00:00Nous sommes donc le jeudi 3 septembre, pas content, pas content, pas content.
00:03Bienvenue dans le monde merveilleux de la liberté d'expression à géométrie variable chez Radio France.
00:07Les personnels du groupe demandent à leur direction le retrait de l'édito de Charles Sapin sur France Inter.
00:11On est avec Eric Revelle qui a longtemps travaillé pour France Bleu.
00:15Enfin longtemps, j'ai dirigé France Bleu pendant près de trois ans, oui.
00:17Oui, j'ai une petite expérience.
00:20Une petite expérience.
00:20Pas forcément heureuse, mais j'ai une petite expérience.
00:21Charles Sapin est directeur adjoint de la rédaction de l'heure actuelle.
00:24On parle d'une chronique de 2 minutes 30 le dimanche à 7h40, 2 minutes 30 sur 168 heures de
00:30diffusion de la Radio France du service public.
00:32Et dans une motion adoptée à l'unanimité, les personnels disent leur refus catégorique de l'arrivée de Charles Sapin
00:37à l'antenne.
00:38Et j'ai appris quelque chose, c'est Louis de Ragnel qui me disait cela il y a quelques minutes
00:42avant d'entrer dans le studio.
00:44Il y a une dizaine ou une quinzaine d'années, Guillaume Roquet était directeur de Valeurs Actuelles.
00:49Et il faisait une chronique sur France Inter et ça ne posait aucun souci.
00:54Et on voit bien la radicalisation qui s'est produite ces dernières années dans la France politique, mais également dans
01:00les médias.
01:02C'est-à-dire qu'aujourd'hui...
01:03Guillaume Roquet qui était passé par Valeurs Actuelles.
01:05C'est pour ça que je dis ça.
01:06Oui, parce que maintenant il est au Figaro Magazine.
01:08Mais vous avez raison, il était directeur de Valeurs Actuelles à l'époque.
01:11C'est ce que je vous dis.
01:12Je suis en train de vous dire que Guillaume Roquet était directeur de Valeurs Actuelles.
01:19Et en tant que directeur de Valeurs Actuelles, il tenait une chronique sur France Inter et ça ne posait aucun
01:26souci.
01:27Et je vois là une radicalisation qui existe dans les médias.
01:32C'est-à-dire que France Inter s'est sans doute gauchisé.
01:36Il me semble qu'à l'époque il y avait plus de pluralisme dans les années 70, 80, 90 et
01:41même il y a encore une quinzaine d'années.
01:43Et qu'aujourd'hui, notamment ces humoristes ou ces pseudo-humoristes de France Inter sont sur une ligne politique et
01:50font passer des messages sous couvert d'un faux humour.
01:53Parce que souvent ce n'est pas très drôle.
01:54Mais en revanche, ce sont des messages politiques.
01:56Alors écoutez, David Lissnard, le maire de Cagnes, il était invité ce matin de Laurence Ferrari sur ses news européens.
02:02Et il parlait précisément de la dérive idéologique de Radio France.
02:05Quand ils disent qu'il n'y a pas de dérive idéologique, c'est faux.
02:08S'il y avait un sondage électoral à Radio France, je voudrais savoir combien de gens votent à droite.
02:12Je suis sûr qu'il y en a zéro.
02:14Donc Radio France, France Télé n'appartiennent pas ni aux syndicats, ça appartient à tous les Français.
02:20Qu'il y ait des éditorialistes de gauche, tant mieux.
02:22Vive l'expression de gauche, mais qu'on ne flingue pas l'expression de droite.
02:26Le sectarisme, il est chez ceux qui pendant des années nous ont dit qu'ils étaient tolérants.
02:30Les valeurs républicaines, les machins, etc.
02:33Tout ça, maintenant les masques tombent.
02:35Le meilleur antidote à la bêtise, le meilleur antidote au sectarisme, au fake news, c'est le pluralisme.
02:40Et non pas nous emmerder, pardonnez-moi cette expression un peu triviale, avec leurs pétitions, avec leurs trucs tristounés, avec
02:46leurs ricanements.
02:47Ils ricanent, on paye des gens à ricaner des autres, ils ricanent du peuple.
02:51Voilà, ils exaspèrent tout le monde.
02:53Ils ricanent du peuple.
02:54Alors, ce qui est intéressant, en quelle année vous étiez à Radio France ?
02:59J'ai quitté France Bleue en 2018.
03:02Donc c'était il y a 10 ans.
03:04Oui, il y a 10 ans, un peu moins, un peu moins.
03:05Est-ce que vous diriez qu'il y a 10 ans, la société était plus souple, sans doute sur ces
03:11sujets-là ?
03:12Elle était moins, comment dire, moins avif ?
03:15Est-ce que vous diriez qu'il y a eu radicalisation ?
03:18Il y a eu radicalisation, la vie politique s'est radicalisée, les médias se sont radicalisés.
03:24Moi, je n'ai jamais cru, en réalité, que les médias faisaient l'opinion publique.
03:29Vous vous souvenez sans doute, Pascal, du fameux mano-mano entre Balladur et Chirac,
03:33où disons qu'une grande télévision puissante avait plutôt pris Fête-Écosse pour Balladur,
03:39ça n'a pas empêché Jacques Chirac d'être élu.
03:42Mais ce que vous dites, là, en écoutant David Lissard, je la trouve formidable, sa réaction,
03:47à un point près, quand même.
03:48C'est qu'il dit, si on faisait un référendum électoral à Radio France,
03:51il y aurait sans doute 0% de gens qui votent à droite.
03:53Je ne suis pas d'accord avec ça.
03:55Le système est plus pervers que ça.
03:57J'ai connu à Radio France et à France Bleue,
03:59des gens qui avaient plutôt des opinions de droite, libérales.
04:02Mais ces gens-là, ils vivent cachés.
04:04Ils vivent cachés parce qu'ils ne veulent pas qu'on les mette, qu'on les placardise.
04:08Ils ne veulent pas qu'on les écarte.
04:10Donc, en fait, il y a des gens qui pensent différemment,
04:12qui ne sont pas évidemment aux manettes ou qui ne sont pas sur les micros les plus en vue,
04:16mais qui pensent différemment.
04:17Et c'est aussi ce système-là qui les étouffe.
04:20Vous savez, hier, on parlait de France Bleue, Pascal, dans votre émission, sur CNews.
04:24Et j'ai reçu, pendant ce que je disais sur France Bleue,
04:27quelqu'un d'important du réseau France Bleue,
04:29qui s'appelle ici maintenant, ça s'appelle ici,
04:31qui me disait, mais Éric, par rapport à ton époque, c'est même pire aujourd'hui.
04:37Deux chiffres.
04:38France Bleue, c'est 1500 personnes, Pascal.
04:401500 personnes, c'est 44 locales en France.
04:43Il devait y avoir une 45e, Lyon, mais qui n'a pas ouvert.
04:46Aujourd'hui, et France Culture, c'est 100 personnes.
04:49Aujourd'hui, France Bleue fait moins d'audience que France Culture.
04:52Ils ont commencé par mutualiser les matinales,
04:54ce qui ne fonctionne pas entre France 3 et France Bleue.
04:57Donc, en réalité, oui, la radicalisation, elle est là,
05:00mais il y a souvent eu des, j'allais dire, des prétextes éditoriaux à Radio France.
05:04Vous vous souvenez de notre regretté Jean-Marc Sylvestre,
05:07qui est parti cet été,
05:11et qui a été longtemps journaliste, éditorialiste de droite libérale,
05:16Dominique Seux, Étienne Gernell, le patron du point.
05:18Mais ces gens, à mon sens, ils n'incarnent pas la diversité.
05:21Ils incarnent un prétexte à Radio France pour dire,
05:24vous voyez bien, vous entendez d'autres voix,
05:26mais ce sont des gouttes d'eau dans un océan de bien-pensance politique.
05:30Vous disiez qu'il y a 1500 personnes engagées dans les locales,
05:33nous sommes d'accord, de Radio France.
05:35Il y a 44 locales.
05:37Elles sont dans les départements.
05:40Elles sont en fonction, dans chaque département, il n'y a pas une locale.
05:43Non, non, pas dans chaque département.
05:44Non plus dans chaque région.
05:45Il y a plus de locales que de régions,
05:47mais il y a moins de locales que de départements.
05:49Absolument.
05:50Mais 44, ça fait à peu près qu'il y a 40 personnes à chaque fois dans chaque local,
05:55en gros, entre les personnels administratifs et les journalistes.
06:00Donc il y a une quinzaine de journalistes dans chaque local,
06:03une vingtaine de journalistes peut-être.
06:03Vous avez un rédacteur en chef et vous avez une dizaine de collaborateurs.
06:07Et ça, c'est indépendant de la télé régionale ?
06:10De France 3 ?
06:11Oui, c'est indépendant.
06:12Parce qu'il y a également, ça existe toujours, les stations régionales.
06:16Bien sûr.
06:17Parce que dans le temps, j'ai dit, s'il y avait toujours un journal régional,
06:22il était à 19h20.
06:23Je ne sais pas s'il est toujours à 19h20, d'ailleurs.
06:25C'est vrai qu'à Paris, on est moins enclin à regarder le journal régional de Sarri.
06:31Moi, je t'en reviens de temps en temps.
06:32Ah bon ?
06:32Il est à quelle heure ?
06:33Je crois que c'est 19h.
06:35Ouais, 19h, je crois.
06:36Et après, il y a le Nacio.
06:37C'est à partir de 19h, mais il mélange maintenant info locale et nationale.
06:40Non, ce n'est plus vraiment un journal régional.
06:43Mais chaque, et c'était plutôt bien dans le temps, effectivement,
06:47d'avoir une information régionale avec,
06:49mais bon, tout ça est payé par nos impôts,
06:51mais ça existe toujours, me semble-t-il.
06:53Et des régions, exactement.
06:54Merci.
06:54Merci.
06:54Merci.