- il y a 9 heures
Les débats de l'été avec nos auditeurs !
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NewsTranscription
00:00Débat de l'été, 10h-13h, Maxime Liedot.
00:04Soyez les bienvenus sur Sud Radio, on est ensemble jusqu'à 13h pour cette dernière du mois de juillet.
00:08Vous connaissez la règle désormais, c'est le 0826 300 300 avec à partir de 10h30 un entretien exceptionnel avec
00:14Vincent Laforge
00:15qui sera mené par Joseph Ruiz, c'est un médecin urgentiste qui pendant plus de 40 ans a travaillé au
00:20SMUR de Marseille
00:21et qui a écrit ce livre du sang sur les mains.
00:23Il a passé 40 ans à arpenter les trottoirs de Marseille, ses escaliers, ses cités.
00:28Il a vu net mourir, souffrir, la plupart de la population là-bas.
00:31Et dans un livre, il décide de se confier, de raconter ce qu'il a vu en 40 ans d
00:35'expérience, en 40 ans de carrière.
00:37Et ça, ce sera avec le camarade Joseph Ruiz à partir de 12h30.
00:41Mais à présent, vous en avez l'habitude, pendant une demi-heure, on vous écoute, on vous ouvre l'antenne
00:46sur Sud Radio 0826 300 300
00:48que ce soit dans le Var, que ce soit du côté de la Gironde, vous êtes en train d'évacuer
00:52un village, vous êtes en train de revenir chez vous,
00:53vous êtes un professionnel, vous avez des difficultés, vous êtes un pompier, vous êtes un maire,
00:57vous avez envie de témoigner, de raconter, de nous interpeller, de passer un appel.
01:00Eh bien, ça tombe bien, l'antenne de Sud Radio est faite pour ça.
01:030826 300 300. Bonjour Marine.
01:06Oui, bonjour Maxime.
01:07Merci beaucoup d'être avec nous ce midi.
01:09Vous faites partie, Marine, des habitantes du Porges, c'est ça ?
01:14Exactement, et je tiens tout d'abord à vous remercier de nous permettre de nous exprimer sur Sud Radio.
01:18Merci Maxime.
01:19Mais c'est totalement normal, sachant que ça fait quand même plusieurs jours qu'on se focalise énormément sur la
01:24commune du Porges.
01:25D'abord parce qu'il y a eu ces critiques venant des habitants qui semblaient être légitimes avec ces pompiers,
01:30alors que le feu s'apprêtait à dévorer le Porges, missionner pour davantage protéger le Cap Ferré.
01:35On verra ce qu'il en est.
01:36Mais il y a aussi eu, et ça on l'a appris il y a quelques heures simplement,
01:38un collectif de citoyens qui a décidé de mener une action en justice contre l'État.
01:43C'est ça Marine ?
01:45Exactement.
01:46Alors je tiens à préciser que les habitants du Porges n'attaquent absolument pas les pompiers.
01:50Au contraire, on les remercie pour tout ce qu'ils ont fait, on les soutient.
01:54On remercie également profondément tous les agriculteurs, l'ADFCI,
01:59ainsi que tous les bénévoles qui ont ouvré aux côtés des pompiers.
02:03Et on n'attaque absolument pas les pompiers,
02:06on demande juste à l'État de nous donner des explications sur ce qui s'est passé,
02:10puisqu'effectivement...
02:11Alors qu'est-ce qui s'est passé Marine ?
02:13Racontez, parce qu'il y a peut-être des auditeurs qui tombent là actuellement sur votre témoignage.
02:16Vous êtes une habitante du Porges,
02:18et vous avez décidé de mener une action en justice contre l'État.
02:21Expliquez pourquoi concrètement.
02:22Voilà.
02:22Donc en fait, si vous voulez, ce collectif,
02:24il va nous permettre déjà de nous soutenir, de nous entraider dans cette épreuve,
02:28parce que beaucoup n'ont pas eu la chance que j'ai moi d'avoir pu conserver mon domicile.
02:33Beaucoup de mes voisins ont tout perdu.
02:35Donc nous, déjà, notre objectif, c'est de nous entraider
02:38et d'obtenir des réponses claires par rapport au dysfonctionnement
02:40qui ont eu lieu pour nous expliquer,
02:43puisqu'on a été vraiment au cœur de l'incendie
02:46et on entend beaucoup de choses à droite, à gauche,
02:48et ce n'est pas le sujet.
02:49Moi, je voudrais vous apporter un témoignage de fond sur ce qui s'est réellement passé.
02:52Alors allez-y, Marine, racontez.
02:53On a plusieurs problèmes.
02:55C'est que premièrement, l'alarme d'incendie,
02:57la commune qui sonne tous les premiers mercredis du mois,
02:59n'a jamais fonctionné.
03:00Donc on voudrait qu'on nous explique pourquoi cette alarme n'a pas fonctionné.
03:03Faire des essais, c'est bien,
03:04mais si au moment de l'incendie, ça ne sonne pas,
03:06il y a quand même un gros problème pour les évacuations.
03:08C'est-à-dire qu'au moment de l'alerte pour évacuer,
03:10il n'y a eu absolument aucun, on va dire, aucune alarme
03:14ou aucun message clair.
03:16Comment vous avez pu évacuer ?
03:17En venir, on n'a eu aucune alerte, justement.
03:19Donc après, la deuxième chose, c'est l'alerte SNS de la préfecture.
03:22Nous l'avons reçu le vendredi 24 juillet à 16h30,
03:25alors que le feu a démarré le mercredi 22 juillet.
03:28Donc nous n'avons jamais été évacués.
03:29En dehors de l'avenue du bassin qui donne entre le Porges et l'Aige,
03:33a priori, les habitants de cette avenue ont été évacués
03:37par la police le mercredi en fin de journée.
03:39Moi, je n'étais pas là, j'étais dans mon magasin à ce moment-là.
03:42Il y a uniquement un quartier qui a été évacué le mercredi en fin de journée
03:46et à partir de là, plus rien.
03:48Donc pas d'alarme, incendie, pas d'SMS de la préfecture,
03:53aucun ordre d'évacuation, ni des gendarmes, ni de la police.
03:57Moi, j'ai pu regagner mon domicile jeudi
03:59avec un camion de CRS qui était posté sur le rond-point
04:02au bout de mon chemin privatif.
04:04Donc je me suis sentie en sécurité.
04:05Je vois ce camion de CRS, je me dis qu'il y a quoi que ce soit,
04:09ils vont venir nous évacuer.
04:10Et je me suis couchée, mon fils a arrosé les braises
04:12dans le jardin qui tombait pour éviter que notre maison brûle.
04:15Là, il a vu le feu avancer, il est reparti au bout du chemin
04:18et il n'y avait plus de gendarmes.
04:19Donc en fait, on nous a laissés dans nos maisons.
04:21Nous, on se sentait en sécurité,
04:23on nous laisse rentrer chez nous le jeu d'histoire.
04:24Alors attendez, qu'on comprenne Marine aussi pour tous ceux qui nous écoutent.
04:28Globalement, vous étiez en train de revenir chez vous
04:29avec quand même un contexte autour qui n'était pas folichon
04:32parce que vous sentiez bien que l'incendie était en train de se rapprocher.
04:35Et alors que vous apercevez sur votre chemin
04:38peut-être pas des pompiers qui étaient occupés à faire autre chose
04:40mais des policiers, vous vous dites
04:41bah tiens, ils sont là pour surveiller l'évolution de l'incendie
04:44et nous évacuer en temps et en heure.
04:45Et au final, pas du tout, c'est ça ?
04:47Et donc moi, j'ai pensé que le feu était parti dans un autre endroit
04:51et que nous étions en sécurité
04:52puisqu'à aucun moment, ils nous ont dit
04:54ne rentrez pas dans vos habitations.
04:55Il y a eu un ordre d'évacuation.
04:57Jamais on nous a dit il y a un ordre d'évacué
04:59donc on est rentrés chez nous.
05:00C'est-à-dire que même à ce moment-là
05:01quand vous racontez la rencontre avec le camion de CRS Marine
05:04à aucun moment quand vous échangez avec eux
05:06les CRS vous disent
05:07bon, ma petite dame, c'est très sympathique
05:08mais faites vos affaires et tirez-vous
05:10parce qu'il y aura un ordre d'évacuation.
05:11Il n'y a eu aucun échange.
05:12C'est-à-dire qu'ils nous ont vu rentrer chez nous
05:14et il n'y a eu aucun échange à aucun moment.
05:17Ils nous ont dit vous ne devriez pas être là
05:18puisque nous, on était dans un secteur opposé de la ville
05:21et je pense que pour eux, le feu était parti.
05:23Je ne sais pas ce qu'ils se sont imaginés.
05:24Nous, on a pensé qu'il n'y avait pas de danger
05:26puisqu'on nous a laissés rentrer chez nous.
05:28Et puis mon fils, à une heure du matin,
05:29voyant les flammes avancer, a commencé à courir au bout du chemin
05:32pour aller rencontrer ces CRS qui n'étaient plus là.
05:35Et là, il a été alerté par un voisin
05:37qui courait en survêtement avec un masque
05:38et qui essayait d'évacuer les gens du village.
05:41Donc, en réalité, qu'on comprenne bien Marine,
05:43parce que ça fait aussi partie des nombreux témoignages
05:45qu'on reçoit depuis quelques temps,
05:47en réalité, c'est que vous, la commune du Porges,
05:50à part les quelques pompiers à un moment qui sont restés sur place,
05:52vous avez dû vous débrouiller tout seul.
05:56Vous étiez en autonomie pratiquement.
05:58On était totalement en autonomie.
06:00On n'a eu aucune alerte, aucune évacuation,
06:02ni par l'arme, ni par l'art SMS,
06:04ni par la présence des gendarmes ou des policiers.
06:06Et en fait, c'est entre voisins qu'on s'est entraînés
06:09et qu'on s'est réveillés les uns les autres
06:11et qu'on a effectué un convoi pour partir au milieu des flammes.
06:14Donc, je peux vous dire que c'est quelque chose que je ne souhaite à personne.
06:16Parce que quand vous êtes avec vos enfants en train de traverser les flammes
06:19avec des maisons, des voitures qui brûlent des arbres
06:21et que vous ne savez pas où aller
06:23et que vous n'avez aucune instruction et personne pour vous indiquer quoi faire,
06:27après, on ne fait absolument pas de reproche aux pompiers.
06:31Ils se sont battus comme ils ont pu.
06:33Ils ont fait ce qu'ils ont eu à faire.
06:35Mais après, je ne comprends pas pourquoi on n'a pas eu plus de renforts de pompiers
06:38des communes alentours.
06:40Pourquoi, apparemment, ils ont dû partir ?
06:42Parce que c'est les indications qu'on a eues.
06:44Moi, je ne les ai pas vus des pompiers.
06:45Je n'ai pas vu ni gendarmes, ni policiers, ni pompiers.
06:47Je ne dis pas qu'ils nous ont abandonnés.
06:48Ils ont eu certainement des ordres.
06:50Mais j'aimerais comprendre pourquoi ils n'étaient pas là
07:02pour qu'il n'y ait pas de pompiers, pas de CRS
07:05et que, comme le disent certains, y compris parmi les pompiers,
07:08qu'ils aient reçu, apparemment, des ordres d'évacuer
07:11pour protéger le Cap Ferret, c'est ça ?
07:13Alors, ça, moi, je ne veux pas rentrer dans cette polémique, si vous voulez.
07:16Non, mais ça fait partie, je veux dire, d'ensemble des polémiques
07:18sur lesquelles, vous, par cette plainte,
07:20vous espérez avoir des réponses, dans ce sens-là.
07:21Voilà. Dans tous les cas, moi, je ne veux pas polémiquer.
07:24Ce n'est pas moi qui ai la réponse de savoir pourquoi ils sont partis ou non.
07:27Certains disent qu'ils n'ont pas pu se battre plus que ça.
07:30Je ne sais pas.
07:30Moi, les réponses, je ne les ai pas. C'est à l'État de nous les donner.
07:33La seule chose que je sais, c'est qu'à l'heure actuelle,
07:35on a un village avec 187 maisons qui ont brûlé.
07:39On n'a plus d'école.
07:40Ça va être très long de reconstruire.
07:41Il y a énormément de sinistrés, des gens qui ont tout perdu.
07:44Leur logement, leur vie, leurs souvenirs,
07:46leur activité professionnelle.
07:47Et qu'en fait, notre village a été abandonné,
07:51même si les pompiers ont fait ce qu'ils ont pu au départ.
07:53Par contre, moi, ce que j'ai vu, c'est des agriculteurs,
07:56des bénévoles, des gens de la BFTI
07:58qui luttaient contre les flammes
07:59avec manque d'équipement certains
08:02et qui ont fait ce qu'ils ont pu au péril de leur vie aussi.
08:04Et qu'on a été vraiment accompagnés par tous ces gens.
08:07Et je tiens à les remercier.
08:08La seule chose, c'est que pour le reste,
08:09on aimerait des réponses claires sur l'abandon de l'État
08:12puisqu'on a été réellement abandonnés.
08:14Les raisons, je ne les connais pas.
08:16Et qu'avec l'aide du collectif et de notre avocat,
08:18Maître Sylvain Gallina,
08:19on aimerait mettre la lumière là-dessus.
08:21Et surtout, le but, c'est que plus personne ne se retrouve dans la situation que nous avons eu.
08:27Vous l'avez évoqué, notamment, une traversée des flammes et autres
08:30qui est excessivement compliquée.
08:31Merci beaucoup, Marine, d'avoir été avec nous
08:33et d'avoir pris le temps de témoigner sur l'antenne de Sud Radio
08:40pour cette initiative de porter plainte via un collectif contre l'État.
08:44Et avec la situation que vous nous décrivez,
08:46c'est plutôt logique, en effet, que quelques questions se bousculent.
08:50Merci beaucoup d'avoir été avec nous ce midi.
08:510826 300 300, alors qu'il est midi 12 sur Sud Radio.
08:54On vous retrouve, Cédric, bonjour.
08:56Oui, bonjour.
08:57Merci beaucoup d'être avec nous sur Sud Radio, Cédric.
09:00Vous, vous êtes traiteur réunionnais
09:01et vous faites partie, justement, de ce magnifique élan de solidarité nationale
09:05qu'on voit absolument partout.
09:07Et vous faites partie de ceux qui, visiblement, travaillent dans la restauration
09:10et qui apportaient des repas, c'est ça ?
09:12Oui, tout à fait.
09:13Et justement, j'ai commencé, d'ailleurs, au Porges,
09:16la veille de l'évacuation du Porges.
09:19On a commencé par apporter une centaine de repas
09:23pour les bénévoles et les pompiers.
09:25Et le soir même, on nous a demandé de partir en urgence
09:27parce que le lendemain, le soir même, le Porges a été évacué.
09:32Et le lendemain, ça brûlait.
09:34Et du coup, on est arrivé après à Sainte-Hélène
09:36pour continuer notre action.
09:38Il y a un poste de commandement qui est posé là-bas à Sainte-Hélène.
09:41Et du coup, nous continuons chaque jour, à part ce week-end,
09:45nous continuons donc à faire à manger
09:46pour aider un petit peu à notre manière
09:49les différentes personnes qui gravitent autour de ce drame.
09:53Et ça veut dire que vous, vous êtes concentré sur quoi ?
09:56Sur plutôt les pompiers ?
09:59Ou est-ce que vous vous êtes concentré sur les personnes évacuées
10:01qui étaient notamment rassemblées dans certains points ?
10:03Comment vous êtes réparti la chose, vous, Cédric ?
10:05Alors, là où nous sommes, nous, c'est le point de commandement.
10:08Donc, du coup, il y a des bénévoles...
10:10En fait, Sainte-Hélène avait été évacué, en fait.
10:12Donc, du coup, le temps, la semaine où on a fait à manger là-bas,
10:16il y avait uniquement les quelques bénévoles qui étaient là,
10:20ainsi que les pompiers.
10:21Et c'est eux qui nous avons nourris en priorité
10:25puisqu'il n'y avait pas de personnes sinistrées,
10:26puisque la ville avait été évacuée.
10:27Voilà.
10:28Depuis hier, les gens ont pu réintégrer leur ville, leur village.
10:32Voilà.
10:33Mais sinon, pour les jours précédents, en tout cas,
10:35c'était exclusivement les personnes qui aidaient à ce que ce feu s'éteigne.
10:40Et comment ça s'est passé, même pour vous ?
10:42Parce que j'imagine que vous travaillez un peu gratuitement.
10:45Quels sont les retours que vous avez ?
10:46Comment vous êtes organisé avec votre équipe ?
10:48Ce n'est pas trop de pertes.
10:49Enfin, je veux dire, la solidarité, c'est formidable.
10:51Mais comment vous avez réussi à provoquer tout ça ?
10:53Parce que certes, on donne la parole à tous ceux qui prennent cette initiative,
10:57mais il y en a aussi beaucoup qui ne l'ont pas prise.
10:58Racontez-nous.
10:59Alors, du coup, je l'ai fait de manière spontanée
11:02sur la trésorerie que j'avais,
11:03puisque du coup, nous ne pouvons pas travailler,
11:06parce qu'on fait quand même pas mal de marchés nocturnes,
11:08de marchés gourmands.
11:08Donc, on avait de la marchandise.
11:09Et du coup, cette marchandise-là,
11:11on l'a mise au service des pompiers
11:12et de l'action que nous avons menée.
11:13Et par la suite, j'ai dans mon entourage
11:16des amis qui ont mis une cagnotte en ligne
11:19pour faire un appel aux dons
11:20pour permettre qu'on continue notre action.
11:23Et du coup, ça a permis vraiment,
11:26ça a fait complètement levier.
11:27Donc, les dons sont arrivés,
11:29ce qui nous a permis, nous,
11:30d'augmenter les volumes,
11:32de servir entre 400, 500, voire 600 repas jour.
11:36Vous êtes devenue une petite cantine, là, Cédric.
11:39Oui.
11:40Il faut changer d'échelle, Cédric.
11:42Là, c'est fini, l'échelle locale.
11:43Il faut penser plus grand.
11:44Il faut penser région.
11:45Il faut penser France.
11:46Il faut penser planète et Europe, Cédric.
11:49Mais en fait, c'était tellement challengeant
11:51que derrière, on ne s'est pas posé la question.
11:54On a fait des courses en volume.
11:55On a aussi eu des dons par des banques alimentaires,
11:57des choses comme ça.
11:58Donc, en fait, le tout bout à bout,
11:59on se retrouvait avec un gros volume de marchandises.
12:02Donc, du coup, on s'est dit, on y va, on fonce,
12:05on cuisine, on cuisine.
12:06Donc, en fait, on cuisine toute la journée sur le site
12:08pour permettre de répondre un petit peu à la demande
12:10parce que les pompiers mangeaient le midi et le soir
12:12et du coup, il y avait même une navette
12:14qui se permettait de...
12:15On conditionnait, en fait, nos plats en bloc avec des couvercles
12:18pour que ce soit amené, justement, sur place
12:20parce que les pompiers ne rentraient pas.
12:22Et l'expérience humaine aussi, Cédric,
12:24quand même, doit être quelque chose de très singulier.
12:26L'échange avec les pompiers,
12:27surtout après des heures et des heures à combattre le feu,
12:29même avec les habitants, avec ceux qui se sont évacués.
12:32Là, on ne parle pas uniquement d'une initiative gastronomique.
12:34Je veux dire, même, j'imagine, humainement,
12:35vous avez dû faire des rencontres,
12:37vous avez dû avoir des témoignages,
12:38vous avez dû avoir des discussions,
12:39j'imagine, très fortes.
12:42Exactement, excusez-moi, t'as mis un vœu ?
12:44Mais je vous en prie, je vous en prie, Cédric.
12:46Surtout quand on a passé autant de temps à...
12:48Excusez-moi.
12:48Mais je vous en prie, une fois plus, Cédric,
12:50c'est pas grave, c'est ce qu'on appelle la vie.
12:51Il n'y a plus grave.
12:52Et on sent à quel point l'investissement,
12:54avec l'énergie que vous dégagez ici à l'antenne,
12:56on sent que c'est un investissement de chaque minute.
12:58Et une fois plus, j'en ai fait une blague,
12:59mais quand vous évoquez cette quantité industrielle
13:02de repas que vous faites,
13:03on sent, factuellement,
13:05ça a été un changement assez hallucinant.
13:09Du coup, hier, il y a quelques casernes
13:12qui ont été relevées, donc qui partaient,
13:13ils sont venus nous voir, on a fait des photos ensemble.
13:15On a fait quelques photos ensemble pour marquer le coup,
13:17parce qu'humainement, ce qui s'est passé,
13:18je pense que personne n'était prêt à vivre ça,
13:21que ce soit sur l'amplitude du drame à travers le feu.
13:25Je pense à mes amis porges également,
13:27parce que nous, nos marchés nocturnes
13:28étaient faits aussi aux porges, en fait.
13:32Leur village a brûlé.
13:34Pardon, leur village a brûlé,
13:35et ils se retrouvent sans rien aujourd'hui.
13:38Oui, ça ne m'a pas laissé indifférent.
13:40Moi, j'ai eu la chance quand même d'avoir mon toit.
13:41Au-delà de l'action qu'on a menée,
13:43si vous voulez, moi, je rentrais chez moi le soir.
13:46Je retrouvais mon chez moi,
13:47et si vous voulez, je me devais de participer à ma manière
13:52pour répondre à ça.
13:53Mais l'expérience humaine a complètement dépassé
13:56ce côté, comme vous dites, gastronomique,
13:58où on servait du carré poulet.
14:00Les pompiers sont venus, nous ont fait des retours de fous.
14:02Ils ont, sur les réseaux sociaux,
14:03ça a été un vrai engouement aussi de leur part.
14:05Ils n'ont cessé de nous remercier
14:07du fait de pouvoir manger des plats chauds,
14:08du carré poulet et du rougail saucisse,
14:10là-bas sur le front.
14:11Cédric, moi, j'allais poser ensuite les vraies questions,
14:13parce que c'est très sympathique, l'émotion.
14:15Traiteur réunionnais, qu'est-ce que vous nous faites de bon ?
14:17Par exemple, j'ai la dalle, je viens chez vous,
14:18qu'est-ce que je viens manger ?
14:21Au départ, en temps normal, on fait des samoussas,
14:23on fait des bouchons par combava.
14:25Voilà, et après, en repas, on propose souvent
14:27ou du rougail saucisse, ou du carré poulet,
14:29voire même du sauté de crevettes aux légumes,
14:30un plat qu'on a réussi à proposer aussi là-bas,
14:32dans le point de commandement, à Sainte-Hélène.
14:34Cédric, est-ce que je peux me permettre
14:36un propos risqué avec vous, là, à l'antenne ?
14:38Oui.
14:39Cédric, entre nous, je pense que le rougail saucisse
14:41est l'un des plats les plus sous-cotés de ce pays.
14:45C'est vrai qu'à chaque fois qu'on est amené
14:47à faire un rougail saucisse, en général,
14:49c'est très apprécié, et en général,
14:52même les pompiers, là, on l'a fait deux fois
14:54sur la semaine, waouh, on a un retour très positif,
14:58et même à l'année, quand on le fait
14:59sur nos points de vente, sur nos marchés,
15:01je vous avoue que c'est un plat qui a la cote, oui, tout à fait.
15:03Mais est-ce qu'il ne faudrait pas même plaider à l'occasion,
15:06l'autre jour, avec des camarades de la rédaction
15:08que je ne citerai pas, mais Antoine et Albin,
15:10on s'était intéressés au classement gastronomique
15:13des Français.
15:14Bon, alors, est-ce qu'il ne faudrait pas, finalement,
15:16faire une grande action, on pourra en parler hors antenne,
15:18pour peut-être que le rougail saucisse
15:20remonte dans ce classement ? Parce que moi, je n'accepte pas
15:22à titre personnel que la raclette soit l'un des plats
15:24favorisés français. Je vous le dis, Cédric,
15:26est-ce qu'on ne veut pas engager
15:28une remontada, vous et moi ?
15:30Écoutez, pour justement remettre un peu de peps
15:32et d'énergie au travers de tout ce qu'on vient de traverser,
15:34ce serait une excellente idée,
15:36voir dans quels critères on peut rentrer le rougail saucisse
15:38au patrimoine de l'UNESCO.
15:41Mais Cédric, vous avez entièrement raison.
15:42Vous avez entièrement raison. Moi, je suis pour ce titre d'action.
15:45Merci beaucoup d'avoir été avec nous, Cédric.
15:46Et je vous dis encore un dernier mot, Cédric. On a de la chance
15:48de vous avoir. Merci encore pour tout ce que vous faites, sincèrement.
15:51Merci à vous.
15:53Merci beaucoup, Cédric, d'avoir été avec nous
15:54au 0826 300 300.
15:56Et on arrive aussi pour le... On n'a pas besoin des incendies,
15:59on arrivera à tester le rougail saucisse
16:00dans les prochaines semaines sans trop de difficultés.
16:02Merci beaucoup, Cédric, d'avoir été avec nous
16:04au 0826 300 300. Il est midi 19.
16:07On vous reçut la conversation.
16:08On sera notamment avec Jérôme, qui a entendu
16:10tout à l'heure son collègue, Mathieu.
16:13Ça fait partie des personnes, des habitants
16:14qui regagnent leur commune, mais qui ont décidé
16:16de former, si vous voulez, des petites brigades.
16:18Parce que même, au plus profond
16:20des événements pénibles de ce pays,
16:22il y en a qui volent les camions de pompiers,
16:25qui volent les tenues, tout ça
16:26pour faire du pillage, tout ça pour faire du cambriolage,
16:28tout ça pour voler. Ça fait partie
16:30aussi des choses à gérer, dont on ne parle
16:32peut-être pas assez, et à qui, nous,
16:34ici sur Sud Radio, on a eu envie
16:37de donner la parole. À tout de suite.
16:45Il est midi 22 sur Sud Radio, 0826 300 300.
16:48Vous le savez, depuis les événements
16:50du côté de la Gironde, ces incendies
16:52qui ravagent cette partie du pays,
16:54avec, bien sûr, d'abord la stupeur,
16:56la stupéfaction, la situation qu'on devait suivre.
16:58Il y a maintenant les conséquences
16:59avec des communes qui, d'une certaine manière,
17:01rouvrent leurs portes, des conséquences économiques.
17:03On en a parlé ici sur Sud Radio.
17:04Et puis, il y a aussi les conséquences.
17:06C'est toujours étonnant dans ce type de circonstances.
17:07Mais oui, sécuritaires.
17:09Sécuritaires parce qu'il y a des communes
17:10qui ont été ravagées par les incendies
17:12qui, aujourd'hui, se font piller,
17:14se font cambrioler.
17:16Et c'est pour ça que certains habitants
17:17ont décidé de se réunir sous forme de brigade.
17:19Je ne sais pas si on peut l'appeler comme ça.
17:21On va lui poser la question.
17:22Bonjour, Jérôme.
17:23Bonjour.
17:24Merci beaucoup d'être avec nous
17:25sur l'antenne de Sud Radio.
17:26On a eu l'un de vos camarades,
17:28si je peux le dire ainsi tout à l'heure, Mathieu.
17:30Vous, c'est vrai que vous êtes aussi
17:31sur la commune du Porges, c'est ça ?
17:33Oui, tout à fait.
17:35Oui, donc Mathieu est mon ami.
17:36Nous avons pris l'initiative
17:37avec de nombreux pangés
17:39à préserver les maisons
17:42qui sont restées debout.
17:44Nous avons eu plusieurs vagues
17:47de pilleurs, si je peux dire,
17:50des pilleurs qui venaient en repérage
17:53et qui ont essayé de rentrer dans nos maisons.
17:56Vous avez été témoin de ça, Jérôme ?
17:58Avec la situation assez apocalyptique,
18:01en réalité, c'est pour ça que je vous pose
18:02des questions qui peuvent vous sembler
18:03totalement bêtes et naïves,
18:04mais on a du mal à imaginer
18:06que pendant que tout le monde crame,
18:07il y ait 3-4 qui restent
18:08pour essayer de piller les maisons.
18:09Vous, c'est sur le retour ?
18:10C'est en pleine nuit ?
18:11À quel moment vous avez aperçu
18:12les rôdeurs et les pilleurs ?
18:14Alors, on en a eu en plein jour
18:16et en pleine nuit.
18:17Il y en a eu qui ont été très osés,
18:18qui sont venus essayer
18:20de se faire passer
18:21pour des pompiers,
18:23des porges pour aider.
18:25Ils se baladaient avec des cuves noires
18:27pour charger les marchandises
18:29qui pônaient dans les maisons.
18:32Donc, voilà.
18:33Bon, il y a eu beaucoup d'interpellations.
18:35Il y a eu beaucoup d'interpellations.
18:36La gendarmerie, au départ,
18:38les dispositifs n'étaient pas en place.
18:40Là, ils sont arrivés depuis 2 nuits.
18:43Ce qui nous rassure un petit peu, quand même.
18:46Mais les premiers temps, non,
18:47il n'y avait personne.
18:48On était seuls.
18:49Seuls.
19:02Sous-titrage Société Radio-Canada
19:31Merci.
20:01Merci.
20:31Merci.
21:01Merci.
21:31Merci.
22:01Merci.
22:31Merci.
23:01Merci.
23:31Merci.
24:01Merci.
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