre le maire actuel,
15:19le maire de Paris, Emmanuel Grégoire,
15:20contre celle qui était dans son fauteuil auparavant,
15:22c'est-à-dire Anne Hidalgo.
15:23Il les accuse d'avoir eu connaissance
15:25des dysfonctionnements qu'on conduit,
15:27on le sait,
15:28à cette affaire absolument terrible
15:29de viol et d'agression sexuelle
15:30par dizaines et sans doute par centaines.
15:32Je rappelle juste le dernier chiffre,
15:34on en est à 230 enquêtes ouvertes
15:37sur des enfants en maternelle
15:38ou dans le primaire.
15:39Pour vous, qui est responsable ?
15:42– Écoutez, ça c'est la justice qui le dira.
15:43La justice est saisie,
15:45c'est elle qui va mener l'enquête
15:46et je ne me prononcerai absolument pas là-dessus.
15:48Mais c'est une tragédie
15:49ce qui s'est passé dans le périscolaire à Paris.
15:51– Mais vous entendez ces familles qui disent
15:54aujourd'hui, il faut remonter jusqu'aux politiques.
15:56– En tout cas, il y a toujours des responsables.
15:58Il y a toujours des responsables à identifier
16:00et effectivement, ce que ressentent les Français,
16:04c'est que c'est souvent le lampiste qui trinque
16:07et jamais le responsable qui assume ses responsabilités.
16:09Donc effectivement, il y a de plus en plus,
16:11et moi je le vis,
16:13la recherche du responsable ultime
16:17et du fait que ça ne peut plus être
16:20les intermédiaires qui sont responsables.
16:22Mais moi je le vis tous les jours
16:22dans ma vie politique, tous les jours.
16:24On vient me chercher moi comme responsable
16:26de choses qui ont été exécutées
16:29sous ma responsabilité et je l'assume.
16:32– 30 secondes pour évoquer un dossier
16:34dont on a beaucoup parlé ces dernières semaines.
16:35Vous savez, l'ouverture à venir
16:36d'un immense parc d'attractions
16:38en région parisienne consacré à Dragon Ball.
16:40Ça a été annoncé par l'Elysée
16:42des milliers et des milliers d'emplois à venir,
16:45financés par l'Arabie Saoudite.
16:46Vous vous êtes félicité vous aussi de ce projet
16:48en disant que ça fait un an et demi
16:49qu'on négocie en coulisses.
16:50On a appris hier que les ayants droit japonais
16:55qui gèrent la marque Dragon Ball disent
16:56qu'on n'est pas au courant.
16:58On n'a rien négocié du tout
16:59et c'est un petit problème.
17:02Il y a eu un petit bug ou pas ?
17:03– Ça n'a pas d'impact sur le projet lui-même.
17:05– Est-ce qu'il faut faire Dragon Ball
17:06sans Dragon Ball ?
17:07– C'est trois parcs d'attractions
17:09qui doivent venir sur le site
17:11d'un ancien parc d'attractions
17:13qui a fait faillite dans les années 90.
17:15Donc ça fait 35 ans
17:18qu'on essaie de ressusciter
17:19ce parc d'attractions.
17:20Pour moi, c'est une excellente nouvelle.
17:22Je vais vous dire pourquoi.
17:22C'est parce que les Saoudiens hésitaient
17:24entre Londres, l'Espagne et Paris.
17:27Et ils ont dit quoi ?
17:28Ils ont dit
17:28si on doit faire un parc d'attractions quelque part,
17:31il doit se faire en Ile-de-France
17:33parce que c'est là
17:34que l'attractivité touristique est la plus forte.
17:37C'est là que les transports sont les meilleurs.
17:38C'est là qu'il y a le plus de vie culturelle.
17:41Donc c'est un très bon signal
17:43envoyé à tout l'écosystème touristique du monde.
17:46– Mais vous n'êtes pas plus inquiète que ça
17:46par le fait que les ayants droit
17:48qui possèdent la marque vous disent
17:49qu'on n'est même pas au courant.
17:50– Monsieur Fauvel, vous savez très bien
17:52comment ça marche.
17:53Il s'agit de négocier des droits
17:55avec des ayants droit.
17:56Ça, c'est la responsabilité des porteurs de projet
17:59qui vont le faire tranquillement
18:00et certainement pas devant les caméras de BFMTV.
18:03– Et vous les avez eu au téléphone
18:04depuis qu'ils ont dit ça ?
18:05– Certainement pas devant les caméras de BFMTV.
18:08Croyez-moi, tout ça va se faire.
18:10Le projet démarre maintenant
18:11et seulement maintenant.
18:13On va le co-construire.
18:14On va le co-construire avec les territoires.
18:15– On ne vous sent pas plus inquiète que ça.
18:16– Et par ailleurs, le sujet, ça va être aussi
18:19que la région soit vigilante.
18:20Parce que nous, on est en zéro artificialisation nette.
18:23Ça veut dire que quand on touche
18:24à une terre agricole en Ile-de-France,
18:26ça veut dire qu'on doit replanter ailleurs.
18:27Donc on sera très vigilants, évidemment,
18:30sur l'impact sur le territoire.
18:32Mais 6 milliards d'investissements
18:34et 20 000 emplois, franchement,
18:35dans une terre d'Ile-de-France
18:36où dans certains quartiers,
18:38on a 40% de chômage des jeunes,
18:40je vous assure que ça ne se refuse pas.
18:41Et ceux qui opposent le tourisme à l'industrie
18:44devraient aller en Floride ou en Californie
18:46pour voir si les deux s'opposent.
18:48Nous sommes le premier hub de l'IA
18:50et du quantique en Europe
18:51et nous serons aussi le premier hub touristique.
18:53– Merci beaucoup Valérie Pécresse.
18:54Merci beaucoup Bristin Turiste.
18:56J'ai bien compris, il y a un petit sondage
18:57qui sort ce week-end dans les colonnes du Parisien.
18:59Vous l'avez dit tout à l'heure,
19:00on regardera ça avec évidemment beaucoup d'attention.
19:02Merci à tous les deux d'être venus ce soir sur ce plateau.
19:04On va évoquer maintenant...

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