00:00Alors, messieurs Fenech et Roi, un couvre-feu pour les mineurs vient d'être mis en place dans une commune
00:07des Pyrénées-Orientales.
00:08Cette commune, c'est Amélie-les-Bains, 3500 habitants.
00:12Depuis fin juillet, les jeunes de moins de 15 ans n'ont plus le droit de sortir de chez eux
00:16entre 23h et 6h du matin.
00:19Interdiction qui va durer jusqu'à l'été, décision prise après l'incendie.
00:24Non mais on est dans l'absurdistan et on nage vraiment dans l'anarchie la plus totale.
00:30Un incendie a été donc allumé dans la salle communale de cette ville.
00:35Incendie déclenché par deux enfants de 10 et 13 ans, Georges Fenech, Vincent Roi.
00:41Est-ce que ce couvre-feu dans cette ville de 3500 habitants a presque ce que cette ville a vécu
00:47?
00:47Alors évidemment, je ne compare pas ça à la Gironde ou au Var, ça n'a rien à voir.
00:52Mais tout de même, est-ce que ça c'est une mesure de bon sens dans un contexte comme celui
00:57-ci dans cette commune ?
00:58Pardon, mais c'est surtout une mesure qui dit le malaise de notre société.
01:05C'est surtout une mesure qui pointe ce qui se passe dans les familles.
01:12C'est aussi un événement qui nous questionne sur la responsabilité des parents.
01:21C'est tout ça.
01:23Parce que lorsqu'on est obligé de mettre un couvre-feu, comme ça se fait chaque année maintenant...
01:30C'est un aveu d'échec, Vincent Roi.
01:31C'est un aveu d'échec. Donc on ne peut pas être fier de cette mesure.
01:36Évidemment, elle est frappée pour le maire qui est obligé de le prendre.
01:41Elle est frappée au coin du bon sens.
01:43Mais enfin, c'est quand même la responsabilité des parents qui est questionnée.
01:46Que font deux enfants dans la nuit de 13 et 15 ans, seuls, non accompagnés,
01:53qui vont avoir pour jeu d'aller mettre le feu ?
01:55Enfin, écoutez, ce n'est pas possible.
01:57J'aimerais, Jean-Fénèque, qu'on écoute la mère de cette...
02:01Parce que Vincent Roi en parlait.
02:03Je vous donne tout de suite la parole.
02:04Juste après, pardonnez-moi à Jean-Fénèque.
02:05Mais Marie Costa, maire d'Amélie Lébin,
02:08explique justement les raisons de son choix de mettre en vigueur ce couvre-feu pour les mineurs.
02:14Elle était donc d'ailleurs sur Europe ce matin, dans la matinale.
02:17Je réagis comme maire MAI, mais aussi comme maire ME.
02:22Donc, je protège mes citoyens.
02:24Moi, j'ai choisi de sortir au front et d'interdire aux enfants de moins de 15 ans
02:28de rester dehors, tout seuls, entre 23h et 6h du matin.
02:32Ce n'est pas trop liberticide, je pense.
02:34Je ne vois pas trop personnellement ce qu'un enfant de moins de 15 ans
02:37doit faire dehors, tout seul, à 23h.
02:39Mais je pense que c'est un signal donné.
02:41Un signal donné aux parents.
02:43Et un signal donné aussi à la population.
02:45Le maire essaye de lutter contre les dérives qu'on a.
02:49Il y a des frontières qui ne sont plus posées.
02:51Il y a des cadres qui n'existent plus.
02:52qu'il y a des choses extrêmement simples qui s'appellent des repères,
02:56qui ne sont pas données.
02:57Et que donc, il faut chercher une chaîne de responsabilité.
03:01Tout est dit, Georges Fenech, avec le maire d'Amélie Lebin.
03:05Je vais vous faire un aveu.
03:06Je les aime de plus en plus, ces maires.
03:08Mais oui.
03:08Je vous assure.
03:09Ils ont du bon sens.
03:12Que n'ont pas toujours ceux qui dirigent notre pays.
03:15Et ils prennent courageusement des décisions.
03:18Et moi, ça m'émeut beaucoup d'entendre cette femme, mère et mère,
03:22comme elle le rappelle, dire ça suffit.
03:24Vous voyez ?
03:25Et comme on se souvient, la mairesse de Romand,
03:28sur Isère, l'affaire Crépole,
03:30ce qu'elle a pu faire.
03:31Moi, je suis admiratif.
03:32Parce qu'en plus, ils ont des conséquences.
03:34Attention.
03:35Après, ils reçoivent des pressions, des menaces.
03:37La Ligue des Droits de l'Homme.
03:39Vous connaissez.
03:40Bien sûr.
03:41Moi, je veux saluer.
03:42Béziers.
03:43J'en passe, c'est des meilleurs.
03:44Mais évidemment, Robert Ménard a été embêté.
03:46La Ligue des Droits de l'Homme,
03:47parce que la Ligue des Droits de l'Homme,
03:48le cheminement habituel désormais,
03:50ils ont un badge au tribunal administratif.
03:53La Ligue des Droits de l'Homme.
03:55Et bien souvent, pardon Georges Fenech,
03:58mais les institutions faillissent.
04:02Et Vincent Roy, Georges Fenech,
04:04parfois, le TA, le tribunal administratif,
04:07donne raison à la Ligue des Droits de l'Homme,
04:09Vincent Roy.
04:10Et donc, on ne soutient pas du tout les maires.
04:12Non, mais ça, on est d'accord.
04:12Non, mais on est d'accord.
04:13Et je souscris à ce qu'a dit Georges Fenech.
04:16Mais, vous mettez un couvre-feu,
04:20et je répète, cette maire a raison de le faire,
04:24parce qu'elle protège ses citoyens,
04:26mais vous mettez un couvre-feu,
04:28et pendant ce temps-là,
04:29comme on disait dans les films muets,
04:31jadis, on ne règle pas le problème.
04:34Mais non.
04:35L'année prochaine,
04:36elle va reprendre,
04:37peut-être,
04:38elle ou d'autres maires,
04:40vont reprendre un arrêté de couvre-feu,
04:43parce que le problème n'est pas réglé.
04:44Et le problème,
04:45c'est assez clairement la famille.
04:48Parce que, dites-moi, Georges...
04:49Pardon, c'est une capitulation,
04:51Georges Fenech,
04:52Vincent Roy a raison.
04:53C'est une capitulation.
04:54Vous découvrez la Lune, là.
04:55Non, mais Georges, je parle...
04:56Franchement, pardon,
04:57on va de ne pas vous parler comme ça,
04:57mais ça fait 40 ans qu'on l'a capitulé.
05:00Ça fait 40 ans qu'on ne s'occupe plus des mineurs,
05:02qui font ce qu'ils veulent.
05:03Du trafic,
05:04des meurtres par Kalachnikov,
05:06ils s'entretuent entre eux.
05:08Je veux dire,
05:08le constat, il est là.
05:09Non, mais j'entends.
05:10Mais attendez,
05:10je parle sous votre contrôle.
05:13Des textes,
05:14pour en appeler
05:15à la responsabilité des parents,
05:17et pour, par exemple,
05:18condamner les parents,
05:19et les rendre...
05:20Ils existent !
05:21Ils ne sont pas appliqués.
05:22Je peux vous le dire.
05:24C'est ça que je voulais entendre.
05:25Et la responsabilité civile,
05:26parce qu'ils sont insolvables,
05:27quand j'entends M. Attal dire
05:29« Tu payes, tu casses, tu payes »,
05:31c'est de la rigolade.
05:32Le milliard qu'a coûté les émeutes
05:34à la suite de la Fernelle,
05:35ils ont payé ?
05:36Mais personne n'est.
05:37Non, mais franchement,
05:37on se fout du monde.
05:39On se fout du monde.
05:40Et non seulement,
05:41pas de responsabilité civile,
05:42pas de responsabilité pénale,
05:43alors que ça existe,
05:44à partir du moment où les parents
05:45n'assurent pas leur charge éducative,
05:48eh bien,
05:48ils encourtent une responsabilité.
05:49Je suis désolé.
05:49Alors, attention,
05:50je ne fais pas d'analogie
05:52entre cette délinquance juvénile
05:53et les prestations sociales.
05:56Je ne dis pas non plus
05:57qu'il y a un déterminisme.
05:58Quoique,
05:59mais tout de même,
06:00pardon,
06:01si on prélève à la source,
06:02quand même,
06:02si on prélève à la source
06:05les indemnités de la CAF,
06:06est-ce que ça,
06:07Georges Fenech,
06:08c'est possible quand même ?
06:10Ça a été fait une fois.
06:11À Draveil, je crois.
06:12Ça a été fait une fois.
06:13C'était Éric Ciotti
06:14qui avait fait sa proposition de loi,
06:16qui avait été votée.
06:17Nous étions sous Nicolas Sarkozy.
06:18Est-ce qu'on peut le faire ?
06:18Est-ce que c'était tellement possible,
06:20Georges Fenech ?
06:20Ça avait marché.
06:22Deuxième avertissement,
06:23premier avertissement,
06:24si votre fils...
06:25Pourquoi on ne le fait pas,
06:26Georges Fenech ?
06:26Parce que la gauche est arrivée entre-temps,
06:28Mme Taubira est arrivée,
06:29ils ont supprimé ce truc-là,
06:30ils n'ont jamais voulu le remettre.
06:31C'est une question idéologique,
06:33voyez-vous.
06:34Il ne s'agit pas de supprimer les allocations,
06:36il s'agit de faire une tutelle
06:38aux prestations sociales.
06:39C'est-à-dire que c'est nous
06:39qui allons gérer l'argent
06:40pour l'éducation de vos enfants,
06:42voyez-vous.
06:42Je crois qu'il y a un manque
06:44de volonté politique évident.
06:46Un manque de courage politique.
06:47Et de courage.
06:48Vincent Roy.
06:49Oui, clairement,
06:50un manque de courage politique.
06:51Je veux dire que,
06:52si vous voulez,
06:54les mesures que sont obligées
06:57de prendre les mères
06:59comme celles-ci,
07:00ce sont des rustines.
07:01C'est-à-dire qu'on règle
07:02au cas par cas.
07:03Mais on ne règle pas...
07:04Pas les causes.
07:04Voilà, on ne règle pas les causes.
07:06Bien sûr.
07:06On ne règle...
07:07Et d'ailleurs,
07:08du point de vue...
07:09D'un point de vue général,
07:11en politique,
07:12aujourd'hui,
07:13enfin, compte tenu
07:13du personnel politique
07:15que nous avons,
07:17on règle les conséquences
07:19et jamais les causes.
07:21C'est ça le problème.
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