- il y a 2 mois
Ce mercredi 2 septembre retrouvez l'émission le 18h Eco présentée par Stéphanie Coleau sur BFM Business.
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00:00DFM Business présente
00:05Le 18h éco, Stéphanie Collot
00:08Soyez les bienvenus dans le 18h éco, une heure d'information économique, d'analyse et de débat à la une
00:14de ce mercredi 2 septembre.
00:1630 milliards d'euros d'économies, c'est l'objectif que se fixe le gouvernement pour le prochain budget,
00:21des économies essentiellement réalisées via une baisse de la dépense publique.
00:25Quelles pistes sont privilégiées à ce stade ? Est-ce que ce sera suffisant pour assurer les marchés ?
00:31On en parle tout de suite avec les économistes Stéphanie Villers et Thibaut Prébet.
00:35En Allemagne, en tout cas, les grandes entreprises proposent de travailler plus sans gagner plus pour enrayer le déclin industriel
00:43allemand.
00:44Et nous, dans tout ça, allons-nous devoir travailler davantage pour sauver notre modèle ?
00:48On en débat dans un quart d'heure.
00:50Les actions hybrides se multiplient en Europe.
00:53Les plus récentes attaques ont visé un aéroport allemand et une centrale électrique dans l'est de l'Allemagne.
00:59À l'approche de l'élection présidentielle, la France pourra-t-elle en faire les frais ?
01:05On fait le point à 18h45 avec Frédéric Charillon, professeur et directeur de l'Observatoire des stratégies d'influence à
01:12l'ESSEC.
01:16Le chantier du budget 2027 est donc lancé.
01:20Le gouvernement maintient son objectif que le déficit ne dépasse pas les 5% l'année prochaine.
01:27Margot Faudéré.
01:28Absolument. Et pour y arriver, Bercy vise 30 milliards d'euros d'économie, donc rien que sur la partie dépenses
01:34publiques.
01:34C'est un objectif qui paraît très ambitieux.
01:37Alors, on sait déjà un certain nombre de choses.
01:39On sait, par exemple, que des ministères vont être mis à contribution.
01:43C'est le Premier ministre lui-même qui l'a dit ce week-end dans la presse.
01:46Par exemple, les missions et les budgets accordés aux missions travail ou à l'agriculture, par exemple, vont être revus
01:52à la baisse.
01:53On sait aussi qu'il y aura des coupes dans les agences et les opérateurs de l'État.
01:57C'est un serpent de mer.
01:58Et alors, quelles autres pistes sont envisagées par Bercy, Margot ?
02:01Alors, à ce stade, trois gros dossiers sont sur la table.
02:04Le premier, c'est celui des retraites, évidemment.
02:07Deux options sont à l'étude.
02:08La première, c'est de désindexer les plus fortes pensions.
02:11Ou bien, autre piste, supprimer l'abattement de 10% pour frais professionnels.
02:16Avec là, plusieurs milliards d'euros d'économie à la clé, ce serait un gros morceau.
02:20Ensuite, deuxième dossier, les dépenses de santé.
02:23Là aussi, plusieurs angles d'attaque sont possibles.
02:26Évidemment, sur les arrêts maladie, le gouvernement veut poursuivre le travail qui a été engagé cette année.
02:31Tout le monde ne peut que constater les abus qui explosent ces dernières années.
02:35C'est ce que dit Sébastien Lecornu.
02:37Sur les médicaments, le premier ministre veut une règle d'or dans le prochain budget de la Sécu,
02:41qui consisterait en fait à dire qu'on rembourse plus les médicaments innovants et qu'en face, pour les médicaments
02:48qui sont jugés moins efficaces,
02:49il faut se poser la question du maintien ou pas de leur remboursement.
02:54Et puis, dernier pilier, ce sont les collectivités locales.
02:56Selon nos informations, Bercy pourrait leur demander une nouvelle contribution à hauteur de plusieurs milliards d'euros.
03:03C'est chiffré par l'Association des maires de France à 6 ou 7 milliards d'euros.
03:07Dans le détail, toujours selon l'AMF, par exemple, les crédits qui sont versés aux régions pour l'apprentissage pourraient
03:14être quasiment supprimés,
03:15ceux versés pour la formation professionnelle pourraient être fortement réduits.
03:19Et puis, concernant les communes, le fonds de compensation de la TVA,
03:24qui leur est reversé après leurs investissements, ce fonds de compensation pourrait être plafonné.
03:29– Merci Margot. Bonsoir Stéphanie Villers, vous êtes conseillère économique pour PWC.
03:36Bonsoir Thibaut Prébet, vous êtes économiste, auteur de « Démographie, la bombe tranquille ».
03:41Est-ce que les pistes d'économie, à l'instant dévoilées par Margot Faudéré,
03:48est-ce que selon vous Stéphanie Villers, c'est suffisant pour rassurer les marchés, les investisseurs ?
03:55Bon, pour l'instant, il faudrait déjà que le budget, il passe,
03:59parce qu'en réalité, là, ce ne sont que des propositions.
04:02Et je pense que pour rassurer la première chose, ce serait d'avoir un budget pour 2027.
04:07Je pense que ça reste dans l'esprit des investisseurs français et aussi internationaux.
04:13Est-ce qu'on va encore, pour la troisième année consécutive,
04:18se heurter à une incapacité d'arriver à un accord au niveau de l'Assemblée,
04:22alors qu'on sait qu'on est en année présidentielle et que, finalement,
04:27notre Premier ministre explique bien l'esprit.
04:31Il sait aller faire des économies, des myriades de petites économies,
04:35en espérant faire 30 milliards.
04:37Il n'y a pas de réforme structurelle qui peut être lancée.
04:39Oui, c'est des mesures, en quelque sorte, mais qui, quand même, sont majeures.
04:42Mais il ne peut pas faire autrement.
04:43Il ne peut pas s'amuser à faire une réforme structurelle,
04:45parce que ça ne passerait jamais à l'Assemblée.
04:47Donc, à faute de moyens, il envisage de faire plusieurs types de réduction de dépenses.
04:55Mais là, encore, je pense que les marchés attendent que ce budget passe.
04:59C'est ça, la question.
04:59Donc, c'est plus l'accord sur le budget qui est important pour les investisseurs
05:03que ce que contient le budget, finalement ?
05:05En fait, 30 milliards, on sait que ce que contient le budget, ça ne va pas changer.
05:10Le budget, ça va être présenté à hauteur de 30 milliards d'économies
05:14pour stabiliser le déficit public à 5 %.
05:17Bon, après, est-ce que ça va être accordé, décidé à l'Assemblée nationale ?
05:23C'est encore une autre paire de manches.
05:25Et puis, Thibaut Prébet, est-ce que c'est suffisant, selon vous,
05:27ces 30 milliards d'euros d'économies ?
05:29Écoutez, moi, je pense que, contrairement à ce que vous avez dit,
05:30mais je le dis de manière presque humoristique,
05:32c'est une réforme structurelle.
05:33C'est-à-dire qu'en France, la définition de faire des économies,
05:36c'est au bout de trois minutes de débat à l'Assemblée,
05:39comment on monte les impôts ?
05:40Donc, si déjà, on arrivait vraiment à faire des économies,
05:42c'est-à-dire à réduire les dépenses,
05:44en France, ce serait presque quelque chose de structurel,
05:46tellement c'est quelque chose qui est impossible.
05:48Et il me semble que dans cette période,
05:49on arrive, justement, on l'a dit, à une année d'élection,
05:51une année où chacun veut garder un peu ses billes pour après,
05:54donc il n'y a pas de marge.
05:55Si on arrive déjà à faire des gels,
05:57ce qui sera déjà merveilleux par rapport à ce qu'on fait en général.
06:00Et d'ailleurs, j'avais écouté avec beaucoup d'attention
06:01Antoine Léomon, de la France Insoumise,
06:03qui disait un truc marrant.
06:04Il disait, on fait trop de chèques aux riches.
06:07C'est-à-dire qu'en fait, on a tellement envie d'aller monter les impôts
06:09que même ce qui serait, en théorie, juste un prélèvement,
06:12on va le transformer en une dépense
06:13pour essayer d'augmenter les impôts
06:14et en disant que ce serait une baisse des dépenses.
06:16Donc, on a déjà un problème narratif
06:17qui est de dire, est-ce qu'on est capable de baisser les dépenses ?
06:20Est-ce qu'on se souvient même de ce que c'est que des dépenses ?
06:23Et est-ce qu'on peut réussir à parler 10 minutes
06:24de baisser les dépenses sans parler d'impôts ?
06:26Ce serait merveilleux.
06:27Maintenant, il ne faut pas se mentir,
06:28le marché voit les taux montés dans tous les pays au monde quasiment.
06:31Là, on est à 4,25.
06:33Oui, mais vous savez, ça vend dans tous les pays.
06:34Donc, il faut séparer ce qui est français,
06:36qui est objectivement une sous-performance,
06:38mais dans un mouvement global qui est mondial.
06:41Donc, il ne faut pas faire n'importe quoi,
06:42mais la réalité, c'est que la crise, s'il y a,
06:44ce sera suite aux élections de l'année prochaine.
06:46Là, ce qu'il faut juste pour l'instant,
06:47ce n'est pas être trop les seuls à partir dans le décor.
06:48Voilà, mais, et encore une fois, je le rappelle,
06:50quand l'inflation monte beaucoup,
06:52ça vient augmenter la croissance dite nominale,
06:55ce qui en soi, pour la dette, est une bonne nouvelle.
06:56Donc, à ce stade, le sujet, c'est ne pas être complètement à la ramasse,
07:00ne pas évoquer de sujets perturbants,
07:02typé effacement de dettes tout seul.
07:03Ça, ça ne sert à rien.
07:04Et essayer de prouver qu'on est crédible.
07:06Parce que quand des candidats nous disent
07:07qu'on va baisser de 100 milliards les dépenses,
07:08si on n'arrive pas à en trouver 30,
07:10il faut arrêter de se faire des films.
07:11Ça va être ça, le défi, Stéphanie Villers ?
07:13En fait, quand tout le monde est d'accord pour dire
07:15qu'il ne peut pas y avoir de crise sur la dette française,
07:17moi, je me méfie.
07:18En réalité, on a besoin de se rassurer.
07:23Alors, effectivement, il y a des indicateurs
07:26qui peuvent aller dans ce sens-là.
07:28Tous les taux d'intérêt sont en train d'augmenter
07:31dans les pays occidentaux,
07:34mais pas pour les mêmes raisons.
07:36Ça augmente, par exemple, aux États-Unis,
07:38parce qu'il y a de la croissance.
07:39Ça augmente aussi en Allemagne,
07:41parce qu'il y a de ces perspectives de croissance.
07:44En France, ça n'augmente pas pour ces raisons-là.
07:46Ça augmente parce que, justement,
07:48la qualité de la dette française est remise en cause.
07:51Et on voit la vitesse à laquelle, quand même,
07:54les taux d'intérêt sont en train de progresser.
07:56Moi, je suis arrivée de vacances.
07:59Les taux étaient à 3,9.
08:01On est aujourd'hui à 4,25.
08:03Ça fait 10 jours que je suis rentrée.
08:05Donc, je me dis quand même,
08:07j'ai rarement vu une telle amplification de la courbe.
08:11Et donc, je pense qu'il faut prendre ça au sérieux.
08:15Et ça fait quand même des années qu'on dit,
08:18« Non, il ne peut pas y avoir de risque sur la dette française. »
08:21Et tout le monde, la dette française est sous-souscrite.
08:24Jusqu'au jour, là, on voit quand même le mouvement
08:26qui est en train d'être mis en place.
08:27Les investisseurs étrangers se disent,
08:29« On ne veut pas revivre ce qui s'est passé en 2010
08:33avec la dette grecque. »
08:36En fait, tant qu'on conserve en portefeuille
08:40de la dette française,
08:42s'il y a des tensions,
08:43les taux commencent à partir plus rapidement,
08:46eh bien, c'est des pertes pour celui qui a placé...
08:49Alors, on voit bien que, petit à petit,
08:51le mouvement, il est clair.
08:52Les investisseurs se délaissent de la dette française
08:54et on sait que, mécaniquement,
08:56les taux vont augmenter.
08:58Des taux d'intérêt à 6%, on fait quoi ?
09:00Justement, quel est le seuil
09:02à partir duquel ça va être dangereux pour la France ?
09:05C'est une question qui est très technique
09:06et très compliquée, plus que ça.
09:08C'est-à-dire qu'en fait, aujourd'hui,
09:09qu'est-ce qui se passe d'un point de vue du problème économique ?
09:11Avant de parler de spécificité française.
09:13Il y a ceux des droits d'Hormuz
09:14qui devaient être fermés, mais très temporaires,
09:16donc pour une inflation très temporaire, là encore,
09:18qui allait rebaisser vite
09:19et donc, quelque part, ça ne justifiait pas
09:21que le taux qui augmente.
09:22Je vous rappelle que l'inflation française,
09:23en janvier, était à 0,3.
09:25J'ai rien à 3%.
09:26Donc déjà, l'écart entre les taux
09:28et l'inflation telle qu'elle est,
09:30en fait, n'a pas beaucoup augmenté,
09:31même à baisser.
09:31Ce qui veut dire que, si on se dit
09:33que les droits d'Hormuz
09:34restent plus longtemps fermés,
09:35donc que l'inflation va passer dans les scélères
09:37et créer des boucles,
09:38ça justifie partout dans le monde
09:40des taux qui sont plus élevés.
09:42Ensuite, on a une séquence française
09:43qui démarre globalement
09:44à la dissolution d'Emmanuel Macron,
09:45qui enlève toute visibilité
09:47aux investisseurs sur la France
09:48et qui, depuis, de proche en proche,
09:50de déclarations préélectorales,
09:52crée, en fait, une situation
09:54qui est plus anxiogène,
09:55qui n'est pas cataclysmique,
09:57parce qu'encore une fois,
09:58par rapport au taux allemand,
09:5890 points de base d'écart à 0,90,
10:01comme on parle de taux plus hauts
10:02qu'avant, ça paraît élevé,
10:03ce n'est pas colossal.
10:03Moi, j'aurais tendance à dire,
10:04pour être honnête,
10:05que c'est bien payé pour la France,
10:06c'est-à-dire que par rapport
10:08au discours qu'on a,
10:09au déficit qu'on a,
10:10oui, aujourd'hui,
10:10il y a trois pays au monde
10:11qui font n'importe quoi
10:13sur le déficit,
10:13entre guillemets,
10:14c'est la France,
10:15la Belgique et les États-Unis.
10:16La réalité, c'est que,
10:18comme on n'a pas l'impact,
10:19le dollar comme les États-Unis,
10:21aujourd'hui, la France
10:22est honnêtement bien traitée
10:23par les marchés,
10:24encore plus par les agences de notation
10:25qui continuent à nous mettre
10:26des super notes,
10:26alors qu'on ne sait pas très bien
10:27ce qu'il faudrait faire pour les baisser.
10:31On est d'accord,
10:32l'économie qui a changé
10:33et c'est aussi lié à ça.
10:34Et je pense, par contre,
10:35que les marchés,
10:36ce qu'ils attendent aujourd'hui,
10:37c'est déjà un début de sérieux
10:39et ensuite de voir
10:39ce qui se passe
10:40à la prochaine législature.
10:41Le sujet, il va en réalité être là
10:44et je pense que d'ici là,
10:45de toute façon,
10:46ça n'a peu de chances
10:46d'être autre chose que pénible.
10:48Stéphanie Villard ?
10:48Non, en fait,
10:49moi je pense que
10:50ce serait le meilleur des scénarios,
10:53effectivement,
10:54c'est d'attendre
10:55que tout soit étudié calmement
10:58après les élections présidentielles
11:00avec un président.
11:01Alors, reste savoir
11:02lequel ?
11:02Parce qu'il y a des présidents
11:03qui ne rassurent absolument pas
11:05les marchés financiers.
11:06Et je pense qu'il faudrait
11:09considérer que
11:10la situation actuelle
11:11d'aujourd'hui
11:13peut aller dans le mauvais sens
11:15et ce serait trop dangereux,
11:17enfin, c'est trop risqué
11:18de considérer que
11:20tout le monde est dans le même bateau
11:22et que de toute manière,
11:23même si la France
11:25continue à avoir
11:26ses taux d'intérêt,
11:27eh bien, la BCE
11:28va venir au secours,
11:29ce qui est une réalité.
11:30La BCE va bien sûr
11:31venir au secours,
11:32mais avec...
11:32Mais pas à n'importe quel prix.
11:33Mais pas à n'importe quel prix.
11:34Donc, il faut...
11:35Moi, je trouve que
11:36ce discours en miant
11:37où tout le monde
11:38veut se rassurer,
11:39tout le monde veut se dire
11:40non, non, mais non,
11:40mais il n'y a pas de problème,
11:41non, mais ça,
11:42il y a de l'inflation,
11:43c'est normal,
11:45c'est plutôt une bonne chose.
11:46Bah, en fait, non.
11:47Parce que l'Allemagne,
11:49par exemple,
11:50enfin, il ne faut pas oublier,
11:51a investi 500 milliards
11:52dans ses infrastructures,
11:54dans sa défense,
11:55dans les dépenses d'avenir.
11:57Nous, on emprunte
11:59sur les marchés
12:00exactement le même montant.
12:01En 2026,
12:02l'Allemagne a emprunté
12:04300 milliards,
12:04on a emprunté 300 milliards,
12:05mais on ne fait pas la même chose
12:06avec ces 300 milliards.
12:07Nous, on finance
12:08de la dépense sociale.
12:09Les investisseurs,
12:10ils ne sont pas dupes,
12:12ou en tout cas,
12:12à un moment,
12:13en fait,
12:13ils vont véritablement
12:14préférer la dette allemande,
12:16la dette américaine
12:17qui a de la croissance,
12:17ou encore les mastons
12:20du numérique américain,
12:21enfin, de l'IA d'ailleurs,
12:23qui viennent concurrencer
12:25les dettes publiques.
12:26Margot ?
12:27En effet,
12:27c'est deux points importants
12:28d'abord sur la structure
12:29de notre dette en France.
12:31C'est vrai que,
12:31de plus en plus,
12:32ça devient de l'argent
12:34qui est utilisé
12:34pour rembourser la dette,
12:36la fameuse charge de la dette
12:37qui est en train de devenir
12:37le premier poste de dépense
12:39de l'État.
12:39Donc, c'est en ce sens
12:40que la dette française,
12:42ce n'est pas une dette
12:43d'investissement,
12:44c'est majoritairement
12:44du remboursement
12:45de notre charge
12:46qui ne fait qu'augmenter
12:47d'année en année.
12:47Et puis après,
12:48pour revenir sur le budget,
12:49le premier ministre
12:50Sébastien Lecornu
12:51est lui-même très au clair
12:53sur le fait que ce budget,
12:54ce ne sera qu'un budget temporaire.
12:56Il me semble qu'il a même
12:57parlé de budget irréversible.
12:58Donc, en fait,
12:59l'objectif,
13:00c'est juste de,
13:01comme vous l'avez dit,
13:02réussir à faire passer le texte
13:03pour tenir jusqu'à la présidentielle
13:05au mois d'avril,
13:06mais probablement que
13:07tout ce qui aura été voté
13:09d'ici là
13:10sera détricoté
13:11ou changé derrière.
13:12Donc, de toute façon,
13:13l'objectif,
13:13c'est vraiment un objectif
13:14de très court terme.
13:15Thibaut Prébet,
13:15ça veut dire que là,
13:16c'est les mesurettes
13:17qui se présentent à nous,
13:17mais 2028, 2029, 2030,
13:20là, ça va être le gros ?
13:21En fait, il faut comprendre
13:22une chose,
13:22c'est que la France a une situation
13:23qu'elle n'a jamais connue
13:24et que tout le monde
13:24a déjà connue,
13:25c'est le principe de la coalition.
13:26C'est-à-dire que beaucoup
13:27de zones autour de nous
13:28ont eu beaucoup moins longtemps
13:29que nous ce bipartite,
13:30que l'avènement d'Emmanuel Macron
13:31a quelque part prolongé
13:32et donc on a l'habitude
13:33d'avoir des assemblées
13:34avec 4, 5 parties
13:35qui doivent se mettre d'accord
13:35pour faire un budget.
13:36Nous, on ne l'a pas
13:37et on est dans le déni.
13:38Et comme en plus,
13:38l'élection présidentielle est proche,
13:40certains, en particulier
13:40le Rassemblement National,
13:41se disent,
13:42après tout,
13:42moi, j'ai une chance
13:43d'avoir une victoire convaincante
13:44puis la majorité,
13:45donc je ne vais pas commencer
13:46à rentrer là-dedans
13:47et à être tributaire
13:48de trucs que je n'ai pas choisis.
13:49Donc en fait,
13:50aujourd'hui, quelque part,
13:50on ne sait pas,
13:51contrairement à l'Espagne,
13:52l'Italie ou l'Allemagne,
13:53fonctionner dans ce genre
13:54de situation
13:54et eux-mêmes
13:55ont mis du temps
13:56à s'y mettre.
13:57Je vous rappelle
13:57qu'en Allemagne,
13:58il faut souvent 8 mois
13:58pour un Premier ministre
13:59donc on a cette idée
14:00qu'ils sont habitués
14:01à ce travail-là
14:01et une fois qu'ils ont
14:02une coalition,
14:03ils s'y tiennent.
14:03Nous, on n'y est pas
14:04et donc tant que je pense
14:05que ce savoir-faire
14:05ne sera pas rentré en France,
14:08tout ce qui précédera
14:09à une grande élection
14:10restera par définition
14:11du temporaire
14:11et je pense que
14:12sur ce coup-ci,
14:13il n'y a aucune chance
14:13que ce soit autre chose.
14:15Eh bien, merci beaucoup
14:16à tous les trois.
14:17Stéphanie Villers,
14:18conseillère économique
14:19au sein de PWC,
14:21Thibaut Prébet,
14:21économiste,
14:22auteur de La démographie,
14:23de démographie,
14:24la bombe tranquillée,
14:26Margot Faudéré,
14:27journaliste à BFM Business.
14:28Restez avec nous
14:29dans un instant.
14:30Le débat avec cette question,
14:31allons-nous devoir
14:32travailler plus
14:33pour sauver notre modèle ?
14:35En Allemagne,
14:36les industriels posent
14:37la question
14:38mais sans contrepartie financière.
14:40A tout de suite.
14:41BFM Business présente
14:46Le 18h écho,
14:48Stéphanie Collot.
14:49C'est l'heure du débat
14:51sur BFM Business
14:52dans le 18h écho.
14:53Travailler plus
14:54sans gagner plus,
14:56c'est ce que proposent
14:57depuis le printemps dernier
14:58certains grands patrons allemands
15:00dont celui de Mercedes
15:01pour enrayer
15:02le déclin industriel allemand.
15:04L'idée est de passer
15:05de 35 à 40 heures
15:06de travail hebdomadaire
15:07sans rémunération supplémentaire
15:10et nous,
15:11dans tout ça,
15:11allons-nous devoir
15:13travailler plus
15:14pour sauver notre modèle ?
15:15On en parle avec
15:16Alexandre Malafaille.
15:17Bonsoir.
15:17Bonsoir.
15:18Vous êtes président
15:19et fondateur
15:20de Sinopia.
15:22Face à vous,
15:22Franck Dedieu,
15:23directeur adjoint
15:24de la rédaction
15:25de Marianne.
15:26Bonsoir.
15:26Marianne qui titre
15:28cette semaine
15:29« Ruineux ou sérieux,
15:31que vaut le programme
15:32économique de LFI ? »
15:35On en parlera peut-être.
15:36D'abord, Franck Dedieu,
15:37est-ce que cet appel
15:38des industriels allemands
15:40à travailler plus
15:40sans gagner plus,
15:42est-ce que ça vous surprend ?
15:43Non, parce que l'Allemagne
15:45traverse une crise
15:46économique majeure,
15:47elle a fait des choix
15:50qui n'ont pas été bons
15:52au cours des années
15:54Merkel,
15:55et en particulier,
15:56celui de brider
15:58la demande intérieure
15:59et de compter
16:01sur le commerce extérieur
16:02et le libre-échange
16:03pour,
16:05notamment des ventes
16:06auprès des Chinois,
16:09pour vivre
16:10et assurer
16:11une certaine croissance.
16:13Il se trouve que
16:13cela est en panne,
16:15tout simplement
16:15parce que les Chinois
16:16se montrent,
16:16d'ailleurs,
16:17dans l'expression
16:19du chancelier Mers,
16:20il y a l'idée
16:20de la comparaison
16:22avec les Chinois.
16:23Donc, non seulement
16:23il se trouve
16:24que ce ne sont plus
16:25des acheteurs
16:26de produits allemands,
16:27mais en plus de ça,
16:28il se trouve
16:29être des concurrents,
16:30y compris sur le sujet.
16:32Donc, l'idée
16:33qui consiste à dire
16:34on va y revenir,
16:36mais baissons le coût
16:37du travail
16:37pour devenir
16:38plus compétitif
16:39et ainsi pouvoir
16:40à nouveau exporter
16:41nos voitures,
16:43c'est complètement,
16:43c'est vraiment
16:44l'inverse,
16:45c'est poursuivre
16:46une politique
16:47qui est avec
16:48un entêtement
16:48granitique
16:49qui est promis
16:50à la récession
16:53parce que
16:53ce qu'il faudrait
16:54peut-être
16:54c'est changer de modèle
16:55et l'idée
16:56de brider
16:56la demande intérieure,
16:57c'est-à-dire
16:58de dire
16:58travaillez plus
16:59et vous ne gagnerez pas plus,
17:01c'est vraiment
17:02exactement
17:03l'esprit même
17:04de ce qui précède
17:06Mers,
17:06c'est-à-dire
17:07Schroeder
17:07et Merkel
17:08et ça a été
17:09et Mers,
17:10pardon,
17:10et Hartz,
17:11pardon,
17:11les lois Hartz
17:11et ça a été,
17:12ça se révèle
17:13un échec
17:15économique.
17:15Mais Alexandre Marlaffay
17:17travaillait plus,
17:18peut-être pas pour gagner plus,
17:19mais il n'empêche,
17:19ça permet de créer
17:20peut-être plus de croissance
17:22et là-dessus,
17:23est-ce que vous comprenez
17:24l'appel des patrons allemands
17:26à aller dans ce sens-là ?
17:28Je pense que de toute façon
17:29les pays européens
17:30et la France en premier,
17:31mais on est vraiment
17:32confrontés à une crise
17:34sans précédent
17:34sur le plan des conséquences
17:35de l'ensemble des politiques
17:36qui ont été menées
17:36depuis très longtemps
17:37parce que je crois
17:38qu'on a perdu de vue
17:39l'essentiel en matière
17:39d'économie en France
17:40et en Europe
17:41et puis on n'est pas
17:42dans le rythme
17:42de la compétition mondiale.
17:43Avant de répondre
17:44à votre question,
17:45quand on voyait l'IA,
17:45ça ne se passe pas chez nous,
17:47les progrès de la robotique,
17:48la fabrication des robots
17:48de demain,
17:49ça ne se passe pas chez nous,
17:50donc sur les technologies
17:51du monde,
17:52de l'économie de demain,
17:53on n'y est pas
17:53et donc on encaisse
17:55les crises les unes après les autres,
17:55on a fait des choix majeurs
17:57en matière de transformation
17:58de nos industries,
17:59la voiture électrique par exemple,
18:00pourquoi pas,
18:01sauf qu'on est en décalage
18:02par rapport à la Chine,
18:03nos technologies
18:03ne sont pas les bonnes,
18:04donc on est vraiment
18:05toujours avec un coup de retard.
18:06Alors chaque pays
18:07fait face à des situations
18:07qui l'amènent à formuler
18:09des réponses
18:09et les industriels
18:10cherchent des solutions,
18:11là en l'occurrence
18:11c'est plus une bouffée d'oxygène,
18:13si ça, ça se mettait en œuvre
18:15demain en Allemagne,
18:16à court terme
18:16il y aurait une bouffée d'oxygène.
18:17Est-ce que ça va relancer la croissance ?
18:19Est-ce que ça va répondre
18:20à la problématique fondamentale
18:21à laquelle on est tous
18:22confrontés aujourd'hui ?
18:23C'est comment on fait
18:23pour remettre nos pays
18:24sur des économies en croissance
18:25qui sont supérieures
18:26à l'inflation
18:27et supérieures
18:28pour pouvoir absorber
18:29le coût de nos dettes structurelles
18:31et qui n'amènent pas
18:32les ports publics
18:33à faire ce qu'on voit
18:34tout le temps
18:34dans le débat actuel,
18:35c'est on va finalement
18:36trouver des moyens
18:36avec des recettes fiscales
18:37ou des charges sociales nouvelles.
18:39Ça, c'est pas tenable.
18:40Nous, on a un problème majeur
18:41parce qu'aujourd'hui
18:41on ne parle que de ça.
18:42La seule question,
18:42on dit,
18:42qui est vraiment essentielle,
18:43c'est comment on relance
18:44la croissance ?
18:45C'est étonnant de voir
18:46que des pays comme la France
18:47ou comme l'Allemagne
18:47n'arrivent pas à trouver
18:48de recettes suffisantes
18:49pour finalement être capables
18:51de créer les conditions
18:52d'une vraie croissance.
18:53Alors, est-ce qu'il faut
18:53en Allemagne faire ça ?
18:54Écoutez, moi,
18:55je pense qu'effectivement
18:56les réponses que vous donnez
18:57sont intéressantes.
18:57Je pense que c'est plus
18:57du court-termisme
18:58qu'une politique.
19:00C'est une mesure d'urgence.
19:01Une mesure d'urgence,
19:02ça ne réglera pas
19:02effectivement les maladies de fond
19:03qui sont en train
19:04de nous saber.
19:05Franck Dedieu,
19:06est-ce qu'il faut s'attendre
19:07à ce que les patrons français
19:08tiennent le même discours ?
19:09Probablement,
19:10mais si vous voulez...
19:12Alors, oui.
19:14À l'approche de l'élection présidentielle,
19:16n'oublions pas.
19:16Sauf que, si vous voulez,
19:17les patrons allemands
19:18sont au diapason
19:21de la population allemande
19:23et même des partis allemands
19:24sur l'idée de la compétitivité
19:27et du libre-échange.
19:28En gros, vous regardez
19:30comment ont voté
19:31les députés allemands
19:33de droite comme de gauche
19:34lorsqu'il s'agit
19:35de politique de libre-échange
19:36avec la Nouvelle-Zélande,
19:37le Mercosur,
19:38le Canada.
19:39Vous apercevez que les Allemands
19:43sont favorables.
19:43Aujourd'hui,
19:44alors ce n'est pas dans leur histoire,
19:45ce n'est pas toujours le cas,
19:46mais aujourd'hui,
19:47ils sont favorables
19:47au libre-échange.
19:48Donc, ils jouent
19:48la carte de la compétitivité.
19:50En revanche, les Français,
19:51pour répondre à votre question,
19:52Stéphanie,
19:54les patrons français,
19:55bien sûr,
19:56se disent que
19:56c'est une manière
19:57de baisser le coût du travail,
19:59largement,
19:59c'est une manière
20:00de gagner en compétitivité,
20:01sauf que l'opinion française
20:02n'est pas du tout
20:03en phase avec cette idée-là.
20:05Là où je suis d'accord
20:06avec Alexandre,
20:07c'est quand il dit
20:08on a un problème d'innovation.
20:10Moi, j'ai regardé,
20:11parce que derrière votre question,
20:12il y a travailler plus,
20:15gagner autant,
20:16et donc produire plus
20:18et faire de la croissance.
20:23J'ai regardé les chiffres
20:24en 77.
20:2577,
20:28on travaillait
20:2918% de plus
20:30qu'aujourd'hui.
20:31On produisait,
20:33compte tenu de l'inflation,
20:34la moitié.
20:35Qu'est-ce qui s'est passé depuis ?
20:37C'est des gains de productivité.
20:38Et là, je vais être d'accord
20:39avec vous, Alexandre,
20:40c'est bien la première fois,
20:41c'est que,
20:43effectivement,
20:44il y a un problème
20:45de gains de productivité
20:46en Europe.
20:48Alors,
20:48je ne sais pas faire
20:49comment compter sur l'IA
20:51pour le résoudre,
20:53peut-être,
20:53peut-être pas.
20:54Oui, ça peut être une solution.
20:55Je ne suis pas assez expert
20:56pour vous dire
20:57comment, du jour au lendemain,
20:58faire des gains de productivité.
21:00Mais la clé,
21:01si vous voulez,
21:02de la compétitivité,
21:03elle ne se fera pas
21:03par la baisse du coût du travail.
21:05Par la baisse du coût du travail
21:07et l'augmentation
21:07de la durée du travail
21:09chez des gens
21:09qui sont déjà
21:10quand même très sollicités.
21:12On l'a vu,
21:14j'écoute BFM,
21:16télé et radio,
21:17j'entends parler
21:18de malaise au travail,
21:19etc.
21:19Donc,
21:20je veux bien qu'on augmente
21:20la durée du travail
21:21pour être payé autant.
21:22Mais enfin bon,
21:23ce n'est pas la solution.
21:24Il y a des solutions
21:25sur les gains de productivité.
21:26On a réussi
21:27à travailler moins
21:29et à produire plus
21:31grâce aux gains de productivité.
21:32C'est là-dessus
21:33que l'Europe devrait,
21:33je crois,
21:34se mobiliser.
21:35Alexandre Malafaille.
21:36La productivité,
21:37malheureusement,
21:38elle n'est pas en progrès.
21:39Là, on a plutôt tendance
21:40depuis quelques années
21:41à diminuer.
21:42En France,
21:42on a perdu 1,1 point
21:43de productivité
21:44depuis 2019.
21:45Donc, ce n'est pas
21:45un bon indicateur.
21:47Et on a un modèle social
21:48qui nous réclame
21:48toujours plus de dépenses.
21:49Un modèle social
21:50qui est extrêmement coûteux
21:52et qui ne peut pas
21:52s'arrêter en l'état
21:53de coûter de plus en plus cher.
21:55Donc, c'est d'où
21:56le réflexe de la croissance.
21:57On a une problématique
21:58de fond
21:59qui est liée
22:00au coût du travail,
22:01au taux d'emploi.
22:02Parce que nous,
22:02on parle effectivement
22:02des 35 heures.
22:03On sait qu'on a fait sauter
22:04le verrou des 35 heures
22:05parce qu'à partir de 35,
22:06on peut payer davantage
22:07les heures
22:08et donc faire travailler plus.
22:09C'est-à-dire,
22:09le taux de moyen
22:10du taux d'emploi aujourd'hui,
22:11on est plutôt
22:11à faire 38,
22:12demi ou 39 heures
22:13travaillées,
22:13mais payées effectivement
22:14avec des heures supplémentaires.
22:15Mais on a des bombes
22:17également à retardement.
22:18Je veux juste le dire,
22:19on a une partie
22:19du marché de l'emploi
22:20en France
22:21dans le secteur privé
22:22qui est liée
22:22aux auto-entrepreneurs.
22:24Le modèle social
22:25n'est pas le même.
22:25Si vous avez une vie entière
22:26en tant qu'auto-entrepreneur,
22:28demain, vous êtes quelqu'un
22:29qui n'aura quasiment pas
22:29de retraite.
22:30Et ça, on l'a intégré
22:31dans le modèle
22:31et pourtant,
22:32on parle de productivité
22:33qui est en raison.
22:34Là, on a un vrai sujet.
22:36Et puis après,
22:37je crois qu'effectivement,
22:38il faut remettre
22:39sur la table
22:40l'ensemble du modèle.
22:41Chaque pays doit faire face
22:41à ses réponses.
22:42C'est pour ça que le modèle allemand
22:42et le solution allemand
22:44les concerne.
22:45Et nous, demain,
22:45par exemple,
22:46il faut quand même regarder
22:46un autre point
22:47qui est essentiel.
22:48Vous avez par exemple
22:49en France,
22:50la comparaison
22:51avec les pays de l'OCDE
22:51et de l'Allemagne en particulier
22:52est très intéressante.
22:53Le nombre de gens
22:54qui travaillent pour l'État
22:55en France,
22:56pour le nombre d'emplois
22:58payés de la fonction publique,
22:59c'est 20%
23:01dans les moyennes en France
23:02et dans les pays de l'OCDE,
23:03c'est 10 ou 11%.
23:04C'est-à-dire que l'État
23:06est trop...
23:07C'est l'État obèse ?
23:08C'est-à-dire que vous avez
23:08un État qui coûte
23:09extrêmement cher en France.
23:10Alors certes,
23:10on a des missions plus importantes
23:11au niveau de l'hôpital,
23:13mais oui,
23:13mais quand vous avez aujourd'hui
23:15un salarié sur 5
23:17ou un qui est payé par l'État
23:18et dans les pays de l'OCDE
23:19presque 1 sur 10,
23:21ça aussi,
23:21c'est un problème
23:21de modèle économique.
23:22Donc on a des problèmes
23:23de croissance,
23:24de compétitivité,
23:25de productivité,
23:27d'âge de retraite,
23:28de coût du travail
23:29en fonction des tranches
23:30de rémunération.
23:31Vous avez un État
23:32qui est trop gros
23:33et qui, en fait,
23:33qui ne contribue pas
23:34à cette richesse
23:34et qu'en fait,
23:35avec ce qu'on paye
23:36quelque part 20 points
23:36de 20%,
23:38on devrait avoir
23:39un bien meilleur service
23:40et ce service,
23:40on ne l'a pas aujourd'hui.
23:41Donc c'est tout ça
23:41qu'il faut remettre à place.
23:42C'est pour ça qu'il ne faut pas
23:42se concentrer sur une mesure,
23:43il faudrait avoir
23:43une vision d'ensemble.
23:44Franck De Dieux,
23:45d'accord avec Alexandre Malafaille
23:46sur le côté État obèse ?
23:48Oui, mais encore une fois,
23:50en fait,
23:50la question fondamentale,
23:52et on l'a essayé
23:53de l'évacuer
23:54depuis quelques années,
23:56c'est lorsque,
23:58je reviens, moi,
23:59à la citation
24:00du chancelier Mers
24:01qui prend l'exemple
24:03sur les Chinois.
24:03C'est-à-dire qu'il y a
24:05un moment donné
24:05où vous dites,
24:07soit vous faites
24:09des pays low cost
24:11comme la Chine,
24:13malgré tout,
24:13même si le coût horaire
24:14du travail a augmenté,
24:15etc.
24:16Soit vous en faites
24:17un compétiteur,
24:18c'est-à-dire que vous rentrez
24:20dans la compétition mondiale
24:22et là,
24:23sauf si vous dévaluez
24:24votre monnaie,
24:25mais ce n'est pas le cas,
24:26vous devez dévaluer
24:27le travail
24:28ou faire une dévaluation
24:29fiscale
24:29pour être compétitif.
24:30Ça, c'est mortifère.
24:32Soit vous dites,
24:34bien, c'est simple,
24:35on ne fait pas
24:36de compétition
24:37avec ces pays,
24:38c'est-à-dire que
24:38il y a un protectionnisme
24:41européen.
24:41Mais ça, c'est pas...
24:42C'est aujourd'hui
24:43la voie
24:44qui a été empruntée,
24:45un début de voie
24:46par l'Union européenne,
24:47notamment avec
24:48les voitures chinoises
24:49à l'initiative
24:50de la France,
24:51qui n'est pas
24:52aujourd'hui
24:54totalement soviétique,
24:55quand même,
24:55malgré tout,
24:56Alexandre,
24:56on n'est pas,
24:57Emmanuel Macron,
24:58il n'est pas
24:58totalement soviétique.
25:00Donc,
25:00si la France décide
25:01de dire,
25:02non, mais en vérité,
25:03c'est un choix majeur.
25:04Soit on continue
25:05à rester en compétition
25:07avec des pays
25:08dont le coût du travail,
25:09je dirais,
25:10baisse de degré en degré
25:12parce que les Chinois,
25:13s'ils arrivent
25:13à un certain netiage,
25:15ils iront,
25:15et c'est déjà le cas,
25:17délocaliser dans des pays
25:18de low cost
25:19à super low cost.
25:20Soit on décide de dire,
25:21ben voilà,
25:22il y a...
25:22Ce n'est pas concurrentiel,
25:24à vrai dire,
25:25d'être avec des pays
25:26qui sont trop peu payés.
25:27Eh bien,
25:27on compense
25:28des écluses sociales
25:30où on augmente
25:31les droits de douane
25:32pour qu'il n'y ait pas
25:33de compétition
25:34à l'échelle mondiale.
25:36En revanche,
25:36il peut y avoir compétition
25:37à l'échelle européenne.
25:38Alexandre Malafaille,
25:39le mot de la fin.
25:39Un, il faut quand même
25:40que le pouvoir d'achat suive,
25:41ça c'est le premier point,
25:42parce qu'on peut effectivement
25:43faire payer de plus en plus
25:43cher les consommateurs,
25:44ça c'est la première chose,
25:45mais deuxièmement,
25:45ça ne suffit pas.
25:46Il faut qu'on ait quelque chose
25:47à vendre
25:47et éventuellement quelque chose
25:48à exporter.
25:49Quand on voyait l'état
25:49de la balance
25:52commerciale française,
25:53aujourd'hui,
25:53on a là aussi
25:54un sujet majeur.
25:55Il faut être capable,
25:56certes,
25:56de se protéger,
25:57d'éviter Chine et compagnie,
25:58ça je suis tout à fait d'accord,
25:59mais une fois qu'on a dit ça,
26:00ce n'est pas en mettant
26:01des règles sur le développement
26:02de l'intelligence artificielle
26:02qu'on va y arriver,
26:03c'est comment demain,
26:04on a les produits de demain,
26:05comment demain,
26:06on continue à vendre et exporter
26:07et là-dessus,
26:08on n'y est pas.
26:08On n'est pas dans le rythme
26:10de la compétition
26:10et quand vous voyez
26:11que la Chine veut investir
26:12jusqu'à 7% en R&D
26:14dans son économie
26:15alors que nous,
26:15on peine à dépasser les deux,
26:16là où on pourrait se poser
26:17quelques questions.
26:18Merci beaucoup à tous les deux.
26:19Alexandre Malafa
26:20et président fondateur
26:21de Sinopia,
26:21Franck Dedieu,
26:23directeur adjoint
26:24de Marianne,
26:26qui a pour une,
26:27cette semaine,
26:29ruineux ou sérieux,
26:30que vaut le programme
26:30économique de LFI,
26:32le diagnostic de Philippe Aguillon,
26:34prix Nobel d'économie.
26:35Ça sort ?
26:36Ça sort ?
26:37Demain.
26:38Demain.
26:38Demain, le 3 septembre.
26:39Voilà, vous savez mieux
26:40que moi, Stéphanie, franchement.
26:41Merci beaucoup à tous les deux.
26:44Dans un instant,
26:45on fait un point
26:45sur les marchés.
26:46A tout de suite.
26:48DFM Business présente.
26:53Le 18h écho,
26:55Stéphanie Collot.
26:56Le 18h écho se poursuit.
26:58On fait un point
26:58sur la séance du jour
26:59sur les marchés
27:00avec Guillaume Sommerer.
27:01Bonsoir.
27:01Bonsoir.
27:02Le CAC termine en baisse ce soir.
27:03C'est vrai, une nouvelle baisse.
27:05On est sur une série
27:06de séances de baisse
27:07assez impressionnantes quand même.
27:09Sur les 17 dernières séances,
27:10on n'a eu que 3 hausses.
27:11Seulement 3 hausses
27:12en 17 séances
27:13à la Bourse de Paris.
27:13Ce soir, c'est une nouvelle baisse.
27:15Moins 0,26%.
27:16Alors, on reste sur des niveaux
27:17assez élevés quand même
27:17parce que les baisses
27:18sont à chaque fois limitées.
27:19Moins 0,26 aujourd'hui.
27:20Donc, 8 280 points
27:21ce soir, le CAC en clôture.
27:23Ce qui pèse,
27:23c'est toujours le marché obligataire.
27:25Le 10 ans français
27:26a touché aujourd'hui
27:27un énième plus haut
27:28depuis 2008.
27:29On a touché tout à l'heure
27:30sur le 10 ans français
27:30les 4,28%.
27:31Rien que ça,
27:32ce soir, on est à 4,25%.
27:33Les valeurs qui souffrent
27:34le plus aujourd'hui à Paris
27:36qui entraîne le CAC à la baisse,
27:37il y a Renault, Stellantis.
27:39Renault notamment
27:39perd 4,5%.
27:40Stellantis perd 2,7%.
27:43On a suivi aussi
27:44les équipementiers automobiles
27:45d'ailleurs comme Michelin
27:46par exemple
27:46qui a perdu 1,5%.
27:47Pourquoi ?
27:47Parce que le japonais Honda
27:49menace de revoir ses contrats
27:50avec ses équipementiers
27:51s'ils ne baissent pas leur prix.
27:53Les constructeurs automobiles
27:54japonais souffrent aussi
27:56de la concurrence chinoise
27:57et face à cette concurrence,
27:58il faut que les équipementiers
27:58de ces japonais
27:59baissent leur prix
28:00sinon il n'y aura pas d'avenir.
28:01Voilà ce qu'explique Honda.
28:02Ça pèse sur tous
28:03les équipementiers mondiaux
28:04y compris occidentaux.
28:06Michelin donc ce soir a souffert.
28:07On a aussi Valeo
28:08qui a reculé d'un peu plus
28:09d'un pour cent.
28:10Voilà quelques-unes
28:11des valeurs qui se sont distinguées.
28:12Notez demain matin,
28:13on passe un test
28:14à tous ensemble
28:14la France sur le marché obligataire.
28:16Exactement.
28:16Adjudication,
28:17ce sera en fin de matinée demain.
28:18L'agence France Trésor
28:19doit émettre
28:20entre 11,5 milliards
28:21et 13,5 milliards d'euros
28:22à échéance 10, 20 ans.
28:24Ce sera un test intéressant.
28:25On ne doute pas
28:26qu'il y aura de la demande.
28:26La question c'est
28:27à quel taux
28:27la France demain matin
28:28devra emprunter.
28:30Bon et du côté de Wall Street
28:31actuellement,
28:31on est plutôt dans le vert.
28:32Oui, plutôt dans le vert.
28:33C'est vrai sur les marchés américains.
28:34Malgré cette pression obligataire
28:35qui touche aussi les Etats-Unis,
28:37il n'y a pas que la France
28:37qui souffre
28:38sur ce marché obligataire.
28:39Le 10 ans américain
28:39est à 4,80 aujourd'hui.
28:41Pareil, c'est un nouveau plus haut
28:42qui date bien longtemps,
28:444,80.
28:44Donc ça n'empêche pas
28:45Wall Street de progresser
28:46parce qu'à la différence
28:47de nous Européens,
28:48les Américains ont de la croissance.
28:49On a une croissance nominale
28:50aux Etats-Unis de 6%
28:52pour ce qui concerne
28:52la croissance nominale.
28:53Donc ils ont de quoi compenser
28:54en quelque sorte
28:55cette hausse des taux obligataires.
28:56Donc petite hausse de Wall Street,
28:57on le disait,
28:58le S&P gagne ce soir 0,5%
29:00avec des valeurs
29:00qui se distinguent.
29:01Chipotle,
29:02la chaîne de nourriture mexicaine
29:03que vous fréquentez régulièrement
29:05d'ailleurs.
29:05Régulièrement, bien sûr.
29:06Vous pourrez y aller à Séoul
29:08puisque Chipotle
29:08va ouvrir son premier magasin,
29:10sa première restaurant à Séoul.
29:11Le titre Chipotle
29:12actuellement gagne
29:13un peu plus de 3%
29:14à Wall Street.
29:15De son côté, Uber,
29:16alors ça c'est gros quand même.
29:17Uber va licencier 10%
29:19de ses employés
29:19pendant qu'en même temps,
29:21Uber investit
29:22dans les robotaxis.
29:23Ah ça y est ?
29:25Effectivement,
29:25donc vaste plan de licenciement
29:26ce titre Uber
29:27et il est en hausse
29:28en ce moment
29:28d'un peu plus d'un pour cent.
29:29Ce soir,
29:29on suivra la tech.
29:31Broadcom publiera ses résultats
29:32après la clôture.
29:33Très intéressant de voir
29:34combien d'argent Broadcom
29:35compte investir à nouveau
29:36dans les infrastructures IA.
29:37On parle d'un endettement
29:38à venir peut-être
29:39de 100 milliards de dollars.
29:40100 milliards
29:41rien que pour Broadcom.
29:42Donc ils sont très attendus
29:43au tournant.
29:44Tout à l'heure,
29:44dans BFM Bourse,
29:45Romain Dobry nous disait
29:46qu'il y a un potentiel
29:47de hausse ou de baisse
29:48selon ce qui sera annoncé,
29:52Broadcom.
29:53Hier,
29:53c'est Dell qui a publié
29:54le titre Dell salué
29:55plus 5,5%
29:56en ce moment à Wall Street.
29:58Et puis alors Guillaume,
29:58il y a un petit revenant
29:59sur l'Eurostox 50,
30:00c'est Nokia.
30:01Oui,
30:01alors c'est un vrai événement
30:02franchement.
30:03Nokia qui s'était fait écraser
30:05il y a une vingtaine d'années,
30:06dévoré par l'arrivée
30:07des smartphones,
30:08les premiers iPhones,
30:09mais oui,
30:09les vieux Nokia,
30:10les vieux téléphones.
30:10Nokia,
30:11on se disait,
30:11n'a pas d'avenir
30:12un peu comme Kodak.
30:13Si,
30:13Nokia est de retour
30:14dans l'Eurostox 50
30:15parce que Nokia
30:16s'est depuis réinventé,
30:17Nokia est devenue
30:18une valeur d'intelligence
30:20artificielle.
30:21A son tour,
30:22il y a quelques mois,
30:23le roi Nvidia a annoncé
30:24un investissement
30:24d'un milliard de dollars
30:26dans Nokia.
30:27Nvidia qui investit
30:28même au capital de Nokia
30:29puisque Nvidia a annoncé
30:30prendre quasiment 3%
30:31du capital de Nokia.
30:32Donc Nokia est devenu
30:33un proxy d'Nvidia.
30:35Le titre Nokia
30:35en bourse s'envole
30:36de plus de 60%
30:37depuis le début de l'année.
30:38Il n'en fallait pas plus
30:39pour que Nokia revienne
30:40donc dans l'Eurostox 50.
30:41Ce sera fait
30:42le 21 septembre prochain.
30:45Les experts sont
30:46hyper positifs
30:46sur l'avenir
30:47parce que leur lien
30:48avec l'IA
30:48c'est que les produits
30:50qu'ils proposent
30:50permettront d'améliorer
30:52les performances
30:53de la 5G,
30:53de la 6G
30:54grâce à l'IA.
30:55C'est là que Nokia
30:56a trouvé une niche
30:57pour lui permettre
30:58d'exister encore à l'avenir.
31:00Un petit regret quand même
31:01c'est que Nokia
31:01avant était présent
31:02sur le marché parisien.
31:03Nokia était même
31:04une valeur du CAC 40
31:04il y a quelques années
31:05figurez-vous.
31:06Pourquoi ?
31:06Parce que Nokia
31:07avait racheté en 2015
31:09Alcatel Lucent
31:10et l'opération
31:11s'était faite en titre,
31:12en action
31:13ce qui avait abouti
31:13à une cotation de Nokia
31:14dans le CAC 40.
31:15Depuis Nokia
31:16on est sorti
31:17parce que Nokia
31:17a fini par être remplacé
31:18dans le CAC
31:19par ST Microelectronics
31:20à l'époque.
31:21Et STM d'ailleurs
31:21ce soir
31:22c'est la plus forte hausse
31:23du CAC
31:23ironique d'histoire
31:24le titre STM
31:25a gagné un peu plus
31:25de 3% en clôture.
31:26Et Nokia
31:27qui prend la place
31:28de Volkswagen
31:29dans l'Eurostox 50.
31:31Merci beaucoup
31:31Guillaume Sommerer.
31:32Le titre Carrefour
31:33lui gagne
31:341,22%
31:35aujourd'hui.
31:37Le distributeur
31:38débarque en Inde.
31:39Pauline Tadvin
31:3912 ans après avoir
31:41quitté cet énorme marché
31:42après une première expérience
31:44en demi-teinte.
31:45Carrefour concrétise
31:46son projet
31:46avec un partenaire
31:48franchisé
31:49et donc un premier magasin
31:50qui a ouvert
31:51cet été
31:52dans la banlieue
31:53de New Delhi.
31:54Oui c'est un hypermarché
31:55de 3600 mètres carrés
31:56dans la banlieue
31:57de New Delhi
31:58de la capitale indienne.
31:59Donc l'inauguration officielle
32:01a lieu ce jeudi 3 septembre
32:03mais une préouverture
32:04a eu lieu effectivement
32:04en mi-août
32:05et depuis
32:05les clients sont au rendez-vous.
32:07C'est ce que nous raconte
32:08Patrick Lasfargue
32:09responsable des partenariats
32:10de Carrefour
32:10au niveau international
32:11et membre du comité exécutif.
32:13On l'a joint sur place
32:14il est là-bas
32:14à New Delhi.
32:16Je suis absolument ravi
32:17du travail qui a été fait
32:18par l'équipe du franchisé
32:19et par mes équipes
32:20puisqu'on a un magasin
32:21qui a un très très bon accueil
32:23de la part des clients.
32:23On a beaucoup de clients
32:24qui viennent.
32:25On s'adapte vraiment
32:25aux besoins locaux
32:27et c'est ce qui fait
32:27le très bon ressenti
32:29qu'on en a depuis 15 jours
32:30auprès de la clientèle locale.
32:32C'est à la fois
32:33l'assortiment
32:33qu'ils cherchent,
32:34une organisation
32:35avec ce vrai savoir-faire
32:37d'un distributeur français
32:38par rapport à une concurrence
32:40locale que nous avons
32:41et qui est bien établie.
32:42On a des prix très attractifs,
32:44beaucoup de promotions
32:45sur l'ensemble
32:46de ces familles
32:47alimentaires au niveau
32:48du frais
32:48et non alimentaires.
32:49Le magasin propose
32:5115 000 références
32:52surtout des fruits et légumes
32:53la population locale
32:54étant plutôt végétarienne
32:56et il propose aussi
32:56du non alimentaire Stéphanie.
32:58Et alors
32:59pour s'implanter en Inde,
33:00Carrefour travaille
33:00avec un partenaire franchisé.
33:02Oui, l'Inde
33:03c'est un marché immense
33:04avec plein de potentiel
33:051,4 milliard
33:07de population locale
33:09mais c'est un marché
33:10difficile
33:10qui est compliqué à aborder
33:12pour un groupe occidental.
33:13D'ailleurs, Carrefour
33:13s'est déjà cassé les dents
33:15là-bas.
33:15Il a quitté le pays
33:16en 2014
33:16après avoir été
33:175 ans sur place
33:18avec un modèle
33:18qui était basé
33:19sur la relation
33:20avec les professionnels.
33:21C'était du B2B,
33:22du cash and carry
33:23mais l'aventure
33:24a donc fait long feu.
33:25Cette fois,
33:26Carrefour aborde l'Inde
33:27avec un modèle différent
33:28du B2C
33:29et un partenaire
33:30déjà implanté
33:30sur ce marché local.
33:31C'est le groupe Apparel
33:32qui est basé à Dubaï
33:34qui est un grand groupe
33:35avec plus de 2500 magasins
33:37dans 14 pays du monde.
33:38304 points de vente
33:39déjà en Inde.
33:41Carrefour n'investit
33:42donc pas là-bas.
33:43C'est Apparel
33:44qui investit
33:45mais Carrefour
33:45suit l'avancée
33:46de l'aventure
33:46au jour le jour
33:47et travaille,
33:47nous dit-il,
33:48main dans la main
33:49avec son partenaire.
33:50Pauline,
33:50vous dites que
33:51c'est difficile de faire.
33:53L'ouverture du magasin
33:54a été reportée
33:55d'un an.
33:56Oui,
33:56annoncé en grande pompe
33:57il y a quasiment
33:57deux ans,
33:58jour pour jour,
33:58le premier magasin
33:59devait t'ouvrir
33:59il y a un an
34:00l'été 2025
34:01mais il y a eu
34:02deux types de soucis.
34:03Déjà,
34:03la maîtrise du foncier
34:05là-bas en Inde
34:05c'est compliqué.
34:06Les taxes,
34:07il fallait aussi
34:07trouver le bon emplacement
34:09au bon prix.
34:09Le mall où est situé
34:10le magasin
34:11a ouvert avec du retard
34:12et puis le partenaire
34:13Apparel a mis un peu
34:14plus de temps que prévu
34:14à constituer son équipe
34:15sur place.
34:16Une équipe exceptionnelle
34:17d'après Patrick Lasfargue
34:18qui est très confiant.
34:20Et qu'est-ce qui fait
34:22que ça peut marcher
34:23aujourd'hui
34:23plus qu'il y a
34:24une dizaine d'années ?
34:25On a posé la question
34:26évidemment à Patrick Lasfargue,
34:27le directeur des partenariats
34:28internationaux
34:28qui nous répond
34:29donc à New Delhi.
34:31Les très grandes différences
34:32qu'il y a par rapport
34:33à notre expérience passée.
34:34La première
34:35c'est qu'on ne fait pas
34:36un investissement en direct
34:36ce qui était le cas à l'époque.
34:38Maintenant on est en franchise
34:39et c'est vraiment la stratégie
34:40que nous avons au niveau de Carrefour
34:42de faire un développement
34:43à l'international en franchise
34:44avec des partenaires locaux
34:45bien établis.
34:46Il y a ensuite
34:47un autre élément très important
34:48c'est l'arrivée
34:49du président Modi
34:49et de ses gouvernements
34:51qui ont mis en place
34:52beaucoup de réformes
34:53ce qui donne un très grand dynamisme
34:55depuis plusieurs années
34:55à l'économie indienne
34:57qui a encore publié
34:58il y a quelques jours
34:59sur sa croissance de PIB
35:00de plus de 7%
35:00au dernier trimestre.
35:01Donc en fait
35:02il y a eu beaucoup de changements
35:03par rapport à la période
35:04où nous étions là.
35:05Les signaux sont au vert
35:07selon Patrick Lasfargue
35:08si bien qu'après ce premier magasin
35:10Carrefour va en ouvrir
35:11un deuxième dans un mois
35:12de 1000 mètres carrés
35:13cette fois
35:14et puis il y aura d'autres magasins
35:16dans les 12 mois qui viennent
35:17dans cette région essentiellement.
35:18Il y a deux ans
35:18la direction de Carrefour
35:20parlait d'un déploiement
35:21dans le sud aussi
35:22vers Bombay et Bangalore
35:23mais elle est plus prudente désormais
35:24même si agréablement surprise
35:26nous dit-elle
35:27par l'accélération des projets
35:28depuis l'ouverture
35:29de ce magasin mi-août
35:30notamment les prises de contact
35:31de foncières sur place
35:32pour proposer à Carrefour
35:33d'autres projets.
35:34Donc il y a un horizon.
35:36Il y a un horizon
35:37et effectivement
35:38donc déploiement en Inde
35:39mais aussi déploiement en Afrique
35:42est-ce que tout ça
35:42ce n'est pas incompatible
35:43avec le projet de recentrage
35:45sur trois pays clés
35:46martelé par Alexandre Bompard
35:49c'était lors de la présentation
35:50du plan stratégique ?
35:51Oui parce que de fait
35:51il y a une revue de portefeuille
35:52Alexandre Bompard l'a dit
35:54il n'y aura pas de tabou
35:54sur cette revue de portefeuille
35:56Carrefour est en train de quitter
35:57certains marchés européens
35:59notamment
36:01il y a des sessions en Italie
36:02il y a des sessions en Roumanie
36:03il y a des rumeurs en Belgique
36:05aussi
36:05et Carrefour veut se recentrer
36:06sur la France
36:07l'Espagne
36:08et le Brésil
36:08mais la direction de Carrefour
36:09nous dit que c'est absolument
36:10pas incompatible
36:11le groupe fait résolument
36:13le pari de la franchise
36:14dans ses pays cœur aussi
36:16mais partout dans le monde
36:18il veut doubler
36:18le nombre de Carrefour
36:19de pays où Carrefour est présent
36:21de 34 pays
36:21à 60 pays
36:23d'ici 2030
36:24donc ça passera
36:25par l'Inde
36:25et effectivement par l'Afrique
36:27où Carrefour va être présent
36:28plus tard dans le 22 pays
36:29Merci beaucoup Pauline Tadevin
36:31on en vient à la fréquentation
36:33exceptionnelle
36:33des salles de cinéma
36:34plus de 37 millions d'entrées
36:36selon le CNC
36:37c'est un record
36:37bonsoir Nathan
36:39Coquampo
36:39avec les multiples vagues
36:41de chaleur cet été
36:42les français
36:42se sont rués
36:44pour voir des films
36:45pour profiter de la clim
36:46Ah oui Stéphanie
36:47rien de tel qu'un bon fauteuil
36:48bien rembourré
36:49dans une salle
36:50à 20 degrés
36:50boisson en main
36:51bien souvent
36:52pendant plus de 2 heures
36:53pour échapper un instant
36:54aux 4 vagues de canicule
36:56de cet été
36:56vous l'avez dit
36:57c'est un record
36:5837 millions de billets
37:00vendus en juillet-août
37:02c'est du jamais vu
37:02depuis 1980
37:04en fait
37:05depuis le début
37:06du suivi mensuel
37:07du CNC
37:07alors
37:08la canicule
37:09n'explique pas tout
37:10loin de là
37:10l'offre de films
37:11a été particulièrement diversifiée
37:13avec des films
37:14pour tous les goûts
37:15super héros
37:15peplum film historique
37:17d'animation
37:17suite de saga
37:18nouveauté
37:19bref globalement
37:20des oeuvres de qualité
37:21si on regarde les critiques
37:22et du grand spectacle
37:23deux films
37:24en tête du box-office français
37:26dépassent les 7 millions d'entrées
37:27le nouveau
37:28Spider-Man
37:29Brand New Day
37:29quatrième opus de la saga
37:30et l'Odyssée
37:32de Christopher Nolan
37:33un point commun
37:34Tom Holland
37:34l'acteur britannique
37:35qui culmine à lui seul
37:36donc 14 millions d'entrées
37:38carton plein donc
37:39pour les blockbusters américains
37:40mais la France
37:41n'est pas en reste non plus
37:42et une stratégie payante
37:44celle de sortir
37:45deux volets
37:46d'un film
37:47la bataille de Gaulle
37:48à trois semaines d'intervalle
37:49un pari risqué
37:50sur le papier
37:51mais pas irrationnel
37:52tant les deux parties
37:53se suivent
37:53résultat
37:545 millions d'entrées
37:56à E2
37:56et on n'oublie pas non plus
37:57le très bon démarrage
37:58du film
37:58de la comédie française
38:00plus d'un million d'entrées
38:01de quoi là aussi
38:02gonfler les chiffres
38:03de cet été
38:04particulièrement du mois d'août
38:0520 millions d'entrées
38:07le double
38:07de l'an dernier
38:08alors Nathan
38:09est-ce qu'on peut dire
38:10que la page du Covid
38:12est définitivement tournée ?
38:13Et non toujours pas
38:14mais on s'en rapproche
38:15depuis janvier
38:15on est autour des
38:16128 millions d'entrées
38:18en France
38:18quasiment le même niveau
38:20de 2019
38:20à la même période
38:21l'année 2026
38:22devrait donc être
38:23une excellente année
38:24si la dynamique se poursuit
38:26au-dessus de l'an dernier
38:28nous dit le CNC
38:29mais de là à dire
38:29qu'on retrouvera
38:30le niveau d'avant Covid
38:31c'est pas gagné
38:32en tout cas
38:33si on regarde
38:34la tendance
38:34du box office
38:35box office mondial
38:36on est encore
38:3720% en dessous
38:38du niveau pré-Covid
38:39mais de grosses sorties
38:40sont prévues
38:41pour la fin d'année
38:42permettrait peut-être
38:43à la France
38:43de retrouver enfin
38:45cette barre
38:45des 200 millions
38:47d'entrées assez symboliques
38:48avec le retour
38:49d'un choc
38:49vous vous souvenez sans doute
38:50de Barbenheimer
38:51ce phénomène
38:52la sortie le même jour
38:53de Barbie
38:54et Oppenheimer
38:55de quoi déclencher
38:56une ruée
38:57dans les cinémas
38:58cette année
38:58on a Dune's Day
39:00le 16 décembre
39:01donc la troisième partie
39:02de Dune
39:03qui sort en même temps
39:04que Dune's Day
39:04le retour des Avengers
39:06de Marvel
39:06deux blockbusters
39:07qui vont sans aucun doute
39:08remplir massivement
39:10les salles
39:10pour les fêtes de fin d'année
39:11vous allez aller les voir
39:11ah oui évidemment
39:12merci beaucoup Nathan Cocampo
39:14merci
39:15dans un instant
39:16on va parler
39:16de ces attaques hybrides
39:17et des actions d'ingérence
39:19qui se succèdent
39:20sur le sol européen
39:21c'est pas du cinéma
39:22Allemagne en tête
39:23mais à l'approche
39:23de l'élection présidentielle
39:25en France
39:26sommes-nous prêts
39:26à faire face
39:27à ces nouvelles menaces
39:28on fait le point
39:29dans un instant
39:39les actions hybrides
39:40se multiplient
39:41en Europe
39:42c'est ce que déclare
39:42Jean-Noël Barraud
39:43ministre de l'Europe
39:44et des affaires étrangères
39:45dans son viseur
39:46le chargé d'affaires
39:48de l'ambassade de Russie
39:49qui est d'ailleurs
39:49convoqué
39:50au Quai d'Orsay
39:51les plus récentes attaques
39:52ont visé
39:53l'aéroport allemand
39:53de Lipsch
39:54et une centrale électrique
39:56dans l'est de l'Allemagne
39:57mais à l'approche
39:58de l'élection présidentielle
39:59en France
40:01la France pourra-t-elle
40:02justement en faire les frais
40:03on fait le point
40:04avec Frédéric Charillon
40:05bonsoir
40:05vous êtes professeur
40:07de sciences politiques
40:07à l'université Paris-Cité
40:09directeur de l'observatoire
40:11des stratégies d'influence
40:12à l'ESSEC
40:13et auteur du livre
40:15géopolitique
40:15de l'intimidation
40:17l'Allemagne
40:18accuse la Russie
40:20d'avoir envoyé
40:21un drone
40:21chargé d'explosifs
40:22au sein de
40:24l'aéroport
40:25zone stratégique
40:25puisqu'il s'agit
40:26d'une plateforme militaire
40:27pour l'armée allemande
40:28et pour l'OTAN
40:30ça c'était début août
40:32pour l'Union Européenne
40:33c'est un acte de terrorisme
40:34soutenu par l'État
40:35et en visite aux Pays-Bas
40:37aujourd'hui
40:38Emmanuel Macron
40:39parle lui
40:40d'une nouvelle ingérence russe
40:41écoutez
40:44et c'est aussi l'occasion
40:45ici ensemble
40:46de dire
40:47notre soutien
40:48notre solidarité
40:49à l'Allemagne
40:50qui a attribué hier
40:52l'attaque de Leipzig
40:53il y a quelques semaines
40:55à la Russie
40:56et donc
40:57il est très clair
40:58qu'une fois encore
40:59c'est une ingérence
41:00c'est cette guerre hybride
41:02au fond
41:02que nous mène la Russie
41:03qui est ainsi documentée
41:04je vais ici redire
41:05notre plein soutien
41:07à l'Allemagne
41:08et au travail
41:09qui est fait
41:09évidemment
41:10notre solidarité
41:10avec tous les collègues
41:11européens
41:13Frédéric Acharillon
41:14est-ce qu'on est en train
41:15de passer un cap
41:16dans la guerre hybride
41:17en Europe ?
41:18On le passe progressivement
41:19depuis un bon moment
41:21à vrai dire
41:21et là où c'est inquiétant
41:23c'est qu'on n'est plus seulement
41:25dans une guerre de l'information
41:26le drone à Leipzig
41:27ça veut dire qu'on peut avoir
41:28des actes de guerre
41:30plus caractérisés
41:31parce qu'un drone
41:31c'est quand même pas la même chose
41:33qu'une fake news
41:33et on peut avoir
41:34on craint
41:35du sabotage
41:36peut-être
41:37de façon
41:38d'ailleurs dramatique
41:39parce qu'il peut y avoir
41:40des déraillements de trains
41:42il peut y avoir
41:43des tas de choses
41:43donc oui
41:44nous sommes très inquiets
41:45le but c'est justement
41:46de rendre les démocraties fébriles
41:48ça ne viendra pas
41:49uniquement de la Russie
41:49peut-être d'ailleurs
41:50mais nous sommes
41:51des sociétés ouvertes
41:52Effectivement
41:53il y a eu aussi
41:55outre cette attaque
41:56début août
41:56des engins explosifs
41:57artisanaux
41:58qui ont été découverts
41:59hier
42:00près d'une centrale électrique
42:01dans l'est de l'Allemagne
42:03à proximité
42:04de la frontière polonaise
42:05les autorités allemandes
42:07soupçonnent
42:07un acte de sabotage
42:09téléguidé par un état étranger
42:11ou un acte
42:12d'extrémisme
42:13de gauche
42:14est-ce que
42:15il va falloir
42:17s'habituer
42:18à ces attaques
42:19à ces différentes formes
42:20d'attaques
42:21d'ailleurs
42:21de sabotage
42:23drones
42:24Oui
42:24il va falloir s'y habituer
42:26il va falloir
42:27réagir
42:28et surtout
42:28il faut que le public
42:30s'habitue
42:31à regarder ça
42:32avec un oeil
42:32moins émotif
42:34si c'est possible
42:35parce que
42:36ce sont des actions
42:37qui sont toujours
42:37dont le timing
42:38est toujours
42:39parfaitement
42:39calculé
42:40là en l'occurrence
42:41on attend
42:42dans quelques jours
42:43une élection locale
42:44régionale
42:45en Allemagne
42:45importante
42:46avec l'AFD
42:48qui est en tête
42:48un parti
42:49dont nous savons
42:50qu'il est quand même
42:50très en soutien
42:51à la position russe
42:52notamment
42:53sur la guerre ukrainienne
42:54et qui est un parti
42:56de protestation
42:57qui est un parti
42:57qui conteste le système
42:58donc tout ce qui peut
42:59contribuer à affaiblir
43:00ce système
43:01et à montrer aux citoyens allemands
43:02que un
43:03l'état ne les protège pas
43:04et que deux
43:05peut-être que le soutien allemand
43:07à l'Ukraine
43:08a pour résultat
43:10ces attaques
43:11va dans le sens
43:12effectivement
43:12d'un certain nombre
43:13de partis politiques
43:13ça n'arrive pas par hasard
43:15donc il faut que le public
43:16la seule façon de contrer
43:17tout cela
43:18c'est que le public
43:18ne soit pas dupe
43:20de ces manœuvres
43:20et elles s'arrêteront
43:21parce que si ça n'a pas
43:22l'effet escompté
43:23ces manœuvres cesseront
43:24ça veut dire qu'il faut
43:25s'attendre
43:25nous français
43:26avec l'élection présidentielle
43:28en 2027
43:28au même genre d'attaque
43:30il y a toujours ce risque
43:32alors on a
43:33c'est pas la première fois
43:33qu'on le craint
43:34on avait très très peur
43:35au moment des Jeux Olympiques
43:36ça s'est très très bien passé
43:37parce que nos services
43:37de sécurité
43:38nos services de renseignement
43:40aussi ont été très bons
43:42sur cette phase-là
43:43il faut quand même
43:44le rappeler
43:44on avait très peur
43:45rappelons-nous
43:46la crainte un peu
43:47de tout le monde
43:47quand on voyait
43:48ces athlètes
43:49ces délégations
43:49ont passé à vitesse
43:51très réduite
43:52au milieu de la scène
43:53bon
43:54tout a été bien contrôlé
43:55par nos forces de sécurité
43:57donc on peut tout à fait
43:58bien sûr
43:59livrer cette bataille
44:00mais il faut être
44:01sur le qui-vive
44:02en permanence
44:02oui bien sûr
44:03quels sont les types
44:04de cibles privilégiées
44:06aujourd'hui
44:06par les états
44:08qui sont derrière
44:09ces attaques hybrides
44:11le but c'est de vraiment
44:13comme on le disait
44:14de rendre fébrile
44:15une société
44:15d'ancrer l'idée
44:17que l'état
44:18ne protège plus
44:19qu'il faut changer
44:21de politique étrangère
44:23et de miner
44:24de l'intérieur
44:25la démocratie
44:26parfois d'ailleurs
44:27avec le concours
44:28d'un certain nombre
44:29de personnes
44:31qui soutiennent
44:31les puissances étrangères
44:33donc tout ce qui peut
44:35insister sur le côté
44:36des organisations
44:37chaos
44:38peut potentiellement arriver
44:41ça peut être quelque chose
44:42de pas très grave
44:43mais qui finit par taper
44:45sur les nerfs
44:45de tout le monde
44:46des grèves
44:47plutôt des incidents
44:48ferroviaires
44:49avec des trains
44:50qui s'arrêtent
44:51il y a le réseau électrique
44:52des réseaux électriques
44:53qui s'interrompent
44:53des choses qui ne marchent plus
44:54même si ça ne fait pas
44:56de victimes
44:56mais ça finit par énerver
44:57tout le monde
44:58et donc on remet en cause
45:00le système
45:00et les autorités politiques
45:01quand c'est de leur faute
45:02il n'y a rien qui marche
45:02dans ce pays
45:03ça peut malheureusement
45:04être aussi des choses
45:05beaucoup plus graves
45:06ça peut être du sabotage
45:07létal
45:08comme on dit
45:09c'est-à-dire évidemment
45:09un déraillement de trains
45:10ou des choses comme ça
45:12oui là ça prend
45:13une autre ampleur
45:13ou contre les hôpitaux
45:14ou autre
45:14l'Union Européenne dit
45:16qu'elle ne se laissera pas
45:17intimider
45:18il n'empêche
45:19quelles sont les marges
45:20de manœuvre aujourd'hui
45:21de Bruxelles
45:21face à ces attaques
45:22d'abord il faut évidemment
45:23une coopération
45:24entre les services de renseignement
45:25et les services de police
45:27bien évidemment
45:27et elle est réelle
45:28aujourd'hui cette coopération
45:29elle est réelle
45:30elle est toujours insuffisante
45:31évidemment
45:31il faut toujours faire mieux
45:33et puis comme on le disait
45:34il faut vraiment
45:35mais ça on ne le fera pas
45:36avant l'élection présidentielle
45:37ça prend du temps
45:38il faut éduquer les publics
45:39il faut que le public
45:40garde son sang-froid
45:41parce qu'on est toujours
45:42entre deux extrêmes
45:43soit on laisse faire
45:44et on a perdu la bataille
45:46parce que le public se dit
45:47mais alors on n'est pas protégé
45:48ou alors on sonne l'alarme
45:49en permanence
45:50mais ça crée aussi
45:51une atmosphère un peu de panique
45:52ou de paranoïa
45:53qui n'est pas bon non plus
45:54et donc entre les deux
45:55quel est le bon moyen terme
45:58c'est que le public
45:59soit
46:00garde son sang-froid
46:01et ce qu'on appelle
46:02la résilience
46:03de la société
46:04c'est que les gens
46:05dans une société
46:06gardent leur sang-froid
46:07et disent
46:07nous sommes attaqués
46:09nous savons à peu près
46:10d'où ça vient
46:11restons calmes
46:12et simplement ça
46:13ça demande une éducation
46:14d'abord aux médias
46:15qui demandent
46:16d'éduquer le public
46:17qui a un regard critique
46:18pour interroger les sources
46:19pour ne pas croire
46:20pas gober
46:20si vous me permettez l'expression
46:21tout ce qui passe
46:22sur internet
46:23ou ailleurs
46:24et une vigilance
46:26donc il y a une éducation
46:27à faire
46:27il y a des pays
46:27qui sont assez avancés
46:28la Finlande par exemple
46:29ou les pays baltes
46:30ont beaucoup progressé
46:31là-dessus
46:32mais ils le font
46:33depuis très longtemps
46:33nous nous commençons
46:35ça ne se fera pas
46:36en 15 jours
46:36et avec l'émergence
46:38enfin l'émergence
46:39pardon
46:39avec l'intelligence artificielle
46:41aujourd'hui
46:42ces attaques hybrides
46:43elles prennent une ampleur
46:44d'autant plus importante
46:46n'est-ce pas
46:47quel est le degré d'urgence
46:49actuellement
46:50en France par exemple
46:51la difficulté
46:52c'est que l'intelligence artificielle
46:53industrialise
46:54si on peut dire
46:55la production
46:56de fausses informations
46:58ou de récits
47:00un peu déstabilisateurs
47:01parce qu'avant
47:02ça existe d'ailleurs toujours
47:03mais il y avait par exemple
47:04ce qu'on appelle
47:05des usines à trolls
47:05c'est-à-dire des gens
47:07qui dans un bâtiment
47:08ont pour mission
47:08et pour travail
47:09toute la journée
47:10et toute la nuit
47:11d'envoyer
47:13de nourrir
47:14les réseaux sociaux
47:15avec des tas
47:15de choses fantaisistes
47:17là maintenant
47:17l'intelligence artificielle
47:18elle le fait toute seule
47:19si je puis dire
47:20et elle le met en ligne
47:21toute seule
47:21donc évidemment
47:22on passe à une échelle
47:24absolument gigantesque
47:25ce qui veut dire
47:26quelque chose d'important
47:26c'est que nous ne pouvons pas
47:27nous contenter
47:28d'être sur la défensive
47:29nous ne pouvons pas
47:30nous contenter
47:30de courir après
47:31chaque fausse rumeur
47:32ou fausse information
47:33on n'y arrivera pas
47:34c'est un combat perdu d'avance
47:35c'est pour ça que je vous disais
47:36que la seule réponse
47:37c'est un public
47:38qui soit un peu plus
47:39immunisé
47:40alors justement
47:41le public
47:42il faut l'immuniser
47:43contre ça
47:44on commence par quoi
47:45on fait comment
47:46alors il faut
47:47l'immuniser
47:48et en même temps
47:49ne pas l'affoler
47:49c'est d'ailleurs
47:50toute la polémique
47:51qu'il y a eu
47:52un peu récemment
47:52souvenons-nous
47:53cet été
47:54quand des candidats
47:55à l'élection présidentielle
47:56ont été victimes
47:57de fausses
47:57Gabriel Attal notamment
47:59Edouard Philippe
48:00et quelques autres
48:01il y a eu un débat
48:02parce qu'il y a des gens
48:03qui ont dit
48:03mais en fait
48:03ces fausses informations
48:05personne ne les a encore vues
48:06et donc pourquoi
48:07vous nous brandissez
48:09ce genre de choses
48:10alors que personne
48:10ne les a encore vues
48:11circuler
48:12c'est-à-dire qu'on instrumentalise
48:14même
48:16l'attaque
48:16il y a une vraie question
48:17quel est le plus efficace
48:18pour lutter contre ça
48:19est-ce que
48:19c'est la technique
48:20que nous testons
48:21pour le moment
48:22est-ce qu'il faut tout de suite
48:22tout de suite
48:23informer
48:23dire attention
48:24il y a une fausse rumeur
48:25qui est en train de se répandre
48:26on l'a vu partir
48:27parce que nous avons
48:28les instruments
48:28qui nous permettent
48:29de la voir démarrer
48:30et donc tout de suite
48:32avertir
48:32et dire au public
48:33attention
48:34il va y avoir
48:34quelque chose là-dessus
48:36ou alors
48:37mais alors là
48:37il y a d'autres personnes
48:39qui disent
48:39ouais mais c'est pas très bon
48:40parce que vous affolez
48:41tout le monde
48:42pour des choses
48:42que personne n'a encore vues
48:43donc vous faites encore plus
48:44de publicité
48:45à ces fausses rumeurs
48:47le pari qui est fait
48:48aujourd'hui
48:48c'est qu'il faut tout de suite
48:49désigner
48:50et désigner
48:51la source
48:52l'origine extérieure
48:53de cette rumeur
48:54avant qu'elle ne gonfle
48:55et qu'il soit
48:56trop tard
48:57ou alors
48:58il faut éduquer
48:59comme on le disait
48:59le public
49:00il faut arriver
49:01mais ça prendra
49:02beaucoup plus de temps
49:02à ce que le public
49:03dise on a compris
49:05il faut non pas
49:06que le public doute de tout
49:07mais ait le réflexe
49:08de se demander
49:10est-ce que ça vient
49:10d'une source fiable
49:11est-ce que ça vient
49:12d'un média
49:13respecté
49:14quelle que soit
49:15sa couleur politique
49:15même si on n'est pas d'accord
49:16avec ce média
49:17est-ce que c'est un média
49:17qui est quand même
49:19sérieux et reconnu
49:20comme tel
49:20ou bien est-ce que c'est
49:21quelque chose
49:21qui circule sur les réseaux sociaux
49:23de façon anonyme
49:23là on a beaucoup parlé
49:25des attaques venues
49:26de Russie
49:27concernant le continent
49:29européen
49:30le sol européen
49:30est-ce que d'autres pays
49:32utilisent ces méthodes ?
49:34alors oui mais avec des
49:35d'abord ils ne ciblent pas tous
49:37de la même manière
49:38l'Europe
49:39comme la France
49:39et l'Allemagne
49:40il se trouve que là
49:40nous sommes engagés
49:41aux côtés d'un pays
49:42l'Ukraine
49:42qui est en guerre
49:44avec un autre
49:45la Russie
49:45et donc effectivement
49:46nous sommes engagés là-dedans
49:47donc ça intéresse
49:47de très près la Russie
49:48bon nous savons
49:49qu'il y a d'autres pays
49:50qui font de l'ingérence
49:51et il y en a un
49:52qui est pourtant
49:53sur le papier
49:54toujours notre allié
49:55qui ne s'en cache pas
49:56ce sont les Etats-Unis
49:57c'est-à-dire que
49:58nous avons vu
49:58de l'ingérence électorale
49:59beaucoup plus ouverte
50:00beaucoup plus assumée
50:01de la part de l'administration
50:03américaine
50:03en Amérique latine
50:04on l'a vu beaucoup
50:05alors c'est quoi
50:06l'ingérence américaine
50:06c'est quand un président
50:07ou son vice-président
50:08dit si ce candidat
50:11ne remporte pas
50:12l'élection qui vient
50:13nous cesserons
50:14toute aide au pays
50:15en revanche
50:16si notre candidat
50:17que nous aimons
50:17gagne
50:18alors nous vous aiderons
50:20etc.
50:21ça c'est de l'ingérence électorale
50:22quand le vice-président américain
50:23va en Hongrie
50:24il y a quelques jours
50:24du scrutin
50:25pour soutenir Victor Orban
50:26c'est de l'ingérence électorale
50:28et quand la stratégie
50:29de sécurité américaine
50:30nouvelle stratégie nationale
50:31de sécurité
50:32qui est sortie fin 2025
50:33écrit noir sur blanc
50:35à propos de l'Europe
50:36qu'il faut aider
50:36et soutenir
50:37ce qu'ils appellent
50:37les partis patriotes
50:39pour éviter
50:40l'effacement culturel
50:41selon leurs termes
50:41de l'Europe
50:42nous savons
50:43on nous annonce
50:43très clairement
50:44les Etats-Unis
50:45nous disent
50:45oui nous allons
50:47faire de l'ingérence
50:48puisque nous avons
50:50des partis
50:50qui ont notre préférence
50:51et nous allons les aider
50:52et à l'inverse
50:53Frédéric Charillon
50:55est-ce que nous
50:56France
50:57nous utilisons aussi
50:58les mêmes méthodes
50:59alors c'est la question
51:00évidemment de la contre-offensive
51:01vous avez tout à fait raison
51:02quand on dit
51:03faut pas rester totalement
51:04sur la défensive
51:04est-ce que nous pouvons
51:05faire la même chose
51:06pas totalement
51:07pour deux raisons
51:08un
51:08c'est pas dans notre ADN
51:09démocratique
51:10que de faire ça
51:11nous n'avons pas vocation
51:12nous démocratie
51:13à faire de la désinformation
51:15avec des fausses nouvelles
51:16et deux
51:17on a affaire
51:18à des régimes autoritaires
51:19donc fermés
51:20on n'a pas accès
51:21à leurs médias
51:21nous nous sommes
51:22dans un système médiatique
51:23ouvert
51:24non mais faire par exemple
51:25comme les Etats-Unis font
51:27qui ne sont pas
51:27dans un système fermé
51:29qui ne sont pas
51:30a priori
51:31un état autoritaire
51:32je crois que notre riposte
51:33elle existe
51:35mais on peut la muscler
51:37c'est que nous n'avons pas
51:38besoin de mentir
51:38nous pour gêner
51:39un certain nombre
51:40de systèmes autoritaires
51:41il suffit de dire la vérité
51:42vous avez un certain
51:43de régime politique
51:43dans le monde
51:44le pire cauchemar pour eux
51:45c'est la vérité
51:46la vérité sur leur situation
51:47ou sur leurs agissements
51:48et donc nous pouvons
51:49tout à fait
51:49nous aussi
51:50il faudrait peut-être le faire
51:52donner des informations
51:53qui elles sont vraies
51:55et qui sont terriblement gênantes
51:56pour un certain nombre
51:57de pays
51:57nous n'avons pas besoin
51:58de faire du fake news
51:59pour ça
52:00merci beaucoup
52:01Frédéric Charillon
52:02je rappelle que vous êtes
52:02professeur de sciences politiques
52:03à l'université Paris-Cité
52:06directeur de l'observatoire
52:07des stratégies d'influence
52:09à l'ESSEC
52:09et auteur du livre
52:11géopolitique
52:12de l'intimidation
52:13dans un instant
52:14sur BFM Business
52:15c'était Kenko
52:16présenté par François Sorel
52:17très bonne soirée
52:20le 18h éco
52:21sur BFM Business