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  • il y a 2 jours
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Il est 16h45, on est avec Charles Allongue pour son livre
00:04Je jure de dire toute la vérité aux éditions Fayard.
00:08C'est passionnant évidemment de vous écouter, vous écrivez.
00:12Après tout, j'allais dénoncer une forme de privatisation
00:14déjà largement à l'oeuvre au sein du service, au sein de France Télévisions.
00:18Près d'un milliard d'euros d'argent public attribué chaque année
00:21par le biais de contrats particulièrement lucratifs
00:23et aux conditions d'attribution au PAC à des groupes privés de production.
00:27On en a parlé, Nicolas Sarkozy, vous l'évoquez également
00:31Nicolas Sarkozy avait été l'homme politique qui m'avait donné adolescent le goût de l'engagement
00:35J'avais admiré son énergie, son goût du combat, cette manière très physique d'habiter la parole.
00:40Bon, aujourd'hui, quel avenir pour le service public ?
00:45Moi, par exemple, je fais partie des gens qui aimeraient un service public fort.
00:48Parce que je pense que c'est... Pourquoi j'aimerais un service public fort ?
00:51Parce que je voudrais qu'il propose des choses qui ne sont pas liées à l'audience
00:56et qu'il propose justement de la littérature, pourquoi pas, de l'opéra, pourquoi pas,
01:03des choses dont on sait que les programmés à 20h30 ne sera pas vus par le plus grand nombre.
01:09Simplement, je ne voudrais pas que ce soit à un coût de 4 milliards
01:11et je ne voudrais pas que ce soit de parti pris.
01:13Je vous rejoins totalement.
01:15Je pense que l'audiovisuel public s'honorerait à poursuivre des missions
01:18qui ne sont pas rentables et que le privé n'assume pas.
01:21Et parmi ces missions, vous avez l'information locale,
01:24vous avez l'information ultramarine,
01:25vous avez l'information internationale,
01:27avec des correspondances sur l'ensemble des continents.
01:30Vous avez aussi une mission d'investigation
01:31qu'on peut difficilement confier au privé
01:33parce qu'il y aura toujours des actionnaires
01:35qui vous demanderont de ne pas enquêter sur tel ou tel sujet
01:38ou telle ou telle personnalité.
01:40Donc, l'accès aussi aux grandes œuvres de l'esprit,
01:43avoir du contenu pédagogique, notamment à dimension scientifique.
01:46Moi, je me souviens de magnifiques contenus
01:48qu'on diffusait d'ailleurs en partenariat avec l'éducation nationale
01:51dans nos classes, comme « C'est pas sorcier »
01:53ou « C'est l'histoire de la vie ».
01:55Ces contenus, progressivement, ont disparu
01:57pour faire une place hallucinante au divertissement.
02:00Aujourd'hui, sur France 2 et sur France 3,
02:02vous regardez la grille en 24 heures,
02:04vous avez jusqu'à 12 jeux par jour,
02:0612 cases de jeux par jour sur France 2 et sur France 3.
02:09Est-ce que c'est ça, une mission de service public ?
02:12Et quand on pose la question à Delphine Arnotte,
02:14elle nous dit « Bah oui, mais ça fait de l'audience ».
02:16Moi, je pense tout l'inverse.
02:17Je crois qu'on doit préserver ces missions précieuses
02:20de l'audiovisuel public,
02:21à condition qu'elles ne soient pas assumées par le privé
02:24et qu'elles apportent aussi au plus grand nombre
02:26des contenus de qualité,
02:28des contenus exigeants,
02:30notamment à destination des jeunes.
02:32Aujourd'hui, on ne l'a pas, ça coûte très cher.
02:34Il y a une privatisation à l'œuvre
02:36qui font vraiment les choux gras de producteurs privés
02:39qui, en plus de ça, utilisent notre argent et ses contrats
02:41pour assumer une mission politique.
02:43Voilà, il y a une réforme considérable et profonde
02:46qu'il faudra mener pour sauver aussi ces missions-là.
02:48Merci.

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