Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 24 minutes
Michel Picon, président de l'U2P, était l'invité de Sandra Gandoin dans Good Morning Business, ce mardi 27 juillet. Il parle de l'impact de la nouvelle crise en Gironde sur les entreprises, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Comment vont les entreprises à l'aube de cette nouvelle crise en Gironde ?
00:03Premier exemple, on va vous faire écouter la réaction de la patronne de Cédis Kount qui est touchée.
00:11Elle a un site là-bas en Gironde.
00:14Regardez comment l'entreprise gère la situation et on en discute juste après.
00:20Cédis Kount compte 2000 collaborateurs en Gironde, 1500 au siège qui est dans la ville de Bordeaux
00:26et 500 qui sont localisés sur les entrepôts de ces stas concernés par les mesures d'évacuation.
00:33Pour ces salariés-là et pour les opérateurs logistiques, nous avons pris la décision de les placer en activité partielle
00:41et ce jusqu'à mercredi avec maintien du salaire.
00:45Nous réévaluerons la situation en fonction précisément de l'évolution de la situation des incendies.
00:54S'agissant des personnes qui sont au siège, Bordeaux n'est pas du tout touché par des mesures d'évacuation.
01:00Pour autant, nos salariés résident dans les communes qui ont pu être évacuées.
01:05Nous avons proposé une mesure de télétravail à tout le monde pour pouvoir faire face à cette situation exceptionnelle.
01:13Les collaborateurs qui sont directement impactés par les mesures d'évacuation
01:18et ceux qui ont souhaité quitter Bordeaux parce que l'air est parfois difficilement respirable.
01:22Il peut y avoir des enfants en bas âge, il peut y avoir des personnes fragiles, des personnes asthmatiques, etc.
01:26Et donc pour pouvoir permettre à chacun de s'adapter, nous avons proposé cette mesure générale pour au moins toute
01:32la semaine et qu'on avisera.
01:33Donc le site Cdiscount continue de fonctionner parfaitement bien parce qu'on est le premier e-commerce en français.
01:39Donc vous vous doutez bien que nous n'avons pas que les entrepôts de Gironde,
01:43on est des entrepôts en région parisienne, en région stéphanoise et donc le site continue de fonctionner normalement.
01:49Par ailleurs, l'activité de Cdiscount repose à 70% sur des partenariats avec des vendeurs tiers.
01:55Et donc là, pareil, l'activité est parfaitement et tout à fait indifférente aux événements que l'on connaît en
02:03Gironde.
02:04Pour ce qui concerne les clients dont les commandes ont été préparées ce week-end sur le site Gironde 1,
02:09nous leur avons écrit personnellement par SMS, par mail pour les prévenir qu'il y aura un délai
02:15et pour leur laisser la possibilité d'annuler s'ils le souhaitent.
02:18Et là, nous avons eu la surprise et l'agréable surprise d'avoir très peu d'annulation
02:22et beaucoup de clients qui nous font un petit message en disant on comprend la situation,
02:27on vous soutient, bon courage.
02:29Donc ça réchauffe un peu le cœur des équipes.
02:31Voilà Marie-Evène, la directrice adjointe de Cdiscount, ça s'adapte, on le voit,
02:36mais tout le tissu économique souffre et ce n'est pas fini.
02:38Bonjour Michel Picon.
02:39Bonjour.
02:40Président de l'UDEP, l'Union des entreprises de proximité qui représente les artisans,
02:43les commerçants de proximité, les professions libérales.
02:46Plus de 13 000 entreprises, dont 7 000 entreprises artisanales
02:49et 6 300 entreprises commerciales ont été évacuées ces derniers jours dans le département.
02:53Quelles sont, vous, vos remontées terrain de vos adhérents ?
02:56Les remontées de nos adhérents, elles sont d'abord empreintes d'inquiétude.
03:00Je voudrais dire aussi qu'elles sont l'empreinte de reconnaissance
03:03envers les forces de l'ordre, envers les pompiers évidemment
03:06et tous ceux qui les aident à passer ce moment,
03:09ce moment de solidarité aussi, il faut le souligner.
03:12Ensuite, après, il y a l'inquiétude d'une entreprise
03:14qui a été touchée directement par le feu
03:18et qui a tout son matériel et ses installations détruites.
03:23Auquel cas, là, il va falloir que les assureurs soient au rendez-vous,
03:26je pense et j'espère qu'ils le seront.
03:29En tout cas, nous allons y veiller.
03:31Et puis, il y a tous ceux qui, indirectement, sont touchés,
03:34soit par leurs salariés, parce qu'ils ne peuvent pas venir travailler
03:37pour avoir été touchés eux-mêmes.
03:39Et puis, dans cette période difficile que traverse la Gironde,
03:44le tourisme, c'est terrible, quoi.
03:46Parce qu'il y a les campings, il y a les établissements qui sont touchés
03:49et puis personne n'a trop envie d'aller en vacances là-bas.
03:53D'ailleurs, la préfète de la Gironde peut être un peu alarmiste
03:58à inviter les Français à ne pas se rendre dans la région.
04:01Moi, je pense qu'il faut raison garder,
04:04parce que sinon, on va ajouter de la détresse,
04:07de la difficulté à la difficulté.
04:09Et donc, évidemment, toutes les entreprises
04:12qui travaillent directement ou indirectement avec le tourisme sont affectées.
04:17Alors, l'État doit être au rendez-vous.
04:19Il a déjà annoncé des mesures, là, sur l'activité partielle,
04:23sur les assurances, sur les échéances fiscales.
04:26Absolument. Le report d'échéances fiscales,
04:28surtout la mise en œuvre de l'arrêt d'activité
04:31pour ceux qui ont des salariés.
04:33L'UDP a été idée hier en réunion avec le ministre de l'Économie et des Finances.
04:39Ce matin aussi, on aura tous les jours une cellule de crise
04:42pour essayer de trouver les solutions.
04:44Même si nous avons conscience, les uns et les autres,
04:48que la situation budgétaire du pays
04:50ne va pas nous donner de grandes marges de manœuvre.
04:53D'où l'intérêt de s'attaquer aux difficultés structurelles de notre pays,
04:58parce que des crises, malheureusement,
05:00et c'est la situation dans nos petites entreprises,
05:02c'est crise après crise.
05:04C'est la crise du carburant et de l'énergie.
05:06C'est la crise des matières premières à la suite de la guerre en Ukraine.
05:09Et puis, c'est la guerre en Iran qui fait flamber le coût du carburant.
05:12Et puis, c'est la canicule qui fige une partie de l'activité économique.
05:17Et aujourd'hui, ces incendies, oui, le pays traverse des moments difficiles.
05:23Ce qui s'ajoute à une année où les défaillances ont recommencé à être importantes,
05:28effectivement, c'est une multiplication des crises.
05:30Comme ça, vous vous demandez quoi ?
05:31En plus, peut-être un peu à plus long terme,
05:34je sais qu'on ne peut pas aujourd'hui évaluer,
05:36finalement, le montant des dégâts et de cette crise,
05:38parce que vous le dites, ça va dépendre de la longueur de cette crise en Gironde.
05:43Mais qu'est-ce qui vous paraît le plus important pour ces entreprises de proximité ?
05:47Le plus important pour elles, il va falloir discerner celles pour qui c'est vital,
05:52s'il n'y a pas une aide directe, un fonds de soutien que l'on va mettre en place,
05:58que nous avons demandé au gouvernement,
06:00tout en prenant conscience des difficultés qui sont les siennes.
06:03Mais en tout cas, on ne peut pas laisser effondrer une partie du tissu économique de cette région en Grande
06:09-Touresse.
06:10Donc oui, un fonds de soutien financier,
06:13avec peut-être des PGE comme on les a envisagés.
06:18Bon, tout ça est encore en discussion, bien évidemment.
06:24Mais attention, c'est plus de 100 000 salariés qui sont aujourd'hui impactés,
06:29et c'est 20 000 entreprises qui les emploient et qui pourraient se retrouver,
06:34pour certaines, à disparaître définitivement.
06:36Ça, c'est juste pas possible, on va nous se bagarrer pour les soutenir.
06:41Donc un fonds financier, bien évidemment, au-delà des mesures de report d'échéance sociale et fiscale,
06:49ensuite après, pour l'activité touristique, il faudra certainement une mobilisation générale
06:54de tous les Français de soutien à cette région qui en aura bien besoin.
06:59Mais j'ai confiance parce que nos petites entreprises, elles sont résilientes, elles sont battantes.
07:05Et je vois aujourd'hui des artisans qui ont tout perdu et qui vont donner un coup de main ailleurs
07:10parce qu'il y a une mobilisation qui donne beaucoup d'émotion et en fait beaucoup d'espoir à tout
07:16le pays.
07:17Quand on se serre les coudes, on arrive à surmonter les situations les plus difficiles.
07:21Mais c'est intéressant ce que vous dites, c'est-à-dire qu'à la fois il y a les
07:24aides,
07:25mais cette solidarité, finalement la meilleure façon d'être solidaire
07:28pour nos petites entreprises locales aujourd'hui, c'est d'y aller en Gironde,
07:32c'est d'y aller sur le mois d'août peut-être, peut-être un peu à côté de ce
07:36qu'on avait prévu,
07:37mais de ne surtout pas abandonner cette région pour cette saison touristique encore.
07:41Oui, parce que j'espère que les pompiers et qu'on va arriver à fixer ce feu
07:46dans les jours qui viennent, qu'on va sortir de cet épisode.
07:50Et puis là, il va falloir se retrousser les manches.
07:52Et se retrousser les manches aussi, c'est pour tous les Français,
07:55se dire, oui, le paysage sera peut-être un peu moins sympa qu'avant,
08:00mais tout de même le camping où nous allions, l'hôtel où nous allons,
08:03ils sont tous seuls et il va falloir y aller.
08:06Et donc oui, moi j'appelle, peut-être aujourd'hui,
08:10parce qu'évidemment nous sommes encore en pleine crise,
08:13malheureusement le feu continue et avec les annonces qui sont faites aussi bien par Météo France
08:21que par les acteurs locaux, il faut laisser au moins cette semaine passer
08:26et puis ensuite après qu'on se mobilise tous au secours de cette région.
08:30Très rapidement, en cette année présidentielle,
08:33avec des discussions sur le budget qui vont être certainement aussi difficiles que les précédentes,
08:37qu'est-ce que vous attendez vous de ces discussions en priorité ?
08:40Vous l'avez dit, peut-être un fonds pour les entreprises qu'on doit aider,
08:44mais il y a aussi le sujet de l'apprentissage.
08:47Pour le moment, on n'a pas touché aux deux mesures principales,
08:49mais on sait que c'est potentiellement dans les tuyaux pour faire des économies.
08:54Qu'est-ce qui vous effrêle plus ? Qu'est-ce qu'il faut préserver au maximum ?
08:57Il faut préserver la santé des entreprises, vous l'avez dit tout à l'heure,
09:0375 000 défaillants, c'est la trajectoire vers laquelle nous allons,
09:0735 000 déjà sur le premier semestre, les entreprises qui n'ont plus de marge
09:13parce qu'elles ont été compressées par les crises énergétiques, les crises des matières premières.
09:20Et donc ce que nous attendons de l'État, c'est de les préserver,
09:24c'est de ne pas aggraver leur fiscalité.
09:27Je pense surtout aux allègements généraux de cotisations sociales.
09:30On parle de cadeaux aux entreprises, mais ça n'a rien d'un cadeau.
09:33C'est parce que tout le monde a pris conscience au fil des années que le poids du financement
09:38de la protection sociale sur les salaires était beaucoup trop élevé.
09:41Et donc on a essayé de compenser ça par les allègements généraux.
09:44Mais si on supprime des allègements généraux sur des petites entreprises,
09:48le remède sera pire que le mal puisqu'on va aggraver le nombre de défaillances.
09:53Donc nous demandons à l'État de prendre conscience de cela.
09:56Je pense que c'est le cas.
09:58Nous lui demandons aussi de nous donner de la visibilité.
10:02Vous voyez la prime rénov' qui est en train de s'effondrer.
10:05Pourquoi elle s'effondre ?
10:06Parce que chaque mois, il y a une nouvelle...
10:10Toujours plus contraignant.
10:11Toujours plus contraignant, toujours plus compliqué.
10:13Au final, il y a moins.
10:15Et puis il y a cette ambiance qui touche les artisans.
10:19Alors qu'ils se sont formés, ils ont formé leurs salariés
10:21pour pouvoir répondre à ces besoins de transformation énergétique des Français.
10:27Et là, du jour au lendemain, on arrête, c'est du stop-and-go.
10:31Ça, c'est juste pas possible.
10:33Et puis on attend aussi que le gouvernement engage véritablement les réformes structurelles
10:39dont notre pays a besoin, notamment la retraite.
10:42Enfin, c'est plus possible aujourd'hui que le budget de la nation
10:46soit affecté à plus de 50% par des dépenses sociales.
10:50Et dans ces dépenses sociales, plus de la moitié viennent des retraites.
10:53C'est près de 16 milliards aujourd'hui.
10:55Il faut qu'on équilibre ça.
10:57Et il faut que la classe politique arrête de jouer,
11:01à caresser l'électeur dans le sens du poil
11:04pour pouvoir s'attirer de bonnes grâces et continuer à enfoncer le pays.
11:08Voilà, c'est le message que nous portons au gouvernement.
11:10Préservez les entreprises parce que sans entreprises,
11:13il n'y a pas d'emploi, il n'y a pas de salariés.
11:15Merci beaucoup Michel Picon, président du 2P,
11:17d'être venu ce matin dans la matinale de l'économie.
Commentaires

Recommandations