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Ce mardi 29 septembre, retrouvez l'émission le 18h Eco présentée par Stéphanie Coleau sur BFM Business.
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00:00DFM Business présente
00:05Le 18h éco, Stéphanie Collot
00:08Soyez les bienvenus dans le 18h éco, une heure d'information économique, d'analyse et de débat
00:13A la une de ce mardi 29 septembre, les propositions d'Edouard Philippe
00:17Pour réformer le système des retraites, il veut relever l'âge légal de départ à 65 ans
00:21Et augmenter la durée de cotisation à 45 ans
00:25Mais il y a des exceptions, vous verrez
00:27La dette explose à 119% du PIB, malgré la hausse des prélèvements obligatoires
00:32Plus 37 milliards d'euros ces trois dernières années pour les ménages et les entreprises
00:37Et ce n'est pas fini, au vu du budget qui sera présenté jeudi
00:40Avec des nouvelles taxes en préparation, elle vise notamment
00:43Les exploitants d'autoroutes et d'aéroports ont fait le point dans un instant
00:47Le budget et ses conséquences dans la sphère sociale
00:50La tension monte, fonctionnaires, enseignants, pompiers, lycéens ont manifesté aujourd'hui
00:55Alors cette mobilisation sociale inquiète-t-elle les entreprises ?
00:58On en débat dans un quart d'heure
00:59On parlera aussi de la supervision de l'intelligence artificielle
01:03Au cœur d'une rencontre entre Donald Trump et des patrons du secteur à la Maison Blanche
01:08Alors que les alertes se multiplient sur les risques existentiels pour l'humanité
01:14Et puis la Russie multiplie les attaques hybrides, renforce son armée et perfectionne ses drones
01:21Est-ce le signe que Moscou prépare une offensive massive cet hiver ?
01:25En tout cas, le Kremlin semble en position de force et mise sur l'éclatement du soutien européen à l
01:30'Ukraine
01:31On fait le point dans trois quarts d'heure
01:36Il était très attendu sur le sujet
01:38Edouard Philippe est enfin sorti du bois sur la question des retraites
01:41Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux
01:43Il propose un âge légal à 65 ans
01:46Caroline Morisseau
01:47Il va donc moins loin que les 67 ans évoqués jusqu'à présent
01:51Mais c'est lui qui pousse le curseur quand même plus loin
01:55Oui c'est ça, même s'il a revu ses ambitions à la baisse
01:58Edouard Philippe frappe quand même fort puisqu'il propose de porter l'âge légal à 65 ans
02:05Et la durée de cotisation à 45 ans
02:08Donc il va plus loin que la dernière réforme
02:10Qui prévoit à terme de porter l'âge de départ à la retraite à 64 ans
02:14Et une durée de cotisation à 43 ans
02:16De quoi séduire une partie des électeurs de la droite
02:19Qui sont attachés au Travail et Plus et au rétablissement des comptes sociaux
02:23Mais un chiffon rouge pour d'autres
02:25Tout cela, dit-il, se fera de manière progressive sur 10 ans
02:29Et pour faire passer la pilule
02:31Edouard Philippe insiste sur les nombreuses exceptions qu'il souhaite maintenir
02:35Et en quoi il se démarque de ses principaux concurrents ?
02:40Alors en étant sur une position plus dure
02:42Bruno Retailleau propose lui de fixer l'âge minimum à 63 ans
02:47Moyennant une décote de 7% par an
02:50Quant à Gabriel Attal, il suggère de supprimer toute référence à l'âge légal
02:54Pour ne tenir compte que de la durée de cotisation
02:57Edouard Philippe a d'ailleurs taclé cette proposition
02:59Qu'il juge financièrement intenable et puis injuste socialement
03:04Parce qu'elle viendrait pénaliser essentiellement
03:07Les personnes qui ont des carrières hachées
03:09Et donc notamment les femmes
03:11Le seul point commun en fait entre les trois candidats
03:14C'est que tous proposent d'instaurer une dose de capitalisation obligatoire
03:17Alors selon des modalités différentes
03:19Edouard Philippe lui propose notamment un abondement de l'État
03:23Pour les jeunes dès lors qu'ils auraient leur premier emploi
03:26Voilà pour les propositions d'Edouard Philippe
03:29Concernant la réforme du système des retraites
03:32La dette française elle atteint désormais
03:34119% du PIB son plus haut niveau depuis 1946
03:38Selon l'INSEE elle s'élève à 3595 milliards d'euros
03:42Et c'est là encore un montant jamais atteint Valentina Deby
03:46Et oui puisqu'en seulement trois mois
03:48La dette publique a encore augmenté de près de 60 milliards d'euros
03:52Et cette hausse elle provient très largement de l'État
03:54Puisque à lui seul son endettement progresse de 53 milliards d'euros
03:59La dette de la sécurité sociale augmente quant à elle de plus de 8 milliards
04:02Il n'y a que celle des collectivités locales
04:04Qui reculent très légèrement d'1,6 milliards d'euros
04:07Depuis le début de l'année la dette publique a déjà augmenté de 135 milliards d'euros
04:12Et cette hausse elle est particulièrement marquée ces dernières années
04:15Puisque fin 2023 la dette représentait encore 109,5% du PIB
04:20Elle a donc augmenté de près de 10 points en seulement 3 ans
04:24Et cette dette qui augmente elle coûte aussi de plus en plus cher à la France Valentina
04:28Et oui puisque la France devrait dépenser plus de 77 milliards d'euros
04:32Rien qu'en intérêt cette année
04:34C'est près de 12 milliards de plus que l'année dernière
04:37Et cette hausse elle vient grignoter une bonne partie des efforts réalisés
04:41Pour redresser les comptes
04:42Puisque selon une étude publiée aujourd'hui par Exécode
04:45La hausse des charges d'intérêt absorbe à elle seule
04:47Près de la moitié de l'effort fiscal réalisé depuis 3 ans
04:50Depuis 2024 les hausses d'impôts représentent
04:5336,7 milliards d'euros de prélèvements supplémentaires
04:56Il y a eu 3 milliards supplémentaires en 2024
04:59Près de 21 en 2025
05:01Avec par exemple la fameuse surtaxe d'IS sur les grandes entreprises
05:04Et encore près de 13 milliards cette année
05:07C'est un effort qui a été partagé entre les ménages et les entreprises
05:11Près de 18 milliards pour les particuliers
05:13Et près de 19 du côté des entreprises
05:15Mais dans le même temps les dépenses publiques ont continué de progresser
05:18Résultat, malgré les prélèvements supplémentaires
05:21Le déficit il est toujours bloqué aux alentours de 5,4% du PIB cette année
05:26C'est quasiment le même niveau qu'en 2023
05:28Merci Valentin
05:30On est en ligne avec Olivier Rodoules
05:31Bonsoir, vous êtes directeur du pôle études de Rexécode
05:3637 milliards d'euros supplémentaires ont été prélevés
05:39Ces 3 dernières années selon votre étude
05:43Prélèvements sur les ménages et les entreprises
05:45Est-ce qu'on peut parler d'un véritable choc fiscal finalement ?
05:51Oui absolument
05:52C'est d'ailleurs comment on intitule cette deuxième édition
05:56On avait déjà annoncé l'amorce d'un choc fiscal l'an dernier
06:00Parce que 21 milliards sur une année c'est un choc
06:06Il faut voir qu'on a une accumulation de nouveaux prélèvements
06:12Et donc ces 36,7 milliards en 3 ans
06:20En fait c'est une hausse assez forte
06:21Qui est partagée pour les ménages et pour les entreprises
06:24Quasiment à moitié-moitié
06:26Alors on a d'un côté une hausse de la fiscalité qui est un peu moins forte
06:30Qu'au début des années 2010
06:32On se souvient la fin du mandat Sarkozy
06:34Et les premières années du mandat Hollande
06:37Où on avait un rythme un peu plus fort que celui-ci
06:40Quasiment double
06:40Mais la vraie différence c'est qu'à ce moment-là
06:43On faisait vraiment baisser aussi le déficit
06:46Aujourd'hui comme vous l'avez rappelé
06:49Le déficit en 2026 il va être au même niveau qu'en 2023
06:53Oui c'est ça parce que la facture s'alourdit pour les ménages et les entreprises
06:58Mais le déficit lui demeure
07:01Oui absolument
07:02Et une des raisons derrière ça c'est la hausse de la charge à dette
07:07En fait on a eu plus 0,6 point de PIB de hausse de la charge à dette
07:12Ça fait quasiment 18 milliards de plus
07:14Qui ont absorbé la moitié de ces hausses de prélèvement
07:18Et le vrai sujet c'est que la hausse de la charge à dette
07:20Elle va continuer dans les années à venir
07:23Là on est autour de 2,5 points de PIB
07:26On va atteindre 4 points de PIB en 2030
07:304 points de PIB c'est quasiment 130 milliards d'euros
07:34En proportion de notre économie c'est un point haut historique en fait
07:38Il faut voir ce que ça représente
07:40Qu'on a 4% de la richesse nationale
07:42Qui part en paiement de charges d'intérêt
07:45C'est très important
07:47Surtout qu'on sait qu'une bonne partie en fait
07:50Ce sont vers des créanciers étrangers
07:51C'est pas juste un transfert entre ménages
07:55Au fond entre des contribuables
07:56Et puis les détenteurs, les épargnants
07:58Qui détiendraient la dette publique
08:00Non c'est depuis les ménages français
08:03Via les caisses de l'Etat
08:04Vers des créanciers étrangers
08:06Ça c'est lié au fait que la dette française
08:09Elle est majoritairement détenue par des créanciers étrangers
08:12Et Olivier Rodoulès on apprend à l'instant
08:14Que la France va emprunter un montant record
08:17L'année prochaine de 340 milliards d'euros sur les marchés
08:21Annonce à l'instant de l'agence France Trésor
08:26Cette information au vu de l'OAT actuelle
08:29Qui est à 4,81%
08:32L'écart de taux avec l'Allemagne est actuellement de 116 points de base
08:37Dans ces contextes
08:39Comment anticiper ce qui va se passer en 2027-2028
08:44Concernant la charge de la dette ?
08:46Ce qu'il faut avoir en tête
08:48C'est que les taux effectivement
08:51Sont globalement plus élevés pour tous les pays
08:53Mais la France est un peu plus que les autres
08:56Et cet écart s'accroît
08:57Vous avez rappelé l'écart de taux avec l'Allemagne
09:00Mais c'est vrai avec les autres pays
09:01Dont en fait on pue une sorte de taxe France
09:04De prime de risque France liée à ça
09:07Et effectivement on a un stock de dette qui est très important
09:10Qui est autour de 3500 milliards d'euros
09:12Et qu'il faut renouveler
09:13Qu'on renouvelle au taux d'un dixième à peu près chaque année
09:18Donc voilà vous retombez sur vos 340 milliards d'euros plus
09:21Ensuite il faut ajouter le refinancement des nouveaux déficits
09:25Et de fait le contrairement à ce qu'on dit parfois
09:28Ce qu'on entend parfois
09:29L'Etat rembourse sa dette
09:31L'Etat doit réemprunter pour rembourser la dette qui arrive à échéance
09:36Mais de fait chaque fois qu'il réemprunte
09:38Il le fait à des conditions plus chères
09:40Et donc c'est en prenant en compte cet effet-là
09:43Du refinancement de la dette à des conditions plus chères
09:46Qu'on arrive un peu mécaniquement à une charge de la dette
09:50Qui atteindrait 4 points de PIB
09:52Soit à peu près 120-130 milliards d'euros à l'horizon 2030
09:56Et ça c'est dans un scénario relativement
09:59Comment dire
10:01Pas spécialement pessimiste
10:02Où il n'y a pas de vraie tension sur la dette
10:04Si on commence à avoir une prime de risque qui s'accroît
10:09Parce qu'on a des tensions politiques
10:10Parce qu'on envoie des mauvais messages à l'international
10:13Ça peut coûter beaucoup plus cher
10:15Déjà on voit que l'écart de taux d'intérêt entre la France et l'Allemagne s'accroît
10:20Mais c'est relativement modeste
10:24116 points de base comme vous le dites
10:26C'est beaucoup plus que la France payait en plus que l'Allemagne dans le passé
10:31On était plutôt historiquement autour de 30 points voire 50 points de base
10:35C'est moins que ceux que l'Italie, l'Espagne, la Grèce ont connus au début des années 2010
10:41Et donc la facture peut devenir très coûteuse pour les finances publiques
10:46Mais à la fin c'est les Frances équipées
10:48Parce qu'on doit créer de nouveaux prélèvements obligatoires
10:52Pour uniquement payer les intérêts de la dette
10:55Sauf que justement Olivier Rodoules
10:57Le taux de prélèvements obligatoires aujourd'hui est à 44,1% en France pour 2026
11:04Et ça ça impacte directement la compétitivité des entreprises
11:08Et aussi c'est un niveau sans doute qui devient insoutenable pour les entreprises et pour les ménages
11:15Oui alors effectivement la distinction entreprise et ménage
11:18Elle est assez juridique mais en pratique
11:21A la fin c'est les ménages qui vont payer d'une façon ou d'une autre
11:25Soit ils vont le payer parce qu'ils auront moins d'emplois
11:27Soit parce qu'ils auront moins de revenus
11:29Soit parce qu'ils auront moins de perspectives
11:32D'évolution de carrière, moins de gains de productivité
11:36Alors de fait on a un sujet de compétitivité qui se matérialise
11:41C'est quand même qu'on compare les prélèvements obligatoires
11:46Payés par les entreprises françaises rapportées à leur valeur ajoutée
11:49C'est-à-dire la richesse qu'elle produit
11:50Et on voit que, et quand on fait net des aides
11:53Parce qu'il y a tout ce discours sur les aides aux entreprises
11:55On retire ces aides et on est autour de 20% de la valeur ajoutée
12:00Ça veut dire un cinquième de la valeur ajoutée
12:03Créée par les entreprises, là en cotisation, en impôts
12:06En impôts de production, en impôts sur les sociétés
12:08La norme européenne, c'est plutôt 16%
12:11Alors 16%, 20%, ça ne fait pas beaucoup
12:14Mais c'est 4 points de percentage
12:15C'est quand même énorme
12:16Ça représente 60 milliards d'euros
12:18Et si on se compare à l'Allemagne
12:20On est plutôt à 8 points d'écart
12:22Donc on est plutôt autour de 120-130 milliards d'euros
12:25D'écart de prélèvements dont s'acquittent nos entreprises
12:29Et donc, à la fin, ça commence à se voir
12:31Qu'on parle par exemple de part de la France
12:35De l'industrie européenne, des exportations européennes
12:38Dans la R&D, en fait, on rabougrit en quelque sorte
12:43On rétrécit parce qu'en fait, on tue un petit peu
12:46On réduit la rentabilité française par rapport à nos concurrents
12:50Mais bon, on a un sujet quand même européen
12:52Mais un sujet plus global
12:54C'est-à-dire que l'Europe elle-même
12:55Prélève beaucoup plus de prélèvements obligatoires
12:57Par exemple, que les Américains
12:58Et donc, on a la France
12:59Il y a aussi ce décalage de compétitivité que l'on subit
13:02Merci beaucoup, Olivier Rodoulesse
13:05Je rappelle que vous êtes directeur du pôle étude de Rexecode
13:08Et pour atteindre les 54 milliards d'euros d'économies promis
13:14Sébastien Lecornu envisage d'alourdir certaines taxes sectorielles
13:17Dont celles qui pèsent sur les exploitants d'autoroutes et d'aéroports
13:22Bonsoir Jean-Baptiste Thuet
13:23Bonjour Stéphanie
13:24Pourquoi cette hausse de taxes provoque-t-elle une telle levée de boucliers finalement ?
13:29On a une jolie taxe qui pourrait rapporter 800 millions d'euros au gouvernement
13:33Qui en fait est une taxe sur les grandes infrastructures qui existent depuis 2024
13:38Et que le gouvernement veut augmenter graduellement de 4,6 à 12,2%
13:43Ce qui rapporterait donc 800 millions d'euros supplémentaires pour le budget de l'Etat
13:48Et qui s'adresserait aux exploitants les plus rentables
13:51Et donc, les premières montées au créneau aujourd'hui, ce sont les sociétés d'autoroutes
13:54Qui parlent carrément d'une taxation devenue excessive
13:57Selon elles, avec cette nouvelle hausse, plus de la moitié de l'argent encaissé au pH
14:01Partirait désormais en impôts, en taxes et en redevances
14:03Et elles brandissent une menace qui est très concrète
14:06Il y aura moins d'argent disponible pour investir dans l'entretien du réseau bien sûr
14:10Mais aussi dans les bornes de recharge, dans l'adaptation des autoroutes à la voiture électrique
14:13Et à l'adaptation des autoroutes au changement climatique
14:16Et d'ailleurs, le ton est assez dur
14:19Puisque les concessionnaires accusent carrément l'Etat de trahir sa parole
14:22Ils annoncent qu'ils vont intensifier les recours judiciaires
14:25Ils contestent d'ailleurs cette taxe qui existe depuis 2024
14:29Et ils considèrent qu'en vertu de leur contrat avec l'Etat, elle devrait être compensée
14:33Et les aéroports sont tout aussi remontés
14:35On est sidérés
14:36Bon voilà, c'est ce que disait le patron de l'Union française des aéroports en début d'après-midi
14:40Pour qui cette hausse arrive au pire moment
14:44Puisque les aéroports français sont déjà en train de décrocher par rapport à leurs voisins européens
14:48Au premier semestre, le trafic passager, on a perdu en France moins 0,8%
14:53Alors que dans le même temps, le trafic européen progressait de 2,6%
14:57Et surtout, nous explique-t-il, la France n'a toujours pas retrouvé son niveau d'avant Covid
15:29Le phénomène est très concret
15:30Paris ADP, Nice, Lyon ou Marseille
15:32Qui devrait être concerné par cette augmentation de taxes
15:35Et là encore, ils préviennent
15:37Moins de capacité d'investissement
15:38Au moment justement où il faudrait mettre énormément d'argent dans la décarbonation
15:42Et dans la qualité des services des infrastructures
15:44Merci Jean-Baptiste Huet
15:46D'ailleurs, les valeurs du secteur baissent actuellement en bourse
15:4926 moins 2,3%
15:51FH moins 3%
15:52ADP baisse plus mesurée moins 0,5%
15:56Restez avec nous dans un instant
15:58On va parler du budget toujours et de ses conséquences
16:00Mais dans la sphère sociale, la tension monte
16:03Fonctionnaires, enseignants, pompiers, lycéens manifestent
16:06Alors, est-ce que cette mobilisation sociale inquiète les entreprises ?
16:10On en débat dans un instant, à tout de suite
16:13BFM Business présente
16:18Le 18h éco, Stéphanie Collot
16:21C'est l'heure du débat dans le 18h éco
16:23Avec ce soir, Dominique Carlac, bonsoir
16:25Vous êtes vice-présidente d'ABGI France
16:28Membre du MEDEF
16:30Et Guillaume Duval, bonsoir
16:31Vous êtes co-président du club Maison Commune
16:34Et ancien rédacteur en chef d'Alternative économique
16:36Fonctionnaires, enseignants, personnels de santé
16:38Pompiers professionnels
16:40Ils ont manifesté aujourd'hui
16:41Mobilisation s'amplifie aussi dans les lycées à Paris, Lyon, Lille ou encore à Bordeaux
16:47Une tension sociale à deux jours de la présentation du budget qui risque encore d'accentuer un peu plus les
16:54mouvements
16:54Est-ce que cette mobilisation sociale inquiète les entreprises, Dominique Carlac ?
16:59En fait, il faut déjà analyser les faits
17:02Se dire pourquoi ils manifestent
17:03C'est quand même globalement la fonction publique
17:07On comprend que ça touche les salaires
17:08Parce qu'en fait, un fonctionnaire
17:10Il est sur un indice salarial
17:13Et le point d'indice, ça fait quatre ans qu'il est gelé
17:15Et donc du coup, effectivement, dans la proposition de budget qui sera présentée au Conseil des ministres de jeudi
17:20Sur les 54 milliards que le gouvernement souhaite économiser
17:24Il y en a deux milliards qui sont liés à ce point d'indice gelé à nouveau depuis quatre ans
17:32Donc le ressenti, d'abord, qu'on peut avoir en tant que Français et concitoyens
17:36C'est qu'un, il y a le droit de faire la grève, premier sujet
17:38Deuxième sujet, il y a des colères qui sont légitimes
17:41Et quand on parle des fonctionnaires, effectivement, depuis dix ans
17:43En fait, le point d'indice, il a pris 5%
17:46Alors que l'inflation, elle a été cumulée, elle a été de 24%
17:49Donc on n'a pas, franchement, de leçons à donner aux pompiers, aux enseignants et aux soignants
17:56Bien sûr, la question n'est pas la leçon
17:57Après, la question, c'est effectivement les conséquences de ça
18:00Et le débat, il n'est pas tellement sur la grève elle-même
18:03Et sur la gêne que ça peut occasionner
18:05Mais sur les moyens de répondre
18:07Est-ce qu'on relâche l'index
18:10Les marges de manœuvre du gouvernement
18:12Est-ce qu'on cible les marges de...
18:14Alors, pour les conséquences et les inquiétudes des entreprises
18:17Une journée, ça ne coûte pas grand-chose, en fait
18:20Une journée, il y a eu des trains qui ont été à peine touchés
18:23Les transports n'ont pas été trop impactés
18:25Donc ça ne touche pas grand-chose
18:26Par contre, un mouvement social sur un trimestre
18:30La DG Trésor
18:31Ce n'est pas le MEDEF ou une entreprise qui vous le dit
18:34Un mouvement social, ça peut toucher
18:36Ça peut avoir un impact de 0,1% sur le PIB
18:39En baisse
18:41Sauf que nous, en France, actuellement
18:43Notre croissance, elle est de 0,4%
18:45Oui, donc ça fait beaucoup
18:46Donc vous faites quatre mouvements sociaux
18:48Ça vous mange, en quelque sorte, votre croissance de 0,4%
18:52Puisque c'est un dixième à chaque fois
18:54Donc quatre fois, ça fait la croissance
18:56Or, le problème de la France, c'est qu'aujourd'hui
18:58On est bloqué dans notre croissance
19:01Compartiment à des pays comme l'Espagne
19:03Où ils sont à 2,6%
19:06Alors, la conséquence sur le dirigeant d'entreprise finalement
19:09De tout ça, de cette croissance molle
19:11C'est que l'indice de confiance du dirigeant d'entreprise
19:14Il est mou aussi
19:15Donc il n'investit pas
19:17Du coup, il dit
19:18Moi, je suis dans un indice de confiance faible
19:21Donc j'investis faiblement
19:23Ou je retarde mon investissement
19:24Donc c'est pas la grève dont il a peur
19:27Finalement, le chef d'entreprise
19:29C'est l'impasse
19:30C'est l'impasse dans laquelle on est
19:31Et devant nous, qu'est-ce qu'on a ?
19:33On a trois haies à franchir
19:35On a sept haies du budget
19:37Qui nous inquiètent
19:38La haie des présidentielles
19:40Où, fatalement, il va y avoir tout un tas de propositions
19:44Et les législatives
19:46Et la charge de la dette
19:47Que vous avez très bien décrite tout à l'heure
19:49Ça nous inquiète aussi
19:50On prend au minimum 10 milliards de plus
19:52Donc c'est pas un climat qui est favorable
19:54Pour se dire
19:55Dans un contexte de croissance très limité
19:58Tout ce qui peut la frêter nous inquiète
20:00Guillaume Duval
20:01Les trois haies dont vient de parler à Dominique Carlac
20:05Le problème aussi
20:07C'est l'absence de marge de manœuvre pour les dépasser ?
20:10Oui, enfin, il y a des marges de manœuvre
20:12Mais surtout
20:12Lesquelles ?
20:39Le sujet
20:40On va réduire le déficit
20:41Etc
20:41Donc on a une tâche colossale devant nous
20:45En tant que société
20:47Le problème, c'est qu'il n'y a personne qui essaye de rassembler les gens
20:50On a un gouvernement qui a une légitimité extrêmement faible
20:54Donc Emmanuel Macron est arrivé au niveau de François Hollande maintenant
20:58En termes de confiance dans sa présidence
21:03On a un gouvernement qui repose
21:05Enfin, dont la légitimité repose sur 20-25% des Français aujourd'hui
21:09Et qu'ils soutiennent
21:10Mais ça ne sera pas vraiment différent en 2027 ?
21:13Il faut chercher à rassembler les Français
21:17Y compris les syndicats
21:19Faire des gestes vis-à-vis des fonctionnaires
21:22Ça a été bien dit tout à l'heure
21:23On est dans une situation absolument impossible
21:26Ça fait des années que leurs salaires ne sont pas augmentés
21:29On n'arrive plus à embaucher des enseignants
21:31On n'arrive plus à embaucher des informaticiens dans la fonction publique
21:35C'est de la folie
21:36On n'arrive plus à embaucher des infirmières
21:38Ou de même payer le matériel des pompiers
21:40Oui, ou de payer le matériel des pompiers
21:43Mais le problème c'est que tant qu'on a un gouvernement qui reste figé sur l'idée
21:48On ne peut pas augmenter les impôts
21:49On ne peut pas augmenter les impôts des plus riches
21:52Il ne peut effectivement rien faire
21:54Mais simplement
21:55On ne peut sortir de cette situation que si on rassemble les Français
22:00Et que si on sort chacun, y compris le gouvernement
22:04De ces lignes rouges, de ces impossibilités
22:06Pour trouver des solutions qui permettent d'avancer ensemble
22:09Alors les impôts, l'Institut Rexecone nous dit aujourd'hui
22:12Qu'ils ont augmenté de 37 milliards d'euros sur ces trois dernières années
22:17Le taux de prélèvement obligatoire est atteint 44% aujourd'hui
22:21Fabien Roussel, candidat du Parti communiste pour la présidentielle
22:25Il veut relancer l'économie par les salaires
22:27Il demande que les salaires augmentent de 5%
22:31Dominique Carla
22:32Qu'est-ce que ça vous inspire ?
22:335% d'augmentation salariale pour tout le monde ?
22:37Moi ça m'inspire
22:38Moi ça m'inspire deux choses
22:39Ça m'inspire le fait que si on veut pérenniser des entreprises
22:43Bien sûr que quand on a les marges de manoeuvre dans une entreprise
22:46Et qu'on est en croissance
22:47Et qu'on prend des commandes
22:48Et qu'on prend des marchés
22:49Et qu'on exporte
22:50Bien sûr qu'on veut pérenniser ses équipes
22:52Et que bien sûr on fait des efforts sur les salaires
22:54Le seul problème c'est que quand contrairement aux Espagnols
22:57Vous n'êtes pas à 2,6% de croissance
22:59Et qu'il y a donc des entreprises en croissance derrière
23:01Et que ce n'est pas artificiellement gonflé
23:04Que vous êtes à 0,1%
23:05Ça veut dire quoi un chiffre de 0,1% ?
23:07Ça veut dire qu'il y a des entreprises qui travaillent en négatif
23:10Comme certaines entreprises travaillent en positif
23:11Donc oui à l'augmentation des salaires
23:14Dès lors qu'il y a la marge de manoeuvre pour le faire
23:16Donc il n'y a qu'un truc qui marche en fait
23:18En réalité
23:18Le seul truc qui marche
23:20La seule recette qui ne fuit pas
23:21C'est la croissance
23:22C'est-à-dire qu'à un moment donné
23:24On ne rendra pas plus riches
23:26Des gens entassant d'autres gens
23:28Il faut mieux se dire
23:30Comment on crée davantage de richesses
23:32Pour pouvoir davantage la partager
23:34Et c'est là où le moteur il est cassé
23:36C'est là où le moteur est cassé
23:37Parce qu'en fait là où on ne boucle pas
23:39C'est qu'on est un pays qui
23:41A encore beaucoup de prélèvements obligatoires
23:44Qui pèsent
23:45Et sur les entreprises
23:46Et sur les salaires en réalité
23:47Parce que les exonérations de charges
23:49Sur les bas salaires elles existent
23:50Mais la tranche intermédiaire
23:52Elle n'existe pas
23:53Et c'est là où on est en difficulté
23:55Pour se dire
23:55Ben j'augmente les salaires
23:56Mais quelle est la plus-value
23:58A la fin sur le compte en banque du salarié ?
24:00Guillaume Duval
24:01Le problème c'est l'absence de croissance
24:04L'absence de croissance c'est gentil
24:07Mais avec 5% de déficit
24:11On ne va pas faire de la relance
24:12Par la consommation en France
24:15Donc le problème c'est que
24:17Toutes les mesures qu'on peut prendre
24:19Et qu'on doit prendre
24:19Et il faut effectivement réduire ce déficit
24:22Pour les questions d'endettement
24:23De hausse des taux d'intérêt
24:25Dont vous avez beaucoup parlé déjà
24:28Toutes les mesures qu'on peut prendre
24:30Ne peuvent que ralentir la croissance
24:32Le sujet c'est de répartir l'effort
24:35Justement
24:37De faire un effort effectivement
24:38Vis-à-vis des fonctionnaires
24:39Parce que ça fait des années
24:40Qu'on leur demande beaucoup trop
24:42Mais en même temps
24:43De prendre de l'argent
24:46Là où il y en a
24:47Donc où les entreprises ?
24:48On a aujourd'hui
24:50Les français ont 8% de leurs revenus
24:53En épargne financière
24:57En moyenne aujourd'hui
24:58Ça représente deux fois plus
25:02Que le même niveau avant le Covid
25:05Donc on était à 4% en gros
25:07Au début des années 2000
25:08On est à 8% aujourd'hui
25:09Si on ramène le taux d'épargne des français
25:12A 4%
25:13D'épargne financière à 4%
25:15Ça veut dire qu'on peut rentrer
25:1775 milliards d'euros
25:19Chaque année en plus
25:20Donc il y a des gens qui ont de l'argent
25:22Il y a des gens qui ont trop d'argent
25:23Et qui n'en font rien
25:25Et qui ne consomment pas
25:27Il faut aller chercher un peu l'argent
25:28Là où il est
25:29Il faut sortir du dogme
25:30De on ne peut pas taxer les riches
25:33Sauf que l'épargne dont vous parlez
25:35C'est l'épargne qui fait aussi tourner
25:36Les entreprises
25:37En fait
25:38On a trop d'épargne
25:39Je pense qu'il y a une chose
25:41A distinguer
25:42Qu'est-ce qu'on fait de l'épargne
25:43C'est une bonne question
25:44C'est une bonne question
25:45Parce que l'argent qui dort
25:46Ne produit pas de richesse
25:47Il ne sert pas à investir
25:48Donc comment on peut faire en sorte
25:49De flécher l'épargne
25:50Vers des investissements d'avenir
25:52Sans vouloir copier
25:54Des politiques publiques
25:55D'innovation et de recherche
25:55Donc ça c'est
25:56Comment on mobilise l'épargne
25:58Pour en faire des investissements
26:01Par contre
26:02Ne pas dresser les français
26:04Les uns contre les autres
26:05A dire
26:06Parce que quelqu'un a épargné
26:07Dans sa vie
26:08Et a eu son économie personnelle
26:10Qui lui a permis d'épargner
26:11Quel que soit son niveau de revenu
26:12On va être confiscatoire
26:14A son égard
26:14C'est là où il faut quand même
26:15C'est dans la manière
26:16C'est dans la manière
26:17Je ne dis pas de confiscatoire
26:19Il faut revenir à la situation
26:20Du début des années 2000
26:22Si vous voulez
26:22Le problème qu'on a en France
26:23C'est qu'on a des gouvernements
26:25Enfin des gouvernements
26:27Depuis 10 ans
26:27Qui mènent une politique
26:29Qui est assez classique
26:30Pour des gouvernements de droite
26:31C'est des gens qui préfèrent
26:32Emprunter aux riches
26:33Plutôt que leur faire payer des impôts
26:35Et ça
26:36Ça nous mène dans le mur
26:37Effectivement
26:38Et c'est en train
26:38De nous mener dans le mur
26:39Dominique Arlac
26:40Là je dirais que
26:41Sur les super emprunts
26:44Les super taxes
26:45Des super profits
26:47Et puis il y a eu quand même
26:48Il y a eu quand même
26:48Quelque chose qui s'est passé
26:49L'année dernière
26:50Et puis qui va se reproduire
26:52Sur l'exercice
26:53Le nouvel exercice
26:53C'est-à-dire que les 5 milliards
26:54De taxes exceptionnelles
26:56Les entreprises vont à nouveau
26:58Les payer
26:58Donc ça peut aussi
27:00Ne pas mettre en confiance
27:02Les dirigeants d'entreprises
27:03Quand on leur dit
27:04Bon allez vous faites un effort
27:05Une année
27:05Puis on ne vous demandera plus rien
27:06L'année prochaine
27:07Et puis finalement on double
27:08Guillaume Duval le mot de la fin
27:10Le design de cette super taxe
27:12Est pas optimal
27:13Mais c'est vrai qu'il faut
27:15Enfin les entreprises
27:16Doivent aussi contribuer à l'effort
27:18Elles ont
27:19Enfin les prélèvements
27:20Sur les entreprises
27:21Ont baissé de plus de 2 points
27:23Sur la valeur ajoutée
27:24Des entreprises depuis 10 ans
27:26Ca fait partie aujourd'hui
27:27Dans la situation
27:28Où la France est
27:28Des efforts qu'il faut faire
27:30En particulier revenir
27:31Sur ces exonérations
27:32De cotisations
27:33A proximité du SMIC
27:34Qui ont eu des effets catastrophiques
27:36Tant sur le plan social
27:37Que économique
27:38On vous mettra pas d'accord
27:39Ce soir en tout cas
27:39Merci beaucoup
27:40A tous les deux
27:41Dominique Carlac
27:41Vice-présidente d'ABGI France
27:43Et Guillaume Duval
27:45Co-président du club
27:46Maison Commune
27:46Et ancien rédacteur en chef
27:47D'Alternative Économique
27:49Restez avec nous
27:49Dans un instant
27:50On va faire un point sur les marchés
27:57Le 18h éco
27:58Stéphanie Collot
27:59Le 18h éco se poursuit
28:01On fait un point sur les marchés
28:02Avec Antoine Larigauderie ce soir
28:03Bonsoir
28:04Bonsoir Stéphanie
28:04Le CAC termine en baisse
28:06Alors il y a toujours une grosse tension
28:07Sur le marché obligataire
28:08Oui et là ça prend des proportions
28:10Enfin on arrête de compter
28:12Parce que l'écart de taux
28:14Entre 10 ans français et allemand
28:16Est quasiment à 120 points de base
28:17Regardez on est à 4,81 sur le 10 ans français
28:20Ça constitue un plus haut
28:22Qui nous ramène à l'époque
28:23Du début de la zone euro
28:25Si vous voulez
28:26Donc on s'approche quand même diablement
28:28Des 5
28:29D'autant que le taux à 10 ans allemand
28:31Lui a légèrement baissé
28:33On est à 3,63%
28:35Donc l'écart continue de grimper
28:38Tout vient en fait de l'obligataire américain
28:41On est à 5,27 maintenant sur le 10 ans américain
28:445,61% sur le 30 ans
28:48On reste sur des niveaux de tension absolument jamais vus
28:52Et c'est un petit peu énigmatique
28:54Alors que parallèlement le pétrole est en train de baisser
28:56On est à 96 dollars sur le Brent de Mer du Nord
28:5990 du côté du WTI
29:01Puis un facteur aggravant du côté de Paris
29:03Ce sont les velléités de l'État
29:05De taxer à nouveau un petit peu plus
29:07Les sociétés de BTP, de contracting
29:10De concessions
29:11Qui ont pesé sur Eiffage
29:13Par exemple qui a perdu 3% à 102,75 euros
29:16Ou encore Vinci
29:17Moins de 2,38 à 108,50 euros
29:19On a Total Energy qui a perdu 2,38 à cause des prix du pétrole
29:23On est à 68,10
29:24Et du côté des titres en hausse
29:26Le Grand a gagné 6% après un relèvement de ses prévisions
29:29143,05 euros
29:30STMicro plus de 6 à 47,04 euros
29:32On avait une sérieuse dynamique IA
29:35Mais ça n'a pas servi
29:36Le CAC termine en baisse
29:37Moins 0,53%
29:39Et l'Eurostock 50 lui a terminé sur une belle hausse
29:41Plus 0,3
29:42Et du côté des marchés américains
29:44On est en ordre dispersé actuellement
29:45Oui, même si le Nasdaq est repassé dans le rouge
29:48On est à moins 0,15 là en ce moment
29:49Moins 0,57 pour le Dow Jones
29:51Le S&P 500
29:52Moins 0,28% effectivement
29:54Sous l'effet des taux
29:55Ça a un effet dévastateur sur les actions
29:58Même si on tient remarquablement le coup quand même
30:01Et on a de nouveaux chiffres
30:03Notamment du côté des ouvertures de postes
30:06Les fameux chiffres de JOLS
30:08Qui sont plutôt bons
30:09Qui démontrent un marché de l'emploi
30:11Toujours robuste du côté des Etats-Unis
30:12Mais voilà, trop de déséquilibre
30:14Et pas envie sur les actions, clairement
30:15Et alors on reste aux Etats-Unis
30:17Parce que ça bouge
30:18Chez Goldman Sachs
30:20Le directeur général est sur la sellette apparemment
30:23Ah oui, David Salomon
30:25Alors des petites voix du côté de Wall Street
30:28Des connaisseurs du sujet disent
30:30Globalement un patron de Goldman Sachs
30:31Ça dure 10 ans
30:32Voilà, historiquement ça s'est toujours passé comme ça
30:34Même l'iconique Lloyd Blankfein
30:36Il n'a pas fait plus de 10 ans
30:38David Salomon pourrait payer en fait
30:40Les pots cassés d'une stratégie
30:42Qui a été un petit peu compliquée
30:43Parce que ça avait commencé par
30:44Je ne sais pas si vous vous souvenez
30:45Ils avaient lancé une marque de banque de détail
30:47Un petit peu haut de gamme
30:49Qui s'appelait Marcus
30:50Bon ça a fait un four total
30:52En plus il y avait des accords avec Apple
30:53Qu'ils ont dû dénouer
30:54Parce que ça ne marchait pas leur truc
30:56Et puis il a finalement recentré tout
30:59Sur la banque d'affaires et d'investissement
31:00Et là en ce moment
31:02Ce n'est pas top pour les banques d'affaires et d'investissement
31:04Dans le sens où le marché est trop volatile
31:05Pour véritablement créer des beaux flux de revenus
31:10Et c'est le cas en ce moment
31:10Goldman Sachs a averti de ses revenus de trading
31:12Allait pas être terrible
31:14Notamment sur le trimestre en cours
31:15Et puis toute l'activité de fusion-acquisition
31:17En ce moment vu le niveau des taux
31:19Toutes les opérations d'introduction en bourse
31:21Vous savez les fameuses bagues connectées
31:23La Oura
31:24Tout ça a été différé
31:25Donc tout ça
31:26Ça ne fait pas les affaires de Goldman Sachs
31:27Et donc il pourrait le payer
31:29Bon ça fait 8 ans qu'il est à la tête de Goldman Sachs
31:31Et on pourrait avoir
31:33Un changement d'air dans les tuyaux
31:34Pour l'instant ça reste des rumeurs
31:35Mais apparemment
31:36C'est quand même sérieusement dans les tuyaux chez Goldman
31:38Ça fait 8 ans qu'il est chez Goldman
31:40Théoriquement il lui reste encore 2 ans
31:41Peut-être qu'il prépare simplement la sortie
31:42Oui voilà ça peut être tout simplement une déclaration d'intention
31:45Pour dire que les vaches sont bien gardées
31:47Le processus de succession
31:48Ce serait le directeur financier
31:50Qui prendrait la barre
31:52Donc voilà c'est juste une manière de rassurer aussi Wall Street
31:55Ensuite la continuité est organisée chez Goldman
31:57Merci beaucoup Antoine Larigaudry
32:00On reste aux Etats-Unis avec cette question
32:02Le développement de l'intelligence artificielle
32:04Peut-il continuer à ce rythme ?
32:06La question se pose alors que les exemples d'agents devenus incontrôlables
32:11Se multiplient ces derniers jours
32:13Erwan Morris, l'écosystème tech commence à s'inquiéter
32:17Tout comme l'opinion publique
32:19Oui peut-être pour commencer justement pour bien l'illustrer
32:21Ce dernier sondage de CNN
32:23Qui nous dit que plus de 8 Américains sur 10
32:25Se disent aujourd'hui inquiets du rythme du développement de l'intelligence artificielle
32:31Des Américains qui sont majoritaires à réclamer davantage de réglementation
32:35De la part du gouvernement
32:36Et c'est aussi bien le cas chez les démocrates que chez les républicains
32:40Même s'ils sont un petit peu moins nombreux
32:41Ils restent quand même majoritaires
32:42Pourtant jusqu'ici Donald Trump s'est montré totalement défavorable à la régulation de l'IA
32:47Il qualifie les inquiétudes qui se sont manifestées ces derniers temps de canulars
32:51Il se focalise sur les gains économiques que peut produire cette technologie
32:55Plutôt que regarder les questions de sécurité
32:57Mais ce positionnement de Donald Trump
32:59Il pourrait quand même le nuancer
33:00Oui on voit bien que l'inquiétude de l'opinion publique
33:03Mais aussi les alertes des géants de la tech commencent à interpeller
33:07C'est d'ailleurs l'objet d'un déjeuner qui est en cours en ce moment
33:11La Maison Blanche, Donald Trump qui reçoit notamment
33:13Mark Zuckerberg, Sundar Pichai, Dario Amodei pour Anthropik
33:17Jensen Wang pour Nvidia, le président d'OpenAI
33:20Et aussi visiblement Jeff Bezos, Elon Musk et le patron de Palantir
33:23Du beau monde
33:24Oui voilà, ils sont tous là pour parler de la question de la supervision
33:28Avec aussi, et c'est intéressant de le souligner
33:31Mike Johnson, le président de la Chambre des représentants
33:34Membre du parti républicain
33:36Qui participe donc également à ce déjeuner
33:38Et qui se dit favorable à un début d'encadrement
33:41De l'intelligence artificielle aux Etats-Unis
33:43Sans trop en faire, parce qu'il ne faudrait pas non plus perdre la bataille de l'IA face à
33:49la Chine
33:50Qui est quand même un rival très sérieux
33:52Mike Johnson qui appelle plutôt les entreprises
33:54A installer d'elles-mêmes des garde-fous de manière volontaire
33:58Sachant que le Congrès ne va de toute façon pas siéger avant le mois de novembre
34:02Ce qui veut dire qu'il n'y aura pas d'avancée légale d'ici là aux Etats-Unis
34:05Et ce déjeuner, il n'arrive pas par hasard ?
34:08Non, c'est le résultat d'une succession d'alertes
34:10On disait envoyer ces derniers jours OpenAI qui a révélé par exemple
34:13Que son dernier agent, Test, avait piraté des sites gouvernementaux australiens
34:19Violé les données de l'entreprise américaine Hugging Face
34:22Et qui vient de renoncer
34:23On l'a appris hier à lancer sa dernière version Astra
34:26Un agent qu'il juge susceptible de sortir de son cadre
34:30Et de tromper ses évaluateurs
34:32Ce qui tombe au plus mal alors qu'OpenAI tient ce soir sa conférence aux développeurs
34:37Autre avertissement, celui de son concurrent Anthropy qui prépare son entrée en bourse cet automne
34:42Dans son prospectus d'IPO que s'est procuré le Financial Times
34:46C'est bien la direction d'Anthropy qui avertit les investisseurs
34:49Que l'IA pourrait représenter des risques existentiels pour l'humanité
34:53Les termes qui sont utilisés sont quand même très forts
34:56Le patron d'Anthropy s'est d'ailleurs déjà montré alarmant
34:59Il s'est engagé la semaine dernière à ralentir le développement de l'intelligence artificielle de la société
35:04A l'occasion de sa présentation à l'ONU
35:07Et alors le pape a aussi abordé la question de l'intelligence artificielle
35:10Léon XIV tout à fait, c'était hier dans son vol retour
35:13Il a appelé à écouter les lanceurs d'alerte
35:16Je pense que les préoccupations soulevées par de nombreux experts et spécialistes de l'IA
35:23Devraient être prises au sérieux
35:25Je ne pense pas qu'il s'agisse de fausses informations
35:27Comme certains l'ont affirmé
35:28Dans le but d'en tirer un avantage financier ou autre
35:31C'est pourquoi nous essayons de continuer à promouvoir le dialogue
35:34L'étude et la recherche
35:35Afin de trouver des moyens de garantir que l'IA n'atteigne pas un stade
35:39Où elle pourrait détruire l'humanité ou écarter l'humanité du débat
35:42Nous ne pouvons pas simplement rester les bras croisés
35:44Et faire comme si rien n'allait se passer
35:48Voilà, vous venez donc d'entendre le pape hier dans son avion retour
35:55Qui a aussi salué Jensen Huang, le patron d'Nvidia
35:58Qui a dévoilé hier aussi un logiciel pour empêcher, contrôler les agents
36:03Pour qu'ils ne se comportent pas mal
36:05Et sur le plateau de CNBC, il a alerté sur l'urgence qu'il y a justement
36:09A domestiquer ces intelligences artificielles qui peuvent devenir parfois incontrôlables
36:17Ces agents autonomes sont de toute évidence autonomes
36:20Ce qui signifie qu'ils fonctionnent de manière autonome
36:23C'est comme une voiture autonome
36:24Et donc pour que vous puissiez déployer ce système en toute sécurité
36:28Vous devez vous assurer que l'environnement de test qui l'entoure
36:32Le champ de force, l'enclos, si vous voulez
36:34Tous ces systèmes sont conçus de manière à limiter au minimum les droits de l'agent
36:38Quels que soient les droits dont il dispose
36:41Il n'en a besoin que pour accomplir sa tâche
36:43Pas plus de droits que cela
36:45Et qu'il ne puisse rien faire qu'il ne soit pas censé faire
36:50Voilà Jensen Wang, le patron d'NVIDIA
36:52Qui juge pourtant, même s'il admet qu'il faut encadrer, contrôler ses agents
36:57Pour pas qu'ils fassent n'importe quoi
36:59Qu'il ne faut pas non plus limiter le développement de l'intelligence artificielle
37:03Il milite pour aller le plus vite possible
37:06Donc ce déjeuner à la Maison Blanche promet quand même d'être animé
37:09Et on le suivra évidemment sur BFM Business
37:11Merci Erwan Maurice
37:12Retour en France
37:13On va parler de Danone et Michelin
37:16A priori deux entreprises qui n'ont pas grand chose en commun
37:18Et pourtant les deux fleurons français unissent leur force dans les biotechnologies
37:24Une nouvelle plateforme est inaugurée aujourd'hui près de Clermont-Ferrand
37:28Hélène Cornet
37:28C'est pour développer des processus de fermentation avancée à grande échelle
37:33Oui c'est un petit peu compliqué
37:34Mais vous savez Stéphanie
37:35Tout l'enjeu en fait c'est de développer des alternatives
37:38A toutes les ressources fossiles
37:41Et donc c'est un peu le même défi pour tout le monde
37:44Pour tous les industriels
37:45Qu'on s'appelle Danone ou qu'on s'appelle Michelin
37:49Et donc la fermentation de précision
37:51Ce serait l'une des solutions
37:52Elle permet en fait de produire des matériaux biosourcés
37:57C'est une technologie du pointe
37:59Qui utilise des micro-organismes
38:01Comme des bactéries, des champignons
38:03Pour fabriquer en fait des protéines
38:07D'autres molécules utilisables également dans l'industrie
38:11Et c'est ainsi qu'est né le projet Biotech Open Platform
38:15Lancé il y a tout juste deux ans
38:17Investissement 20 millions d'euros
38:20Pour passer du stade donc de la recherche en laboratoire
38:23A vraiment le site industriel
38:26A l'échelle industrielle
38:28Et cette plateforme elle est ouverte à toutes les entreprises
38:30Et toutes les startups quel que soit leur domaine
38:32Voilà et c'est ça justement l'intérêt
38:34C'est d'avoir une plateforme ouverte
38:36Ou pour tous les projets
38:38Les petits, les grands
38:39Et d'apprendre l'un de l'autre
38:41Le petit plus c'est même qu'elle répond aux normes
38:44Les plus exigeantes notamment alimentaires
38:46Et là aussi ça ouvre évidemment
38:48Le champ des possibles
38:49Le modèle de coopération est donc inédit
38:52C'est un réel accélérateur néanmoins
38:54Pour créer de nouvelles filières dans les ressources renouvelables
38:57C'est une opportunité aussi
38:59Ça va développer l'emploi du côté de Clermont-Ferrand
39:03Et c'est ce que mettent en avant justement les deux patrons
39:07Donc Danone et Michelin
39:08Ils appellent même les candidats à la présidentielle
39:12A s'en inspirer de leur modèle
39:14A avoir vraiment une vision à long terme pour la France
39:17Et à faire un petit peu la même chose que le monde de l'entreprise
39:20Merci beaucoup Hélène Cornet
39:22Restez avec nous dans un instant
39:24On va parler de la Russie
39:25Elle multiplie les attaques hybrides
39:27Renforce son armée avec de nouveaux soldats nord-coréens
39:31Elle perfectionne et modernise aussi ses drones
39:34Est-ce le signe que Moscou prépare une offensive massive cet hiver ?
39:38En tout cas le Kremlin semble en position de force
39:41Et mis sur l'éclatement du soutien européen à l'Ukraine
39:44Alors que plus de la moitié de la population de l'Union Européenne
39:48Va voter dans les prochains mois
39:50On fait le point dans un instant
39:51A tout de suite
39:58Le 18h éco se poursuit à l'international
40:03Avec la Russie qui poursuit les attaques hybrides
40:04A l'encontre des alliés de l'Ukraine
40:07Dernière cible en date un fabricant de drones en Estonie
40:10Bonsoir Igor Delanoé
40:11Bonsoir
40:12Vous êtes directeur adjoint de l'Observatoire franco-russe
40:16Emmanuel Macron a dénoncé une dangereuse fuite en avant de la Russie
40:19Après cette attaque attribuée par Tallinn à Moscou
40:23Acte de sabotage aussi dénoncé par la Commission Européenne et l'OTAN
40:27Est-ce que l'objectif aujourd'hui de Moscou
40:29C'est de briser l'unité occidentale autour de l'Ukraine ?
40:34Alors écoutez à travers ces attaques hybrides
40:36Qualifiées comme telles et qui sont attribuées à la Russie en général
40:39Alors parfois on n'est pas vraiment sûr
40:40Mais en général elles sont quand même attribuées ces derniers temps
40:42L'objectif de la Russie est plutôt de faire payer à l'Europe
40:45Le prix de son soutien à l'Ukraine
40:47C'est-à-dire que les Russes ne vont pas attaquer frontalement les Européens
40:50Avec des tanks, avec des missiles
40:51Par conséquent ils utilisent ces méthodes détournées
40:54Les cyberattaques, les sabotages
40:56Pour imprimer un coup au soutien qu'apportent les Européens à l'Ukraine
41:01Alors il y a des pays qui sont plus exposés que d'autres
41:03Alors géographiquement, les Pays-Bas sont proches
41:05Les Russes les connaissent bien
41:06Il y a des pays plus éloignés
41:08Comme la France par exemple
41:10Ou l'Allemagne
41:11Mais l'Allemagne, cet été il y a eu l'affaire de Leipzig
41:13Qui est un des premiers soutiens européens de l'Ukraine
41:15En termes de matériel et de financement
41:16Donc on voit que les attaques sont quand même extrêmement ciblées
41:19D'autant plus qu'une partie, une très grande partie de la population européenne
41:24Est appelée à voter dans les prochains mois
41:26La France évidemment
41:27L'Espagne, l'Italie, la Pologne, la Finlande, la Grèce, la Slovaquie
41:30Des scrutins qui peuvent potentiellement confirmer des poussées populistes ou souverainistes
41:38Et qui peuvent donc donner naissance à une baisse possible de l'aide européenne à l'Ukraine
41:44Ou l'aide de ces pays à l'Ukraine
41:46Est-ce que c'est ça aussi que Vladimir Poutine vise via ces attaques hybrides ?
41:51Oui, il y a un calcul qui consiste en fait à miser sur ce qu'on appelle l'effondrement de
41:56l'arrière
41:56Puisqu'on est en fait dans la logique d'une guerre d'attrition
41:59Alors l'arrière c'est l'arrière de l'Ukraine, les usines, la société, etc.
42:02Mais c'est aussi l'arrière de l'arrière de l'Ukraine, c'est-à-dire ceux qui soutiennent l
42:05'Ukraine
42:05Et ceux qui soutiennent principalement l'Ukraine aujourd'hui sont les Européens
42:08Que ce soit au plan financier ou militaire
42:10Et évidemment, là le calcul du Kremlin est tout simplement partant du principe
42:15Qui à tort aura raison, il estime avoir le temps qui joue pour lui
42:18De dire, avec les alternances qui se profilent comme vous l'avez indiqué en Europe
42:21Il y aura peut-être des courants politiques qui vont accéder aux affaires
42:24Et qui seront pas nécessairement prorusses
42:26Mais au moins plus sceptiques sur la robustesse du soutien apporté à l'Ukraine
42:31C'est pour ça que je doute que le Kremlin s'engage dans des discussions sincères
42:34C'est ce que j'allais vous demander
42:38Aujourd'hui, Vladimir Poutine n'a aucun intérêt à négocier, quoi que ce soit
42:43Alors, disons qu'il y a ce calcul-là
42:45Et puis il y a celui de l'hiver, toujours
42:46C'est-à-dire que les Russes, depuis 3 ans, 4 ans, misent sur ce qu'on appelle le général
42:50hiver
42:50Alors pour l'instant, ça n'a pas fonctionné
42:52Mais pour éreinter, alors là pour le coup, la société ukrainienne
42:55Que les Ukrainiens grelottent chez eux
42:56Puisque les Russes ont détruit beaucoup du système de distribution de chaleur ukrainien
42:59Pour ne parler que de ça
43:00Et par conséquent, faire changer leur approche à la résolution du conflit
43:05Et évidemment, leur soutien à Vladimir Zelensky
43:08Volodymyr Zelensky, qui a déclaré que la Corée du Nord
43:10S'apprête à envoyer quelques 10 000 troupes supplémentaires pour aider Moscou
43:14Est-ce que c'est le signe que l'armée russe est dans le besoin
43:17Ou au contraire qu'elle se renforce ?
43:19Alors je dirais que c'est le signe que, pour l'instant
43:22Le Kremlin essaye d'éviter à tout prix une nouvelle mobilisation partielle
43:25Et donc il cherche toujours à drainer des forces combattantes
43:28Que ça soit toujours par l'afflui de volontaires
43:30Et on sait qu'il y a toujours des volontaires
43:31Qui poussent tous les jours la porte pour signer des contrats
43:33Avec le ministère russe de la Défense
43:35On estime que c'est entre 1000 et 1500 par jour
43:37C'est quoi qui attire ? C'est la solde ?
43:39C'est la solde, c'est-à-dire que le ministère russe de la Défense
43:42Propose tout un package attractif
43:43A la fois avec un salaire attractif
43:45Là-dessus, en fonction de la région où vous habitez
43:47Les autorités régionales vous proposent une prime d'embauche
43:49Vous avez une prime d'embauche fédérale
43:50Et à la sortie, si vous revenez du front vivant
43:53Vous avez un statut d'ancien combattant
43:54Avec tout un statut social
43:55Sur la santé dans les hôpitaux publics
43:59Les études supérieures de vos enfants
44:00Tout ceci sera pris en charge par le gouvernement
44:02Donc en fait, il y a une espèce d'ascenseur social
44:04Qui se met en branle pour susciter des vocations
44:07Et pour l'instant, ça marche
44:07Ceci étant dit, ça n'empêche pas d'avoir recours
44:09A des supplétifs ou des forces
44:11Je dirais supplémentaires
44:13Comme les nord-coréens
44:15Un décret présidentiel a été publié hier
44:18Pour accroître le nombre de soldats actifs
44:22Engagés dans l'armée russe
44:24A 1,55 million de soldats
44:26C'est le double des effectifs ukrainiens
44:28Quatrième hausse de l'année
44:30Est-ce que ça veut dire que Moscou
44:32Clairement est en train de préparer
44:34Une offensive massive cet hiver ?
44:35Alors je ne pense pas
44:36Parce qu'en fait, comme vous l'avez dit
44:38Cette nouvelle augmentation survient
44:41Après d'autres augmentations cette année
44:42Je pense que ça reflète deux choses
44:44D'abord le fait que l'armée russe
44:45De toute manière s'accroît
44:46Avec ces recrutements que j'évoquais
44:48Indépendamment des pertes
44:49D'une part, et donc ça reflète
44:50J'allais dire une augmentation des effectifs
44:52Et d'autre part, un objectif également à atteindre
44:55Qui dépasse, j'allais dire
44:56Le cadre de la guerre en Ukraine
44:57Mais les Russes se préparent
44:58Au-delà de l'Ukraine
44:58A une confrontation qui va durer
45:00Que les Occidentaux
45:01Qu'elles soient larvées
45:02Qu'elles soient sur des théâtres
45:04Cyber ou en Afrique ou ailleurs
45:05Et par conséquent
45:06Elles se préparent tout simplement
45:07A recomposer son armée
45:08Et être en mesure de faire face
45:10A ce que la Russie, le Kremlin, perçoit
45:12Comme pression, une menace occidentale
45:14Sur son flanc occidental
45:16Et la Russie qui perfectionne aussi
45:18Et qui modernise ses drones
45:20Avec une nouvelle génération de gérants
45:23Les gérants 5
45:24Depuis ce mois-ci
45:25Alors qu'en face, on voit les Ukrainiens
45:28Qui peinent à se voir livrer
45:30Des missiles patriotes américains
45:33Est-ce que là, on est complètement
45:35Sur une asymétrie dans le combat ?
45:37Alors disons que là où les Ukrainiens
45:38Avaient un avantage comparatif au début
45:40Dans la guerre des drones
45:41Non seulement les Russes ont rattrapé
45:42Cet avantage comparatif
45:44Mais par endroits, ils le dépassent
45:45Ils le dépassent notamment
45:46Avec cette nouvelle génération de gérants
45:48Qui veut dire géranium en russe
45:49Qui sont ces drones à réaction
45:51Et qui causent beaucoup de problèmes
45:53Aux Ukrainiens
45:54On donne beaucoup de fil à retordre
45:55Pour les intercepter
45:56Parce qu'ils sont extrêmement difficiles
45:58A détruire
45:59Quand bien même vous auriez des patriotes
46:01Il y en a une partie qui passerait
46:02Puisque les Russes tirent en essaim de drones
46:03Pour saturer la défense antiaérienne
46:05Laquelle défense antiaérienne
46:07Est complètement démunie du côté ukrainien
46:09Puisqu'il n'y a plus de missiles patriotes
46:10Il y en a très peu
46:11Et la dernière aide que les Américains
46:13Ont débloquée là
46:14Cette semaine
46:15Donc environ 400 millions
46:17De ce qui est resté de la ligne de crédit
46:18Il n'y a plus rien
46:19Ensuite
46:20400 millions de dollars
46:21Ne prévoient pas la livraison
46:22D'un seul missile patriote
46:23Pour une raison très simple
46:24C'est que maintenant
46:25On en est au niveau des stocks stratégiques
46:26Aux Etats-Unis
46:26Donc le Pentagone a fait comprendre
46:28Qu'il était hors de question
46:29De taper dans les stocks stratégiques
46:30D'une part
46:30Et d'autre part
46:31La priorité des Américains
46:32Va à Israël
46:33Et au Moyen-Orient
46:34Et donc d'abord protéger
46:35Les Émirats arabes unis
46:36L'État hébreu
46:37Et l'Ukraine arrive ensuite
46:39En troisième ou quatrième position
46:40Ça veut dire
46:41Que l'Ukraine ne peut clairement plus compter
46:43Sur son allié américain
46:45Elle peut néanmoins compter
46:46Sur ses alliés européens
46:47Alors elle peut compter
46:49Sur l'allié américain
46:50Encore pour l'irrigation
46:51En temps réel
46:52En matière de renseignement
46:53Notamment
46:53Et de renseignement satellite
46:54Qui est toujours
46:55J'allais dire
46:56Vital et déterminant
46:57Pour connaître la réalité
46:58Du champ de bataille
46:58En temps réel
46:59Ceci étant dit
47:00Les Américains n'ont pas le monopole
47:01Les Européens
47:02Notamment les Français
47:03Contribuent très activement
47:04A alimenter les Ukrainiens
47:05En renseignement
47:06En temps réel
47:07Mais sinon
47:08L'Europe
47:08Depuis que Trump est arrivé
47:09Oui l'Europe est le premier
47:11J'allais dire
47:12Bailleur financier
47:13Et assistant militaire
47:15Pour l'Ukraine
47:17Indiscutablement
47:18Les Européens
47:19Qui achètent du matériel militaire
47:20Aux Américains
47:20Mais les Américains
47:21Ne donnent plus rien
47:22J'allais dire
47:22Comme à l'époque de Biden
47:23Oui
47:24Igor Delanoé
47:25Comment vous expliquez
47:25Que jusqu'à présent
47:26La Russie a été
47:27Incapable
47:29De transformer son avantage
47:30En termes d'effectifs
47:32D'armées
47:33De matériel
47:34En victoire
47:35Effective sur l'Ukraine
47:37En quatre ans de guerre
47:38Alors
47:39La question
47:40C'est les paramètres
47:40De la victoire
47:41C'est à dire
47:41A quel moment
47:42Les Russes considèrent
47:43Qu'il y a victoire
47:44Il y a un enjeu territorial
47:45Mais qui en fait est minime
47:46Parce que selon moi
47:47Il se résume à prendre
47:47Le contrôle du Donbass
47:48Je ne pense pas
47:49Que les Russes
47:50Aient pour ambition
47:50De subjuguer toute l'Ukraine
47:52En prenant le contrôle
47:53Militairement
47:53Territorialement
47:54De toute l'Ukraine
47:55Je pense que le fond du problème
47:56Pour les Russes
47:56C'est plus le statut de l'Ukraine
47:57C'est à dire
47:58Avoir des garanties
47:58Que l'Ukraine ne rentre jamais
47:59Dans l'OTAN
48:00Que l'OTAN ne rentre jamais
48:00Dans l'Ukraine
48:01Que l'Ukraine
48:02Soit un état dénucléarisé
48:03Qu'elle renonce
48:04A toute ambition
48:05D'armes nucléaires
48:06Et qu'elle renonce
48:06A ses aspirations
48:07Euro-atlantiques
48:08Ça c'est pas tellement
48:09De l'enjeu territorial
48:09Finalement la pression militaire
48:11Et le principal levier
48:12De la Russie
48:12Dans cette affaire là
48:13C'est l'offensive
48:14Sur le terrain
48:15Qui bouscule
48:16L'armée ukrainienne
48:17Mais ne fait pas céder
48:18Évidemment
48:18Le front
48:19Pour l'instant
48:19On a un front
48:20Qui est quand même
48:20Très très statique
48:21Avec des petites percées
48:22Ça et là
48:23Mais aucun signe
48:24De craquelement
48:24Ni d'un côté
48:25Ni de l'autre
48:26Un front statique
48:27Et effectivement
48:28Il y a aussi la question
48:29Des moyens
48:29Pour Vladimir Poutine
48:31Moscou a décidé
48:32D'augmenter
48:32Les impôts
48:33Des plus riches
48:34Ce qui décourage
48:35Les entrepreneurs russes
48:36A investir davantage
48:37Parce qu'ils ont peur
48:37De se faire confisquer
48:38Ce qu'ils pourraient gagner
48:40Ça a été le cas
48:41Comme on l'a vu récemment
48:43Les filiales russes
48:45Des entreprises
48:48Comme Nestlé
48:49Auchan et Leroy Merlin
48:50Les marges de manœuvre
48:51Économiques
48:52De Vladimir Poutine
48:53Aujourd'hui
48:53Elles sont limitées
48:55Alors elles sont
48:56De plus en plus limitées
48:57Mais il n'est pas non plus
48:58Comment dirais-je
48:59Contraint au point
48:59De remettre en question
49:01Politiquement
49:01La volonté
49:02De soutenir
49:02L'effort de guerre
49:03Pour l'instant
49:03On ne voit aucun signaux
49:04Qui nous indique
49:05Que malgré
49:05L'essoufflement
49:06De l'économie russe
49:07Ça va percoler
49:09Politiquement
49:09En cessation
49:11De l'effort de guerre
49:11Et discussion
49:12Il n'y a rien
49:12Qui l'indique
49:13Essoufflement
49:13De l'économie russe
49:14Pourquoi ?
49:14Parce que l'économie russe
49:15Va finir cette année
49:16A priori
49:17Avec une croissance
49:17Située entre 0,6
49:180,7
49:19Peut-être 0,8%
49:20Mais inférieure à un point
49:21Donc elle ne sera pas
49:22En récession
49:22Mais ce ne sera pas
49:23Très brillant
49:23Comme croissance
49:26Pour autant
49:27Ceci étant dit
49:27La Russie
49:28Est sous le coup
49:28De 30 000 sanctions
49:29Occidentales
49:30Et oui
49:31Depuis les élections
49:32Après les élections
49:33Législatives
49:33Du week-end dernier
49:35Eh bien
49:36Le gouvernement russe
49:37Est passé aux annonces
49:37Impopulaires
49:38Avec des augmentations
49:39D'impôts
49:39Des nouvelles taxes
49:41La taxe par exemple
49:42Sur les importations
49:45Des commandes
49:45Interdées
49:46De passer à l'étranger
49:47Voilà
49:48Avec toute une échelle
49:49Pour augmenter le prix
49:50Et taxer le colis
49:51Qui rentre
49:52Sur le territoire russe
49:53Il y a également
49:53Une revue
49:54Du prêt hypothécaire
49:56A taux bonifié
49:57Pour les familles
49:57Qui accèdent
49:58A un logement neuf
50:00Avant le taux bonifié
50:01Était à 6%
50:01Désormais il va passer
50:02A 10 ou à 12%
50:03Suivant là
50:03Vous vivez
50:05Je précise que
50:06Le taux directeur
50:06De la banque centrale russe
50:07Est à 14%
50:08C'est pour ça qu'on a
50:09Des taux qui sont
50:09Cosmiques pour nous français
50:10On est plutôt habitués
50:11A ce type de taux
50:13Voilà
50:13Il y a toute une série
50:14De mesures
50:14Impopulaires
50:15Qui sont égrénées
50:15Certaines que l'on connaissait
50:16Et d'autres
50:17Qu'on ne connaissait pas
50:18Et d'autres qu'on ne connaissait pas
50:19Et qui nous sont annoncées
50:19La taxe sur les billets d'avion
50:20Par exemple
50:21Il y a une taxe sur les billets d'avion
50:22Entre les vols intérieurs
50:23Et les vols étrangers
50:25Voilà
50:25Donc le gouvernement
50:26Cherche de l'argent
50:27Pour boucler le budget
50:28Et d'après les prévisions
50:31Dont on dispose
50:31Entre le FMI
50:32Et le gouvernement russe
50:34Le budget russe
50:35Devrait connaître
50:36Un déficit
50:36De l'ordre de 2,5
50:382,6% cette année
50:40Ce qui est évidemment
50:40Un déficit
50:41Mais c'est en dessous
50:42De la fameuse barre des 3%
50:43Que nous connaissons
50:43Nous européens
50:44Et c'est un pays
50:45Qui est coupé du dollar
50:46De l'euro
50:46Et dont les recettes
50:47Issues du pétrole et du gaz
50:49Ont quand même diminué
50:49De plus de 17%
50:52Donc le rebond
50:54Est quand même compliqué
50:56Pour l'économie russe
50:57Aujourd'hui
50:57Le rebond est compliqué
50:58Mais il ne faut pas
50:59S'attendre à un collapse
50:59Pour autant
51:00De l'économie russe
51:01D'une part
51:02Et comme je le disais
51:03Ni à une remise en cause
51:04De l'effort de guerre
51:04Pour l'instant
51:05C'est-à-dire que là
51:05Je pense que la logique
51:06Est de remettre en place
51:08Le dispositif économique
51:09Pour pouvoir assurer
51:10Justement cet effort de guerre
51:11Au moins
51:12Sur les 12, 18
51:13Peut-être 24 prochains mois
51:15Avec déjà des mesures antérieures
51:16Qui ont été prises
51:17Notamment sur la lutte
51:18Contre la corruption
51:19Et la gabegie
51:19Au ministère de la Défense
51:21Il y a énormément
51:21De très haut gradés russes
51:22Qui ont été envoyés en prison
51:23Pour des affaires de corruption
51:25Donc l'idée
51:26C'est d'optimiser le budget
51:27Dans la période
51:28Que vous décrivez
51:29Qui est assez compliquée
51:29Merci beaucoup
51:30Igor Delano
51:31Et je rappelle
51:32Que vous êtes directeur adjoint
51:33De l'Observatoire
51:34Franco-Russe
51:35Dans un instant
51:36Sur BFM Business
51:37C'était Kenko
51:39Présenté par François Sorel
51:40Très bonne soirée
51:42Le 18h écho
51:44Sur BFM Business
51:45Sous-titrage Société Radio-Canada
51:47Sous-titrage Société Radio-Canada