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Rendez-vous ce matin pour un nouvel échange constructif et intelligent entre Emmanuelle Mignon, avocate et ancienne haute fonctionnaire, et Gilles Finchelstein, secrétaire général de la Fondation Jean Jaurès.

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Transcription
00:00Mignon, vous êtes avocat, Gilles Fickenstein, vous êtes secrétaire générale de la Fondation Jean Jaurès.
00:04Mardi, lors de la journée de mobilisation des fonctionnaires,
00:07Edouard Philippe a publié une vidéo sur Youtube d'une vingtaine de minutes
00:10pour présenter sa réforme des retraites.
00:13Soit un départ à 65 ans et 45 annuités de cotisations,
00:16avec une dose de capitalisation pour tous.
00:18Il dit assumer une mesure impopulaire pour sauver le système par répartition,
00:22fragilisé par le déclin démographique.
00:24Dans l'actualité dense des derniers jours, la déclaration est un peu passée, quasi inaperçue.
00:29Et pourtant, elle pose beaucoup de questions.
00:31Emmanuel Mignon, le sujet des retraites, c'est quand même le sujet tabou et impopulaire par excellence.
00:35Cette tentative de prendre les devants, est-ce que c'est du courage ou du suicide politique,
00:39selon vous, en pleine campagne présidentielle ?
00:42C'est courageux, ça c'est incontestable.
00:45Mais je ne pense pas que ce soit un suicide politique.
00:48Courageux parce que c'est la plus grosse réforme jamais entreprise depuis 30 ans.
00:54Et il va plus loin que les propositions de Gabriel Attal ou Bruno Retailleau.
01:01Ce n'est pas un suicide politique parce que d'abord c'est cohérent.
01:04Il a toujours pensé qu'il fallait des mesures d'âge.
01:07Ensuite, c'est convaincant.
01:10Quand il dit finalement 65 ans, c'est revenir à ce que c'était en 1983,
01:18alors qu'entre-temps on a pris 8 ans d'espérance de vie en plus,
01:20je trouve que c'est un argument qui percute.
01:23C'est assez équilibré.
01:24Il parle de la pénibilité.
01:26Il parle des carrières longues.
01:28Il redonne la main aux partenaires sociaux.
01:31Il reconnaît aussi le problème de l'emploi des seniors.
01:35Et puis c'est assez rusé, il faut le reconnaître,
01:40parce qu'il ne demande rien aux retraités,
01:42pas d'efforts aux retraités,
01:43ce qui est quand même un pilier de son électorat.
01:46C'est un sans-faute donc d'après Emmanuel Mignon.
01:49Vous êtes conquis également, Gilles Fieltenstein,
01:52par cette proposition de réforme ?
01:54Alors, un peu moins.
01:56Un peu moins.
01:57L'inverse nous aurait étonné, Gilles.
01:59Je pense qu'il faut prendre très au sérieux ce débat-là.
02:02D'abord parce que ça touche la vie de millions de Français,
02:05mais aussi parce que ça n'arrive pas dans n'importe quel contexte.
02:08Hier, les taux d'intérêt auxquels la France a emprunté
02:12sont montés quasiment à 5%.
02:15Il y a un processus d'étranglement de l'économie française
02:19et la réforme des retraites, dans ce cadre-là,
02:22doit être regardée de manière sérieuse.
02:24Après, je crois, pour juger est-ce que c'est une bonne ou une mauvaise réforme,
02:30je crois qu'il y a deux critères principaux.
02:31Il y a le contenu et il y a l'applicabilité.
02:35Sur le contenu, je serais moins enthousiaste,
02:38beaucoup moins enthousiaste qu'Emmanuel Mignon
02:43parce que je trouve qu'elle est beaucoup conçue
02:46comme une réforme financière.
02:49Il y a des déficits,
02:52on modifie des paramètres,
02:54on va réduire le déficit.
02:56Et de ce point de vue-là,
02:57c'est vrai que la réforme, on peut dire, est courageuse ou ambitieuse
03:00parce qu'elle bouge deux critères principaux
03:03et avec un calendrier qui est un calendrier très rude.
03:06Mais je trouve qu'elle se limite à une réforme financière
03:09alors qu'il y a au moins une leçon qu'on peut tirer
03:12de ces dix dernières années,
03:14c'est que c'est profondément une réforme de société
03:16et que la question de l'emploi des seniors,
03:19qu'évoquait Emmanuel,
03:21la question du travail,
03:22la question de l'espérance de vie en bonne santé
03:24que j'évoquais la semaine dernière ici,
03:27la question de la retraite progressive,
03:29la question des carrières hachées,
03:32tout cela est évoqué,
03:33mais il n'y a aucune proposition.
03:35Donc d'un côté,
03:35il y a des mesures sur les mesures d'âge qui sont rudes
03:38et d'un autre côté,
03:39il n'y a pas grand-chose.
03:40Donc ça, c'est le premier.
03:40Qu'est-ce qu'il propose notamment de s'en remettre sur ces sujets,
03:43pas tous, mais la plupart d'entre eux,
03:45aux partenaires sociaux ?
03:46C'est peut-être ça qui est rusé pour reprendre le qualificatif
03:49en pris par Emmanuel Mignon.
03:50D'où la deuxième question.
03:51Ce que c'est rusé, c'est la question de l'applicabilité,
03:54parce qu'une bonne réforme, c'est une réforme qui est mise en œuvre.
03:59Édouard Philippe lui-même avait reconnu il y a près d'un an
04:03que l'élection présidentielle ne lui donnerait pas de mandat
04:06compte tenu de la manière dont elle va se dérouler.
04:08Et donc la question, c'est est-ce que derrière,
04:10il peut y avoir une majorité parlementaire sur un tel texte ?
04:13Je crois qu'on peut en douter.
04:14Est-ce qu'il peut y avoir une majorité populaire,
04:16une majorité d'opinion ?
04:17J'ai regardé dans le fameux panel électoral
04:20dont je vous avais déjà parlé.
04:22On avait posé des questions,
04:23non pas sur les propositions d'Édouard Philippe,
04:26qui n'étaient pas encore formulées,
04:27mais sur les orientations.
04:29Et notamment, est-ce que les Français considéraient
04:32qu'il fallait augmenter, diminuer ou maintenir en État
04:35l'âge minimum et le nombre de cotisations ?
04:39Les Français qui répondaient qu'il fallait à la fois faire l'un et l'autre,
04:42c'était 17% qui étaient pour, 70% qui étaient contre.
04:46Et ça, c'était sans connaître la teneur des propositions.
04:50Donc, je ne sais pas si c'est un suicide politique,
04:52mais en tout cas, c'est sûr que c'est courageux.
04:54Est-ce que, par ailleurs, Emmanuel Mignon,
04:56c'est si courageux, cette proposition de réforme
05:00portée par Édouard Philippe ?
05:02On l'affuble depuis plusieurs années
05:04de « Monsieur 67 ans »
05:06parce que sa grande proposition, c'était de repousser
05:08l'âge de départ à 67 ans.
05:10Aujourd'hui, il propose 65.
05:12Donc, c'est une forme de recul également.
05:15Ça fait partie un peu de la ruse.
05:17C'est aussi une manière de se dégager
05:18de cette...
05:19De toute façon, 65 ou 67 ans,
05:21de toute façon, c'est une proposition audacieuse
05:23et courageuse, quoi qu'il arrive.
05:26Alors, sur le côté, c'est inapplicable
05:28parce qu'il n'y aura pas de majorité,
05:29ni parlementaire, ni populaire derrière.
05:32Moi, j'entends très bien cet argument.
05:34Mais, bon, à ce compte-là, on ne va rien faire.
05:37Ça, c'est la première chose.
05:39Et puis, deuxièmement,
05:42au moins, il propose.
05:43Alors, après, s'il est élu, il ajustera.
05:46Effectivement, la mise en œuvre,
05:48c'est une des choses les plus compliquées.
05:50Mais, ce qui est certain,
05:52c'est que s'il ne propose pas
05:53dans le cadre, maintenant, de la campagne,
05:55s'il est élu, il ne fera rien.
05:57Mais est-ce que la présidentielle, Emmanuel Mignon,
05:59elle se joue sur l'énonciation de telles mesures ?
06:01Vous pensez ?
06:04Dans quasiment toutes les présidentielles
06:06depuis 30 ans,
06:07on a une grosse surprise.
06:08Alors, et généralement,
06:11le candidat sérieux,
06:12il n'est pas élu.
06:13Alors, peut-être que la surprise de cette élection,
06:15c'est que le candidat sérieux
06:16et austère
06:20va être élu.
06:22Gilles Fickenstein.
06:23Ça vous a fait sourire, Cetron.
06:26Non, peut-être.
06:27Peut-être, peut-être.
06:29Il n'est pas forcément le seul candidat
06:31à être sérieux.
06:32C'est pourquoi Édouard Philippe
06:35fait cette proposition.
06:37D'abord, je crois qu'il faut lui faire crédit
06:38que ce sont ses convictions,
06:40et ce sont ses convictions répétées
06:41depuis maintenant de nombreuses années.
06:43Il y a quand même une hypothèse,
06:45c'est que c'est une erreur,
06:47une maladresse,
06:48et on rencontre aussi
06:48les limites d'Édouard Philippe.
06:51J'ai été frappé d'une phrase,
06:52non pas dans la vidéo de YouTube,
06:54mais dans l'interview
06:55qu'il a donnée aux Parisiens.
06:57Il n'y a pas de plan B.
07:00Et généralement,
07:01quand un responsable politique
07:02dit qu'il n'y a pas de plan B,
07:03c'est qu'il y a un problème
07:04d'écoute, de souplesse.
07:07Autre manière de dire,
07:07il n'y a pas d'alternative, en somme.
07:08Oui, absolument.
07:11Après, il y a une autre hypothèse,
07:12c'est qu'il y a une forme d'habileté,
07:15et qu'il est le seul à occuper,
07:17ou à peu près le seul à occuper aujourd'hui,
07:20ce territoire.
07:21Si d'aventure,
07:22la crise que j'évoquais tout à l'heure
07:23s'accentuait,
07:25peut-être qu'à ce moment-là,
07:27il pourrait en tirer bénéfice
07:29dans la campagne présidentielle.
07:31Après, sur l'adoption,
07:32j'ai été frappé par un autre élément.
07:34Édouard Philippe avait fait
07:35son grand discours d'entrée en campagne
07:37il y a un an, à Lille,
07:38et il avait dit,
07:40sur les retraites,
07:41ça sera, au moment des élections législatives
07:43qui suivront l'élection présidentielle,
07:45un référendum.
07:46Là, il est plus prudent.
07:48Oui, il n'en a pas reparlé.
07:49Un mot, Emmanuel Magnon,
07:50sur une partie de cette réforme,
07:53la dose de capitalisation.
07:55Est-ce que, selon vous,
07:56là aussi, c'est une bonne idée ?
07:59Alors, la capitalisation,
08:01c'est indispensable,
08:01pour une raison qui n'est pas seulement
08:03l'équilibre des régimes des retraites,
08:05mais parce qu'on a besoin d'investissement.
08:07Et une des raisons pour lesquelles
08:08on n'a pas assez d'investissement dans ce pays,
08:10c'est qu'en fait,
08:10on n'a pas de fonds de pension
08:11comme on les a,
08:14et on les caricature d'ailleurs,
08:15aux Etats-Unis.
08:16Donc ça, c'est une bonne chose.
08:17Après, sur la manière dont ça marche,
08:20très franchement,
08:21j'ai bien étudié le sujet,
08:22je n'ai toujours pas compris
08:22ce qu'il proposait.
08:23Mais enfin, il a le temps
08:24de préciser ses propositions.
08:26Gilles, sur la capitalisation ?
08:28Alors, moi, je n'ai pas de problème
08:29de principe sur la capitalisation
08:31comme complément.
08:33Je n'y vois pas du tout
08:35la solution miracle ni un substitut.
08:36Il y a beaucoup de modalités
08:38de capitalisation différentes
08:39selon qu'elles sont collectives
08:40ou individuelles.
08:41Ce que j'ai compris
08:42des propositions d'Edouard Philippe,
08:44c'est qu'il y a, pour le coup,
08:45un risque d'inégalité très fort
08:47parce qu'au-delà,
08:48on est sur de la capitalisation individuelle
08:50et au-delà des 500 euros initiaux,
08:53et bien après, ça dépend
08:54de la capacité de chacun à épargner.
08:57Et donc, au bout du bout,
08:58au bout de 10, 15, 20 ans,
09:01entre ceux qui auront pu épargner
09:03et les autres,
09:03il y aura des écarts très importants.
09:05Je vous propose de clore
09:06ce sujet retraite
09:07pour en évoquer un autre
09:09qui a malheureusement rythmé
09:10l'actualité de ces derniers jours.
09:11C'est à Mediapart, je crois,
09:13qu'il va falloir dire
09:14d'enfiler son costard en Kevlar.
09:17C'était Marine Le Pen,
09:19mardi, au lendemain des révélations
09:20de Mediapart
09:21sur les écrits antisémites
09:22attribués à Jordan Bardella.
09:23Je précise par ailleurs
09:24que le Kevlar,
09:25c'est une matière très résistante
09:27qu'on utilise notamment
09:27pour la fabrication
09:28de gilets pare-balles.
09:29Donc, autant dire que
09:30le message est clair.
09:31En réponse à cette déclaration,
09:33d'ailleurs,
09:3340 sociétés de journalistes
09:34ont signé un texte commun
09:35dans lequel on peut notamment lire
09:37« Ces violentes tentatives
09:38d'intimidation
09:39sont la marque de fabrique
09:40des régimes autoritaires
09:41à travers le monde
09:42et sont particulièrement inquiétantes
09:43pour le droit à l'information
09:45auquel peut prétendre
09:46la population
09:46d'un pays démocratique ».
09:47On voulait revenir sur ce sujet
09:49et aussi parce que la semaine
09:50a été marquée
09:51par l'agression à Saint-Denis
09:52d'une équipe de BFM TV.
09:53C'était devant le lycée
09:54Paul-Éluard.
09:55Deux jours plus tard,
09:55un journaliste d'M6
09:56a été encerclé et frappé
09:57alors qu'il couvrait
09:59le blocage d'un lycée
10:00à Marseille.
10:00Et puis cette semaine encore,
10:01l'infiltré,
10:02qui est un nouvel hebdo
10:03d'investigation de frontières,
10:05a sorti son premier numéro.
10:06Il promettait de révéler
10:08le nom de la source
10:08du quotidien Libération
10:10au sein du RN
10:11et puis le nom finalement
10:12n'a pas été dévoilé.
10:13Gilles, en fait la question
10:14elle est peut-être
10:15un peu provocatrice
10:16mais elle est finalement
10:16très simple.
10:17Est-ce que tout ça
10:18c'est de la faute
10:18des journalistes ?
10:21Non, évidemment non.
10:22D'abord, on est face
10:23à un phénomène mondial.
10:25Le hasard fait
10:27que je participais
10:27cette semaine
10:28au 20ème anniversaire
10:29de Cartooning for Peace
10:30qui est l'association
10:31qui a été créée
10:32par Plantu
10:33qui regroupe
10:34350 dessinateurs
10:36du monde entier,
10:36dessinateurs de presse
10:37et le constat
10:39était exactement le même.
10:40Il y avait Thibaut Brutin
10:41le directeur
10:41de Reporters sans frontières
10:42qui rappelait
10:44que dans le baromètre
10:45sur la liberté de la presse
10:46en 25 ans
10:47jamais
10:48la note moyenne
10:49n'avait été
10:50aussi basse.
10:52Sur les attaques
10:54contre les journalistes
10:55il y a là aussi
10:56des choses
10:56qui sont anciennes
10:59c'est-à-dire faire
10:59contre les médias
11:00des affrontements
11:02entre un responsable politique
11:03et un journaliste
11:04en fonction de sa génération
11:06on a tous
11:07des souvenirs en tête
11:08disons de Georges Marchais
11:09jusqu'à Nicolas Sarkozy.
11:11Ce qui est nouveau
11:12c'est que
11:13ce n'est pas seulement
11:13faire contre les journalistes
11:15c'est faire contre
11:16les médias
11:17et je date
11:17le point de bascule
11:19et peut-être ça va vous paraître
11:20surprenant
11:21de la campagne présidentielle
11:22de 2007
11:23et de François Bayrou
11:25qui a bâti
11:26un tournant
11:27de sa campagne
11:28en attaquant
11:29TF1
11:30le média
11:31dominant
11:32dans le journal
11:33télévisé
11:34de 20h
11:34de TF1
11:35là c'était
11:36une critique
11:37contre les médias
11:39après on est passé
11:40aux attaques
11:41Qu'est-ce que ça change
11:41pardonnez-moi
11:42le critiquer
11:43un journaliste
11:44versus critiquer
11:45un média
11:46en quoi c'est une bascule ?
11:47Parce que ça devient
11:48la critique
11:48d'un système
11:49où le responsable politique
11:51se fait
11:51le porte-parole
11:53du peuple
11:55contre les élites
11:56dans un clivage
11:57qu'il essaye
11:58d'instituer
11:59Depuis
11:59on est passé
12:00de ces critiques
12:01aux attaques
12:02et puis il y a
12:02un autre phénomène nouveau
12:03mais qui rentre
12:04en résonance
12:05avec ça
12:05c'est que
12:06les responsables politiques
12:07ne font pas seulement
12:08contre les médias
12:09ils font de plus en plus
12:10sans les médias
12:11en essayant de devenir
12:13leurs propres médias
12:14ou en allant sur
12:16de nouveaux médias
12:17un des phénomènes
12:19de ce début de campagne
12:20ce sont
12:21légendes
12:22et quelques autres
12:23des podcasts
12:24dans lesquels
12:24les responsables politiques
12:25les candidats
12:26ont du temps
12:28de l'audience
12:29et prennent peu de risques
12:30Emmanuel Mignon
12:31comment vous vous expliquez
12:31si on reste un instant
12:33concentré
12:34sur les attaques
12:36contre les médias
12:37de la part
12:37des responsables politiques
12:38comment est-ce que
12:39vous les expliquez ?
12:44Je voudrais rebondir
12:46sur le paradoxe
12:47parce qu'effectivement
12:48ils essayent d'échapper
12:49les responsables politiques
12:50essayent d'échapper
12:50aux médias traditionnels
12:53et en même temps
12:54on voit bien
12:55qu'une partie
12:56dans une partie
12:57du débat
12:58les médias traditionnels
12:59reviennent
12:59alors je pense
13:00qu'il faut
13:01je pense qu'en fait
13:03les médias
13:03dits traditionnels
13:04restent encore
13:04très présents
13:05ensuite
13:06l'autre facteur
13:07de nouveauté
13:09c'est
13:11il y a toujours eu
13:12des rapports compliqués
13:13entre médias
13:14et responsables politiques
13:16pourquoi ?
13:16parce que d'un côté
13:17il y a de la fascination
13:18et de l'autre côté
13:19il y a de la nécessité
13:21donc le débat
13:21a toujours été
13:23compliqué
13:25mais à mon avis
13:26ce qui est nouveau
13:27c'est d'abord
13:27on a des médias
13:29aujourd'hui
13:29qui sont assez puissants
13:30et qui sont des médias
13:31d'opinion
13:31donc ça c'est quand même
13:32quelque chose de nouveau
13:33qu'on n'avait pas
13:35jusqu'à une époque
13:35récente en France
13:37deuxièmement
13:37on a
13:39le peuple
13:40contre les médias
13:41d'où cette violence
13:42parfois
13:43qui est
13:43alors pour le coup
13:44le peuple contre les médias
13:45oui
13:45les agressions
13:47contre BFM
13:48pas la notion de défiance
13:49ça c'est une autre chose
13:50mais quand il y a des agressions
13:51contre les journalistes
13:52ça c'est quand même
13:53extrêmement
13:54c'est nouveau
13:55et c'est extrêmement
13:56problématique
13:57et puis on a
13:59maintenant
13:59une espèce de bagarre
14:00des médias entre eux
14:01alors si le sujet
14:02n'était pas
14:04grave
14:04j'aurais envie
14:05d'en sourire
14:05en disant que
14:06parfois on a quand même
14:07l'impression que c'est
14:07le pugilat du village
14:08d'Astérix
14:09et donc
14:10au bout d'un moment
14:11on regarde
14:12ils sont tous en train
14:12de se mettre
14:13les uns sur les autres
14:14en se disputant
14:15et on ne sait pas très bien
14:17dans quel camp
14:18qui est qui
14:18et ni surtout
14:20pourquoi tout a commencé
14:20Gilles
14:21ces responsables politiques
14:22sont eux-mêmes
14:23visés par la très
14:25très grande
14:26défiance
14:26de l'électorat
14:28la défiance
14:29populaire
14:29en général
14:30au fond
14:30est-ce qu'ils ne tentent pas
14:32de faire face
14:32à cette défiance
14:33en attaquant aussi
14:34la presse
14:35les médias
14:36comme un moyen
14:37d'y faire face
14:37oui
14:38je trouve quand même
14:39pour l'essentiel
14:40le sujet qu'on évoque
14:41les médias
14:41sont le réceptacle
14:44de ce qui se passe
14:45dans la société
14:45c'est-à-dire à la fois
14:46d'une forme
14:47de banalisation
14:49de la violence
14:51ça on l'a vu
14:52notamment
14:53dans les manifestations
14:54dans une partie
14:55de la population
14:56et une défiance
14:57spécifique
14:58à l'encontre
14:59des institutions
15:00nationales
15:01pas de l'ensemble
15:02des institutions
15:02mais des institutions
15:03nationales
15:04auxquelles les médias
15:05sont associés
15:06et donc
15:07chacun essaye
15:08de repasser
15:08le sparadrap
15:09à l'autre
15:10d'où cette situation
15:11après je termine
15:13d'un mot
15:15je crois
15:16comme Emmanuel
15:16je pense que
15:17la campagne présidentielle
15:19pour une grande part
15:20va se faire
15:22dans les médias
15:23j'ai été frappé
15:23des audiences
15:24du débat
15:25des primaires
15:26cette semaine
15:27diffusée notamment
15:28sur France Inter
15:30alors que c'est
15:32par définition
15:33une primaire
15:34qui est sur
15:35un segment politique
15:36étroit
15:37un million et demi
15:38de téléspectateurs
15:39c'est beaucoup
15:40donc mon inquiétude
15:43est plus sur les journalistes
15:44et sur le traitement
15:45qui va être le leur
15:46dans cette campagne
15:47que sur la place
15:48que les médias
15:49vont occuper
15:50dans la campagne
15:51elle-même
15:52Est-ce que par ailleurs
15:52Emmanuel Mignon
15:53pour rejoindre
15:53un peu aussi
15:54ce que vous disiez
15:55plus tôt
15:56l'un des problèmes
15:57vient de la politisation
15:59de certains médias
16:01et je pense
16:02évidemment
16:03Eva l'a cité
16:04à ce nouvel hebdo
16:06l'infiltré
16:07lancé par le groupe
16:09Bolloré
16:09qui se prétend être
16:11un Mediapart
16:12de droite
16:13bref
16:13cette politisation
16:14de certains médias
16:15est-ce que c'est aussi
16:16l'une des sources
16:18peut-être
16:18de la défiance
16:20et de la politisation
16:21de ces sujets
16:22je crois qu'il faut être
16:23il faut être clair
16:26et d'ailleurs
16:27Vincent Bolloré
16:28l'assume
16:29effectivement
16:29il investit
16:30beaucoup
16:30beaucoup d'argent
16:31dans la production
16:32d'idées
16:33d'abord
16:33avec des
16:34maisons d'édition
16:35des think tanks
16:36et ensuite
16:37dans la diffusion
16:37des idées
16:38alors on a ce phénomène
16:39aussi de l'autre côté
16:40on a ce phénomène
16:41mais il est moins
16:43puissant
16:44il y a moins d'argent
16:45en tout cas à ce stade
16:45il y a moins d'argent
16:46il est moins puissant
16:47il est moins structuré
16:48mais donc oui
16:50ça participe
16:52des questions
16:53et vous connaissez
16:55la phrase
16:55de Margaret Thatcher
16:57pour gagner l'élection
16:58il faut commencer
16:59par gagner le débat d'idées
17:00donc on est en plein
17:01là-dedans
17:01et Vincent Bolloré
17:03déroule
17:03mais il assume
17:04enfin il le dit clairement
17:05Gilles Hildegard Stein
17:06un mot justement
17:06sur ces médias
17:08à l'extrême droite
17:10comme à gauche
17:11ou à l'extrême gauche
17:12qui participent
17:13désormais
17:14à structurer
17:15volontairement
17:16d'une manière
17:17affichée
17:18revendiquée
17:19le débat d'idées
17:21c'est à la fois
17:22aussi ancien
17:23que les médias
17:24ce qui est nouveau
17:26c'est que
17:26il y a aussi
17:28des télévisions
17:28qui font ça
17:29ça c'est un élément
17:30tout à fait
17:31nouveau
17:32du système
17:34avant qu'on
17:35vous vouliez
17:35un moment justement
17:36pour finir sur
17:37peut-être ce qui vous a
17:39marqué cette semaine
17:41ce qui a retenu
17:41votre attention
17:42Emmanuel Mignon
17:43pour commencer
17:43alors moi c'est la dernière
17:45le dernier numéro
17:47de la revue
17:48commentaire
17:50qui vient de sortir
17:51parce qu'on a 36 personnalités
17:53de très haut niveau
17:54des universitaires
17:57des intellectuels
17:58à haute fonction publique
17:59le milieu des affaires
18:00qui donnent leur proposition
18:02de programme présidentiel
18:05donc c'est des signatures
18:06très prestigieuses
18:08on lit quasiment
18:10à chaque page
18:10des mots
18:11tels que
18:12vérité
18:13courage politique
18:15réforme de l'état
18:16redressement des finances publiques
18:18redressement des comptes
18:19réindustrialisation
18:20refonder l'Europe
18:21partenariat franco-allemand
18:24alors
18:25trois commentaires
18:26c'est très machiste
18:27puisqu'il y a
18:28trois femmes
18:29sur 36
18:29alors là je ne sais pas
18:30comment ils s'y sont pris
18:32sur 36 personnalités
18:34je ne sais pas comment
18:35ils ont fait
18:35pour s'y prendre comme ça
18:37deuxièmement
18:38c'est totalement
18:38inapplicable
18:39parce que vérité
18:40courage politique
18:40on sait
18:41ce que ça dit
18:42dans une campagne
18:43et en même temps
18:44c'est très intéressant
18:45et très certainement
18:46à la hauteur des enjeux
18:47c'est la revue commentaire
18:48que vous recommande
18:50Emmanuel Mignon
18:50Gilles Wittgenstein
18:51qu'est-ce que vous avez repéré
18:53dans l'actualité
18:53cette semaine ?
18:54Tout à fait autre chose
18:56l'académie chinoise
18:57des sciences
18:58a publié
18:59le programme
19:00d'investissement
19:02en recherche
19:03et développement
19:03de la Chine
19:04pour ces prochaines années
19:05et j'ai été frappé
19:07par à la fois
19:08le volume d'investissement
19:09pour la première fois
19:11les sommes investies
19:12en recherche
19:13et développement
19:14sont supérieures
19:15en Chine
19:15à celles de la moyenne
19:16des pays de l'OCDE
19:17au rythme d'investissement
19:19il prévoit
19:20plus 7%
19:21chaque année
19:22et enfin
19:24et peut-être surtout
19:24aux modalités
19:26de cet investissement
19:27parce que
19:28la Chine privilégie
19:29la recherche fondamentale
19:31moins de demandes
19:32de résultats
19:33de court terme
19:33moins d'objectifs
19:35prédéfinis
19:36plus de prise de risque
19:37ce volume
19:39cette dynamique
19:41ces modalités
19:42je crois que c'est
19:42exactement
19:43ce qu'il faut faire
19:44et c'est très souvent
19:45exactement le contraire
19:46de ce que nous faisons
19:47nous sommes en train
19:48à la fondation
19:48Jean Jaurès
19:49de travailler
19:49sur des propositions
19:51pour le prochain quinquennat
19:53je crois qu'elles vont tomber
19:53à pic
19:54merci beaucoup
19:55à tous les deux
19:56et donc une très bonne journée
19:58à la semaine prochaine
19:59et c'est une très bonne journée
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