00:00Il est 16h45, on est avec Charles Allongue pour son livre
00:04Je jure de dire toute la vérité aux éditions Fayard.
00:08C'est passionnant évidemment de vous écouter, vous écrivez.
00:12Après tout, j'allais dénoncer une forme de privatisation
00:14déjà largement à l'oeuvre au sein du service, au sein de France Télévisions.
00:18Près d'un milliard d'euros d'argent public attribué chaque année
00:21par le biais de contrats particulièrement lucratifs
00:23et aux conditions d'attribution au PAC à des groupes privés de production.
00:27On en a parlé, Nicolas Sarkozy, vous l'évoquez également
00:31Nicolas Sarkozy avait été l'homme politique qui m'avait donné adolescent le goût de l'engagement
00:35J'avais admiré son énergie, son goût du combat, cette manière très physique d'habiter la parole.
00:40Bon, aujourd'hui, quel avenir pour le service public ?
00:45Moi, par exemple, je fais partie des gens qui aimeraient un service public fort.
00:48Parce que je pense que c'est... Pourquoi j'aimerais un service public fort ?
00:51Parce que je voudrais qu'il propose des choses qui ne sont pas liées à l'audience
00:56et qu'il propose justement de la littérature, pourquoi pas, de l'opéra, pourquoi pas,
01:03des choses dont on sait que les programmés à 20h30 ne sera pas vus par le plus grand nombre.
01:09Simplement, je ne voudrais pas que ce soit à un coût de 4 milliards
01:11et je ne voudrais pas que ce soit de parti pris.
01:13Je vous rejoins totalement.
01:15Je pense que l'audiovisuel public s'honorerait à poursuivre des missions
01:18qui ne sont pas rentables et que le privé n'assume pas.
01:21Et parmi ces missions, vous avez l'information locale,
01:24vous avez l'information ultramarine,
01:25vous avez l'information internationale,
01:27avec des correspondances sur l'ensemble des continents.
01:30Vous avez aussi une mission d'investigation
01:31qu'on peut difficilement confier au privé
01:33parce qu'il y aura toujours des actionnaires
01:35qui vous demanderont de ne pas enquêter sur tel ou tel sujet
01:38ou telle ou telle personnalité.
01:40Donc, l'accès aussi aux grandes œuvres de l'esprit,
01:43avoir du contenu pédagogique, notamment à dimension scientifique.
01:46Moi, je me souviens de magnifiques contenus
01:48qu'on diffusait d'ailleurs en partenariat avec l'éducation nationale
01:51dans nos classes, comme « C'est pas sorcier »
01:53ou « C'est l'histoire de la vie ».
01:55Ces contenus, progressivement, ont disparu
01:57pour faire une place hallucinante au divertissement.
02:00Aujourd'hui, sur France 2 et sur France 3,
02:02vous regardez la grille en 24 heures,
02:04vous avez jusqu'à 12 jeux par jour,
02:0612 cases de jeux par jour sur France 2 et sur France 3.
02:09Est-ce que c'est ça, une mission de service public ?
02:12Et quand on pose la question à Delphine Arnotte,
02:14elle nous dit « Bah oui, mais ça fait de l'audience ».
02:16Moi, je pense tout l'inverse.
02:17Je crois qu'on doit préserver ces missions précieuses
02:20de l'audiovisuel public,
02:21à condition qu'elles ne soient pas assumées par le privé
02:24et qu'elles apportent aussi au plus grand nombre
02:26des contenus de qualité,
02:28des contenus exigeants,
02:30notamment à destination des jeunes.
02:32Aujourd'hui, on ne l'a pas, ça coûte très cher.
02:34Il y a une privatisation à l'œuvre
02:36qui font vraiment les choux gras de producteurs privés
02:39qui, en plus de ça, utilisent notre argent et ses contrats
02:41pour assumer une mission politique.
02:43Voilà, il y a une réforme considérable et profonde
02:46qu'il faudra mener pour sauver aussi ces missions-là.
02:48Merci.