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00:00...
00:17Mesdames, Messieurs, bonsoir.
00:19Merci de vous informer sur Média TV.
00:20Voici les principaux titres de votre soirée.
00:25Le retour des mineurs non accompagnés
00:27est couvert par le droit de l'Union Européenne.
00:30C'est une annonce faite par le porte-parole de l'Union Européenne
00:33qui indique que Bruxelles veut faciliter et soutenir
00:37le processus des retours engagés
00:39entre les autorités de Rabat et Madrid.
00:44Dans le détroit d'Hormuz, un navire a été frappé
00:46par un projectile non identifié qui a fait une victime.
00:50On dit que Washington et Téhéran poursuivent leur discussion
00:53que l'émissaire américain Jared Kushner
00:55juge très positive et animée.
01:00Et enfin, 4 ans et demi après le début de l'invasion russe,
01:03la diplomatie reste au point mort.
01:05En parallèle, Moscou et Kiev intensifient
01:07leurs frappes de longue portée.
01:09Dans le nord-est de l'Ukraine,
01:11une frappe de roquette russe fait au moins 10 morts
01:14et 8 blessés.
01:16...
01:19A la ligne de l'actualité, ce mardi,
01:21la Commission européenne s'accorde sur le retour au Maroc
01:24de tous les migrants en situation irrégulière encore présents à Septa,
01:28y compris les mineurs non accompagnés.
01:30Lors d'une conférence de presse, ce mardi,
01:33le porte-parole de la Commission européenne chargée des affaires intérieures,
01:37Marcus Lamert, a indiqué que sur le cas des mineurs non accompagnés,
01:49assurer que leur retour était également couvert
01:52par le droit de l'Union européenne.
01:54La Commission européenne a d'ailleurs annoncé
01:56que la coopération entre l'Espagne et le Maroc
01:58avait contribué à déjà à déjouer
02:00de nouvelles tentatives de franchissement irrégulier
02:03vers la ville de Septa au cours du week-end.
02:07Un important élément de prévention et de détermination,
02:09et c'est quelque chose que je veux vraiment underline,
02:12c'est que les commissions travaillent avec les plateformes
02:14et les fact-checkers pour counter-criminels
02:16pour spreader cette information et pour strengthen...
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02:34Le Maroc a indiqué avoir pris note de l'avant-noté du Maroc
02:41de faciliter le retour des mineurs étrangers non accompagnés,
02:44exprimant sa disposition à faciliter et soutenir le processus engagé
02:49entre les autorités de Rabat et Madrid,
02:52réaffirmant son souhait que les autorités espagnoles et marocaines
02:55œuvrent afin de garantir que ces retours soient effectivement réalisés.
03:09OCP North America, une filiale du groupe OCP,
03:13a annoncé l'arrivée au port de la Nouvelle-Orléans aux Etats-Unis
03:16d'un navire transportant environ 54 000 tonnes de triple superphosphate
03:21en provenance du Maroc.
03:23Le produit sera distribué aux agriculteurs américains,
03:26contribuant ainsi à renforcer la disponibilité des engrais
03:29à l'approche de la campagne agricole d'automne.
03:32Cette cargaison fait suite à la décision de l'administration américaine
03:36d'accorder une suspension temporaire des droits compensateurs applicables
03:41aux importations d'engrais phosphatés marocains.
03:44Cette mesure contribue à rétablir l'accès des agriculteurs américains
03:49à une source supplémentaire d'approvisionnement en engrais phosphatés
03:53après plusieurs années d'offres limitées.
04:00Le président américain Donald Trump menace désormais
04:03de bombarder Oman 60 jours après la signature d'un protocole d'accord
04:06entre les Etats-Unis et l'Iran censé ouvrir la voie
04:10à un règlement pacifique de la guerre au Moyen-Orient.
04:13Ce mardi, un projectile non identifié a frappé un navire
04:16alors qu'il traversait le détroit d'Hormuz en direction de la sortie
04:19faisant une victime.
04:21Dans le même temps, l'émissaire américain Jared Kushner
04:23a qualifié de très positive et animé les discussions
04:26entre Washington et Téhéran qui visent à conclure un accord
04:29s'il a admis qu'il n'y avait pas beaucoup de confiance
04:33entre les Etats-Unis et l'Iran après des années d'absence
04:36de relations et de dialogues.
04:38Jared Kushner a toutefois précisé que les deux parties
04:41s'impliquaient très sérieusement dans les discussions.
04:48Et sachez que le porte-parole du ministère iranien
04:50des Affaires étrangères, Esmail Barai,
04:52a affirmé que le délai de négociation de 60 jours
04:55prévu en vue d'un règlement durable
04:57est rendu caduque par les violations commises par Washington.
05:01Je vous propose de l'écouter.
05:05La défense globale par les Iraniens de leur souveraineté nationale
05:08et de leur intégrité territoriale,
05:10puis le processus qui a mené au 18 juin,
05:12date à laquelle l'entente de juin devait servir de point de départ
05:15pour réduire les tensions.
05:17Malheureusement, l'Amérique a rompu ses engagements.
05:20Là aussi, le processus de mise en œuvre du protocole d'accord
05:23ne commençant que 20 jours après le début du processus.
05:28Le Qatar, médiateur du conflit entre Téhéran et Washington,
05:32affirme ce mardi qu'un accord entre l'Iran et le sultanat d'Oman
05:36sur le détroit d'Hormuz faciliterait la reprise des négociations
05:39visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
05:41Le ministère qatarie des Affaires étrangères
05:44dit attendre un accord entre Oman et l'Iran sur le détroit
05:47qui permettrait de revenir au cadre des négociations
05:51entre les États-Unis et l'Iran.
05:53Le porte-parole du ministère qatarie des Affaires étrangères, Majid al-Ansari,
05:57a également précisé que l'accord concerné le détroit d'Hormuz
06:01permettait de reprendre beaucoup plus facilement
06:04les discussions entre les États-Unis et l'Iran.
06:10Quatre ans et demi après le début de l'invasion russe,
06:13à grande échelle de l'Ukraine,
06:15les deux pays font monter en puissance leurs frappes de longue portée,
06:18tandis que la diplomatie reste au point mort.
06:21Une frappe de roquettes russes dans le nord-est de l'Ukraine
06:24a fait au moins 10 morts et 17 blessés.
06:26L'attaque s'est produite dans une localité située
06:29à une soixantaine de kilomètres de la ville de Kharkiv.
06:32Des maisons et véhicules ont été endommagés,
06:35de même qu'un bureau de poste et un magasin.
06:41En Russie, Moscou affirme avoir été la cible d'une attaque massive
06:45de drones ukrainiens.
06:46Sergei Sobyanin, le maire de Moscou, Afrique,
06:50que 620 drones ukrainiens ont visé la région de la capitale dans la nuit.
06:57180 auraient été détruits et l'attaque a fait 3 blessés,
07:01selon les autorités locales, dont un enfant de 10 ans.
07:04L'attaque a également frappé un entrepôt du géant russe,
07:07du commerce en ligne Walburys,
07:10qui avait déjà été ciblé ces dernières semaines.
07:16Au Maroc, les voitures chinoises poursuivent leur conquête
07:19du marché automobile marocain,
07:21où les marques venues de Chine renforcent progressivement leur présence
07:25grâce à une offre diversifiée, des prix compétitifs,
07:28mais aussi des équipements et des technologies de plus en plus modernes.
07:31Les développements avec Dinamrini.
07:34Les voitures chinoises gagnent du terrain au Maroc.
07:38En quelques années, elles se sont imposées dans le paysage automobile,
07:42portées par des prix compétitifs,
07:44une offre de modèles de plus en plus large
07:46et des équipements technologiques séduisants.
07:52J'ai beaucoup apprécié cette voiture chinoise.
07:55C'est un ami qui me l'a recommandée puisqu'il l'avait achetée avant moi.
07:59Cela fait maintenant 6 mois que je roule avec
08:02et franchement, j'en suis très satisfait.
08:04Elle est économique et consomme peu de carburant.
08:12Mon choix pour cette voiture chinoise était mûrement réfléchi.
08:17J'ai déjà essayé plusieurs marques ici au Maroc comme à l'étranger
08:21et franchement, je n'ai pas trouvé meilleur rapport qualité-prix sur le marché marocain.
08:25On trouve des équipements et des prestations dignes de voitures
08:29qui coûtent jusqu'à 400 000 dirhams, mais à presque moitié prix.
08:37Hybrides, électriques ou thermiques,
08:39les constructeurs chinois multiplient les propositions
08:42pour répondre aux nouvelles attentes des automobilistes marocains.
08:46Un succès qui s'explique notamment par la recherche de véhicules plus économiques,
08:51mais aussi par l'importance accordée à la technologie et au design.
08:55Face aux marques traditionnelles,
08:57la concurrence s'intensifie sur le marché marocain.
09:01Je pense qu'actuellement, les marques chinoises proposent des produits à haute qualité
09:07avec des prix vraiment très très concurrentiels.
09:09Et c'est dû à un facteur très important,
09:13c'est la maîtrise de la Chine, de toute la chaîne de valeur.
09:16Automatiquement, ils proposent des produits de haute qualité
09:19avec des prix vraiment compétitifs.
09:21Alors c'est une raison, je pense,
09:24c'est la raison et la seule raison
09:26que je pense que le consommateur marocain,
09:28ou un consommateur n'importe où,
09:32qui veut vraiment comparer des marques historiques sur son marché
09:36avec une marque nouvelle.
09:38Il faut qu'il trouve la qualité qu'il cherche,
09:41il faut qu'il trouve un prix concurrentiel, et c'est le cas.
09:49Nous constatons de plus en plus d'intérêt de la part des sociétés de location pour les voitures chinoises.
09:54Cela s'explique par la qualité du service après-vente,
09:57le coût raisonnable de l'entretien,
09:59notamment des vidanges,
10:00mais aussi par la disponibilité des pièces de rechange en cas d'accident.
10:08Et la tendance pourrait se confirmer.
10:11Les marques chinoises poursuivent leur expansion au Maroc
10:14et cherchent désormais à gagner un autre pari,
10:17fidéliser les clients.
10:19Cela passe notamment par le renforcement des services après-vente
10:22et l'amélioration de l'accompagnement des automobilistes.
10:26Des éléments devenus essentiels pour s'installer durablement sur le marché.
10:32On reste au Maroc et direction Tamaris,
10:34dans la province de Noisseur,
10:36où une nouvelle dynamique se dessine sur le littoral.
10:38Une vingtaine de points de vente ont pris place le long de la corniche
10:42avec l'ambition d'améliorer l'offre destinée aux estivants,
10:46tout en créant des opportunités pour les jeunes porteurs de projets
10:49et les acteurs de l'économie locale.
10:51Plus de détails avec Dinamrini.
10:55La corniche change de visage à Tamaris.
10:58Longtemps marquée par le manque d'organisation,
11:01elle accueille désormais vingt nouveaux commerces,
11:03installés dans le cadre d'une initiative portée par la préfecture de Noissar,
11:08en partenariat avec une association.
11:13Avant, c'était assez anarchique ici.
11:15Il n'y avait pratiquement aucun commerce.
11:18Mais pour acheter une simple bouteille d'eau, il fallait chercher.
11:21Et les prix étaient parfois très élevés.
11:24Une bouteille pouvait coûter jusqu'à 40 dirhams.
11:27Aujourd'hui, avec ces vingt nouveaux commerces,
11:29l'offre est plus importante.
11:31Et les prix sont beaucoup plus abordables.
11:34Une grande partie de ces points de vente est gérée par des bénéficiaires
11:38de l'initiative nationale pour le développement humain.
11:41Une opportunité pour ces porteurs de projets
11:43de développer des activités génératrices de revenus.
11:49Nous avons bénéficié du soutien de l'INDH
11:52qui nous a permis d'acquérir le matériel nécessaire.
11:54Aujourd'hui, nous travaillons dans ce kiosque près de la plage.
11:58Nous proposons des sandwiches à des prix accessibles,
12:01entre 15 et 25 dirhams,
12:04ainsi que des pâtisseries et des produits salés faits maison.
12:08Nous avons bénéficié du soutien de l'INDH
12:11et de ces kiosques mis gratuitement à notre disposition.
12:14Nous y proposons des sandwiches
12:16et des pâtisseries marocaines faites maison,
12:19avec l'obligation de maintenir des prix accessibles pour les visiteurs.
12:24Au menu, des repas rapides,
12:27préparés avec le respect des règles d'hygiène
12:29et proposés à des prix accessibles.
12:31Pour les estivants, le changement se voit et se ressent déjà.
12:35L'espace est désormais mieux organisé,
12:38les services plus accessibles
12:39et l'accueil semble satisfaire les visiteurs.
12:44Franchement, nous sommes satisfaits des services proposés par ces kiosques.
12:48C'est propre et les prix sont abordables.
12:50Il n'y a pas de mauvaise surprise.
12:52Les tarifs affichés sur les menus sont respectés.
12:55Les plages de Darbo Azza ont vraiment changé de visage
12:58et nous en sommes très satisfaits.
13:01La corniche offre également un nouvel espace d'exposition.
13:05et de vente aux coopératives.
13:07Produits du terroir et artisanat local
13:09y trouvent ainsi une nouvelle vitrine auprès des visiteurs.
13:13Une initiative qui mise ainsi sur le soutien aux produits locaux
13:17et lui ouvre une nouvelle fenêtre de commercialisation.
13:22Il est l'heure à présent de notre entretien avec l'invité de la rédaction.
13:34Dans cet entretien, nous allons parler de l'administration publique au Maroc.
13:39On entend souvent qu'elle manque de talent
13:41et qu'il suffirait de renouveler les responsables au poste stratégique
13:45afin d'accélérer la transformation de l'État.
13:47Mais le problème est peut-être ailleurs.
13:50Les compétences existent,
13:51mais le système administratif ne permet toujours pas à ces profils
13:55de produire pleinement leurs effets.
13:58Culture de la prudence, multiplication des procédures,
14:02poids de la hiérarchie, peur de l'erreur ou du contrôle,
14:05autant de facteurs qui peuvent conduire à privilégier la sécurité de la décision
14:09plutôt que son efficacité.
14:11Alors comment libérer la décision publique
14:14sans affaiblir le contrôle et la bonne gouvernance ?
14:17Faut-il revoir la manière de recruter, de manager
14:20ou encore d'évaluer les dirigeants publics ?
14:22Pour en parler, nous recevons Amine Jamaï,
14:25directeur du cabinet de conseil en stratégie Valoris.
14:28Amine Jamaï, bonsoir et merci d'être avec nous.
14:32Merci, moi qui vous remercie de m'avoir invité.
14:35Soyez le bienvenu.
14:36Alors pour commencer, on entend et on dit souvent
14:38que l'administration marocaine manque de talent.
14:41Est-ce réellement le principal problème selon vous ?
14:46Honnêtement, non.
14:47Le problème ne réside pas dans le manque de compétences.
14:50On a un secteur public qui dispose de hauts potentiels
14:52et j'en ai rencontré plusieurs qui étaient remarquables.
14:56Mais le problème, c'est que la majorité d'entre eux
14:58souffrent quand même d'une inertie.
15:02Et je pense qu'elle découle de l'environnement
15:04qui est surréglementé en processus, en procédure,
15:07en conformité stricte au détriment de leur initiative individuelle.
15:14Et finalement, tout le monde finit par se focaliser
15:20en fait sur les processus et n'a plus le temps
15:23de créer de la valeur ajoutée.
15:26Si je devais prendre une image,
15:29si vous ou moi, on devait finalement prendre une embarcation légère,
15:36un petit bateau avec un moteur,
15:38et qu'on avait les compétences de pouvoir aller vers une direction
15:42avec un objectif, on serait agile.
15:44On pourrait s'arrêter quand on veut, prendre les décisions qu'on veut,
15:48changer de route quand on a envie de changer de route,
15:52recalculer notre trajectoire, mais bon,
15:54quand il s'agit du secteur public, c'est complètement différent.
15:58Le secteur public, ce n'est pas une petite embarcation,
16:01c'est un énorme paquebot.
16:03Et imaginez que c'est un paquebot qui inclut tout le secteur public,
16:07tous les ministères, et que finalement, c'est un paquebot
16:10qui existe avant que vous ou moi n'étions nés,
16:14et qui existait depuis longtemps.
16:16Et que ce paquebot, finalement, on vous insère dedans,
16:19et on vous demande d'être aussi efficient que vous l'étiez
16:23sur votre petite embarcation, ce n'est pas possible.
16:26Vous ne pouvez pas être fragile, vous ne pouvez pas être rapide,
16:32vous ne pouvez plus gérer seules vos stratégies,
16:36vous ne pouvez pas changer de trajectoire.
16:38Et pour changer la moindre trajectoire, finalement,
16:41il vous faut plusieurs années, des années entières.
16:44Imaginez qu'une seule et malheureuse manœuvre puisse être mal réalisée,
16:53et le risque énorme que ça entraîne,
16:56avec des implications qui sont bien au-dessous de son propre poste.
17:02Et donc, ça crée une asymétrie.
17:05Et l'asymétrie, finalement, c'est quoi ?
17:07C'est la prise de risque que je prends,
17:11et les récompenses que je risque d'avoir si je fais vraiment bien.
17:16Cette asymétrie est énorme.
17:19Quelque part, et en plus, j'allais dire,
17:22on ne voit pas très souvent des cadres du secteur public
17:29être récompensés ou encouragés.
17:31Donc, le système même d'encouragement n'est pas réellement très actif.
17:36Mais tout ça, finalement, ça explique le phénomène de décompression administrative.
17:42Justement, j'y arrivais.
17:44Dans une chronique récente, vous avez parlé de décompression administrative.
17:48Que se passe-t-il concrètement lorsqu'un profil habitué à décider
17:51et à prendre des risques entre dans l'administration ?
17:58Je pense qu'il va travailler pendant quelques mois en mode turbo
18:07jusqu'à ce que l'énormité des procédures et la complexité des processus
18:15viennent lui expliquer calmement qu'il faut qu'il prenne un peu plus de recul.
18:21Il faut qu'il se calme, finalement, quitte à créer de la frustration chez lui,
18:26chez lui d'abord, et au final, chez les citoyens,
18:30parce que ça ne va pas assez vite.
18:31Et c'est quelque chose qui est récurrent.
18:33Et vous pouvez prendre n'importe quelle personne extrêmement,
18:37je veux dire, dotée d'extrêmement de compétences.
18:41Malheureusement, le schéma est itératif.
18:47Sauf qu'on…
18:49Et là, il y a des exemples, en fait, dans le passé.
18:54Quand ce paquebot énorme de l'admission publique
18:58commence à perdre le lien avec les usagers,
19:02quand l'État réagit, et l'État réagit de lui-même.
19:05Donc, c'est une autorégulation qui se fait,
19:07et il invente de nouveaux processus.
19:10En l'occurrence, par exemple,
19:12il est capable d'inventer des petits bateaux
19:15qui s'appellent des agences,
19:16qui s'appellent des SDL,
19:18et qui sont des moyens
19:19de pouvoir, finalement,
19:23redonner un peu plus d'agilité
19:24aux cadres qui sont dans ces structures.
19:28Mais ça ne marche pas toujours.
19:31Parce qu'avec le temps,
19:33ces agences publiques,
19:35qui sont un peu plus faciles à manœuvrer,
19:39grossissent.
19:39Et quand elles grossissent,
19:41on revient à la problématique,
19:43on recrée de cette fameuse décompression administrative,
19:48et on réussit à reparalyser les initiatives de ces cadres-là.
19:58Amin Jamai, vous accompagnez depuis plusieurs années
20:00des entreprises privées,
20:02des multinationales et des départements ministériels.
20:05Est-ce que le système récompense davantage celui qui évite le risque
20:08plutôt que celui qui obtient des résultats ?
20:10Est-ce qu'il est parfois plus risqué dans l'administration
20:14de décider que de ne rien faire ?
20:20Je pense qu'on ne va pas faire des généralités,
20:24mais dans une grosse proportion,
20:26on a quand même...
20:29Si je vous dis que moi,
20:31dans cette administration,
20:34systématiquement,
20:35par rapport aux données que j'ai,
20:37je ferai un pas en arrière
20:39et j'observerai.
20:41Et en observant,
20:42en se disant,
20:43finalement,
20:43pourquoi personne ne prend une initiative,
20:45pourquoi je serai le premier à en prendre ?
20:46Et de savoir
20:49que tous ceux qui en ont pris,
20:51malheureusement,
20:52qui ont fait une erreur.
20:53Et là encore,
20:54le droit à l'erreur dans l'administration publique
20:56est quelque chose qu'on autorise dans le privé,
20:59mais qu'on n'autorise pas dans le public.
21:01C'est-à-dire qu'à un moment,
21:02la culture du droit de l'erreur,
21:03parce qu'on essaye de faire du mieux qu'on peut,
21:06bien sûr,
21:07dans un rationnel qui s'entend,
21:11devrait pouvoir être autorisé.
21:16Mais je veux dire,
21:19on doit revoir tout le système.
21:21Je pense que le système,
21:23on ne peut pas implémenter un système méritocratique
21:26comme on le fait dans le secteur privé.
21:27Ce n'est pas possible.
21:28D'abord parce que le budget de l'État
21:31ne le permettrait pas,
21:32ça coûterait trop cher.
21:34La méritocratie a ses freins,
21:36parce qu'on peut difficilement dire
21:38qu'il faudrait un système d'évaluation déjà.
21:43Et le problème,
21:44c'est que nos référentiels,
21:45encore une fois,
21:47et généralement,
21:47on a hérité de beaucoup de choses
21:49de l'administration publique française
21:51qui est, elle,
21:52j'allais dire un mot un peu péjoratif,
21:54qui est une administration larguée
21:56par rapport aux administrations anglo-saxonnes
21:59qui sont beaucoup plus actives,
22:00beaucoup plus proches de leurs citoyens.
22:04Le problème, c'est simple,
22:05c'est que l'envie d'agir est freinée
22:09et on n'a pas de système de levier réel
22:13pour pouvoir motiver,
22:14à moins que le contenant
22:16dans lequel on met les cadres
22:18à haute performance change
22:20et qu'on leur donne cette liberté.
22:22Pour leur donner cette liberté,
22:23il faut trouver des moyens.
22:24Est-ce que selon vous,
22:25on peut dire que le problème
22:26est aussi managérial ?
22:28Est-ce qu'on peut demander
22:29à un responsable
22:30d'être à la fois performant
22:31sans lui donner suffisamment
22:33d'autonomie pour décider ?
22:40C'est difficile
22:42de pouvoir me demander
22:44d'atteindre des objectifs
22:45et d'être performant
22:46en me liant les mains.
22:49Par contre,
22:51si on me donne,
22:53et quelque part,
22:55moi j'ai une théorie
22:56qui est fondée
22:57sur ce qu'on voit
22:58dans d'autres États,
23:00et ma théorie,
23:01c'est en faisant un benchmark,
23:02finalement,
23:03on peut se dire
23:04mais comment ils font les autres ?
23:05Comment ils ont fait
23:07pour pouvoir créer
23:08un service public
23:10plus efficient ?
23:12Comment ils ont fait
23:13pour avoir des résultats
23:14plus probants ?
23:15Tout simplement.
23:17Et quand on regarde,
23:18on regarde les benchmarks
23:19sur le Royaume-Uni,
23:20sur,
23:23je veux dire,
23:25même la France,
23:26même la France
23:27a créé des commandos
23:28d'entrepreneurs
23:28d'intérêt général
23:29au sein de structures
23:31chez elles
23:32où ils prennent
23:33de façon temporaire
23:34des cadres,
23:37des spécialistes,
23:38des experts
23:39de domaines d'activité
23:40très spécifiques
23:41pour pouvoir les injecter
23:43au niveau des ministères.
23:44Les Émirats Arabes Unis
23:45aussi ont créé
23:47un outil
23:48qui s'appelle
23:49Government Accelerators
23:51qui permet de...
23:53On va y arriver
23:54un peu plus tard
23:55dans cet entretien.
23:56Mais est-ce qu'il faudrait,
23:57selon vous,
23:58changer les profils
23:59ou bien changer
24:00l'environnement
24:01dans lequel
24:01ces profils travaillent ?
24:04Il y a deux choses.
24:05On a des profils
24:06qui sont là,
24:07qui sont bons,
24:08qu'il faut réussir
24:09à réactiver.
24:10Pour les réactiver,
24:11il faut leur libérer
24:12leurs moyens d'action.
24:14Et on a un deuxième cas,
24:16c'est les profils
24:17dont on ne dispose pas.
24:19Et ces profils-là,
24:20c'est des profils d'experts
24:22sur des métiers
24:22qui n'existaient pas
24:23il y a 3-4 ans.
24:24On est dans une ère
24:26de l'IA,
24:26on est dans une ère
24:27d'accélération
24:29où les choses vont
24:30beaucoup trop vite
24:31et on n'a pas eu le temps
24:31de recruter des compétences
24:32comme ça
24:33parce qu'elles n'existent pas.
24:34Non seulement elles n'existent pas,
24:36mais on a une grosse problématique.
24:38On a une problématique...
24:40Oui ?
24:40Je vous écoute.
24:43En fait,
24:43on a une problématique
24:44de complexe.
24:45Parce que pour aller chercher
24:46des experts
24:47de cette taille-là
24:48qui vont nous faire gagner
24:49des points de PIB,
24:51qui vont nous faire créer
24:52des emplois
24:53sur des secteurs d'activité
24:55qui sont très nouveaux
24:56et qui sont très rapides,
24:57qui opèrent très rapidement,
24:59ça coûte cher.
25:00Et le problème,
25:01c'est qu'associer
25:03secteur public
25:04et coûte cher
25:06pour une rémunération,
25:07c'est un gap
25:08qu'on n'a pas encore
25:09réussi à dépasser.
25:11Alors vous défendiez aussi
25:12une idée
25:13qui est celle de passer
25:14de la politique du poste
25:15à la politique du projet.
25:17Mais concrètement,
25:18qu'est-ce que cela changerait ?
25:22Là encore,
25:23imaginez qu'on aille
25:24chercher des experts.
25:26Si on les prend
25:27et qu'on les réinsère
25:28dans un ministère
25:29avec toutes les complexités,
25:31avec toutes les procédures,
25:32on va les perdre.
25:33Et ils vont nous coûter
25:34très cher en plus.
25:35Donc l'idée,
25:36c'est finalement,
25:37on va les chercher
25:39et on les prend
25:41pour un laps de temps
25:41très court
25:42sur des short assignments
25:43de 18 mois
25:46où ils seront très bien payés
25:47parce que finalement,
25:48il faut qu'on arrive
25:49à être attractif
25:53et de finalement
25:55créer en parallèle
25:56tout ce qui est
25:57knowledge management
25:58qui est extrêmement faible
26:01dans le secteur public.
26:03Quand on crée quelque chose
26:04dans le secteur public,
26:05on devrait être capable
26:07de pouvoir l'agréger
26:08dans une IA centrale
26:10où on puisse
26:11collecter toutes les informations
26:14pour pouvoir faire en sorte
26:15que finalement,
26:16demain,
26:16je ramène un autre expert
26:17pour remplacer le premier.
26:19Je n'ai pas de césure.
26:21J'ai la capacité
26:22de pouvoir,
26:24grâce au knowledge management,
26:25de lui expliquer
26:25où c'est qu'on était,
26:26ce qu'on a fait,
26:27ce qu'on a réussi à faire
26:28et où c'est qu'on en est aujourd'hui.
26:30Et qu'à partir de là,
26:30le relais peut être pris
26:32pour aller encore plus vite.
26:34Est-ce qu'il ne faudrait pas,
26:36je me permets de vous couper,
26:37on manque de temps malheureusement,
26:38est-ce qu'il ne faudrait pas
26:39désormais recruter
26:41certains dirigeants publics
26:42sur une mission précise
26:43avec des objectifs
26:45et des indicateurs
26:46et un calendrier ?
26:49Totalement.
26:50Totalement.
26:50Je veux dire,
26:54on a un paquebot
26:55qui a tendance à grossir.
26:57Qui a tendance à grossir
26:58à chaque négociation
27:02pour les discussions sociales.
27:07Et on sait aussi
27:08qu'en plus,
27:10et ça c'est une problématique
27:12qui me tient à cœur,
27:13c'est que
27:14tout le front office
27:15du secteur public
27:16aujourd'hui
27:17va disparaître.
27:18C'est inéluctable.
27:19Tous ceux qui sont en front
27:21avec les citoyens,
27:22demain,
27:23vont être remplacés
27:23par de l'IA,
27:24par un agent IA
27:26qui va pouvoir les remplacer.
27:27et c'est inéluctable.
27:28C'est quelque chose
27:29qui est même prévu
27:29par notre gouvernement.
27:31Ils le savent.
27:34Normalement,
27:35cette population
27:37de fonctionnaires
27:38qui sont en front office
27:39devrait être accompagnée
27:40en formation
27:41pour pouvoir les déployer
27:42sur des métiers
27:43à forte valeur ajoutée.
27:46Imaginez
27:47que demain,
27:50on prenne des...
27:52Et votre question,
27:53c'était
27:53est-ce qu'on va prendre
27:54des experts
27:55qui vont arriver ?
27:56Comment on va les gérer
27:57en termes de knowledge management ?
27:59Ils vont devoir prendre aussi
28:01de cette population
28:02de fonctionnaires
28:03pour les intégrer
28:03dans leurs propres équipes
28:04et les former.
28:06Ça doit être
28:07une obligation aussi
28:08dans la communication
28:11du know-how
28:13aux gens qui sont
28:14et qui vont rester
28:15indéfiniment
28:15dans le cadre
28:17de leur expertise sectorielle
28:19dans les ministres.
28:20Justement,
28:21c'était ma prochaine question.
28:23Vous proposez justement
28:23d'associer
28:24chaque expert extérieur
28:26à un responsable interne.
28:28Comment est-ce qu'on peut
28:29organiser concrètement
28:30ce transfert de compétences
28:31selon vous ?
28:35Quand je vous disais
28:36que l'IA
28:37aujourd'hui
28:38va impacter nos vies,
28:40d'ailleurs,
28:40on ne sait même pas
28:41ce qui va devenir
28:42de nous
28:42dans 3-4 ans.
28:43C'est une problématique
28:46qui normalement
28:46doit être résolue
28:47en créant
28:48dans l'administration publique
28:49un véritable phare
28:54ou de la prospective
28:57sur les emplois internes
28:58du secteur public.
29:00Mais qu'est-ce qui va
29:01advenir finalement ?
29:02Comment on fait
29:03pour pouvoir faire en sorte
29:04qu'on prend un expert,
29:06on l'associe
29:08avec un fonctionnaire
29:09de l'État,
29:10un cadre ?
29:11D'abord,
29:12il faudrait que cet expert
29:13puisse choisir lui-même
29:14les gens
29:14qu'il va intégrer
29:15dans son équipe
29:16sur un cahier
29:17des charges très précis
29:17et sur des profils
29:18très précis,
29:19mais qu'ensuite
29:20qu'on crée
29:20cette fameuse IA
29:23qui prend en charge
29:24le knowledge management.
29:26Je vais vous donner
29:27un exemple très simple.
29:29Bon an, mal an,
29:31on a entre 400
29:32et 600 missions
29:33de conseils
29:34qui se font
29:34dans le secteur public
29:35au Maroc,
29:36chaque année.
29:37Sur 10 ans,
29:38ça nous fait
29:39grosso modo
29:405 000 études.
29:415 000 études
29:42franchement de qualité
29:43avec de la data,
29:45avec énormément
29:45de données.
29:47imaginez
29:47qu'on intègre
29:48tout cela
29:49dans une IA
29:51du secteur public
29:52qu'on remplit,
29:54qu'on va nourrir
29:54avec toutes ces informations
29:55déjà pour pouvoir savoir,
29:57déjà,
29:58pour pouvoir
30:00permettre
30:00à ceux
30:01qui prennent
30:02de nouveaux postes politiques
30:03comme ça va être
30:04à la rentrée
30:05de pouvoir tout de suite
30:06rebondir sur
30:07comment ça se passe
30:09et quelles sont
30:09les études
30:10et qu'est-ce qu'on avait
30:11comme recommandations
30:12déjà faites par les cabinets.
30:13mais aussi
30:14de pouvoir...
30:16Justement,
30:16comment on peut éviter
30:18que l'État
30:18devienne dépendant
30:19des consultants
30:20ou des experts extérieurs ?
30:21Est-ce que l'expert
30:22doit-il avoir
30:23une mission limitée
30:24dans le temps
30:24avec une obligation
30:25de laisser derrière lui
30:27une compétence durable ?
30:31Le mandat
30:32des cabinets-conseils
30:33est très strict.
30:35D'ailleurs,
30:36là,
30:36on revient sur les procédures.
30:38Pour répondre
30:38à un appel d'offres
30:39de l'État,
30:40on doit être compliant
30:41sur une trentaine de pages
30:43et toutes ces pages
30:45définissent
30:45quels sont les rendus
30:47et les rendus
30:47sont ensuite retransmises
30:49au département concerné
30:51qui l'a demandé.
30:52Moi,
30:52ce que je dis,
30:53c'est qu'on doit avoir
30:54une vision transverse
30:56au niveau de l'État.
30:58Ce n'est pas parce
30:59qu'on a donné une étude
31:00à un département concerné
31:02que cette étude
31:03ne devrait pas alimenter
31:04une IA globale
31:05qui permette aussi
31:06de répondre
31:07à des problématiques
31:09d'autres départements
31:10et qui puissent être utilisées
31:12dans un autre département.
31:13Donc,
31:14pour répondre
31:14à votre question,
31:16ce n'est peut-être pas
31:17au cabinet-conseil
31:18de faire l'implémentation,
31:20ils ne sont pas
31:20mandatés pour.
31:22Quand on donne
31:24une étude
31:24pour dire
31:25dans quelle direction
31:26on doit aller
31:26et comment on doit faire,
31:28d'ailleurs,
31:29on s'attend
31:29à ce que celui
31:30à qui on donne
31:31cette étude
31:32l'implémente.
31:34Et l'implémentation,
31:36c'est elle
31:36qui pose problème
31:38parce que celui
31:40qu'il doit implémenter
31:40lui-même
31:41a les pieds
31:42et les mains liés
31:42à cause des procédures
31:44dans lesquelles
31:45ils se sont,
31:46finalement,
31:46avec le temps,
31:48on s'est fixé.
31:51Je vais juste
31:51vous poser une question
31:53et on se la pose tous.
31:57On a un problème
31:59sur ces règles
32:00qu'on a créées
32:01dans le passé
32:01et ces règles
32:02ont été créées
32:03parce que certainement
32:04on a eu des abus
32:04dans le passé.
32:05Mais aujourd'hui,
32:07combien de ces règles
32:08empêchent
32:09de produire
32:10de la valeur ajoutée
32:10pour le citoyen ?
32:11Et c'est ça
32:12ce que chaque patron,
32:14chaque cadre
32:14de chaque ministère
32:15ou de la fonction publique
32:17doit se poser
32:18comme question
32:19et doit avoir
32:20la liberté
32:20d'y répondre,
32:21d'y répondre
32:21avec le sens
32:22de la proportionnalité
32:23où il doit se dire
32:24finalement
32:25en mon âme
32:25et conscience,
32:27je prends le risque
32:28de pouvoir
32:29me délier
32:30de certaines procédures
32:31pour pouvoir
32:32faire encore mieux
32:33mon travail
32:33et pour pouvoir
32:34encore mieux
32:35rendre le service
32:36que les citoyens
32:37sont en droit d'avoir.
32:39Selon vous,
32:40Amine Jamry,
32:41et malheureusement,
32:41brièvement,
32:42s'il vous plaît,
32:42parce qu'on manque
32:43de temps,
32:44l'entretien touche
32:44bientôt à sa fin,
32:45dans quel domaine
32:46l'administration marocaine,
32:48selon vous,
32:48manque-t-elle aujourd'hui
32:49le plus de compétences
32:50spécialisées ?
32:52On entend souvent
32:53qu'elle manque de talent
32:54et qu'il suffirait
32:55de renouveler
32:56les responsables
32:56au poste stratégique
32:57pour accélérer
32:58la transformation
32:59de l'État.
33:00Mais le problème
33:00est peut-être ailleurs.
33:01les compétences existent,
33:02mais le système
33:03administratif
33:04ne permet pas
33:04toujours
33:05à ces profils
33:08de produire
33:09pleinement leurs effets.
33:13Vous parlez
33:14des compétences
33:16qu'on n'a pas,
33:16qu'on n'a pas aujourd'hui
33:18et qu'on doit recruter.
33:19C'est ça.
33:21Ces compétences,
33:22il y en a énormément,
33:24mais je vais en lister
33:24quelques-unes.
33:26On en a d'abord
33:28pour sécuriser
33:29toutes nos méga-infrastructures.
33:31On est sur des infrastructures
33:32de dessalement
33:33qui vont être pléthores
33:34dans le futur.
33:35On a besoin d'experts
33:36dans la biotech.
33:37On doit sécuriser
33:39aussi
33:41tout ce qui est IA.
33:42On en parle
33:43depuis tout à l'heure.
33:45On doit sécuriser
33:46notre data publique.
33:47On doit structurer
33:48notre souveraineté
33:49par rapport
33:50aux données nationales.
33:51On doit déployer
33:52nos propres modèles d'IA.
33:54On doit garantir
33:55tout ce qui est
33:55cybersécurité.
33:56On le voit dans le monde
33:57pas plus tard
33:57que hier ou avant-hier
33:59en France.
34:01La France a été attaquée
34:02aussi dans son
34:03attention publique.
34:04Ça arrive tous les jours.
34:05On doit aussi
34:07avoir ces experts
34:08qui nous expliquent
34:09dans quel sens
34:10le monde est en train
34:11d'aller avec cette IA
34:12parce qu'on a le sentiment
34:17d'être dépassé
34:17et on a l'impression
34:18que ça s'accélère
34:19tellement vite
34:20parce qu'on sait
34:21honnêtement,
34:22des fois,
34:22on ne sait plus
34:23comment y répondre.
34:24on a besoin
34:27d'experts
34:28pour aller apporter
34:30de la valeur ajoutée
34:32qui sont capables
34:33d'aller chercher
34:34des multinationales
34:36de par le monde
34:36qui sont en train
34:37de reconfigurer
34:38leur chaîne de valeur
34:40et on doit aller chercher
34:42ces mastodontes
34:42industrielles
34:43pour les rapporter
34:45dans nos zones franches
34:47et pour ça,
34:48de quoi on a besoin ?
34:49On a besoin d'experts
34:50qui peuvent comprendre
34:51ces multinationales
34:52qui sont capables
34:53de parler leur langage
34:54qui sont capables
34:55de pouvoir leur apporter
34:57des solutions,
34:58de lire leur business plan,
34:59de comprendre
34:59et finalement,
35:01c'est quoi ces experts-là ?
35:03On aurait besoin
35:04de gens
35:05qui sont plus
35:05de la nature
35:06de stratèges
35:08au sein de banques d'affaires.
35:10Imaginez,
35:11prendre des stratèges
35:12de banques d'affaires
35:13pour pouvoir les envoyer,
35:14chercher
35:16à faire des affaires
35:17avec des multinationales
35:18internationaux
35:19pour les ramener ici.
35:19C'est de ce type
35:20de cadres
35:21dont on a besoin
35:22qui sont extrêmement
35:23poitus
35:24et pas que.
35:25On a besoin aussi
35:27d'experts
35:27dans le domaine social.
35:29On a besoin
35:30d'experts
35:32pour déployer
35:32des plateformes
35:33d'apprentissage adaptatif
35:34qui sont propulsées
35:35par l'IA,
35:37ne serait-ce que
35:38pour résorber
35:38le décrochage scolaire
35:42et aussi de personnaliser
35:45les parcours
35:45de nos élèves
35:46qui sont en décrochage.
35:48Demain,
35:48l'IA va permettre
35:49aussi à un étudiant
35:50en décrochage
35:51de pouvoir le réinsérer,
35:53le reprendre
35:53et le réaligner.
35:55On a justement
35:55en termes d'alignement,
35:56on a besoin de gens
35:57qui viennent nous expliquer
35:59comment on va aligner
36:00notre formation professionnelle
36:02avec les besoins
36:03des filières industrielles
36:04qu'on va mettre en place
36:05qui sont émergentes.
36:07On a besoin de tout,
36:09on a besoin d'experts aussi
36:10qui vont pouvoir,
36:12ne serait-ce que
36:12dans le tourisme,
36:14essayer de créer
36:16des produits
36:19sur lesquels
36:20notre patrimoine culturel,
36:22artisanal,
36:23historique
36:23va pouvoir
36:24venir aussi
36:25à l'objet
36:26d'intensivité
36:26touristique mondiale
36:28pour nous.
36:29Le message est passé.
36:31Merci infiniment
36:31Amine Jamry
36:32pour votre analyse
36:33et d'avoir répondu
36:34à nos questions.
36:35Malheureusement,
36:35cet entretien
36:36se termine.
36:36Je rappelle que vous êtes
36:37directeur du cabinet
36:38de conseil en stratégie
36:40Valoris
36:40et que vous étiez
36:41en direct avec nous
36:42depuis Rabat.
36:43Merci infiniment.
36:45Moi qui vous remercie.
36:48Il est l'heure à présent
36:49de faire le tour
36:49de l'actualité économique
36:50nationale et internationale
36:51et c'est avec
36:52Younes Benzin.
37:03À la une de l'actualité
37:04économique de ce mardi,
37:05une nouvelle hausse
37:06à la pompe au Maroc
37:07et toujours pour le gasoil.
37:08Depuis la nuit
37:09de dimanche
37:10à lundi,
37:11le litre
37:11coûtait 65 centimes
37:13de plus.
37:14Il atteint désormais
37:15environ 14,95 dirhams.
37:17L'essence,
37:18elle, évolue
37:19dont le sens inverse
37:20avec une baisse
37:20de 30 centimes
37:21à près de 14,94 dirhams
37:24le litre.
37:25Pour le diesel,
37:26cette nouvelle hausse
37:27confirme surtout
37:27une tendance installée
37:29depuis la mi-juillet.
37:30En quelques semaines,
37:31le gasoil
37:32aura donc augmenté
37:33d'environ
37:33de 30 dirhams
37:35et se rapproche
37:35désormais
37:36de ce
37:36symbolique
37:37des 15 dirhams.
37:38L'essence,
37:38elle,
37:39prend donc
37:39le chemin inverse
37:40avec deux hausses
37:41successives
37:42et le recul
37:43cette fois
37:44de 30 centimes.
37:46Du côté de l'industrie,
37:48un nouvel investissement
37:49chinois se prépare
37:50au Maroc.
37:51Le groupe Chantail
37:52annonce la signature
37:53d'un accord d'investissement
37:54pour la réalisation
37:55d'un parc industriel textile
37:57montant du projet
37:58de 22 milliards
38:00de dirhams
38:01soit environ
38:011,7 milliard de yuan.
38:03L'objectif est de produire
38:05au Maroc du fil
38:06de coton haut de gamme
38:07mais aussi des tissus
38:08et des vêtements haut de gamme.
38:09Pour le groupe chinois,
38:11cette implantation
38:12doit permettre
38:12de renforcer
38:13sa présence
38:14à l'international
38:14ses capacités
38:15d'approvisionnement
38:16et sa compétitivité
38:17sur les marchés étrangers.
38:19Un projet
38:19qui vient donc
38:20renforcer
38:20l'activité industrielle
38:22dans le textile
38:22avec un positionnement
38:23sur des produits
38:24à plus forte valeur ajoutée.
38:28Et un autre signal
38:29important
38:30pour l'industrie marocaine,
38:32les ongrés phosphatés
38:33sont de retour
38:33sur le marché américain.
38:35Un premier navire
38:36chargé de près
38:37de 54 000 tonnes
38:38de triple superphosphate
38:40produit au Maroc
38:41vient d'accoster
38:42à la Nouvelle-Orléans,
38:43une cargaison
38:44destinée directement
38:45aux agriculteurs américains
38:46à quelques semaines
38:47de la compagnie
38:48agricole d'automne.
38:49Cette reprise
38:49intervient après
38:50la suspension provisoire
38:51annoncée le 29 juin
38:53par Washington
38:54des droits compensateurs
38:55appliqués aux engrais
38:56phosphatés marocains.
38:57Pour les agriculteurs américains,
38:59cela signifie
38:59une nouvelle source
39:00d'approvisionnement
39:01après plus de 5 années
39:03de restrictions.
39:03Une situation
39:04d'autant plus importante
39:06que la production américaine
39:07de phosphate
39:08a reculé de plus de 50%
39:10depuis l'année 1995.
39:12Pour l'OCP,
39:12cette première cargaison
39:13doit permettre
39:14de relancer progressivement
39:15les volumes destinés
39:16au marché américain.
39:17Et au cœur de cette opération,
39:19la plateforme de Jorf Lasfar
39:20joue un rôle central.
39:22Production,
39:22transformation,
39:23transport et distribution
39:24sont intégrés
39:25dans une même chaîne logistique
39:27depuis le Maroc.
39:29En France,
39:31le coût de la dette
39:32continue de grimper.
39:33Le taux d'intérêt
39:34de référence
39:35a 10 ans atteint
39:364 à 10%
39:37son plus haut niveau
39:38depuis novembre 2008
39:39en pleine crise financière.
39:42Cette remontée
39:42intervient alors
39:43que la dette française
39:44représente 117% du PIB.
39:47Elle complique donc
39:48davantage
39:48le financement de l'État
39:50au moment où
39:50la préparation du budget 2027
39:52est déjà jugée difficile
39:54par le ministre de l'économie.
39:55Les marchés
39:56s'inquiètent notamment
39:57d'une inflation durable
39:58alimentée par des prix
40:00du pétrole élevés
40:01dans un contexte
40:02de tension au Moyen-Orient.
40:03Lorsque les investisseurs
40:04anticipent une inflation importante,
40:06ils demandent
40:07des taux plus élevés
40:08pour compenser
40:08la perte de valeur
40:10de leur placement.
40:10La pression concerne
40:12d'ailleurs
40:12toute la zone euro.
40:13En Allemagne,
40:14le taux à 10 ans
40:15atteint 3 à 26%
40:17son plus haut niveau
40:17depuis l'année 2011.
40:19Et pour la France,
40:20le rendement des obligations
40:21à 30 ans
40:22est monté jusqu'à 4 à 90%.
40:24Là encore un sommet
40:26depuis l'année 2008.
40:28Et on termine ce journal
40:30en Allemagne
40:31où la sécheresse
40:32menace directement
40:33les récoltes.
40:34Après plusieurs vagues
40:35de chaleur
40:35et un été marqué
40:36par une sécheresse historique,
40:38la production
40:38céréalière
40:39devrait reculer
40:40de 7% cette année
40:41à 41,9 millions de tonnes
40:44contre 45,2 millions
40:45en 2025.
40:46Le rendement
40:47devrait lui chuter
40:48de 9%.
40:49La situation
40:50est particulièrement difficile
40:51dans le sud du pays.
40:52Un printemps trop sec
40:53puis une forte vague
40:54de chaleur
40:55en juin
40:55ont accéléré
40:56la maturation
40:57des céréales.
40:58Dans certaines régions,
40:59les précipitations
41:00sont quasiment
41:01absentes
41:02depuis la mi-juin.
41:03Résultat,
41:04certaines cultures
41:04affichent de faibles rendements
41:06voire des récoltes perdues.
41:08Cette baisse
41:08intervient surtout
41:09dans un contexte
41:10économique déjà tendu
41:11pour les exploitations
41:13agricoles.
41:14Les prix de production
41:14sont faibles
41:15tandis que le diesel
41:16et les engrais
41:17coûtent cher.
41:17Les agriculteurs
41:18demandent donc
41:19un programme d'urgence
41:20avec notamment
41:21davantage d'aide
41:21pour les engrais
41:22et une baisse
41:23de la taxe
41:24sur le diesel.
41:28Votre Soir Info
41:29se poursuit
41:29avec l'Invité Culture.
41:30Nariya Premlichy
41:31reçoit
41:32la photographe
41:33et auteure visuelle
41:34Renata Ziek-Alami.
41:43Mesdames et messieurs,
41:44bonsoir
41:44et bienvenue
41:45dans l'Invité Culture.
41:46focus ce soir
41:47sur l'exposition
41:48Cap des Lumières.
41:49Une exposition
41:50photographique
41:51qui invite le public
41:52à poser un regard neuf
41:54sur un patrimoine
41:55aussi majestueux
41:56que méconnu
41:57les phares du Maroc.
41:59À travers une série
42:00de photographies
42:01en noir et blanc
42:03d'une remarquable
42:03force esthétique,
42:06l'artiste
42:06Renata Tiek-Alami
42:07réussit à saisir
42:10l'âme
42:11de ces témoins silencieux.
42:13Ses œuvres révèlent
42:14avec sensibilité
42:15la relation intime
42:16et historique
42:17qui unit
42:18les sociétés humaines,
42:19l'immensité de la mer
42:20et la clarté
42:21de la lumière.
42:22Une exposition
42:23qui ouvre
42:24une réflexion
42:25sur la valorisation
42:26culturelle,
42:27éducative
42:28et touristique
42:29des sentinelles
42:30du Royaume.
42:31Ces monuments
42:32deviennent ainsi
42:33le point de départ
42:34d'un nouveau récit
42:35capable de raconter
42:36d'une voix inédite
42:38l'histoire
42:38des échanges maritimes
42:40et le développement
42:41économique
42:42du Royaume
42:42du Maroc.
42:43Renata Tiek-Alami,
42:44bonsoir à vous,
42:45vous êtes artiste,
42:46photographe,
42:47auteur également,
42:48c'est un plaisir
42:49de vous recevoir.
42:50Merci,
42:50bonsoir à vous,
42:51Mariam,
42:51merci.
42:52Alors,
42:53on va parler
42:53de cette belle exposition
42:55Cap des Lumières,
42:56d'abord,
42:57qu'est-ce qui vous a poussé,
42:59on va dire,
42:59qu'est-ce qui vous a inspiré
43:01pour consacrer
43:01près d'une dizaine
43:02d'années
43:03de votre vie
43:04à photographier
43:06justement ces phares ?
43:08Alors,
43:09disons que ce n'était
43:09pas du tout calculé,
43:11c'est parti
43:13d'une attraction,
43:17on était le 22 décembre 2016,
43:20exactement,
43:20ma fille aînée
43:21fêtait ses quatre ans
43:23et j'ai eu envie
43:25de lui offrir un moment,
43:26un moment gravé
43:27dans le temps,
43:29j'avais envie
43:30de lui transmettre
43:30une valeur,
43:31de lui transmettre
43:32le fait que
43:32les expériences
43:35partagées avec
43:35les êtres qu'on aime
43:36ont plus de valeur
43:37que les objets,
43:38que les cadeaux
43:39qui s'oublient.
43:40Alors,
43:41que ce n'était pas du tout
43:42au programme de la journée,
43:44c'est quelque chose
43:44qui m'est venu comme ça,
43:45une idée assez spontanée,
43:48on s'est dirigé,
43:49elle et moi,
43:49avec sa petite sœur
43:50aussi, Lina,
43:51vers le phare de l'Inc
43:52où je me rendais
43:55pour la première fois
43:57et en gravissant
43:58les quasi 200 marches
44:00de ce phare,
44:01j'ai ressenti
44:01une émotion
44:02quasi spirituelle,
44:04j'ai envie de dire
44:05et je me suis sentie
44:07très privilégiée,
44:09très bien accueillie
44:10par le maître phare
44:10ce jour-là
44:11qui était ravie
44:12de pouvoir offrir
44:13ce moment à ma fille
44:14lui aussi,
44:15il y a participé
44:17et en haut du phare,
44:21j'ai vécu
44:21une expérience incroyable
44:23parce que j'ai vu
44:24le bord de mer
44:25de Casablanca
44:26d'en haut
44:26pour la première fois
44:28et j'ai réalisé
44:30que moi aussi
44:31quelque part
44:32j'étais le phare
44:32de mes enfants
44:33avec bien évidemment
44:34leur papa
44:35mais qu'on avait
44:36un rôle à jouer
44:37important
44:38dans notre regard,
44:40dans notre regard
44:40sur l'infini,
44:41sur l'invisible
44:43et donc inconsciemment
44:45ce jour-là
44:46je réalise
44:47que je reproduis
44:50ce que ma mère
44:51me faisait vivre enfant
44:52mais c'était un souvenir
44:53que j'avais oublié
44:55et donc
44:57en rencontrant
44:58le phare de Lang
44:59de Casablanca
44:59de cette manière
45:00je me fascine
45:01pour ce sujet
45:02je me documente
45:03et je décide
45:03d'aller à la rencontre
45:05des phares du Maroc
45:07sur mon chemin
45:08donc je ne les ai pas
45:09tous photographiés
45:10j'en ai rencontré
45:11une vingtaine
45:11et c'est une manière
45:13de leur rendre hommage
45:13parce que
45:14c'est une manière
45:15de mettre le doigt
45:16sur quelque chose
45:18qui est visible
45:19qui est majestueux
45:21mais qu'on ne regarde
45:23pratiquement jamais
45:24et c'est une sorte
45:26de métaphore
45:26de notre rapport
45:27à l'histoire
45:28de notre rapport
45:29à notre passé
45:30voilà tout simplement
45:31Vous l'avez dit
45:32c'est un regard
45:33sur l'invisible
45:34que vous avez porté
45:35que vous avez décidé
45:36de porter ce jour-là
45:37sur les phares du royaume
45:38quel était le premier phare
45:40que vous avez photographié
45:41Le premier phare
45:42que j'ai photographié
45:43c'est le phare de l'Inc
45:44c'est ma fille
45:45dans le phare de l'Inc
45:46et c'est cet horizon
45:47de Casablanca
45:48cette vision surréelle
45:52parce qu'en fait
45:53on découvre
45:54que Casablanca
45:55est installée
45:56sur des strates
45:57de rochers
45:57etc.
45:58et en étant tout là-haut
46:00j'ai ressenti
46:01un besoin infini
46:03voilà ça c'est une des photos
46:04de 2016
46:04donc cette structure
46:05n'en existe plus
46:06j'ai ressenti
46:08le besoin
46:08de sceller
46:09ces moments
46:10d'immortaliser
46:11ces moments
46:12cet instant
46:13et d'aller
46:14à la recherche
46:15d'autres phares
46:16du Maroc
46:17parce qu'ils rayonnent
46:20et parlent
46:21d'un passé
46:23glorieux
46:24où les forces étrangères
46:26contribuaient aussi
46:27à la construction
46:29de ces monuments
46:29et j'ai eu envie
46:31comme ça
46:32de les mettre
46:33de jeter
46:34de la lumière
46:35sur eux
46:35pour tenir aussi
46:39un sujet
46:39un sujet
46:41inédit
46:42et j'ai tout de suite
46:43eu l'envie
46:44de faire une exposition
46:46et de faire un livre
46:47voilà
46:48on va parler d'abord
46:49de l'exposition
46:50oui oui très bien
46:51il y a donc
46:51le choix des images
46:53en noir et blanc
46:54pourquoi ce choix
46:54particulièrement
46:55est-ce que c'est pour
46:56cette rétrospective historique
46:58dont vous parlez ?
47:00alors il y a deux raisons
47:01pour lesquelles
47:01je choisis le noir et blanc
47:03il y a une intention artistique
47:04à la base
47:06avec grâce au noir et blanc
47:09on dépouille un peu
47:10la matière
47:11et on arrive à l'essentiel
47:13alors que la couleur
47:15elle distrait
47:18avec la couleur
47:19raconter le temps
47:20qu'il fait
47:21l'heure de la journée
47:23alors que le noir et blanc
47:25lui va mettre
47:26en exergue
47:27voilà le graphisme
47:29la texture
47:31de la pierre
47:32et voilà
47:34me donner l'impression
47:35que je les ai aussi
47:37suspendus dans le temps
47:40et puis je choisis
47:41le noir et blanc aussi
47:42parce que
47:43lorsque je photographie
47:45des sujets
47:45comme ça inédits
47:46que je veux porter
47:47ensuite en exposition
47:48j'aime exposer
47:50du noir et blanc
47:50dans des belles galeries
47:53généralement
47:53où il y a de la pierre
47:54je choisis
47:54je veux dire
47:56la galerie Babrouach
47:57n'est pas un choix
47:58au hasard
47:59je choisis la galerie Babrouach
48:01parce qu'elle fait partie
48:04du patrimoine historique
48:05culturel de la capitale
48:07Rabat
48:07et le fait de faire rentrer
48:09mes phares en noir et blanc
48:11qui appartiennent
48:12à un passé
48:12dans cette galerie
48:15réinterprétée
48:15et retransformée
48:17c'est un choix particulier
48:19que je fais
48:19en tout cas rappelons
48:20que l'exposition
48:21a démarré le 20 juin
48:22et devrait se poursuivre
48:23jusqu'au 11 juillet
48:24vous l'avez dit
48:26à Babrouach
48:28la galerie nationale
48:31vous l'avez dit
48:31en parlant de la pierre
48:32tout à l'heure
48:33le phare incarne
48:34à la fois cet ancrage
48:35donc quand on parle
48:36de la pierre
48:36mais aussi le mouvement
48:37celui de la lumière
48:38comment au moment
48:40où vous prenez
48:41vos clichés
48:42vos photos
48:43comment dans l'objectif
48:44vous arrivez à intégrer
48:46cette dualité
48:46en images
48:47alors en effet
48:49comme vous dites si bien
48:50le phare incarne
48:52donc la stabilité
48:53la vigilance
48:54la permanence
48:55et quand on se retrouve
48:57devant un phare
48:58on se retrouve devant
48:59un colosse de pierre
49:01je choisis
49:02de le photographier
49:03à différents moments
49:04de la journée
49:05pour saisir
49:06différentes lumières
49:07je choisis
49:08de le photographier
49:09et de l'intérieur
49:10pour photographier
49:11son mécanisme
49:12sa lentille
49:13de choisir
49:14de photographier
49:15ce que l'on voit dedans
49:17et ce qu'il projette dehors
49:18et aussi
49:20quand c'est possible
49:23de photographier
49:24dans son contexte
49:25pour montrer l'horizon
49:26donc
49:28je vais
49:29très souvent
49:31aller chercher
49:33des détails
49:35au macro
49:35pour
49:37raconter
49:38ses objets
49:39donc ça peut être
49:40des lentilles
49:41ça peut être
49:41sa structure
49:42métallurgique
49:44ses escaliers
49:46je décide
49:47de
49:50comment dire
49:51partager
49:52le reportage
49:53sur le phare
49:54en plusieurs
49:54en plusieurs moments
49:56phare
49:57pour le faire vivre
49:58en fait
49:59voilà
49:59un beau jeu de mots
50:01d'ailleurs
50:02avec le mot phare
50:03qui se répète
50:04en tout cas
50:04au-delà de la pierre
50:05qu'en est-il aujourd'hui
50:07du patrimoine
50:08lié justement
50:08au phare
50:09de ce que ça symbolise
50:10pour vous exactement
50:11alors
50:12en effet
50:12comme vous dites
50:13si justement
50:13à chaque fois
50:14que je rencontre
50:15un phare
50:15je rencontre
50:16aussi
50:18quand c'est le cas
50:19quand il y a encore
50:19quelqu'un qui s'en occupe
50:21un maître phare
50:21donc les histoires
50:23de ce maître phare
50:25ou de ce gardien de phare
50:27me fascinent
50:28et vont
50:29toujours influencer
50:30mon interprétation
50:31photographique
50:33je n'ai jamais
50:34photographié un phare
50:35sans discuter
50:36avec la personne
50:37qui s'en occupait
50:38et je vais toujours
50:39essayer de comprendre
50:40quelles sont
50:41les histoires
50:44et les mythes
50:45qu'il existe
50:46autour
50:47j'essaie de comprendre
50:48aussi comment
50:48ce phare
50:49est appelé
50:50dans la région
50:51parce que
50:52rarement
50:53on lui donne le nom
50:53on va dire historique
50:55et c'est à ce moment-là
50:57que je me suis rendue compte
50:58que mes photographies
50:59en noir et blanc
50:59ne suffisaient pas
51:00pour aller au-delà
51:03et c'est à ce moment-là
51:04que j'ai eu envie
51:05de faire un livre
51:06et que j'ai proposé
51:07à mon ami Dries Jaïdan
51:08de poser ces mots
51:09sur mes noir et blanc
51:11et vous racontez
51:12donc l'histoire
51:13de ces personnes
51:14que vous rencontrez
51:15finalement dans votre livre
51:16pour compléter
51:17on ne raconte pas
51:18l'histoire de ces personnes
51:19mais on s'en inspire
51:20et le texte
51:21de Dries Jaïdan
51:22est un texte
51:24assez poétique
51:25et très philosophique
51:26qui va au-delà
51:27aussi du symbole
51:28le phare
51:28on va toucher
51:30des concepts
51:32comme la vision
51:33le leadership
51:35la permanence
51:37ce que signifie aussi
51:39rester immobile
51:41face à l'inconnu
51:42et face aux vicissitudes
51:44de la vie
51:44c'est un livre
51:45qui est plus
51:47philosophique
51:47et poétique
51:48et artistique
51:49qu'autre chose
51:51un livre
51:51pour garder
51:53finalement une trace
51:54vous le disiez
51:54tout à l'heure
51:55quand vous parlez
51:55de la photographie
51:56c'était important
51:57pour vous
51:57d'immortaliser
51:58cet instant
51:59d'abord partager
51:59en famille
52:00qui a tout déclenché
52:02d'ailleurs
52:02et puis maintenant
52:03avec ce livre
52:04c'est un moyen
52:06de vraiment garder
52:07les choses
52:08de les graver
52:09à jamais
52:09dans un livre
52:10qui peut être transmis
52:11par la suite
52:13exactement
52:13le livre
52:14pour moi
52:15l'ouvrage éditorial
52:16et le contexte
52:18culturel
52:19dans lequel je trouve
52:19que ces photos-là
52:21en l'occurrence
52:21ont le plus leur place
52:23et au-delà
52:25de l'exposition
52:25que j'espère
52:26pourra devenir
52:28itinérante
52:29dans le royaume
52:30du Maroc
52:31le livre lui
52:32va permettre
52:34de transmettre
52:35des valeurs
52:36importantes
52:37quant à notre
52:38rapport
52:39au passé
52:39à l'histoire
52:40et qu'on a
52:41notre responsabilité
52:43aussi
52:45pour les générations
52:47futures
52:47on vit dans un monde
52:48où les repères
52:49changent
52:50tellement rapidement
52:51qu'en fait
52:53ma volonté
52:54d'immortaliser
52:55ces édifices
52:57vient aussi
52:58du fait
52:58que tout
52:59change
53:00tellement vite
53:02je trouve
53:02que ce serait
53:03dommage
53:03de ne pas
53:04les mettre
53:05à l'honneur
53:05parce qu'ils
53:06ont un potentiel
53:08incroyable
53:09des édifices
53:10qu'il faut mettre
53:11à l'honneur
53:11vous l'avez dit
53:12il y a ce rapport
53:13à l'histoire
53:14et puis
53:15aussi cette possibilité
53:17de mettre en valeur
53:18des éléments
53:19des objets
53:20des édifices
53:21qui peuvent
53:22sembler
53:23je ne devrais pas
53:24dire le mot
53:25anodin
53:25mais on le disait
53:27tout à l'heure
53:27c'est invisible
53:28pour le regard
53:28de l'autre
53:29alors que c'est
53:30chargé d'histoire
53:32et à l'instar
53:34de ces objets
53:35il peut y avoir
53:36tellement d'autres choses
53:36qui nous entourent
53:37aujourd'hui
53:37auxquelles
53:39on n'accorde pas
53:39suffisamment d'attention
53:40et qui ont toute
53:41une histoire
53:41à raconter
53:42oui c'est vrai
53:43d'ailleurs de ce paradoxe
53:45visuel là
53:46est née
53:49ma démarche
53:50c'est à dire
53:50que j'ai commencé
53:51d'abord
53:51à photographier
53:53Casablanca
53:54qui est ma muge
53:54du Casablanca
53:55depuis trois générations
53:56et le port
53:57de Casablanca
53:58qui est un
54:00monstre
54:01de vie
54:01je veux dire
54:02c'est un endroit
54:03incroyable
54:03mais qu'on ne voit pas
54:06il est dans notre
54:07conscience collective
54:08on en est
54:09on le sait
54:09il est connu
54:10mais il est invisible
54:11à nos yeux
54:12je l'ai beaucoup
54:12photographié de nuit
54:14et ensuite
54:15j'ai eu envie
54:16de lumière
54:17j'ai envie de m'élever
54:18j'ai eu envie
54:19de passer du rythme
54:20du béton
54:21de ces hommes
54:23et des femmes
54:24qui ne cessent de travailler
54:24c'est une ville
54:26dans la ville
54:26qui vit 24h sur 24
54:29à cette lumière
54:31on va dire
54:32voilà
54:34légère
54:35et impalpable
54:36des phares
54:37qui sont eux
54:38visibles
54:39mais méconnus
54:40et c'est pour cette raison
54:43aussi que
54:43dans l'exposition
54:46qui est installée
54:47à Babloir
54:48je propose
54:50un parcours
54:50d'abord
54:51sur les phares
54:52qui s'intitulent
54:53Paradoxe
54:54et je termine
54:55avec une petite série
54:56qui s'intitule
54:57Prisme
54:57sur le port
54:58de Casablanca
54:59pour donner
55:00ce contraste
55:01entre
55:02une réalité
55:03qui est connue
55:05de tous
55:05mais qu'on ne voit
55:06jamais
55:07le port de Casablanca
55:07on ne sait pas
55:08ce qui s'y passe
55:09et ce phare
55:11majestueux
55:11de Casablanca
55:13entre autres
55:13et ces phares majestueux
55:14qui sont là
55:15mais qui ne sont pas
55:16regardés
55:17et puis il y a
55:18ce regard
55:19celui de l'artiste
55:20cette empreinte
55:20que vous laissez
55:21cette prise de conscience
55:22tout à l'heure
55:23on parlait de responsabilité
55:24finalement
55:24c'est une espèce
55:25de responsabilité
55:26que vous avez décidé
55:27de porter
55:28est-ce que vous pensez
55:29que cette exposition
55:31à Babroir
55:32justement
55:32à la galerie
55:34Babroir
55:34puisse être
55:35aujourd'hui
55:35le déclencheur
55:36d'un véritable
55:39plan national
55:40justement
55:40pour mettre en avant
55:42et sauvegarder
55:43ces édifices
55:44c'est mon vœu
55:45le plus cher
55:47si humblement
55:49mon exposition
55:50est un catalyseur
55:53qui permet
55:54de ranimer
55:55un peu
55:55la fierté nationale
55:56autour de ce patrimoine
55:57historique
55:59et maritime
55:59et aller plus loin
56:02ce serait
56:04merveilleux
56:05mais je pense
56:06qu'on travaille
56:07en synergie
56:08le ministère
56:08de la culture
56:09m'accueille
56:09dans une galerie nationale
56:11ce qui signifie
56:12déjà qu'il est sensible
56:13à ce patrimoine
56:14moi
56:15faire rentrer
56:16mes photos
56:17physiquement
56:17sous cette voûte
56:20culturelle
56:21c'est un symbole
56:22qui est très fort
56:23je veux
56:24comment dire
56:25presque
56:26sacraliser ce moment
56:27c'est comme une cérémonie
56:28pour moi
56:30je voudrais
56:31vraiment
56:32qu'un jour
56:33on puisse
56:34par exemple
56:35voir le phare
56:36de Casablanca
56:36transformé
56:37en un mini musée
56:38avec une petite galerie
56:40un petit café
56:41pourquoi pas
56:41de toutes les manières
56:42les Casablanquais
56:43par exemple
56:44ils vont
56:46automatiquement
56:47ça fait partie
56:48du circuit
56:49de la balade
56:49Braba
56:50c'est pareil
56:52El Jadida
56:53le phare
56:55protège la ville
56:56bon
56:56il n'est pas
56:57très connu
56:58mais il y a
56:59un potentiel énorme
57:00en tout cas
57:01c'est sur ces derniers mots
57:02que se termine
57:03cet entretien
57:03avec vous Renata
57:04Thiek
57:05à Alami
57:05c'était un plaisir
57:06de vous avoir
57:07comme invité
57:07ce soir
57:08et on vous souhaite
57:09plein de courage
57:10pour tous vos futurs projets
57:11merci
57:11merci infiniment
57:12Valéa
57:13rappelons que
57:13cette exposition
57:14dure jusqu'au 11 juillet
57:15c'est la fin d'Invité Culture
57:17pour ce soir
57:17je vous souhaite
57:18une très bonne soirée
57:21et c'est aussi la fin
57:22de ce journal
57:23merci à vous de nous suivre
57:24l'information revient
57:25dans un instant
57:25sur Médien Télé
57:29Sous-titrage Société Radio-Canada
57:31Sous-titrage Société Radio-Canada
57:43Sous-titrage Société Radio-Canada
57:44Sous-titrage Société Radio-Canada
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