00:00Vous pouvez nous dire ce soir quel est l'objectif d'économie du gouvernement ?
00:04On parle d'une trentaine de milliards d'euros.
00:05Est-ce que vous avez un détail plus précis à nous donner ?
00:09Ça se situe autour de 30 milliards d'euros.
00:13Mon collègue Roland Escure l'a dit ce matin même, je crois,
00:16dans les colonnes de vos confrères du Parisien.
00:18Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que sur le plan budgétaire,
00:21sur le plan financier, on fait face à des contraintes importantes.
00:26Ce qui se passe au Moyen-Orient, qui a massivement altéré la croissance,
00:30les sécheresses qu'on a traversées cet été,
00:33une croissance qui est impactée, qui est en berne,
00:36qui a été revue à 0,5 pour cette année,
00:38contre 1% en prévisionnel en début 2026.
00:43Nous sommes la seule grande puissance à être pénalisée sur la croissance
00:47par rapport à nos voisins européens.
00:48Comment vous l'expliquez ?
00:49On avait une croissance supérieure à la moyenne de la zone euro ces dernières années.
00:54Pas toujours.
00:55Et nous sommes dans des situations politiques, y compris intérieures, différentes.
00:59Certains de nos voisins ont fait des réformes que nous n'avons pas pu faire ces dernières années.
01:03On paye l'instabilité politique.
01:05Là encore, on paye en partie l'instabilité politique.
01:09Les débuts d'années en loi spéciale qui coûtent de l'argent.
01:12Tout ça, ça pèse sur le budget de l'État.
01:15Donc, c'est une évidence.
01:16La situation, elle est difficile.
01:18Nous, on discute avec l'ensemble des forces politiques.
01:20On va proposer une première copie qui sera discutée au Parlement
01:24avec quelques principes clairs.
01:27Le premier, pas de hausse d'impôt pour les Français.
01:31On y reviendra tout à l'heure.
01:33Mais c'est un point d'entrée en discussion qui est absolument majeur.
01:39Et ensuite, c'est bien sûr un déficit qui permet petit à petit
01:44de revenir à des finances publiques plus saines.
01:47Sans quoi, vous ne pouvez pas aider les Français lorsque vous traversez des crises
01:50et vous n'avez plus de quoi investir dans les grands services publics
01:52que sont la santé ou l'éducation.
01:53Maude Brejon, vous revenez sur les paroles de Roland Lescure
01:56qui aurait pu prédire d'ailleurs une formule assez, j'ai envie de dire, originale
02:01ou en tout cas qui fait référence à d'autres.
02:03Il dit aussi, je veux éviter que la France devienne la Grèce de 2009.
02:08Ce sont des parallèles qui font froid dans le dos.
02:11On en est là aujourd'hui ?
02:13On est dans une situation, encore une fois, qui est très difficile.
02:19L'Inspection générale des finances a publié un rapport il y a environ deux semaines.
02:23Ce rapport explique qu'en l'absence de budget, on pourrait atteindre un déficit
02:27autour de 5,9% l'année prochaine.
02:31Que l'absence de budget coûterait environ 15 milliards d'euros à l'État
02:35et donc aux contribuables, aux services publics.
02:38On voit en parallèle une situation internationale extrêmement tendue
02:44qui pèse sur l'économie française, ce qui se passe au Moyen-Orient en premier lieu.
02:49On voit une hausse des taux qui est importante, plus de 4%,
02:54qui là encore impacte considérablement le budget de l'État.
02:59Je vais donner un exemple.
03:01La hausse des taux d'intérêt, ça renchérit le coût de la dette,
03:06le coût de la dette d'environ 10 milliards d'euros l'année prochaine.
03:10Donc, quand vous mettez tout ça bout à bout,
03:12d'une part, effectivement, vous êtes face à un exercice qui est un exercice difficile.
03:17Ça va nécessiter de réfléchir ensemble à comment est-ce qu'on partage l'effort.
03:21Et ça va, je l'espère, inciter les différents acteurs politiques
03:25à s'accorder sur un budget de compromis pour quelques mois.
03:29Dit autrement, dit autrement, les ambitions présidentielles
03:32ne doivent pas précipiter la France dans le fossé.
03:35Merci.
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