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  • il y a 3 heures
NOS FOLLES ANNÉES 1980. On retient de lui un ton, de grandes lunettes rondes et sa salopette, mais Coluche c’était aussi un engagement sans relâche contre la misère, le racisme et les discriminations. Pour Code Source, son fils, Marius Colucci, raconte le parcours de Coluche. 


Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Clémentine Spiler, Barbara Gouy, Thibault Lambert et Marin Guillon Verne - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Archives : Ina.

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Transcription
00:01Bonjour, c'est Clara Garnier-Amouroux pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:07Cet été, Codesource vous propose de vous plonger dans les années 80.
00:11Les restaurants bouqués en de Coluche, ça marche.
00:13Une décennie devenue culte qui a bouleversé la culture populaire et nos modes de vie.
00:17Les radios libres ont désormais existence légale.
00:20Sur les ondes, les radios libres encore neufs, délimités fermement à la territoire.
00:24Musique, humour, médias et même de nouvelles façons de faire la fête.
00:28Voilà, c'est le cœur de Paris, c'est l'endroit à l'avenir.
00:31Les années 80 ont imposé de nouveaux codes et révolutionné le paysage culturel français.
00:37Il est 8h, ouverture de l'antenne de Canal+.
00:42Il est arrivé de te raconter à tous dans la rue.
00:51Aujourd'hui, premier épisode, Coluche.
00:55De Montrouge dans la banlieue sud de Paris, au café-théâtre parisien, puis au plateau de cinéma,
01:01Coluche a même tenté de s'installer à l'Elysée.
01:04C'était en 1981, une candidature à la présidentielle annoncée comme une blague,
01:09mais qui a suscité l'enthousiasme des Français avant de mal tourner.
01:13Coluche, c'est un ton, une salopette, des sketchs devenus cultes, mais aussi un engagement.
01:18Ses restos du cœur, des centres de distribution de nourriture pour les plus précaires,
01:23perdurent encore aujourd'hui, 40 ans après sa disparition dans un accident de la route.
01:28On retrace la vie de Coluche, aujourd'hui dans Code Source, avec son fils, le comédien Marius Colucci.
01:33Il vient de sortir avec son frère Romain et l'animateur Michel Donizot,
01:37« Coluche éternel », un recueil de textes comiques prononcés par Coluche.
01:47Marius Colucci, le jeudi 26 septembre 1985,
01:50Coluche est en direct sur la radio Europe 1 et il lance une idée.
01:54J'ai une petite idée comme ça, si des fois il y a des marques qui m'entendent,
01:58je ferai un petit peu de publicité tous les jours,
02:00s'il y a des gens qui sont intéressés par sponsorer une cantine gratuite,
02:06qu'on pourrait commencer par faire à Paris par exemple,
02:08et qu'on étalerait après dans les grandes villes de France.
02:11Celle d'une cantine, où de la nourriture serait distribuée gratuitement aux plus pauvres pendant l'hiver.
02:16Ouais, alors effectivement, il avait eu cette idée qui lui trottait dans la tête.
02:20Coluche, il est né en 44, il a eu une enfance très difficile,
02:25il n'avait pas de père, sa mère avait des maladies dans tous les sens,
02:29donc elle a été très souvent hospitalisée, il vivait avec sa grande sœur.
02:33Et notamment, il y a un événement qui l'avait pas mal marqué,
02:35c'était l'hiver 54, où il y avait eu l'appel de l'abbé Pierre,
02:40pour aider les gens qui avaient eu froid,
02:43et je pense que ça lui avait toujours trotté un petit peu dans la tête.
02:46Et lui, comme là il était arrivé à un stade où il était plus pauvre du tout,
02:51et puis à un stade de notoriété,
02:53où il pouvait avoir une influence sur l'opinion publique,
02:57il s'est servi de ça pour faire, non pas de la politique,
03:01mais pour faire du social,
03:03et lancer cette idée, effectivement, de cantine, de resto du cœur,
03:08un truc gratuit pour les gens qui n'ont pas les moyens de bouffer.
03:13Alors vous allez nous raconter comment cette petite idée de 85,
03:16conçue pour ne durer que quelques mois au départ,
03:19perdure encore aujourd'hui.
03:20Mais avant, on va revenir ensemble sur la vie de votre père,
03:23on ne pourra bien sûr pas être exhaustif.
03:24Coluche naît Michel Colucci, le 28 octobre 1944, à Paris.
03:29Il grandit à Montrouge, dans la banlieue sud de Paris.
03:32Son père est un immigré italien et peintre en bâtiment.
03:35Il meurt de la polio quand Michel a 3 ans.
03:37Michel grandit dans un petit appartement avec sa mère et sa sœur.
03:40Quel genre d'enfance est-ce qu'il a ?
03:41C'est une enfance pauvre, après, ça n'empêche pas de s'amuser et de vivre gaiement.
03:46Ma mère me racontait que quand il était petit,
03:49il avait été dîner chez un de ses amis d'école.
03:53Donc ils étaient 4, il y avait lui, son ami et les 2 parents de son ami.
03:58La mère est arrivée avec une poêle dans laquelle il y avait 2 oeufs au plat.
04:02Elle a dit, alors Michel, un peu de jaune, un peu de blanc ?
04:05Parce que les 2 oeufs au plat, c'était pour eux 4.
04:07Et voilà, des anecdotes comme ça sur la pauvreté et la misère, il en avait beaucoup.
04:14Après, est-ce que c'est cette époque-là qui lui a forgé cette façon justement de dépasser la misère
04:21et de rire quand même et de savoir regarder toujours les choses sous un angle amusé et amusant ?
04:27Oui, sans doute un peu.
04:29Il arrête l'école après le collège et son adolescence est mouvementée.
04:32Oui, alors effectivement, c'est-à-dire qu'à Montrouge, à cette époque-là,
04:37c'est une banlieue très populaire, c'est une banlieue rouge, comme le chantait Renaud.
04:43Et justement, les chansons de Renaud montrent assez la vie qu'il pouvait y avoir à cette époque-là
04:49avec un peu de délinquance, ce qu'on appelait les voyous à l'époque.
04:53Et bon, ben voilà, Michel, il faisait des conneries.
04:56Il avait été engagé par un type pour être inquièteur d'immeubles.
04:59Donc ça consistait à sonner à toutes les portes, à taper dans les portes en disant
05:04« ouvrez-nous, ouvrez-nous ! » pour faire peur aux gens.
05:05Et après, il y avait un autre mec qui venait et qui vendait des alarmes.
05:08Et voilà, il était payé par ce type-là.
05:10Donc ils ont fait un peu des conneries avec ses copains de l'époque.
05:16Pas plus que n'importe quel autre enfant de cette époque-là, en fait.
05:21Il n'y a rien d'extraordinaire à creuser de ce côté-là chez Coluche.
05:25Mais oui, effectivement, c'était une époque où il y avait du système D.
05:29Et le système D, des fois, ce n'est pas loin de la délinquance aussi.
05:34Entre débrouille et délinquance, ça dépend depuis combien de temps on n'a pas mangé, en gros.
05:38À partir de ce moment-là, il fait toute une série de petits boulots.
05:41Il a fait plein de trucs.
05:41Il a fait fleuriste avec sa mère qui était fleuriste.
05:44Il a fait serveur, mais il était nul.
05:46Ils l'ont mis à la caisse, c'était pas mieux.
05:48Ils l'ont mis au bar, c'était une catastrophe.
05:51Ils faisaient ça dans un cabaret du 5e arrondissement.
05:56Et donc finalement, ils l'ont pris, ils l'ont gardé pour annoncer les numéros qui allaient passer.
06:02C'était un cabaret, donc il y avait des gens qui venaient chanter.
06:04Il y avait des humoristes, il y avait des prestidigitateurs.
06:08Plein de styles de numéros.
06:09Puis en fait, petit à petit, lui et les autres, parce qu'il y avait Moustaki et notamment Romain Bouteille,
06:16qu'il a déjà rencontré à cette époque-là.
06:18Ils étaient plus drôles finalement pour annoncer les nouveaux numéros qui allaient passer.
06:22Qu'à un moment, les gens venaient pour les voir eux.
06:25Et donc c'est là qu'ils se sont dit, tiens, il y a peut-être un autre truc à
06:28faire.
06:28Et ils ont décidé de créer le Café de la Gare.
06:30Romain Bouteille, qui est donc un comédien et un auteur de théâtre.
06:34Ensemble, ils décident de créer ce Café-théâtre dans une ancienne fabrique de ventilateurs.
06:39Le Café de la Gare ouvre en 1969.
06:41Racontez-nous ce qui s'y passe.
06:43En fait, le vrai cerveau derrière le Café de la Gare, c'est Romain Bouteille.
06:48C'est un peu le mentor de Coluche qui va lui apprendre à décrypter l'actualité.
06:54Et qui va lui expliquer un peu des Karl Marx, des bouquins que Coluche n'a jamais lus, mais que
07:00lui avait lus.
07:01Et Romain Bouteille, c'est un anarchiste.
07:03Mais pas dans le sens révolutionnaire, il ne veut pas tout foutre par terre.
07:06C'est juste qu'il n'aime pas la hiérarchie.
07:08Il trouve que c'était une époque très en vogue, après mai 68 et même un peu avant.
07:13Cette idée que la hiérarchie, finalement, ça n'amène que de la frustration.
07:19Et que l'anarchie, il y a une certaine liberté.
07:22Et il expliquait très simplement qu'ils ont commencé à faire des travaux pour créer des gradins, pour créer une
07:28scène, pour installer les projecteurs, des trucs comme ça.
07:31Et puis quand il y avait des types qui passaient, ils disaient, qu'est-ce que vous faites ?
07:34Ils disaient, on est en train de créer notre théâtre, tu veux nous filer un coup de main ?
07:37Et le mec disait, ah ouais, ouais, carrément, pourquoi pas ?
07:39Et du coup, ce théâtre a vu le jour.
07:42Et ensuite, ceux qui étaient restés et qui avaient bossé, c'est ceux qui y jouaient.
07:47Et du coup, ils ont monté la compagnie comme ça.
07:50Mais au début, c'était très anarchiste et très à l'huile de coude.
07:56De toute manière, dans les milieux artistiques, on n'a jamais un radis, il faut tout faire à la bonne
08:01volonté.
08:01Et c'est comme ça qu'ils ont fait le café-théâtre.
08:04C'est aussi au Café de la Gare qu'il prend le nom de Coluche.
08:07Il se produit alors avec des comédiens qui vont devenir célèbres, comme Renaud ou Miu Miu, par exemple.
08:11L'Anvin aussi, Depardieu, Devers, évidemment.
08:15Ils jouent des sketchs, ils jouent un peu tout style de sketch.
08:20Après, ils ont ce ton qui n'existait pas avant.
08:22Le Café-théâtre, c'est apparu juste avant Coluche et Romain Bouteille.
08:28Et très vite, le Café de la Gare, ça a été l'endroit où il fallait aller, où tout le
08:35monde allait,
08:35où il y avait des journalistes, où il y avait des politiques qui venaient, parce qu'on avait dit que
08:39c'était intéressant.
08:40Et donc, ils racontaient tout ce que les autres humoristes ne racontaient pas.
08:44Et notamment, ils avaient décidé de trouver des moyens de faire rire de choses pas drôles.
08:50De parler des problèmes de société, de parler de sexualité, de tout ce qu'on ne disait pas trop,
08:56dans ce qu'on appelait à cette époque la vieille France.
08:59Toute cette bande-là du Café-théâtre, c'était la bande des baby-boomers,
09:02qui avait 20-25 ans et qui avait envie de bouffer le monde.
09:07Et c'était d'autant plus vrai à l'époque qu'après les deux guerres mondiales, il y avait de
09:12moins en moins de vieux.
09:13Et donc, le monde était vraiment en friche.
09:16Toutes les opportunités étaient bonnes à saisir.
09:18Et ça apportait plein de nouvelles idées.
09:21Et eux, ça a été les humoristes de cette génération-là.
09:25De cette façon de penser, de ces idées de 68, de Foucault, de Deleuze.
09:33Voilà, tous ces penseurs de gauche qu'eux ont ramenés au niveau de la rue.
09:38C'est aussi à cette époque qu'ils rencontrent celle qui deviendra votre mère, Véronique Jeannot.
09:43Elle, en fait, elle était journaliste.
09:44Elle faisait le théâtre et la musique chez Action, je crois, à l'époque.
09:49Elle était dans la bande de Brisson, qui était un journaliste de l'époque.
09:53Le père de l'auteur de Romand.
09:56Et elle avait été voir Coluche au Café de la Gare.
10:00Et elle avait tout de suite été bluffée, séduite.
10:04Donc après, elle a un peu fait tout ce qu'elle a pu pour s'incruster dans la bande.
10:07Et puis ensuite, dans les bras de Coluche.
10:09Je suis très content qu'elle réussisse ça.
10:11Parce que du coup, c'est comme ça que mon frère et moi sommes nés.
10:13Au bout de quelques années, Coluche quitte le Café de la Gare.
10:16Parce qu'en fait, Romain Bouteille, il ne voulait pas qu'il y ait de chef.
10:18Donc, il y avait une espèce de politique qui disait que tous les jours, il y avait un nouveau chef.
10:23Et là, personne ne pouvait le contredire.
10:25Le lendemain, on pouvait changer ce que le mec de la veille avait dit.
10:28Mais ce jour-là, c'était le tyran et il choisissait ce qu'il voulait.
10:32Et en fait, très vite, Coluche s'est rendu compte qu'il voulait être le chef tout le temps.
10:37Et donc, il s'est barré.
10:38Il a été viré.
10:39Mais finalement, parce qu'il essayait de court-circuiter le truc.
10:42Il essayait de braquer la compagnie pour lui.
10:44Et du coup, il a créé une autre compagnie qui s'appelait le vrai chic parisien.
10:48Il y avait Clavier, Colin Serrault, par exemple.
10:51Il y a toutes sortes de personnalités de cette époque.
10:54Un an plus tard, en 1974, Coluche se lance en solo.
10:58Son premier sketch est diffusé le 19 mai, juste après les résultats d'élections présidentielles.
11:02Valéry Giscard d'Estaing vient de devenir président de la France.
11:05Et le sketch commence avec cette phrase.
11:07C'est l'histoire d'un mec.
11:08Ce qui est l'histoire d'un mec ?
11:11Vous la connaissez, non ?
11:14Non, dites-le, parce que quand les gens la connaissent, ça prend un l'air d'un con.
11:19C'est un sketch qui a une couleur un petit peu vieille France, justement.
11:24C'est-à-dire que c'est un sketch où il fait un personnage.
11:27Et le personnage est dans une situation.
11:29Ça balance quand même pas mal sur l'acceptation, l'autre et le racisme, notamment.
11:34Non, là, c'est l'histoire d'un mec.
11:37Mais un mec pas...
11:40Non, mais je veux dire, pas...
11:43Enfin, un mec normal, quoi, je veux dire.
11:45Enfin, un blanc, quoi.
11:47Et surtout, les circonstances, effectivement, de sa diffusion vont propulser Coluche.
11:52Parce que Guy Lux, alors Guy Lux était un présentateur de l'époque
11:56et qui faisait énormément d'émissions de variété à la télévision.
11:59Et du coup, il avait repéré Coluche à l'époque.
12:02Et il s'était dit, tiens, il avait mis ça dans un coin de sa tête.
12:05D'ailleurs, du coup, il avait enregistré cette version de...
12:09C'est l'histoire d'un mec de Coluche.
12:12Et, en fait, quand il y a eu les résultats des présidentielles en 1974,
12:18Mitterrand était en retard.
12:20Mitterrand, qui avait perdu le second tour, était en retard.
12:23Et donc, pour meubler,
12:25ils avaient besoin d'un truc qui dure un quart d'heure maximum.
12:28Et donc, Guy Lux a dit, bah, on n'a qu'à mettre le sketch de Coluche.
12:31Donc, il est passé à une heure d'écoute énorme.
12:34Parce que c'était le résultat des élections présidentielles du second tour.
12:38Et là, tout à coup, un sketch, Coluche.
12:40Le public a écrit en masse en disant, il est drôle ce type, on en veut plus.
12:44Et ça l'a propulsé.
12:46Et c'est à ce moment-là qu'il s'est mis à faire, effectivement, du one-man show.
12:50Où là, du coup, il ne faisait plus des sketchs avec les autres.
12:53Il faisait ses sketchs lui-même et il a fait sa carrière d'humoriste telle qu'on la connaît.
12:58Est-ce que vous pouvez me décrire le personnage qu'il se crée à ce moment-là, avec sa salopette
13:02notamment ?
13:02Oui, alors, effectivement, comme il sait, parce qu'il a déjà fait le Café de la Gare,
13:07il sait qu'il a un humour qui est un peu provocateur,
13:11qui est un humour qui est dans l'air du temps à cette époque-là.
13:13Il y a Jean-Yann, il y a Rézer, il y a Choron,
13:17il y a Cavana qui font des blagues qui sont quand même très provocatrices.
13:21Et lui, il sait que ça ne va pas forcément être bien vu,
13:25parce qu'il a déjà essuyé beaucoup de critiques.
13:27Donc, il décide de se créer un personnage de petit gros,
13:31de petit gros à lunettes, parce que c'est sympathique.
13:34Quand un petit gros à lunettes fait une blague à ta femme,
13:36tu n'as pas envie de lui casser la gueule parce que tu sais qu'elle ne va pas partir
13:38avec.
13:39Donc, ça reste sympathique.
13:41Et puis, je pense qu'aussi, il était content de gagner un peu de l'argent,
13:44comme il n'en avait jamais eu, il en a profité pour bouffer, bouffer, bouffer.
13:48Et du coup, il a pris du poids, mais ça lui a forgé, effectivement,
13:50son personnage.
13:52Et c'est comme ça qu'il a lancé sa carrière de one-man show,
13:57en créant le personnage de Coluche.
13:59On est au milieu des années 70, la France connaît une crise économique,
14:03et au même moment, Jean-Marie Le Pen vient de fonder le Front National.
14:06Dans le parti de Jean-Marie, on est à droite.
14:10Oui, c'est vrai, on est légèrement à la droite d'Hitler.
14:14Dans ses sketchs, Coluche s'attaque à des thèmes comme le racisme ou la misère,
14:18et sa popularité explose.
14:19François Mitterrand a dit, les émigrés sont ici chez eux,
14:23Jean-Marie a répliqué, moi je suis d'accord, je me sens aussi chez eux.
14:27À partir de ce moment-là, effectivement, il devient une grosse vedette.
14:30Ce qui, jusque-là, était une petite vedette parisienne,
14:34le Café de la Gare, c'était à Paris.
14:36Là, tout à coup, il devient une vedette nationale,
14:39il fait le tour de la France, il fait des tournées dans tous les sens.
14:42La première fois, l'impresario qui avait été au plus haut franc,
14:46il avait fait une tournée qui allait dans tous les sens.
14:48Donc, ils avaient fait huit fois le tour de France.
14:50Et donc, après, il a dit, non, on va faire les tournées du nord au sud.
14:54Donc, il partait du nord et puis il descendait petit à petit,
14:56ce qui évitait beaucoup de transport.
14:58Et il disait, c'est marrant, quand on descend du nord au sud,
15:01on ne se rend pas compte que l'accent change.
15:02Parce que comme on ne va que de proche en proche,
15:05c'est toujours plus ou moins le même accent.
15:06Et finalement, on passe des ch'tis aux marseillais.
15:09Et on ne s'est pas rendu compte qu'on ne parle plus du tout
15:11de la même manière le français.
15:14Donc, oui, il a fait beaucoup de tournées.
15:16Et c'est vrai que ça l'a énormément propulsé.
15:17Et c'est notamment pour ça qu'après,
15:20il va commencer à intéresser les radios,
15:22qui étaient un média phare à cette époque-là,
15:25plus qu'aujourd'hui, en tout cas.
15:34En 1978, Coluche se lance dans la radio.
15:37Il anime sur Europe 1 l'émission
15:39« On n'est pas là pour se faire engueuler »
15:40avec Gérard Lanvin et Robert Villard.
15:42Alors, à quoi elle ressemble, cette émission ?
15:44Elle ressemble à Coluche.
15:46Je crois que le premier jour où il est arrivé à Europe 1,
15:48il a croisé Jean-Yann, qui lui a dit
15:50« Le but du jeu à la radio, c'est de se faire virer ».
15:53Et a priori, il a toujours suivi cette ligne-là,
15:57parce qu'il ne s'est jamais privé pour dire ce qu'il voulait.
16:01La manière dont il le voulait, il faisait toutes les conneries
16:03qui lui passaient par la tête, pour peu que ça puisse faire rire.
16:07Un jour, ils avaient quand même fait livrer une tonne de sable devant Europe 1.
16:12Et puis, ils sont descendus sur des transats sur ce tas de sable
16:14et ils ont fait l'émission depuis la rue,
16:16parce que c'était l'été, il faisait chaud.
16:18Donc voilà, quand il y avait une bonne connerie à faire,
16:21il n'hésitait pas, il la faisait.
16:22Et effectivement, il décryptait l'info,
16:26il sortait des blagues, il jouait avec les auditeurs,
16:30il se moquait des autopromos.
16:32Parce qu'à cette époque-là, des chaînes comme Europe 1
16:35produisaient des artistes musicaux
16:37qui ne le diffusaient que chez eux.
16:41Et donc, il faisait de la promo en Google.
16:43Et donc, lui, quand il tombait sur un disque comme ça,
16:45il le cartonnait, il le défonçait
16:47en expliquant que c'était une magouille financière pure et dure
16:52et que ça n'avait pas de gros intérêts artistiques.
16:55Et donc voilà, il faisait un peu tout ce qu'on nous recommande
16:58d'absolument pas faire à la radio.
17:00Lui, il le faisait en premier.
17:01Et ça marche parce que les audiences, elles sont très bonnes.
17:03Ah, ça, ça cartonne.
17:04J'ai croisé, il y a quelques années,
17:06un réparateur de télévision
17:08qui devait avoir une cinquantaine, soixantaine d'années à l'époque
17:12et qui m'a dit, quand il a vu mon nom,
17:14il m'a dit, votre père, il m'a fait perdre une fortune.
17:16Alors, je me dis, merde, sur qui je suis tombé ?
17:17Il me dit, parce que tous les jours, entre 17h et 18h,
17:21je ne travaillais pas, j'écoutais la radio.
17:23Et voilà, il y a plein de Français, effectivement,
17:26qui vont écouter Coluche, qui vont adorer.
17:29Et là, effectivement, il va prendre une dimension encore plus forte.
17:34Et puis, il va se rendre compte du poids qu'il y a dans les médias.
17:39Parce que, comme il le dit lui-même,
17:41quand tu dis un truc à la radio,
17:43tout le monde l'entend
17:44et un quart d'heure plus tard, il y a une réaction des gens.
17:46L'émission sur Europe 1, elle s'arrête un an plus tard seulement.
17:49On sait pourquoi ?
17:50Oui, parce qu'encore une fois,
17:51il avait tout essayé pour se faire virer.
17:53À un moment, ça a marché.
17:54Il était doué.
17:55Donc, quand il voulait un truc, il y arrivait.
17:57Donc, finalement, à un moment,
17:58Europe 1, on avait marre de se faire casser toute la promo sur le dos.
18:03Que Coluche désannonce les pubs en disant,
18:05oui, mais ce type-là, en fait, son produit, c'est de la merde.
18:09Voilà, les annonceurs commençaient à gueuler.
18:11Donc, effectivement, il s'est fait virer.
18:13Il a fait plusieurs radios.
18:15Il a fait RMC, il a fait RFM, de mémoire.
18:19Mais entre-temps, il a révolutionné la radio
18:22qui se fera plus...
18:25Enfin, si, il y a encore des émissions qui se font comme avant.
18:27Mais il va inventer un style dans la radio française
18:30qui n'existait pas avant
18:31et dont sont les descendants,
18:34tous les Arthur, Coé,
18:36tous les grands animateurs radio
18:38des années 90-2000
18:40ont tous écouté Coluche
18:41et se sont tous dits
18:43« Moi, je veux faire ça parce que Coluche l'a fait ».
18:45À la fin des années 70,
18:47il loue une grande maison
18:48dans le 14e arrondissement de Paris, rue de Gazan,
18:50où il s'installe avec son épouse Véronique
18:52et ses deux fils, Romain, nés en 72
18:54et donc vous, Marius, nés en 76.
18:56Il y invite très régulièrement ses amis à dîner,
18:59voire carrément à vivre chez lui pendant plusieurs mois.
19:02Votre chambre, elle est au premier étage de la maison.
19:04J'imagine que c'est une ambiance très particulière.
19:07Effectivement, il loue cette maison dans le 14e
19:09qui est une maison avec un étage
19:12mais on peut descendre au sous-sol
19:15et ça donne sur une autre rue qui est derrière
19:16de l'autre côté,
19:18ce qui fait qu'en fait, il y a quatre niveaux, je crois, dans la maison.
19:21Et du coup, en bas,
19:23ce qui était à la base un hangar,
19:25il va le transformer en une salle de jeu pour grand
19:28avec des flippers, avec une piscine, avec un billard.
19:32Et effectivement, là, il va faire des fêtes énormes
19:35au point que quand il faisait la fête chez lui,
19:37il n'y avait plus personne dans les boîtes de nuit
19:40parce que tout le monde était chez Coluche.
19:41C'est là où il y avait la meilleure ambiance.
19:43À un moment, notamment,
19:45Claude Berry avait reçu les Rolling Stones à Paris.
19:49Il les avait amenés chez Coluche pour faire la fête
19:51ce qui fait que Mick Jagger a fêté son anniversaire chez nous.
19:55Un truc qui ne sont pas courants, pas communs.
19:57Et il y avait tout le monde, tout le temps.
19:59C'est un peu ça, d'ailleurs, qui a fini par gonfler ma mère,
20:02qui a dit, bon, ça va bien,
20:04mais les copains, tout le temps, moi, ça me saoule.
20:06Mais c'est vrai qu'il y a eu une période très face dans cette maison
20:11qui était un des hauts lieux de la fête parisienne.
20:14Alors qu'il est au sommet de sa gloire,
20:15il est aussi critiqué par de plus en plus de journalistes
20:18qui le trouvent très vulgaire.
20:19Toute une ancienne génération,
20:21qui est la génération qui était là avant mai 68,
20:24qui, effectivement, voit d'un très mauvais oeil
20:27ce nouveau ton et cette façon très provocante.
20:32Il avait fait un truc assez marrant à un moment.
20:34Il était avec une caméra, un caméraman,
20:37et puis lui, il avait un micro.
20:38Il avait un par-dessus, des lunettes de soleil, un chapeau.
20:41Et il allait interviewer les gens sur les Champs-Elysées
20:44en disant, est-ce que vous pensez que Coluche est vulgaire ?
20:48Alors les types commençaient à dire,
20:49oui, oui, ah oui, il est très vulgaire.
20:50Et puis là, petit à petit, ils se déshabillaient,
20:52puis ils se retrouvaient devant Coluche.
20:53Et ils finissaient par mettre un peu d'eau dans leur vin
20:56en disant, mais moi, il me fait rire quand même.
20:58Moi, je l'aime bien.
20:59Voilà, pour se moquer un petit peu
21:00de tous les micro-trottoirs qu'il y avait à l'époque,
21:02en montrant que les gens sont extrêmement manipulables
21:05et qu'ils répondent d'abord oui à la question qu'on leur pose.
21:09Et effectivement, il y avait toute une presse
21:11qui luttait farouchement contre cette génération-là
21:14et qui ne supportait pas Coluche,
21:16comme il ne supportait pas Renaud,
21:19comme il ne supportait pas toute cette mouvance,
21:22tout ce mouvement culturel assez volontiers de gauche.
21:25Coluche, candidat à l'élection présidentielle.
21:27Monsieur Coluche, devrais-je peut-être dire aujourd'hui,
21:29qui avait hier organisé une conférence de presse.
21:32Parce que moi, ce que je fais,
21:33c'est uniquement pour semer la merde
21:34et pour compter combien on est
21:37à vouloir être du côté des rieurs
21:40plutôt que des emmerdeurs.
21:41Le jeudi 30 octobre 1980,
21:43Coluche annonce qu'il se présente à l'élection présidentielle
21:46qui doit avoir lieu l'année suivante, en 1981.
21:49François Mitterrand et Valéry Giscard d'Essens
21:51sont eux aussi candidats.
21:52Est-ce que vous pouvez nous raconter
21:53la conférence de presse pendant laquelle il annonce ça ?
21:55Alors déjà, tout ça, ça naît d'une blague.
21:58C'est-à-dire qu'à ce moment-là,
22:00Coluche a une notoriété extraordinaire en France.
22:04Il est considéré comme le plus grand comique
22:07et il veut faire maintenant des blagues
22:09à l'échelle nationale.
22:10Comme il trouve ça drôle
22:12et qu'il pense que ça va faire une bonne blague,
22:14il décide effectivement de se présenter
22:16aux élections
22:17avec un programme
22:18qui est exactement dans la mouvance de Coluche.
22:22Il fait un truc qui est malin
22:24et qui fait chier les politiciens à l'époque,
22:27c'est qu'il incite tous les abstentionnistes,
22:30tous ceux qui sont déçus par la politique française
22:32à voter pour lui.
22:34Et en fait, ils sont très nombreux.
22:36Ça va prendre une ampleur extraordinaire.
22:39Il va être crédité de plein d'intentions de vote
22:43parce que quand c'est des sondages,
22:45en fait, les gens,
22:46ça les faisait bien marrer, justement,
22:48tous de dire « on va voter Coluche ».
22:50Ma candidature, je la résumerai comment ?
22:55J'ai voté pour rien pendant longtemps.
22:58Les autres, en tout cas,
22:59ont fait comme moi, ils ont voté pour rien.
23:01Aujourd'hui, on va voter pour quelqu'un
23:02qui, politiquement, n'est rien.
23:04Ils nous prennent pour des imbéciles,
23:06votons pour un imbécile.
23:09Voilà.
23:12Il va atteindre jusqu'à 16% d'intentions de vote.
23:14Ce qui est plus que la plupart des autres candidats.
23:17À part Mitterrand et Giscard,
23:20en dessous, le troisième, c'était Coluche.
23:23Et malheureusement, ça va tomber en haut de boudin,
23:24son histoire,
23:25parce qu'il va y avoir plein de pressions politiques.
23:28Et lui qui pensait, en se présentant,
23:30qu'il aurait une tribune
23:31où on ne pourrait pas l'interrompre,
23:33là, tout à coup, plus personne ne l'invite.
23:35Dans les émissions politiques,
23:36on ne l'invite pas parce que c'est un clown.
23:38Dans les émissions de variété,
23:40on ne l'invite pas parce qu'il fait de la politique.
23:41Et du coup, il n'est plus nulle part.
23:43Et c'est la première fois qu'il se plante dans sa carrière.
23:46Jusque-là, tous les paris qu'il avait faits,
23:47il avait remporté haut la main le truc.
23:49Et là, il se plante.
23:51Et je pense que ça le fait bien chier.
23:54Et du coup, ça finit un peu en haut de boudin.
23:56Le 16 mars 1981,
23:58il se retire de la course à la présidentielle.
24:00Et dans la foulée,
24:01il annonce qu'il ne remontera pas sur scène.
24:03C'est le début d'une période compliquée pour lui.
24:06Oui, effectivement, il a une période...
24:08Sa blague sur les élections présidentielles
24:11n'a pas marché.
24:12Et finalement, il a fini un peu
24:15en faisant un caprice,
24:16en disant, je fais une grève de la faim.
24:18Et puis ça non plus, ça n'a pas marché.
24:19Donc, vraiment, il n'y a plus rien à faire.
24:21Donc, ça, de ce côté-là,
24:24ça ne le fait pas trop.
24:25Ce n'est pas agréable, on va dire.
24:27Il y a le divorce avec ma mère
24:29qui le touche profondément.
24:30Il a un ou deux potes qui meurent,
24:32notamment Patrick Devers,
24:33qui se suicide.
24:35C'est vrai qu'il y a une période,
24:37à ce moment-là,
24:38où, entre plus de défis,
24:41quelques échecs,
24:42et quelques pains dans la gueule
24:44de la part de la vie,
24:45bon, il a une période
24:46qui est un peu plus mauvaise,
24:48à ce moment-là, effectivement.
24:51Mais c'est la période
24:52où il fait du cinéma,
24:53donc ça ne se ressent pas tellement
24:56de l'extérieur.
24:56Mais oui, vu de l'intérieur,
24:57ce n'est pas sa période la plus faste.
24:59À partir de 1983,
25:01il revient sur le devant de la scène,
25:03justement grâce au cinéma.
25:04Il a le rôle principal
25:05dans le film du réalisateur Claude Berry,
25:07qui s'appelle Ciao Pantin.
25:08Il y incarne un pompiste,
25:10alcoolique et dépressif.
25:12Tiens, il doit y avoir des oeufs
25:13dans le frigidaire.
25:13Et alors ?
25:14Et alors, si tu encascades,
25:16ça va faire une omelette ?
25:17Non mais va te faire foutre
25:18pour qui tu me prends.
25:19Non mais je ne suis pas ta bonne.
25:20Si tu veux te faire un oeuf,
25:21ça ne va qu'à te le faire cuire tout seul.
25:23Mais qu'est-ce que tu fous ici ?
25:25Je t'emmerde.
25:27Bon, alors tire-toi.
25:30Je ne te dis pas ça
25:30pour te foutre à la porte,
25:31mais pour que tu comprennes
25:34que tu n'as rien à faire ici.
25:36Tu m'as aidé, c'est sympa.
25:38Mais moi, je ne peux rien pour toi.
25:39Tu as bien vu.
25:41Je n'ai pas de pognon
25:42et je picole.
25:43Enfin, mais je ne t'ai rien demandé.
25:46Je sais.
25:48Mais t'es là,
25:49on ne sait pas ce que tu veux.
25:50Mais d'abord,
25:51qu'est-ce que tu veux ?
25:52Rien.
25:55Alors tire-toi.
25:59Pauvre mec.
26:02C'est lui qui propose l'idée
26:04à Claude Berry, en fait.
26:05Et Berry,
26:06qui était d'abord un de ses grands potes
26:07et qu'il l'aimait beaucoup,
26:10avait aussi repéré
26:11qu'il avait cette tragédie.
26:13Et puis,
26:13ça faisait un peu écho à sa vie.
26:15Encore une fois,
26:16on vient de dire
26:16qu'il avait eu une période
26:17un peu de déprime
26:18où il a beaucoup picolé,
26:20il s'est beaucoup drogué aussi.
26:21Donc,
26:22il est assez proche
26:23de ce personnage
26:24de Lambert
26:26dans Tchao Pantin.
26:28Et ça va être vraiment
26:29une claque pour tout le monde
26:31parce qu'on n'attend absolument pas
26:32Coluche dans ce rôle-là,
26:34qu'il est brillant,
26:35que le film
26:36ait un succès énorme.
26:39Alors,
26:39tous ces films
26:40étaient des gros succès populaires.
26:41Mais celui-là,
26:42il va marquer
26:43et puis,
26:44il va avoir
26:44le César pour ça.
26:46Donc,
26:46c'est une consécration quand même.
26:47Le gagnant est Coluche
26:49pour Tchao Pantin.
26:51Je suis très ému.
26:53Je remercie Claude Berry
26:56comme tout le monde.
26:59Franchement,
27:00je croyais m'emmerder
27:01en ce moment-là.
27:02Et puis,
27:03je me suis vachement marré.
27:05Parce que j'étais à côté
27:06de Gainsbourg
27:07qui n'arrête pas de déconner.
27:09Après ça,
27:10Coluche décide
27:10de s'engager encore davantage
27:12contre les inégalités.
27:13Le 15 octobre 1984,
27:15il participe
27:16à la création
27:17de l'association
27:17SOS Racisme
27:18avec Arlem Désir.
27:20Et en 1985,
27:21après l'appel
27:22sur Europe 1,
27:23Coluche cherche
27:24à financer la collecte
27:26de ses Restos du Coeur.
27:27Et il demande
27:27à Jean-Jacques Goldman
27:28d'écrire une chanson.
27:30Voilà.
27:30C'est-à-dire qu'effectivement,
27:32il lance cet appel
27:33pour lancer
27:34les Restos du Coeur.
27:35Et il voit bien
27:36qu'il va falloir
27:37faire la pub
27:39de cette association.
27:40Et du coup,
27:41effectivement,
27:41il va aller voir Goldman
27:42en lui disant
27:43« J'ai besoin d'un tube
27:45pour dans trois jours ».
27:46« Moi,
27:47je suis un rencard
27:48à ceux qui n'ont plus rien.
27:49Sans idéologie,
27:50discours ou baratin.
27:52On ne vous promettra pas
27:54les toujourss du grand soir,
27:55mais juste pour l'hiver,
27:57à manger et à boire. »
27:59Il a un truc extraordinaire,
28:00ce morceau,
28:02grâce au talent
28:03de Jean-Jacques Goldman,
28:05c'est que c'est devenu
28:06un hymne français.
28:08Vous pouvez aller voir
28:09n'importe qui dans la rue.
28:10Vous lui chantez
28:11« Ta-da-ta-ta-ta-ta-ta-ta »
28:13Et là, c'est parti.
28:14Il vous fait tout le refrain
28:15en boucle.
28:22Il n'y a pas beaucoup
28:35de chansons en France
28:36qui sont aussi universelles.
28:39Et celle-là,
28:40c'en est une.
28:40C'est devenu vraiment
28:41un hymne.
28:42Tous les Français la connaissent,
28:43tous les Français l'ont entendue,
28:44tous les Français connaissent
28:45les paroles du refrain.
28:53Cette première campagne
28:54est un succès.
28:558,5 millions de repas
28:56sont distribués.
28:57Mais six mois plus tard,
28:58le mercredi 19 juin,
29:00alors qu'il est dans le sud
29:00de la France
29:01pour préparer son retour sur scène,
29:03Coluche meurt
29:04dans un accident de la route.
29:05Coluche est mort,
29:06mort dans un accident de moto
29:07près de Grasse.
29:08Il avait 41 ans.
29:09Il nous a fait rire.
29:10Ce soir,
29:11on pleure.
29:13Coluche est mort
29:13sur une route de campagne.
29:14Il faisait beau,
29:15l'amateur de grosses cylindrées
29:16était allé faire un tour
29:17avec des copains,
29:18une balade,
29:19puis un camion débouche,
29:20manœuvre,
29:21il coupe la route.
29:22C'est le choc.
29:24Marius Colucci.
29:25Coluche est inhumé
29:26le 24 juin
29:27au cimetière de Montrouge
29:28dans le 14e arrondissement
29:29de Paris
29:30et il y a une foule immense.
29:32Ses amis,
29:33des personnalités
29:33du monde du spectacle,
29:34des journalistes,
29:35mais aussi beaucoup de Français
29:37qui l'admiraient.
29:38Bien sûr, bien sûr.
29:39Moi, si vous voulez,
29:40je suis le fils
29:41de Michel Colucci
29:42mais Coluche,
29:43je le partage
29:43avec tous les Français,
29:44finalement.
29:44Et tous ces Français
29:46étaient très touchés
29:47et donc, effectivement,
29:48oui, ça va avoir
29:49un gros impact
29:50sur la société française.
29:52Très souvent,
29:53je l'entends dire,
29:54mais tout le monde
29:55se rappelle
29:55ce qu'il faisait
29:56le jour au Coluche est mort.
29:57Et effectivement,
29:58c'est ce traumatisme-là
30:00qui a poussé
30:02ces fans
30:03qui avaient participé
30:05à la première campagne
30:06des Restos du Coeur
30:06à remettre le couvert
30:08et à refaire
30:10vivre l'association
30:11hiver 86-87.
30:13Et puis,
30:14comme ça a remarché
30:15très fort,
30:16ils se sont dit
30:16« On continue
30:17et puis on continue
30:17et puis on y est encore
30:1940 ans plus tard. »
30:20Il y a encore eu
30:21Jean-Jacques Goldman
30:22qui a apporté sa touche
30:24en imaginant
30:25la tournée
30:27des Enfoirés
30:27qui, aujourd'hui,
30:29est devenue
30:29un des spectacles
30:31de divertissement
30:32les plus importants
30:33en France
30:34et qui rapporte
30:34chaque année
30:35des millions
30:36grâce aux ventes
30:37de disques
30:37et de DVD
30:38et puis de places
30:39de concerts,
30:40tout bêtement,
30:41et qui a permis
30:42à l'association
30:43de pouvoir continuer
30:44toutes ces années.
31:09Merci à Marius Colucci.
31:11Code Source,
31:12c'est le podcast
31:12d'actualité du Parisien.
31:14Cet épisode a été produit
31:15par Clémentine Spiller,
31:17Barbara Gouy,
31:18Thibault Lambert
31:19et Marin Guillon Berne.
31:20Réalisation,
31:21Julien Moncouquiole.
31:22Si les faits divers
31:23vous passionnent,
31:24n'oubliez pas
31:25notre podcast hebdomadaire
31:26consacré aux affaires criminelles,
31:28Crime Story
31:29avec Claudia Prolongeau
31:30et Damien Delsenis.
31:31J'ajoute que Crime Story
31:32consacre une série
31:34à l'affaire
31:34Jeffrey Epstein,
31:35disponible à partir
31:36de début août
31:37sur toutes les plateformes
31:38de podcast.
31:38C'est parti.
31:40Sous-titrage Société Radio-Canada
31:41Sous-titrage Société Radio-Canada
31:42Sous-titrage Société Radio-Canada
31:42Sous-titrage Société Radio-Canada
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