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Avec Julien Dray, ancien député PS

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##LE_FACE_A_FACE-2026-09-03##

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News
Transcription
00:01Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face-à-face.
00:07Ne me touchez pas monsieur, vous n'avez pas le droit de me toucher.
00:10Personne ne me touche. Ma personne est sacrée, je suis parlementaire.
00:14Vous ne me touchez pas ! Je vous dis que vous n'avez pas à m'empêcher d'entrer dans
00:17mon local.
00:18La République, c'est moi ! C'est moi qui suis parlementaire ! Poussez-vous là, ouvrez-moi cette porte
00:23!
00:24Mais qui a peur du grand Mélenchon ?
00:27Pas Julien Dré en tout cas, qui en 2024 a écrit peut-être la biographie la plus cruelle, la plus
00:34crue, la plus sincère sur Jean-Luc Mélenchon.
00:38Merci Julien Dré d'être avec nous en studio.
00:41Je n'étais pas sûr de vous avoir, parce que vous êtes un personnage rare et qui réservait sa parole.
00:48Vous êtes une figure, pas seulement du Parti Socialiste, et quand vous me donnez, vous la tenez.
00:53Vous êtes une figure, pas seulement du Parti Socialiste, vous êtes une figure de la gauche française,
00:58et vous incarnez cette forme de gauche libre-penseuse, même si vous avez été un homme d'appareil,
01:04vous avez été au Parti Socialiste, vous avez connu François Mitterrand.
01:07Je me souviens, on parlera après de ce qui est devenu le PS, je vais vous citer des noms que
01:10les gens ne connaissent pas.
01:11Je vais vous citer le nom de Didier Motchan, de Jean Poprenne, voilà, des gens qui ont été des partisans
01:17de combat,
01:17avec vous, de cette gauche qui était une vraie gauche, j'allais dire républicaine, une gauche sociale,
01:23et puis l'évolution sociale-démocrate du Parti Socialiste qui finit par les 1,75% de Anne Hidalgo à
01:29la présidentielle.
01:29Ça a dû vous faire mal quand même, même si vous n'étiez pas de cette équipe.
01:32Et là, on parle de Jean-Luc Mélenchon qui a incarné, je vous le dis moi,
01:36il a été pour moi, après Chevènement, après Séguin, la personnalité politique qui a incarné un certain espoir,
01:42quel que soit le parti, d'une résurgence de la République, de cette patrie française,
01:47de cette gauche à laquelle on pouvait adhérer, même qu'on n'était pas forcément de gauche.
01:51Et puis, patatras, on a le revirement, la France insoumise et un nouveau Mélenchon,
01:55cette espèce de Dr Jekyll et Mr Hyde, qui aujourd'hui soulèvent le débat.
02:00Et vous qui avez été son ami, son compagnon, son partenaire de combat,
02:05vous avez des mots très vrais, très durs sur Jean-Luc Mélenchon.
02:08Donc, expliquez-nous juste, déjà, l'anecdote qu'on vient d'entendre,
02:12ma personne est sacrée, la République c'est moi,
02:14quelles sont les circonstances pour lesquelles Jean-Luc Mélenchon se permet
02:17de tenir des propos aussi violents vis-à-vis des représentants de l'État qui sont autour de lui ?
02:20Alors, l'explication qui m'a été donnée par son ami, son entourage,
02:25qui continuait encore à me parler à l'époque,
02:27parce que moi-même, j'ai dit, excusez-moi, mais comment ça se fait ?
02:30Vous n'avez pas été capable de l'empêcher de péter un boulon, comme on dit.
02:34Parce que ce n'est quand même pas à son honneur ce qui s'est passé à ce moment-là.
02:38Et l'explication, c'est qu'en fait, Jean-Luc Mélenchon savait,
02:42il avait les informations, que ses comptes de campagne étaient examinés,
02:46et qu'une procédure judiciaire allait être diligentée,
02:49et qu'il y avait un risque de perquisition.
02:50Donc, quand la perquisition commence, il n'est pas surpris,
02:53et d'ailleurs, il réagit assez intelligemment,
02:55parce que, je ne l'en souviens peut-être pas,
02:57mais c'est lui qui annonce la perquisition.
02:59Il prend son portable, il montre, il y voyait, etc.
03:01Ce qu'il n'avait pas vu, c'est que le champ d'investigation
03:04allait s'étendre à sa propre campagne.
03:07Compagne, pas campagne.
03:08Sa propre compagne, qui était là,
03:10et qui n'a pas supporté ce qui était en train de se passer.
03:12Donc, ça l'a mis dans tous ses états,
03:14et donc, il est parti en furie.
03:17Ses copains l'attendaient au café en bas,
03:19pour un peu préparer les choses.
03:21Il ne leur a même pas donné le temps.
03:22Il est monté, d'ailleurs, il court après,
03:23parce que, voilà, il...
03:25Donc, l'homme d'état qu'il est, ce qui est indéniable,
03:27peut, à un moment donné, avoir ce pétage de boulons.
03:30Oui, mais Jean-Luc Mélenchon, il est capable d'avoir des états comme ça, oui.
03:32Qui perd ses moyens.
03:34Je ne sais pas s'il perd ses moyens, ou s'il surjoue.
03:37Voilà, parce qu'il a aussi une tendance...
03:39Il y a un côté comédien fort, un homme de théâtre,
03:44Jean-Luc Mélenchon.
03:45Et donc, des fois, il surjoue.
03:46Alors, peut-être que dans sa tête aussi, il a surjoué,
03:49parce qu'il pensait que c'était une manière
03:50de détourner l'attention sur la réalité des problèmes qui étaient posés.
03:53Bon. Donc, ce n'était pas totalement stupide, d'ailleurs,
03:56parce qu'après, on n'a parlé que de l'altercation,
03:59mais on n'a pas parlé de la cause qui a conduit à ça.
04:01C'est-à-dire, quand même, des comptes de campagne
04:02qui, visiblement, avaient été plus ou moins mis en place
04:06pour permettre qu'une cassette soit constituée pour les mauvais jours.
04:10Ça a fait le buzz.
04:12Ça avait le tour du France, pour ne pas dire du monde.
04:14Il a été sanctionné, d'ailleurs, pour ce comportement par la justice.
04:17Vous dites, d'ailleurs, dans Qui est Mélenchon, publié en 2024,
04:20il y a un petit côté bipolaire, quelquefois, dans le personnage.
04:24Il y a des personnages à facettes qui peuvent avoir des attitudes,
04:27et puis, surtout, des redressements, tout d'un coup, des volte-face.
04:30C'est le cas. On en a parlé, justement, pour...
04:32Alors, je dirais que Mélenchon, il fait partie de ces responsables politiques
04:35qui ont, pour une part, comme moteur, le ressentiment.
04:39Il y a plusieurs personnages dans la vie politique française
04:41qui se sont retrouvés un peu dans la même situation que lui.
04:44Vous voulez dire que c'est un rancunier ?
04:45C'est un rancunier. Il a un ressentiment terrible.
04:47Et le ressentiment, il l'a à l'égard de personnes
04:49dont il pense qu'ils n'ont pas le niveau,
04:51qu'ils n'ont pas la hauteur, qu'ils n'ont pas sa force,
04:54et qu'eux sont là, alors que lui n'est pas là.
04:58Et le principal dans cette affaire-là,
05:00celui sur lequel il s'est le plus focalisé,
05:01et qui va le pousser à quitter le parti saliste,
05:03c'est François Hollande.
05:04D'accord.
05:05C'est pour ça qu'il le traite de capitaine de Pédalo.
05:07Je ne sais pas si vous vous souvenez.
05:07C'est lui, l'expression capitaine de Pédalo.
05:09C'est lui, l'expression.
05:12Je ne comprends pas que ce ne soit pas lui
05:13qui soit en première ligne,
05:14qui dirige le parti saliste.
05:16Et je l'ai souvent entendu me dire
05:17au sortir du pouvoir national,
05:19pas forcément à temps, d'ailleurs, je suis honnête,
05:21vu la qualité de ses propres interventions.
05:23Regarde-moi cette bande dominable.
05:24Ceux qui dirigent, t'as vu, ils font des bêtises, etc.
05:27Bon.
05:28Donc il a ce ressentiment.
05:29Mais il y a d'autres personnages dans l'histoire
05:30qui ont vécu à peu près la même chose.
05:32Doriot, c'est la même chose.
05:34Ce n'est pas une insulte de dire ça.
05:36Doriot, il pense qu'il doit diriger
05:37le parti communiste français.
05:38Il va à Moscou, et à Moscou on lui dit
05:40non, ce n'est pas toi, c'est Thorez.
05:41Et là, il ne comprend pas.
05:43Il a un ressentiment terrible
05:44à l'égard de la Russie.
05:46Jacques Doriot.
05:47Et qui devient le plus grand des collabos.
05:49Qui va devenir un énorme collaborateur,
05:50un plus grand, je ne sais pas,
05:51mais en tous les cas, un collaborateur réel.
05:55Mais Laval, c'est pareil.
05:57Ancien socialiste.
05:58Ancien socialiste.
05:59Il ne comprenait pas,
06:00parce qu'il était intelligent, Laval.
06:01Il faut être honnête.
06:02Et dans les années 30, il réfléchit,
06:04c'est lui qui invente ce qu'on appelle
06:05la planification, etc.
06:07Il ne comprend pas que Léon Blum le méprise.
06:09Et il ne comprend pas
06:10qu'on passe à côté de ses qualités.
06:12Bon, il y en a d'autres comme ça.
06:14Donc là, ce moteur-là,
06:15il est très important
06:16dans ce caractère bipolaire.
06:17Vous voyez ce que je veux dire ?
06:18Bien sûr.
06:19Bipolaire politiquement, oui.
06:21On ne me reconnaît pas
06:22à la hauteur de ce que je suis.
06:23Donc je vais leur montrer
06:25ce qui je suis.
06:27Et cette fois,
06:28j'ai toute la liberté pour le faire.
06:30Vous avez connu l'époque
06:31du sénateur socialiste,
06:32de l'excellent ministre
06:34de la formation professionnelle,
06:35me semble-t-il,
06:36ou de l'enseignement supérieur,
06:37un militant parti socialiste,
06:39militant PS discipliné,
06:41loyal,
06:42proche de François Mitterrand
06:43à un moment donné.
06:45Mitterrandiste ?
06:45Mitterrandiste.
06:46Donc social-démocrate
06:47malgré tout.
06:48Oui, oui, oui.
06:49Même si c'est l'aile gauche
06:50de la social-démocratie.
06:52Homme d'appareil,
06:52homme de parti,
06:53intellectuellement toujours
06:54très cultivé,
06:55avec une très belle diction.
06:56C'est un vrai tribun.
06:57On dit d'ailleurs,
06:57avec Jean-Marie Le Pen,
06:58c'était le dernier
06:59des tribuns politiques
07:00qui a une élocution
07:00tout à fait exemplaire.
07:01Si vous me permettez,
07:02et ça renvoie à votre auditeur,
07:04arrêtons cela.
07:05Parce qu'au nom du fait
07:06que c'est un formidable tribun,
07:08qu'il a une grande culture,
07:10bon, il a une grande culture,
07:11mais il n'est pas non plus,
07:12ce n'est pas le Larousse,
07:14bon, il lit beaucoup,
07:15il est curieux, etc.,
07:17mais ce n'est pas non plus
07:18l'alpha et l'oméga de tout.
07:21D'autant qu'il a dit des choses,
07:22parce que vous ne vous avez pas suivi,
07:23mais si vous relisez
07:25l'ouvrage qu'il a écrit
07:26sur l'aile du papillon,
07:28la goutte d'eau
07:29sur l'aile du papillon,
07:30la théorie du chaos,
07:31c'est ça qu'il a écrit, etc.,
07:32je ne suis pas sûr
07:33qu'aujourd'hui,
07:33ce qu'il est en train de faire
07:34correspond à la théorie du...
07:36Bon, voilà.
07:38Mais peu importe.
07:39Mais arrêtons,
07:40parce que...
07:41Il y a un petit lième
07:42qu'il y a quand même
07:42sur la théorie du chaos,
07:43il est en train d'être...
07:44Ah non, c'est autre chose,
07:45c'est le chaos politique.
07:48Bon, mais arrêtons
07:49de jouer cela,
07:50parce qu'à force,
07:52ça fait que,
07:53pour toute une partie
07:54de l'opinion,
07:55ben Mélenchon,
07:55quand même.
07:56Mélenchon, quand même.
07:58Eh bien, aujourd'hui,
07:58pour moi, il n'y a pas Mélenchon
07:59quand même.
08:00Et il n'y a pas Mélenchon
08:01quand même
08:02depuis le 7 octobre.
08:03Pour autant.
08:04Pour autant.
08:05On est bien d'accord.
08:05Alors là, il y a une vraie fracture.
08:07Une vraie fracture,
08:08bien entendu,
08:10avec Israël.
08:11Vous êtes juif,
08:12Julien Dray,
08:12donc vous êtes sensible.
08:13Mais ce n'est pas avec Israël,
08:13parce qu'Israël,
08:14on peut...
08:14Non, mais c'est comme ça
08:15qu'il l'habille.
08:16Il est Netanyahou,
08:16le gouvernement israélien,
08:17Tzahal,
08:18les massacres de Gaza,
08:19le 7 octobre est une abomination.
08:20On a un petit peu de mal
08:21à dire que le Hamas
08:22est un mouvement terroriste.
08:23Il faut l'enarracher.
08:24On ne le dit pas.
08:25Voilà.
08:25Si on finit par le dire,
08:26mais avec des mots,
08:27évidemment, contournés.
08:28Et on dit surtout,
08:30voilà,
08:30est-ce que le 7 octobre
08:31justifie que l'État israélien
08:32ait pu faire ce génocide,
08:34entre guillemets.
08:35Et voilà.
08:35Et on a aussi
08:36de Mme Prima Hassan.
08:37Et il s'engouffre là-dedans
08:38et il s'en fait le porte-parole.
08:40Alors, est-ce qu'on peut dire,
08:42est-ce que Julien Dray,
08:44cette antenne est marquée
08:45sur le signe du parle-on-vrai,
08:46et vous et moi,
08:47on ne sait pas qu'on se connaisse
08:48depuis longtemps,
08:48mais nous savons
08:49ce que signifient les mots.
08:52Est-ce que Jean-Luc Mélenchon
08:53est anti-israélien
08:55ou antisémite ?
08:56Non, ça...
08:57Le 7 octobre,
08:59pour quelqu'un comme moi,
09:01qui était juif,
09:02mais ni pratiquant,
09:03ni religieux,
09:04ça faisait partie
09:05de mon patrimoine culturel
09:06et familial.
09:07Comme beaucoup,
09:07beaucoup,
09:08beaucoup de Français
09:09dit de confession juive.
09:13Mais ça faisait partie
09:14de mon patrimoine,
09:15mais ce n'était pas
09:15ma référence.
09:16Voilà.
09:16Je ne sais pas.
09:17Voilà.
09:18Je ne me précipitais pas
09:19à toutes les étés,
09:21à Tel Aviv,
09:22ou...
09:23Mais le 7 octobre,
09:25il s'est passé quelque chose
09:26pour moi
09:26qui change tout.
09:28Pourquoi ?
09:29Parce que j'ai longtemps cru
09:30que le débat
09:31que nous avions
09:34sur le Proche-Orient,
09:35c'est un débat
09:35strictement politique.
09:38Politique au sens
09:38où il fallait partager
09:39un territoire
09:40et il fallait aider
09:41à ce que se constitue
09:42un État palestinien.
09:43Voilà.
09:43J'ai eu en face de moi
09:44Yasser Arafat,
09:45je le raconte dans le livre.
09:46Oui, tout à fait.
09:47Bill Clinton,
09:48d'ailleurs,
09:48l'a confirmé par la suite.
09:49Voilà.
09:50Et j'ai découvert
09:51que Yasser Arafat,
09:53il n'en avait rien à faire
09:54de la création
09:55d'un État palestinien.
09:56Je lui dis,
09:57d'ailleurs,
09:57je lui dis cette phrase-là,
09:58je lui dis,
09:58mais président,
09:59parce qu'on l'appelait président,
10:00Yasser Arafat,
10:00président,
10:01vous avez un accord
10:02avec Ehud Barak ?
10:03Il m'a dit,
10:04je lui dis,
10:04non,
10:04vous avez un accord.
10:05Qui était le premier ministre
10:06et qui sortait
10:07de ce qu'on appelait
10:09les accords de Candévit 2.
10:10Tout à fait.
10:11Voilà.
10:11Il m'a dit,
10:12non,
10:12ce n'est pas si simple que ça.
10:13Je lui dis,
10:13d'accord,
10:14peut-être,
10:14vous pouvez me dire
10:14que les frontières
10:15ne sont pas excellentes,
10:16mais vous avez un État,
10:18parce que c'est ça
10:19qui a été acté,
10:20avec en plus
10:20Jérusalem-Est
10:21comme capitale.
10:22Chez nous,
10:22les Français,
10:23on dit,
10:23tiens,
10:23vaut mieux que deux,
10:24tu ne l'auras.
10:24Bon,
10:25donc,
10:26il me dit,
10:26non,
10:26non,
10:27il me dit,
10:27il a cette expression extraordinaire,
10:28mais j'aurais plus avec M. Netanyahou
10:30qu'avec M. Barak.
10:31Je lui dis,
10:31comment vous pouvez nous dire ça,
10:32nous ?
10:32Parce que là,
10:32c'était l'international socialiste
10:34qui était là,
10:34qui à l'époque avait un poids.
10:35C'était même Ariel Sharon,
10:36à l'époque,
10:36qui était le présentant du Likoud.
10:38Et,
10:39bon,
10:40et quand je sors de ce voyage,
10:42on a une discussion très tendue
10:43avec le ministre norvégien
10:45des affaires étrangères,
10:46qui avait fait des accords
10:47d'Oslo 1,
10:47Bien sûr.
10:48avec le maire de Rome,
10:49qui s'appelait M. Veltroni,
10:50qui est représenté,
10:51voilà,
10:52et avec le patron de l'international socialiste,
10:54qui s'appelait Lulissa Yala,
10:55qui était un Chilien.
10:56Et moi,
10:56je dis,
10:57écoutez,
10:57désolé,
10:58pour moi,
10:59c'est une révélation,
10:59ce qui vient de se passer.
11:00C'est terrible.
11:01Et,
11:02le 7 octobre,
11:03si vous voulez,
11:03c'est comme ça que moi,
11:04je l'ai vécu.
11:05C'est qu'on n'a pas des gens
11:06qui sont en train de se battre
11:08pour la création d'un État palestinien.
11:10On a des gens qui veulent détruire du juif.
11:13Et ça change tout.
11:14On continue cette conversation,
11:19parce qu'au-delà du personnage
11:20et des polémiques,
11:21c'est aussi une trajectoire électorale singulière.
11:23On va en parler avec le directeur
11:24du pôle politique
11:25de l'Institut de sondage,
11:26l'IFOP.
11:29Midi 14h,
11:30Sud Radio,
11:31la France dans tous ses États,
11:33Péricault-Légas.
11:35Lénine, relève-toi,
11:37ils sont devenus fous.
11:43Toi, Vladimir Illich,
11:46t'as raison, tu rigoles.
11:49Toi qui as voyagé
11:52dans un wagon plombé.
11:56Quand tu vois le Saint-Père,
11:58ton cousin de Pologne,
12:01bénir tous ses fidèles
12:03dans son auto blindé.
12:08Vous êtes sur Sud Radio,
12:09il est 13h20.
12:10Julien Dré,
12:11je voulais que vous écoutiez
12:12ce morceau de musique
12:13que vous connaissez par cœur.
12:14Je vous vois
12:15donner la tête,
12:16je sens que ça vous touche
12:17quand même,
12:17parce que le rêve
12:19marxiste-léniniste,
12:20les vrais communistes
12:21l'ont eu,
12:22les socialistes aussi
12:23ont vécu cette époque,
12:24et ce que chante
12:25Michel Sardou
12:26sous les paroles
12:27de la Noé
12:27qui n'est pas un homme de gauche,
12:29c'est facile de nous dire
12:30ouais, bon,
12:31on sait que Lénine
12:33n'a pas été
12:34l'humaniste que l'on croit,
12:36et on dit toujours
12:36Staline a tué plus de gens.
12:39Pour autant,
12:39c'était l'idéal de la gauche.
12:41C'est l'idéal léniniste.
12:42On va parler un peu
12:45du trotskisme
12:45et du Blanchon,
12:46vous êtes vous-même,
12:48qu'est-ce qu'on dit ?
12:48D'obédience,
12:49d'origine,
12:50de traciste.
12:51Vous avez été trotskiste.
12:52Moi, j'ai été élevé
12:53par les jésuites,
12:54on me dit qu'on le reste
12:54toute sa vie,
12:55trotskistes et jésuites,
12:56qu'on garde un schéma mental.
12:58Quand on a fréquenté,
13:00comme moi je l'ai fait,
13:01pas simplement l'organisation
13:02trotskiste,
13:03mais la pensée de Léon Trotsky
13:04quand on est rentré
13:05dans les textes,
13:05qu'on les a portés,
13:06qu'on les a...
13:07Ça laisse des traces,
13:08voilà.
13:09Alors ça laisse des traces,
13:10et puis avoir fréquenté
13:12ces organisations,
13:12à l'époque qui étaient
13:13des écoles de formation,
13:15ça aussi laisse des traces
13:16dans votre vie,
13:16parce que ça vous apprend
13:17des choses.
13:17La quatrième internationale.
13:19Ah, la quatrième internationale.
13:19David David Brostein
13:21assassiné par Staline
13:22à Mexico en 1940.
13:23Vous savez,
13:24comme on dit,
13:25j'ai d'excellents amis
13:26trotskistes,
13:26Julien Dré,
13:27je m'entends très bien
13:28avec eux,
13:29et ils sont très intelligents
13:30et souvent très solidaires
13:32et très généreux,
13:33mais quelquefois,
13:34il y a la petite pointe
13:34qui ressort.
13:35Julien Dré,
13:36on va avoir François Cross
13:37en ligne,
13:38l'IFOP,
13:38avec lequel
13:39Fiducial Media
13:40fait quelquefois
13:40des enquêtes.
13:41Il va nous redécrypturer
13:44derrière lui
13:44le phénomène Mélenchon
13:46dans les sondages.
13:47François Cross.
13:50Bonjour François Cross.
13:51Est-ce que vous me recevez ?
13:55Alors,
13:55c'est l'autre...
13:56Ah bon,
13:56alors attendez,
13:57on va inverser.
13:58On aura François Cross
13:59tout à l'heure
13:59qui va nous décrypter
14:00le phénomène Mélenchon
14:02dans les sondages.
14:02On sait qu'il est donné
14:03souvent un petit peu faible
14:04et puis le résultat
14:05est plus fort.
14:06Est-ce que ça se maintient ?
14:07Là, nous avons au contraire
14:08Baptiste.
14:09Bonjour Baptiste.
14:11Bonjour à tous les jours.
14:12Bonjour Baptiste.
14:12Vous nous appelez de Paris,
14:13Baptiste.
14:14Vous,
14:15vous n'êtes pas tout à fait d'accord
14:16avec Julien Dré
14:17sur l'interprétation
14:18qu'il faut faire
14:18de la personne
14:19de Jean-Luc Mélenchon
14:20et je vous écoute.
14:22C'est le moins
14:23qu'on puisse dire.
14:24Non,
14:25mais je vais vous faire
14:25mon décryptage
14:26de la situation
14:28de Mélenchon,
14:28donc un décryptage citoyen,
14:30pas un décryptage
14:32sondagier
14:32et on serait surpris
14:34et on serait surpris
14:34que peut-être
14:35ce n'est pas celui
14:36qu'on s'attend
14:37à être pertinent.
14:38Donc en gros,
14:39moi je vous dis
14:40quand même un peu
14:41qui je suis
14:41et quel est mon background,
14:42c'est que je ne suis pas
14:43du tout électeur
14:44de la France Insoumise.
14:45D'accord.
14:45Je ne suis pas du tout
14:46un grand fan
14:47de Jean-Luc Mélenchon
14:48pour tout un tas de raisons.
14:50En revanche,
14:51je ne suis pas fan du tout
14:53de tous ces gens
14:54qui nous expliquent
14:55que la seule gauche,
14:56la gauche républicaine
14:57et la seule gauche qui vaille,
14:58ce soit aujourd'hui
14:59le Parti Socialiste.
15:00Et puisque Julien Dray
15:01a bien connu
15:02et a un peu aussi
15:03été formé
15:04à l'école Mitterrand,
15:05j'aimerais bien
15:06qu'il essaye de me dire
15:07sincèrement
15:07ce que Mitterrand
15:08pourrait reprocher
15:09au programme
15:10de Jean-Luc Mélenchon
15:10que le Mitterrand
15:11de 81
15:12et du Congrès d'Épinay
15:13pourrait reprocher
15:13au programme
15:14de Jean-Luc Mélenchon
15:15parce que finalement
15:15c'est la seule chose
15:16qui importe,
15:17c'est le programme.
15:18Moi je vois aujourd'hui
15:19les socialistes
15:20et Julien Dray
15:20qui n'est plus vraiment socialiste
15:22mais je les vois
15:22cartonner Mélenchon
15:23en permanence
15:24et à chaque fois
15:25je ne peux pas m'empêcher
15:25de me dire
15:26mais où est le programme ?
15:27Où est l'idée ?
15:28Où est le projet
15:29pour la France ?
15:30Où est la vision
15:30pour la France ?
15:31La dernière expérience
15:32qu'on a eue du socialisme
15:33c'est la déchéance
15:34de nationalité,
15:35c'est le renoncement
15:36sur le dérèglement climatique,
15:37c'est le renoncement
15:38sur la réforme des retraites
15:40et j'ai envie de dire
15:41à Julien Dray
15:42mais Julien
15:42expliquez-moi
15:43franchement,
15:44très sincèrement
15:44je suis prêt
15:45à vous écouter honnêtement.
15:46Expliquez-moi
15:47le projet en fait.
15:49Expliquez-moi
15:49à moi
15:50qui ne suis pas
15:50un électeur insoumis
15:52expliquez-moi
15:52pourquoi je ne devrais pas voter
15:54pour ce qui est selon moi
15:55le seul programme de gauche
15:57pour cette élection présidentielle.
15:59Baptiste,
15:59Julien Dray n'est pas ici
16:00le représentant d'Olivier Faure
16:02on comment très bien
16:02votre marque
16:03pourtant Julien Dray
16:05Julien Dray
16:06Baptiste vous demande
16:08camarade Julien Dray
16:09qui est devenu
16:09le vrai socialisme
16:10que l'on portait en 81
16:12et dont Baptiste considère
16:13que c'est peut-être
16:14aujourd'hui Jean-Luc Mélenchon
16:15qui le porte
16:16qui le tient sur ses épaules
16:17plus que pas.
16:17Déjà,
16:18si vous permettez
16:18une lecture
16:19de ce qui s'est passé
16:20en 1980
16:21le parti socialiste
16:22porte un programme de rupture
16:23voilà
16:24c'est nationalisation
16:25en commun
16:26attention
16:27avec le parti communiste
16:28et les radicaux de gauche
16:29c'est peut-être un programme de rupture
16:32il n'a pas les radicaux de gauche
16:34Mélenchon
16:34non mais c'est quand même
16:36un programme de rupture
16:37d'accord
16:38Julien Dray
16:38mais qu'est-ce qu'il se passe ?
16:40il se passe qu'en 1983
16:44la politique
16:45mise en place
16:46depuis 80
16:46ne marche pas
16:47le tournant
16:49la trahison
16:50non c'est pas une trahison
16:51virage à droite
16:53je me souviens des mots
16:54de Georges Marché
16:54c'est pour ça que je le dis
16:55d'accord
16:55mais bon
16:56Georges Marché
16:57qui est la référence
16:58dans la matière
16:58la question qui est posée
16:59pour François Mitterrand
17:00c'est est-ce qu'il sort
17:00du serpent monétaire européen
17:02donc il décroche
17:03la construction européenne
17:04ou est-ce qu'il est obligé
17:06de remettre de l'ordre
17:07dans des finances publiques
17:08qui ont explosé
17:09et dans une
17:09voilà
17:10il est obligé
17:11et l'erreur
17:11qu'a commis
17:12explosé par une gestion de gauche
17:13qui n'était peut-être pas adaptée
17:15à la réalité
17:15de l'économie française
17:16voilà
17:18il a sous-estimé
17:19il a cru encore
17:20qu'on pouvait faire le socialisme
17:21dans un seul pays
17:22voilà
17:23il avait Jacques Delors
17:24aux finances quand même
17:24c'était un marxiste
17:26il pense
17:27à cette époque là
17:28qu'on peut
17:29grosso modo
17:30se couper du reste du monde
17:31et avancer
17:32et il n'arrive pas
17:33parce qu'en plus
17:33il n'a pas de chance
17:35parce qu'il arrive
17:35dans une phase
17:36de crise économique mondiale
17:37qui fait qu'il n'a pas
17:38beaucoup de marge de manœuvre
17:39bon
17:39et là où il y a
17:41une chose
17:41qui a été
17:42une erreur commise
17:43par le parti socialiste
17:44et par la direction
17:45du parti socialiste
17:46à l'époque
17:46c'est qu'au lieu de dire
17:48la vérité
17:49on a inventé
17:50une théorie
17:50qui était la théorie
17:51de la pause
17:52comment s'appelle
17:52le premier secrétaire
17:53Lionel Jospin
17:54j'explique dans mon livre
17:56pourquoi il a dit ça
17:58il s'arrangeait
17:59avec lui-même
17:59à ce moment là
18:00avec tout le respect
18:01que je lui dois
18:02etc
18:03moi j'ai vu après
18:05pendant des années
18:06des gens qui me disaient
18:06la vraie gauche
18:07c'était celle de 81
18:09vous savez
18:09il faut revenir
18:10la gauche
18:11désolé
18:11j'étais là
18:12j'ai vu
18:12la gauche de 81
18:13elle a échoué
18:14on pouvait pas
18:15si on allait jusqu'au bout
18:18on savait pas où on allait
18:19et c'était une situation
18:20catastrophique
18:21on aurait pu avoir
18:22je dirais
18:23un décrochage total
18:23de la France
18:24donc au lieu de dire
18:26on a cru
18:27à un moment donné
18:28qu'on pouvait
18:29s'en sortir tout seul
18:30on n'est pas arrivé
18:32donc on est obligé
18:33de repenser autrement
18:34et alors là
18:34François Mitterrand
18:35me disait un jour
18:36oui j'ai fait l'Europe
18:37parce que
18:39on le paye très cher
18:41je reviendrai
18:42il me disait
18:43moi j'ai fait l'Europe
18:44des marchés
18:44parce qu'on pouvait pas
18:45on pouvait pas commencer
18:46on pouvait pas
18:46y arriver
18:47sans faire d'abord
18:48l'Europe des marchés
18:48mais il vous appartiendra
18:50à vous
18:50comme ça ils ont repassé
18:51le bébé
18:52il vous appartiendra
18:53à vous
18:53de faire l'Europe sociale
18:55de reprendre
18:56cette démarche
18:57etc
18:57c'est ça
18:58donc on passe
19:00on passe sous les fourches
19:01du libéralisme
19:01à un moment donné
19:02pour une sociale démocratie
19:04qui fait du réalisme
19:05la réale politique
19:06comme le disait
19:09le chancelier allemand
19:10Vélie Brandt
19:10la réale politique
19:11finalement le résultat
19:13c'est un 75%
19:14dévoi à la présidentielle
19:15Julien André
19:15c'est de trahison
19:17en trahison
19:17on va parler vrai
19:18c'est de renonciation
19:20c'est de résignation
19:21c'est de démission
19:22c'est d'abandon de valeur
19:23on parle de 80
19:24et là vous arrivez
19:25à 2021
19:26il s'est écoulé
19:27quand même
19:27en passage 30 ans
19:28donc c'est pas
19:29il n'y a pas une continuité
19:30il n'y a pas une continuité
19:31je veux dire
19:33avec
19:34toutes les institutions
19:35qu'on peut avoir
19:35l'expérience de Lionel Jospin
19:37en 1997
19:38c'est une expérience
19:39même si elle finit mal
19:40sur le plan électoral
19:41parce qu'il a sous-estimé
19:43des choses
19:43notamment
19:44sur la montée
19:44de l'insécurité
19:45et de la violence
19:46c'est pas une mauvaise expérience
19:48et c'est une expérience
19:49qui quand même
19:49marque les choses
19:50sur le plan
19:51des conquêtes sociales
19:52et de ce qui est fait
19:53voilà
19:53donc
19:55je pense que
19:55le mythe
19:56de l'idée
19:57qu'on peut construire
19:58quelque chose
19:59en rupture
20:00avec tout le reste du monde
20:00ce mythe là
20:01on l'a pas démonté
20:03à l'époque
20:03voilà
20:04mais vous savez
20:05puisqu'on a parlé
20:05de Michel Sardot
20:07oui
20:09alors on va reprendre l'histoire
20:11la rupture
20:12les bolcheviques
20:12quand ils prennent le pouvoir
20:13en 1917
20:14ils font comme Mélenchon
20:15ils disent
20:16l'emprunt russe
20:17on rembourse pas
20:18les dettes
20:19on les paye pas
20:19on se coupe du reste du monde
20:21vous allez voir ce qu'on va faire
20:221921
20:22ils sont dos
20:23ce qu'on appelle
20:24le communisme de guerre
20:24ils sont dos au mur
20:25ils sont à deux doigts
20:26de perdre le pouvoir
20:26donc ils inventent à l'époque
20:28ce qu'on appelle
20:28la nouvelle politique économique
20:29qui est
20:30l'enrichissement
20:31des paysans
20:32une famille épouvantable
20:33une catastrophe
20:34et
20:35qui va permettre justement
20:36à Staline de prendre le pouvoir
20:37Julien Dré-Baptiste
20:38Julien Dré-Stala bien entendu
20:39Baptiste
20:40nous restons
20:41on fait une petite pause
20:43commerciale
20:43Baptiste vous restez avec nous
20:45et ensuite nous aurons
20:46François Grosse
20:46pour continuer ce débat
20:48passionnant
20:48je vais pas dire historique
20:50mais je suis content que ce soit sur Sud Radio
20:52est-ce qu'il faut avoir peur du Grand Mélenchon
20:54on n'est pas d'accord
20:55mais on avance dans cette formidable équation
20:57à tout de suite sur Sud Radio
20:58Sud Radio
21:01Parlons
21:02La France dans tous ses états
21:04Péricault-Légace
21:11Les voix des femmes
21:13et les voix des hommes
21:15ont dû se taire pour longtemps
21:18Ne voyons plus au lendemain qui chante
21:23Changeons la vie ici et maintenant
21:26C'est aujourd'hui que l'avenir s'invente
21:31Changeons la vie ici et maintenant
21:59Il est 13h34
22:02vous êtes sur Sud Radio
22:04Julien Dreyna
22:04n'a pas les larmes aux yeux
22:05mais presque
22:06parce que c'est des souvenirs
22:08formidables
22:08C'était des souvenirs
22:09C'est un combat
22:09Changeons la vie
22:10Chanson de Mekis Théodorakis
22:12Que j'assume
22:13Imme du Parti Socialiste
22:14Mais si vous me permettez
22:15je voudrais revenir sur l'interpellation
22:16Oui
22:18Baptiste vous êtes toujours là
22:19Qui m'a été faite par votre
22:21Baptiste
22:21Par Baptiste
22:22qui me permet de l'appeler comme ça
22:25Parce que c'est une vraie question
22:26et je voudrais pas qu'il ait le sentiment
22:27que j'essaye de me défiler
22:29On vous soupçonne pas
22:32Moi je suis resté
22:33ce que je suis devenu
22:34C'est à dire
22:35j'ai cru
22:36à la rupture révolutionnaire
22:38pendant 10 ans
22:39Et au bout de 10 ans
22:40je me suis rendu compte
22:41que c'était de l'impasse
22:42Et j'ai repris cette petite phrase
22:43de Karl Marx
22:44qui me plaisait bien
22:44Un pas en avant
22:46vaut mieux que 1000 programmes
22:47Donc je suis devenu
22:48ce qu'on appelle
22:48un réformiste
22:49C'est à dire
22:50quelqu'un qui réforme la société
22:52et qui essaye de la changer
22:53pour la rendre plus juste
22:54plus égalitaire
22:55Je ne crois pas
22:56qu'on puisse refaire
22:56le monde parfait
22:57Je crois qu'on peut
22:58continuer à combattre
22:59pour plus de justice sociale
23:01plus d'égalité
23:01contre discrimination
23:02Je suis cela
23:03Et je me suis toujours battu
23:05sur cela
23:06Et je me suis battu d'ailleurs
23:07pendant longtemps
23:08avec Jean-Luc Mélenchon
23:09sur cette ligne là
23:09contre y compris
23:10la direction du parti socialiste
23:12puisque nous étions
23:12l'opposition
23:13nous appelions la gauche socialiste
23:14à l'époque
23:15Et je n'ai pas changé
23:17Alors on peut faire l'inventaire
23:19D'ailleurs
23:19c'est une des erreurs
23:21qui a été commise
23:21après 2017
23:22par Olivier Faure
23:23C'est qu'on aurait dû
23:24faire ce que nous avions fait
23:26par exemple en 1993
23:27Vous savez quand on a perdu
23:28en 1993
23:29c'est une déroute
23:31Une déroute
23:32Une déroute
23:33qui est en plus
23:33une déroute morale
23:3459 députés
23:3656 députés
23:36Et une déroute morale
23:38parce que les gens
23:39nous reprochaient les affaires
23:40parce que c'était
23:41à un moment
23:43Voilà c'était pas simplement
23:44Suivi du suicide
23:45de Pierre Berré-Gauvois
23:45quelques semaines après
23:46Voilà
23:46Je pense qu'y compris
23:47son prêt
23:48a été un instrument
23:49Voilà
23:50Mais qu'est-ce qu'on a fait
23:51à ce moment-là ?
23:52On a dit
23:52on met tout à plat
23:53On redonne la parole
23:54On a fait des cartes
23:55à 10 francs
23:56à l'époque
23:56c'était pas des euros
23:57et on a donné la parole
23:58et on a fait
23:59un inventaire terrible
24:00d'ailleurs
24:00et on fait les états généraux
24:01à Lyon
24:02trois mois après
24:04avec des cahiers
24:05d'oléances
24:06qu'on a ouverts
24:06et on a fait
24:07le bilan
24:09ce qui va nous permettre
24:10de nous reconstruire
24:11très vite
24:11beaucoup plus vite
24:12Là on n'a rien fait
24:13Jamais on s'est expliqué
24:14Et moi je suis d'accord
24:15que pour que
24:16l'inventaire
24:17du quinquennat
24:18de François Hollande
24:19il aurait dû être fait
24:20avec ce qui était
24:21peut-être acceptable
24:23ce qui ne l'a pas été
24:24et on aurait pu faire ça
24:25On ne l'a pas fait
24:25Donc maintenant
24:26on ne sait plus où on en est
24:27Parce que par exemple
24:28on reproche à François Hollande
24:29de la déchéance de nationalité
24:30Moi je veux bien
24:31mais il ne l'a pas fait
24:31C'est pas ce qu'il y a de pire
24:32On peut en discuter
24:34Alors justement
24:35Premièrement il ne l'a pas fait
24:36Deuxièmement
24:37C'est un reproche
24:38que je me fais à moi-même
24:39Parce qu'à ce moment-là
24:40moi aussi j'étais sur la ligne
24:42Mais franchement
24:43des gens qui tuent
24:44C'était parfaitement
24:47républicain et légitime
24:48Moi le soir du Bataclan
24:50j'étais avec François Hollande
24:50Et j'ai le procureur
24:52de la République
24:52j'étais juste à ses côtés
24:53On veut rentrer
24:54Et le procureur lui dit
24:55Vous ne rentrez pas
24:57Déjà parce que c'est
24:58une salle de crise
24:58Mais deuxièmement
24:59parce que les policiers
25:00qui sont autour de nous
25:00disent que c'est horrible
25:01Et j'ai vu les images après
25:03Et on a eu des témoignages
25:04J'ai vu les images
25:05Moi vous savez
25:06que ceux-là
25:06on leur retire
25:07la nationalité française
25:08ça ne me pose pas de problème
25:09Baptiste
25:09Est-ce que l'autocritique
25:11du camarade Julien Dré
25:12vous convient ?
25:13Autocritique objective
25:14et sincère
25:15Et d'ailleurs
25:16ce n'est pas une autocritique
25:16c'est une explication
25:19Ben voilà
25:19c'est ça
25:19c'est une explication
25:20ce n'est pas une autocritique
25:22J'ai posé une question
25:23tout à l'heure
25:24sur où est le programme
25:25où est la vision
25:26pour la société
25:27On a bien compris
25:28que vous aviez
25:29un problème
25:29avec Jean-Luc Mélenchon
25:31Il n'est pas le seul
25:32Il n'est pas le seul
25:33Baptiste
25:33Il n'est pas le seul
25:34C'est une bande d'antisémites
25:36intégristes
25:36et sectaires
25:37On a bien compris
25:38Mais moi
25:38en tant qu'électeur de gauche
25:39j'attends autre chose
25:40et pour l'instant
25:41j'attends en vain
25:43Est-ce que
25:44Si vous permettez
25:45il y a plusieurs choses
25:45Moi
25:46Vous savez
25:47même quand
25:47Jean-Luc Mélenchon
25:49est parti du Parti Céline
25:49j'ai continué
25:50à parler avec lui
25:51et je vais même
25:52vous raconter une anecdote
25:53Vous avez été son ami
25:54ou non ?
25:55Oui j'ai été son ami
25:56Proche en plus
25:57Et intime
25:58On parlait
25:59on respectait
26:00nos vies privées
26:00mais on a été
26:02effectivement
26:02il savait tout de moi
26:03je savais tout de lui
26:03Vous êtes aimé
26:04en tant que copain
26:05Moi j'ai aimé
26:06ce personnage
26:06pendant des années
26:08et je me sentais
26:09en confiance avec lui
26:10il y avait une émulation
26:10entre nous
26:11qui était sympathique
26:12bon
26:14mais voilà
26:15Moi
26:16je vais vous raconter
26:16une anecdote très simple
26:17au moment du mouvement
26:18des gilets jaunes
26:19il m'envoie un SMS
26:21il me dit
26:21il paraît que tu es
26:22dans les manifs
26:22des gilets jaunes
26:23je dis oui
26:24parce que moi
26:24j'ai appris une chose
26:25quand il y a un mouvement social
26:26je n'attends pas
26:27qu'on me le raconte
26:28j'essaie de le comprendre
26:29vous étiez à votre place
26:30donc j'ai été
26:30sur les taux-toirs
26:31il me dit
26:32bon alors
26:33déjeunons ensemble
26:33on va déjeuner
26:34au restaurant
26:35le Flore
26:36je me rappelle
26:36voilà
26:38pas le Flore
26:38non
26:39un restaurant
26:40dans le 9ème arrondissement
26:41ah bon d'accord
26:41non non
26:41parce que c'était le jour
26:42ça aurait une autre signification
26:43ça m'étonnait beaucoup
26:44je viendrai
26:45que vous ayez été déjeuner au Flore
26:46non mais
26:47c'est un truc un peu pareil
26:48dans le 9ème arrondissement
26:49c'était un dimanche
26:51et il me dit
26:51qu'est-ce que tu as compris
26:52de tout ça
26:52je dis
26:53c'est un mouvement social
26:53c'est des gens qui n'en peuvent plus
26:55c'est des vrais prolétaires
26:56sur le fond
26:56parce qu'ils travaillent
26:58et ils ont l'impression
26:59qu'il n'y a jamais rien pour eux
27:01donc je lui dis
27:02c'est ta chance
27:03pour toi
27:03parce que tu as un parti
27:04tu as des militants
27:05tu dois te mettre au service
27:07de ces gens-là
27:07tu dois les aider
27:08voilà
27:08tu dois leur apprendre
27:09à s'organiser
27:11à se structurer
27:11ne serait-ce déjà
27:12ne pas se faire tirer
27:13comme des lapins
27:14par les bacs
27:15et pas voilà
27:16leur apprendre ce que c'est
27:17qu'un service d'ordre
27:17se protéger
27:18leur apprendre à faire une plateforme
27:19leur apprendre à discuter
27:20il me regarde
27:21mais t'as rien compris
27:22c'est fini tout ça
27:22comment ça
27:23j'ai rien compris
27:24j'ai rien compris
27:25qu'est-ce que tu vas faire
27:26mais non tu comprends
27:27la coupure maintenant
27:28c'est la coupure
27:29entre l'élite
27:31et la base
27:32et donc cette base
27:33elle va spontanément
27:34venir à moi
27:34mais ça n'existe pas ça
27:36Jean-Luc
27:36tu racontes n'importe quoi
27:38il me dit
27:38mais si
27:38il faut que tu relis
27:40Chantal Mouf
27:40des machins etc
27:41tout le monde a oublié
27:42qu'après le mouvement
27:43des gilets jaunes
27:43il y a une élection européenne
27:44et dans les élections européennes
27:45il fait 6%
27:46comme les socialistes
27:47c'est-à-dire que les gilets jaunes
27:48ne sont pas venus à lui
27:49et il le vit mal
27:49et pourquoi il le vit mal
27:51et c'est là qu'il commence
27:52par ailleurs au débat
27:53c'est là qu'il commence
27:54à théoriser l'idée
27:55que le prolétaire blanc
27:57ne sera plus révolutionnaire
27:59et qu'il faut se tourner
28:00vers d'autres nouveaux
28:02damnés de la terre
28:03et c'est là
28:03qu'il commence à théoriser l'idée
28:05que les nouveaux damnés de la terre
28:06c'est ce qu'on appelle
28:07les masses islamistes
28:08Julien Dré
28:08je vous rappelle
28:09que Terranova
28:09avait déjà expliqué
28:10que le peuple de France
28:11votait mal
28:12que le prolétariat français
28:13voilà c'était Terranova
28:14mais Mélenchon
28:15nous fait une forme de Terranoza
28:16à sa façon
28:17c'est plus les masses en colère
28:18il n'y a plus de fracture sociale
28:19or Julien Dré
28:20je suis ravi de vous entendre
28:21dire vous
28:22dirigeant socialiste historique
28:23que les gilets jaunes
28:24étaient bien une expression
28:25de la fracture sociale
28:26et des souffrances du pays
28:28et d'ailleurs
28:29ce qui est étonnant
28:30c'est qu'aujourd'hui
28:31vous avez Olivier Faure
28:32qui vient nous jouer
28:34mais en pluronational
28:35on s'est insulté là-dessus
28:37lui et moi
28:37voilà
28:38il m'expliquait
28:39que c'était un mouvement
28:40antisémite
28:41à l'époque
28:42le ministre
28:42le ministre d'intérieur
28:43Castaner
28:43parle de mouvements
28:44rouge-brun
28:45vous vous souvenez
28:45et je vous donne
28:46une anecdote personnelle
28:48au salon du livre
28:49de Brive de la Gaillarde
28:50François Hollande
28:51explique à Jean-François Kahn
28:52que c'est un mouvement
28:53séditieux d'extrême droite
28:54et Jean-François Kahn
28:55le croit
28:56et se plante
28:57et me dit
28:58je suis passé à côté
28:59comme beaucoup
28:59d'intellectuels de gauche
29:00il y en a qui sont passés
29:01à côté du mur du Berlin
29:02il s'appelait François Mitterrand
29:03de la Chine du mur de Berlin
29:04et là on passe à côté
29:05d'un mouvement de fracture sociale
29:06que la gauche aurait dû
29:08légitimement récupérer
29:08moi je me suis battu
29:09merci pour ce témoignage
29:11je peux vous raconter
29:12qu'en bureau national
29:13j'ai même entendu
29:14ceux qui sont aujourd'hui
29:15les extrémistes
29:16m'expliquer
29:17qu'il y en avait un
29:18qu'il fallait faire donner
29:19l'armée
29:19pour arrêter cela
29:20vous êtes fous
29:22Julien Dré le débat
29:23est tellement passionnant
29:24que le temps passe
29:25on n'a pas encore tout dit
29:26j'ai François Krauss
29:27en ligne
29:28donc de l'IFOP
29:29qui va nous faire
29:30un décryptage
29:30à Anissa
29:31c'est un décryptage
29:32tout à fait
29:32il va revenir en tout cas
29:33sur les différents chiffres
29:35et les sondages
29:36concernant Jean-Luc Mélenchon
29:37sur les trois dernières campagnes
29:38on vous écoute François
29:39bonjour
29:40bonjour
29:41bonjour à tous
29:42écoutez alors
29:43la question
29:44c'est Mélenchon
29:45est-il
29:46pourquoi est-il si haut
29:47déjà
29:48au niveau de la campagne
29:50je ne sais pas
29:51tellement qu'il est haut
29:52c'est plutôt
29:53une position relative
29:54c'est que par rapport
29:55à d'autres campagnes
29:56il est déjà
29:57crédité d'une qualification
29:58au second tour
30:00que ce soit dans
30:01l'IFOP
30:02sur le radio
30:03le plus récent
30:04on l'a autour de 16
30:0517%
30:0618%
30:07selon les hypothèses
30:08mais nos confrères
30:09de Harry
30:10se mettent aussi
30:11autour de 16
30:1217%
30:12un peu moins
30:13et là
30:14autour de 14%
30:15donc il y a
30:15un certain consensus
30:17pour dire que là
30:18il a pris
30:18le leadership
30:20ou repris le leadership
30:21à gauche
30:22par rapport
30:23à une candidature
30:24Glucksmann
30:25qui patine
30:26et voilà
30:27ça s'explique
30:28par plusieurs raisons
30:29mais
30:30il est évident
30:31que comme
30:31Marine Le Pen
30:32il a le mérite
30:33d'être le candidat
30:34naturel
30:34de son camp
30:36incontesté
30:36dans son couloir
30:38qu'entame
30:38sa quatrième campagne
30:40les gens connaissent
30:41la marque
30:41Mélenchon
30:42alors que
30:43tous ces autres
30:44concurrents à gauche
30:45ils ont
30:45des concurrents
30:46à surmonter
30:47une légitimité
30:48à démontrer
30:50à surmonter
30:50et tout ça
30:52ça fait la force
30:53en fait
30:55dans un électorat
30:56de gauche
30:56qui ne veut pas être éliminé
30:57il faut comprendre
30:58qu'on n'est plus
30:58dans une situation
30:59avec seulement
31:01une gauche
31:01une droite
31:01et une logique
31:02de vote utile
31:04qui jouait seulement
31:04dans chacun des camps
31:07aujourd'hui
31:08on a
31:08une gauche radicale
31:09une gauche sociale
31:10démocrate
31:11écologique
31:11un centre
31:12une droite libérale
31:13conservatrice
31:14une droite nationale
31:15populiste
31:16chacun
31:16dans son univers
31:18dans son camp
31:20souhaite avoir
31:22un candidat
31:23qui dégage
31:24et qui soit
31:25qualifiable
31:25et donc
31:26aujourd'hui
31:27on a un réflexe
31:28de vote utile
31:29chez une partie
31:30des lecteurs
31:31plutôt de gauche
31:32sociale démocrate
31:33qui veulent être présents
31:34à tout prix
31:35dans ce second tour
31:36pour ne pas avoir
31:37à reconduire
31:38ce qui s'est passé
31:39au deuxième tour
31:40de 2022
31:41et 2017
31:42à savoir
31:42de devoir voter
31:43pour un candidat
31:45du centre
31:45face à l'extrême droite
31:46entendu
31:47merci Franck Fracous
31:49pour cette précision
31:50donc parce que
31:51voilà
31:51on sait que
31:53ce qui est donné
31:53dans les sondages
31:54souvent le résultat
31:55final n'est pas celui-là
31:56Julien Dré
31:57il va nous dire
31:58il avait l'air
31:58de penser tout à l'heure
32:00que peut-être
32:00que là
32:00les chiffres
32:01qui sont annoncés
32:02sont peut-être
32:02au contraire
32:03surévalués
32:03Julien Dré
32:04non mais
32:05quel est mon cauchemar
32:06pour être honnête
32:08depuis des semaines
32:09et des semaines
32:10mon cauchemar
32:11c'est ce que
32:12d'ailleurs
32:13certains de vos confrères
32:13s'amusent régulièrement
32:15sur les plateaux
32:15deuxième tour
32:16Mélenchon Le Pen
32:17voter pour qui
32:19c'est la catastrophe
32:19pour moi ça
32:20pour la société française
32:22pas pour moi
32:22personnellement
32:23pour la société française
32:24c'est la catastrophe
32:24parce que les deux
32:25c'est une impasse
32:27et dans une France
32:28qui ne va pas bien
32:30vous savez
32:30c'est cette phrase
32:31d'un ministre algérien
32:32qui disait
32:32l'Algérie est au bord
32:33du gouffre
32:33elle va faire
32:34un grand pas en avant
32:35c'est un peu la même chose
32:37donc j'essaye
32:37de travailler
32:39à ce qu'on ne se retrouve
32:40pas comme ça
32:40et je pense
32:41c'est ça mon sentiment
32:42c'est qu'une grande
32:43majorité de françaises
32:44et de français
32:44pas simplement
32:45l'élite
32:46sont effectivement
32:47très en colère
32:48mais ils ne veulent pas
32:50arriver à cette situation là
32:51voilà
32:52et donc il faut offrir
32:53une alternative
32:54qui soit intelligente
32:55et l'alternative
32:56c'est là où il faut
32:57se raccrocher à notre histoire
32:58l'alternative
32:59c'est le conseil national
33:01de la résistance
33:01on en parle juste après
33:02c'est le général de Gaulle
33:03le succès du film
33:04est intéressant
33:05vaste programme
33:06j'allais dire
33:07faut-il avoir peur
33:08du grand Mélenchon
33:09Julien Drey est avec nous
33:10pour en parler
33:10et nous livrer son analyse
33:11et vous
33:12qu'en pensez-vous
33:12avez-vous peur
33:13du candidat insoumis
33:14peut-être est-ce le contraire
33:15et c'est le candidat
33:16qui vous rassure
33:16dites-le nous
33:170823 300 300
33:20Midi 14h
33:21Sud Radio
33:22la France dans tous ses états
33:23Péricault-Légas
33:27bien sur Sud Radio
33:29et vous y êtes d'autant mieux
33:31qu'on a une personnalité
33:33valideur de l'histoire
33:34politique française
33:34des 30 dernières années
33:3640 dernières années
33:37je ne vais pas veillir
33:37je reviendrai
33:39voilà
33:40un éléphant
33:41peut-être qu'il était
33:42il n'était pas
33:42quand il était jeune
33:43peut-être qu'il est
33:44aujourd'hui
33:45peut-être même le dernier
33:46des éléphants
33:47du parti socialiste
33:48qui parle avec
33:49sa franchise son coeur
33:50on a eu un échange
33:51avec Baptiste
33:51qui nous a appelé
33:52en disant
33:52si Mélenchon
33:54a né là
33:54c'est parce que
33:55vous avez fait en sorte
33:56que celui qui porte
33:57les valeurs de la gauche
33:57Julien Dré
33:58s'est expliqué
33:59en disant
33:59on a fait du réel
34:01il fallait que les choses
34:02se fassent
34:03et puis aujourd'hui
34:03de même qu'on peut dire
34:04à la droite
34:05vos trahisons
34:07de la république
34:07font que
34:08le Front National
34:09et le ERN
34:09sont aujourd'hui
34:10en position
34:11de pouvoir emporter
34:12l'élection présidentielle
34:13il y a toujours
34:13des comptes à régler
34:14Julien Dré vous dites
34:15il faut toujours dire
34:16la vérité
34:17il faut faire un inventaire
34:18comme l'avait suggéré
34:18Lionel Jospin
34:20et le fait
34:20d'avoir pas fait
34:21Olivier Faure en l'occurrence
34:22le fait que le Parti Socialiste
34:23n'ait pas posé sur la table
34:25la vérité de son bilan
34:26fait que c'est pour ça
34:27qu'il est dans cette situation
34:27Oui parce qu'à partir de là
34:28on n'arrive pas
34:29à reconstruire une perspective
34:31puisqu'on n'est que
34:31dans le reproche
34:32et dans la suspicion
34:33de vous allez nous refaire le coup
34:35de vous raser gratis
34:36de la semaine des 4 jeudis
34:37etc. et tout
34:38voilà
34:39là moi
34:40mon sentiment
34:41c'est que
34:41cette présidentielle
34:42va être très difficile
34:43va être passionnante
34:44mais qu'en même temps
34:45c'est la raison
34:46qui va l'emporter
34:47et la raison
34:48Alors Mélenchon peut-il
34:49allez on va faire
34:50une hypothèse scientifique
34:51peut-il gagner ?
34:52Et bien c'est parce que
34:53je vous ai dit que c'est la raison
34:54c'est pas la passion
34:55c'est la raison résonante
34:57comme on disait
34:58dans mes classes de philosophie
34:59quand j'étais jeune
35:00parce que
35:00les françaises et les français
35:01vont être
35:02à un long débat politique
35:03et il va falloir
35:05Donc peu probable
35:06Non
35:07je pense que
35:08alors peu probable
35:09je ne suis pas devin
35:10Bien sûr
35:11Mais je pense que
35:12beaucoup de françaises
35:14et de français
35:14de nos concitoyens
35:15jeunes et moins jeunes
35:16attendent quelque chose
35:17Vous savez je vous ai parlé
35:18de De Gaulle
35:19Moi j'ai été très surpris
35:20du succès
35:21immense
35:22du film
35:23Et ce succès là
35:24il est intéressant
35:24pourquoi ?
35:25Parce qu'il est intergénérationnel
35:26C'est pas simplement
35:27les vieux
35:28Il est intergénérationnel
35:29Ça parle à tout le monde
35:30Il y a plein de jeunes
35:31qui ont découvert
35:32l'histoire de France
35:33et qui ont découvert
35:34le rôle qu'a joué
35:35le général De Gaulle
35:36Avec le deuxième tome
35:37pas au premier
35:37c'est la deuxième diffusion
35:39et là ils sont
35:39ils sont venus
35:39Oui c'est comme ça
35:40parce que le premier
35:41au départ c'est un échec
35:42ça risque même d'un accident
35:43industriel
35:43C'est le deuxième
35:45parce qu'ils ont découvert
35:45que De Gaulle s'est affronté
35:46aux américains
35:47pour faire exister la France
35:48et qu'il a fait
35:49avec le conseil national
35:50de la résistance
35:51le compromis historique
35:52Et c'est ça la question
35:53qui va être posée
35:54dans cette élection
35:54Est-ce qu'on est capable
35:55de faire un compromis historique
35:57pour éviter que ce soit
35:59les mafias qui dirigent
36:00les banlieues
36:00pour faire que l'école républicaine
36:02retrouve un sens
36:03et que la méritocratie républicaine
36:04ait son sens
36:05Est-ce qu'on est capable
36:06de faire un compromis historique
36:07pour réindustrialiser la France
36:08et être capable
36:09de produire un certain nombre de choses
36:11et d'arrêter de courir
36:12Ma question est simple
36:15Est-ce qu'au deuxième tour
36:16de mai 2027
36:19en face du candidat du RN
36:22qui est probable
36:22Est-ce qu'on pourra avoir
36:24au lieu d'un représentant
36:25du socle du socle droit
36:26Est-ce qu'on pourra avoir
36:28peut-être un représentant
36:30de ce que vous appelez le CNR
36:31de la gauche au sens large
36:33et non pas de la droite
36:33Est-ce que vous y croyez ?
36:34Oui j'y crois
36:35Ça se construit maintenant
36:36et ça se construit par la main tendue
36:38Vous avez un nom à mettre dessus ?
36:39J'ai une hypothèse
36:41Oui j'ai une hypothèse
36:42Je pense que François Hollande
36:42est sur une bonne trajectoire
36:43pour l'instant
36:44parce qu'il a dépassé
36:45le cadre du parti socialiste
36:47C'est-à-dire pour ça
36:47qu'il ne va pas à la primaire
36:48Il a expliqué
36:49encore hier soir
36:50que son travail
36:51c'était d'unir et de réunir
36:53Il faut que maintenant
36:54il soit capable aussi
36:55de discuter
36:55Je vais vous prendre un exemple
36:56Quand Jean-Louis Borloo
36:58parle de la réforme de l'Etat
36:59il a 200% raison
37:02Et ça c'est une énorme réforme
37:03Je vous réinviterai
37:04pour que vous fassiez
37:05une deuxième autocritique
37:06parce que vous les faites
37:07de façon absolument prodigieuse
37:09et cette antenne sera à vous
37:11pour expliquer ce qui s'est passé
37:12Nous avons quand même
37:13une auditrice
37:13qui s'appelle Isabelle
37:14qui nous appelle
37:15de Villemur-sur-Tonne
37:16qui nous parle de tout autre chose
37:17Bonjour Isabelle
37:18Vous avez un problème
37:19de taxe d'habitation
37:21Oui
37:22Bonjour à Sud Radio
37:23Merci de me recevoir
37:24parce que j'ai essayé
37:25de vous joindre
37:26je ne sais pas combien de fois
37:28Il y a beaucoup de gens
37:29qui appellent
37:29On est désolé Isabelle
37:30mais je suis tellement content
37:31de vous avoir
37:32Je sais
37:33Alors voilà
37:34c'est par rapport au sujet
37:35qu'on a discuté
37:37Oui avec Benoît Perrin
37:38tout à l'heure
37:39tout à fait
37:40Donc voilà
37:42Je voulais vous dire
37:43que dans
37:44Essayez d'être rapide
37:45parce qu'il nous reste
37:45un peu plus d'une minute
37:46Voilà je voudrais aller
37:47à l'objectif tout de suite
37:48avec vous
37:48Excusez-moi de vous bousculer
37:50Dans mon village
37:51voilà
37:52nous avons un gros gros problème
37:53c'est que les locataires
37:55ont le droit
37:55de faire un peu
37:56tout ce qu'ils veulent
37:58et toutes les conneries
37:59qu'ils font
38:00ce sont les propriétaires
38:02qui doivent les payer
38:03c'est-à-dire
38:04les encombrants
38:05les poubelles
38:06en surplus
38:08voilà
38:08nous avons un problème
38:10avec une fuite
38:11de château d'eau
38:12et c'est pas
38:13les locataires
38:14qui payent
38:14comme nous tous
38:16C'est les propriétaires
38:18ce sont les propriétaires
38:19qui payent
38:20la fuite de château d'eau
38:21c'est-à-dire que moi
38:22ma taxe d'habitation
38:23quand j'ai aménagé
38:24il y a 6 ans
38:24elle était de 900 euros
38:26aujourd'hui
38:27elle est de 600
38:28C'est pas juste ça
38:30et on a un spécialiste
38:31sur le plateau
38:31qui s'appelle
38:32Julien Dré
38:32des impôts locaux
38:33Julien Dré
38:34votre avis
38:35est-ce que la fiscalité locale
38:36elle est mal conçue ?
38:37Elle est mal conçue
38:38parce que l'Etat
38:38s'est déchargé
38:39sur les collectivités locales
38:40voilà
38:40il a passé son temps
38:41à leur repasser des bébés
38:43et ils n'arrivent pas
38:44à s'en sortir
38:47un vrai problème
38:48on a fait des lois
38:49qui étaient très généreuses
38:50pour les locataires
38:51et on a oublié
38:52les propriétaires
38:53et ils se retrouvent
38:53dans des situations
38:54où un certain nombre
38:55pas tous
38:55mais il y a des minorités
38:56qui occupent des locaux
38:58qui refusent de partir
38:59et c'est des gens
39:01qui ont sué
39:02pour acheter leur appartement
39:03ou leur petite maison
39:04ils se retrouvent
39:04totalement démunis
39:06et ça, ça va pas
39:06Cet homme a réponse à tout
39:08Julien Dré
39:09vous êtes invité permanent
39:10de Sud Radio
39:11La France
39:11Tous les Etats
39:12Isabelle, merci d'avoir été là
39:13Anissa, quand est-ce qu'on se revoit ?
39:15Ben nous, on va se revoir lundi
39:16Oh là là
39:17Donc c'est
39:18voilà
39:18C'était la première ligne droite
39:20Exactement
39:21Merci à tous
39:22d'être restés avec nous
39:23tout au long de ces deux heures
39:25Julien Dré
39:25était notre invité
39:27à suivre
39:27Merci Julien Dré
39:28Merci
39:29À suivre sur Sud Radio
39:31Brigitte La Haye
39:32Le thème du jour
39:32Les Cougars
39:33Oula
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