00:00Il est 7h43, Sébastien Lecornu est en Gironde ce matin, entouré de 6 ministres pour lancer sa mission reconstruction après
00:07les méga-feux de l'été.
00:0942 000 hectares partis en fumée, 240 bâtiments et logements détruits, 4 pompiers morts, près de 130 intoxiqués.
00:16Le Premier ministre s'est déjà rendu hier au Porges où 183 habitations avaient été détruites.
00:22Bonjour Philippe de Gonneville.
00:24Bonjour.
00:24Vous êtes maire horizon de Lèges-Cap-Ferret. Bonjour Bruno Lafon.
00:27Bonjour.
00:28Vous êtes maire sans étiquette de Biganos et, je le précise, président de l'association de défense des forêts contre
00:34l'incendie.
00:35Vous rencontrez tous les deux le Premier ministre à Mérignac, à 10h, tout à l'heure.
00:39Qu'est-ce que vous allez lui dire en premier, Philippe de Gonneville ?
00:42Écoutez, moi j'ai trois points extrêmement importants.
00:44Le premier, c'est la prise en charge de celles et ceux qui ont tout perdu et notamment leur habitation.
00:50Le deuxième point, ce sont nos entreprises de Lèges-Cap-Ferret mais de l'ensemble du bassin d'Arcachon qu
00:56'il va falloir aider
00:56parce qu'ils vont connaître des difficultés, notamment en termes de trésorerie.
01:02Et le troisième point, c'est bien évidemment la forêt de demain.
01:05Comment accompagner l'évolution climatique, ce changement climatique qui provoque des canicules
01:11et qui a créé ce giga incendie de cet été ?
01:15Et là, c'est mon collègue Bruno Laffont qui sera plus pertinent que moi.
01:19Oui, mais ce sera complémentaire ce matin et grâce à vous, on est en Gironde ce matin alors qu'on
01:23attend des annonces du Premier ministre.
01:26On va revenir sur ces points-là, Philippe de Gonneville.
01:28Mais Bruno Laffont, vous, vous souhaitez faire des feux de forêt, une grande cause nationale, forte.
01:33Ça veut dire quoi ? Ça implique quoi Bruno Laffont ?
01:36Ça implique d'abord que tous les concitoyens prennent conscience en France qu'on ne vit plus à côté d
01:40'un massif forestier comme on vivait auparavant.
01:42Et donc ça doit aller jusque dans les écoles.
01:45Et donc il va y avoir une communication très forte.
01:48Il faut aussi que la météo des forêts s'améliore.
01:51Bref, tout ce qui doit toucher au public, la communication avant l'été mais également pendant la saison,
01:55il faut que la problématique du feu de forêt devienne vraiment une cause nationale
02:00parce que c'est tous les massifs forestiers en France qui vont subir les mêmes atrocités que nous avons vécues
02:05nous cet été.
02:06On le voit bien. Il y a d'autres régions de France qui veulent...
02:08Il y a cette conscience, quand je vous entends tous les deux,
02:10il y a cette conscience que ce qui s'est passé est dramatique mais que ça va se reproduire.
02:15Le changement climatique est inévitable.
02:17Ce qu'on nous avait promis pour 2040 est en train de se produire aujourd'hui.
02:212022 n'était qu'un avertissement.
02:23Nous forestiers, c'est ce que nous disons.
02:24Et donc on le redira au Premier ministre et on lui donnera quelques pistes.
02:28Philippe de Gonneville, sur votre commune, le bilan est très lourd.
02:31Quelle est la priorité aujourd'hui pour aider les victimes, les sinistrés ?
02:34C'était le premier point de votre prise de parole.
02:38Qu'est-ce qu'on doit faire immédiatement ?
02:41Alors écoutez, ce qu'on doit faire immédiatement, c'est les aider sur le plan médico-psychologique,
02:46et ça s'est fait, mais également sur le plan de la reconstruction.
02:49Il faut que dans le plan logement du gouvernement, il y ait un paragraphe pour aider celles et ceux qui
02:56ont tout perdu.
02:56Et je pense notamment aux habitants du port, et ceux de l'Aix-Cap-Ferré bien évidemment,
03:02mais aux autres aussi, de pouvoir reconstruire dans les meilleures conditions possibles, et le plus vite possible.
03:09Donc il y a un volet assurantiel.
03:10Il faudra que les assurances jouent le jeu.
03:12Je pense que France Assurance devra, avec le gouvernement, faire des propositions plus fortes que ce qu'elle ne fait
03:19actuellement.
03:20Et puis il y aura le volet réglementaire et juridique, de façon à ce que celles et ceux qui ont
03:25tout perdu puissent reconstruire le plus vite possible
03:28pour retrouver un toit rapidement.
03:31En filigrane, je comprends qu'il va falloir qu'on accepte de s'asseoir sur quelques normes, sur quelques procédures,
03:37pour qu'on puisse accélérer finalement la reconstruction.
03:40C'est exactement ça.
03:41Il y a aussi l'enjeu d'une enveloppe.
03:44Oui, mais il faudra surtout que les services de l'État nous aident,
03:47et soient des facilitateurs, ce n'est pas toujours le cas malheureusement,
03:51mais il faut qu'ils soient des facilitateurs pour les élus que nous sommes,
03:54de façon à permettre à celles et ceux qui ont tout perdu de reconstruire le plus vite possible
03:59et dans les meilleures conditions possibles.
04:01À l'Aige-Cap-Ferré, comme ailleurs sur le bassin d'Arcachon, le tourisme, c'est une très grande part
04:07de l'activité.
04:09La saison, qu'est-ce qu'on peut encore sauver de cette saison ?
04:12Écoutez, nous, le tourisme sur la presqu'île de l'Aige-Cap-Ferré,
04:16et même sur l'agglomération Nord-Bassin, c'est 80% de notre activité économique.
04:2580% en direct et bien évidemment en indirect.
04:29Et c'est vrai que cette parenthèse de 15 jours,
04:32cette parenthèse complète, les communes ont été évacuées.
04:35La commune de l'Aige-Cap-Ferré a été évacuée,
04:37c'est-à-dire que les entreprises n'ont plus travaillé pendant 15 jours.
04:40Et puis après, il y a eu le temps du retour.
04:43Aujourd'hui, nous ne sommes pas encore pleins, comme d'habitude au mois d'août.
04:47Et par conséquent, comme la trésorerie de nos entreprises se fait essentiellement pendant la saison estivale,
04:54il faudra les aider.
04:56Les aider par des prêts, par des enveloppes, par de la subvention ?
05:01Oui, des aider par des prêts, des aider par des exonérations.
05:06Je pense aux charges des entreprises, à l'URSSAF.
05:11On peut imaginer également la taxe foncière.
05:14Tout ça, c'est sur la table.
05:15Et en tout cas, c'est ce que nous mettrons sur la table.
05:17C'est ce que vous attendez aujourd'hui du Premier ministre.
05:20Alors, il y avait l'idée de repenser la forêt de demain aussi.
05:24Emmanuel Macron a appelé le 27 juillet à replanter une forêt différente.
05:27Bruno Laffont, est-ce qu'on peut replanter la même forêt que celle qui a été brûlée cet été ?
05:33Alors, on replantera la même forêt, mais de peut-être façon différente et surtout la protéger.
05:38Parce qu'il ne faut pas quand même accuser la forêt.
05:40Ça serait très injuste.
05:41On n'a pas un Français à faire au pain maritime.
05:44La forêt est victime, puisque lorsqu'il n'y a pas de départ de feu, la forêt vit sa vie
05:49tranquille.
05:49Et d'ailleurs, c'est un agrément supplémentaire au soleil et au sable,
05:54dont Philippe de Gonneville a parlé pour le tourisme.
05:57S'il n'y a pas la forêt, il n'y aurait pas tous ces campings, il n'y aurait
06:00pas toutes ces villas.
06:01Bien sûr. Après, cela dit, ce n'est pas que le tourisme.
06:03C'est 66 000 emplois, je voyais, de Sylvie Culture.
06:09C'est ça. C'est 10 milliards de chiffre d'affaires.
06:11C'est pratiquement autant que les 20 de Bordeaux.
06:13Et avec la crise qu'il y a, nous sommes passés de devant.
06:15Mais vous avez deviné ma question, Bruno Laffont, parce que vous y avez un peu répondu d'entrée.
06:19Est-ce qu'on replante du pain de la même manière, sachant qu'il brûle plus vite, plus fort ?
06:24Oui. Nous ne sommes pas contre les lisières et les bordures de feuillus.
06:29Ça, c'est la première des choses.
06:30L'entretien de nos pare-feux, parce qu'il nous faut des moyens pour pouvoir le faire.
06:34Sinon, il y a longtemps qu'on l'aurait fait.
06:35Peut-être pas planter jusqu'au ras des fossés et des chemins et des pare-feux.
06:40Mais tout ceci, il faut aussi replanter l'interface entre l'habitat et la forêt.
06:45Donc tout ça est en discussion.
06:48Nous ne pouvons pas non plus subir, et c'est ce que disait mon collègue aussi,
06:52il faut que l'État nous aide et surtout les services.
06:54Pour qu'il n'y ait pas des études d'impact, pour simplement faire un fossé ou un aménagement,
06:58ou une piste forestière, nous ne pouvons nous débrouiller, nous, sans faire cela.
07:02Parce que comme les agriculteurs, nous connaissons nos territoires, nous savons de quoi nous parlons.
07:06Et donc, il y a des fois, ça nous coûte de l'argent pour pas grand-chose.
07:09Et des fois, on ne le fait pas du tout, parce que comme ça coûte, on ne le fait pas.
07:12Et résultat, c'est tout cela qu'il faut améliorer.
07:14Parce qu'aujourd'hui, nous ne pouvons plus vivre aujourd'hui comme on le faisait auparavant.
07:19La forêt non plus.
07:20Et c'est pour ça que cet aménagement est différent.
07:22Mais on ne va pas raser le pain maritime pour mettre une autre essence.
07:25La forêt, c'est un temps long.
07:28Et donc, on peut l'améliorer, on peut faire des...
07:30Et c'est ce qui sera aussi sur la table, évidemment, aujourd'hui, avec le Premier ministre.
07:33Donc, en déplacement en Gironde, cette mission reconstruction.
07:37Merci à tous les deux de nous avoir accordé quelques mots avant de rencontrer Sébastien Lecornu,
07:41Philippe de Gonneville, maire d'horizon de Lège-Cap-Ferret.
07:43Bruno Laffont, maire de Biganos, mais aussi président du Centre Régional de la Propriété Forestière
07:48et de l'Association de Défense des Forêts contre l'incendie.
07:52Merci.
07:52Merci.
07:52Merci.
07:52Merci.
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