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  • il y a 6 semaines
Retrouvez le replay de Fauvelle Week-end sur BFMTV.

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00:00C'est l'heure de face à Duhamel, nouvel horaire, chaque vendredi désormais Alain Duhamel qui débat face à une
00:05personnalité politique
00:06et on va avoir besoin de ces débats pour cette campagne électorale qui s'ouvre face à vous ce soir.
00:12Alain, c'est Yannick Jadot qui nous a donc rejoint. Bonsoir M. Jadot, sénateur écologiste, soutien de Raphaël Glucksmann.
00:18Raphaël Glucksmann qui s'est déclaré il y a tout juste une semaine.
00:21Alain, passage obligé dans un 20h, depuis on l'a vu sur le terrain, on l'a vu hier aux
00:26côtés des 6 autres candidats devant le MEDEF,
00:30à Roland-Garros. Question toute simple, est-ce qu'il a des chances ?
00:34Si vous dites non d'entrée devant Yannick Jadot, ça risque de ne pas bien se passer.
00:37Non, je ne vais pas vous dire, il n'a pas de chance parce qu'on est à 9 mois,
00:45parce qu'il peut se passer énormément de choses,
00:47parce qu'il va se passer énormément de choses, qu'il y a l'environnement international, qu'il y a
00:51la crise économique, etc.
00:53Donc, c'est beaucoup trop tôt pour dire c'est impossible. Non, ce n'est pas impossible.
00:58Effectivement, ça n'est pas impossible. Est-ce qu'il est pour autant le favori actuel ? Je ne dirais
01:04pas ça.
01:05Bon, je pense qu'il a une bonne image, en particulier plutôt chez les gens qui ont fait des études,
01:17plutôt chez des gens. Bon, il a une bonne image.
01:26Je trouve que ses débuts-là ne m'ont pas enthousiasmé.
01:29J'ai trouvé qu'il ne faisait pas du tout libérer.
01:34Au fond, j'avais le sentiment que c'était quelqu'un d'intelligent qui n'assumait pas encore son nouveau
01:40rôle,
01:40son nouveau personnage. Enfin, c'est comme ça que je l'ai ressenti.
01:43Alors, si on regarde les enquêtes d'opinion, la favorite aujourd'hui, c'est Marine Le Pen.
01:48Et je pense qu'on est dans une campagne présidentielle qui n'a rien à voir avec les précédentes.
01:55En 2017, en 2022, d'une certaine façon, il y avait cette idée que si on est au second tour
02:00face à l'extrême droite, on gagne.
02:03Là, celle ou celui qui sera au second tour sera l'outsider.
02:07Et ça va complètement changer la campagne électorale.
02:10Je suis d'accord.
02:11Et ma conviction, c'est que Raphaël Guzman et les idées qu'il porte,
02:18à la fois le travail, les usines, les usines, les fermes,
02:23de mettre la question de la rémunération du travail,
02:26j'ai dit, et puis évidemment, moi, ce qui m'importe beaucoup,
02:29la révolution écologique, on a vécu un été cataclysmique.
02:34Je veux dire, c'est un vecteur extraordinaire sur le pouvoir d'achat,
02:39sur la souveraineté, sur la liberté et surtout de réconciliation de notre société.
02:44Et moi, je pense qu'il va lever une espérance et qu'à la fois, il va absorber,
02:50parce que c'est ça l'enjeu du premier tour, tout le monde le sait,
02:53le vote utile de gauche et qui sera capable, justement,
02:58de réconcilier les Français autour d'un bon projet face à Marine Le Pen.
03:00Alors, je me permets de rebondir, Alain, sur ce que vous avez dit il y a un instant.
03:02Vous avez dit que c'est un candidat qui a une bonne image,
03:06surtout peut-être chez les classes supérieures,
03:08mais c'est aussi un candidat mal à l'aise.
03:10Il se trouve que Raphaël Luxman a fait ses premiers déplacements cette semaine.
03:14L'un de ses premiers déplacements, il est monté en haut d'une éolienne.
03:17Je voudrais vous montrer une séquence à tous les deux
03:20pour que vous nous disiez ce que vous en pensez.
03:22Regardez bien.
03:24Bonjour à tous.
03:29La révolution écologique, c'est une révolution industrielle.
03:32On produise à nouveau chez nous, qu'on ne soit pas dépendant en tout de la Chine.
03:35On avait des champions du photovoltaïque, on les a abandonnés.
03:38Les dirigeants successifs de la France les ont abandonnés.
03:40Et le résultat, c'est une totale dépendance à la Chine.
03:42Les énergies renouvelables ne sont pas simplement des énergies souveraines,
03:45c'est des emplois en France, des usines sur nos territoires.
03:47On va changer les politiques commerciales
03:49et on va mettre en place des politiques industrielles européennes.
03:51Nous sommes en train de devenir une colonie, une colonie chinoise,
03:54parce que nous avons laissé fuir nos usines.
03:55Une colonie américaine, parce que nous n'innovons pas assez dans les nouvelles technologies.
03:58La liberté de la France passe par la révolution écologique.
04:02On ne le sent pas, extrêmement à l'aise avec un casque sur la tête.
04:07Il y a une autre déclaration, on l'a vu.
04:09Pardon, Yannick Jadot a enchaîné trois banalités en descendant de l'éolien.
04:13Yannick Jadot, quand on veut aussi parler à ces classes populaires-là,
04:16quand on met un casque d'ouvrier sur la tête.
04:18Alain Dommel.
04:21Je pense que sa candidature intéresse,
04:25mais je pense que, moi il m'a donné l'impression,
04:28à chaque fois que je l'ai vu, j'ai eu quand même pas mal d'images de lui en
04:30ce moment,
04:31de ne pas du tout être encore installé dans un costume de candidat.
04:36Et de ne...
04:38Je ne sais pas, je ne suis pas dans sa tête.
04:40Est-ce qu'il se vit comme un outsider ou pas ?
04:45En tout cas, pour moi, il ne se vit pas comme un favori
04:49et il ne se vit pas comme le mieux placé pour gagner.
04:52Alors je peux vous garantir qu'il est là pour gagner.
04:56Je ne vous dis pas ça parce que...
04:57Si vous me disiez le contraire...
04:59Non mais vraiment, je veux dire, ça l'habite en fait.
05:03Ça ne se voit pas.
05:04Non mais le destin de notre pays, vraiment, l'habite et il a envie.
05:09Et il sent que justement, autour de la fierté de ce pays,
05:15qui est touché par une multitude de blessures narcissiques depuis des années,
05:19notamment sur la désindustrialisation ou sur la disparition des fermes,
05:23sur la question des services publics, ce qu'il veut faire avec l'école publique,
05:28avec cette vision que l'école publique doit redevenir presque la matrice de la République.
05:34Avec tous ces sujets-là, il est habité et il est convaincu.
05:38Je peux vous dire, maintenant, il y a quelque chose sur lequel vous avez raison.
05:42Ce n'est pas un candidat comme les autres.
05:44Là, vous avez parfaitement raison.
05:46Il a, et parfois ça peut déstabiliser, il porte une sincérité qui, parfois, même moi,
05:56me perturbe en disant, mais il y a des jeux dans la République.
05:59Le jeu d'une présidentielle, on en connaît un peu les règles.
06:03Même vous, il vous inquiète.
06:04Non, non, pas du tout.
06:06Là, ça, c'est une interprétation.
06:08Là, ce n'est pas beau ce que vous venez de faire.
06:09Non, pas du tout.
06:11Je dis, parfois, ça m'étonne.
06:13Parce que je me dis, tiens, moi, qui ai fait quelques campagnes,
06:17et Raphaël Gluceman a quand même fait aussi des campagnes,
06:20et je vous invite à regarder ces électeurs sur la dernière européenne.
06:24Il y en a beaucoup dans les classes populaires aussi.
06:26Alain Zamel.
06:27Ce n'est pas simplement un vote CSP+, urbain.
06:30Ce n'est pas vrai.
06:31C'est très réparti zone rurale et classe populaire.
06:34Bon, moi, je le regardais à chaque fois que j'ai pu, depuis dix jours,
06:38et on le voit beaucoup.
06:40Je ne le trouve pas pour l'instant.
06:42Je ne dis pas que ça ne va pas changer.
06:44On a six mois.
06:45Mais je ne le trouve pas installé dans son personnage de candidat.
06:49Je le trouve intéressant.
06:51Je le trouve cohérent.
06:53Je le trouve plutôt moderne.
06:55Je le trouve plutôt sympathique, pour dire les choses.
06:58Mais je ne le trouve pas candidat.
06:59Je trouve que...
07:02Alain Zamel.
07:02Prenons l'exemple d'hier.
07:03Prenons l'exemple d'hier.
07:04Oui.
07:05Si on...
07:05Face au MEDEF.
07:06Face au MEDEF.
07:07Si on regarde les différents candidats, évidemment, je ne vais pas vous demander un a priori trop positif sur mon
07:15candidat.
07:16Mais franchement, qui, à un moment donné, a installé une vision du pays, une vision de la question des entreprises
07:23et de la place des entreprises dans la société,
07:25dans un contexte européen et de mondialisation où on est percuté par le chaos climatique et où les salariés et
07:34les entrepreneurs sont déstabilisés par la situation économique.
07:37Franchement, j'ai trouvé mon candidat, Raphaël Glucksmann, j'ai trouvé que c'est le seul qui arrivait non seulement
07:44à faire le bon diagnostic,
07:46mais à poser des solutions qui ne sont pas celles des macronistes.
07:53Honnêtement, les macronistes, ils nous prennent pour les poissons rouges.
07:56Ils pensent qu'on a tout oublié.
07:57Mais ils n'ont pas compris qu'on n'avait pas encore fait le tour du bocal depuis qu'ils
08:01avaient quitté Macron.
08:02Donc, ils nous racontent un peu tout et n'importe quoi.
08:04Et puis, franchement, Mme Le Pen, qui est toujours aussi indigente en matière de politique économique,
08:09je pense que c'était le seul qui portait une ambition pour notre pays, qui peut lui redonner, et je
08:15crois que c'est très important, sa fierté et sa dignité.
08:17Alors, je vais répondre assez brièvement, bien que je n'ai pas abusé de mon temps de parole, mais je
08:23vais répondre assez brièvement.
08:25Je pense que vous parlez beaucoup mieux de Raphaël Glucksmann que Raphaël Glucksmann ne parle de lui-même.
08:31Ça, c'est sévère.
08:33C'est mon point de vue.
08:36– C'est après l'avoir regardé vraiment attentivement et en vous écoutant.
08:41Je trouve que vous donnez à la fois plus de chair et plus d'envie.
08:48– Mais c'est ce qu'il a en lui.
08:49– Il faut peut-être que vous changez de candidat.
08:51– Non, c'est ce qu'il a en lui.
08:53Vous savez, Raphaël Glucksmann, si…
08:56Pardon, une petite minute.
08:57– Ne cassez pas le matériel.
08:59– Non, non, non.
08:59– Merci.
08:59– J'ai beaucoup d'affection pour cette chaîne.
09:01– Vous avez bien raison.
09:02– Et que ça coûte cher.
09:05J'ai connu Raphaël Glucksmann quand on militait contre les bombardements syriens et russes sur les populations civiles d'Alep.
09:14On faisait des réunions publiques, des manifestations.
09:18Parfois, il y avait 20 personnes maximum.
09:21C'était au cœur de ce qu'il portait.
09:24Et puis, on a continué à cheminer sur les questions internationales, sur les questions européennes.
09:29Et depuis quelques mois, c'est vrai, on a régulièrement des conversations.
09:33Et j'ai trouvé, je ne sais pas si vous avez eu l'occasion de lire son livre.
09:36– Évidemment, écoutez.
09:38– Non, non, mais je…
09:39– Franchement, si un journaliste politique ne lisait pas les livres de ceux qui sont les candidats…
09:46– Oui, il y a quand même beaucoup de bouquins politiques qui sont indigents.
09:48– Ah oui, mais…
09:49– Mais le sien, reconnaissez que…
09:52Par exemple, moi, j'ai trouvé passionnant dans son livre, c'est comment il veut, à travers l'école,
09:58à travers, je l'ai dit, la réindustrialisation, à travers l'école, comment il veut reconstruire
10:02une citoyenneté et des citoyens dans notre pays.
10:05Et je trouve ça passionnant.
10:07Je trouve ça passionnant parce que je pense que c'est exactement ce qu'il nous faut à notre pays.
10:11– Deux choses.
10:12D'abord, un, vous parlez de Raphaël Glucksmann mieux que Raphaël Glucksmann ne parle de lui-même.
10:17– Je sais, vous l'avez dit.
10:18– Oui, mais vous venez de me le confirmer.
10:22Dans ce que vous venez de dire et dans la façon de le dire.
10:25Deux, j'ai lu tous ses livres.
10:28J'ai trouvé que les premiers livres étaient, en tout cas, dissonants, flamboyants, etc.
10:35Franchement, le dernier livre, il est extrêmement décevant.
10:40– Ah, je peux tout…
10:41– Oui, moi, ce qui m'a pas…
10:43– Non, non, vous ne lancez pas dans la défense du livre, Yann Giano, parce que d'abord…
10:46– Ça raconte de qui on parle.
10:50– Quand il dit, au fond, on sauvera pas notre société, si on met pas de la démocratie partout,
10:56démocratie dans l'entreprise, démocratie locale, démocratie participative, au-delà, évidemment,
11:02de la démocratie représentative.
11:04quand il fait une telle… il a une telle obsession de réhabiliter l'école publique dans notre pays.
11:13Pas simplement de mieux payer les enseignants…
11:16– Oui, mais ça, c'est son programme.
11:17– Ça, c'est son programme.
11:18– Oui, mais c'est…
11:18– Je l'ai lu.
11:19– Non, mais d'accord, mais ce que je veux dire, c'est qu'à un moment donné,
11:22la campagne, les Françaises et les Français vont le découvrir.
11:26On est à huit mois, vous l'avez dit, du premier tour de l'élection présidentielle.
11:31Et vous voyez bien que… Moi, y compris, après le débat d'hier,
11:34j'ai eu des messages à la fois de salariés et d'entrepreneurs,
11:38de syndicalistes et d'entrepreneurs, qui me disaient,
11:40« Ah ben, enfin, on a un discours sur la règle du scénario. »
11:43– En attendant, Yannick Jadot, Alain Dommel, la candidature de Raphaël Buxman,
11:46il est candidat, certes, aujourd'hui, mais il est candidat à une primaire,
11:49avec au moins trois candidats déclarés face à lui,
11:53Jérôme Gage, Philippe Brun, Ségolène Royal,
11:56peut-être Olivier Faure également, qui pourrait se déclarer dès ce dimanche.
12:01Et puis, il y a ceux qui ne veulent pas de la primaire.
12:04– Et pas très loin quand même, François Hollande.
12:07– J'allais en parler. L'embusqué, c'est le titre, la une du point cette semaine.
12:11François Hollande dit, « Si la situation l'exige, j'en tirerai les conclusions. »
12:16Comprenez qu'il est prêt à y retourner.
12:18Est-ce que vous croyez à son retour ?
12:20Et est-ce qu'il peut être un danger pour Raphaël Buxman ?
12:23– D'abord, je voudrais un peu répondre au panégyrique.
12:25C'est normal, le panégyrique de votre part vis-à-vis de Raphaël Buxman,
12:29je ne vous le reproche pas.
12:31Et j'aurais été extrêmement surpris qu'il ne soit pas largement déployé pendant l'émission.
12:37– Écoutez, on va essayer.
12:38– On va aussi parler de la situation du pays.
12:40– Oui, mais ce que je veux dire, c'est que je trouve que jusqu'à présent,
12:46alors on est au début, je ne suis pas idiot, on a neuf mois,
12:51il va se passer des choses, etc.
12:53Je trouve qu'il ne s'est pas installé dans son rôle de candidat.
12:57Je trouve qu'il sait, un politique intelligent,
13:01c'est un intellectuel de bonne qualité,
13:03c'est quelqu'un qui aime écrire, réfléchir,
13:05et qui n'a jamais peur d'aller sur le terrain,
13:07donc il a un tas de qualités.
13:09Bon, mais je ne le trouve pas installé dans son rôle de candidat.
13:13– D'accord, écoutez, je ne doute pas qu'il va vous convaincre dans les prochaines semaines.
13:16– Alors que François Hollande,
13:18il y arrivait, François Hollande,
13:21qui a retenu sa décision, etc.,
13:27a fait comprendre que, mais sans vraiment le dire,
13:32bon, là, il marque un point, qu'est-ce que vous voulez ?
13:34Il arrive, c'est la façon de le faire,
13:39en tout cas, bon, je ne veux pas être méchant,
13:42mais enfin, il faut l'être un peu quand même,
13:44son livre est meilleur que celui de Raphaël Glucksmann.
13:47J'ai lu les deux, il est meilleur.
13:50– Écoutez, c'est votre point de vue, mais…
13:52– Si la situation l'exige, Yannick Jadot,
13:54vous pourriez voter François Hollande ?
13:56– Si la situation l'exige. – Je l'ai dit,
13:58non, mais la question n'est pas, il n'y a même pas d'ambiguïté.
14:00Moi, je voterai toujours pour un républicain face à l'extrême droite.
14:05Donc, il n'y a pas d'ambiguïté.
14:08Maintenant, ma conviction.
14:10C'est vrai qu'on entend dans le débat,
14:12même une partie du centre-gauche,
14:14je l'ai dit tout à l'heure du fait du vote utile,
14:17pourrait presque voter Édouard Philippe
14:18si c'est le seul en capacité de battre.
14:21C'est-à-dire qu'on va avoir un vote utile
14:23qui ne sera plus simplement un vote utile
14:24au sein de chaque famille.
14:26Ce sera un vote utile au sein du camp républicain.
14:29– Oui.
14:30– Parce qu'il faut battre l'extrême droite
14:33et qu'on ne veut pas devenir la Hongrie d'Orban
14:35ou la Grande-Bretagne du Brexit
14:37sous tutelle Poutine-Trump.
14:39– Je pense qu'il y aura un phénomène de ce genre,
14:44effectivement,
14:45dans une partie d'électorat assez large.
14:49La question étant de savoir
14:50si la mobilisation sera suffisante.
14:52– Pour venir sur François Hollande,
14:53je pense qu'en fait,
14:56le rôle que jouera François Hollande
14:58dans cette campagne,
15:00la question du vote utile pour Jean-Luc Mélenchon
15:03ou la question d'un vote utile pour Édouard Philippe,
15:05ça ne dépend que de nous.
15:07Ça ne dépend que de cet espace politique
15:11que moi j'appelle la social-écologie.
15:14– Pardon, mais l'espace politique de Raphaël Glucksmann
15:16et de François Hollande,
15:17il n'est pas non plus hémisphère nord, hémisphère sud.
15:19Ils ne sont pas très lointains.
15:20– Mais non, justement.
15:21Ce que je veux dire,
15:21c'est que si on réussit notre début de campagne,
15:25l'engagement, la mobilisation,
15:28une forme d'enthousiasme
15:29dont on a tellement besoin dans notre pays,
15:31pas pour nier les réalités,
15:33mais pour l'emmener sur un autre chemin.
15:35Si on réussit notre coup,
15:38François Hollande sera un soutien de la campagne.
15:40– Et sinon, c'est vous qui seriez le soutien de François Hollande.
15:43– Ils nous capteront le vote utile
15:44et les gens n'iront pas vers Édouard Philippe.
15:47Ils porteront au second tour de l'élection présidentielle
15:49un représentant de cette gauche démocratique,
15:54européenne, internationaliste, écolo,
15:55qui veut à la fois concilier la démocratie,
15:58vous savez, et vous êtes un démocrate,
16:00vous savez combien elle est menacée aujourd'hui.
16:03La question écologique,
16:05dont tout le monde voit qu'elle doit être absolument impérative,
16:07et la justice sociale,
16:09si on veut garder un pacte républicain
16:11et un contrat social dans ce pays.
16:12C'est lui qui porte ça, il n'y en a pas d'autre.
16:14– Alors, que Raphaël Glucksmann porte les idées
16:18de Raphaël Glucksmann, je ne vous dirai pas le contraire.
16:21Que ça corresponde à une fraction
16:23pas du tout négligeable de l'électorat
16:26et à une fraction potentielle de rallier,
16:29c'est tout à fait possible.
16:31Mais je trouve que François Hollande
16:37s'avance d'un pas en publiant un livre qui est un livre intéressant
16:41et même, en fait, qui est un livre très novateur.
16:44Son livre est plus novateur que celui de Raphaël Glucksmann.
16:47– Oui, mais…
16:47– C'est quand même le…
16:48Non, mais je veux dire, c'est quand même un paradoxe.
16:50– Retraite à 63 ans, télé à social.
16:53– Ils ont une génération de différences.
16:56Bon.
16:56Et si j'ose dire, le plus jeune vinyle des deux,
16:59c'est Hollande.
17:01C'est quand même pas évident.
17:02– Je ne dirais pas ça.
17:03– Je ne dirais pas ça parce que…
17:04– Je parle dans les livres.
17:06– Moi, j'ai du respect pour François Hollande.
17:09Il a été président de la République.
17:11Certes, il n'a pas tout bien fait.
17:13– Bah non.
17:13– Et je pense que son bilan…
17:15– Aucun n'a tout bien fait.
17:16– Son bilan, qui a pu être peut-être exagéré
17:21du point de vue négatif, mais pèse terriblement.
17:24– Bilan globalement positif ?
17:25– Non.
17:26Je dis, je pense que parfois,
17:29tout a été considéré comme noir
17:31dans le bilan de François Hollande.
17:33C'est exagéré.
17:34Je pense que sur les questions de politique internationale,
17:37il a plutôt bien fait ce boulot.
17:38Après, sur les questions sociales,
17:41sur les questions environnementales,
17:42il a créé une rupture à gauche qui pèse encore.
17:46Y compris parce qu'il ne reconnaît, malheureusement,
17:48aucune erreur dans son quinquennat.
17:51Mais pour moi, le sujet, pardon,
17:53mais c'est qu'on va être dans cette campagne-là.
17:55Regardez, il y a eu…
17:57On parle des sensibilités des candidats.
18:01Vous prenez…
18:02– Vous me laissez répondre,
18:03parce qu'il y a une grande disproportion.
18:06– Non, pas du tout.
18:07– Si, si, si.
18:07– C'est vrai ?
18:08– Ah oui, honnêtement.
18:09– Non, mais je vais partir sur quelque chose.
18:11– Alors, rapidement pour les séries.
18:12– Je pense que ça va vous passionner.
18:14– Non, mais je ne dis pas que je m'ennuie.
18:15– Non, non.
18:16On a eu là les premières marques du chaos climatique.
18:20Bon.
18:20Des solutions aujourd'hui pour sortir des énergies fossiles,
18:23pour s'adapter, tout ça, elles existent.
18:25OK ?
18:25C'est les renouvelables, c'est l'isolation,
18:27c'est les climatisations, c'est machin, c'est…
18:29Bon, tout ça on a.
18:30Mais on est dans un moment où, si on veut que ce moment,
18:34qui a été un moment de traumatisme,
18:36où pour beaucoup de Français et de Françaises,
18:39le monde familier s'est dérobé sous leurs pieds.
18:41C'est un monde inconnu dans lequel ils arrivent,
18:43en plus de la guerre, des trucs.
18:45Ce que je veux dire, c'est qu'il va nous falloir un candidat
18:48pour trouver les mots sensibles, les mots justes,
18:52pour arriver…
18:53– Oui, d'accord.
18:53– Et je trouve que Raphaël Guzmane porte ça,
18:56et ça me paraît, à ce moment-là, important.
18:58– D'abord, ça ne m'étonne pas du tout,
18:59vous pensiez que c'est Raphaël Guzmane qui porte ça ?
19:01– Non, mais sur le fond, sur le fond.
19:03– Sur le fond, qu'il faille quelqu'un
19:04qui effectivement correspond,
19:06sache donner des réponses aux questions…
19:08– C'est important.
19:09– Évidemment, c'est important.
19:10– Pas simplement techniques.
19:11– Mais non, mais non.
19:12– La question, c'est les émotions, les traumatismes.
19:14– Non, non, non, non.
19:14– Qu'il faille quelqu'un qui soit susceptible
19:16de donner l'impression d'avoir des solutions
19:19et de savoir ce qu'il peut faire
19:21dans des conditions comme ça, je suis d'accord
19:23que Raphaël Guzmane, depuis que tout ce que vous venez
19:29de décrire ce produit ait su incarner la réponse
19:34et incarner le leader porteur de la réponse,
19:39non, je pense qu'il a ses idées très respectables,
19:42souvent très positives,
19:44mais je pense qu'il n'apparaît pas comme le leader qui incarne.
19:49Je pense que jusqu'à présent,
19:51il n'est pas charismatique.
19:53Et que, comme vous le savez très bien,
19:54dans une élection présidentielle,
19:56être charismatique, c'est essentiel.
19:58– Alain Doamel, Yannick Jadot,
20:00je voudrais vous entendre tous les deux également
20:02sur Jean-Luc Mélenchon et sur les propos tenus
20:04sur cette antenne par Bruno Retailleau à son sujet.
20:07Jean-Luc Mélenchon qui, dans les deux sondages de la semaine,
20:10progresse et semble même en mesure de s'imposer,
20:13de se qualifier, en tout cas pour le second tour.
20:16Cette semaine, Bruno Retailleau, le candidat de la République.
20:17– Avec une belle progression, Raphaël Guzmane.
20:19– J'étais sûr, je vous ai tendu la perche,
20:20c'était fait exprès.
20:21– Vous pouvez regarder pour ça.
20:22– Bruno Retailleau a sorti le bazooka contre les Insoumis.
20:26C'était au micro de Sonia Mabrouk, écoutez.
20:28– Le groupe des Insoumis à l'Assemblée il y a un an
20:31ont déposé une proposition de loi, vous vous en souvenez certainement,
20:35pour abroger le délit d'apologie terrorisme.
20:38Donc ces gens-là préfèrent pactiser avec les islamistes
20:42plutôt que de protéger les Français.
20:43– Donc Rima Hassan est une ennemie de la France ?
20:45– Ce sont des collabos, oui, c'est un parti de collabos,
20:49voilà, avec les ennemis de la France.
20:52– Les collabos de l'islamisme, un domaine.
20:55– Je pense que ce qui est exagéré est insignifiant.
20:58– Exactement.
20:59– Et que c'est exagéré.
21:01Moi, je ne suis pas fanatique de ceux que Bruno Retailleau critique,
21:07je les critique aussi et je ne partage pas tellement de choses avec eux.
21:11mais il ne faut pas non plus exagérer, enfin je veux dire,
21:15ce qui est exagéré n'a pas de sens.
21:17C'est franchement, et je trouve ça dommage
21:20parce que Bruno Retailleau est quelqu'un d'intelligent,
21:23est quelqu'un de sincère, est quelqu'un de sérieux.
21:26Et c'est un candidat, donc un candidat, on l'écoute,
21:31et qu'il tienne ses propos-là,
21:34ça je trouve ça de mauvais augure pour la campagne présidentielle.
21:38– Yannick Jadot.
21:38– Je ne dirais pas mieux.
21:40Je ne dirais pas mieux.
21:41Je pense que Bruno Retailleau a quand même une culture historique
21:47qui devrait l'empêcher de dire des bêtises pareilles.
21:51Je pense qu'à la fois, on sent bien qu'il est en difficulté,
21:54il n'arrive pas à marquer à droite.
21:56Donc il pense que peut-être la radicalisation, l'insulte,
22:01permettra de le sortir de son mauvais, de son faux plat.
22:06Je pense qu'il se trompe.
22:07On n'a pas besoin de ça.
22:07On n'a pas besoin des collabos, on n'a pas besoin des nuisibles.
22:10– Vous nous avez dit tout à l'heure, j'ai toujours été très clair face au RN,
22:14j'ai toujours choisi le bulletin républicain.
22:17Ça vaut pour Jean-Luc Mélenchon en cas de duel face à Marine Le Pen.
22:20Vous voterez Mélenchon au second tour ?
22:22– Oui, moi je voterai toujours contre l'extrême droite.
22:24Mais j'avoue que ce sera, j'allais presque dire,
22:28plus difficile que d'habitude.
22:30– Mais vous le ferez.
22:30– Oui, je le ferai, mais ce sera plus difficile que d'habitude,
22:33parce que franchement, je trouve que Jean-Luc Mélenchon,
22:36ce n'est pas simplement par ses idées,
22:39je veux dire son nationalisme anti-européen,
22:41ses complaisances vis-à-vis des dictatures,
22:44ou ses indignations sélectives, racisme…
22:46– Vous êtes le premier soutien de Raphaël Glucksmann,
22:48qui a construit toute une partie de son discours ces derniers mois,
22:50contre Jean-Luc Mélenchon,
22:52qui l'accuse régulièrement d'antisémitisme.
22:54– C'est votre position ou c'est la sienne aussi ?
22:56– Non, mais je vous lui poserai la question.
22:58– Vous lui avez forcément parlé de ça ?
22:59– Non, non, je vous lui poserai la question.
23:00– Vous lui avez forcément…
23:00– Non, parce que moi, je…
23:01– Un, un, je ne pense pas que Jean-Luc Mélenchon
23:04sera au second tour de l'élection présidentielle.
23:07Moi, je me bats pour que ce soit un candidat républicain
23:10qui peut gagner au second tour.
23:11– Mais vous me dites sans état d'âme ?
23:12– Non, je voterai toujours contre l'extrême droite.
23:15Je voterai toujours contre l'extrême droite.
23:16Et pourquoi aussi ?
23:17Jean-Luc Mélenchon, je l'ai dit,
23:19il brutalise le débat,
23:20il a une relation extrêmement dégradée à la démocratie.
23:24Extrêmement dégradée à la démocratie.
23:25Ça, c'est ma critique.
23:28Mais quand je rencontre beaucoup d'électrices
23:30et d'électeurs des insoumis,
23:31ils ne sont pas sur cette ligne-là.
23:33Moi, je rencontre beaucoup de jeunes,
23:34ils ne sont pas antisémites.
23:36Ils sont plutôt pro-européens.
23:38Et le Parti communiste chinois,
23:40il ne considère pas que c'est une démocratie.
23:41Et donc, il y a autour du vote de Jean-Luc Mélenchon
23:46un appétit de radicalité
23:50qui, aujourd'hui,
23:52fait qu'il y a une forme de complaisance
23:54ou de pardon,
23:55ou de pardon complaisant
23:56vis-à-vis de toutes ces dérives.
23:58– Mais j'avoue que je suis surpris
23:59par vos propos, Yannick Jadot,
24:00et je voudrais entendre Alain Demel.
24:01Est-ce que ce que dit Yannick Jadot aujourd'hui
24:04préfigure ce qui se passera
24:05si Jean-Luc Mélenchon est au second tour ?
24:07C'est-à-dire que, finalement,
24:08toute une partie de la gauche
24:10mettra au fond de sa poche,
24:11sous un très gros mouchoir,
24:12toutes les attaques,
24:13y compris extrêmement fortes,
24:14on parle d'antisémitisme,
24:16et votera pour lui,
24:17contre Marine Lebel ?
24:18– Je pense que si les circonstances
24:20se présentent de cette façon-là,
24:22il se produira dans les mois qui viennent
24:25ce qui s'est produit en 2022,
24:27c'est-à-dire que toute la gauche
24:29se rassemblera.
24:30– Et vous ferez quoi, vous ?
24:30– Même s'ils ne sont pas d'accord.
24:32– Alain Duhamel, vous ferez quoi ?
24:34– Ça, si je vous donnais mon vote,
24:36franchement, ça ne serait pas très malin.
24:37– Non, mais ce que je veux dire…
24:38– Soyez sûrs que je voterai
24:40et pas blanc.
24:41– Non, non, mais je veux dire,
24:42on est dans un moment où
24:45j'ai dit tout ce que je pensais
24:46de Jean-Luc Mélenchon,
24:47parce qu'au fond,
24:49voilà, c'est…
24:52j'allais dire, ça a été la famille.
24:54Voilà, je le dirais comme ça.
24:56Mais je sais ce qui est l'extrême droite.
24:59Regardez la Grande-Bretagne post-Brexit.
25:02Ils veulent faire,
25:02comme d'autres candidats,
25:03comme M. Rotaillot d'ailleurs,
25:05un référendum sur l'immigration.
25:07Le Brexit,
25:08ça a été un référendum sur l'immigration.
25:10La société britannique
25:11ne s'en remet pas.
25:12– Mais est-ce que vous ne pensez pas
25:13que…
25:13– C'est la libération de la parole raciste.
25:14– En disant ce que vous venez de dire
25:16sur ce plateau,
25:16vous ne tirez pas une balle
25:17dans le pied de votre candidat.
25:18– Mais bien sûr que…
25:19– C'est l'anti-Mélenchon.
25:20– Mais moi, ce que je veux…
25:21– Mais je n'ai pas,
25:23et Raphaël non plus,
25:24on n'a pas l'intention…
25:25– Vous ne pensez pas
25:25qu'il va vous appeler
25:26derrière ce rendez-vous
25:27pour lui dire,
25:28là, Yannick, j'adore, mais…
25:28– On n'a pas,
25:29on n'a pas une seconde
25:32l'intention de faire notre campagne,
25:34soit contre Jean-Luc Mélenchon,
25:37soit contre l'extrême droite.
25:38Si on fait ça,
25:39c'est Le Pen qui gagne.
25:40Je vais vous dire,
25:41l'antifascisme,
25:42comme campagne électorale,
25:43l'antifascisme,
25:44c'est un combat, attention,
25:45mais ce n'est pas un projet
25:46pour les Françaises et les Français.
25:47Et donc, il va nous falloir
25:48de toute façon construire.
25:51J'ai parlé des usines tout à l'heure.
25:53Vous savez que dans beaucoup de territoires,
25:55si le vote RN s'est développé,
25:58c'est notamment à cause
25:59de la disparition des services publics.
26:01Il y a un sentiment de protection,
26:02mais mieux que ça,
26:06c'est aussi à cause
26:08de la disparition des usines.
26:10Les services publics,
26:11c'est la protection,
26:13l'usine sur un territoire,
26:15c'est la fierté,
26:15même quand les conditions de travail
26:17sont difficiles.
26:17C'est la fierté des métiers,
26:19c'est la fierté des territoires
26:21et ça recompose la culture,
26:23la démocratie et tout ça.
26:25Et c'est ça que nous allons porter
26:26autour de la révolution écologique.
26:28C'est ça que nous allons faire,
26:30pas en nous positionnant en permanence
26:32sur Mélenchon ou sur Le Pen.
26:34Qu'ils fassent leur campagne,
26:35on va faire la nôtre.
26:36Oui, ça,
26:37que vous fassiez votre campagne,
26:39vous venez de le faire
26:40là pendant 45 minutes.
26:42Pas encore, pas encore.
26:43Bon, mais ça m'a paru 45 minutes
26:46parce que je trouve que vous parliez beaucoup
26:48par différence.
26:52Le thème que vous défendez
26:54de ceux qui se sentent isolés
26:55parce que les services publics s'éloignent,
26:57parce qu'il y a des usines qui ferment,
26:59c'est-à-dire,
27:00je ne dirais pas tout le monde est d'accord,
27:02mais c'est une...
27:03Non, je ne dirais pas tout le monde est d'accord.
27:05Mais c'est une réalité.
27:07C'est une réalité que...
27:09D'ailleurs, c'est une réalité.
27:10C'est une logique aussi.
27:12C'est normal que les gens
27:13qui voient s'éloigner des services publics
27:16ou fermer des usines
27:17ou qui ont le sentiment d'être laissés de côté
27:21réagissent avec indignation.
27:24C'est normal, ça.
27:25Bon, mais au-delà de ça,
27:30je trouve que la dimension
27:34de politique économique et budgétaire
27:39que vous présentez,
27:41quand je dis vous,
27:42vos amis, évidemment,
27:44je trouve qu'elle est très faible.
27:46Je trouve que vous êtes très bons
27:47quand il s'agit de dire
27:49« Regardez les problèmes essentiels
27:50qu'on laisse de côté ».
27:51Et là, vous êtes très bons.
27:53Et c'est vrai ce que vous dites souvent.
27:55Mais que quand ensuite,
27:57il s'agit de dire
27:58« Et alors ? »
28:00Au-delà des espérances utopiques,
28:02au-delà, évidemment,
28:03tout le monde souhaiterait
28:04qu'il y a un paradis sur Terre.
28:05Mais au-delà de ça,
28:07quelle est la politique économique
28:08et financière et budgétaire
28:10qu'on propose ?
28:12Alors là, je trouve
28:13qu'il y a une énorme vacuité intellectuelle.
28:16Alors justement,
28:17c'est la question de la fiscalité,
28:20de l'héritage,
28:21de la fiscalité des riches,
28:22des ultra-riches également,
28:23qui a dominé les débats
28:23ces derniers mois,
28:25en France et en grande partie à gauche.
28:27Je voudrais vous faire entendre
28:28à tous les deux,
28:29et à vous aussi,
28:30amis téléspectateurs,
28:30les propos de Manon Aubry,
28:31député insoumise,
28:33sur les milliardaires.
28:34C'était cette semaine.
28:37Taxer les riches,
28:38c'est pas suffisant.
28:39Si l'on veut être clair
28:41dans une société
28:42où on va remettre
28:43les choses à l'endroit,
28:45c'est qu'il ne faudra
28:45pas seulement
28:46taxer les riches,
28:47mais interdire
28:48les milliardaires.
28:49Parce que s'il n'y a plus
28:50de milliardaires,
28:51alors il n'y a plus personne
28:53qui détient les médias.
28:54S'il n'y a plus de milliardaires,
28:55il n'y a plus personne
28:56qui massacre la planète.
28:58Et je vais même plus loin.
29:00D'un point de vue
29:01purement économique,
29:03je veux vous convaincre aussi
29:04à quel point
29:05les milliardaires
29:06sont des formes
29:07de nuisibles.
29:08J'assume.
29:10Interdire les milliardaires
29:11qui sont des nuisibles.
29:12Alain Douamel.
29:13Bon, écoutez,
29:14disons que ça ne fait pas
29:16prendre preuve
29:16d'une grande intelligence
29:18ni politique
29:18ni économique.
29:20L'idée que la France
29:21serait le pays
29:22dans lequel
29:23les milliardaires
29:24seraient interdits,
29:25qu'est-ce que ça veut dire
29:26en pratique ?
29:27On n'est pas une île
29:28séparée du reste du monde.
29:30Alors,
29:31la France ne se réduit
29:32heureusement pas
29:33à des milliardaires.
29:35Mais la France
29:35a besoin de milliardaires
29:37comme tous les pays
29:38en ont besoin
29:38et comme beaucoup
29:39n'en ont pas assez.
29:41Je veux dire,
29:41quand on dit
29:41les milliardaires,
29:42ce n'est pas simplement
29:43ceux qui vont dépenser
29:45leur fortune à Montecarles.
29:46Quand on dit
29:47des milliardaires,
29:47c'est aussi
29:48heureusement.
29:49bien sûr
29:50des activités financières,
29:52mais aussi
29:52ce sont des usines,
29:53des ateliers,
29:54des fermes,
29:55etc.
29:56C'est aussi ça.
29:57Et donc,
29:59évidemment,
30:00dire
30:01ça n'est pas moral
30:02qu'il y ait tellement
30:03d'inégalités,
30:04ben oui,
30:04ce n'est pas moral.
30:05Je suis d'accord,
30:06ce n'est pas moral.
30:06Ce n'est pas moral,
30:07mais c'est nécessaire.
30:09Et il faut qu'il y ait
30:11des leaders économiques,
30:12il faut qu'il y ait
30:13des chefs d'entreprise,
30:14j'allais dire,
30:15il faut qu'il y ait
30:16des riches aussi.
30:17Bon,
30:17il ne faut pas
30:17qu'il y en ait trop,
30:18il ne faut pas
30:18que ce soit dans
30:19n'importe quelle condition
30:20et il faut évidemment
30:21qu'ils paient leurs impôts
30:23comme ils doivent les payer
30:24dans des proportions
30:25qui soient naturelles.
30:26Je ne suis pas
30:27pour l'évasion fiscale
30:28des milliardaires,
30:29évidemment.
30:30Mais se dire
30:31que ça serait bien
30:32si on n'avait pas
30:33de milliardaires,
30:34franchement,
30:35c'est comme de se dire
30:35que ça serait bien
30:36si on n'avait pas non plus
30:38tel ou tel développement
30:40économique
30:41qui paraît aujourd'hui
30:43sortir.
30:44Bon,
30:44l'intelligence artificielle,
30:46par exemple,
30:46ça nous fait peur,
30:47on n'en veut pas,
30:48etc.
30:48Non,
30:49le monde change,
30:50on est bien obligé
30:51d'utiliser les moyens
30:53qu'on nous donne
30:54qui sont des moyens
30:55effectivement très différents
30:56de ceux qui existaient
30:57il y a 20 ans.
30:58Et il ne faut pas avoir
31:00ni peur
31:00ni décider
31:03de rejeter
31:04ce qui provoque
31:05de la crainte.
31:06Dans ce qui se passe,
31:07dans l'innovation économique
31:08telle qu'elle a lieu,
31:09dans l'innovation financière,
31:10il y a des raisons
31:12tout à fait légitimes
31:13de crainte.
31:14mais en même temps,
31:16l'idée de dire
31:17il ne faut pas
31:17de milliardaires
31:18et on va se passer
31:20de tous ces gens-là,
31:21je vais vous dire,
31:22c'est comme raisonnement
31:24enfante.
31:25Est-ce qu'il faut
31:26moins de milliardaires
31:27si Raphaël Glucksmann
31:28est président ?
31:29Est-ce qu'il y en aura
31:29moins à la fin
31:30de son mandat ?
31:31Est-ce que c'est un objectif
31:33que vous vous fixez ?
31:33Pas du tout.
31:35Le problème,
31:36ce n'est pas qu'il y ait
31:36des riches,
31:37le problème,
31:38c'est qu'il y ait aussi
31:38des pauvres.
31:39Ah oui, bien sûr.
31:40Et que quand on a
31:41l'affaire Liana,
31:43on voit bien
31:44qu'il faut plus de magistrats,
31:46plus d'enquêteurs
31:47pour lutter contre
31:49la pédocriminalité
31:50et les violences sexuelles.
31:53Quand on voit
31:54le chaos climatique,
31:55on a besoin de canadaires,
31:57on a besoin de pompiers.
31:58On a parlé de l'école
31:59tout à l'heure,
32:00on pourrait parler
32:00de nos concitoyens
32:03qui ont étouffé
32:06dans leur logement
32:07où ils étaient confinés
32:08cet été.
32:09On a des agriculteurs
32:10qui ont des cultures cramées.
32:12Après, le terme nuisible,
32:13je le rejette.
32:14Moi, je le rejette déjà
32:15pour les animaux.
32:16Je n'aime pas du tout
32:16qu'on dise que les renards
32:17sont des nuisibles.
32:18Donc, je ne vais pas le faire
32:19pour les humains.
32:20La question, c'est
32:23comment celles et ceux
32:24qui s'enrichissent
32:27contribuent équitablement
32:28à la solidarité,
32:30à la redistribution.
32:31Mais je suis d'accord.
32:32Quand on regarde
32:33sur les dernières années,
32:35les 500 plus grosses fortunes
32:37ont multiplié par deux
32:39leurs richesses.
32:40Ils ont passé
32:40de 600 milliards
32:41à 1 200 milliards
32:43pendant qu'une bonne partie
32:45des Français
32:46avaient la vie difficile
32:47et que la pauvreté
32:49augmentait dans notre pays.
32:50Donc, le sujet,
32:51c'est un sujet basique
32:53qui relève de la politique.
32:55C'est comment on redistribue
32:57les richesses
32:58dans notre pays.
32:59Donc, la question
33:00n'est pas d'enfermer
33:00les milliardaires.
33:02C'est de les taxer.
33:03C'est qu'ils payent
33:04les impôts
33:04à leur juste niveau.
33:07Eh bien, oui.
33:08Les milliardaires
33:09sont nécessaires.
33:11Les milliardaires
33:11sont nécessaires en France
33:12comme ils le sont ailleurs.
33:14Ils ne sont pas meilleurs
33:15que les autres.
33:16Ils ne sont pas forcément
33:17ceux dont on est
33:18le plus fier
33:18dans une société.
33:19mais ils sont nécessaires.
33:22Et effectivement,
33:23à partir du moment
33:23où ils sont réellement
33:24milliardaires,
33:25eh bien,
33:26il faut qu'ils contribuent.
33:28Qu'ils contribuent
33:29en proportion
33:32non seulement
33:33de ce qu'ils possèdent
33:34mais aussi
33:34de leurs revenus,
33:35ce qui est une autre affaire.
33:37On est d'accord.
33:38La question a été soulevée
33:39cette semaine
33:40par les Insoumis,
33:41par Raphaël Luxman,
33:41par Marie-Lise Léon,
33:42la patronne de la CFDT.
33:43C'est celle de l'héritage.
33:45Ah oui ?
33:45Marie-Lise Léon
33:45a pris une position
33:46assez surprenante,
33:47me semble-t-il.
33:47qui est...
33:48Avec la surprise, en tout cas.
33:49Ça me rassure, Alain.
33:50Vous aussi,
33:51ça vous a surpris.
33:51Qui est,
33:52il faut taxer faiblement
33:54tous les héritages,
33:55même les petits héritages.
33:56Aujourd'hui,
33:57un petit héritage,
33:58y compris 100 000 euros
34:00donnés à un de ses enfants
34:01après sa mort,
34:02n'est pas taxé.
34:0385 % des héritages
34:04échappent entièrement à l'impôt.
34:05Marie-Lise Léon dit,
34:06il faut taxer
34:07dès le premier euro.
34:08Favorable ou pas,
34:09Alain de Vamère ?
34:09Ah ben non,
34:10je ne suis pas du tout favorable.
34:11Je pense que
34:12les petits héritages
34:14sont faits
34:15pour donner de l'espérance
34:17à une génération.
34:19Enfin, ça me paraît évident.
34:20Les petits héritages,
34:21c'est un des ressorts
34:23de l'espérance sociale.
34:26Et je pense que c'est surtout...
34:27C'est moi qui me permets.
34:29On n'attend pas
34:30l'argent de ses parents.
34:30J'ai dit un des ressorts.
34:32Ah, écoutez,
34:33si un garçon ou une fille
34:36à 25 ans
34:37a envie de lancer
34:39une entreprise
34:39un peu moderne,
34:40un peu innovante,
34:41un peu différente
34:42et à risque,
34:43et à risque dans ces cas-là,
34:45bon,
34:45et que ses parents
34:47peuvent l'aider
34:47à démarrer
34:49en leur donnant un capital,
34:51tant mieux pour eux.
34:52Malheureusement,
34:53je ne dirais pas
34:53que c'est le cas
34:54de l'ensemble de la population.
34:55Ça, certainement pas.
34:57Mais que ce soit possible,
34:58moi, ça ne me choque pas du tout.
34:59Vous taxez dès le premier euro
35:01les héritages ou pas ?
35:02Non, la proposition
35:05que porte Raphaël Glucksmann,
35:06c'est évidemment
35:07de taxer
35:08les méga-héritages
35:10pour se redonner
35:12les moyens
35:12de l'investissement
35:14et de la protection
35:15de tout le monde.
35:16Et notamment
35:16d'affecter
35:19cette nouvelle taxation
35:20des méga-héritages,
35:21donc qui ne toucheront
35:22que 1%
35:23des héritages
35:24les plus importants
35:25pour financer
35:26la hausse des salaires.
35:27parce qu'en fait,
35:28sa logique,
35:28elle est simple.
35:29Il y a 40 ans,
35:31deux tiers du patrimoine
35:32des Français,
35:32c'était issu de leur travail,
35:34un tiers de l'héritage.
35:35La proportion,
35:36c'est inversé.
35:37Et ça,
35:37ça n'avait pas
35:38une société dynamique.
35:39Je suis d'accord,
35:40mais comme vous savez,
35:41selon les générations,
35:42ça varie énormément.
35:43Le pourcentage
35:44entre héritage
35:45et ressources,
35:47étonnamment.
35:49Sauf qu'il y a
35:49aujourd'hui
35:50une explosion
35:51d'un certain nombre
35:52de patrimoines
35:52et des Françaises
35:54et des Français
35:54qui ne voient plus
35:55pour leurs enfants.
35:56Et c'est pour ça
35:57qu'il ne faut pas
35:57taxer les petits héritages
35:59qui ne voient plus
35:59d'avenir bienveillants
36:01pour leurs enfants.
36:02Donc,
36:02ils ont envie
36:02de leur donner quelque chose.
36:03Merci Yannick Jadot.
36:04Merci beaucoup Alain Demel.
36:05On se retrouve désormais
36:06tous les vendredis 20h.
36:08Moi,
36:08je suis quand même curieux
36:09de savoir la conversation
36:10que vous allez avoir
36:10avec Raphaël Glucksmann.
36:12Si vous avez entendu
36:13sur ce plateau
36:13dire en cas de second tour,
36:14je vote Jean-Luc Mélenchon
36:15face à Marine Le Pen.
36:16Mais ça n'y sera pas.
36:17Ce sera Raphaël Glucksmann.
36:18J'adorerai une petite souris.
36:19Ça sera Raphaël Glucksmann de second tour.
36:20C'est la réponse
36:21qu'on n'avait pas faite ce soir.
36:22Merci beaucoup
36:22à tous les deux.

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