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  • il y a 2 jours
Avec ses invités, Thierry Cabannes débattent des thèmes forts de la journée.

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Transcription
00:00On va prendre la direction de Biscarros maintenant.
00:03Pourquoi on va prendre la direction de Biscarros ?
00:05Nous sommes avec Éric Dufréchamp.
00:08Merci d'être avec nous, Éric.
00:11Merci parce que c'est courageux si on a décidé de vous donner la parole.
00:15C'est que votre situation est difficile.
00:19Vous êtes chef d'entreprise dans le BTP, m'a-t-on dit,
00:22et vous faites partie des gens qui ont beaucoup perdu, en tous les cas, dans cet incendie.
00:28C'est bien cela, Éric.
00:30Et merci d'accepter de témoigner, parce que ce n'est peut-être pas facile d'accepter de témoigner sur
00:34CNews et sur Europe 1 ce soir,
00:36vu les conditions dans lesquelles vous vous trouvez.
00:37Racontez-nous un peu les circonstances.
00:41Alors, oui, je suis chef d'entreprise à Biscarros.
00:43Comme nombreux collègues, j'ai perdu mon outil de travail.
00:47À Biscarros, beaucoup ont perdu leur maison.
00:50C'est plus important encore, c'est plus dur.
00:52Donc, c'est plus difficile pour eux que pour nous, malgré tout.
00:56Aujourd'hui, on se serre les coudes entre nous.
00:59Il y a vraiment une entraide énorme, énorme entre artisans, collègues.
01:05C'est vraiment très, très, très, très bien.
01:07Et oui, moi, j'ai perdu mon dépôt le jeudi soir.
01:09Je pense à 21h, quelque chose comme ça, il a brûlé et tout dedans.
01:13Donc, je n'ai plus rien.
01:15Mais je ne suis pas le seul.
01:16Donc, voilà, on est bien obligé de faire face et d'être là.
01:22On se pose des questions quand ça arrive.
01:25Est-ce qu'on va continuer, pas continuer ?
01:27On a des employés.
01:29Qu'est-ce qu'ils vont devenir ?
01:30Comment ça va se passer pour eux ?
01:32Voilà, toutes ces questions, on se les pose.
01:35Comment voyez-vous l'avenir, Eric Dufraichon ?
01:37Parce que je crois que vous avez cinq salariés.
01:41Vous avez eu des véhicules qui ont brûlé.
01:44Ce n'est pas simple quand on est patron d'une PME.
01:48Comment voyez-vous l'avenir ?
01:49C'est peut-être un petit peu tôt de vous poser cette question.
01:51Mais je me permets de vous la poser quand même.
01:53Vous pouvez.
01:54J'y ai réfléchi, sincèrement.
01:56On est des TPE même.
01:58On est toutes petites entreprises.
01:59Donc, je pense qu'on est nombreux.
02:02Mais l'entraide va me permettre
02:05et mes collègues vont me permettre
02:07de me relancer assez rapidement.
02:08Alors, moi, je suis en peinture bâtiment.
02:09Donc, c'est peut-être plus simple que certains métiers
02:11parce qu'on n'a pas besoin de grand-chose,
02:14on va dire, comme matériel.
02:16Même s'il faut racheter,
02:17il faut se remettre en place.
02:18Mais des collègues vont nous prêter des véhicules,
02:20un dépôt, des échelles.
02:22Voilà.
02:23Donc, je vais, grâce à eux,
02:25avoir envie de repartir.
02:26Et grâce à mes employés qui, eux aussi,
02:29puisque la question se pose,
02:30ont envie aussi de repartir et de recommencer.
02:32Donc, nous, ça sera peut-être plus rapide que certains.
02:35Et là aussi, Eric,
02:37Dufreschon, on ne cesse de le dire.
02:39Il y a une énorme solidarité
02:41qui s'opère auprès des sapeurs-pompiers.
02:45Tout le monde se serre la main,
02:47se serre les coudes.
02:48Et là, c'est un bel exemple de solidarité
02:51en fonction de votre témoignage
02:52puisque des collègues à vous vont vous aider.
02:55Et ça, c'est magique quand même.
02:56Dans une société dont on dit
02:57qu'elle est particulièrement fracturée,
02:59je pense que ça vous fait chaud au cœur.
03:01Et c'est important de le rappeler sans doute.
03:04Tout à fait, pardon.
03:05Mais oui, tout à fait.
03:06C'est vraiment ce qui a fait basculer.
03:08C'est un état.
03:09Alors, il y a les collègues,
03:11les clients, les habitants,
03:14les gens qui vous connaissent,
03:14qui vous envoient des messages de soutien.
03:18On est là s'il y a besoin.
03:19Enfin voilà.
03:19Donc, c'est vraiment, vraiment,
03:21tout le monde se serre les coudes.
03:22Je tenais à, si je peux, en profiter.
03:25Je tenais vraiment à remercier
03:28sincèrement et profondément
03:30tous les pompiers, bien sûr,
03:31qui sont intervenus et qui continuent à intervenir.
03:34Tous les gens qui ont été bénévoles,
03:36et la gendarmerie, bien sûr,
03:38et la police.
03:39Tous les gens qui se sont donnés
03:40tous les jours à fond.
03:42Et bien sûr, les élus de Biscarros,
03:45il ne faut pas les oublier.
03:45Madame le maire de Biscarros,
03:47qu'on n'a pas trop vus
03:49sur les réseaux ou autres,
03:52qui a fait son travail
03:53et qui l'a bien fait
03:54et qui a essayé de faire au mieux
03:55pour les habitants.
03:56Donc, j'espère que tout le monde
03:58sera reconnaissant du travail effectué
04:00par ces gens-là.
04:02Et comprendrons aussi
04:03que certaines zones ont été coupées,
04:06fermées pour permettre
04:08aux gens sinistrés de se retourner.
04:11Et oui, le tourisme est important.
04:14La ville de Biscarros en vit beaucoup.
04:17Et beaucoup Biscarros-Plage.
04:18Donc, on veut que les gens viennent
04:19à Biscarros-Plage.
04:21Les touristes viennent, bien sûr,
04:22puisque c'est aussi ce qui nous fait vivre.
04:24Mais par contre,
04:26il y a des moments où dans la vie,
04:28il y a des choix à faire.
04:28Et le choix était à faire
04:30d'aider les sinistrés.
04:32Et je suppose, Éric de Fréchon,
04:35et ce sera ma dernière question,
04:36que cette solidarité, cette aide,
04:38ça n'efface pas évidemment
04:39le traumatisme auquel vous êtes confrontés
04:41avec ce qui vous arrive.
04:44mais ça vous permet peut-être
04:46de mieux passer le cap
04:48ou de mieux accepter ce qui vous arrive.
04:51Mais complètement.
04:53Je vous dis sincèrement,
04:54si personne m'avait tendu la main,
04:57je me serais certainement arrêté
05:00et j'aurais fait le nécessaire.
05:03Après, il y a des choses à voir
05:05dans le futur proche
05:07par rapport à l'État.
05:09Quelle prise en charge ?
05:09Comment ça va se passer ?
05:11En sachant qu'il faut quand même avoir en tête
05:12qu'un salarié au chômage partiel,
05:14il va perdre 500 euros de salaire,
05:17enfin, entre 400 et 500 euros de salaire par mois.
05:20Nous, on va devoir payer une partie de ce salaire-là,
05:22alors qu'on n'a pas d'activité.
05:24Enfin, moi, peut-être,
05:24je vais en retrouver une rapidement,
05:25mais d'autres.
05:26Voilà.
05:26Donc, tout ça, c'est compliqué.
05:28Donc, ça serait bien qu'effectivement,
05:31pas le quoi qu'il en coûte,
05:32mais que l'État éclaircisse ça rapidement
05:35pour que les gens puissent se positionner.
05:38Merci, je vous remercie chèreusement
05:39d'accepter de témoigner
05:41parce que c'est important, c'est aussi ça.
05:42Il faut parler de gens comme vous, évidemment,
05:44qui ont beaucoup perdu.
05:45Et votre optimisme fait plaisir à voir.
05:48Et c'est bien également d'avoir ce type de témoignage
05:50et cette grande solidarité, Philippe de Gesta.
05:54C'est bien, il faut la montrer aussi.
05:55C'est ça, la réalité.
05:56C'est ça, la réalité.
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