- il y a 3 jours
Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, est l'invitée du Grand Oral 2027 sur BFMTV.
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00:05Bonsoir, bienvenue à tous dans le Grand Oral 2027, c'est le nouveau rendez-vous politique de BFM TV avec
00:11le Figaro.
00:12Bonsoir Maude Brejean.
00:14Bonsoir à tous.
00:14Et merci d'avoir accepté notre invitation.
00:16S'il fallait le rappeler, vous êtes la porte-parole du gouvernement et ministre déléguée en charge de l'énergie.
00:21Et vous êtes aussi, pour cette campagne présidentielle, le soutien, l'un des soutiens de l'ancien Premier ministre Edouard
00:27Philippe.
00:27Pour vous interroger ce soir à nos côtés, je salue Jim Charasse et bonsoir Jim, le rédacteur en chef du
00:32service politique du Figaro.
00:33Bonsoir Marie, bonsoir Maude Brejean.
00:34Bonsoir.
00:34Maude Brejean, démarrons cette interview par une image.
00:38Une image qui nous a interpellé ce matin.
00:40Regardez ce totem, ce totem d'une pompe à essence.
00:43Nous sommes dans les Alpes-Maritimes, précisément à Mougins, qui indique un litre de gazole à près de 2,97
00:50euros.
00:51Pour être tout à fait complet sur l'ensemble du territoire, on est à une moyenne pour le gazole, précisément
00:56à environ 2,30 euros.
00:58Près de 40 centimes supplémentaires en trois mois seulement.
01:02Est-ce que ce soir, la porte-parole du gouvernement qui est sur ce plateau dit aux Français, il va
01:06falloir s'habituer à ces tarifs exorbitants ?
01:10Non, parce que les Français ne peuvent pas s'habituer à ces tarifs exorbitants, comme vous le dites.
01:15Et nous sommes parfaitement conscients au gouvernement, Sébastien Lecornu le premier, de la difficulté que vivent depuis plusieurs mois maintenant
01:24bon nombre de nos concitoyens, de nombreuses entreprises aussi qui sont très dépendantes du prix et de l'évolution des
01:30prix du carburant.
01:31Je pense aux agriculteurs, on en a beaucoup parlé ces derniers jours et ces dernières semaines,
01:35pour qu'il a hausse du prix du GNR, le gasoil non routier qu'ils utilisent quotidiennement est une vraie
01:41difficulté.
01:42Et face à ça, on a pris une décision très tôt en mars dernier, c'est être aux côtés d
01:47'abord des entreprises les plus exposées,
01:50parce que derrière, ce sont des emplois et ce sont des salaires.
01:53Mais ça, on va y revenir.
01:54Et être aux côtés, pardonnez-moi, des Français les plus précaires qui travaillent.
01:58Et donc moi, je suis là pour dire, nous ne laisserons tomber personne, parce que nous avons parfaitement conscience
02:03d'à quel point cette situation est compliquée, parce que beaucoup de Français,
02:07je sais que vous vous envoyez sur vos plateaux, vous faites ces forums sur BFM,
02:11les Français viennent parler de leur quotidien, n'ont pas d'autre choix que de faire le plein plusieurs fois
02:16par mois,
02:17parfois pour aller au travail, aller à l'école, aller faire des courses,
02:20notamment dans les territoires ruraux où les distances sont plus longues.
02:23Et donc ils vivent une vraie difficulté.
02:25Mais ces tarifs affichés, quasiment 3 euros, encore une fois, nous sommes à Mougins, dans les Alpes-Maritimes,
02:32ce n'est pas le cas sur toute la France.
02:33Mais est-ce que vous vous dites que 3 euros sur toute une partie du territoire, c'est possible après
02:38-demain ?
02:39Alors, 3 euros, à l'heure où on se parle, c'est loin de la moyenne nationale.
02:43Et je vous remercie, vous avez eu l'honnêteté, si je puis dire, de la rappeler.
02:47Ce qu'on a vu là ne représente pas l'ensemble des stations françaises.
02:51Et ensuite, moi je me suis toujours refusé à faire des prédictions sur l'évolution des prix à horizon plusieurs
02:56semaines ou plusieurs mois.
02:58Pardon, mais sans faire de prédictions, pas voyantes, Maud Bréjon, mais le gouvernement fait des prévisions,
03:03notamment pour construire son budget.
03:04Quand vous, on connaît la situation aujourd'hui en Iran, maintenant c'est la mer Rouge qui inquiète
03:09depuis que les outils qui sont alliés aux Iraniens ont pris le contrôle du détroit,
03:12qui permet normalement de rentrer dans la mer Rouge.
03:16Est-ce que l'évolution à la hausse va continuer pour vous et pour le gouvernement ?
03:20Et jusqu'où elle peut aller ?
03:21Encore une fois, j'aimerais pouvoir vous répondre.
03:24Le fait est qu'aujourd'hui, les prix ont augmenté, massivement augmenté,
03:29avec un premier pic en avril-mai dernier,
03:32et puis de nouveau depuis la seconde quinzaine du mois d'août environ jusqu'à encore aujourd'hui.
03:38Vous avez raison de rappeler ce qui se passe à Hormuz
03:40et ce qui se passe récemment dans le détroit de la Haie-le-Mandette,
03:42parce que c'est le cœur du problème auquel on est confronté aujourd'hui.
03:46Et on aurait tort, je crois, de faire fi de ce qui se passe à l'international,
03:52puisque au fond, c'est le cœur du problème des Français.
03:54Et donc, une des grandes réponses, c'est ce que fait le président de la République
03:58au niveau international, sur le plan diplomatique,
04:01parce que la vraie réponse pour permettre un retour des prix à la normale,
04:06si je puis dire, je mets des guillemets,
04:07c'est évidemment la libération la plus rapide possible du détroit d'Hormuz.
04:12– Parce que vous dites donc, dans les faits, c'est en partie en votre veau main,
04:15mais pas complètement, c'est ça aussi la réalité.
04:17– Ce qui se passe au prix à la pompe dépend aujourd'hui exclusivement
04:22des décisions qui sont prises par d'autres, et notamment au Moyen-Orient.
04:26Ça nous rappelle, mais on y viendra peut-être tout à l'heure,
04:28ce que signifie être dépendant en matière énergétique.
04:31Et là, je parle plutôt depuis ma casquette de ministre de l'énergie,
04:34quand vous dépendez, pardon, pour 60%, 60 milliards d'euros importés par an,
04:42du gaz, pardon, et du prix du baril, décidés par d'autres grandes puissances,
04:47et dont les prix évoluent en fonction de ce que décide M. Trump, par exemple,
04:51ou de ce que décidait hier Vladimir Poutine,
04:54et bien vous êtes pieds et poings liés à des actions et des décisions que vous mettez.
04:58– Vraiment, vous l'avez dit en préambule.
05:00– Et donc, on y reviendra, je voudrais juste terminer là-dessus,
05:02parce que ce n'est pas une réponse de court terme, j'en ai bien conscience,
05:06mais à moyen et long terme, la vraie réponse structurelle,
05:09c'est la sortie des énergies fossiles.
05:10– Est-ce que vous prononcez ces mots « choc pétrolier »,
05:13on se souvient évidemment de ce que ça signifie historiquement,
05:17ça fait des mois qu'on est dans cette situation de crise,
05:20qui n'est plus une crise conjoncturelle, et on le sait, ça va peut-être durer,
05:25est-ce que vous pouvez aujourd'hui dire aux Français,
05:28« nous sommes face à un nouveau choc pétrolier ».
05:31– Nous sommes face à une nouvelle crise énergétique,
05:34et je choisis volontairement plutôt ces mots,
05:36parce que ça va malheureusement au-delà de la question du pétrole.
05:41On en parlera aussi peut-être tout à l'heure, mais la question du gaz,
05:4520% du GNL circulait via le détroit d'Hormuz, 20% au niveau mondial,
05:52le gaz a considérablement, le prix du gaz a considérablement augmenté,
05:56pas uniquement en France évidemment, mais aussi en France,
06:00et donc on est face, je crois, à ce qu'on appelle une nouvelle crise énergétique,
06:04mais de toute évidence, enfin les Français le voient,
06:07ensuite est-ce qu'il faut faire le parallèle avec le choc pétrolier du siècle dernier,
06:11on est dans des environnements internationaux qui sont quand même très différents,
06:17mais en tout état de cause, ce que ressentent les Français quand ils vont faire leur plein,
06:21c'est bien là, et ce que ressentent les Français lorsqu'ils paient leur facture de gaz,
06:25c'est bien là aussi.
06:26– Moëte Bréjean, ça fait des mois que Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis
06:28vous demandent de bloquer les prix des carburants à 1,70€,
06:32Ségolène Royal demande désormais aussi la même chose,
06:34et ils ont reçu un renfort assez inattendu cette semaine,
06:38c'est Michel-Édouard Leclerc, qui à ma connaissance n'est pas ni insoumis ni socialiste,
06:42qui a dit lui aussi, ça ne peut plus durer, il faut plafonner les prix,
06:46aujourd'hui ça fait trop mal aux Français, ça coûte trop cher à la croissance,
06:49est-ce qu'à un moment, vous pourriez le faire ?
06:52– Moi j'adorerais avoir une baguette magique,
06:55et pouvoir du jour au lendemain décider que le prix du carburant ne dépasse pas,
06:59alors 1,70€ c'était l'exemple de Ségolène Royal,
07:02d'autres auront d'autres référentiels.
07:04La vérité c'est que si on bloque aujourd'hui le prix,
07:07à un niveau inférieur à ce qu'on doit acheter sur les marchés,
07:12les fournisseurs ne pourront plus s'approvisionner,
07:14et donc on risque par des situations de pénurie.
07:19Je vais grossir un peu le trait, si vous dites c'est 1,70€,
07:23alors qu'en réalité c'est 1,90€ votre prix de revient à l'achat sur le marché,
07:27en fait vous êtes en situation où vous ne pouvez plus vendre de l'essence ou du diesel,
07:32et donc vous créez des situations de pénurie.
07:34D'autres pays européens en ont fait l'expérience,
07:37et ces situations de pénurie sont arrivées.
07:39Et donc la vraie réponse encore une fois…
07:42Michel-Edouard Lecaque est le premier vendeur de carburant en France après Total,
07:45se plante complètement et il faut qu'il réapprenne l'économie.
07:49Je ne me permettrais certainement pas de lui donner des leçons d'économie
07:54ou de distribution de carburant, c'est un grand spécialiste,
07:56je réponds là à la France insoumise, au Parti socialiste,
08:00pour ne citer qu'eux, en tout cas à ceux qui ont mis cette idée-là sur la table,
08:04c'est une idée qui est complètement déconnectée du réel.
08:08Autre idée, Maud Brejon, autre idée, parce que la hausse des prix du carburant,
08:12le pouvoir d'achat plus globalement, devient un des sujets de cette campagne présidentielle.
08:16L'ERN, depuis des mois encore, propose lui une baisse massive des taxes sur ces carburants.
08:21Marine Le Pen, Aynin Beaumont dans son discours, la redire aujourd'hui, écoutez-la.
08:26Nous la défendons bec et ongle depuis 5 ans,
08:29c'est la baisse de 20 à 5,5 de la TVA
08:31et la suspension des hausses d'impôts d'Emmanuel Macron et d'Edouard Philippe
08:36sur l'énergie, électricité, gaz, fuel et bien sûr carburant
08:42dont les prix ne cessent de monter et étouffent les Français.
08:47Maud Brejon, est-ce qu'à un moment donné, vous pourriez aller vers cette baisse de la TVA ?
08:51Ce que propose Marine Le Pen, ça coûte environ 15 milliards d'euros par an.
08:56Entre 10 et 15 milliards d'euros, fonction...
08:58Le chiffre autrement, un peu moins que 10 milliards par an.
09:01En fonction des vecteurs énergétiques que vous touchez,
09:05c'est une somme d'argent absolument colossale.
09:09Marine Le Pen ne dit pas comment elle finance cette baisse de taxes.
09:13Elle a semble-t-il des pistes.
09:14La réalité, c'est que lors du précédent budget,
09:17ses députés ont voté 35 milliards d'euros de hausse d'impôts
09:20et donc pour les contribuables, en plus à l'Assemblée nationale.
09:23Si c'est par ce biais-là que l'on finance,
09:26on voit bien qu'à la fin, ça ne boucle pas.
09:28Moi, je me refuse à donner aux Français de la main droite
09:32ce qu'on leur reprendrait de la main gauche.
09:34Et puis, encore une fois, si on a une approche de moyen et de long terme,
09:39ce n'est pas en subventionnant les énergies fossiles
09:42qu'on va se prémunir des crises à venir.
09:45Il faut bien comprendre qu'on est dans un monde
09:47où l'énergie est devenue le nerf de la guerre
09:49et où des crises énergétiques risquent de se succéder.
09:53Et la vraie réponse efficace pour les Français
09:56et pour leur pouvoir d'achat,
09:59c'est la sortie des énergies fossiles.
10:01Et s'équiper en voitures électriques, par exemple.
10:03C'est les aider et ça prendra du temps.
10:05Mais à passer d'une voiture thermique à une voiture électrique
10:08et ça marche, 38% des voitures neuves en août
10:11étaient des voitures électriques,
10:12c'était 19% l'année dernière.
10:15Ça a massivement évolué.
10:15Mais vous entendez ceux qui vous disent
10:17que c'est une réponse de long terme ou de moyen terme.
10:22Ceux qui, là, aujourd'hui, payent leur quart d'euro
10:24de 508.
10:24C'est une réponse de long terme, mais elle est essentielle.
10:26Et donc on doit marcher sur nos deux jambes.
10:28D'un côté, une réponse de court terme,
10:30c'est le soutien aux entreprises,
10:32c'est l'aide pro-rouleur, 100 euros pour 3 millions de Français.
10:36Et de l'autre, c'est cette transition énergétique
10:38parce que c'est le seul vrai remède à la dépendance
10:42qui nous frappe aujourd'hui.
10:43Sur cette prime gros rouleur, vous avez annoncé
10:46qu'elle serait reconduite jusqu'au mois d'octobre.
10:50La moitié des Français qui pourraient être concernés
10:53par cette prime n'y ont pas eu recours.
10:55Comment vous l'expliquez ?
10:56Est-ce que ce n'est pas la démonstration
10:57que finalement ce n'est pas le bon dispositif ?
10:59Ce que je peux vous dire, c'est qu'on a mis en place
11:01le dispositif le plus simple et le plus accessible possible
11:06avec une plateforme, encore une fois, la plus simple,
11:10avec des conditions qui soient faciles d'accès
11:14pour les Français qui y ont droit.
11:16Et comment vous l'expliquez ?
11:173 millions de personnes peuvent en être bénéficiaires.
11:221,5 million environ en ont fait la demande.
11:25C'est déjà beaucoup.
11:26Et donc, moi, je continue à dire,
11:28et vous continuez à le dire aussi sur votre plateau,
11:30il y a aujourd'hui plus d'un million de Français
11:32qui y ont droit et qui n'ont pas fait la demande.
11:34« Connectez-vous sur le site d'impôts.gouv ».
11:37Vous pouvez faire une simulation,
11:39voir si vous y avez droit ou pas.
11:41C'est facile.
11:42Je l'ai fait moi-même pour tester.
11:44Oui, parce que je l'ai vu que vous n'êtes pas éligible.
11:46Bien sûr, mais pour tester ce que ça donnait,
11:47pour m'assurer que c'était, encore une fois, facile d'accès.
11:50Cette simulation, elle prend quelques secondes.
11:52Quelques secondes.
11:53Vous tapez « prime carburant, gros rouleur simulation »
11:56sur Google et en quelques secondes,
11:58vous rentrez vos niveaux de revenus,
12:00quelques critères et ça vous dit
12:02si oui ou non vous y avez droit.
12:04Donc c'est un dispositif que vous pourriez reconduire.
12:07J'incite vraiment ceux qui peuvent le faire à le faire.
12:09On comprend que c'est votre solution aujourd'hui,
12:11que ça n'a pas changé.
12:12C'est une prime qui pourrait être reconduite
12:13au-delà du mois d'octobre.
12:15Écoutez, on est dans une situation
12:16qui est très dure pour les Français.
12:17On s'adapte depuis le mois de mars.
12:20On a fait le choix fin août
12:22de prolonger d'un mois la mise en place des aides
12:25pour les entreprises les plus en difficulté
12:27et de prolonger également ce dispositif gros rouleur.
12:31On s'adaptera dans les semaines à venir
12:33est-ce qu'il faut aider davantage les Français
12:36en plus de ce que nous avons déjà fait ?
12:39Nous verrons.
12:40Moi, je ne ferme pas de porte.
12:41Je ne ferme pas de porte
12:43à continuer à aider les Français,
12:45à aider peut-être davantage ceux qui en ont besoin
12:47parce qu'on est dans une situation extrêmement difficile.
12:51Je ne sais pas vous dire
12:52ce que sera le prix du carburant demain.
12:53Mais quand vous dites « fermer pas de porte »,
12:55ça veut dire quoi ?
12:56Qu'est-ce qu'on doit comprendre
12:57dans vos déclarations ce soir,
12:58Maud Brejon ?
12:59C'est-à-dire que vous pourriez aller plus loin ?
13:01Vous pourriez aller plus loin que le mois d'octobre ?
13:02Ça veut dire que beaucoup de Français
13:05vivent une situation extrêmement difficile.
13:08Je ne sais pas vous dire aujourd'hui
13:10ce que sera le prix du plein d'essence demain.
13:12Et donc, il serait irresponsable de ma part
13:16de dire « jamais, au grand jamais,
13:19nous n'aiderons davantage les Français
13:20que ce que nous faisons déjà aujourd'hui ».
13:22Voilà.
13:23Donc, on s'adapte depuis le départ.
13:25Je rappelle quand même que c'est plus d'1,4 milliard d'euros
13:29que l'État a mis sur la table
13:31pour aider les Français les plus précaires qui travaillent
13:33et les entreprises les plus en difficulté
13:36depuis le début de cette crise.
13:37Il y a aussi une réalité budgétaire.
13:39On parlera après de la discussion budgétaire.
13:41On va y vivre.
13:42C'est un point qui est important.
13:43C'est aussi un point qui nous contraint
13:45dans les décisions que l'on prend.
13:47Pour autant, voilà, on n'est pas aveugle
13:49à la difficulté que traversent les Français aujourd'hui.
13:52Ces difficultés des Français,
13:54on les voit aussi aujourd'hui
13:55dans un possible retour des Gilets jaunes.
13:57BFMTV a révélé hier le contenu d'une note
13:59des renseignements territoriaux
14:01qui dit que les appels à manifester
14:03sont de plus en plus nombreux
14:04depuis quelques jours sur les réseaux sociaux.
14:06Il y a à la fois des Gilets jaunes
14:07qui veulent retourner sur le terrain
14:09et d'autres Français qui menacent d'y aller aussi.
14:12Est-ce que ça vous inquiète, tout simplement ?
14:14Ce qui m'inquiète, c'est la situation
14:18dans laquelle se trouvent des millions de Français
14:22qui, encore une fois, ont...
14:24Vous comprenez ceux qui disent aujourd'hui
14:25la seule façon de se faire entendre ?
14:27...qui ont du mal à payer leurs factures.
14:30On est, je le redis, dans une situation
14:31qui est difficile et on le sait.
14:33Est-ce que ça nécessite un parallèle
14:35avec les Gilets jaunes ?
14:37Certains le font eux-mêmes.
14:38Certains le font.
14:39Certains vous diront qu'on était
14:40dans un contexte différent,
14:41que d'ailleurs le prix de licence
14:43était bien moins haut à l'époque
14:46et que donc les tenants et les aboutissants
14:49étaient peut-être un peu différents.
14:52Je n'en sais rien.
14:53Je n'en sais rien.
14:54Ce que je sais, c'est que beaucoup de Français
14:56sont inquiets et que nous comprenons leurs inquiétudes.
14:59Vous avez peut-être entendu sur ce plateau
15:00Olivier Faure, patron des socialistes
15:03et candidat à la primaire,
15:04qu'il soutiendrait, moi, les Français
15:06qui se mobiliseront.
15:07Fabien Roussel, chez les communistes,
15:08va encore plus loin.
15:09Il lance un appel à la mobilisation.
15:11Je vous propose qu'on l'écoute.
15:13J'appelle les Français à occuper les ronds-points,
15:15à se mobiliser devant les sous-préfectures,
15:17devant Matignon, l'Elysée,
15:18devant le siège de Total.
15:20Partout où ces décisions se prennent,
15:22il faut que ça agisse vite et fort maintenant.
15:25Le candidat, Maude Brejean,
15:26du Parti communiste français,
15:27est-il dans son rôle ou vous craignez
15:29de sa part et d'autres responsables
15:31d'une forme de récupération ?
15:32Je préférerais longtemps
15:33d'essayer de chercher, de proposer
15:36des solutions.
15:37Je préférerais voir les députés communistes,
15:40et Fabien Roussel était député communiste hier,
15:44participer au débat à l'Assemblée nationale
15:46lors du prochain projet de loi de finances,
15:48parce que c'est un peu moins tape à l'œil
15:51que d'appeler à manifester devant l'Elysée
15:53ou devant Matignon.
15:55Mais c'est ce qui, en réalité,
15:56règle durablement les problèmes des Français.
15:59Jim.
16:00Une question sur le budget,
16:01vous l'avez évoqué tout à l'heure.
16:03Je crois qu'il va y en avoir plusieurs.
16:04Oui, plusieurs questions.
16:05Je vous prépare, psychologiquement.
16:06C'est un gros dossier auquel on va s'atteler maintenant.
16:09On entre dans la toute dernière ligne droite du budget.
16:12Le gouvernement doit développer,
16:14détailler sa feuille de route le 30 septembre.
16:17Est-ce que vous pouvez nous dire ce soir
16:18quel est l'objectif d'économie du gouvernement ?
16:21On parle d'une trentaine de milliards d'euros.
16:23Est-ce que vous avez un détail plus précis à nous donner ?
16:27Ça se situe autour de 30 milliards d'euros.
16:30Mon collègue Roland Lescure l'a dit ce matin même,
16:33je crois, dans les colonnes de vos confrères du Parisien.
16:36Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que sur le plan budgétaire,
16:39sur le plan financier, on fait face à des contraintes importantes.
16:44Ce qui se passe au Moyen-Orient, qui a massivement altéré la croissance,
16:48les sécheresses qu'on a traversées cet été.
16:50Une croissance qui est impactée, qui est en berne,
16:54qui a été revue à 0,5 pour cette année,
16:56contre 1% en prévisionnel en début 2026.
17:01Nous sommes la seule grande puissance à être pénalisée
17:04comme ça sur la croissance par rapport à nos voisins européens.
17:06Comment vous l'expliquez ?
17:07On avait une croissance supérieure à la moyenne de la zone euro
17:10ces dernières années.
17:13Nous sommes dans des situations politiques,
17:15y compris intérieures différentes.
17:17Certains de nos voisins ont fait des réformes
17:19que nous n'avons pas pu faire.
17:20On paye l'instabilité politique.
17:23Là encore, on paye en partie l'instabilité politique.
17:26Les débuts d'années en loi spéciale qui coûtent de l'argent,
17:30tout ça, ça pèse sur le budget de l'État.
17:32C'est une évidence.
17:34La situation est difficile.
17:35Nous, on discute avec l'ensemble des forces politiques.
17:38On va proposer une première copie
17:41qui sera discutée au Parlement
17:42avec quelques principes clairs.
17:45Le premier, pas de hausse d'impôt pour les Français.
17:49On y reviendra tout à l'heure.
17:50Mais c'est un point d'entrée en discussion
17:55qui est absolument majeur.
17:57Et ensuite, c'est bien sûr un déficit
18:00qui permet petit à petit
18:02de revenir à des finances publiques plus saines,
18:04sans quoi vous ne pouvez pas aider les Français
18:06lorsque vous traversez des crises
18:08et vous n'avez plus de quoi investir dans les grands services publics
18:10que sont la santé ou l'éducation.
18:11Maud Brejon, vous revenez sur les paroles de Roland Lescure
18:14qui aurait pu prédire, d'ailleurs, une formule assez,
18:18j'ai envie de dire, originale,
18:19ou en tout cas qui fait référence à d'autres.
18:21Il dit aussi, je veux éviter que la France devienne la Grèce de 2009.
18:25Ce sont des parallèles qui font froid dans le dos.
18:28On en est là aujourd'hui ?
18:30On est dans une situation, encore une fois,
18:33qui est très difficile.
18:36L'Inspection générale des finances
18:38a publié un rapport il y a environ deux semaines.
18:41Ce rapport explique qu'en l'absence de budget,
18:44on pourrait atteindre un déficit
18:45autour de 5,9% l'année prochaine.
18:48Que l'absence de budget coûterait environ
18:5115 milliards d'euros à l'État
18:53et donc aux contribuables,
18:55aux services publics.
18:57On voit en parallèle une situation internationale
19:01extrêmement tendue
19:02qui pèse sur l'économie française,
19:04ce qui se passe au Moyen-Orient en premier lieu.
19:07On voit une hausse des taux qui est importante,
19:10plus de 4%,
19:12qui là encore impacte considérablement
19:15le budget de l'État.
19:17Je vais donner un exemple.
19:19La hausse des taux d'intérêt,
19:21ça renchérit le coût de la dette,
19:24le coût de la dette d'environ 10 milliards d'euros
19:26l'année prochaine.
19:28Donc, quand vous mettez tout ça bout à bout,
19:30d'une part, effectivement,
19:32vous êtes face à un exercice
19:33qui est un exercice difficile.
19:35Ça va nécessiter de réfléchir ensemble
19:37à comment est-ce qu'on partage l'effort.
19:39Et ça va, je l'espère,
19:41inciter les différents acteurs politiques
19:43à s'accorder sur un budget de compromis
19:45pour quelques mois.
19:46Dit autrement, dit autrement,
19:48les ambitions présidentielles
19:50ne doivent pas précipiter la France
19:52dans le fossé.
19:53Les partis politiques n'ont aucun intérêt
19:56à priver la France d'un budget.
19:58Les Français n'ont aucun intérêt
20:00à ce que ce pays se retrouve
20:02en loi spéciale
20:03pendant 6, 7 ou 8 mois,
20:05le temps qu'une nouvelle assemblée
20:06se mette en place.
20:07Donc, trouvons un budget de compromis
20:09qui pourrait être en partie réversible,
20:11qui n'engage pas la France
20:14sur des années durant,
20:16mais qui permette, là encore une fois,
20:18un budget de sauvegarde.
20:19Il y a des millions de retraités
20:20qui attendent de savoir aujourd'hui
20:21ce qui va se passer pour eux
20:22à partir du 1er janvier prochain.
20:24Roland Lescure, toujours lui,
20:25dit ce matin qu'il ne va pas
20:26les matraquer.
20:28Ça veut dire quoi ?
20:28On ne va pas matraquer les retraités.
20:30Ça veut dire qu'on a un débat
20:31qui commence à être un débat
20:33un peu malsain, me semble-t-il,
20:36dans les médias
20:37et dans les discussions
20:38qu'on peut avoir ici ou là
20:40depuis quelques jours
20:40ou quelques semaines,
20:41parce qu'il se centre uniquement
20:44sur l'effort,
20:45l'effort des retraités.
20:46Donc, moi, je voudrais dire...
20:47Les ministres ont multiplié
20:48les déclarations sur
20:50qu'est-ce que c'est
20:50qu'un retraité riche, pauvre.
20:52Prenons notre part.
20:54Je vais vous le dire autrement.
20:55Les retraités ne porteront pas
20:57l'effort central de ce budget.
21:00Mais ils porteront une partie
21:01de l'effort.
21:01L'effort central de ce budget
21:02sera porté par l'État,
21:04d'une part.
21:05D'autre part,
21:06Mais ils porteront une partie
21:07d'effort.
21:07Aucun retraité, pardon,
21:09ne verra évidemment
21:10sa pension diminuer.
21:11Nous voulons,
21:12et c'est une ligne claire
21:13du Premier ministre,
21:13que les retraités
21:14les plus modestes
21:15soient évidemment
21:17principalement préservés.
21:18Et ensuite,
21:19il y a une question
21:20de répartition de l'effort,
21:21mais qui ne concerne pas
21:22que les retraités,
21:24qui concerne,
21:25certains diront,
21:26les entreprises,
21:27d'autres auront
21:27d'autres idées,
21:28je n'en doute pas,
21:29une fois arrivées
21:29à l'Assemblée nationale.
21:31Et donc, ensemble,
21:31on va se poser la question
21:33de la répartition de l'effort.
21:35Mais il est hors de question
21:36que les retraités
21:37soient les vaches à l'aide
21:38de ce budget.
21:38Quand vous nous dites
21:39les retraités
21:40les plus modestes
21:41seront épargnés,
21:42je crois,
21:42reprendre vos mots,
21:43est-ce que ça veut dire
21:44que, un,
21:45leurs retraites
21:45seront revalorisées
21:47du même montant
21:47que l'inflation,
21:48et deux,
21:48qu'ils conserveront
21:49leur abattement actuel
21:50de 10 %,
21:51ceux-là,
21:52les plus modestes ?
21:53Ça veut dire deux choses.
21:55Ça veut dire,
21:56d'une part,
21:57qu'il est hors de question
21:59de cibler,
22:00d'ailleurs ce mot
22:01est en soi très négatif,
22:03les retraités
22:04comme une masse homogène
22:05qu'on pourrait appréhender
22:06de la même façon.
22:08Vous avez,
22:09comme au sein des actifs,
22:11comme au sein des jeunes,
22:12des gens qui sont
22:12dans des situations différentes.
22:14Donc, l'idée,
22:15encore une fois,
22:16que les retraités
22:18contribueraient
22:18en premier lieu
22:19à ce budget,
22:20c'est qu'il y ait une idée
22:21qui est en train
22:21de s'installer
22:22dans le débat public
22:22et fausse.
22:23Mais vous envisagez donc,
22:24si on comprend bien,
22:25des mesures ciblées
22:26qui pourraient toucher
22:28les retraités
22:29les plus aisés.
22:30Il reste encore
22:31à définir ce que ça veut dire.
22:32Le Premier ministre a mandaté
22:33le ministre de l'Économie,
22:34Roland Lescure,
22:35et le ministre du Budget,
22:36David Amiel,
22:36pour rencontrer
22:37l'ensemble des forces politiques
22:38et discuter avec eux
22:40de...
22:41Des rencontres
22:41qui auront lieu
22:42dans les prochains jours.
22:42Qui auront lieu
22:43dans les prochains jours
22:44pour faire le point
22:45avec eux
22:46sur ce qu'ils estiment
22:48possible,
22:49raisonnable,
22:49C'est très bien
22:49qu'il n'y a pas
22:50de consensus
22:50sur le sujet.
22:51Au contraire,
22:52inadmissible.
22:53Ça permettra
22:53au moins
22:55à chacun
22:55d'avoir une parole claire
22:57et de là,
22:58nous prendrons
22:58une décision
22:59qui sera une décision
23:00à discuter
23:01ensuite.
23:02C'est-à-dire
23:03qu'il y aura
23:04un texte présenté
23:05et puis une Assemblée nationale
23:06et un Sénat
23:07qui ensuite
23:08en débattront.
23:08Donc il y a encore
23:09du temps.
23:10Mais l'idée
23:11selon laquelle
23:12les retraités
23:13seraient les premiers
23:14visés de ce budget
23:16est une idée fausse.
23:17Vous pourriez aussi,
23:18vous, ministre,
23:19être visé
23:20dans ce budget
23:21parmi les fuites
23:24qui nous sont parvenies.
23:25Information de cette semaine
23:26de la rédaction
23:27de BFM TV
23:28du service politique,
23:29le Premier ministre
23:30envisage de diminuer
23:31les indemnités
23:32des ministres.
23:33Vous, vous êtes prêts
23:34à être payés moins ?
23:35En fait, la question
23:36qu'il y a derrière
23:36c'est celle
23:36de l'exemplarité,
23:37tout simplement.
23:38Donc un peu facile,
23:40un peu démago aussi, non ?
23:41Non, d'abord moi je pense
23:43que la symbolique
23:43ça a de l'importance.
23:45C'est en partie
23:46de la symbolique.
23:47C'est de la symbolique
23:47parce que ça ne rapporte
23:48que très très peu.
23:49On est d'accord.
23:50La symbolique,
23:51il y a de nombreux exemples
23:53qui pourraient l'illustrer
23:54en la matière,
23:55en politique,
23:57donc lorsqu'on demande
23:58aux uns et aux autres
23:59de contribuer,
24:00la question n'est pas
24:01de contribuer tous
24:02exactement de la même façon
24:04mais d'avoir le sentiment
24:06qu'au fond,
24:07son voisin
24:08fait aussi son possible.
24:09Voilà.
24:10Et donc si les ministres
24:10doivent prendre part
24:11à l'effort,
24:12y compris bien sûr
24:13que c'est symbolique
24:14ramené à l'échelle
24:15du budget de l'État,
24:16c'est celle de la réindexation
24:18du barème de l'impôt
24:19sur le revenu
24:20sur l'inflation.
24:21Ça a l'air complexe
24:22mais ça veut dire que
24:23si on est augmenté
24:24d'un ou deux pour cent
24:24cette année,
24:25si le barème est réévalué,
24:27on ne paiera pas
24:27plus d'impôts.
24:28Est-ce que vous allez le faire ?
24:29Est-ce que ce barème
24:30va suivre l'inflation
24:31ou est-ce que vous gelez tout ?
24:32Ce qui veut dire
24:33que beaucoup plus de monde
24:33paiera des impôts.
24:35Nous proposerons
24:36l'indexation du barème
24:37de l'impôt sur le revenu,
24:38sur l'inflation.
24:39Complète,
24:39sur l'inflation complète,
24:40il est hors de question
24:42de geler ce qu'on appelle
24:44le barème de l'IR
24:45parce que vous avez eu raison
24:47de le préciser,
24:47c'est un peu technique.
24:48Si on gelait ce barème de l'IR,
24:51ça amènerait mécaniquement
24:52une hausse d'impôts
24:54pour l'ensemble des Français
24:55soumis à l'impôt
24:56sur le revenu.
24:57Ça, c'est arbitré,
24:58c'est une annonce
24:58que vous nous faites ce soir
24:59sur BFM TV.
25:00J'ai dit il y a dix minutes
25:01que nous refusions
25:03toute hausse d'impôts.
25:05Le gel du barème de l'IR
25:06serait, entraînerait
25:08des hausses d'impôts
25:08pour l'ensemble des Français.
25:10Et donc, il est pour nous
25:11hors de question
25:12de proposer le gel
25:13du barème de l'IR.
25:15Si certains députés
25:16veulent le proposer
25:17à l'Assemblée nationale
25:19grand bien leur face,
25:20nous, nous y sommes opposés.
25:21Ce qui veut dire,
25:22pour être complet,
25:23que ceux qui ne verront pas
25:24leur revenu augmenter
25:26cette année
25:27auront une baisse d'impôts
25:28l'an prochain
25:29grâce à cette hausse du barème.
25:32Ça s'apparente
25:33à une petite baisse d'impôts
25:34pour certains.
25:34Ça s'apparente
25:35à une petite baisse d'impôts
25:36effectivement parce que
25:37vous augmentez
25:38légèrement l'ensemble
25:39des tranches
25:39sur la base de l'inflation.
25:40Est-ce que vous avez pu
25:41chiffrer cette indexation
25:43puisque l'inflation
25:44est beaucoup plus élevée
25:45que l'an passé ?
25:46On était autour de 0,9
25:47l'an passé.
25:48On dépasse les 2%
25:50dans l'année qui vient.
25:51Est-ce que,
25:52mécaniquement,
25:53ça va augmenter
25:54l'enveloppe
25:56que vous allez devoir
25:58perdre ?
25:59Il est certain
26:00que si on avait proposé
26:01le gel du barème de l'IR,
26:02ça aurait été plutôt bénéfique
26:03pour les finances publiques.
26:04Et je n'ai pas le coût
26:06et le chiffrage exact
26:07de ce que représentera
26:09l'indexation sur l'inflation.
26:11Mais enfin,
26:11je ne peux pas vous dire
26:12pas de hausse d'impôts
26:14et en même temps,
26:15on va geler le barème de l'IR
26:17et donc augmenter mécaniquement
26:18l'impôt de l'ensemble
26:19des Français.
26:19Ce serait complètement
26:20contradictoire.
26:21D'abord,
26:22l'État doit faire des efforts.
26:24Les ministères,
26:25le budget des ministères
26:27doit être mis à contribution.
26:29Ensuite,
26:29il y aura bien sûr
26:30des mesures,
26:31y compris sectorielles,
26:32et on va y réfléchir
26:34encore une fois
26:34avec les parlementaires,
26:36bien sûr,
26:37mais ne pas augmenter
26:38les impôts.
26:39A fortiori,
26:39dans un moment
26:41où la question
26:42du pouvoir d'achat
26:43est déjà centrale,
26:45où le prix du carburant
26:46est très élevé,
26:47où le prix du gaz
26:47est très élevé,
26:48on ne va pas rajouter
26:50en plus
26:50cette charge fiscale
26:52sur le dos des Français,
26:52ce serait incompréhensible.
26:54Mme Brejon,
26:55on va venir maintenant
26:55à la partie
26:57sans doute
26:58la plus bouillonnante
26:58aussi de ce qui va se passer
27:00dans ce chaudron
27:00qui va être l'hémicycle
27:02de l'Assemblée nationale
27:03pour faire ou pas
27:03adopter ce budget.
27:05On a,
27:06et on reviendra
27:06sur les mots
27:07de Marine Le Pen hier,
27:08sur un budget
27:09qu'elle préfère imparfait,
27:10d'abord revenir sur
27:11ce qu'a promis
27:12le Premier ministre,
27:13c'est-à-dire
27:13en écrivant
27:14aux chefs d'entreprise,
27:15en leur promettant
27:17que la surtaxe
27:17sur les grandes entreprises,
27:19qui va rapporter
27:19environ 7 milliards d'euros
27:21cette année,
27:21va baisser l'an prochain.
27:22Est-ce que vis-à-vis
27:23de ce que l'on a pu appeler
27:25vos partenaires socialistes,
27:27ce n'est pas un chiffon rouge
27:28qui va sans doute
27:29un peu l'étendre ?
27:30Je crois qu'en politique,
27:31c'est important
27:32d'avoir une parole.
27:34Exceptionnel,
27:35c'est exceptionnel,
27:36c'est ça.
27:36Lorsque cet impôt
27:37a été mis en place,
27:38c'était non pas
27:39l'année dernière,
27:40mais il y a deux ans,
27:41on le qualifiait
27:42déjà d'exceptionnel.
27:44On l'a prolongé
27:45d'un an,
27:46en le diminuant légèrement
27:47parce qu'on a exonéré
27:48de cet impôt
27:49les ETI.
27:51On arrive cette année
27:52avec une nouvelle
27:53copie budgétaire.
27:54On ne dit pas,
27:55parce qu'on ne le peut pas,
27:56que cet impôt
27:57n'existera plus,
27:58mais on dit
27:58qu'on va faire
27:59notre possible
28:00pour le réduire.
28:01Et pourquoi est-ce
28:02qu'on le réduit ?
28:03Pas par dogmatisme
28:07ou par amour béat
28:08vis-à-vis
28:09de ces grandes entreprises,
28:10mais parce que
28:12cette marge de manœuvre
28:13qu'on va leur donner,
28:14c'est ce qui leur permettra
28:15demain d'investir
28:16et notamment d'investir
28:17en France,
28:18de créer des emplois
28:19dans un moment...
28:19Ça j'entends,
28:20mais vous allez fâcher
28:20tout le monde.
28:21Les socialistes,
28:22vous le savez aussi.
28:22Dans un moment
28:23où le chômage
28:24augmente légèrement,
28:25c'est important
28:26d'avoir ce soutien,
28:28encore une fois,
28:29aux entreprises
28:30qui créent de l'emploi
28:31et qui créent de la richesse
28:32sur notre territoire.
28:33Maude Bréjon,
28:34porte-parole du gouvernement
28:34à la vitesse au soir
28:35du Grand Toural BFM TV.
28:36Le Figaro,
28:37on se retrouve dans un instant,
28:38on va parler de celui
28:38que vous soutenez
28:39dans cette campagne.
28:40Il s'appelle Edouard Philippe.
28:50C'est hyper long, là, non ?
28:57Retour sur le plateau du Grand Toural BFM TV.
29:01Le Figaro,
29:01toujours avec la porte-parole
29:02du gouvernement,
29:04ministre délégué
29:04en charge de l'énergie
29:05et soutien d'Edouard Philippe
29:07dans cette campagne présidentielle.
29:08Maude Bréjon,
29:09on évoquait avant de se quitter
29:11comment va pouvoir être négocié
29:14ce budget 2027
29:15dans le chaudron
29:17de l'Assemblée nationale.
29:18Jim Jarassé,
29:19on s'intéresse
29:20aux propos de Marine Le Pen
29:21qui ont interrogé
29:23ces derniers jours.
29:24Oui, Marine Le Pen
29:24qui hier a dit
29:25qu'elle préférait
29:26un budget imparfait,
29:28ce sont ses mots,
29:29plutôt que pas de budget du tout.
29:31Est-ce que le RN
29:32peut être finalement
29:33un partenaire de négociation
29:35pour le gouvernement
29:37pour obtenir un budget ?
29:39On sait que l'an passé,
29:40vous aviez réalisé
29:41un deal avec les socialistes.
29:42Est-ce que vous pourriez,
29:43cette année,
29:44discuter avec le Rassemblement national ?
29:45Le Rassemblement national
29:47fait partie des groupes
29:48représentés au Parlement.
29:49Ils ont, je crois,
29:50130 ou 140
29:52députés.
29:53Nous, nous avons,
29:55depuis le début
29:56et depuis l'année dernière,
29:57dit qu'on était
29:58évidemment ouverts
29:59à discuter
30:00avec tous les parlementaires
30:01qui souhaitaient
30:02avoir cette discussion
30:03parce que ce n'est pas
30:04au gouvernement
30:06de trier les élus
30:08de la République.
30:09Il se trouve que
30:09l'année dernière,
30:10la France insoumise
30:11et le Rassemblement national,
30:13main dans la main,
30:14avaient d'emblée décidé
30:15de censurer le gouvernement
30:17et Mme Le Pen
30:19avait d'ailleurs dit
30:19je censure tout
30:20sans me poser
30:21cette question.
30:22Bon,
30:23il n'y aura pas
30:23de négociation
30:24de couloir.
30:25En revanche,
30:26il y aura une discussion
30:28démocratique
30:29au Parlement
30:29que l'ensemble
30:30des Français
30:31pourront suivre
30:31et on verra
30:32qui vote quoi,
30:34quelles sont les positions
30:35des uns et des autres.
30:36Et dans cette logique-là,
30:37le ministre du Budget,
30:39le ministre de l'Économie
30:40répondront
30:41à toutes les propositions,
30:42à tous les amendements
30:43et c'est comme ça
30:44qu'on trouve un compromis.
30:45Mais sans faire...
30:46Et parler de négociation
30:47de couloir
30:47pour reprendre la question de Jim
30:49et les mots de Marine Le Pen,
30:50un budget imparfait
30:51plutôt que pas de budget du tout,
30:52vous y voyez quoi
30:53politiquement
30:54de son point de vue ?
30:55Pourquoi cette forme
30:57de main tendue
30:57aujourd'hui ?
30:58Moi, je ne fais pas
30:59la psychanalyse
31:00du Rassemblement national.
31:02Ce que je dis,
31:03c'est qu'effectivement,
31:04effectivement,
31:05et c'est d'ailleurs pour ça
31:06qu'on a commandé
31:07ce rapport
31:07de l'Inspection générale
31:08des finances,
31:09l'absence de budget,
31:10c'est 15 milliards d'euros
31:11de coûts supplémentaires
31:13pour l'État
31:14et un déficit
31:15à 5,9,
31:16presque 6%
31:17l'année prochaine
31:18avec des conséquences
31:19dramatiques
31:21pour le prochain
31:21ou la prochaine présidente
31:23et plus globalement
31:23pour les Français
31:24parce que derrière,
31:25ça voudra dire
31:26des probables hausses d'impôts
31:27et moins d'investissements
31:29dans les services publics
31:30essentiels.
31:31Je citais tout à l'heure
31:32la santé,
31:33l'école,
31:33on pourrait aussi parler
31:34de sécurité.
31:35Si on décidait
31:38et si les parlementaires
31:40décidaient
31:40en censurant le budget
31:42de priver l'État
31:43d'un projet de loi de finances
31:45pendant 7 ou 8 mois,
31:46ça aurait des conséquences.
31:47Là, encore une fois,
31:48je le dis,
31:48très concrète
31:49pour les Français
31:50et très concrète
31:51pour les entreprises.
31:52Je le vois dans le secteur
31:53qui est le mien,
31:53dans l'énergie.
31:55C'est autant
31:56de dispositifs
31:58de soutien
31:59qui sont gelés
32:00du jour au lendemain
32:01et donc des entreprises
32:02et des emplois
32:03mis en difficulté.
32:04Maud Bréjou,
32:04vous entendez sans doute
32:05la petite musique
32:05qui monte en ce moment
32:06dans plusieurs articles de presse
32:08sur,
32:08en cas de censure
32:09du gouvernement
32:10Lecornu,
32:11une nouvelle dissolution.
32:13Est-ce que vous pensez
32:14qu'Emmanuel Macron
32:15est prêt à appuyer
32:15une deuxième fois
32:16sur le même bouton ?
32:19Ça fait sourire
32:19dans le public.
32:21D'abord,
32:21en tant que porte-parole
32:22du gouvernement,
32:23je commence toujours
32:24par dire que c'est
32:25la prérogative
32:26du chef de l'État
32:27et que je n'ai évidemment
32:29pas à me prononcer
32:31à sa place.
32:31Vous en avez parlé
32:32avec lui ?
32:32Je pense que le chef
32:34de l'État
32:35sait à quel point
32:36il est important
32:36que le prochain
32:37ou la prochaine présidente
32:39puisse décider souverainement
32:41d'une éventuelle dissolution
32:43et d'une recomposition
32:44de l'Assemblée nationale.
32:45Est-ce que ça priverait
32:46le prochain président
32:47ou la prochaine présidente
32:48du pouvoir de dissolution
32:49pendant presque un an ?
32:51Je ne comprends pas bien
32:53l'intérêt
32:54qu'ont de toute évidence
32:55certains
32:55à agiter
32:56ce chiffon rouge.
32:58L'important,
32:59encore une fois,
33:00c'est de discuter
33:01sur cette copie
33:02du projet de loi de finances.
33:03C'est un peu plus rugueux
33:05et un peu plus long
33:07que des déclarations
33:10en off,
33:11sous couvert d'anonymat
33:12à la presse
33:13sur la dissolution.
33:14Mais c'est comme ça
33:15qu'on arrivera,
33:16je le redis,
33:16à protéger les Français
33:17et à réduire
33:18le déficit du pays.
33:19Avant d'en venir
33:20à la campagne présidentielle,
33:21Maude Bréjean,
33:21juste une question rapide
33:22sur la manière
33:23de faire adopter
33:24ou pas ce budget.
33:25Certains plaident,
33:26notamment la présidente
33:27de l'Assemblée nationale,
33:29d'une adoption
33:29par 49-3,
33:31ce qui permettrait
33:31finalement d'accélérer
33:32les débats.
33:33Est-ce que vous êtes favorable
33:35à l'activation
33:37du 49-3 ?
33:39Peut-être,
33:40mais sur quel texte ?
33:41Mais en laissant les débats ?
33:42Mais sur quel texte ?
33:43Parce que le 49-3
33:45pour le 49-3,
33:46si à la fin,
33:47vous n'avez ni budget
33:48ni gouvernement,
33:50reconnaissez comme moi
33:51qu'on ne sera pas bien avancé.
33:53Le 49-3,
33:54c'est une motion de censure ?
33:55Le 49-3,
33:56c'est un outil de procédure.
33:59Mais ce qui compte,
34:00c'est le budget
34:00sur lequel vous arrivez
34:01à vous accorder.
34:03Et que ce budget soit voté
34:04ou qu'il bénéficie
34:06d'un accord de non-censure,
34:07comme ça a été le cas
34:08pour le projet
34:08de loi de finances
34:09l'année dernière,
34:10ce qui compte,
34:10c'est bien ce qu'il y a dedans.
34:12Et donc,
34:13avec l'ensemble
34:13des forces politiques,
34:15nous aurons cette discussion,
34:16encore une fois,
34:16au Parlement.
34:17Et moi,
34:17j'espère qu'on arrivera,
34:19malgré la campagne présidentielle,
34:21malgré les désaccords
34:22qui sont réels
34:23entre les uns et les autres,
34:24et que je ne nie pas du tout,
34:26à trouver un compromis.
34:28On parle d'un budget
34:29pour 4-5 mois.
34:31Est-ce que les Français
34:32comprendraient vraiment
34:33que pour 4-5 mois,
34:34on n'arrive pas
34:35à se mettre d'accord
34:36sur une copie de sauvegarde,
34:38tout en laissant,
34:39bien sûr,
34:40la légitimité
34:41à la prochaine majorité,
34:43s'il y en a une,
34:44de s'accorder
34:44sur éventuellement
34:46une copie rectificative ?
34:48Vous êtes donc engagé
34:48aux côtés d'Edouard Philippe.
34:49On l'a dit brièvement
34:50tout à l'heure.
34:51On vous a vu
34:51à ses côtés récemment.
34:53Vous avez eu
34:53à ses meetings également.
34:55Et pourtant,
34:55Sébastien Lecornu,
34:56votre patron,
34:57le Premier ministre,
34:58avait fixé une règle
34:58il y a quelques mois.
34:59Il avait dit
35:00pas de politique partisane
35:01quand on est au gouvernement.
35:02Vous lui avez désobéi.
35:04Non.
35:05Le Premier ministre
35:06a dit
35:08la chose suivante.
35:09Il n'a dit
35:09pas de rôle opérationnel
35:11dans la campagne.
35:11Dit autrement,
35:12les ministres doivent être
35:14pleinement concentrés
35:14sur leurs tâches.
35:15Quand vous êtes à son meeting,
35:16vous n'êtes plus ministre.
35:17C'est le cas.
35:17Pardonnez-moi.
35:18C'est le cas
35:18lorsque vous êtes
35:19porte-parole du gouvernement.
35:20C'est peut-être encore plus vrai
35:21lorsque vous êtes
35:22ministre de l'Énergie
35:23dans un contexte
35:24qui est,
35:24on l'a dit depuis le début,
35:27extrêmement difficile.
35:28Est-ce que ça nous empêche
35:30d'avoir du soutien
35:31pour tel ou tel candidat ?
35:33La réponse est non.
35:35Et je constate d'ailleurs
35:35qu'on est un certain nombre
35:37à faire preuve
35:38de positionnement
35:39au sein du gouvernement.
35:41Ça fait aussi partie
35:42de la vie politique.
35:43Vous nous dites ce soir
35:43que vous pouvez rester ministre
35:46jusqu'à l'élection présidentielle,
35:48que ça ne posera pas de problème
35:49cette double casquette
35:51si on peut l'appeler comme ça.
35:52Ce que je dis,
35:53c'est que l'exigence
35:53du Premier ministre,
35:55c'est d'avoir,
35:55encore une fois,
35:56des membres du gouvernement
35:57pleinement à leurs tâches,
35:59ce qui ne les empêche pas.
36:00Ce n'est pas tout à fait
36:00la question que j'ai dit.
36:01Ce qui ne les empêche pas.
36:02Donc vous vous projetez.
36:03Ce qui ne les empêche pas
36:04d'apporter un soutien
36:05à tel ou tel candidat.
36:07Donc ça ne pose pas de problème
36:08pour être précis.
36:08Je vais vous dire un peu autrement.
36:09Que vous restiez ministre
36:10jusqu'à la fin du quinquennat
36:12et jusqu'à l'élection présidentielle.
36:13C'est quelque chose
36:13que vous envisagez ?
36:14Mais pour tous les ministres,
36:16s'ils sont, encore une fois,
36:17pleinement à leurs tâches,
36:19ça ne les empêche pas
36:20d'apporter leur soutien
36:21à un candidat.
36:22Je voudrais quand même
36:23rebondir là-dessus
36:24parce que cette campagne présidentielle,
36:27ce n'est pas une affaire de parti.
36:30C'est l'avenir du pays.
36:32Ce qui va se passer en avril
36:33ou en mai prochain,
36:35ça va être absolument déterminant.
36:37Certains parlent de l'élection
36:38la plus importante
36:39depuis des dizaines d'années.
36:42Probablement à raison.
36:43Et donc, ce qu'on fait aujourd'hui,
36:46tout ce qu'on met en œuvre
36:47au gouvernement,
36:48c'est extrêmement important.
36:50Mais empêcher
36:52et faire en sorte
36:53de porter un projet
36:54pour que ni le Rassemblement national,
36:56ni la France insoumise,
36:56notamment,
36:58n'arrivent aux responsabilités
36:59dans cette mois,
37:00ce n'est pas un petit sujet.
37:02Vous voyez ?
37:03Je considère que ce n'est pas
37:04uniquement une affaire de parti.
37:05Ce n'est pas un petit sujet partisan.
37:08On parle de l'avenir de la France.
37:10Donc, il n'y a aucune incompatibilité
37:12de votre point de vue
37:12à continuer à rester ministre ?
37:14Je pense que quand on est attaché,
37:15encore une fois,
37:16à l'avenir de ce pays,
37:17qu'on a des convictions fortes,
37:20être au gouvernement,
37:21comme être au Parlement d'ailleurs,
37:22et travailler au quotidien
37:24aux problèmes des Français,
37:26c'est absolument nécessaire.
37:28mais se mobiliser aussi,
37:31pour ne pas donner les clés du camion
37:33à des gens qui, selon moi,
37:35enverraient le pays dans le mur,
37:36ça a du sens.
37:37Maude Brejon, une campagne,
37:38je le disais en introduction,
37:40très animée,
37:41violente à certains égards.
37:43J'aimerais vous faire entendre
37:44un extrait que vous avez forcément entendu
37:46d'Edouard Philippe, justement,
37:47à l'occasion d'un podcast
37:49qui parle de peut-être son élection
37:51et des mois qui suivraient.
37:54Il aimerait peut-être une petite pause
37:55pour constituer son équipe,
37:57se reposer,
37:57et ça a suscité beaucoup de commentaires.
37:59Écoutons Edouard Philippe d'abord.
38:01Moi, j'adorerais un système
38:02dans lequel le président est élu en mai
38:04et il prend ses fonctions en septembre.
38:06Et entre mai et septembre,
38:08il a le temps, un, de se reposer,
38:11de décompresser après une élection présidentielle
38:13qui est hyper usante, hyper fatigante.
38:15Je ne dis pas qu'il doit prendre preuve
38:17de vacances, mais franchement,
38:18une semaine, ça ne fait pas de mal.
38:20Deux semaines, ça ne fait pas de mal
38:21avant de repartir.
38:22Il aurait le temps de consulter
38:24beaucoup plus lentement
38:25et dans les conditions
38:25où on sait que c'est lui
38:26qui va devenir les partenaires sociaux,
38:28les chefs d'État étrangers,
38:30plein de gens.
38:31Edouard Leflémar a dégainé
38:33toute une partie,
38:33notamment, du Rassemblement national.
38:35Ça vous fait sourire ?
38:36Vous avez peur que ça lui colle à la peau
38:37durant toute cette campagne ?
38:39Je trouve que ça dit beaucoup
38:40de ce qu'est la vie politique aujourd'hui.
38:42On a un podcast
38:42qui doit durer 1h15
38:44ou 1h30
38:45et qui est résumé
38:47de manière mensongère,
38:50volontairement mensongère,
38:51en un tweet,
38:51en l'occurrence,
38:52par le Rassemblement national.
38:53Ce que dit Edouard Philippe
38:55dans ce podcast
38:56est assez intéressant,
38:58notamment pour les Français
38:59qui ne connaissent pas bien
39:00la vie politique.
39:01Il raconte son arrivée à Matignon,
39:03la difficulté...
39:05Du tourbillon.
39:06Lorsqu'on vient de l'extérieur,
39:07de ce tourbillon,
39:09de la mise en place
39:10des premiers cabinets,
39:11des premières décisions,
39:13de tout ce que ça induit.
39:15Et donc, il pose la question,
39:17non pas de partir en vacances,
39:19il pose la question
39:20de la manière
39:21dont s'installe le pouvoir.
39:22D'autres pays,
39:23les États-Unis en premier lieu,
39:25on prend sous vase cet exemple,
39:26l'ont fait.
39:27Donc, d'une part,
39:29il y a un détournement
39:30volontaire et avéré
39:32de ces paroles
39:33et plus globalement,
39:34moi je trouve que ça nous questionne
39:35sur l'état du débat politique.
39:37Quand vous commencez
39:38avec un podcast,
39:40encore une fois,
39:41je trouve moi très intéressant
39:42qu'il dure 1h30
39:43et que vous terminez
39:44avec un tweet
39:45de Sébastien Chenu
39:46et un visuel volontairement moqueur
39:49et un peu méprisant,
39:52vous vous dites qu'on a encore
39:55un peu de chemin
39:56au regard de la taille
39:57des enjeux auxquels la France
39:58y est.
39:58Une question, Maud Bréjon,
39:59vous disiez il y a quelques secondes
40:01qu'on était à l'aube
40:02peut-être de l'élection présidentielle
40:03la plus importante
40:04de la Ve République.
40:05Je dis que certains le disaient.
40:06François Hollande, par exemple.
40:07Vous sembliez partager
40:07tout de même ce constat.
40:09Est-ce que,
40:10dans les jours et les semaines
40:11qui vont suivre
40:12le second tour
40:13de l'élection présidentielle,
40:14les Français n'attendent pas
40:16des décisions importantes,
40:19des réformes immédiates
40:20et donc ça irait
40:22à l'encontre
40:22de ce qu'a dessiné
40:24Édouard Philippe
40:24dans ce podcast ?
40:25Encore une fois,
40:26je crois que cette question
40:27de décaler la prise
40:29de fonction du président
40:30est une question
40:31qui, de toute façon,
40:31ne se pose pas
40:32et elle ne se posera pas
40:34dans les semaines
40:35ou dans les mois à venir
40:36qui sont le moment
40:37où cette éventuelle décision
40:38devrait être prise.
40:39Donc, on peut discuter
40:40sur, encore une fois,
40:42l'efficacité du système.
40:44Est-ce qu'un politique
40:44doit être ou pas un surhomme ?
40:46Est-ce qu'il peut l'être ou pas ?
40:48D'ailleurs, c'est une autre question.
40:49En l'occurrence,
40:50ça n'aura pas lieu.
40:51Et bien sûr,
40:52les Français souhaitent
40:52des décisions extrêmement rapides
40:54et extrêmement efficaces.
40:56Pour ça, il faudra une majorité,
40:57il faudra des élections législatives.
40:59Mais il y a une campagne,
41:00ça va durer sept mois
41:01et c'est aussi fait pour ça.
41:02Maude Bréjour,
41:02je voudrais vous montrer
41:03deux images
41:04de votre candidat préféré,
41:05Édouard Philippe,
41:06prises à quelques jours d'intervalle.
41:07La première,
41:08c'est celle
41:09aux côtés de Gérald Darmanin
41:10où il s'essaye à la...
41:11Vous y étiez.
41:12Vous y étiez, pardon,
41:13à la fabrication des frites
41:15avec son très joli tablier.
41:17Et puis,
41:17hier,
41:18bis répétita en cuisine
41:19pour Édouard Philippe,
41:20cette fois,
41:20qui a fabriqué
41:21des flammes cuches,
41:22les fameuses tartes flambées
41:24alsaciennes.
41:24C'était dans un déplacement
41:25à Metz.
41:26Je vous pose la question,
41:27sans doute,
41:28comme beaucoup de Français
41:29se la pose.
41:30Est-ce que ce n'est pas
41:30complètement ringard
41:31de faire de la politique
41:33comme ça ?
41:33Est-ce qu'Édouard Philippe,
41:35dont l'objectif
41:36est de redresser la France,
41:37a besoin de nous montrer
41:38qu'il sait faire
41:40des frites croustillantes
41:41et des flammes cuches délicieuses ?
41:43Moi, je crois
41:43qu'on a encore besoin
41:45de voir des responsables politiques
41:48qui sont aux côtés
41:49des Français
41:50dans des tâches
41:51qui peuvent paraître
41:51extrêmement banales,
41:54dans des foires,
41:55dans des marchés,
41:56là, en l'occurrence,
41:57avec des restaurateurs,
41:58et que ça n'empêche pas
41:59de porter une vision
42:00et des projets ambitieux
42:01pour le pays.
42:02D'ailleurs, je souris...
42:03On n'est pas un cuisinier
42:05pour l'Élysée.
42:07Je souris de vous entendre
42:09reprocher à Édouard Philippe
42:10de faire trop de com'.
42:11Parce qu'on nous a dit
42:12pendant des mois
42:12qu'il était trop techno,
42:14qu'on ne le voyait pas suffisamment,
42:15qu'il ne parlait pas suffisamment,
42:17qu'il ne se mettait pas
42:18assez en valeur.
42:18Pas trop de com',
42:19de la com' d'avant.
42:20Et donc, aujourd'hui,
42:21quand je vous entends dire ça,
42:23ça me fait, encore une fois,
42:24sourire.
42:25Ce serait problématique
42:26s'il n'y avait que de la communication.
42:28Peut-être que ça n'apparaît pas
42:30très naturel
42:30chez un ancien Premier ministre
42:32qui a une image
42:33plutôt sobre,
42:34on va dire ça comme ça,
42:35et que, donc,
42:36on a l'impression
42:36que c'est de la pure communication.
42:38Ça, c'est vous qui le dites.
42:38Le problème serait
42:40si, encore une fois,
42:42tout son programme,
42:43tout ce qu'il défend,
42:44n'était que communication.
42:46Et je pense que, d'ailleurs,
42:48les Français en ont en partie marre
42:50des coups de com' en politique,
42:52du buzz,
42:52des petites phrases,
42:53et qu'on a à apprendre de ça.
42:54Mais qu'il y ait ces moments,
42:56au fond,
42:57comme le fait un maire,
42:58Edouard Philippe,
42:59il est maire du Havre,
43:00comme le fait un maire
43:01chaque week-end,
43:02c'est-à-dire être aux côtés
43:04des habitants de sa ville
43:05dans des moments
43:06extrêmement simples,
43:08de fête des associations,
43:10de kermesses de villages,
43:12de dîners de quartiers.
43:14Voilà, moi,
43:15je pense que ça va aussi
43:17dans le sens
43:17de rapprocher un peu
43:20des responsables politiques
43:21qui, parfois,
43:21peuvent paraître loin,
43:23et des Français
43:24qui ont le sentiment
43:24qu'on ne les écoute plus beaucoup.
43:26Rapidement,
43:26Maude Brejon,
43:27Edouard Philippe
43:28ne veut toujours pas
43:29entendre parler d'une primaire
43:30avec ses adversaires
43:32du Bloc central,
43:33je pense à Gabriel Attal
43:34ou encore Bruno Retailleau,
43:35alors que deux tiers
43:35des électeurs de droite
43:37et du centre
43:37y sont favorables.
43:38Le sondage récent
43:40Odexa pour le Figaro,
43:41pourquoi ?
43:43Il a peur peut-être
43:44de la défaite ?
43:45Il a peur de quoi ?
43:46Le sujet,
43:46ce n'est pas la primaire.
43:48L'enjeu,
43:48c'est le rassemblement.
43:49On en dit très très loin
43:51quand on voit sa proposition
43:52de m'attendue
43:52de se retrouver à la Toussaint,
43:53on dit non.
43:55Je regarde,
43:55vous vous rappelez
43:56à juste titre
43:56que j'étais d'abord
43:57et avant tout ministre,
43:58je regarde ce qu'on fait
43:59aujourd'hui au gouvernement
44:00et ce qu'on a fait
44:02dans le gouvernement
44:03de M. Bayrou,
44:04de M. Barnier
44:05depuis la dissolution maintenant.
44:06On a fait un choix simple.
44:08La droite et le centre,
44:09depuis 2024,
44:10ont fait le choix
44:11de travailler
44:12et de gouverner ensemble.
44:15Quand on entend
44:15Bruno Retailleau aujourd'hui ?
44:17J'allais vous en parler.
44:18J'ai été collègue
44:19du gouvernement
44:19de Bruno Retailleau,
44:20j'étais porte-parole
44:21de Michel Barnier
44:22quand lui était
44:23ministre de l'Intérieur.
44:24On a très bien
44:24travaillé ensemble
44:25dans un gouvernement
44:27où il y avait
44:27et où il y a toujours
44:28aujourd'hui
44:29des gens qui viennent
44:30de Renaissance,
44:31des gens qui viennent
44:31de LR,
44:32du Modem,
44:33de Horizon.
44:34C'est ce qu'on doit arriver
44:36à faire perdurer
44:37dans les mois
44:38et dans les années à venir.
44:39Pourquoi ?
44:40Parce qu'on a
44:40dans l'ensemble,
44:42dans les grandes lignes,
44:43les mêmes projets,
44:44parce qu'on porte
44:45des convictions similaires
44:46et parce que
44:47quand on voit
44:48la puissance
44:49du Rassemblement National
44:50d'un côté
44:51et de la France Insoumise
44:53de l'autre,
44:54les petites dissonances
44:55entre nous
44:56ne valent rien.
44:57Maude Brejon,
44:58c'est l'heure
44:58à présent
44:59de ces dernières minutes
45:00d'émission
45:00du petit oral
45:01pour mieux vous connaître.
45:03Le quiz,
45:04une série de questions
45:05courtes,
45:06promis,
45:07mais des réponses
45:07courtes aussi.
45:08Jim ?
45:08Première question,
45:09Sébastien Lecornu
45:10a fêté en début de semaine
45:11son premier anniversaire
45:13à Matillon.
45:13Est-ce que vous lui avez
45:13offert un petit cadeau ?
45:15Non,
45:16je crois que la préparation
45:17du budget
45:18ne crée pas
45:19une ambiance de fête
45:20à Matillon.
45:20Pas de fête,
45:20pas de coupe de champagne
45:21en début de semaine.
45:23C'est l'anniversaire
45:24de Jordan Bardella.
45:25Aujourd'hui,
45:26il a 31 ans.
45:27Qu'est-ce que vous lui souhaitez ?
45:30Pas grand-chose,
45:31mais je ne suis pas grand-chose.
45:33Pas grand-chose.
45:34Je lui souhaite...
45:35Est-ce que comme d'autres
45:36responsables politiques
45:37hier soir,
45:38pour son premier concert parisien,
45:40vous étiez allé voir
45:43Céline Dion hier soir.
45:44On sait que Gabriel Attal,
45:45Edouard Fillet,
45:46est-ce que vous étiez hier soir ?
45:47Oui.
45:48Vous étiez cette chance ultime
45:50d'être au premier concert
45:51de Céline Dion.
45:51Votre chanson préférée
45:52de Céline Dion ?
45:53Alors,
45:54on m'a déjà posé la question,
45:55donc j'ai eu le temps
45:56d'y réfléchir
45:56pour être très honnête.
45:57Ce n'est pas une chanson
45:58qu'elle a écrite elle-même,
46:00c'est la chanson Ziggy,
46:01parce que ma sœur
46:01la chantait dans le salon
46:03quand j'étais petite,
46:04ma grande sœur.
46:04Mais du coup,
46:05c'est des souvenirs de famille.
46:06Une question
46:06qui ne se produira peut-être jamais,
46:08mais si la politique s'arrête
46:10pour vous,
46:10quelle serait votre conversion,
46:12votre métier idéal ?
46:14Moi,
46:15je suis ingénieure de formation.
46:16J'ai travaillé dans le nucléaire
46:17pendant des années.
46:18Je ne retournerai pas forcément
46:20dans l'entreprise
46:21dans laquelle j'étais.
46:22Mais en tout cas,
46:23je viens de l'industrie
46:24et j'avais un métier avant.
46:25Et donc,
46:25j'espère que j'aurai un métier après.
46:28pendant des dizaines d'années.
46:30Gabriel Attal a lancé sa campagne
46:31avec une opération
46:32Mille Café
46:33pour aller au contact
46:34avec les Français.
46:35Mille Bistro.
46:36Est-ce que vous irez
46:38trinquer avec lui ?
46:39Si il m'invite,
46:41je viendrai.
46:42Sans problème.
46:44Non, mais écoutez,
46:45d'abord,
46:45c'est très bien
46:46qu'ils mettent en place
46:46des dispositifs de campagne.
46:48C'est des moments de rencontre.
46:49C'est des moments d'échange.
46:50Je vois bien cette petite musique.
46:52Gabriel Attal,
46:52Édouard Philippe,
46:53Bruno Rutaillot.
46:54Le fait est que
46:54tout ce petit monde
46:55va devoir se réunir à la fin.
46:57Aujourd'hui,
46:57il nous plaît,
46:58c'est incontestablement
46:59Édouard Philippe.
47:00Et donc,
47:01on n'a pas d'ennemis
47:02au sein de la droite
47:03et du centre.
47:03Merci infiniment,
47:04Brede-Brede-Brede-Jean,
47:06d'avoir été notre invité
47:06ce soir.
47:07Merci Jim,
47:08merci Marc,
47:08d'avoir été l'invité
47:10du Grand Oral BFM,
47:12Le Figaro.
47:12Merci au public
47:13qui était là ce soir.
47:15Et vous pouvez d'ailleurs
47:16participer à cette émission
47:17en vous inscrivant
47:18sur le site
47:19wiclap.fr.
47:20Tout de suite.
47:20Merci.
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