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00:10Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver sur Média1 TV pour votre rendez-vous d
00:14'information de la mi-journée.
00:16Voici les titres de votre journal.
00:19Dans le détroit d'Hormuz, un navire frappé par un projectile non identifié a fait une victime,
00:25tandis que Washington et Téhéran poursuivent leurs discussions, des discussions que l'émissaire américain Jared Kushner juge très positifs et
00:34animés.
00:35L'objectif, parvenir à un accord.
00:40Et quatre ans et demi après le début de l'invasion russe, la diplomatie reste au point mort.
00:45En parallèle, Moscou et Kiev intensifient leurs frappes de longue portée.
00:49Dans le nord-est de l'Ukraine, une frappe de roquettes russes fait au moins dix morts et huit blessés.
00:58Et puis, dans ce journal, nous irons au Sénégal, où le sport descend dans la rue.
01:03À Dakar, marche, course, fitness et haltérophilie investissent les espaces en plein air pour garder la forme du sport partout,
01:12sauf dans les salles.
01:17OCP North America, une filiale du groupe OCP, a annoncé l'arrivée au port de la Nouvelle-Orléans
01:25d'un navire transportant environ 54 000 tonnes de triple superphosphate en provenance du Maroc.
01:31Le produit sera distribué aux agriculteurs américains, contribuant ainsi à renforcer la disponibilité des engrais
01:38à l'approche de la campagne agricole d'automne.
01:41Cette cargaison fait suite à la décision de l'administration américaine d'accorder une suspension temporaire
01:48des droits compensateurs applicables aux importations d'engrais phosphatés marocains.
01:53Cette mesure contribue à rétablir l'accès des agriculteurs américains
01:57à une source supplémentaire d'approvisionnement en engrais phosphatés,
02:01après plusieurs années d'offres limitées.
02:07Et Donald Trump menace désormais de bombarder Oman 60 jours après la signature d'un protocole d'accord
02:14entre les Etats-Unis et l'Iran censé ouvrir la voie à un règlement pacifique de la guerre au Moyen
02:20-Orient.
02:21Ce mardi, un projectule non identifié a frappé un navire alors qu'il traversait le détroit d'Hormuz
02:27en direction de la sortie faisant une victime.
02:30Dans le même temps, l'émissaire américain Jared Kushner a qualifié de très positif et animé
02:36les discussions entre Washington et Téhéran qui visent à conclure un accord.
02:41S'il a admis qu'il n'y avait pas beaucoup de confiance entre les Etats-Unis et l'Iran
02:45après des années d'absence de relations et de dialogues,
02:48Jared Kushner a toutefois précisé que les deux parties s'impliquaient très sérieusement dans les discussions.
02:58Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Barai,
03:04a affirmé que le délai de négociation de 60 jours prévu en vue d'un règlement durable
03:10est rendu caduque par les violations commises par Washington.
03:14On l'écoute.
03:17La défense globale par les Iraniens de leur souveraineté nationale et de leur intégrité territoriale,
03:22puis le processus qui a mené au 18 juin, date à laquelle l'entente de juin devait servir de point
03:27de départ
03:28pour réduire les tensions.
03:29Malheureusement, l'Amérique a rompu ses engagements.
03:32Là aussi, le processus de mise en œuvre du protocole d'accord ne commençant que 20 jours
03:37après le début du processus.
03:41Et le protocole d'accord irano-américain de 60 jours est arrivé à expiration lundi
03:47sans qu'aucun compromis ni accord de paix définitif n'ait été trouvé.
03:52De son côté, le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres,
03:57appelle les deux pays à reprendre dans les plus brefs délais les négociations
04:01en vue d'un règlement pacifique et durable de leurs différends.
04:04L'ONU réaffirme que la voie diplomatique reste la seule issue possible
04:08et qu'il n'existe pas de solution militaire à ce conflit.
04:15Quatre ans et demi après le début de l'invasion russe à grande échelle de l'Ukraine,
04:21les deux pays font monter en puissance leurs frappes de longue portée,
04:24tandis que la diplomatie, elle, reste au point mort.
04:27Une frappe de roquettes russes dans le nord-est de l'Ukraine a fait au moins 10 morts et 17
04:33blessés.
04:33L'attaque s'est produite dans une localité située à une soixantaine de kilomètres de la ville de Kharkiv.
04:39Des maisons et véhicules ont été endommagés, de même qu'un bureau de poste et un magasin.
04:48En Russie, Moscou affirme avoir été la cible d'une attaque massive de drones ukrainiens.
04:54Sergei Sobianin, le maire de Moscou, affirme que 620 drones ukrainiens ont visé la région de la capitale dans la
05:02nuit.
05:03180 auraient été détruits et l'attaque a fait trois blessés, selon les autorités locales, dont une enfant de 10
05:10ans.
05:11L'attaque a également frappé un entrepôt du géant russe du commerce en ligne, Wildberries,
05:16qui avait déjà été ciblé ces dernières semaines.
05:22Et puis, nouveau bilan concernant les deux séismes du 24 juin dernier,
05:28de magnitude de 7,2 et 7,5, qui ont frappé le littoral vénézuélien,
05:33notamment l'état de la Guaria, au nord de Caracas, et qui ont fait 6438 morts.
05:39Près de deux mois après la tragédie, les secouristes et les proches des victimes
05:44poursuivent les recherches de corps dans les décombres.
05:47Les personnes dont les corps n'ont pas encore été retrouvés sont considérées comme disparues.
05:54À ce jour, le gouvernement n'a pas publié de chiffres sur le nombre de personnes
05:58qui n'ont plus donné signe de vie.
06:01Au moins 190 immeubles se sont effondrés après les deux tremblements de terre.
06:109 276 migrants ont quitté volontairement l'Allemagne au premier semestre 2026
06:15avec le soutien des programmes d'aide au retour contre 7 348 sur la même période en 2025,
06:23soit une hausse de 26% selon les données de l'Office fédéral pour la migration et les réfugiés.
06:29Ces départs s'inscrivent dans le cadre du programme fédéral d'aide au retour volontaire
06:34destiné aux personnes qui souhaitent regagner leur pays d'origine
06:37ou se rendre dans un pays tiers disposé à les accueillir.
06:41Le dispositif prévoit notamment la prise en charge des frais de voyage
06:45ainsi qu'une aide financière au départ pouvant atteindre 1 000 euros par adulte
06:50et 5 000 euros par enfant ou par adolescent.
06:56Et dans le sud-ouest chinois, chaque été, des milliers d'antilopes tibétaines
07:01traversent des rivières glacées sur leur route migratoire.
07:04Pour les plus jeunes, à peine âgés de quelques semaines, la traversée peut être fatale.
07:09Des rangers se jettent alors à l'eau pour secourir ces animaux
07:13et préserver cette espèce emblématique des hauts plateaux.
07:17Tifa Ousaid nous raconte cette opération de sauvetage.
07:22Dans cette réserve naturelle du Chantang, la migration est un spectacle impressionnant.
07:27Chaque été, plus de 100 000 antilopes tibétaines prennent la route avec leurs petits.
07:31Mais sur leur passage, une rivière glaciaire transforme la migration en épreuve.
07:35Le courant est rapide, l'eau ne dépasse pas les 6 degrés
07:38et les jeunes animaux, âgés de moins d'un mois pour certains, peinent à traverser.
07:42Alors, les agents de la réserve surveillent les berges.
07:45Dès qu'un petit est emporté, il se jette à l'eau pour tenter de le ramener sur la rive.
07:50Voir une mère antilope attendre anxieusement son petit me remplit d'une tristesse indescriptible.
07:56À plus de 5 200 mètres d'altitude, quelques minutes dans cette eau glacée peuvent pourtant être dangereuses.
08:03Cette année, l'un des petits secourus s'est fracturé une patte pendant la traversée.
08:07Les agents l'ont immobilisé avec des attelles et des bandages
08:10avant de le ramener à leur campement pour recevoir des soins.
08:1314 agents de la réserve sont mobilisés pendant la saison des migrations, répartis en deux équipes.
08:18Leur mission ? Surveiller les passages les plus difficiles et intervenir au moindre signal.
08:23Si les petits sont emportés par le courant, ils n'ont aucune chance de survivre.
08:27Alors j'ai sauté dans l'eau pour les sauver.
08:30La plupart des petits secourus récupèrent rapidement avant de retrouver leur mère.
08:34Une intervention au cœur d'une migration annuelle, où quelques secondes peuvent faire toute la différence.
08:42Direction à présent le Niger, où un nouveau chantier stratégique s'ouvre pour le secteur agricole.
08:47Lors d'un atelier de tenue ce lundi, les autorités ont lancé les travaux d'élaboration d'une politique nationale
08:54de l'agriculture.
08:55Un chantier stratégique qui doit permettre de renforcer la résilience d'un secteur qui emploie près de 80% de
09:02la population active.
09:03Les détails avec notre correspondant sur place, Jean-Gibril William.
09:08A travers la mise en œuvre de ce nouveau document de référence, les autorités nigériennes opèrent une rupture avec des
09:14décennies de politiques sacrées écoles.
09:17L'atelier, qui s'est ouvert ce lundi, a marqué le lancement des travaux d'élaboration d'une politique nationale
09:22pour la période de 2027 à 2035.
09:25Une orientation nouvelle qui vise la restructuration du secteur dont dépendent près de 80% de la population active.
09:32Doter le Niger d'un document de politique nationale agricole est une étape importante que nous amorçons aujourd'hui pour
09:40bâtir une agriculture durable, inclusive et plus innovante.
09:44Cela passe par une mobilisation et un accroissement des investissements pour renforcer la résilience des acteurs des chaînes de valeur
09:51agricoles à faire face aux risques climatiques et économiques afin de lever les défis alimentaires et nutritionnels du XXIe siècle.
09:59Pour les acteurs du secteur, il sera question, durant les prochaines semaines, de réfléchir à un modèle agricole adapté aux
10:05réalités sociales, économiques et climatiques du moment.
10:08Une stratégie nationale plus cohérente a même de transformer une agriculture vulnérable aux chocs en un secteur résilient et porteur
10:17de croissance durable.
10:18Le défi structurel réside dans la solution au décalage persistant entre les contraintes terrain, l'aridité des sols, les caprices
10:30du climat, les effets du changement climatique, la formation de compétences, les besoins de population,
10:37les exigences de l'État et l'existence d'économies capables d'observer la plus-valide production et l'anticipation
10:46en vue de s'adapter continuellement.
10:49Les travaux entre autorités locales, acteurs du secteur et partenaires techniques et financiers devraient aboutir d'ici à la fin
10:56de l'année à la mise en œuvre d'un cadre de référence
10:59qui permettra au Niger de passer d'une agriculture de subsistance à un levier de développement économique et social.
11:08Et au Sénégal, neuf ans après avoir marqué le paysage médiatique, le journal Rapé fait son retour avec un concept
11:17toujours aussi original,
11:19conjuguer l'actualité et le rap sans rien céder aux exigences du journalisme.
11:25L'information reprend le rythme du rap et nos correspondants Régis Moukila et Amadoussi à Dakar ont assisté à une
11:32séance d'enregistrement que je vous propose de découvrir en images.
11:38Les derniers réglages avant la prise d'antenne pour une édition d'informations assez particulière.
11:44Bienvenue dans le journal Rapé.
11:46Deux, un, top !
11:51Bonjour !
11:52Porté par le duo de rappeurs Roumane Kéti, le concept consiste à traiter l'actualité du pays tout en rappant
11:58sur un instrumental.
12:00Neuf ans après son lancement, l'émission qui avait séduit de nombreux Sénégalais fait son grand retour.
12:06Partout, on nous posait la question pourquoi est-ce que vous ne revenez pas, parce que là l'actualité le
12:10nécessite, etc.
12:11Et puis bon, il fallait aussi reconstituer l'équipe.
12:14Donc comme Kéti n'est plus là, il fait partie de l'équipe fondatrice du journal Rapé.
12:21De la politique à l'économie, en passant par les faits de société, tous les sujets d'actualité sont passés
12:27à la loupe.
12:27Comme dans un journal télévisé classique, les informations sont vérifiées avant leur diffusion.
12:33On fait attention à ce qu'on raconte, à ce qu'on dit, on vérifie les informations avant de parler.
12:37Est-ce qu'il y aura de l'autocensure ? Je ne pense pas qu'il y aura de l
12:40'autocensure.
12:40On va tout faire pour que le contenu qu'on propose soit un contenu qui puisse peut-être causer de
12:45la polémique parfois.
12:46Mais chaque fois qu'on va parler de quelque chose, on va essayer d'être le plus juste possible.
12:51Le journal Rapé est diffusé en deux versions, française et Wolof.
12:55Pour la version Wolof, le rappeur Keïti cède sa place à son compère Ada, une lote de responsabilités pour le
13:02nouveau présentateur.
13:03Keïti c'est une légende du rap sénégalais. Au-delà d'être un membre fondateur du journal Rapé, il est
13:12irrepressable.
13:14Nouvelle saison, nouveau plateau. Cette relance du journal Rapé a été rendue possible grâce à une maison de production sénégalaise
13:22qui a cru au projet.
13:24Beaucoup d'éléments qui ont fait que nous, on s'est dit, on va accepter la proposition du groupe Native
13:32Red, donc la maison de Roumane, pour faire cette collaboration-là, pour faire renaître, donner un second souffle au journal
13:41Rapé,
13:41qui est un excellent produit, non pas parce que c'est une œuvre d'art audiovisuel qui parle de politique,
13:49mais aussi sur le plan artistique.
13:53La nouvelle génération pourra ainsi découvrir une manière plus décalée de traiter l'information au Sénégal.
13:59Ce, à travers un concept qui a déjà inspiré plusieurs émissions dans différents pays du monde.
14:09Et à Dakar, pas besoin de salles pour faire du sport. Dans les espaces aménagés pour l'occasion, les Dakarois
14:16se retrouvent en plein air pour entretenir leur forme.
14:19Marche, course, fitness, haltérophilie, toutes les disciplines sont au rendez-vous.
14:24Une façon de faire du sport autrement, au cœur même de la ville.
14:28Un reportage d'Olivia Bossal et Malang Diediou.
14:32Ici, c'est la corniche, ouest de Dakar. L'un des lieux les plus fréquentés en soirée.
14:38Ses visiteurs, des sportifs professionnels, amoureux et autres amateurs de sport.
14:44Dès le soir, ils y convergent pour pratiquer l'activité sportive de leur choix.
14:52André y vient au moins trois fois par semaine.
14:55Il quitte son domicile en pas de course pour rallier la corniche.
14:58Je bouge chez moi à 16h00 et quand je couds trop vite, je peux arriver ici pratiquement à 17h00.
15:09Ici, parce que c'est un endroit bien aménagé.
15:13Tabara, qui était autrefois une apprenante, a aujourd'hui pris l'habitude. Sa routine est simple.
15:20Je commence par la marche d'abord.
15:2330 minutes de marche, après quand je viens ici, je m'étire, je fais les abdos, après un peu de
15:29vélo, la musculation un peu.
15:33A peu près 45 minutes, après je rentre.
15:37Le site est très fréquenté pour diverses raisons.
15:40Parmi elles, la gratuité des lieux et le cadre idyllique qui donne une belle vue sur la mer.
15:49Olivier est coach.
15:50Encadrer et transmettre est une passion.
15:53Pour lui, ce complexe sportif, public, est une aubaine.
15:57Ce n'est pas donné à tout le monde d'avoir les moyens de payer dans les salles.
16:02Et c'est pour cela que, je crois, c'est pour cela que la mairie nous a construits un parking
16:07walk-out.
16:09Et c'est une très belle initiative.
16:11Et nous nous entrons ici vraiment à l'air libre avec vue de mer.
16:17Avec des espaces sportifs comme sur la corniche ouest de Dakar,
16:21Le sport quitte les salles pour le plein air.
16:24Une tendance actuelle dans tout le Sénégal.
16:27L'initiative, souvent issue des communes, vise le bien-être et la santé des populations.
16:35À Tamaris, dans la province de Noiser, une nouvelle dynamique se dessine sur le littoral.
16:42Une vingtaine de points de vente ont pris place le long de la corniche
16:46avec l'ambition d'améliorer l'offre destinée aux estivants
16:50tout en créant des opportunités pour les jeunes porteurs de projets
16:54et les acteurs de l'économie locale.
16:56Plus de détails dans ce reportage d'Issam El Abari et avec un récit de Dinam Rennine.
17:04La corniche change de visage à Tamaris.
17:07Longtemps marquée par le manque d'organisation,
17:09elle accueille désormais vingt nouveaux commerces
17:12installés dans le cadre d'une initiative portée par la préfecture de Noiser
17:16en partenariat avec une association.
17:22Avant, c'était assez anarchique ici.
17:24Il n'y avait pratiquement aucun commerce.
17:27Mais pour acheter une simple bouteille d'eau, il fallait chercher.
17:30Et les prix étaient parfois très élevés.
17:32Une bouteille pouvait coûter jusqu'à 40 dirhams.
17:36Aujourd'hui, avec ces vingt nouveaux commerces,
17:38l'offre est plus importante.
17:40Et les prix sont beaucoup plus abordables.
17:43Une grande partie de ces points de vente est gérée par des bénéficiaires
17:47de l'initiative nationale pour le développement humain.
17:49Une opportunité pour ces porteurs de projets
17:52de développer des activités génératrices de revenus.
17:57Nous avons bénéficié du soutien de l'INDH qui nous a permis d'acquérir le matériel nécessaire.
18:03Aujourd'hui, nous travaillons dans ce kiosque près de la plage.
18:07Nous proposons des sandwiches à des prix accessibles, entre 15 et 25 dirhams,
18:12ainsi que des pâtisseries et des produits salés faits maison.
18:17Nous avons bénéficié du soutien de l'INDH et de ces kiosques
18:21mis gratuitement à notre disposition.
18:23Nous y proposons des sandwiches et des pâtisseries marocaines faites maison,
18:28avec l'obligation de maintenir des prix accessibles pour les visiteurs.
18:33Au menu, des repas rapides, préparés avec le respect des règles d'hygiène
18:37et proposés à des prix accessibles.
18:40Pour les estivants, le changement se voit et se ressent déjà.
18:43L'espace est désormais mieux organisé, les services plus accessibles
18:48et l'accueil semble satisfaire les visiteurs.
18:53Franchement, nous sommes satisfaits des services proposés par ces kiosques.
18:57C'est propre et les prix sont abordables.
18:59Il n'y a pas de mauvaise surprise.
19:00Les tarifs affichés sur les menus sont respectés.
19:04Les plages de Darbo Azza ont vraiment changé de visage
19:07et nous en sommes très satisfaits.
19:10La corniche offre également un nouvel espace d'exposition.
19:13et de vente aux coopératives.
19:15Produits du terroir et artisanat local y trouvent ainsi
19:19une nouvelle vitrine auprès des visiteurs.
19:21Une initiative qui mise ainsi sur le soutien aux produits locaux
19:25et lui ouvre une nouvelle fenêtre de commercialisation.
19:31Place à présent à notre entretien avec l'invité de la rédaction.
19:44Le Maroc signe sa meilleure performance à l'Olympiade internationale d'informatique.
19:51Ces Olympiades sont l'une des grandes compétitions mondiales
19:55destinées aux jeunes en informatique.
19:57Elles réunissent chaque année des lycéens venus de nombreux pays
20:01qui s'affrontent sur des problèmes complexes d'algorithmiques et de programmation.
20:07La 38e édition a eu lieu du 9 au 16 août dernier à Tashkent, en Ouzbékistan.
20:13Et le Marocain Zakaria Abissourour a décroché la médaille d'argent.
20:17C'est une première pour le Maroc dans cette compétition.
20:20Classé 63e mondiale sur 375 candidats et premier participant arabe et africain,
20:28le jeune Marocain confirme une progression spectaculaire
20:31après avoir obtenu une mention honorable lors de sa première participation en 2025.
20:36Le Maroc repart également de cette édition avec une mention honorable
20:40obtenue par Mohamed Cherki.
20:42Derrière cette performance individuelle,
20:45c'est tout un dispositif de détection, de formation et d'accompagnement des jeunes talents
20:50qui est mis en lumière.
20:51Alors, comment expliquer cette progression ?
20:54Comment forme-t-on des jeunes capables de rivaliser avec les meilleurs programmateurs du monde ?
21:00Et surtout, comment transformer ces talents en une véritable force pour le Maroc
21:06dans l'informatique, l'intelligence artificielle et les technologies de demain ?
21:10Alors, pour en parler, nous recevons le président des Olympiades marocaines de l'informatique,
21:14Enes Abou El-Kalem,
21:16également expert international en cybersécurité et en intelligence artificielle
21:20et directeur du laboratoire de recherche sur les technologies intelligentes et durables.
21:25Alors, première question.
21:27Merci d'être avec nous tout d'abord.
21:29Merci pour l'invitation.
21:30On est ravis de vous recevoir.
21:32Alors, première question un peu générale, avec une réponse assez rapide.
21:36On parle souvent des Jeux olympiques de l'informatique.
21:40Mais concrètement, à quoi sont confrontés pendant ces épreuves les jeunes candidats
21:45et à quoi ressemblent les épreuves ?
21:48Alors, effectivement...
21:51Oui, très bien.
21:52Merci.
21:53Alors, les Olympiades internationales d'informatique,
21:55ce n'est pas un simple concours de programmation.
21:57Ce n'est pas celui qui connaît le plus de commandes
22:00ou qui écrit plus rapidement du code qui gagne.
22:02On demande aux candidats, en fait, de résoudre des problèmes nouveaux,
22:06souvent très difficiles,
22:08pour lesquels ils n'ont pas de recettes toutes faites.
22:11Ils doivent...
22:12D'accord.
22:14Continue, je vous en prie.
22:19On a un petit problème de son.
22:23Il me semble qu'on n'entend plus notre invité.
22:29Alors, on va revenir vers notre invité dans un instant.
22:38Voilà, c'est un petit problème technique.
22:40Ça arrive, mais notre invité ne va pas tarder à revenir.
22:44Anas Abou El-Kalem,
22:47expert international en cybersécurité et intelligence artificielle,
22:50directeur du laboratoire de recherche sur les technologies intelligentes et durables.
22:55Est-ce que vous êtes avec nous ?
22:57Oui, je suis avec vous.
22:58Super.
22:59Là, on vous entend très bien.
23:00Je vous en prie, reprenez.
23:03Donc, en fait, je disais que l'idée,
23:05c'est qu'on va d'abord comprendre le problème,
23:08identifier sa structure,
23:10faire un raisonnement mathématique,
23:11trouver les équations nécessaires,
23:12concevoir des algorithmes efficaces
23:14et puis implémenter de manière correcte
23:16en respectant l'ensemble des contraintes,
23:18que ce soit le temps, la mémoire, etc.
23:20Et donc, effectivement,
23:22les Olympiades évoluent essentiellement
23:24la pensée algorithmique,
23:26la logique, l'abstraction,
23:28la créativité, le raisonnement mathématique,
23:31la conception d'algorithmes,
23:32l'analyse de complexité,
23:34la programmation,
23:35mais également la capacité, bien évidemment,
23:37de gérer le temps et de gérer la pression.
23:40Et ce sont précisément des compétences
23:42qui dépassent largement le cadre
23:45de l'informatique ou de la programmation.
23:47Ce sont des compétences fondamentales
23:50pour l'intelligence artificielle,
23:51pour la cybersécurité,
23:52pour la science de données,
23:54pour l'ingénierie logicielle.
23:55Ce sont tout simplement une compétition
23:58sur les compétences utilisables
24:00dans tous les domaines,
24:01à savoir la résolution de problèmes.
24:03Très bien.
24:04Donc, on comprend du coup
24:06que les candidats ont besoin du coup
24:07de rassembler talent, logique,
24:10créativité, comme vous le disiez,
24:12rapidité de raisonnement.
24:15Toutes ces qualités,
24:16j'imagine que Zakaria Abissourour les a,
24:20mais qu'est-ce que représente concrètement
24:22sa performance pour les Olympiades marocaines
24:25d'informatique, pour le Maroc,
24:26pour l'Afrique, mais aussi pour vous,
24:28parce que je crois savoir
24:29que vous avez encadré la délégation marocaine.
24:32Qu'avez-vous ressenti en voyant ce résultat ?
24:35Oui, effectivement,
24:36je ne peux être que particulièrement fier
24:39de ces résultats,
24:40mais comme vous avez dit,
24:41on est à la 38e édition
24:44avec 87 équipes,
24:4896 pays,
24:49que le Maroc est pour sa 7e participation
24:52présentielle.
24:53Donc, parmi les derniers,
24:54arrivés et rivalisent aujourd'hui
24:56les grands du monde.
24:57Mais avant d'arriver aux Olympiades,
24:58nous avons eu la première place
25:00aux Olympiades d'Afrique du Nord.
25:02Nous avons eu la première place
25:03aux Olympiades panafricaines,
25:05où nous avons participé avec 5 candidats,
25:07et nous avons eu 3 médailles d'or
25:08et 2 médailles d'argent.
25:10Nous avons participé
25:11aux Olympiades européennes
25:15des filles,
25:16et nous avons eu
25:18une médaille d'argent.
25:20Mais au-delà des médailles,
25:21ce qui est important,
25:22c'est le signal envoyé.
25:23Nous avons aujourd'hui,
25:24au Maroc,
25:25une nouvelle génération de jeunes
25:26capables d'aborder
25:28des problèmes algorithmiques
25:29extrêmement complexes,
25:31capables de raisonner sous pression
25:32et de produire des solutions
25:35au niveau international.
25:37Oui, allez-y, je vous en prie.
25:39Qu'est-ce que ça représente
25:40pour le Maroc,
25:40pour l'Afrique et pour vous ?
25:43Ces résultats spectaculaires.
25:45Oui, voilà.
25:46Pour moi, cette performance
25:47est donc à la fois
25:48une réussite individuelle
25:50et la preuve qu'un potentiel
25:52existe au Maroc
25:53et qu'il faut maintenant
25:55structurer et amplifier.
25:56Nous avons des jeunes talents
25:57capables d'arriver
25:59au plus haut niveau mondial
26:00et de rivaliser le monde entier.
26:02Et comment est-ce que vous expliquez
26:03alors cette progression
26:04aussi spectaculaire
26:05en seulement une année ?
26:07Et est-ce que,
26:08dans le cas de Zakaria Abissourour,
26:09l'expérience de sa première participation
26:12a été déterminante ?
26:15Oui, effectivement.
26:16En fait, ce qui est important
26:17de signaler,
26:18c'est effectivement la progression.
26:20Il a participé l'année dernière.
26:22Il est encore éligible
26:23pour participer l'année prochaine.
26:25Aujourd'hui, il était à 23 points
26:27d'une médaille d'or.
26:30Alors, ce que je voudrais insister
26:33sur un point important,
26:34c'est que la médaille
26:35n'est pas arrivée par hasard.
26:37Il est le résultat
26:38d'un travail continu
26:39de compétition successive,
26:42d'un entraînement intensif
26:43et d'un compagnement adapté.
26:45Nous démarrons chaque année
26:47avec plus de 1 000 élèves.
26:48Nous les formons en ligne,
26:51nous fons des camps
26:52d'entraînement présentiels
26:54et puis arriver finalement
26:56aux compétitions internationales.
26:58Donc, ce type de progression,
27:00il montre qu'un jeune talent,
27:01lorsqu'il bénéficie
27:02du bon environnement
27:04et du bon encadrement,
27:05peut franchir très rapidement
27:07des paliers
27:07et atteindre le très haut niveau mondial.
27:10Alors, justement,
27:12comme vous le disiez,
27:12il y a tout un dispositif
27:14qui accompagne ces jeunes
27:16dans la détection
27:17et la formation.
27:18Comment est-ce que ça fonctionne
27:20concrètement ?
27:20Est-ce que vous pouvez nous expliquer
27:23comment ça marche ?
27:23Oui, effectivement,
27:24nous avons progressivement
27:26construit une véritable chaîne
27:28de détection et de formation.
27:30L'idée de base
27:30est de détecter les jeunes
27:32le plus tôt possible.
27:33Plus tôt on commence,
27:34mieux c'est de tester
27:35leurs capacités
27:36et puis de leur progresser
27:38ou leur proposer
27:39une progression adaptée
27:41à leur niveau.
27:41Nous avons trois parcours.
27:42Un parcours normal
27:44pour les initiés
27:45à la programmation,
27:46un parcours junior
27:47pour les plus jeunes
27:48à partir de 6 ans
27:49où on commence par des jeux,
27:50développant principalement
27:52l'esprit critique.
27:53Pardon, je vous coupe,
27:53mais j'allais vous demander
27:54si le Maroc identifie
27:56suffisamment tôt ses talents.
27:57Mais si vous me dites 6 ans,
27:58j'imagine que c'est assez tôt.
28:00On pourrait commencer
28:01encore plus tôt ?
28:02Oui, on peut commencer plus tôt.
28:04Pour le parcours junior
28:06que nous avons,
28:07on commence avec des jeux,
28:08avec des programmes
28:10et des jeux
28:10qui développent
28:11principalement l'esprit critique
28:13et les bases
28:13de résolution de problèmes
28:14sans forcément parler
28:16de programmation informatique.
28:18Et nous avons pour l'approche genre
28:20avec un parcours
28:21pour les filles
28:21pour encourager davantage
28:24les jeunes talents marocaines
28:26pour participer également.
28:28Donc l'idée ici,
28:28c'est que nous avons également
28:30une plateforme nationale,
28:32un encadrement
28:33par des talents marocains.
28:34Pour la plupart d'entre eux
28:35étaient des anciens
28:36participants aux Olympiades
28:38et des camps d'entraînement
28:39présentiels,
28:40typiquement deux ou trois parents
28:41selon les moyens
28:43dont nous avons
28:44pour pouvoir accompagner
28:45ces jeunes
28:46tout au long de l'année
28:47ou leurs programmes
28:48proposant des formations
28:49adaptées,
28:50un coaching
28:51des fois individualisé
28:52pour les plus proches.
28:54Il faut savoir
28:55que former
28:56un champion olympique
28:58ne se fait pas
28:58en une année,
28:59ça se fait sur des années.
29:01Ceci étant,
29:02notre vision
29:03est beaucoup plus large.
29:04Notre objectif
29:05ne doit pas simplement
29:08s'arrêter
29:08à sélectionner
29:09quatre jeunes
29:10pour représenter le Maroc.
29:11C'est de construire
29:13un vivier national
29:15de talents
29:15suffisamment large
29:16pour que chaque année,
29:18nous puissions faire émerger
29:19de nouveaux acariats,
29:21de nouveaux moines
29:21et venons de toutes
29:23les régions du Maroc.
29:24Justement,
29:25là,
29:25on a parlé des plus,
29:26alors on va équilibrer
29:28un petit peu le débat
29:29et on va parler
29:29un petit peu des moins.
29:31Quand vous regardez
29:32les pays
29:32qui dominent
29:36traditionnellement
29:36ces Olympiades,
29:38compte-t-il
29:38que le Maroc
29:39n'a pas encore ?
29:41Est-ce que c'est
29:42une question de moyens,
29:42de méthodes,
29:43de formation,
29:44de culture scientifique
29:45ou simplement de temps ?
29:47En fait,
29:48il y a beaucoup de facteurs.
29:49La première chose,
29:51c'est que la manière
29:52avec laquelle on enseigne
29:53aujourd'hui l'informatique.
29:55L'informatique,
29:55déjà,
29:56n'est pas uniquement
29:56une compétence technique
29:58ou un outil professionnel.
29:59L'algorithmique
30:00est une école
30:02du raisonnement,
30:02j'allais dire.
30:03Et ça change tout,
30:04y compris notre système
30:05éducatif scolaire actuel
30:07qui, d'abord,
30:08n'intègre pas
30:09assez l'informatique
30:10aujourd'hui.
30:11Et même quand il intègre,
30:12il enseigne
30:13de manière plutôt monotone
30:15comme outil
30:15et surtout,
30:16nous avons un système scolaire
30:17qui n'encourage pas forcément
30:19l'émergence de talents
30:20et qui n'est pas assez flexible
30:21pour leur permettre
30:22un réel épanouissement.
30:25Certains pays
30:25ont en effet
30:26des parcours particuliers
30:27pour les talents
30:28et ont bien sûr
30:29les niveaux pour les Olympiades.
30:31Et c'est inimaginable
30:32aujourd'hui au Maroc.
30:33Donc, pour nous,
30:34l'informatique,
30:34pour l'enfant,
30:35c'est d'abord
30:36lui apprendre
30:37à prendre un problème complexe,
30:39à le décomposer,
30:40à identifier
30:40ce qui est essentiel
30:41et à construire
30:42une solution logique
30:43et efficace.
30:45Donc, il faut revoir
30:46le système éducatif,
30:48il faut se doter
30:49de plus de moyens.
30:51Pour vous,
30:51l'apprentissage
30:52de la programmation
30:53devrait commencer
30:54beaucoup plus tôt ?
30:56C'est ce que vous dites.
30:56Devrait commencer
30:57beaucoup plus tôt
30:58et surtout,
30:59doit être centré
31:00sur la résolution
31:01des problèmes
31:03plutôt que sur
31:04l'apprentissage
31:05de l'informatique
31:06comme une matière littéraire.
31:08Très bien.
31:09J'avais encore
31:10beaucoup de questions
31:10mais malheureusement,
31:11on arrive à la fin
31:12du temps de l'entretien.
31:14Mais merci,
31:15c'était très instructif
31:16et on était ravis
31:17d'en entendre plus
31:19sur ces Olympiades
31:20de l'informatique.
31:21Et voilà,
31:22merci beaucoup à vous.
31:24Merci à vous.
31:25Au revoir.
31:29Place maintenant
31:29à l'invité culture
31:31de Meryem Khamlichy
31:32qui reçoit
31:33Renata Tiek Alami.
31:43Mesdames et messieurs,
31:44bonsoir
31:45et bienvenue
31:45dans l'invité culture.
31:47Focus ce soir
31:48sur l'exposition
31:49Cap des Lumières.
31:50Une exposition photographique
31:51qui invite le public
31:53à poser un regard neuf
31:54sur un patrimoine
31:56aussi majestueux
31:57que méconnu
31:57les phares du Maroc.
31:59à travers une série
32:01de photographies
32:02en noir et blanc
32:03d'une remarquable
32:04force esthétique,
32:06l'artiste Renata Tiek Alami
32:08réussit à saisir
32:10l'âme
32:11de ces témoins silencieux.
32:13Ses œuvres révèlent
32:15avec sensibilité
32:16la relation intime
32:17et historique
32:18qui unit
32:18les sociétés humaines,
32:19l'immensité de la mer
32:21et la clarté
32:22de la lumière.
32:22Une exposition
32:23qui ouvre
32:24une réflexion
32:26sur la valorisation
32:27culturelle,
32:28éducative
32:28et touristique
32:29des sentinelles
32:31du Royaume.
32:32Ces monuments
32:32deviennent ainsi
32:33le point de départ
32:35d'un nouveau récit
32:36capable de raconter
32:37d'une voix inédite
32:38l'histoire
32:39des échanges maritimes
32:40et le développement
32:41économique
32:42du Royaume du Maroc.
32:44Renata Tiek Alami,
32:45bonsoir à vous.
32:46Vous êtes artiste,
32:47photographe,
32:48auteur également.
32:49C'est un plaisir
32:49de vous recevoir.
32:50Merci,
32:51bonsoir à vous,
32:51Mariam, merci.
32:53Alors,
32:53on va parler
32:54de cette belle exposition
32:55Cap des Lumières,
32:57d'abord.
32:57Qu'est-ce qui vous a poussé,
32:59on va dire ?
33:00Qu'est-ce qui vous a inspiré
33:01pour consacrer
33:02près d'une dizaine
33:03d'années
33:04de votre vie
33:05à photographier
33:07justement ces phares ?
33:08Alors,
33:09disons que ce n'était
33:10pas du tout calculé.
33:12C'est parti
33:14d'une attraction.
33:18On était le 22 décembre 2016,
33:20exactement,
33:21ma fille aînée
33:22fêtait ses quatre ans
33:24et j'ai eu envie
33:25de lui offrir un moment,
33:27un moment gravé
33:28dans le temps.
33:29J'avais envie
33:30de lui transmettre
33:31une valeur,
33:31de lui transmettre
33:32le fait que
33:34les expériences
33:35partagées avec
33:36les êtres qu'on aime
33:37ont plus de valeur
33:38que les objets,
33:38que les cadeaux
33:39qui s'oublient.
33:41Alors que ce n'était
33:42pas du tout
33:42au programme
33:43de la journée,
33:44c'est quelque chose
33:45qui m'est venu comme ça,
33:46une idée
33:47assez spontanée.
33:48on s'est dirigé,
33:49elle et moi,
33:50avec sa petite soeur
33:50aussi,
33:51Lina,
33:52vers le phare de l'Inc,
33:53où je me rendais
33:55pour la première fois.
33:57Et en gravissant
33:59les quasi 200 marches
34:00de ce phare,
34:01j'ai ressenti
34:02une émotion
34:02quasi spirituelle,
34:05j'ai envie de dire.
34:06et je me suis sentie
34:07très privilégiée,
34:09très bien accueillie
34:10par le maître phare
34:11ce jour-là,
34:11qui était ravie
34:13de pouvoir offrir
34:13ce moment à ma fille
34:15lui aussi,
34:16il y a participé.
34:17Et en haut du phare,
34:21j'ai vécu
34:22une expérience incroyable
34:23parce que j'ai vu
34:24le bord de mer
34:25de Casablanca
34:26d'en haut
34:26pour la première fois.
34:29Et j'ai réalisé
34:30que moi aussi,
34:32quelque part,
34:32j'étais le phare
34:33de mes enfants
34:33avec bien évidemment
34:35leur papa,
34:35mais qu'on avait
34:37un rôle à jouer
34:38important
34:38dans notre regard,
34:40dans notre regard
34:41sur l'infini,
34:42sur l'invisible.
34:44Et donc,
34:44inconsciemment,
34:45ce jour-là,
34:47je réalise
34:48que je reproduis
34:50ce que ma mère
34:51me faisait vivre enfant,
34:53mais c'était un souvenir
34:54que j'avais oublié.
34:56Et donc,
34:58en rencontrant
34:58le phare de Lang
34:59de Casablanca
35:00de cette manière,
35:01je me fascine
35:01pour ce sujet,
35:02je me documente
35:03et je décide
35:04d'aller à la rencontre
35:06des phares du Maroc
35:07sur mon chemin.
35:08Donc,
35:08je ne les ai pas
35:09tous photographiés,
35:10j'en ai rencontré
35:11une vingtaine
35:12et c'est une manière
35:13de leur rendre hommage
35:14parce que c'est une manière
35:15de mettre le doigt
35:16sur quelque chose
35:18qui est visible,
35:20qui est majestueux,
35:22mais qu'on ne regarde
35:24pratiquement jamais
35:25et c'est une sorte
35:26de métaphore
35:27de notre rapport
35:27à l'histoire,
35:28de notre rapport
35:29à notre passé.
35:31Voilà,
35:31tout simplement.
35:31Vous l'avez dit,
35:33c'est un regard
35:33sur l'invisible
35:34que vous avez porté,
35:35que vous avez décidé
35:36de porter ce jour-là
35:37sur les phares du royaume.
35:39Quel était le premier phare
35:40que vous avez photographié ?
35:41Le premier phare
35:42que j'ai photographié,
35:43c'est le phare de l'Inque.
35:45C'est ma fille
35:46dans le phare de l'Inque
35:47et c'est cet horizon
35:48de Casablanca,
35:49cette vision surréelle
35:52parce qu'en fait,
35:53on découvre
35:54que Casablanca
35:55est installée
35:56sur des strates
35:57de rochers,
35:58etc.
35:59Et en étant tout là-haut,
36:01j'ai ressenti
36:01un besoin infini.
36:03Voilà,
36:03ça c'est une des photos
36:04de 2016,
36:05donc cette structure
36:06n'en existe plus.
36:07J'ai ressenti
36:08le besoin
36:08de sceller ces moments.
36:10D'immortaliser.
36:11D'immortaliser ces moments
36:12de cet instant
36:13et d'aller à la recherche
36:15d'autres phares
36:16du Maroc
36:18parce qu'ils rayonnent
36:20et parlent
36:21d'un passé glorieux
36:25où les forces étrangères
36:27contribuent aussi
36:28à la construction
36:29de ces monuments
36:30et j'ai eu envie
36:32comme ça
36:32de les mettre,
36:34de jeter de la lumière
36:35sur eux
36:36pour tenir aussi
36:39un sujet,
36:40un sujet
36:40un sujet inédit
36:42et j'ai tout de suite
36:43eu envie
36:44de faire une exposition
36:46et de faire un livre.
36:48Voilà.
36:49On va parler d'abord
36:50de l'exposition.
36:51Oui, oui, très bien.
36:51Il y a donc
36:52le choix des images
36:53en noir et blanc.
36:54Pourquoi ce choix
36:55particulièrement ?
36:56Est-ce que c'est pour
36:57cette rétrospective historique
36:59dont vous parlez ?
37:00Alors, il y a deux raisons
37:01pour lesquelles
37:02je choisis
37:02le noir et blanc.
37:03Il y a une intention
37:04artistique à la base.
37:07Grâce au noir et blanc,
37:10on dépouille un peu
37:11la matière
37:11et on arrive
37:13à l'essentiel
37:14alors que la couleur,
37:16elle distrait.
37:19On peut,
37:19avec la couleur,
37:20raconter le temps
37:20qu'il fait,
37:22l'heure de la journée.
37:24Alors que le noir et blanc,
37:25lui,
37:26va mettre en exergue
37:27le graphisme,
37:29la texture
37:32de la pierre
37:33et me donner l'impression
37:36que je les ai aussi
37:38suspendus dans le temps.
37:40Et puis,
37:41je choisis
37:42le noir et blanc aussi
37:42parce que
37:43lorsque je photographie
37:45des sujets
37:45comme ça inédits
37:46que je veux porter
37:47ensuite en exposition,
37:49j'aime exposer
37:50du noir et blanc
37:51dans des belles galeries
37:53généralement
37:54où il y a de la pierre.
37:54Je choisis
37:56la galerie Babrouach
37:57n'est pas un choix
37:58au hasard.
37:59Je choisis
38:00la galerie Babrouach
38:02parce qu'elle fait partie
38:04du patrimoine
38:05historique,
38:05culturel
38:06de la capitale
38:07Rabat
38:08et le fait
38:09de faire rentrer
38:10mes phares
38:10en noir et blanc
38:11qui appartiennent
38:12à un passé
38:13dans cette galerie
38:15réinterprétée
38:16et retransformée,
38:17c'est un choix
38:18particulier
38:19que je fais.
38:20En tout cas,
38:20rappelons que
38:21l'exposition
38:21a démarré le 20 juin
38:23et devrait se poursuivre
38:24jusqu'au 11 juillet.
38:25Vous l'avez dit
38:26à Babrouach,
38:29la galerie nationale.
38:31Vous l'avez dit
38:32en parlant de la pierre
38:33tout à l'heure,
38:34le phare incarne
38:34à la fois cet ancrage
38:35quand on parle de la pierre
38:37mais aussi le mouvement,
38:38celui de la lumière.
38:39Comment,
38:40au moment où vous prenez
38:41vos clichés,
38:42vos photos,
38:44comment dans l'objectif
38:45vous arrivez
38:45à intégrer
38:46cette dualité
38:47en image ?
38:48Alors,
38:49en effet,
38:50comme vous dites si bien,
38:51le phare incarne
38:52donc la stabilité,
38:54la vigilance,
38:55la permanence
38:55et quand on se retrouve
38:57devant un phare,
38:58on se retrouve devant
38:59un colosse de pierre.
39:02Je choisis
39:03de le photographier
39:04à différents moments
39:05de la journée
39:05pour saisir
39:06différentes lumières.
39:08Je choisis
39:08de le photographier
39:09et de l'intérieur
39:10pour photographier
39:11son mécanisme,
39:13sa lentille,
39:14de choisir
39:15de photographier
39:16ce que l'on voit
39:17dedans
39:17et ce qu'il projette
39:18dehors
39:19et aussi
39:20quand c'est possible
39:23de photographier
39:24dans son contexte
39:25pour montrer l'horizon.
39:27Donc,
39:29je vais
39:30très souvent
39:32aller chercher
39:34des détails
39:35au macro
39:36pour raconter
39:38ses objets.
39:40Donc,
39:40ça peut être
39:40des lentilles,
39:41ça peut être
39:42sa structure
39:43métallure,
39:44chirurgique,
39:44ses escaliers.
39:47Je décide
39:47de
39:51comment dire,
39:52partager
39:52le reportage
39:53sur le phare
39:54en plusieurs
39:56moments,
39:56le phare,
39:57pour le faire vivre
39:59en fait.
40:00Voilà,
40:00tout simplement.
40:00Beau jeu de mots
40:01d'ailleurs,
40:02avec le mot phare
40:03qui se répète,
40:04en tout cas
40:04au-delà de la pierre.
40:06Qu'en est-il
40:07aujourd'hui
40:07du patrimoine
40:08lié justement
40:09au phare
40:09et de ce que ça
40:10symbolise pour vous
40:11exactement ?
40:12Alors,
40:12en effet,
40:13comme vous dites,
40:13si justement,
40:14à chaque fois
40:14que je rencontre
40:15un phare,
40:16je rencontre
40:16aussi,
40:18quand c'est le cas,
40:19quand il y a encore
40:20quelqu'un qui s'en occupe,
40:21un maître phare.
40:22Donc,
40:23les histoires
40:24de ce maître phare
40:25ou de ce gardien de phare
40:27me fascinent
40:28et vont
40:30toujours influencer
40:31mon interprétation
40:32photographique.
40:33Je n'ai jamais
40:34photographié un phare
40:35sans discuter
40:36avec la personne
40:37qui s'en occupait
40:38et je vais toujours
40:40essayer de comprendre
40:41quelles sont
40:41les histoires
40:44et les mythes
40:46qu'il existe
40:46autour.
40:47J'essaie de comprendre
40:48aussi comment
40:49ce phare
40:50est appelé
40:51dans la région
40:52parce que rarement
40:53on lui donne le nom,
40:54on va dire,
40:55historique.
40:55Et c'est à ce moment-là
40:57que je me suis rendue compte
40:58que mes photographies
40:59en noir et blanc
41:00ne suffisaient pas
41:01pour aller au-delà.
41:03Et c'est à ce moment-là
41:04que j'ai eu envie
41:05de faire un livre
41:06et que j'ai proposé
41:07à mon ami
41:08Dries Jaïdan
41:09de poser ces mots
41:10sur mes noir et blancs.
41:11Et vous racontez
41:12donc l'histoire
41:14de ces personnes
41:14que vous rencontrez
41:15finalement dans votre livre
41:16pour compléter
41:17un petit peu l'image.
41:19l'histoire de ces personnes
41:20mais on s'en inspire
41:21et le texte
41:22de Dries Jaïdan
41:23est un texte
41:24assez poétique
41:25et très philosophique
41:26qui va au-delà aussi
41:27du symbole,
41:28le phare.
41:29On va toucher
41:30des concepts
41:32comme la vision,
41:34le leadership,
41:35la permanence,
41:38ce que signifie aussi
41:39rester immobile
41:42face à l'inconnu
41:43et face aux vicissitudes
41:44de la vie.
41:45C'est un livre
41:45qui est plus philosophique
41:47et poétique
41:48et artistique
41:49qu'autre chose.
41:51Un livre pour garder
41:53finalement une tracette
41:54vous le disiez tout à l'heure
41:55quand vous parlez
41:56de la photographie
41:56c'était important
41:57pour vous
41:58d'immortaliser
41:58cet instant
41:59d'abord partagé
42:00en famille
42:01qui a tout déclenché
42:02d'ailleurs
42:02et puis maintenant
42:04avec ce livre
42:04c'est un moyen
42:06de vraiment garder
42:07les choses
42:08de les graver
42:09à jamais
42:10dans un livre
42:11qui peut être
42:11transmis
42:12par la suite.
42:13Exactement
42:14le livre pour moi
42:15l'ouvrage éditorial
42:17et le contexte
42:18culturel
42:19dans lequel je trouve
42:20que ces photos-là
42:21en l'occurrence
42:22ont le plus leur place
42:23et au-delà
42:25de l'exposition
42:26que j'espère
42:26pourra devenir
42:29itinérante
42:29dans le royaume
42:31du Maroc
42:31le livre lui
42:33va permettre
42:35de transmettre
42:36des valeurs
42:37importantes
42:37quant à notre
42:38rapport au passé
42:40à l'histoire
42:41et quant à notre
42:42responsabilité
42:43aussi
42:45pour les générations
42:47futures.
42:48On vit dans un monde
42:49où les repères
42:49changent tellement rapidement
42:52qu'en fait
42:53ma volonté
42:54d'immortaliser
42:56ces édifices
42:57vient aussi
42:58du fait
42:59que tout change
43:00tellement vite
43:02je trouve
43:03que ce serait
43:03dommage
43:04de ne pas
43:04les mettre
43:05à l'honneur
43:06parce qu'ils ont
43:07un potentiel
43:09incroyable.
43:10Des édifices
43:11qu'il faut mettre
43:11à l'honneur
43:12vous l'avez dit
43:12il y a ce rapport
43:13à l'histoire
43:15et puis
43:16aussi cette possibilité
43:17de mettre en valeur
43:18des éléments
43:20des objets
43:20des édifices
43:21qui peuvent
43:22sembler
43:23je ne devrais pas
43:24dire le mot
43:25anodin
43:26mais on le disait
43:27tout à l'heure
43:27c'est invisible
43:28pour le regard
43:29de l'autre
43:29alors que c'est
43:30chargé d'histoire
43:33et à l'instar
43:34de ces objets
43:35il peut y avoir
43:36tellement d'autres choses
43:37qui nous entourent
43:37aujourd'hui
43:38auxquelles
43:39on n'accorde pas
43:40suffisamment d'attention
43:41et qui ont toute
43:41une histoire
43:42à raconter.
43:43Oui c'est vrai
43:44et d'ailleurs
43:45de ce paradoxe
43:46visuel là
43:47est née
43:49ma démarche
43:50c'est à dire
43:50que j'ai commencé
43:51d'abord
43:52à photographier
43:54Casablanca
43:54qui est ma muche
43:55du Casablanca
43:56depuis trois générations
43:57et le port
43:58de Casablanca
43:59qui est un
44:01monstre
44:01de vie
44:02je veux dire
44:02c'est un endroit
44:03incroyable
44:03mais qu'on ne voit pas
44:06il est dans notre
44:07conscience collective
44:08on en est
44:09on le sait
44:10il est connu
44:10mais il est invisible
44:11à nos yeux
44:12je l'ai beaucoup
44:13photographié de nuit
44:15et ensuite
44:16j'ai eu envie
44:17de lumière
44:17j'ai envie
44:18de m'élever
44:18j'ai eu envie
44:20de passer
44:20du rythme
44:21du béton
44:22de ces hommes
44:24et des femmes
44:24qui ne cessent
44:25de travailler
44:25c'est une ville
44:26dans la ville
44:27qui vit 24h sur 24
44:28à cette lumière
44:31on va dire
44:32voilà
44:35légère
44:35et impalpable
44:36des phares
44:37qui sont eux
44:39visibles
44:39mais méconnus
44:41et c'est pour cette raison
44:43aussi que
44:44dans l'exposition
44:46qui est installée
44:48à Bablois
44:48je propose
44:50un parcours
44:51d'abord
44:51sur les phares
44:52qui s'intitulent
44:54Paradoxe
44:54et je termine
44:55avec une petite série
44:56qui s'intitule
44:57Prisme
44:57sur le port
44:58de Casablanca
44:59pour donner
45:00ce contraste
45:01entre
45:03une réalité
45:04qui est connue
45:05de tous
45:05mais qu'on ne voit
45:07jamais
45:07le port de Casablanca
45:08on ne sait pas
45:08ce qui s'y passe
45:09et ce phare
45:11majestueux
45:12de Casablanca
45:13entre autres
45:14et ces phares majestueux
45:15qui sont là
45:15mais qui ne sont pas regardés
45:17et puis il y a ce regard
45:19celui de l'artiste
45:20cette empreinte
45:21que vous laissez
45:22cette prise de conscience
45:23tout à l'heure
45:23on parlait de responsabilité
45:24finalement
45:25c'est une espèce
45:26de responsabilité
45:27que vous avez décidé
45:27de porter
45:29est-ce que vous pensez
45:30que cette exposition
45:31à Babrois
45:32justement
45:33à la galerie
45:34Babrois
45:35puisse être
45:35aujourd'hui
45:36le déclencheur
45:37d'une véritable
45:37ou d'un véritable
45:39plan national
45:40justement
45:41pour mettre en avant
45:42et sauvegarder
45:43ces édifices
45:44c'est mon vœu
45:46le plus cher
45:48si humblement
45:49mon exposition
45:51est un catalyseur
45:53qui permette
45:54de ranimer
45:55un peu
45:56la fierté nationale
45:57autour de ce patrimoine
45:58historique
45:59et maritime
46:00et aller plus loin
46:03ce serait
46:05merveilleux
46:06mais je pense
46:06qu'on travaille
46:07en synergie
46:08le ministère de la culture
46:09m'accueille
46:10dans une galerie nationale
46:11ce qui signifie déjà
46:12qu'il est sensible
46:13à ce patrimoine
46:14moi
46:15faire rentrer
46:17mes photos
46:17physiquement
46:18sous cette voûte
46:21culturelle
46:21c'est un symbole
46:22qui est très fort
46:23je veux
46:25comment dire
46:26presque
46:26sacraliser ce moment
46:28c'est comme une cérémonie
46:29pour moi
46:31je voudrais
46:32vraiment
46:32qu'un jour
46:33on puisse
46:34par exemple
46:35voir le phare
46:36de Casablanca
46:37transformé
46:37en un mini musée
46:39avec une petite galerie
46:40un petit café
46:41pourquoi pas
46:42de toutes les manières
46:43les Casablancais
46:44par exemple
46:44ils vont
46:47automatiquement
46:47ça fait partie
46:48du circuit
46:49de la balade
46:50Rabat
46:51c'est pareil
46:53El Jadida
46:54le phare
46:55protège la ville
46:56bon
46:56il n'est pas
46:57très connu
46:58mais il y a
46:59un potentiel énorme
47:00en tout cas
47:01c'est sur ces derniers mots
47:02que se termine
47:03cet entretien
47:04avec vous
47:04Renata
47:05Tchèque
47:05à Alami
47:06c'était un plaisir
47:07de vous avoir
47:07comme invitée
47:08ce soir
47:08et on vous souhaite
47:09plein de courage
47:10pour tous vos futurs projets
47:12merci infiniment
47:13Rappelons que cette exposition
47:14dure jusqu'au 11 juillet
47:16c'est la fin d'Invité Culture
47:17pour ce soir
47:18je vous souhaite
47:18une très bonne soirée
47:23merci à toutes et à tous
47:24de nous avoir suivis
47:25c'était l'essentiel
47:26de l'actualité
47:26bonne suite de programmes
47:28sur Média TV
47:32Sous-titrage Société Radio-Canada
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