00:00Comment vont les entreprises à l'aube de cette nouvelle crise en Gironde ?
00:03Premier exemple, on va vous faire écouter la réaction de la patronne de Cédis Kount qui est touchée.
00:11Elle a un site là-bas en Gironde.
00:14Regardez comment l'entreprise gère la situation et on en discute juste après.
00:20Cédis Kount compte 2000 collaborateurs en Gironde, 1500 au siège qui est dans la ville de Bordeaux
00:26et 500 qui sont localisés sur les entrepôts de ces stas concernés par les mesures d'évacuation.
00:33Pour ces salariés-là et pour les opérateurs logistiques, nous avons pris la décision de les placer en activité partielle
00:41et ce jusqu'à mercredi avec maintien du salaire.
00:45Nous réévaluerons la situation en fonction précisément de l'évolution de la situation des incendies.
00:54S'agissant des personnes qui sont au siège, Bordeaux n'est pas du tout touché par des mesures d'évacuation.
01:00Pour autant, nos salariés résident dans les communes qui ont pu être évacuées.
01:05Nous avons proposé une mesure de télétravail à tout le monde pour pouvoir faire face à cette situation exceptionnelle.
01:13Les collaborateurs qui sont directement impactés par les mesures d'évacuation
01:18et ceux qui ont souhaité quitter Bordeaux parce que l'air est parfois difficilement respirable.
01:22Il peut y avoir des enfants en bas âge, il peut y avoir des personnes fragiles, des personnes asthmatiques, etc.
01:26Et donc pour pouvoir permettre à chacun de s'adapter, nous avons proposé cette mesure générale pour au moins toute
01:32la semaine et qu'on avisera.
01:33Donc le site Cdiscount continue de fonctionner parfaitement bien parce qu'on est le premier e-commerce en français.
01:39Donc vous vous doutez bien que nous n'avons pas que les entrepôts de Gironde,
01:43on est des entrepôts en région parisienne, en région stéphanoise et donc le site continue de fonctionner normalement.
01:49Par ailleurs, l'activité de Cdiscount repose à 70% sur des partenariats avec des vendeurs tiers.
01:55Et donc là, pareil, l'activité est parfaitement et tout à fait indifférente aux événements que l'on connaît en
02:03Gironde.
02:04Pour ce qui concerne les clients dont les commandes ont été préparées ce week-end sur le site Gironde 1,
02:09nous leur avons écrit personnellement par SMS, par mail pour les prévenir qu'il y aura un délai
02:15et pour leur laisser la possibilité d'annuler s'ils le souhaitent.
02:18Et là, nous avons eu la surprise et l'agréable surprise d'avoir très peu d'annulation
02:22et beaucoup de clients qui nous font un petit message en disant on comprend la situation,
02:27on vous soutient, bon courage.
02:29Donc ça réchauffe un peu le cœur des équipes.
02:31Voilà Marie-Evène, la directrice adjointe de Cdiscount, ça s'adapte, on le voit,
02:36mais tout le tissu économique souffre et ce n'est pas fini.
02:38Bonjour Michel Picon.
02:39Bonjour.
02:40Président de l'UDEP, l'Union des entreprises de proximité qui représente les artisans,
02:43les commerçants de proximité, les professions libérales.
02:46Plus de 13 000 entreprises, dont 7 000 entreprises artisanales
02:49et 6 300 entreprises commerciales ont été évacuées ces derniers jours dans le département.
02:53Quelles sont, vous, vos remontées terrain de vos adhérents ?
02:56Les remontées de nos adhérents, elles sont d'abord empreintes d'inquiétude.
03:00Je voudrais dire aussi qu'elles sont l'empreinte de reconnaissance
03:03envers les forces de l'ordre, envers les pompiers évidemment
03:06et tous ceux qui les aident à passer ce moment,
03:09ce moment de solidarité aussi, il faut le souligner.
03:12Ensuite, après, il y a l'inquiétude d'une entreprise
03:14qui a été touchée directement par le feu
03:18et qui a tout son matériel et ses installations détruites.
03:23Auquel cas, là, il va falloir que les assureurs soient au rendez-vous,
03:26je pense et j'espère qu'ils le seront.
03:29En tout cas, nous allons y veiller.
03:31Et puis, il y a tous ceux qui, indirectement, sont touchés,
03:34soit par leurs salariés, parce qu'ils ne peuvent pas venir travailler
03:37pour avoir été touchés eux-mêmes.
03:39Et puis, dans cette période difficile que traverse la Gironde,
03:44le tourisme, c'est terrible, quoi.
03:46Parce qu'il y a les campings, il y a les établissements qui sont touchés
03:49et puis personne n'a trop envie d'aller en vacances là-bas.
03:53D'ailleurs, la préfète de la Gironde peut être un peu alarmiste
03:58à inviter les Français à ne pas se rendre dans la région.
04:01Moi, je pense qu'il faut raison garder,
04:04parce que sinon, on va ajouter de la détresse,
04:07de la difficulté à la difficulté.
04:09Et donc, évidemment, toutes les entreprises
04:12qui travaillent directement ou indirectement avec le tourisme sont affectées.
04:17Alors, l'État doit être au rendez-vous.
04:19Il a déjà annoncé des mesures, là, sur l'activité partielle,
04:23sur les assurances, sur les échéances fiscales.
04:26Absolument. Le report d'échéances fiscales,
04:28surtout la mise en œuvre de l'arrêt d'activité
04:31pour ceux qui ont des salariés.
04:33L'UDP a été idée hier en réunion avec le ministre de l'Économie et des Finances.
04:39Ce matin aussi, on aura tous les jours une cellule de crise
04:42pour essayer de trouver les solutions.
04:44Même si nous avons conscience, les uns et les autres,
04:48que la situation budgétaire du pays
04:50ne va pas nous donner de grandes marges de manœuvre.
04:53D'où l'intérêt de s'attaquer aux difficultés structurelles de notre pays,
04:58parce que des crises, malheureusement,
05:00et c'est la situation dans nos petites entreprises,
05:02c'est crise après crise.
05:04C'est la crise du carburant et de l'énergie.
05:06C'est la crise des matières premières à la suite de la guerre en Ukraine.
05:09Et puis, c'est la guerre en Iran qui fait flamber le coût du carburant.
05:12Et puis, c'est la canicule qui fige une partie de l'activité économique.
05:17Et aujourd'hui, ces incendies, oui, le pays traverse des moments difficiles.
05:23Ce qui s'ajoute à une année où les défaillances ont recommencé à être importantes,
05:28effectivement, c'est une multiplication des crises.
05:30Comme ça, vous vous demandez quoi ?
05:31En plus, peut-être un peu à plus long terme,
05:34je sais qu'on ne peut pas aujourd'hui évaluer,
05:36finalement, le montant des dégâts et de cette crise,
05:38parce que vous le dites, ça va dépendre de la longueur de cette crise en Gironde.
05:43Mais qu'est-ce qui vous paraît le plus important pour ces entreprises de proximité ?
05:47Le plus important pour elles, il va falloir discerner celles pour qui c'est vital,
05:52s'il n'y a pas une aide directe, un fonds de soutien que l'on va mettre en place,
05:58que nous avons demandé au gouvernement,
06:00tout en prenant conscience des difficultés qui sont les siennes.
06:03Mais en tout cas, on ne peut pas laisser effondrer une partie du tissu économique de cette région en Grande
06:09-Touresse.
06:10Donc oui, un fonds de soutien financier,
06:13avec peut-être des PGE comme on les a envisagés.
06:18Bon, tout ça est encore en discussion, bien évidemment.
06:24Mais attention, c'est plus de 100 000 salariés qui sont aujourd'hui impactés,
06:29et c'est 20 000 entreprises qui les emploient et qui pourraient se retrouver,
06:34pour certaines, à disparaître définitivement.
06:36Ça, c'est juste pas possible, on va nous se bagarrer pour les soutenir.
06:41Donc un fonds financier, bien évidemment, au-delà des mesures de report d'échéance sociale et fiscale,
06:49ensuite après, pour l'activité touristique, il faudra certainement une mobilisation générale
06:54de tous les Français de soutien à cette région qui en aura bien besoin.
06:59Mais j'ai confiance parce que nos petites entreprises, elles sont résilientes, elles sont battantes.
07:05Et je vois aujourd'hui des artisans qui ont tout perdu et qui vont donner un coup de main ailleurs
07:10parce qu'il y a une mobilisation qui donne beaucoup d'émotion et en fait beaucoup d'espoir à tout
07:16le pays.
07:17Quand on se serre les coudes, on arrive à surmonter les situations les plus difficiles.
07:21Mais c'est intéressant ce que vous dites, c'est-à-dire qu'à la fois il y a les
07:24aides,
07:25mais cette solidarité, finalement la meilleure façon d'être solidaire
07:28pour nos petites entreprises locales aujourd'hui, c'est d'y aller en Gironde,
07:32c'est d'y aller sur le mois d'août peut-être, peut-être un peu à côté de ce
07:36qu'on avait prévu,
07:37mais de ne surtout pas abandonner cette région pour cette saison touristique encore.
07:41Oui, parce que j'espère que les pompiers et qu'on va arriver à fixer ce feu
07:46dans les jours qui viennent, qu'on va sortir de cet épisode.
07:50Et puis là, il va falloir se retrousser les manches.
07:52Et se retrousser les manches aussi, c'est pour tous les Français,
07:55se dire, oui, le paysage sera peut-être un peu moins sympa qu'avant,
08:00mais tout de même le camping où nous allions, l'hôtel où nous allons,
08:03ils sont tous seuls et il va falloir y aller.
08:06Et donc oui, moi j'appelle, peut-être aujourd'hui,
08:10parce qu'évidemment nous sommes encore en pleine crise,
08:13malheureusement le feu continue et avec les annonces qui sont faites aussi bien par Météo France
08:21que par les acteurs locaux, il faut laisser au moins cette semaine passer
08:26et puis ensuite après qu'on se mobilise tous au secours de cette région.
08:30Très rapidement, en cette année présidentielle,
08:33avec des discussions sur le budget qui vont être certainement aussi difficiles que les précédentes,
08:37qu'est-ce que vous attendez vous de ces discussions en priorité ?
08:40Vous l'avez dit, peut-être un fonds pour les entreprises qu'on doit aider,
08:44mais il y a aussi le sujet de l'apprentissage.
08:47Pour le moment, on n'a pas touché aux deux mesures principales,
08:49mais on sait que c'est potentiellement dans les tuyaux pour faire des économies.
08:54Qu'est-ce qui vous effrêle plus ? Qu'est-ce qu'il faut préserver au maximum ?
08:57Il faut préserver la santé des entreprises, vous l'avez dit tout à l'heure,
09:0375 000 défaillants, c'est la trajectoire vers laquelle nous allons,
09:0735 000 déjà sur le premier semestre, les entreprises qui n'ont plus de marge
09:13parce qu'elles ont été compressées par les crises énergétiques, les crises des matières premières.
09:20Et donc ce que nous attendons de l'État, c'est de les préserver,
09:24c'est de ne pas aggraver leur fiscalité.
09:27Je pense surtout aux allègements généraux de cotisations sociales.
09:30On parle de cadeaux aux entreprises, mais ça n'a rien d'un cadeau.
09:33C'est parce que tout le monde a pris conscience au fil des années que le poids du financement
09:38de la protection sociale sur les salaires était beaucoup trop élevé.
09:41Et donc on a essayé de compenser ça par les allègements généraux.
09:44Mais si on supprime des allègements généraux sur des petites entreprises,
09:48le remède sera pire que le mal puisqu'on va aggraver le nombre de défaillances.
09:53Donc nous demandons à l'État de prendre conscience de cela.
09:56Je pense que c'est le cas.
09:58Nous lui demandons aussi de nous donner de la visibilité.
10:02Vous voyez la prime rénov' qui est en train de s'effondrer.
10:05Pourquoi elle s'effondre ?
10:06Parce que chaque mois, il y a une nouvelle...
10:10Toujours plus contraignant.
10:11Toujours plus contraignant, toujours plus compliqué.
10:13Au final, il y a moins.
10:15Et puis il y a cette ambiance qui touche les artisans.
10:19Alors qu'ils se sont formés, ils ont formé leurs salariés
10:21pour pouvoir répondre à ces besoins de transformation énergétique des Français.
10:27Et là, du jour au lendemain, on arrête, c'est du stop-and-go.
10:31Ça, c'est juste pas possible.
10:33Et puis on attend aussi que le gouvernement engage véritablement les réformes structurelles
10:39dont notre pays a besoin, notamment la retraite.
10:42Enfin, c'est plus possible aujourd'hui que le budget de la nation
10:46soit affecté à plus de 50% par des dépenses sociales.
10:50Et dans ces dépenses sociales, plus de la moitié viennent des retraites.
10:53C'est près de 16 milliards aujourd'hui.
10:55Il faut qu'on équilibre ça.
10:57Et il faut que la classe politique arrête de jouer,
11:01à caresser l'électeur dans le sens du poil
11:04pour pouvoir s'attirer de bonnes grâces et continuer à enfoncer le pays.
11:08Voilà, c'est le message que nous portons au gouvernement.
11:10Préservez les entreprises parce que sans entreprises,
11:13il n'y a pas d'emploi, il n'y a pas de salariés.
11:15Merci beaucoup Michel Picon, président du 2P,
11:17d'être venu ce matin dans la matinale de l'économie.
Commentaires