00:00On est dans une situation budgétaire, on va sûrement en parler.
00:03On arrive dans une période qui est la période de la construction du budget 2027,
00:07qui est très difficile à plusieurs égards.
00:10Il y a la question des taux, il y a la question du contexte au Moyen-Orient,
00:14on en parlait, qui pèse sur les Français, qui pèse sur l'activité économique.
00:19Il y a la question du déficit, qui est un déficit encore bien trop élevé.
00:24Et puis je terminerai sur un point quand même,
00:26il y a le contexte politique national qui pèse sur notre capacité à redresser les finances publiques.
00:35Et donc ça va appeler des choix, ça va aussi appeler de la responsabilité de la part des uns et
00:39des autres.
00:39Est-ce que votre responsabilité n'est pas de dire que les objectifs ne seront pas tenus ?
00:45Je rappelle le contexte, lorsque le budget 2026 a été écrit,
00:51en réalité il était déjà, semble-t-il, faussé, mais il l'est encore plus aujourd'hui.
00:55L'objectif, c'était 1% de croissance et un déficit de 4,7% du PIB.
01:00Aujourd'hui, la croissance, le gouvernement lui-même l'a revue à la baisse.
01:03À partir de 1%, on est passé à 0,9%, puis on est passé à 0,7%.
01:08Aujourd'hui, l'INSEE, et c'est vendredi qu'ils l'ont dit,
01:12estime que la croissance du PIB au deuxième trimestre était en réalité de 0.
01:16C'est donc une stagnation.
01:18Alors que l'estimation était de plus 0,2%.
01:21Ça veut dire que tout va être revu à la baisse.
01:23Ça veut dire que déjà les 0,7% sur lesquels vous continuez à tabler,
01:26alors qu'ils étaient déjà bien moindres que ceux qui étaient prévus au départ,
01:29ne seront pas tenables.
01:31D'abord, Apolline de Malherbe, je ne peux pas vous laisser dire que le budget
01:34tel qu'initialement adopté au Parlement était un budget faussé.
01:39C'était déjà un budget, on va le dire, très optimiste.
01:43Non, c'était un budget.
01:44Très optimiste.
01:45Je ne veux pas dire que vous avez menti,
01:46mais qu'au moins vous avez fait preuve d'un optimisme un peu naïf.
01:48Je voudrais être très claire pour les Français qui nous écoutent là-dessus.
01:51C'était un budget qui s'appuyait sur le contexte qui était celui de janvier.
01:55Entre-temps, on a connu la fermeture du détroit d'Ormuz,
01:58qui a considérablement ralenti l'économie mondiale,
02:01impacté la croissance française, pas uniquement, mais aussi française.
02:05On a vécu un été, là encore, extrêmement difficile.
02:08Épisode de canicules qui se sont enchaînés.
02:11Sécheresse, impacte aujourd'hui sur les filières,
02:14je pense notamment aux filières agricoles.
02:16Et donc tout ça, bien sûr, pèse sur l'économie française.
02:19Mais on n'est déjà plus à 0,7.
02:21Je ne ferai pas ce matin de prévision d'actualisation.
02:24Enfin, c'est mécanique.
02:24Si l'INSEE nous dit que c'était zéro au dernier semestre,
02:28on sait qu'on ne tiendra pas les 0,7.
02:29Je ne suis pas ministre du Budget,
02:31je ne vais pas actualiser ce matin les prévisions de croissance.
02:34Ce que je peux vous dire, c'est que tout est fait
02:36et que tout sera fait pour atteindre l'objectif que nous, nous sommes fixés.
02:41Le ministre de l'Action et des Comptes Publics, David Amuel,
02:43avait déjà anticipé ces difficultés en annonçant des gels budgétaires
02:48à hauteur de 6 plus 3 milliards.
02:51Donc, c'est des sommes qui sont extrêmement importantes
02:53et qui visent à atteindre cet objectif.
02:55Puis ensuite, il va falloir qu'on regarde devant nous.
02:57On a une année 2027 qui est charnière sur le plan économique,
03:01sur le plan politique, sur le plan international.
03:03Et là encore, dans quelques semaines,
03:05le Parlement va débuter les discussions budgétaires.
03:07Il serait inconcevable et irresponsable
03:11de commencer l'année 2027 sans budget pour le pays.
03:15Merci.