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  • il y a 6 semaines
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Nous sommes donc le jeudi 3 septembre, pas content, pas content, pas content.
00:03Bienvenue dans le monde merveilleux de la liberté d'expression à géométrie variable chez Radio France.
00:07Les personnels du groupe demandent à leur direction le retrait de l'édito de Charles Sapin sur France Inter.
00:11On est avec Eric Revelle qui a longtemps travaillé pour France Bleu.
00:15Enfin longtemps, j'ai dirigé France Bleu pendant près de trois ans, oui.
00:17Oui, j'ai une petite expérience.
00:20Une petite expérience.
00:20Pas forcément heureuse, mais j'ai une petite expérience.
00:21Charles Sapin est directeur adjoint de la rédaction de l'heure actuelle.
00:24On parle d'une chronique de 2 minutes 30 le dimanche à 7h40, 2 minutes 30 sur 168 heures de
00:30diffusion de la Radio France du service public.
00:32Et dans une motion adoptée à l'unanimité, les personnels disent leur refus catégorique de l'arrivée de Charles Sapin
00:37à l'antenne.
00:38Et j'ai appris quelque chose, c'est Louis de Ragnel qui me disait cela il y a quelques minutes
00:42avant d'entrer dans le studio.
00:44Il y a une dizaine ou une quinzaine d'années, Guillaume Roquet était directeur de Valeurs Actuelles.
00:49Et il faisait une chronique sur France Inter et ça ne posait aucun souci.
00:54Et on voit bien la radicalisation qui s'est produite ces dernières années dans la France politique, mais également dans
01:00les médias.
01:02C'est-à-dire qu'aujourd'hui...
01:03Guillaume Roquet qui était passé par Valeurs Actuelles.
01:05C'est pour ça que je dis ça.
01:06Oui, parce que maintenant il est au Figaro Magazine.
01:08Mais vous avez raison, il était directeur de Valeurs Actuelles à l'époque.
01:11C'est ce que je vous dis.
01:12Je suis en train de vous dire que Guillaume Roquet était directeur de Valeurs Actuelles.
01:19Et en tant que directeur de Valeurs Actuelles, il tenait une chronique sur France Inter et ça ne posait aucun
01:26souci.
01:27Et je vois là une radicalisation qui existe dans les médias.
01:32C'est-à-dire que France Inter s'est sans doute gauchisé.
01:36Il me semble qu'à l'époque il y avait plus de pluralisme dans les années 70, 80, 90 et
01:41même il y a encore une quinzaine d'années.
01:43Et qu'aujourd'hui, notamment ces humoristes ou ces pseudo-humoristes de France Inter sont sur une ligne politique et
01:50font passer des messages sous couvert d'un faux humour.
01:53Parce que souvent ce n'est pas très drôle.
01:54Mais en revanche, ce sont des messages politiques.
01:56Alors écoutez, David Lissnard, le maire de Cagnes, il était invité ce matin de Laurence Ferrari sur ses news européens.
02:02Et il parlait précisément de la dérive idéologique de Radio France.
02:05Quand ils disent qu'il n'y a pas de dérive idéologique, c'est faux.
02:08S'il y avait un sondage électoral à Radio France, je voudrais savoir combien de gens votent à droite.
02:12Je suis sûr qu'il y en a zéro.
02:14Donc Radio France, France Télé n'appartiennent pas ni aux syndicats, ça appartient à tous les Français.
02:20Qu'il y ait des éditorialistes de gauche, tant mieux.
02:22Vive l'expression de gauche, mais qu'on ne flingue pas l'expression de droite.
02:26Le sectarisme, il est chez ceux qui pendant des années nous ont dit qu'ils étaient tolérants.
02:30Les valeurs républicaines, les machins, etc.
02:33Tout ça, maintenant les masques tombent.
02:35Le meilleur antidote à la bêtise, le meilleur antidote au sectarisme, au fake news, c'est le pluralisme.
02:40Et non pas nous emmerder, pardonnez-moi cette expression un peu triviale, avec leurs pétitions, avec leurs trucs tristounés, avec
02:46leurs ricanements.
02:47Ils ricanent, on paye des gens à ricaner des autres, ils ricanent du peuple.
02:51Voilà, ils exaspèrent tout le monde.
02:53Ils ricanent du peuple.
02:54Alors, ce qui est intéressant, en quelle année vous étiez à Radio France ?
02:59J'ai quitté France Bleue en 2018.
03:02Donc c'était il y a 10 ans.
03:04Oui, il y a 10 ans, un peu moins, un peu moins.
03:05Est-ce que vous diriez qu'il y a 10 ans, la société était plus souple, sans doute sur ces
03:11sujets-là ?
03:12Elle était moins, comment dire, moins avif ?
03:15Est-ce que vous diriez qu'il y a eu radicalisation ?
03:18Il y a eu radicalisation, la vie politique s'est radicalisée, les médias se sont radicalisés.
03:24Moi, je n'ai jamais cru, en réalité, que les médias faisaient l'opinion publique.
03:29Vous vous souvenez sans doute, Pascal, du fameux mano-mano entre Balladur et Chirac,
03:33où disons qu'une grande télévision puissante avait plutôt pris Fête-Écosse pour Balladur,
03:39ça n'a pas empêché Jacques Chirac d'être élu.
03:42Mais ce que vous dites, là, en écoutant David Lissard, je la trouve formidable, sa réaction,
03:47à un point près, quand même.
03:48C'est qu'il dit, si on faisait un référendum électoral à Radio France,
03:51il y aurait sans doute 0% de gens qui votent à droite.
03:53Je ne suis pas d'accord avec ça.
03:55Le système est plus pervers que ça.
03:57J'ai connu à Radio France et à France Bleue,
03:59des gens qui avaient plutôt des opinions de droite, libérales.
04:02Mais ces gens-là, ils vivent cachés.
04:04Ils vivent cachés parce qu'ils ne veulent pas qu'on les mette, qu'on les placardise.
04:08Ils ne veulent pas qu'on les écarte.
04:10Donc, en fait, il y a des gens qui pensent différemment,
04:12qui ne sont pas évidemment aux manettes ou qui ne sont pas sur les micros les plus en vue,
04:16mais qui pensent différemment.
04:17Et c'est aussi ce système-là qui les étouffe.
04:20Vous savez, hier, on parlait de France Bleue, Pascal, dans votre émission, sur CNews.
04:24Et j'ai reçu, pendant ce que je disais sur France Bleue,
04:27quelqu'un d'important du réseau France Bleue,
04:29qui s'appelle ici maintenant, ça s'appelle ici,
04:31qui me disait, mais Éric, par rapport à ton époque, c'est même pire aujourd'hui.
04:37Deux chiffres.
04:38France Bleue, c'est 1500 personnes, Pascal.
04:401500 personnes, c'est 44 locales en France.
04:43Il devait y avoir une 45e, Lyon, mais qui n'a pas ouvert.
04:46Aujourd'hui, et France Culture, c'est 100 personnes.
04:49Aujourd'hui, France Bleue fait moins d'audience que France Culture.
04:52Ils ont commencé par mutualiser les matinales,
04:54ce qui ne fonctionne pas entre France 3 et France Bleue.
04:57Donc, en réalité, oui, la radicalisation, elle est là,
05:00mais il y a souvent eu des, j'allais dire, des prétextes éditoriaux à Radio France.
05:04Vous vous souvenez de notre regretté Jean-Marc Sylvestre,
05:07qui est parti cet été,
05:11et qui a été longtemps journaliste, éditorialiste de droite libérale,
05:16Dominique Seux, Étienne Gernell, le patron du point.
05:18Mais ces gens, à mon sens, ils n'incarnent pas la diversité.
05:21Ils incarnent un prétexte à Radio France pour dire,
05:24vous voyez bien, vous entendez d'autres voix,
05:26mais ce sont des gouttes d'eau dans un océan de bien-pensance politique.
05:30Vous disiez qu'il y a 1500 personnes engagées dans les locales,
05:33nous sommes d'accord, de Radio France.
05:35Il y a 44 locales.
05:37Elles sont dans les départements.
05:40Elles sont en fonction, dans chaque département, il n'y a pas une locale.
05:43Non, non, pas dans chaque département.
05:44Non plus dans chaque région.
05:45Il y a plus de locales que de régions,
05:47mais il y a moins de locales que de départements.
05:49Absolument.
05:50Mais 44, ça fait à peu près qu'il y a 40 personnes à chaque fois dans chaque local,
05:55en gros, entre les personnels administratifs et les journalistes.
06:00Donc il y a une quinzaine de journalistes dans chaque local,
06:03une vingtaine de journalistes peut-être.
06:03Vous avez un rédacteur en chef et vous avez une dizaine de collaborateurs.
06:07Et ça, c'est indépendant de la télé régionale ?
06:10De France 3 ?
06:11Oui, c'est indépendant.
06:12Parce qu'il y a également, ça existe toujours, les stations régionales.
06:16Bien sûr.
06:17Parce que dans le temps, j'ai dit, s'il y avait toujours un journal régional,
06:22il était à 19h20.
06:23Je ne sais pas s'il est toujours à 19h20, d'ailleurs.
06:25C'est vrai qu'à Paris, on est moins enclin à regarder le journal régional de Sarri.
06:31Moi, je t'en reviens de temps en temps.
06:32Ah bon ?
06:32Il est à quelle heure ?
06:33Je crois que c'est 19h.
06:35Ouais, 19h, je crois.
06:36Et après, il y a le Nacio.
06:37C'est à partir de 19h, mais il mélange maintenant info locale et nationale.
06:40Non, ce n'est plus vraiment un journal régional.
06:43Mais chaque, et c'était plutôt bien dans le temps, effectivement,
06:47d'avoir une information régionale avec,
06:49mais bon, tout ça est payé par nos impôts,
06:51mais ça existe toujours, me semble-t-il.
06:53Et des régions, exactement.
06:54Merci.
06:54Merci.
06:54Merci.

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