00:10Bienvenue dans cette nouvelle édition de Business Africa, je suis votre présentatrice, Afolake Oyinloye.
00:17Le nouveau conseil des actifs virtuels du Nigeria pourrait redéfinir l'économie numérique africaine et transformer les paiements transfrontaliers.
00:29Comment les 100 milliards de dollars envoyés chaque année par la diaspora africaine pourraient passer du simple soutien familial à
00:36des investissements à long terme ?
00:42A Bukabu, une start-up utilise les mouches soldats noirs pour renforcer la sécurité alimentaire et créer des emplois.
00:53Le Nigeria veut mettre de l'ordre dans le secteur en pleine croissance des crypto-monnaies en Afrique.
00:59Un nouveau cadre réglementaire pourrait renforcer la confiance des investisseurs, encourager l'innovation et rendre les paiements transfrontaliers plus efficaces
01:07sur le continent.
01:09L'Afrique subsaharienne reste la région la plus coûteuse au monde pour les transferts d'argent transfrontaliers, avec des frais
01:15moyens avoisinant les 8,5%.
01:18Quant aux virements bancaires intra-africains, ils entraînent régulièrement jusqu'à 15% de frais et prennent plusieurs jours à
01:25être traités.
01:27Poussés par la volatilité des devises et ses coûts de transaction traditionnels élevés, les entreprises et les particuliers de tout
01:33le continent ont traité plus de 205 milliards de dollars d'actifs numériques en une seule année.
01:41Au cœur de cet essor se trouve le Nigeria, l'un des trois premiers marchés mondiaux de la crypto-monnaie,
01:47qui a enregistré un volume d'actifs numériques de plus de 92 milliards de dollars au cours des 12 derniers
01:52mois seulement.
01:54Pourtant, pendant des années, cet immense marché a évolué dans une zone d'ordre réglementaire.
01:59Les start-up et les investisseurs internationaux se sont retrouvés pris dans un bras de fer juridique, devant jongler entre
02:05les interdictions financières de la Banque Centrale
02:07et les directives distinctes et contradictoires de la Commission des valeurs mobilières.
02:11C'est pourquoi le nouveau décret présidentiel nigérien revêt une importance capitale.
02:15En regroupant la Banque Centrale, la SEC et les autorités fiscales au sein d'un conseil des actifs virtuels unifiés,
02:21le Nigeria ne se contente pas de résoudre un casse-tête national, il crée un modèle institutionnel pour l'ensemble
02:27du continent.
02:27Ce conseil rationalise la surveillance réglementaire, met en place un bac à sable dédié à l'innovation
02:33et ouvre la voie à des règlements en stablecoin plus rapides et moins coûteux à travers les frontières africaines.
02:41Pour discuter de ce que cela signifie pour l'écosystème des actifs virtuels et pour l'avenir de la régulation
02:47des technologies financières en Afrique,
02:49nous recevons Pelumi Esho, PDG fondatrice de 91 Payments.
02:54Le nouveau décret du Nigeria peut-il renforcer la confiance des investisseurs et inspirer d'autres marchés africains ?
03:02Cette initiative, ou plutôt cette coordination réglementaire, représente davantage un tournant potentiel qu'un changement déjà acquis.
03:11Le fait de réunir la SEC, la CBN, la NFIU et le NRS montre que le Nigeria évolue d'un
03:17système de supervision fragmenté
03:19vers une approche réglementaire plus coordonnée et mieux structurée.
03:23Une réglementation harmonisée envoie un signal de stabilité aux investisseurs.
03:27Or, cette stabilité est un facteur clé car elle renforce la confiance et peut encourager les investissements.
03:35Quel impact le nouveau cadre réglementaire de la CBN et de la SEC aura-t-il sur la fintech, les
03:42start-up et les actifs numériques ?
03:45Je m'attends à un effet globalement positif pour les entreprises qui développent des solutions de paiement,
03:51de tokenisation, de conservation d'actifs numériques ou encore des infrastructures liées à la blockchain.
03:57Le bac à sable réglementaire est particulièrement utile dans les marchés où les fondateurs faisaient face à de nombreuses incertitudes
04:05sur les règles à respecter.
04:06Ce dispositif facilite le dialogue entre les régulateurs et les acteurs de la fintech.
04:11Ces échanges permettent ensuite d'élaborer de meilleures politiques publiques.
04:15Ils permettent aussi de tester un échantillon adapté avant le lancement d'un produit.
04:20L'impact devrait donc être positif.
04:25Ce que nous espérons, c'est que ces politiques ne freinent pas l'innovation et qu'elles ne soient pas
04:30en retard sur les évolutions technologiques,
04:32mais qu'elles les anticipent.
04:37Quelles opportunités et quels défis ce cadre pourrait-il créer pour les paiements transfrontaliers
04:42et l'écosystème de la finance numérique en Afrique ?
04:46L'utilisation des monnaies virtuelles répond déjà à un besoin réel du marché.
04:56En Afrique, les paiements traditionnels peuvent être longs et complexes.
05:00C'est notamment ce qui explique l'adoption progressive des crypto-monnaies.
05:04Elles apportent une réponse à un problème concret.
05:07À l'échelle du continent, elles représentent une opportunité pour améliorer les échanges financiers
05:15entre les pays africains.
05:24Prenons un exemple classique.
05:26Lorsqu'un commerçant effectue un paiement du Nigeria vers Nairobi,
05:30la transaction passe généralement par la banque locale au Nigeria,
05:34puis par une banque correspondante avant d'arriver dans une banque de Nairobi.
05:42L'utilisation des monnaies virtuelles pourrait permettre de réduire ces délais
05:47et diminuer les coûts liés aux transactions.
05:51Leur principal avantage serait donc de limiter la fragmentation des systèmes de paiements africains,
05:57d'accélérer les transferts et de réduire les frais.
06:05Mais l'adoption de ces technologies pose aussi des défis.
06:09Le principal concerne la diversité des réglementations selon les pays.
06:14Pour garantir un impact positif et durable,
06:20les cadres réglementaires des différents pays africains devront être harmonisés.
06:27Les règles en matière de conformité, de lutte contre le blanchiment d'argent
06:31et de lutte contre le financement du terrorisme devront être alignées.
06:36Cela permettrait aux entreprises africaines de la fintech
06:39de se développer plus facilement d'un pays à l'autre
06:42tout en profitant pleinement des avantages des monnaies virtuelles.
06:52La diaspora africaine envoie près de 100 milliards de dollars par an vers le continent.
06:57C'est bien plus que les investissements directs étrangers.
07:00Au sommet EMI Africa London,
07:02des chefs d'entreprise ont appelé à orienter une partie de ces fonds
07:06vers l'investissement, la création d'emplois et une croissance durable.
07:11S'exprimant lors du récent sommet EMI Africa London,
07:15le fondateur Kojo Sobo a estimé que le principal obstacle
07:18n'était pas le manque de capitaux,
07:20mais l'absence de mécanismes d'investissement structurés
07:23capables de créer un climat de confiance
07:25entre les investisseurs de la diaspora et les entrepreneurs du continent.
07:31Les transferts d'argent soutiennent les familles,
07:38mais l'Afrique doit désormais passer de la consommation
07:42à l'investissement productif.
07:45La diaspora ne doit plus être vue seulement comme une source de fonds,
07:51mais aussi comme des investisseurs, des mentors et des partenaires.
07:57Il est temps de transformer les transferts de fonds
08:01en capital d'investissement.
08:05Ce modèle a déjà été appliqué par des pays comme l'Inde et Israël,
08:10qui ont transformé leurs économies en orientant systématiquement
08:13les capitaux de leur diaspora,
08:15auparavant destinés principalement aux transferts familiaux,
08:18vers des obligations de développement national,
08:21des pôles technologiques et des fonds de capital risque.
08:25Appliquer cette approche au secteur créatif africain,
08:28évalué à 60 milliards de dollars,
08:30pourrait représenter un véritable tournant.
08:33Aujourd'hui, l'Afrique capte moins de 3% des revenus mondiaux de la création,
08:38en grande partie parce que les plateformes étrangères
08:41détiennent les droits de propriété intellectuelle.
08:46A Bukavu, en RDC, l'entreprise Joëlla transforme les déchets en aliments pour animaux.
08:52Une innovation qui aide les agriculteurs à réduire leurs coûts,
08:56renforce la sécurité alimentaire et crée de nouvelles opportunités d'emploi.
09:02Elle élève des mouches soldats noirs à Bukavu,
09:06une activité innovante qui permet à cette jeune entrepreneur
09:08de gagner son indépendance financière tout en créant des emplois.
09:12Joëlla Bouindoua est la fondatrice d'Astiferme,
09:16la ferme des asticots.
09:18Son entreprise transforme les déchets organiques ménagers
09:20en protéines animales et en engrais naturels,
09:23un modèle d'économie circulaire.
09:26Donc ici, leur seule mission, c'est pendre des oeufs.
09:32Les oeufs qui seront récoltés et qui vont nous donner des larves.
09:35Et ces larves-là qui vont manger alors les déchets,
09:38qui vont valoriser les déchets,
09:40et également nous permettre de protéger notre environnement,
09:43mais aussi nous donner de l'aliment pour les animaux.
09:48Cette activité contribue à réduire la pollution,
09:51à améliorer la sécurité alimentaire
09:53et à créer des emplois durables au sein de la communauté.
09:57Grâce à cet élevage de mouches soldats noirs,
10:00les éleveurs peuvent désormais se procurer plus facilement
10:03des aliments pour leur bétail.
10:05Selon la fondatrice d'Astiferme,
10:07il n'est plus nécessaire de les importer
10:09et les prix restent accessibles.
10:12Les clients de l'entreprise se disent satisfaits
10:15de cette solution et saluent la disponibilité des produits.
10:19C'était dans notre projet de potager urbain
10:22avec 100 femmes de la ville de Bukavu,
10:24dans des axes différents.
10:26Nous avons payé l'engrais.
10:28C'était à donner aux femmes, aux mamans,
10:31pour leur montrer que c'est possible
10:34de faire son propre potager urbain à la maison.
10:37Les engrais produits par Astiferme
10:39permettent aux habitants de Bukavu
10:41de cultiver leurs propres potagers à domicile.
10:43L'entreprise poursuit son développement
10:45sans financement extérieur.
10:47Sa fondatrice affirme avoir mis en place
10:49un modèle économique qui lui permet
10:51de progresser sans dépendre de subventions.
10:56C'est la fin de cette édition de Business Africa.
10:59Merci de nous avoir suivis.
11:01Pour plus d'actualités économiques et d'informations,
11:04restez connectés à Africa News
11:05ou rendez-vous sur notre site africanews.com.
11:16Business Africa was presented by Turkish Airlines.
11:19Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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11:19!
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