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  • il y a 2 mois
Au menu de la première émission de la saison, désormais animée par Claire Chaudière et avec la participation de Dominique Seux, du débat, du reportage et un entretien rare dans les médias : le patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné. Questions sur l’urgence climatique, sa stratégie et ses profits.

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Transcription
00:00Et c'est déjà l'heure de saluer notre invité et de retrouver à mes côtés pour lui poser des
00:05questions Dominique Seuf.
00:06Bonjour Patrick Pouyanné.
00:07Bonjour tous les deux.
00:08Bonjour.
00:09Merci de m'accueillir.
00:10Alors nous allons aborder évidemment au cours de cette interview beaucoup de sujets, les prix des carburants, votre stratégie, les
00:15débats qui concernent toujours votre entreprise, les enjeux de la présidentielle.
00:19Mais ma première question s'adresse aux citoyens Patrick Pouyanné et aux chefs d'entreprise qu'il est.
00:25Comment est-ce que vous avez ressenti ces cinq canicules de l'été ?
00:29Alors si vous étiez en Europe, mais des canicules qui ont touché aussi l'Arizona, la Tunisie, beaucoup de pays
00:34dans le monde.
00:35Est-ce que vous vous êtes dit, ah oui quand même, il se passe quelque chose de vraiment grave maintenant
00:40?
00:42Il se passe quelque chose, ça c'est clair.
00:44D'ailleurs ma pensée va d'abord pour tous les personnes qui ont subi ces incendies, ces graves incendies.
00:50Il se trouve que je suis originaire de la région de Bordeaux et que je fais partie d'un groupe
00:53de WhatsApp de mes anciens du lycée Montaigne à Bordeaux.
00:55Et je m'inquiétais, on s'inquiétait entre nous parce qu'ils étaient évacués les uns après les autres.
00:59Donc je suivis ça quelque part au quotidien.
01:02Je pense aussi aux sapeurs-pompiers d'ailleurs.
01:04On a pensé à eux au niveau de l'entreprise puisqu'on a apporté un soutien aux sapeurs-pompiers.
01:08Je pense que la vérité c'est qu'on se rend compte que oui, il y a un phénomène.
01:12Est-ce qu'il est exceptionnel ? Est-ce qu'il est exceptionnel ?
01:15J'ai écouté le directeur de la sécurité civile au MUMEDEF qui expliquait que c'était 105 000 hectares qui
01:20avaient été touchés 45 000 l'an dernier.
01:22Donc c'est vraiment l'ampleur est impressionnante.
01:25Est-ce que c'est amené à se renouveler régulièrement ?
01:28Est-ce que le dérèglement climatique va plus vite qu'on le pensait ?
01:31Je pense qu'il est déjà là.
01:33En fait c'est Nino.
01:33Enfin Nino est un phénomène qu'on suit depuis des années.
01:36J'en entends parler depuis longtemps.
01:37Et on voit que visiblement il s'amplifie.
01:40Donc il se passe quelque chose.
01:41Et d'ailleurs la vérité c'est que la leçon que j'en disais c'est qu'il faut qu
01:43'on s'adapte maintenant.
01:44On ne peut pas continuer à croire que les politiques, ces seules politiques d'atténuation vont régler le problème.
01:48On fait face maintenant à des phénomènes qui font qu'on doit les prendre en compte dans la vie de
01:53tous les jours.
01:53Mais alors je mentionnais le fait que vous êtes chef d'entreprise.
01:56Est-ce que, je vais poser la question un peu brutalement,
01:59est-ce que comme les autres acteurs des hydrocarbures vous sentez un peu responsable de ce qui se passe ?
02:05Ou est-ce que vous êtes d'accord avec l'idée que tout simplement la décarbonation,
02:09ne va pas assez vite ?
02:10Mais en fait, je pense que vous avez entendu comme moi les interviews.
02:15Est-ce que vous pensez que les deux personnes qui ont répondu peuvent aller plus vite ?
02:18C'est pas, on peut accuser qui que ce soit.
02:20En fait nous sommes tous responsables du climat.
02:22Et la première question pour que ça aille vite, c'est comment on fait évoluer la demande d'énergie.
02:26Moi depuis le début des Trois-Dormousses, tout le monde me demande d'amener plus de pétrole en France.
02:31Voir maintenant on va me dire est-ce qu'on manque de gaz ?
02:33Je suis sûr que la question va apparaître dans le débat.
02:35Ce qui était très intéressant dans les deux interviews,
02:36où la personne dit moi 14 000 euros, je ne peux pas me payer la pompe à chaleur,
02:40même si je sais rationnellement, écologiquement et même financièrement ce que je dois faire,
02:44mais je ne peux pas le faire.
02:45Donc c'est tout le problème de la transition.
02:47Et la recommandation du patron de la CSAV, c'est finalement,
02:51ce n'est pas de faire le grand soir tout de suite,
02:53c'est attendez que vous deviez renouveler votre chaudière dans 15 ans
02:56et à ce moment-là passer à la pompe à chaleur.
02:58C'est tout le débat de la transition énergétique.
03:00Et le mot transition, il était essentiel.
03:02Alors bien sûr, on voit que les scientifiques nous disaient l'urgence,
03:04mais dans la réalité, la vraie vie, c'est que chaque consommateur qui consomme de l'énergie,
03:10lui, aujourd'hui, on est dans un système à énergie fossile,
03:13qu'on le veuille ou non, c'est la réalité du monde.
03:16Et la question, c'est comment on fait pour, bien sûr que notre responsabilité,
03:19c'est d'amener des énergies décarbonées, ce que je fais,
03:23lorsque je deviens électricien, si toute l'énergie passe à...
03:26On va reparler de votre casquette d'électricien, on va revenir dans quelques minutes.
03:31Simplement, quand vous parlez de la demande, effectivement, vous dites,
03:34quelque part, on doit répondre à cette demande.
03:36Les ONG, et pas que, disent, mais attendez, les producteurs de pétrole,
03:42quelque part, ils forgent cette demande.
03:44L'offre a toujours dicté la demande en matière de pétrole.
03:47Il y a aussi le lobbying.
03:49Et quelque part, est-ce que Patrick Pouyanné ne confond pas besoin et demande ?
03:52C'est-à-dire qu'on a besoin de se déplacer, on n'a pas forcément besoin de pétrole.
03:56Attendez, mais qui décide ?
03:57Est-ce que c'est moi qui décide de vous acheter un véhicule électrique
04:00ou de continuer à utiliser votre véhicule thermique ?
04:03Moi, ce que je dois faire, c'est m'assurer que dans toutes mes stations-services
04:05sur autoroute, comme je l'ai fait en France,
04:07vous pouvez trouver des bornes de recharge et des pompes à essence.
04:11C'est pas vrai que c'est nous qui fabriquons la demande.
04:13D'ailleurs, aujourd'hui, la demande, elle va d'ailleurs lentement.
04:17La demande de pétrole, ça fait 20 ans qu'elle croit de 1% par an.
04:20Elle ne croit pas, mais elle ne croit d'ailleurs pas dans nos pays
04:22nécessairement développés, parce que nous, on a les moyens
04:24de se payer cette transition.
04:26La demande de pétrole, elle croit dans les pays émergents.
04:28La population accrue de 5 à 7 milliards.
04:31Et c'est ces personnes-là qui cherchent à sortir de la propreté.
04:33Et il se trouve que l'énergie aujourd'hui,
04:35qui est utilisée sur la planète,
04:36c'est cette énergie fossile qui est la plus efficace.
04:38Alors, bien sûr, il faut des énergies décarbonées.
04:40Mais ce n'est pas d'un coup de baguette magique.
04:42Mais d'ailleurs, les énergies décarbonées,
04:44vous investissez massivement dans les renouvelables.
04:47Mais quelque part, en investissant encore davantage dans le gaz,
04:53le pétrole, vous n'êtes pas aligné avec les recommandations.
04:59En 2014, Total Investi...
05:01Je vais terminer ma question.
05:01Je disais, vous n'êtes pas aligné avec les recommandations
05:03de l'Agence Internationale de l'Énergie.
05:05Les recommandations, elles varient.
05:06D'ailleurs, suivez-les en ce moment.
05:08Je trouve qu'elles varient aussi à l'aune
05:09de ce que certains grands leaders politiques pensent.
05:12Donc, les recommandations, c'est des choses.
05:14Et après, il y a la réalité, encore une fois,
05:15de la planète sur laquelle on vit.
05:18Juste pour un chiffre, quand même,
05:18en 2015, Total Investissi dans les hydrocarbures,
05:2125 milliards.
05:22L'année dernière, 11 milliards.
05:24Donc, ce n'est pas toujours plus.
05:26Ce n'est pas vrai.
05:26Nous avons divisé par plus de deux
05:28nos investissements dans les hydrocarbures
05:30pour faire la place aux énergies décarbonées.
05:32Expliquez peut-être...
05:33Parce que, quelque part, nous sommes aussi conscients.
05:34Parce que, vous savez, quand on investit dans une énergie,
05:36nous, on fait à long terme.
05:37Donc, on voit bien que l'électrification du transport
05:40va impacter cette demande.
05:41Alors, pas immédiatement, mais qu'elle va le faire
05:43à 5-10 ans.
05:44Donc, ma responsabilité, ce n'est pas de me mettre
05:47massivement sur des énergies
05:48dont la demande pourrait baisser.
05:50Mais c'est toute la difficulté.
05:51Parce qu'en même temps, je vois ce qui se passe
05:53depuis cette crise.
05:54Tout le monde me dit, surtout,
05:56il nous faut ramener du diesel et de l'essence
05:58en France.
05:59Parce que ça, c'est la vie quotidienne d'aujourd'hui.
06:01Et donc, c'est vraiment...
06:02Honnêtement, c'est une ligne de crête
06:03qui est difficile à trouver.
06:05C'est même, pour les questions les plus complexes
06:07pour le PDG que je suis de Total Energy.
06:09On est face à des injonctions contradictoires.
06:11C'est que fournir cette énergie aujourd'hui...
06:14Et les gens nous réclament en plus
06:15qu'elle ne soit pas chère.
06:16Et pour qu'elle ne soit pas chère,
06:18il faut qu'elle soit abondante.
06:19Et en même temps, la décarboner.
06:20On entend bien, effectivement,
06:22et ça s'entend,
06:23que c'est la demande qui guide l'offre.
06:25Est-ce que vous considérez quand même
06:27que la demande de carburant en France
06:29ou la consommation de carburant en France
06:31ne baisse pas assez vite ?
06:32Est-ce qu'au fond, vous dites,
06:33ce serait quand même bien,
06:35les consommateurs font ce qu'ils veulent,
06:36mais ce serait quand même bien
06:37qu'on consomme moins de carburant en France
06:40et ça baisse de 1% par an ?
06:42Oui, et ça pourrait baisser plus.
06:43D'ailleurs, je pense que cette année
06:44où les prix sont très élevés,
06:46ça va impacter la demande vers le bas.
06:48Mais en même temps,
06:49les mêmes consommateurs,
06:50ils ont tous applaudi le fait
06:52qu'on ait mis un plafond sur l'essence,
06:53sur le diesel,
06:54ce qui, quelque part,
06:55est une contradiction de notre part.
06:56Vous savez, moi, j'investis
06:57dans des bandes de recharge
06:58sur toutes mes stations.
07:00Aujourd'hui, elles sont utilisées
07:0120% du temps.
07:01Je préférerais qu'elles soient plus utilisées.
07:03Elles ne sont pas du tout rentables ?
07:04Non, elles ne sont pas du tout rentables.
07:05Aucune est rentable en France ?
07:06Non, elles ne sont pas rentables
07:07parce que leur usage est insuffisant.
07:09Mais une bonne nouvelle,
07:10je regardais,
07:10pendant deux jours,
07:11j'étais en séminaire avec mes collègues,
07:13on voit l'effet de la crise,
07:15une croissance des ventes
07:16de véhicules électriques
07:17dans plusieurs géographies.
07:19On le voit en Europe,
07:20on le voit, par exemple,
07:21dans des pays comme le Brésil.
07:22Donc, il y a l'impact.
07:23En fait, le signal prix est essentiel.
07:25C'est-à-dire qu'on a vécu
07:26pour accélérer l'électrification.
07:28Quand le prix du pétrole est très cher,
07:30ça incite tout le monde
07:30à regarder à côté
07:31et en même temps,
07:32les gens souffrent à court terme.
07:33Est-ce que l'avenir,
07:35est-ce que le PDG de Total Energy
07:37peut nous dire
07:38l'avenir, oui,
07:39il est aux voitures électriques.
07:40Chaque région,
07:41son rythme, bien sûr.
07:43En Europe, c'est peut-être maintenant.
07:44Aux Etats-Unis,
07:45on ne s'est pas trouvé.
07:46Ça dépend de Donald Trump.
07:47Mais est-ce que l'avenir
07:48de la voiture,
07:49c'est l'électricité ?
07:50Je pense que, bien évidemment,
07:51ça me paraît clair.
07:52Il y a un pays
07:52qui joue un rôle majeur,
07:53c'est la Chine,
07:54qui est en train d'inonder la planète
07:55avec des voitures électriques pas chères
07:57parce que la condition,
07:59c'est qu'ils puissent
07:59se l'acheter, cette voiture.
08:01Au Brésil,
08:02les Chinois sont en train
08:03d'inonder le marché
08:04avec des voitures électriques pas chères.
08:05Les gens mettent des panneaux solaires
08:06sur leur toit
08:07pour charger leur voiture.
08:08Ça, c'est là.
08:08C'est ce qui se passe aujourd'hui.
08:09Donc oui,
08:10c'est pour ça qu'on va vers l'électricité.
08:12Mais c'est la question du rythme.
08:14Voilà.
08:14Après, il faut quand même,
08:15pour que ça soit bouclage,
08:16juste un commentaire,
08:18il faut quand même
08:19que l'électricité,
08:19pour que ça soit cohérent,
08:21soit décarboné.
08:22Moi, ce qui me frappe en Europe,
08:23c'est qu'on veut qu'en 2035,
08:24on ne va avoir que des véhicules électriques,
08:31relativement au niveau de l'Europe.
08:32Ce n'est pas vrai.
08:33Donc, on promeut un véhicule électrique.
08:34Grâce au nucléaire.
08:35En France, grâce au nucléaire.
08:36On promeut un véhicule électrique européen
08:37alors qu'on continue marginalement
08:39à utiliser du charbon
08:40pour produire l'électricité en Europe.
08:41Là, il y a un problème de cohérence.
08:42En France, ce n'est pas le cas.
08:43Donc oui,
08:44moi, je pense qu'on va vers l'électrification.
08:46Encore une fois,
08:47si les constructeurs
08:47font des véhicules électriques moins chers.
08:49On va ensuite parler d'Ormoud.
08:51Simplement, il faut qu'on s'arrête
08:51sur cette décision importante
08:53du tribunal judiciaire de Paris
08:54qui vous a condamné en juin
08:56à intégrer les émissions de gaz
08:57à effet de serre indirecte
08:59et celles de vos clients
09:00dans votre bilan.
09:01Techniquement,
09:02ça s'appelle le plan de vigilance
09:04et la loi sur le devoir de vigilance.
09:06Et c'est quand même un séisme juridique
09:09selon beaucoup d'observateurs.
09:11Est-ce que ça va vous obliger
09:13à modifier votre stratégie de transition ?
09:16Patrick Pouyanné ?
09:17Non.
09:18Non.
09:18On a une stratégie qui est établie.
09:20C'est un débat juridique.
09:22En fait, nos émissions indirectes
09:23elles sont déjà dans tous nos rapports.
09:24Mais il a été tranché par la justice ?
09:26Non, non, non.
09:26Attendez, il n'a pas été tranché.
09:27C'est un premier jugement.
09:28On a fait appel.
09:29Ça va donner lieu à beaucoup de,
09:31à mon avis,
09:31beaucoup d'autres jugements.
09:33On a fait appel pour deux raisons.
09:35D'abord, parce que c'est pas nous
09:35le ministère.
09:36En fait, c'est lié à une loi.
09:37La loi sur le devoir de vigilance
09:38qui n'est pas une loi environnementale
09:40qui est une loi beaucoup plus large que ça
09:41dont l'origine,
09:42c'était d'obliger les entreprises
09:44à contrôler leurs fournisseurs
09:46pour être responsables
09:47de la façon dont ils utilisaient leurs fournisseurs.
09:49Alors, le tribunal, il y a deux points.
09:51Un, le ministère public a dit
09:52mais non, le changement climatique
09:54ne s'applique pas à cette loi.
09:55Le tribunal dit le contraire.
09:56On veut que la Cour d'appel le tranche.
09:58Puis plus important,
09:59le tribunal étant la loi,
10:01le périmètre de la loi
10:02qui était plutôt sur les fournisseurs
10:04et dit vous êtes responsable de vos clients.
10:05Y compris donc les voitures individuelles.
10:07Moi, je ne peux pas être responsable
10:09de savoir si vous achetez
10:10un véhicule électrique
10:11ou un véhicule thermique.
10:13On ne peut pas me rendre...
10:13Enfin, la justice a tranché.
10:15Non, la justice a tranché.
10:16Non, la justice tranchera
10:17à la fin d'un processus.
10:18En tout cas, d'ici lundi,
10:19d'ici le mois de janvier,
10:21vous devez adapter votre plan.
10:24Est-ce que ça change quelque chose ?
10:25Non, ça ne change rien.
10:26Ça ne change rien.
10:27Je vais vous dire pourquoi ça ne change rien.
10:28Parce qu'il se trouve que nos entreprises
10:30sont déjà soumises à des tas de lois
10:31et qu'il y a dans ce qu'on appelle
10:33le rapport annuel de l'entreprise
10:35un chapitre qui décrit déjà
10:37le fameux émission indirecte de Scope 3.
10:41C'est déjà.
10:42Donc, on nous dit simplement
10:43vous allez prendre ça
10:43et vous allez le mettre
10:46dans le plan de vue.
10:47Je pense qu'on va faire.
10:48Après, la stratégie est escalée.
10:49Mais le juge a aussi dit
10:51dans le jugement
10:51qu'il n'était pas là
10:52pour juger du bien fondé
10:53de savoir si notre stratégie
10:54était adaptée ou non.
10:56Donc, je veux dire,
10:56on veut faire beaucoup de dire
10:57à ce jugement.
10:58Le juge, il a été raisonnable.
10:59Il a dit, moi, vous avez...
11:00Et la loi du devoir de vigilance
11:01est une loi sur des obligations
11:03de moyens,
11:04pas de résultats.
11:05Donc, on va faire ce qu'on nous demande.
11:07On va faire aussi appel
11:08parce que, encore une fois,
11:09ce qui est dit là,
11:10ce n'est pas seulement
11:11pour Total Energy.
11:11On l'a entendu.
11:12Une entreprise qui...
11:13Je vais prendre une entreprise
11:14qui fabrique des armes
11:15devient responsable
11:16de savoir si son client
11:17utilise les armes.
11:18C'est ça que veut le droit français ?
11:19Allez, on change de...
11:20Pas tout à fait de sujet.
11:22On est pile six mois
11:22après le déclenchement
11:23de la guerre en Iran.
11:25Ça a été évidemment
11:25un bouleversement.
11:26La question au patron
11:28de Total Energy,
11:29où on en est
11:29et quelle est l'évolution
11:31et les prévisions
11:31que vous pouvez faire
11:33sur les prix du Brent,
11:34du pétrole,
11:35sachant qu'on a été
11:36plutôt surpris.
11:38Certains parlaient
11:38d'un pétrole à 150,
11:39200 dollars.
11:40On tourne autour
11:41de 90 dollars.
11:42En fait, on est dans
11:43une situation
11:44qui est très étonnante
11:46qu'on n'avait jamais vue.
11:47En fait, ce qui est
11:47à 150 dollars
11:48aujourd'hui, ce matin,
11:49c'est le diesel.
11:50Il est même plus cher.
11:51Il était à 170 dollars
11:52ce matin.
11:53Il se passe un phénomène
11:54étonnant.
11:54En fait, vous avez
11:55une déconnexion
11:56du marché du pétrole
11:57et du marché
11:57des produits pétroliers.
11:58Alors, pourquoi ?
11:59Ça tient au détroit d'Hormuz.
12:01Dans le détroit d'Hormuz,
12:02il y a des producteurs
12:03qui ont des stocks pleins.
12:05Chaque fois qu'on peut
12:06amener un pétrolier
12:06pour prendre du pétrole
12:08à Abu Dhabi
12:08ou au Qatar,
12:09ils sont prêts
12:10à vous le vendre
12:10pas cher,
12:11moins que 70 dollars.
12:13Donc, des pétroliers
12:13rentrent et sortent
12:14pas tant que cela.
12:15Mais quand on rentre
12:16et on fait sortir
12:17un pétrolier dans le détroit d'Hormuz,
12:18ça coûte.
12:18Ça coûte, en gros,
12:1910 dollars du baril.
12:21Il se trouve qu'on peut
12:22le faire avec du pétrole,
12:23on absorbe les 10 dollars.
12:24On ne peut pas le faire
12:25pour de l'essence
12:26ou du diesel
12:26parce que les bateaux
12:27qui transportent du diesel
12:28et de l'essence
12:29sont plus petits.
12:30Donc, ne supportent pas
12:31les surcoûts
12:32pour rentrer et sortir
12:33du détroit d'Hormuz.
12:35Et donc, on se retrouve
12:36avec un manque
12:37de produits pétroliers
12:38venant des raffileries
12:39du Moyen-Orient.
12:40Et à cela,
12:41il faut ajouter
12:41la deuxième raison,
12:43c'est l'Ukraine
12:44qui, dans sa guerre
12:45contre la Russie,
12:46est très efficace
12:47pour détruire
12:48ou abîmer
12:49le système de raffinage russe.
12:50Donc, aujourd'hui,
12:51on a un système déconnecté
12:52avec un prix du pétrole
12:53qui tire plutôt vers le bas.
12:55Mais parce qu'en fait,
12:57si on peut ouvrir Hormuz,
12:58il y a plein de pétrole
12:59qui va sortir.
13:00C'est la chaîne
13:01d'approvisionnement
13:01dans son ensemble.
13:03Est-ce que ça veut dire
13:04que pour la rentrée
13:05septembre-octobre,
13:07le prix du gazole
13:08va rester autour de 2,20 ?
13:09Pour l'instant,
13:10il est parti comme ça.
13:10Il est parti comme ça.
13:11Il est parti comme ça.
13:12On n'est pas loin du record
13:13d'avant l'été.
13:14Non, mais on est très près.
13:15Mais même, honnêtement,
13:17nous sommes étonnés.
13:17Moi, je pensais
13:18qu'après l'accord de juin,
13:19on y arriverait.
13:19Bon, la guerre s'est redéclenchée.
13:20Mais ce qu'on n'avait pas vu venir,
13:22c'est le cumul
13:23des Trois-Dormous
13:24plus efficacité,
13:25entre guillemets,
13:26des Ukrainiens.
13:27On ne l'avait pas du tout anticipé.
13:28Et franchement,
13:30en fait,
13:31ce qui se passe,
13:31c'est que le marché du pétrole
13:32qui était complètement liquide
13:33et mondial,
13:34il devient avec des fauches
13:34de liquidités.
13:36Et en fait,
13:36un marché mondial,
13:37ça marche
13:37si les chaînes d'approvisionnement
13:39fonctionnent.
13:39Il y a des disruptions.
13:41On est fait face.
13:41C'est compliqué.
13:42On est fait face
13:43à une situation
13:43qui est complexe.
13:49Justement,
13:49la question des prix,
13:50on y vient tout à fait.
13:51On a envie de savoir
13:52si vous allez continuer
13:53le plafonnement des prix à la pompe.
13:54Quelle part de marché
13:55vous avez ou pas obtenu
13:57avec cette offre commerciale ?
14:00Quel coût ça représente
14:01pour l'entreprise
14:03qui, je le rappelle quand même,
14:05a réalisé 11 milliards de bénéfices
14:06au premier semestre ?
14:09Vous l'avez dit,
14:10c'est votre geste patriotique,
14:12ce plafonnement ?
14:12Non, je pense que c'est d'abord
14:13un geste de responsabilité.
14:15On est le seul pétrole
14:16du monde à l'avoir fait.
14:17Il y a une seule entreprise
14:18parmi les pétroliers au monde
14:19et je peux vous dire
14:19que mes collègues pétroliers
14:20me regardent d'un drôle d'œil
14:21d'avoir pris cette expérience.
14:21Vous actionnaires aussi ?
14:23Mes actionnaires,
14:23ils ont compris,
14:24je les ai convaincus
14:24que quand on me parle
14:25de responsabilité sociale
14:26de l'entreprise,
14:27il faut aussi à un moment
14:28savoir être responsable.
14:28Alors, est-ce que vous allez continuer ?
14:30Oui, je l'ai dit.
14:30Tant que le conflit durera,
14:32nous continuerons à assurer
14:33cette protection.
14:34Au même niveau,
14:342,09 à 4,99.
14:36Quand le conflit est reparti,
14:37on a immédiatement remis les plafonds
14:38à 1,99 sur l'essence,
14:40de 25 sur le diesel.
14:41Tout le temps ?
14:41Parce que là,
14:42pour cet été,
14:43c'était notamment les week-ends.
14:44Il y avait des week-ends spéciaux,
14:45là on continuera.
14:46Non, non, c'est tout l'été.
14:47Et ça coûte combien
14:47cette affaire-là alors ?
14:48Ça nous a coûté,
14:49j'avais dit 200 millions
14:50au fin juin.
14:51Et maintenant ?
14:51Comme ça a continué au mois de juillet,
14:52on doit être à 250-300 millions.
14:53Enfin, je n'ai pas un compte précis,
14:55mais au fur et à mesure,
14:56honnêtement,
14:56par de marché, oui.
14:57En pourcentage.
14:58Mais oui, mais en fait,
14:59la vérité,
14:59c'est que les Français
15:01viennent chez nous,
15:01il y a des queues, etc.
15:02Donc, on doit avoir 25%,
15:03là où on en a 22 normalement.
15:04La vérité,
15:05ce n'est pas un gain pour nous,
15:06parce que chaque fois
15:07qu'ils prennent de l'essence
15:08un peu plus cher,
15:09comme on la paye moins,
15:11on la facture moins
15:12que le prix international,
15:13il y a un coût.
15:14Mais encore une fois,
15:15je ne veux pas en plein part.
15:16Il est relativement faible
15:17par rapport à l'ensemble des bénéfices.
15:18Il est de l'ordre de grandeur,
15:19je viens de dire,
15:20et nous avons considéré...
15:20Ça fait combien en pourcentage ?
15:22Mais non,
15:22mais ça fait une question.
15:23Je viens de dire que 300 millions,
15:24vous avez rappelé nos profits.
15:274% ?
15:27Oui, mais d'accord,
15:27mais rien ne nous est obligés.
15:29Absolument rien ne nous est obligés.
15:31Encore une fois,
15:31Totalergie est le seul pétrolier au monde.
15:33Et je peux vous dire
15:34que mes collègues
15:34et certains autres gouvernements
15:36aimeraient bien
15:37que certains l'appliquent.
15:38Ça vous a fait gagner
15:39des parts de marché en France ?
15:40Un tout petit peu.
15:403%.
15:41Ça fait surtout gagner
15:42de la sympathie des Français
15:43pour une entreprise.
15:44Vous voyez ?
15:45Et quelque part,
15:45ça a de la valeur.
15:46On est attaché à ce pays,
15:47c'est notre siège,
15:48on a 35 000 salariés.
15:49Le fait qu'aujourd'hui,
15:50partout, sur les plages,
15:51les gens disent
15:52qu'il y a une entreprise
15:52qui pense à nous,
15:53quelque part,
15:54alors qu'on est très décriés
15:55par ailleurs
15:55à cause des sujets
15:56qu'on a évoqués,
15:57ça a de la valeur,
15:58y compris de la fierté
15:59pour les salariés
15:59de TotalEnergie.
16:00Est-ce que ça vous permet
16:01d'éviter d'être...
16:02Vous savez qu'il y a
16:036 pays européens
16:03qui demandent une taxation
16:05des super profits
16:06des géants de l'énergie,
16:08pas la France,
16:08mais est-ce que le geste
16:10que vous consentez,
16:10enfin l'opération que vous consentez,
16:12va vous permettre
16:12d'échapper à ça ?
16:13Je n'en sais rien,
16:14on verra,
16:14je l'ai dit clairement.
16:16Si quelque part,
16:16il y a une taxation,
16:17on en tirera les leçons
16:18et il n'y aura plus jamais
16:18de plafonnement chez TotalEnergie.
16:20Il ne faut pas nous demander
16:20non plus de faire...
16:21Et c'est un vrai sujet.
16:22Mais dans le budget de 2027,
16:24la surtaxe exceptionnelle,
16:25vous n'y couperait probablement pas.
16:28La surtaxe de quoi ?
16:29Sur les grandes entreprises ?
16:30Sur les grandes entreprises.
16:30La bonne nouvelle,
16:31tiens, j'ai une bonne nouvelle pour vous,
16:33c'est oui,
16:33on ne va pas y couper,
16:34malgré tout.
16:35Parce qu'il se faut que
16:36TotalEnergie en 2026
16:38va payer l'impôt sur les sociétés.
16:40Puisque à cause du détroit d'Hormouz,
16:41on fait des profits,
16:42y compris en France,
16:43donc nous allons payer
16:43l'impôt sur les sociétés
16:44et donc on paiera les taxes.
16:46Alors la surtaxe,
16:47là je laisse les patrons de la FEP
16:49et des grandes entreprises
16:50à s'exprimer.
16:51Ce n'est pas une très bonne idée,
16:52franchement.
16:52Après, c'est une question de débat
16:54entre le gouvernement
16:55pour assurer la responsabilité.
16:55Mais elle vous concernerait
16:56cette surtaxe ?
16:57Elle va nous concerner, oui.
16:58Si je paye de l'impôt sur les sociétés,
16:59elle va me concerner
16:59et nous allons...
17:00TotalEnergie payera...
17:01Vous pensez que vous allez payer
17:02combien cette année ?
17:03J'en sais rien,
17:03probablement plusieurs centaines
17:04de millions d'euros.
17:05D'accord.
17:05Puisqu'encore une fois,
17:06et c'est pour ça que
17:07l'histoire de taxes sur les pétroliers...
17:09Attendez, il y a une taxe
17:10qui s'appelle l'impôt sur les bénéfices.
17:11Quand on fait beaucoup de bénéfices
17:13et là on va les faire en France,
17:14eh bien on va payer l'impôt
17:15qui est dû à l'impôt sur les sociétés.
17:17C'est une année exceptionnelle.
17:18Ce n'était pas le cas
17:19les dernières années.
17:20Non, parce que quand malheureusement
17:20les raffineries perdent de l'argent,
17:22je ne peux pas payer d'impôt.
17:23Elles vont en gagner,
17:23donc on va payer l'impôt.
17:24Et donc le débat, pour moi,
17:26c'est qu'on va appliquer.
17:27Donc on appliquera les règles.
17:28Vous êtes coté depuis 8 mois à New York,
17:31en plus de Paris,
17:32en parallèle de Paris.
17:33Est-ce que la ligne de Donald Trump
17:36sur les sujets climatiques,
17:38climato-sceptiques en fait,
17:40est-ce que ça pousse votre stratégie ?
17:42Est-ce que ça a une influence
17:43sur votre stratégie ?
17:44Parce que vos actionnaires américains,
17:45qui sont très importants,
17:46et vous allez nous redire
17:47quelle est la part dans le capital,
17:49les actionnaires américains
17:50n'ont pas le même regard
17:51que les actionnaires européens.
17:52D'abord, oui, ils ont beaucoup monté.
17:54Ils sont passés à plus de 50%.
17:55Et c'est parce que, en fait,
17:56principalement...
17:57Plus de 50% aujourd'hui.
17:58Plus de 50% aujourd'hui,
17:59parce que les actionnaires européens
18:00ont vendu les actions.
18:01Mais au passage,
18:02ce n'est pas un débat.
18:03En fait, notre stratégie,
18:05qui est effectivement originale
18:06et sur laquelle on reste ferme,
18:08puisqu'on vient de racheter d'ailleurs
18:10les énergies renouvelables
18:11dans nos concurrents.
18:12Vous voyez, donc on continue
18:13à dispenser 4 milliards par an
18:14dans les énergies décarbonées,
18:16renouvelables, électricité.
18:17Ça n'a pas d'influence.
18:18Il se trouve qu'aux Etats-Unis,
18:19ils la comprennent de mieux en mieux
18:21parce qu'il y a une électrification,
18:23les data senders,
18:24l'électricité est un sujet majeur
18:26aux Etats-Unis.
18:27Donc, voir un pétrolier
18:28s'être positionné sur l'électricité
18:30qui paraissait plutôt,
18:31quelque part,
18:32décrié il y a 3-4 ans,
18:33maintenant,
18:33ils soutiennent cette démarche
18:35parce qu'ils la voient.
18:36Alors, c'est l'électricité
18:36à base d'énergie renouvelable,
18:38à base de gaz,
18:38et nous continuons.
18:40Nous n'avons en rien
18:41coupé nos investissements
18:42dans les énergies renouvelables.
18:43Donald Trump, il est quand même...
18:43Vous avez quand même renoncé
18:45à un projet...
18:45On a renoncé à un projet
18:47éolien.
18:48Oui, un.
18:48Et pendant ce temps-là,
18:49je continue à investir
18:492 milliards par an.
18:50Donc, on peut toujours se focaliser
18:56de New York.
18:57On allait produire de l'électricité
18:59à 150 dollars du mégawatt-heure.
19:01Il n'y avait pas de client.
19:03En plus, il se trouve
19:04qu'on se heurtait après...
19:05C'est un projet qui prend du temps.
19:07Au fait qu'on nous disait
19:07que vous n'aurez pas les permis,
19:08de toute manière, etc.
19:09Donc, on avait le choix
19:10entre un arbitrage
19:10contre l'État américain
19:12ou se faire rembourser notre argent.
19:13On a choisi la deuxième voie,
19:15mais ça ne l'a pas arrêté.
19:16Nous continuons à approuver
19:17des projets éoliens,
19:19solaires aux Etats-Unis.
19:20Est-ce que vous diriez
19:20que Donald Trump est un peu
19:23un criminel sur le plan climatique ?
19:24Au regard de l'histoire
19:26avec un grand H.
19:27Ou alors, pour le dire autrement,
19:28est-ce que vous diriez
19:29que sa ligne est quand même
19:30assez fluctuante
19:32et que la politique des Etats-Unis
19:34n'est plus reconnaissable ?
19:35Il y a une politique qui est fluctuante,
19:37c'est bien le problème.
19:38Sur un projet d'Offshore Wind
19:39qui démarre, par exemple,
19:40nécessite 8 ans d'investissement,
19:42effectivement, nous,
19:42on ne sait pas investir
19:43dans un pays
19:44dont les politiques changent
19:45tous les 3 ans,
19:46tous les 4 ans.
19:46Ça, c'est un vrai problème.
19:48Par contre, celui qui n'a pas été fluctuant,
19:50c'est le Congrès.
19:50Parce qu'encore une fois,
19:51le Congrès américain,
19:52il nous a permis,
19:53il nous permet
19:54de continuer à faire l'investissement
19:56et il se trouve
19:57que les avantages fiscaux
19:58qu'il avait donnés sous Biden,
20:00ils vont complètement disparaître
20:01en 2029.
20:02On a le temps,
20:03en 2029,
20:03il y aura sans doute
20:04un autre président.
20:04Donc, vous voyez,
20:05il y a des ressorts de rappel
20:06dans ce système américain.
20:06Vous faites la transition parfaite.
20:08Vous étiez cette semaine
20:10aux rencontres du MEDEF.
20:12Sept candidats ont débattu.
20:14Un second tour
20:15à la présidentielle,
20:16Marine Le Pen,
20:17Jean-Luc Mélenchon.
20:18Est-ce que c'est une hypothèse
20:19qui vous inquiète
20:20pour l'économie française ?
20:21Ah oui,
20:22ça, ça m'inquiète
20:23pour l'économie française.
20:24Ça, c'est clair.
20:24Parce que quand j'écoute
20:25les programmes économiques
20:26des deux candidats,
20:28il y a de quoi être inquiet.
20:29Ça, je vais vous le dire clairement.
20:30C'est aussi pour ça,
20:31d'ailleurs,
20:31je considère qu'on doit
20:32s'engager avec eux.
20:33Qu'est-ce qui vous inquiète
20:33exactement ?
20:34Qu'est-ce qui vous inquiète
20:34chez l'un et chez l'autre ?
20:36Une forme d'étatisme.
20:37Oui.
20:38Une forme d'étatisme
20:40fort.
20:41On ne voit pas l'entreprise
20:43au cœur de leur programme.
20:44Alors que je pense
20:44que ceux qui créent
20:45des recherches dans ce pays,
20:46c'est l'entreprise.
20:47En fait,
20:47le sujet du pays,
20:49profondément pour moi,
20:50je l'ai exprimé,
20:51c'est de produire plus
20:52par le travail,
20:53de façon à créer des richesses
20:54pour les redistribuer.
20:56Moi, j'entendais ces programmes,
20:57on veut tout redistribuer
20:58sans s'occuper de la production.
21:00Ça, ça ne marche pas.
21:01Enfin, c'est la source
21:02de tous les déficits
21:03que l'on connaît.
21:03Donc, oui,
21:04et je suis inquiet
21:05quand j'entends
21:06des propositions
21:06qui ne me paraissent pas responsables,
21:08y compris sur la partie
21:09des finances publiques.
21:10L'élection de Marine Le Pen
21:11ou de Jean-Luc Mélenchon
21:12ferait, à vos yeux,
21:13courir un grand risque
21:14sur l'avenir économique
21:15de la France.
21:16Je pense que ça fera courir
21:17un risque à la France.
21:17Mais en même temps,
21:18vous aviez,
21:19au cours de cette université d'été,
21:21vous avez parlé
21:21de la faillite
21:23des partis traditionnels.
21:24Que s'est-il passé ?
21:25Non, mais moi,
21:26je n'ai pas parlé de faillite
21:27de traite.
21:27Ce n'est pas dans mes propos.
21:29Non, non, moi,
21:29je n'ai pas parlé.
21:30Vous l'avez,
21:31il y a quelques mois,
21:32si vous en avez parlé ?
21:32Ce que je veux dire,
21:33c'est qu'aujourd'hui,
21:33on constate qu'aujourd'hui,
21:34malheureusement,
21:35je vais vous dire,
21:36il y a un manque de courage
21:37dans toute la classe politique
21:38pour faire face à la situation.
21:39On est dans un modèle
21:40qui est étrange,
21:41où on pense qu'on taxe en plus,
21:43en mettant plus de charges sociales
21:45sur le travail,
21:46on va s'en sortir.
21:47Ça ne peut pas fonctionner.
21:49Il y a une réflexion profonde
21:50qui suppose du courage.
21:51Mais pour avoir le courage,
21:52c'est ce que j'ai exprimé au MEDEF,
21:54il faut avoir une vision
21:54pour la France.
21:55Moi, ce que j'attends,
21:56d'ailleurs, dans ce débat,
21:56c'est que les leaders
21:58expriment une vision.
21:59Je ne vois pas de vision.
22:00Parce qu'on peut demander
22:03à mon entreprise.
22:04Ce n'est pas parce qu'on a fixé
22:05un cap stratégique,
22:06qui est ce que j'ai décrit,
22:07que j'engage mes salariés.
22:08Je pense qu'il faut faire pareil
22:09avec les Français.
22:10Mais pour exprimer
22:11un courage collectif,
22:11il faut une vision.
22:12Moi, je pense que ce pays
22:13doit quelque part
22:14se remettre à produire,
22:16se remettre au travail.
22:18Donc, il faut des mesures
22:19assez radicales néanmoins
22:20sur la production
22:21pour baisser les impôts,
22:22c'est ça ?
22:23Mais par exemple,
22:23pour arrêter de faire
22:25que toutes les charges
22:25qui financent la protection sociale
22:27soient sur le travail.
22:28On n'est plus en 1945,
22:30on est en 2026.
22:32TVA sociale ou pas ?
22:33Ça peut être sur la consommation,
22:34ça peut être sur d'autres moyens.
22:35Ce que je sais,
22:36c'est qu'aujourd'hui,
22:37financer la protection sociale
22:38avec la démographie
22:39que nous avons
22:40n'est plus celle de 45
22:42uniquement sur le travail,
22:43ça ne peut pas fonctionner.
22:45Moi, si je veux augmenter...
22:46François Hollande dit
22:46j'augmente de 4 points
22:48la TVA, vous dites d'accord.
22:49Jean-Luc Méchon,
22:50je l'ai dit au patron,
22:51il faut augmenter les salaires.
22:52Je suis d'accord
22:52qu'on a un problème
22:52de salaire en France.
22:53Mais si j'augmente de 100 euros
22:55le salaire d'un de mes salariés
22:56en France,
22:57moi, ça me coûte 300 euros.
22:58C'est totalement inefficace.
23:00Il faut trouver un moyen
23:02de donner du pouvoir d'achat
23:04par l'entreprise,
23:05mais sans que ça soit
23:07le financement
23:07de toutes les dépenses sociales.
23:08Donc, tant qu'on n'aura pas
23:09accepté de regarder
23:10ce débat de près,
23:11et je ne le vois pas
23:12dans les programmes aujourd'hui
23:14de la plupart des candidats...
23:15Je le disais à l'instant,
23:16François Hollande propose
23:17d'augmenter de 4 points la TVA.
23:19Oui, très bien.
23:20On verra s'il est candidat.
23:21Je n'en sais rien,
23:22ce n'est pas mon sujet.
23:23Avant de se quitter,
23:24Patrick Pouyanné,
23:24une dernière question.
23:25Vous êtes à la tête
23:26de Total,
23:27puis Total Énergie,
23:28vous avez fait le changement
23:29de nom depuis 12 ans.
23:31Est-ce que vous identifiez
23:32aujourd'hui une erreur ?
23:35Quelque chose que vous referiez
23:37autrement, en tout cas ?
23:38Au besoin, on en fait des erreurs.
23:39J'ai appris une chose
23:40de mon prédécesseur,
23:41il m'a dit que tu feras des erreurs.
23:42Par contre, tu n'as pas le droit
23:43de les faire deux fois la même.
23:44Oui, on fait des erreurs,
23:46parce que quelque part,
23:47on essaie de...
23:48Dans un monde de transition,
23:50vous savez, on s'est engagé
23:51dans une diversification
23:52dans l'électricité.
23:53Tout ce qu'on a fait
23:54dans ce champ-là
23:54n'est pas parfait.
23:56Et aujourd'hui, on est amené à...
23:57On s'adapte, on corrige
23:59et on trouve des meilleurs modèles.
24:00Sur l'électrification ?
24:02Sur la façon dont on a investi.
24:04Là-dessus, vous iriez plus vite ?
24:05Pardon ?
24:05Vous iriez plus vite ?
24:06Je ne pouvais pas aller
24:07beaucoup plus vite que cela.
24:08Honnêtement, dépenser 4 à 5 milliards...
24:10Honnêtement, alors là,
24:11je peux vous dire,
24:11nous sommes allés beaucoup plus vite,
24:12même quand on a transformé
24:13Total en Total d'énergie en 2020.
24:15Je n'imaginais pas
24:16que je serais à 4 milliards
24:17ou 5 milliards d'investissement
24:18deux, trois ans après.
24:19En fait, la crise de 22
24:21qui nous a donné
24:21des résultats supplémentaires,
24:23on l'a réallouée largement
24:24à l'autre accélération.
24:25Je ne peux pas aller plus vite que ça.
24:26Donc, vous auriez aimé faire en 22
24:27le geste que vous faites
24:28dans les stations d'essence en 26.
24:30Oui, mais d'ailleurs,
24:30je l'ai fait en 23.
24:31Voilà, Claire,
24:32à l'erreur qu'elle évoquait.
24:35Patrick Pouyanné
24:35était l'invité
24:36d'On n'arrête pas l'écho.
24:38Merci d'avoir accepté
24:39l'invitation de notre émission.
24:41Merci.
24:41Merci.
24:41Merci.
24:41Merci.

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