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Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées est l'invitée d'Eva Roque.

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Transcription
00:00France Inter
00:04Evaroc
00:07Le 6-9
00:08Et à 6h20, une question se pose, une taxe sur les produits sucrés.
00:12Peut-elle nous inciter à consommer moins de sucre ?
00:14Et tendre la taxe soda, c'est l'une des propositions avancées par Sébastien Lecornu hier lors de la présentation
00:19du projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2027,
00:23projet présenté en parallèle du projet de loi de finances.
00:25Et pour en parler, nous sommes avec la ministre de la Santé, des familles, de l'autonomie et des personnes
00:29handicapées.
00:30Bonjour Stéphanie Riste.
00:31Bonjour Evaroc.
00:32Nous allons revenir sur plusieurs points de ce projet de loi.
00:34J'ai devant moi, vous voyez, je ne triche pas, un paquet de biscuits au chocolat dont je tairais la
00:39marque que j'ai acheté dans un supermarché.
00:41Il m'a coûté 2,79 euros.
00:44A l'avenir, quel pourrait être le prix de ce produit sucré, même très sucré ?
00:49Mais le sujet n'est pas là.
00:51Le sujet est combien y a-t-il de sucre dans ces gâteaux.
00:54Le sujet est que 80% de nos enfants dépassent la dose maximale de sucre journalier,
01:00ce qui entraîne des conséquences pour leur santé, diabète, maladies cardiovasculaires, voire même des cancers.
01:06Nous avons à diminuer le taux de sucre dans ces gâteaux.
01:10L'objectif de cette taxe, elle est de dire aux industriels, diminuer la quantité de sucre pour qu'on puisse
01:16continuer à manger ces gâteaux.
01:17En diminuant un peu la quantité de sucre, ils ne payeront pas cette taxe, les industriels.
01:22D'accord, il n'y aura pas de taxe pour ceux qui feront l'effort de baisser le taux de
01:26sucre dans ces produits.
01:27Oui, en dessous de 10 grammes pour 100 grammes de produits de sucre, il n'y a pas de taxe.
01:31D'accord.
01:32L'objectif, et c'est vraiment une taxe sur le fait de fermer les yeux face à ce sujet de
01:38santé publique majeur.
01:40L'objectif est de dire aux industriels, diminuez la quantité de sucre et vous ne serez pas taxés.
01:46Modifiez vos recettes.
01:47Alors, on a eu un précédent en 2012 avec la taxe Soda qui s'était traduit par une hausse des
01:51prix en rayon d'ailleurs.
01:53On a évalué de 12 à 22% pour certaines marques d'augmentation de prix.
01:58La baisse des ventes, elle, elle était de l'ordre de 2 à 4%.
02:01Est-ce que d'abord sur le côté, sur le volet santé, est-ce que ça valait le coup cette
02:06mesure d'après vous ?
02:07Et combien a pris en termes d'économie le gouvernement récupéré ?
02:10La taxe Soda, elle a été très bien évaluée au Royaume-Uni.
02:13Au Royaume-Uni, la composition de la quantité de sucre a diminué de presque 50%, 46% exactement, dans les
02:22produits.
02:22Il a été montré qu'on a baissé de 8% le nombre de filles obèses à l'âge de
02:2810-11 ans.
02:29C'est des études qui ont montré cela.
02:31Donc, cette taxe, encore une fois, elle est de dire aux industriels, diminuez la quantité de sucre par vos produits,
02:37parce que ça entraîne des maladies à l'âge adulte.
02:40Un Français sur deux est en surpoids ou en obésité.
02:44Encore une fois, 80%, presque l'ensemble de nos enfants, consomment trop de sucre par jour.
02:49Mais vous me parlez du Royaume-Uni, est-ce qu'on a les mêmes résultats en France ?
02:51Ou il n'y a pas encore d'études précises sur les résultats de la taxe Soda ?
02:54La première année de la taxe en France a montré une diminution de la composition de sucre.
03:00Nous avons certaines boissons qui ont diminué, je vous le redis encore, de la moitié de quantité de sucre.
03:05Donc, c'est faisable.
03:06Nous ne devons pas, nous ne pouvons pas fermer les yeux devant les conséquences de cette consommation de sucre trop
03:14importante dans notre pays.
03:16Et donc, ça veut dire que l'argent qui pourrait être récupéré par cette taxe et qui reviendrait dans le
03:22gouvernement n'a aucune espèce d'importance pour vous ?
03:24Le montant de cette somme n'a pas d'importance ?
03:27L'objectif n'est pas d'en faire des économies.
03:30Encore une fois, si les industriels mettent moins de 10 grammes pour 100 grammes de produits de sucre, il n
03:36'y aura pas de taxe.
03:37Et donc, aucune incidence pour le consommateur dans les rayons de son supermarché ?
03:40L'industriel a le choix de pouvoir modifier ses recettes.
03:43Et alors, si on ne respecte pas cette baisse de sucre, est-ce qu'il y aura cette taxe ?
03:48Ça va être de combien ? De combien va augmenter mon paquet de gâteaux finalement ?
03:52C'est une taxe progressive en fonction de la quantité de sucre.
03:56Et je le rappelle, cette taxe est élargie aux produits qui sont sucrés, qui ont des additifs et qui sont
04:02emballés.
04:03Voilà, c'est industrialisé, ce n'est pas du tout pour les produits artisanaux ?
04:06C'est les produits transformés.
04:07D'accord. Et est-ce qu'on sait, par exemple, le nombre de centimes, on le sait pour les taxes
04:11pour le soda, c'est de 4 à 36 centimes par litre.
04:15Est-ce que pour ces produits sucrés, on sait à peu près déjà ?
04:17Oui, alors on a une taxe qui est encore une fois progressive, alors c'est vraiment évalué.
04:21Et ce qui incite les industriels à baisser leur taux de sucre.
04:24Même s'ils ont encore une taxe, en baissant leur taux de sucre, ils pourront diminuer leur taxe.
04:29Donc on leur donne les manettes pour pouvoir agir sur la composition des recettes des produits.
04:34Et vous connaissez le montant ou pas ?
04:36Alors il y a plusieurs niveaux et la taxe peut augmenter.
04:40En gros, pour une barre chocolatée, on estime à 1 centime la barre chocolatée de taxe.
04:45D'accord. Autre mesure budgétaire, Stéphanie Risse, qui concerne votre ministère, ce sont les déremboursements de médicaments.
04:50Il y avait déjà eu un décret, mais vous souhaitez aller plus loin.
04:53Ça veut dire quoi d'aller plus loin dans les remboursements de médicaments ?
04:57Non, alors on a diminué la part prise en charge par l'assurance maladie sur le remboursement des médicaments,
05:02en passant ce remboursement au complémentaire.
05:05C'est des décrets que j'ai pris cet été face à des mesures nécessaires de freinage des dépenses de
05:12santé.
05:12C'est-à-dire que les médicaments restent remboursés pour les 97% de Français qui ont des complémentaires.
05:18C'est important de le dire parce que j'ai entendu aussi beaucoup d'inquiétude de la part des Français.
05:22Donc tous les médicaments dont la science nous dit qu'ils ont une activité modérée ou faible,
05:28une efficacité modérée ou faible, on les a diminués leur part de remboursement de l'assurance maladie.
05:34Mais ils sont pris en charge par les complémentaires.
05:36Les inquiétudes des Français viennent peut-être aussi par le fait que les complémentaires ont tendance à monter.
05:41On voit le montant des mutuelles augmenter.
05:43Je comprends. Toutes ces dernières années, les complémentaires augmentent leur prix.
05:47C'est pour ça que nous travaillons beaucoup avec les complémentaires.
05:49Il y a un rapport qui a été remis récemment pour que nous puissions continuer à se poser la question
05:54de la place des financeurs dans la santé dans notre pays.
05:59Mais je voudrais le redire ici.
06:00On a le modèle social qui protège le plus et le modèle social qui a un reste à charge pour
06:06les Français.
06:07Le reste à payer qui est un des plus faibles au monde.
06:10Autre sujet sensible, Stéphanie Ries, ce sont les arrêts de travail et ce qu'on appelle le nomadisme médical.
06:14C'est-à-dire quand un patient va voir plusieurs médecins sur une période courte,
06:17vous envisagez des pénalités, des sanctions dans ces cas-là.
06:20Quel genre de pénalités ? Vous le savez déjà ?
06:22Dans le budget de la sécurité sociale, on a un pack arrêt maladie d'économie de 2 milliards d'euros.
06:29Les arrêts maladie, vous avez les arrêts courts qui sont très ennuyeux pour les entreprises,
06:33pour les gens qui travaillent et dont le collègue ne vient pas.
06:35Et nous voulons lutter contre les abus.
06:38Pour lutter contre les abus, j'ai pu sortir un décret qui va sanctionner plus fortement
06:43les personnes qui abusent de ces arrêts maladie qui sont courts.
06:47On a aussi des mesures sur les arrêts maladie de longue durée pour que les gens aillent mieux
06:52et soient mieux pris en charge dès le début de maladies dont on sait qu'elles peuvent être chroniques
06:57comme la dépression modérée ou comme les troubles musculo-squelettiques
07:01pour qui on propose des parcours de santé pour aller mieux, pour avoir des arrêts maladie moins longs.
07:06Alors je l'entends bien, aujourd'hui on peut bénéficier de 3 ans d'arrêt de maladie.
07:10Comment dans le prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale,
07:14vous évoquez de réduire ce temps à un an.
07:18Pour des personnes qui souffrent trop et qui ne peuvent pas reprendre leur travail
07:21après un an d'arrêt de travail, comment on fait ?
07:23Alors il y a plusieurs mesures à mettre en place.
07:25En tout cas ce qui est sûr, c'est que dès le début, pour ces personnes,
07:28moi je suis rhumatologue, je les connais bien ces patients-là,
07:32dès le début il faut les prendre en charge et c'est ce que nous faisons
07:35en finançant des parcours de prise en charge, de rééducation, de réadaptation
07:40pour que les gens puissent aller mieux et donc pouvoir reprendre le travail.
07:44Vous savez, c'est des gens qui avaient 3 ans d'arrêt maladie,
07:47mais aucune consultation chez le kinésithérapeute par exemple,
07:50aucune consultation chez le psychologue ou le psychiatre alors qu'ils étaient en dépression.
07:55Ce qu'on veut et ce que je veux en tant que ministre de la Santé...
07:57Travailler sur le parcours de soins, c'est ça ?
07:59Mais c'est que les gens aillent mieux.
08:01Évidemment, la conséquence c'est de diminuer les arrêts maladie,
08:03mais ce qu'on doit faire et c'est ce qu'on fait avec mon collègue Jean-Pierre Farandou,
08:06ministre du Travail, c'est qu'on veut que la santé soit mieux prise en charge
08:09et notamment la santé au travail, plus de prévention pour qu'il y ait moins d'arrêts maladie.
08:14C'est ça qu'on met en place.
08:15Merci beaucoup Stéphanie Iriste d'être venue au micro de France Inter pour évoquer ces propositions budgétaires.
08:20Il y en a beaucoup, on reviendra évidemment dessus.
08:22Je rappelle que vous êtes ministre de la Santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.
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