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Le massacre de Bentalha s'est déroulé dans la nuit du 22 au 23 septembre 1997 à Bentalha, au sud d'Alger, perpétré par le Groupe islamique armé (GIA), causant la mort de centaines de civils.

Contexte et Déroulement
Date et lieu : Nuit du 22 au 23 septembre 1997 à Bentalha (environ 15 km au sud d'Alger).
Auteurs : Les membres du Groupe islamique armé (GIA).Bilan humain : Entre 200 et 400 civils tués selon les estimations.
Impact et Mémoire
La Madone de Bentalha : Photographie célèbre prise par Hocine Zaourar (AFP), symbolisant la douleur des victimes.
Guerre civile : Événement marquant de la décennie noire en Algérie, illustrant la violence extrême exercée contre les populations civiles.

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Transcript
00:00ont-ils avec le pouvoir algérien et pourquoi ?
00:03Pour la première fois, l'enquête, celle de Jean-Baptiste Rivois, répond à ces questions.
00:51Ils ont fait tout leur temps.
00:53Ils ont pris tout leur temps.
00:56Oui, il y en a même un qui disait à l'autre,
00:58« Vas-y, prends tout ton temps. Personne ne viendra nous interrompre. »
01:09Les victimes m'ont dit que l'armée n'était pas intervenue.
01:14Et pourtant, les gens avaient téléphoné à l'armée.
01:19Certains s'étaient même déplacés jusqu'à la caserne.
01:23Mais les soldats ne sont pas intervenus.
01:35Incompréhensé.
01:36Je vais te faire.
01:37C'est à côté de la caserne.
01:40Amenez-nous, Zerwal.
01:41Pour être élu, il avait promis que la paix reviendrait dans le pays.
01:44Que Zerwal vienne ici, qu'il vienne nous voir à Baraki.
01:48Ici, on meurt comme des mouches.
01:50C'est qui ces terroristes ?
01:51L'État ou les islamistes ?
01:54C'est qui ces terroristes ? Tu peux me le dire, toi ?
02:16Je m'appelle Lius Nesroulat.
02:18Je suis algérien.
02:20Je suis né à Marseille, mais je suis retourné avec toute ma famille en Algérie à partir de 1966.
02:31J'habitais à Bamba, Bontraha.
02:33J'ai commencé à construire à partir de 1988.
02:36J'avais une petite entreprise de bâtiments, de travaux publics.
02:40Je travaillais avec les écoles, les casernes.
02:47Là, c'est Bontraha.
02:49C'est Bontraha.
02:52C'est l'entrée de Bontraha.
02:55Là, on rentre dans le lotissement de Haydji Vali.
03:00Voilà, c'est là ma maison.
03:05Reviens en arrière, reviens.
03:08Regarde, les terroristes, ils étaient amassés ici.
03:10Voilà, ici.
03:12Et ils ont égorgé pas mal d'eux.
03:14Ils ont égorgé pas mal ici.
03:16Juste sous les escaliers, ils ont égorgé au moins une cinquantaine de personnes.
03:19Les gens qui fuyaient, ils les ramenaient ici, ils les égorgaient.
03:21Et moi, j'étais juste en face.
03:25Depuis plus d'un an, Nesroul Ayous vit hanté par le souvenir de cette nuit
03:29où il a vu la moitié de son village se faire assassiner.
03:33Militant démocrate en Algérie,
03:34il est maintenant réfugié en France avec sa famille
03:37et il a accepté de nous raconter son histoire,
03:39l'histoire du massacre de Ben Tala.
03:42Situé dans une banlieue défavorisée d'Alger,
03:45Ben Tala avait profité des élections législatives de 91
03:47pour lancer un véritable défi au régime.
03:50A l'époque, le candidat du fils, le Front Islamique du Salut,
03:54recueille dans le secteur plus de 68% des voix.
03:56Pour Nesroul, là, c'est le choc.
03:58En 91, quand je me suis aperçu que vraiment les partis islamiques prenaient de l'ampleur
04:06et que tout le monde les soutenait,
04:11c'est vrai que j'étais horrifié.
04:13J'étais... J'avais peur.
04:17J'ai voté pour le parti d'opposition, pour le FFS.
04:25Mais généralement, les gens ont voté fils.
04:27C'est vrai qu'ils ont voté fils
04:28parce qu'ils ont cru à un certain moyen de retrouver la justice.
04:33C'était aussi le fait d'être contre un parti qui a mené le pays à la ruine.
04:40Ils ont plus voté contre le FLN que voté fils.
04:45Le 11 janvier 1992, l'armée algérienne refuse la sanction des urnes.
04:50C'est le coup d'État.
04:51A Alger, l'ambiance tourne à l'émeute contre le régime.
04:57J'avais vraiment la rage.
04:59Parce que toute la population a commencé à...
05:01Tu sais, ils tapaient le pylon partout.
05:03A Alger, à la Casbah, à Abaraki,
05:06tout le monde, à 11h du soir, frappait du pylon.
05:08C'était une façon de se révolter contre la décision des militaires
05:13d'avoir interrompu le processus électoral.
05:17Et dès 1992, quand l'Europe a aidé les militaires,
05:23les militaires ont repris confiance,
05:25ont eu quand même des budgets pour s'acheter du matériel
05:28et mater la population.
05:30Ils ont mis tout le monde dans le même sac.
05:32Du moment que tout le monde a voté fils,
05:35ceux qui habitaient Baraki,
05:37il n'y avait pas un seul...
05:38Quelqu'un de propre parmi eux.
05:40C'était tous des salauds et tous des fanatiques.
05:43Alors c'était une population mélangée,
05:45que ce soit à Baraki, à Hydra,
05:49à Alger ou à Bentalhat.
05:51Certains étaient pour le fils, d'autres noms.
05:53Tout le monde n'est pas pour le fils,
05:55mais les militaires quadrillent quand même le secteur.
05:58Témoignage d'un habitant de Bentalhat recueilli en 97 par Channel 4.
06:01Non, pour eux, on était tous des terroristes, tu vois.
06:06On a beaucoup de barrages.
06:08Chaque fois, on lève les mains sur la tête,
06:10une fouille.
06:11Deux fois, c'est ces barrages de Bentalhat à Hussandé.
06:15Et ils frappent des gens, des fois.
06:17D'un à une fois,
06:19il s'est changé un officier dans ce barrage.
06:23Et là, sorti une feuille,
06:26il marque les noms des recherches.
06:28Et, bon, avec une certaine agressivité,
06:31il a dit que si je trouve un nom,
06:34son nom et son plat,
06:36pas celui que j'ai sur la feuille,
06:39je l'exécuterai sur place.
06:42À cette époque,
06:43le régime annonce officiellement
06:45son intention d'éradiquer l'opposition islamiste,
06:47c'est-à-dire de la faire disparaître.
06:49À Bentalhat,
06:50beaucoup de jeunes prennent les armes contre l'État.
06:52Au début, la population les soutient,
06:55témoignage d'une habitante.
06:58Au début, toute l'Algérie les a soutenus.
07:01Mais quand on a vu leurs frasques,
07:02leurs horreurs,
07:03on a fait marche arrière.
07:05Au premier vote,
07:06les islamistes ont remporté la mise.
07:08Mais on leur a supprimé l'élection.
07:10Alors ils ont commencé à s'en prendre
07:12aux gens de l'armée,
07:13du gouvernement.
07:14À votre avis,
07:15est-ce qu'il y a eu vraiment un changement
07:17après dans le comportement des islamistes ?
07:23Maintenant, on ne comprend plus très bien.
07:26Avant, c'était le fils qui tuait.
07:28Maintenant, on nous parle de GIA.
07:32Les GIA,
07:33les groupes islamiques armés.
07:35Une organisation apparue en 1994
07:37et rapidement soupçonnée d'être infiltrée
07:39par les services secrets algériens.
07:41Ancien diplomate algérien en Libye,
07:44Mohamed Larbizitout connaît parfaitement
07:45le fonctionnement de l'armée algérienne.
07:50Dissident, réfugié à Londres,
07:51il prépare une thèse de doctorat
07:53sur l'histoire des GIA.
07:54À partir de 1995,
07:56c'est plus simplement du groupe infiltré
07:58mais du groupe complètement retourné.
08:00C'est-à-dire qu'on est devenu
08:01devant un phénomène de contre-guiria,
08:03de contre-évolution.
08:05Le GIA ?
08:06Le GIA devient le bras,
08:09un autre bras armé,
08:11mais théoriquement islamiste,
08:13en pratique,
08:14fait le travail
08:16et atteint
08:17les objectifs
08:18de la sécurité militaire,
08:20c'est-à-dire
08:20du régime algérien.
08:22Dans le secteur de Bentala,
08:24en tout cas,
08:25certains groupes terroristes
08:26semblent effectivement
08:27tolérés par les autorités.
08:31Les terroristes
08:32se baladaient à Bentalha
08:34librement,
08:35sans être inquiétés.
08:36Bon, c'est vrai qu'il y avait
08:37de temps en temps
08:40ce qu'on appelait des ratissages,
08:42mais c'était bidon,
08:43parce que les terroristes
08:44justement savaient
08:45qu'il y avait...
08:47ils avaient des complices partout.
08:49Ils savaient déjà la veille
08:51qu'un ratissage
08:53aurait lieu le lendemain.
08:57un mois après le massacre,
08:59une journaliste
09:00de radio britannique
09:01recueille à Bentala
09:02un témoignage
09:02qui confirme
09:03que l'armée
09:04tolérait
09:05certains groupes
09:05terroristes du secteur.
09:10Ils vivaient parmi nous.
09:12Personne ne peut vous dire
09:13le contraire.
09:15Dès la tombée
09:16de la nuit,
09:16l'armée partait
09:17et eux,
09:18ils arrivaient
09:18avec leur tenue afghane
09:20et ils se baladaient
09:22dans le village.
09:23Mais l'armée
09:24ne leur a rien fait.
09:25Nous,
09:25tout ce qu'on pouvait faire,
09:26c'était de prévenir l'armée.
09:27Mais elle ne faisait rien.
09:34L'armée algérienne
09:36aurait-elle pu empêcher
09:37ces groupes terroristes
09:38de sillonner Bentala ?
09:40Dans le secteur,
09:41en tout cas,
09:41les casernes
09:42étaient nombreuses.
09:44Entrepreneurs
09:45dans le bâtiment,
09:46Nesrullah
09:46s'y rendait souvent
09:47pour y effectuer
09:48des chantiers.
09:48Il les connaissait toutes.
09:50Descriptions.
09:52Il y avait
09:53la plus importante,
09:54celle de Baraki.
09:55Avec les événements
09:56et tout,
09:57il y avait des militaires,
09:58des vrais militaires
09:59qui étaient là
10:00pour combattre
10:00le terrorisme,
10:01les terroristes et tout.
10:03Et on peut appeler ça
10:04des relais.
10:05Il y avait celle
10:06de l'Enema
10:06qui était juste ici,
10:09avant le Houch
10:11Bokadoum.
10:12Il y avait
10:13une autre
10:14à l'entrée
10:14de Bantala ici.
10:17Et il y en avait
10:18une autre
10:18à Qaïd Gassin.
10:20Il y avait aussi
10:21la garde communale
10:22qui était juste ici.
10:25C'est des gens armés
10:26avec des tenues
10:26de combat bleues
10:27à peu près
10:27comme celle
10:28des ninjas.
10:30De cette région
10:31stratégique d'Algérie,
10:32aucune carte récente
10:33n'est disponible
10:34en Europe.
10:35Seule solution
10:36pour visualiser
10:37les lieux,
10:37une photo satellite.
10:39De Bantala,
10:40la caserne de Baraki
10:41se trouve
10:41à 3,5 km.
10:42Le poste militaire
10:43de l'Enema
10:44à 1,5 km,
10:45comme l'hospice
10:46de Qaïd Gassin
10:46où étaient également
10:47stationnés
10:48des militaires.
10:49A l'intérieur même
10:50de Bantala,
10:51le poste militaire avancé
10:52et le relais
10:53de la garde communale,
10:54ici à droite
10:55de l'image,
10:55se trouvent
10:56à moins d'un kilomètre
10:57de Djinali,
10:58le quartier
10:58le plus touché
10:58par le massacre.
11:00C'est donc
11:01dans ce secteur,
11:03quadrillé
11:03par les forces
11:03de sécurité,
11:04que de mystérieux
11:05groupes armés,
11:06officiellement islamistes,
11:07ont longtemps
11:08terrorisé la population.
11:10Les a-t-on
11:11laissé agir ?
11:12En tout cas,
11:12de 94 à 96,
11:14leur violence
11:15a directement servi
11:16les intérêts
11:16du régime
11:17en incitant les habitants
11:18à se retourner
11:19contre les islamistes.
11:22à partir de 96,
11:24c'est vrai
11:24qu'ils ne pouvaient
11:25plus pénétrer
11:26à Hengili.
11:27Pourquoi ?
11:28Les gars,
11:29parce que
11:30les gens
11:31en avaient marre.
11:32Ils ne voulaient plus
11:33entendre parler
11:33de tuerie,
11:35de massacre,
11:37de...
11:38C'était injuste,
11:39il y avait trop
11:40d'injustice.
11:41On ne comprenait pas
11:42pourquoi on tuait
11:43les gens,
11:43pourquoi on les...
11:44Pourquoi on enlevait
11:46les femmes,
11:46pourquoi on les...
11:48Et autant plus
11:49que quand on retrouvait
11:50les morts,
11:51c'était de la charcuterie.
11:54On trouvait des femmes
11:55sans tête,
11:56des hommes sans tête,
11:57des...
11:57Des fois,
11:59c'est des malades, quoi.
12:02Écoeurés par cette violence,
12:04Nesrullah et quelques voisins
12:05vont tenter de s'enrôler
12:06dans les rangs des patriotes,
12:07ces civils armés par le pouvoir
12:09pour organiser
12:10la défense des villages.
12:12Dans le secteur,
12:13beaucoup de patriotes
12:13sont d'anciens islamistes
12:15reconvertis en militiais
12:16du régime.
12:17Nesrullah, lui,
12:18veut simplement défendre
12:19son quartier et sa famille.
12:21Il va avoir bien du mal
12:22à obtenir des armes
12:23des autorités.
12:24Avant le massacre de Raïs,
12:26on avait déjà demandé
12:26des armes aux militaires.
12:28On avait demandé
12:29des armes aux militaires
12:30et au début,
12:32on nous avait dit
12:32qu'on pouvait les avoir
12:33rapidement.
12:35Mais de jour en jour,
12:38avec la pression et tout,
12:39on savait pertinemment
12:40qu'ils étaient en train
12:41de se foutre de notre gueule
12:42parce que ça a duré
12:44des jours,
12:45des semaines,
12:46des mois.
12:47Des mois d'attente
12:48et d'angoisse
12:48pendant lesquels
12:49les massacres se multiplient.
12:50Week-end de sanglés
12:51en Algérie,
12:52l'actualité demeure
12:53l'horrible massacre
12:54perpétré dans le village
12:55de Sidi Raïs,
12:56près de Sidi Moussa,
12:57Mohamed Chalmat.
12:57Le 29 août 1997,
12:59à seulement 6 km de Bentala,
13:02le village de Raïs subit
13:03pendant toute une nuit
13:03l'assaut d'un mystérieux
13:04groupe armé qui s'enfuit
13:06tranquillement au petit matin
13:07après avoir égorgé 400 civils.
13:09Le lendemain, à la télévision,
13:11le Premier ministre promet
13:12que désormais,
13:13la sécurité des citoyens
13:15sera assurée.
13:15Monsieur Ahmed Ouahia
13:17dira que des décisions
13:18ont été prises
13:18pour renforcer la sécurité,
13:20notamment dans les localités
13:21isolées.
13:22Malgré ces promesses
13:23du Premier ministre,
13:24à Bentala,
13:25Nesrullah et ses voisins
13:26attendent toujours
13:27que les autorités
13:28leur donnent des armes.
13:30Ça durait des journées entières.
13:32On attendait à l'intérieur
13:34de la caserne,
13:34on attendait des nouvelles.
13:39Quelques jours avant le...
13:40Le jour même,
13:41le jour même du massacre,
13:44officiellement,
13:44on ne l'a pas dit,
13:45mais on a...
13:46Je ne sais plus
13:47qui c'est qui est venu me dire.
13:50Je ne sais plus
13:51qui c'est qui est venu me dire,
13:52mais ils sont venus me dire
13:53qu'on allait recevoir
13:54les armes le mercredi.
13:56Mercredi d'après.
13:56Ça veut dire le mercredi 25,
13:58si je ne me trompe pas.
13:59Le jour même du massacre.
14:01Quand on entend
14:03votre témoin-là
14:04parler
14:05qu'il a demandé
14:07à ma entreprise,
14:08qu'ils ont demandé
14:09à ma entreprise
14:09d'en avoir des armes,
14:11ils ne les ont jamais eues,
14:12et ils ne les ont eues
14:13que deux ou trois jours
14:14après le massacre,
14:16cela veut dire
14:16qu'on ne donne pas
14:17des armes
14:18à des gens
14:19comme ça simples,
14:20parce qu'on a peur
14:21qu'ils vont être
14:22contre l'État.
14:22On donne des armes
14:24à des gens
14:24qu'on a massacré
14:26une partie
14:28de la France.
14:29dès l'heure
14:29qu'on a massacré
14:30une partie
14:31de leur village
14:32ou de leur famille
14:33pour qu'ils soient
14:35sincèrement convaincus
14:36entre parenthèses
14:37de la lutte
14:38antiterroriste.
14:41Quelques jours
14:42après ce massacre
14:42de Raïs,
14:43d'importants renforts
14:44militaires
14:45se déploient
14:45dans les casernes
14:46de Baraki
14:46et de Kizem.
14:49Bizarrement,
14:49les militaires
14:50demandent aux habitants
14:50de ne plus monter
14:51la garde la nuit
14:52sur leur terrasse.
14:53Le soir du 22 septembre,
14:55à cause de l'insécurité,
14:57la femme et les enfants
14:57de Nesrullah
14:58sont réfugiés
14:58à Baraki.
15:00Lui s'apprête
15:00à passer la nuit
15:01à Bentala
15:02dans sa maison.
15:03Nous sommes à moins
15:04de deux heures
15:04du massacre,
15:05une étrange patrouille
15:06pénètre dans le village.
15:07J'avais un groupe
15:08de au moins
15:08une quarantaine
15:09de personnes,
15:09de militaires.
15:10C'était bizarre
15:11parce que c'était
15:12la première fois
15:12qu'on voyait
15:13ces militaires-là.
15:14Moi, j'ai cru
15:15que c'était
15:15les militaires
15:16de Kizem.
15:17Parce que c'était
15:18le genre,
15:19la même tenue de combat
15:21avec des casques,
15:23bien habillés,
15:24des tenues neuves,
15:27des gilets pare-balles.
15:29On les a vus
15:30et ils avaient
15:31emprunté le chemin
15:32allant vers les Érangerais
15:33en direction
15:34de Kizem.
15:35Ils ont pris
15:36ce boulevard-là
15:36et ils sont
15:37passés devant
15:37ma maison.
15:38Ils nous ont
15:39bien regardés
15:41et ce qui est bizarre
15:42c'est que les gens
15:43là, mes amis
15:44Abd al-Qadr,
15:46ils sont venus
15:48me dire
15:49que les militaires
15:52quand ils nous ont
15:52bien regardés,
15:54ils ont dit
15:54qu'ils sont
15:55en train de jouer
15:55au domino
15:55les salauds.
15:57Je me demande
15:58encore pourquoi
15:59ils ont dit ça.
16:00Ils sont repartis
16:01par là.
16:02Par où sont
16:02rentrés
16:03les assaillants ?
16:04Il était quelle heure ?
16:05Il était 9h, 9h,
16:07entre 9h et 9h30.
16:10Les militaires
16:10repartent donc
16:11vers les Orangerais,
16:12un terrain agricole
16:13situé au sud
16:14de Bentala
16:14et qui permet
16:15de se rendre
16:15à pied
16:16à la caserne
16:16de Kajd Gessem.
16:19Mais Nesrullah
16:19n'est pas au bout
16:20de ses surprises.
16:21Une demi-heure
16:22après les militaires,
16:23c'est au tour
16:23des gardes communaux
16:24de quitter leur relais
16:25du boulevard de Bentala
16:26pour venir inspecter
16:27son quartier.
16:28Ce soir-là,
16:29ils restent
16:29exceptionnellement groupés
16:30comme s'ils avaient peur.
16:32Ce jour-là,
16:33ils viennent rapidement,
16:34ils font le tour ici
16:35et ils rebrouillent chemin.
16:36Mais d'un pas
16:37vraiment rapide,
16:38je me suis mis à...
16:39J'étais vraiment stressé,
16:40j'étais très...
16:42Qu'est-ce qui se passe ?
16:43Pourquoi ?
16:44C'était vraiment...
16:45ça me paraissait très bizarre.
16:46Déjà les militaires,
16:48en plus les gardes communaux
16:50qui arrivent
16:50et qui rebrouillent
16:51chemin rapidement,
16:53même les gens,
16:54Abd al-Qadr,
16:54Balaam,
16:55ils avaient trouvé ça bizarre.
16:56On a commencé à rire,
16:58les peureux,
16:58qu'est-ce qu'ils ont peur
16:59de quoi et tout.
17:00Mais on ne savait pas
17:01que ce qui allait arriver.
17:04À 23 heures,
17:06des hommes en armes
17:06sortent des orangeraies.
17:08Sept habitants
17:09les aperçoivent.
17:11Vous voyez les abricotiers ?
17:13Là où il y a les liés.
17:15Ils sont venus par là.
17:18Au début,
17:19on croyait
17:19que c'était des militaires.
17:20Lorsqu'ils se sont rapprochés,
17:22on a compris
17:22que c'était les assaillants.
17:26Très vite,
17:26les assaillants investissent
17:27les premières maisons
17:28du village.
17:31Bon, je descends,
17:32je descends chez moi,
17:33je prépare à manger,
17:35je m'apprête
17:36à me reposer
17:37un petit peu,
17:39quand subitement,
17:40je n'ai pas vu l'heure,
17:41mais c'était entre
17:4211 heures et 11 heures et 4,
17:43j'entends les premières bombes.
17:49C'était des cris,
17:50la peur,
17:51la panique,
17:52les enfants criaient,
17:53les femmes.
17:54C'est déchiré la nuit,
17:56c'était des cris horribles.
17:58J'ai essayé de comprendre
17:59qu'est-ce qui se passait,
18:00j'ai crié Fouad,
18:00Fouad,
18:01qu'est-ce qui se passe,
18:01là,
18:01j'ai pas eu de réponse.
18:04Nasroulin appelle donc
18:05son voisin Fouad,
18:06dont la maison est cernée
18:07par une cinquantaine
18:08de tueurs.
18:09Témoignage de Fouad,
18:10recueilli par Channel 4.
18:11Et les terroristes,
18:13comment ils se sont habillés ?
18:15Ils se sont habillés
18:16à Benjamin,
18:17à Chaba.
18:18Vous connaissez Chaba ?
18:19Ici,
18:20des jeans
18:21et des trainings.
18:23En ce qu'est blanche,
18:24ils cherchent,
18:26ils font une cherche.
18:27À quelle couleur,
18:28la cherche ?
18:28Noire.
18:30Bon,
18:30les barbes et tout.
18:31Ils ont des physiques de chasse,
18:34deux canons,
18:35ils ont des clashings.
18:37On a fui par là,
18:39on a passé la murette,
18:42quand on a vu
18:48les militaires
18:49en train de venir.
18:50Les militaires ?
18:51Oui,
18:51ils ont,
18:53pour les aider.
18:55On a monté dans une maison,
18:56grande maison.
18:58Les militaires,
18:59ils ont stoppé.
19:00Ils n'ont pas vu,
19:02ils n'ont pas jésé.
19:03Ils ont cessé d'avancer.
19:05Et les autres,
19:06les terros,
19:06ils ont fait tout cercler.
19:09Même nous,
19:10on était encerclés
19:11dans ce quartier complet.
19:13Eh bien,
19:14ils ont commencé à minuit,
19:16en train d'égorger
19:17les garçons,
19:18les femmes,
19:19les vieux.
19:20Bon,
19:21nous les jeunes,
19:22on ne laisse pas faire.
19:24On se fuit,
19:26chacun a pour soi.
19:31Il y a des villageois
19:32qui ont échappé à la boucherie
19:34et qui sont allés voir les militaires.
19:37On entendait les coups de feu.
19:39On entendait les balles
19:40qui sifflaient.
19:46Quelqu'un leur a dit clairement,
19:47mais venez nous défendre.
19:49Le soldat lui a répondu,
19:51je n'ai pas l'ordre de tirer,
19:53j'attends les ordres.
19:54Alors le gars leur a dit,
19:55donnez-moi au moins une kalachnikov,
19:57je vais aller moi-même
19:58défendre ma famille.
19:59Mais le soldat lui a répondu,
20:01tu ne vas pas m'apprendre mon boulot,
20:02ou non ?
20:04Pendant tout le temps
20:05que le terroriste est ici,
20:07où est le militaire ?
20:10Ils n'ont pas un tirer.
20:11Pourquoi ?
20:12Ils ne savent pas.
20:15Ils voient que...
20:16Qu'est-ce que c'est passé ?
20:17Ils étaient à 300 mètres.
20:19300 mètres de nous.
20:22300 mètres,
20:22c'est la distance
20:23qui sépare la maison de Fouad
20:24du boulevard de Bentala.
20:26Un boulevard où beaucoup d'habitants
20:28ont vu des blindés
20:29prendre position
20:29dès le début du massacre.
20:32Cet homme nous avait déjà parlé
20:33des barrages militaires.
20:35Quelques heures après le massacre,
20:37il recueillait les confidences
20:38de ses parents,
20:39témoins directs du drame.
20:41Eux aussi ont vu des BTR,
20:42des blindés,
20:43prendre position
20:44sur le boulevard de Bentala
20:45dès le début du massacre.
20:46Des blindés
20:47et même des ambulances.
20:48D'après le...
20:50D'après un parent,
20:51il m'a dit que...
20:53Aminoui,
20:54ils ont...
20:54le bétail,
20:55il est placé déjà là.
20:56Il est là.
20:57Il est près de 40 mètres.
20:59Des barrages ?
21:00C'était pas des barrages.
21:01Non, oui, c'était là.
21:02D'accord.
21:03Des ambulances.
21:04De barraques,
21:04de chintets,
21:07des ambulances.
21:09D'après ce témoignage,
21:10des ambulances
21:11auraient donc pris position
21:12devant l'école de Bentala
21:13au début du massacre.
21:15Comme si les autorités savaient
21:17qu'elles auraient des victimes
21:17à évacuer.
21:19Les gens de Bentala
21:20avaient vu
21:22des ambulances
21:23devant l'école.
21:24Avant le massacre.
21:26À partir de 11 heures,
21:27les ambulances
21:28étaient déjà prêtes.
21:29Et elles étaient nombreuses.
21:31Moi, je voulais pas y croire.
21:33Je voulais pas y croire,
21:34alors je me suis souvenu
21:35que...
21:36Juste au moment
21:37où la première bombe
21:38a éclaté,
21:38à 11h15,
21:39entre 11h et 11h15,
21:41j'ai vu un voisin
21:42qui a pris la fuite.
21:44Qui a pris la fuite
21:46et en marche arrière
21:47à l'aide de son véhicule.
21:49Il est sorti
21:50avec son véhicule
21:51en marche arrière.
21:52Il a fait ça
21:52et il est retourné.
21:57Au niveau de l'école,
21:59au niveau de...
21:59à l'entrée de Bantala,
22:01il y avait trois barrages.
22:02Au niveau de...
22:04le Néma,
22:05ils ont pas voulu
22:06le laisser sortir.
22:06On se demande pourquoi.
22:09Et il a réussi quand même
22:10à leur échapper
22:11à la force et compagnie.
22:12Un premier barrage,
22:13un deuxième barrage.
22:14Et là,
22:14je vais plus loin,
22:15je lui demande...
22:17mais qu'est-ce que tu as vu ?
22:18Est-ce que c'est vrai
22:18que les ambulances,
22:19quand tu es parti,
22:20elles étaient déjà prêtes ?
22:21Elles étaient là-bas.
22:22Il a confirmé.
22:23Là, ça m'a vraiment choqué.
22:26De sa terrasse,
22:27Nesrola pouvait voir
22:28une partie du boulevard.
22:29Lui aussi a vu des blindés.
22:31De Madal,
22:32j'ai vu deux BTR.
22:33Mais plus tard,
22:35j'ai appris qu'il y en avait six, là.
22:37On croyait réellement
22:38que les militaires
22:39étaient venus
22:39pour nous secourir.
22:44On a commencé à crier
22:45les militaires arrivent,
22:45les militaires arrivent,
22:46mais ça ne faisait rien
22:47pour les assaillants.
22:51On avait l'impression
22:52qu'ils s'en foutaient pas mal.
22:54Ils étaient déjà préparés
22:55à ce que les militaires
22:56n'interviennent pas.
22:57Et c'est là
22:58que Abdel Qadr
22:58a pris la parole
22:59et leur a dit
23:00aller vers les militaires.
23:02Nous, on ne vous a rien fait.
23:03Il a dit ça aux gens
23:04qui étaient sous la dame.
23:05Oui, oui, oui.
23:07Et là,
23:08c'est comme s'il avait
23:10pressé sur un bouton.
23:11C'était un flux
23:13d'insultes
23:14et de blasphèmes.
23:17Je ne pouvais pas entendre.
23:18Je ne pouvais pas croire
23:19mes oreilles.
23:20Ils nous ont dit
23:21on va vous envoyer
23:22chez votre dieu.
23:24Ça, c'est grave.
23:25C'est grave parce que
23:25tous les musulmans
23:27savent qu'il n'y a
23:27qu'un seul dieu.
23:29Un seul dieu,
23:30et c'est le leur.
23:32Généralement,
23:32ceux qui blasphèment
23:33comme ça,
23:33ceux qui ne comptent pas
23:34réellement en dieu,
23:35c'est uniquement
23:35les militaires.
23:38Pas une seule minute,
23:41j'ai cru que c'était
23:41des islamistes.
23:46Il fallait voir ça.
23:48Il découpait des enfants
23:49en morceaux
23:49et il les jetait
23:49du deuxième étage.
23:52À Bentala,
23:53beaucoup de rescapés
23:54partagent les doutes
23:55de Nesrullah.
23:57Ahmed Haïtar fait partie
23:58de ceux qui osent
23:59se poser des questions
24:00devant les caméras
24:01de télévision étrangères.
24:08Je suis resté trois heures
24:09à me défendre
24:10avec des briques.
24:10C'est tout ce que j'avais.
24:13Quelques semaines
24:13après le drame,
24:15Ahmed ne comprend toujours
24:16pas comment des tueurs
24:16islamistes auraient pu
24:17massacrer tout son quartier
24:18pendant cinq heures
24:19au nez et à la barbe
24:20des militaires.
24:23On m'a tué ma femme
24:25et mes trois enfants.
24:26Il y a 33 personnes
24:27qui sont mortes
24:27dans ma maison.
24:33Philippe Pister,
24:34le journaliste de France 3
24:35qui a réalisé ce reportage.
24:38Ils ont commencé
24:39à égorger devant le barrage
24:40et ils sont dus jusqu'ici.
24:42Ils ont massacré
24:43au moins 300 personnes.
24:44C'est dans cette interview-là
24:50qu'il raconte
24:50que toute la nuit
24:52il s'est battu,
24:54qu'il voyait
24:55les militaires
24:57à l'entrée du village
24:58qui ne sont pas intervenus
25:00et il va même
25:01jusqu'à dire
25:01qu'il y avait
25:02un hélicoptère
25:03de l'armée
25:04dans le ciel
25:04qui survolait la Seine.
25:06Il y avait un hélicoptère
25:07qui survolait ce quartier
25:08quand le massacre
25:09a commencé,
25:10quand il y a eu
25:10les premières bombes.
25:13Il était quelle heure ?
25:15Ça a commencé
25:16vers 23h30
25:17et les tueurs
25:17sont restés là
25:18chez moi
25:18de 1h30 du matin
25:19jusqu'à 5h moins le quart.
25:22Cette nuit-là,
25:23de sa terrasse,
25:24Nesroulat a lui aussi
25:25entendu un hélicoptère.
25:27Le jour du massacre,
25:28justement,
25:29l'hélicoptère est arrivé
25:305-10 minutes
25:32avant la première bombe,
25:33la première explosion.
25:34Elle est repartie
25:35aux environs
25:36de 4h du matin.
25:38Moi, je me pose
25:39des questions
25:40à quoi elle sert
25:41si ce n'est
25:42à prévenir
25:45les militaires
25:46qui ont un massacre
25:48à tel endroit
25:49ou pour alerter
25:52les militaires
25:53pour intervenir.
26:07Le témoignage d'Ahmed
26:09est gênant
26:09pour les autorités.
26:11Le gendarme
26:11et les patriotes
26:12s'inquiètent.
26:13Ils vont présenter
26:14à l'équipe de France 3
26:15un autre témoin.
26:19Ah, tiens, là,
26:20c'est intéressant
26:21l'image
26:21parce qu'on voit
26:22un des patriotes
26:23du village
26:24qui vient nous chercher
26:25et le gendarme nous dit
26:27maintenant,
26:27il faut descendre.
26:29Voilà, on descend
26:30et c'est là
26:30qu'on trouve
26:31notre ami
26:32en chemise grise
26:34qui va nous dire
26:35le vieux,
26:36il déconne complètement.
26:37Si on n'est pas intervenu,
26:38c'est parce que
26:39tous les terroristes
26:40tenaient les endroits
26:41stratégiques
26:43et évidemment,
26:44dès qu'on a voulu intervenir,
26:45on s'est fait tirer dessus
26:46donc voilà.
26:48Quant à l'armée,
26:50elle ne serait pas intervenue
26:51car le village
26:52avait été miné
26:52par les assaillants.
26:53C'est l'explication officielle.
26:56Vous prenez tous les plans
26:57et vous verrez bien
26:59qu'il y a énormément d'accès,
27:00il y a pas mal d'accès
27:01même si
27:02les BD
27:04sans penser,
27:05sans parler
27:06des femmes militaires
27:07qui étaient passées
27:08la soirée même,
27:09les gars de la garde communale
27:11qui avaient fait aussi le tour,
27:14le gars
27:15que j'ai vu moi
27:16en partir,
27:17prendre la fuite
27:18en marche arrière
27:19à bord de son véhicule,
27:21jamais une mine a éclaté.
27:23Pourquoi ?
27:23Ils ont voulu faire croire
27:24que les terrains étaient minés.
27:30Je sais de quoi est capable
27:31l'armée algérienne.
27:33On a voulu faire croire
27:34que c'était pas une armée de métier.
27:36On a voulu faire croire
27:37que c'était une armée
27:38pas entraînée
27:39qui n'avait pas les moyens.
27:40Et je connais bien l'armée,
27:41j'ai travaillé avec l'armée.
27:43J'ai passé mon service militaire
27:44et je sais de quoi est capable
27:46l'armée.
27:47En 94,
27:50il y a eu un ratissage
27:52et les paras sont descendus
27:53avec leurs hélicoptères.
27:55Ils sont descendus
27:56sur les terrasses
27:56des maisons à Bandar.
27:58Et je me pose la question
27:59pourquoi ?
27:59Parce que Bufaric,
28:01la base militaire
28:03de l'aviation,
28:04c'est quand même
28:05à 10 minutes.
28:06Un vol d'oiseau,
28:07c'est à 10 minutes
28:08de Bantar.
28:15A l'époque des massacres,
28:22Nesrullah n'est pas le seul
28:23à se poser cette question.
28:24Sur la base militaire
28:25de Bufaric,
28:26qui se trouve effectivement
28:27à moins de 20 km
28:28de Bentala,
28:29des pilotes d'hélicoptère
28:30se demandent eux aussi
28:31pourquoi ils n'ont pas reçu
28:32l'ordre d'aller secourir
28:33les victimes des massacres.
28:34Au printemps 98,
28:36écoeuré par la situation,
28:37l'un d'eux s'enfuit en Espagne
28:38avec son appareil.
28:39De là,
28:40il accorde une interview
28:41à l'agence Capa.
28:44Là où il y avait
28:45des massacres,
28:46ils n'étaient pas plus loin
28:47que 10 minutes
28:48de ma base
28:49où j'étais.
28:50Si ils pouvaient
28:52nous appeler,
28:53c'est à 10 minutes
28:54et pas moins.
28:5510 minutes,
28:55nous serions là.
28:57Moi, pour moi,
28:58c'est une...
29:00C'est une...
29:01Comment dire ?
29:04Complication, non.
29:05C'était une...
29:07Complicité.
29:07Une complicité.
29:08C'était une complicité.
29:09Pourquoi ils ne l'ont pas appelé ?
29:11Je ne sais pas
29:11si c'est à eux
29:12de répondre.
29:13Ce n'est pas un mot
29:14de répondre.
29:17À Bentala,
29:18il est 2 heures du matin.
29:19Les militaires
29:20n'ont toujours pas bougé.
29:24Ils s'égorgeaient les enfants
29:25et ils les jetaient là,
29:27là où vous voyez les déchets.
29:31On entendait nos enfants hurler.
29:38Ils s'acharnaient.
29:40On entendait juste le bruit
29:41de la hache sur la dalle.
29:42Et quand ils sont repartis,
29:44ils ont mis le feu.
29:47Ils lançaient des grenades,
29:49des bombes
29:50et ce qu'ils n'égorgeaient pas,
29:52ils les capturaient.
29:55Ils ont emmené
29:56une quarantaine de femmes
29:57avec eux.
29:59Les assaillants
30:00prennent donc le temps
30:01d'emmener des femmes
30:01et même de piller des maisons.
30:04Ils sont d'autant plus tranquilles
30:06que ce soir-là,
30:07les patriotes de Bentala
30:08ont été bizarrement invités
30:09à dîner près d'Alger
30:10par un militaire du secteur.
30:14Sur cette terrasse,
30:15les voisins de Nesrola
30:16sont fauchés les uns
30:17après les autres
30:17à la Kalachnikov.
30:18Pour échapper à la mort,
30:20lui se jette du deuxième étage
30:21et se casse la jambe.
30:23Mon corps,
30:24il était plein de sang.
30:27Moi, j'en garde
30:27les cicatrices jusqu'à présent.
30:30Malgré la douleur,
30:31il parvient tant bien que mal
30:32devant la maison
30:33d'Ahmed Haïtar,
30:34son voisin qui parlera
30:35à France 3.
30:36Au début,
30:37ils croyaient que c'était
30:37un terroriste.
30:38Ils ont commencé
30:38à me lancer des pierres
30:39et tout.
30:40Après,
30:40quand j'ai commencé
30:41à crier,
30:42j'ai dit mon nom,
30:43ils m'ont ouvert.
30:44Je ne pouvais même plus marcher.
30:45Ils m'ont soulevé
30:46et ils m'ont fait monter
30:46jusqu'à la terrasse.
30:48De cette terrasse,
30:50Nesrola est soudain ébloui
30:51par des projecteurs
30:51qui s'allument dans la zone
30:52où sont stationnés
30:53les blindés de l'armée.
30:54On a vu des projecteurs
30:56s'allumer
30:56et tout le monde
30:57qui était sur la terrasse
30:58a commencé à crier
30:59une nouvelle fois,
30:59les militaires arrivent
31:00et les militaires arrivent.
31:01Et quelle heure, là ?
31:02Il est entre 3 heures du matin.
31:06Et c'est vrai
31:07qu'on a vu
31:08la réaction
31:09des terroristes
31:13et pendant 5 minutes,
31:16ils ne voulaient plus attaquer.
31:19Et il y a les émirs
31:20qui sont venus
31:20en courant,
31:21en les insultant,
31:23en les menaçant même
31:24de continuer leur travail.
31:26Ils leur ont dit,
31:26en arabe,
31:27ils leur ont dit
31:27continuez votre travail
31:29le plus calmement possible.
31:30Les militaires
31:31ne viendront jamais.
31:32On en déduisait
31:33que c'était les émirs
31:33parce qu'ils étaient cagoulés.
31:35Ils savaient
31:35que les militaires
31:36n'allaient pas intervenir.
31:37Ils le savaient.
31:38On l'avait compris.
31:40Ça nous faisait
31:41encore plus peur.
31:41C'était trop tard.
31:42On était encerclés.
31:44Les militaires
31:45qui étaient là,
31:45qui ne voulaient pas intervenir.
31:47Encore,
31:48encore plus,
31:49ils empêchaient les gens
31:50de venir,
31:50de intervenir
31:51parce qu'il y a énormément
31:52de patrieurs
31:52qui sont venus
31:53de Baraki,
31:54des patrieurs
31:54qui sont venus
31:55de Sema,
31:55des policiers
31:57partout,
31:58des Haraj.
31:58Ils sont venus,
31:59ils ont été frappés,
32:00chassés par les militaires.
32:03En fait,
32:05c'est ce qu'ils appellent
32:06là les militaires.
32:07Ce sont les forces spéciales
32:09parce que ce ne sont
32:10que les forces spéciales
32:11qui peuvent traiter
32:12de cette manière
32:13d'autres militaires
32:14ou policiers
32:15ou tout autre
32:17homme armé
32:19du côté de l'État.
32:20Alors,
32:21si c'était
32:21les forces spéciales
32:22antiterroristes,
32:22pourquoi est-ce
32:23qu'elles ne sont pas intervenues ?
32:24Justement,
32:25les forces spéciales
32:27dans ces massacres,
32:29leur rôle surtout
32:30est de protéger
32:31les massacreurs.
32:33Ces massacreurs
32:34peuvent être
32:34leurs collègues
32:35comme peuvent être
32:37des islamistes
32:38complètement retournés
32:39et qu'on les appelle
32:42comme ça,
32:43vaguement,
32:43les jillies.
32:44Vous savez que
32:44les massacres,
32:46si on prend géographiquement
32:47là où il y a eu
32:48les massacres,
32:48souvent,
32:49c'est des bastions
32:50de l'islamisme
32:51qu'on veut
32:53les faire
32:54retourner
32:55contre leurs convictions
32:58et contre
32:58leur appartenance
32:59politique.
33:00Le meilleur moyen,
33:02c'est de les terrifier,
33:03de les terroriser,
33:05de les horrifier
33:06et de les faire
33:08regretter
33:09ce choix.
33:11Le massacre
33:11s'est-il donc déroulé
33:12sous protection militaire ?
33:14C'est ce que laissent
33:14penser d'autres témoignages
33:15de survivants.
33:17J'ai même entendu
33:18un assaillant
33:19qui a dit
33:19à un autre assaillant
33:20continue d'égorger
33:21et travaille tranquillement
33:22l'armée nous couvre
33:23on a réglé ça.
33:26Le 23 septembre
33:28vers 5 heures du matin
33:29les assaillants
33:30quittent tranquillement
33:30Bentala par le sud
33:31sans être inquiétés.
33:33Pourtant,
33:34presque au même moment
33:35d'importantes forces
33:36de sécurité
33:37se déploient dans le secteur
33:38mais pour en interdire
33:39l'accès à la presse.
33:41Une course contre la montre
33:42s'engage
33:42pour enterrer
33:43le plus vite possible
33:44et loin des objectifs
33:45les cadavres
33:46à des victimes.
33:47Ce matin-là,
33:48deux journalistes algériens
33:49travaillant pour l'agence
33:49France Presse
33:50tentent quand même
33:50de faire leur travail.
33:52L'un d'eux est photographe
33:53il s'appelle Ossine
33:55parvenu devant
33:55l'école du village
33:56il est bloqué
33:57par les forces de sécurité.
33:58Il y avait cet interdit
33:59de travailler
34:00d'un côté
34:00et de l'autre côté
34:01il n'y avait pas
34:01il n'y avait pas
34:02grand chose à faire.
34:03Les corps sont déjà partis
34:05et on a reçu des lieux
34:06on ne trouve que de l'émotion
34:07et donc
34:10il fallait se diriger
34:12carrément vers l'hôpital
34:13l'accès à l'hôpital
34:14il était interdit
34:15nous on pensait
34:16quand on est arrivé
34:17on pensait
34:18que c'était uniquement
34:18à l'intérieur de l'hôpital
34:19qu'on ne pouvait pas accéder
34:20on ne pouvait pas faire des photos
34:22et même
34:23à l'entrée de l'hôpital
34:24il était quasiment interdit
34:25de faire des photos
34:26et
34:27moi quand j'ai vu de loin
34:28cette femme en train
34:29de s'écrouler comme ça
34:30saison contre le mur
34:31je ne pouvais pas
34:32je ne pouvais pas résister
34:33à ne pas faire la photo.
34:35La police
34:35ils ont essayé
34:36de nous enlever les films
34:38et
34:39après avoir
34:40discuté
34:41et négocié un petit peu
34:43dans cette condition
34:44c'est qu'on nous a laissé
34:45les films
34:45mais c'était de quitter
34:46les lieux
34:46voilà
34:50Quant à l'autre journaliste
34:51de l'AFP
34:52il est bloqué
34:53dès l'entrée de Baraki
34:55à pied
34:55avec les familles
34:56des victimes
34:57qui courent
34:57derrière les ambulances
34:58il se rend au cimetière
35:00de Sidiresine
35:00où cette pelleteuse
35:02s'active déjà
35:02pour enterrer
35:03à la va-vite
35:04des centaines de cadavres
35:06sur place
35:07il compte
35:08147 tombes
35:09mais officiellement
35:10il n'y a que 85 morts
35:12ce jour là
35:13les seuls journalistes
35:14autorisés à parler du massacre
35:15sont ceux de la télévision officielle
35:17voici
35:18leur version
35:21une fois de plus
35:22un crime sauvage
35:23vient d'être commis
35:24à la faveur de la nuit
35:25contre des familles
35:26des femmes
35:27et des enfants
35:28le terrorisme barbare
35:30s'est attaqué à eux
35:31à coups d'égorgements
35:32et de bombes
35:33selon le rapport
35:34des services de sécurité
35:3585 personnes
35:37ont été assassinées
35:38et 67 blessées
35:39dont 31
35:40dans un état grave
35:43cet homme
35:43à gauche de l'image
35:44c'est Yahya Guidoum
35:45le ministre de la santé
35:46ce jour là
35:47il va quasiment
35:48justifier le massacre
35:49en accusant
35:50les habitants de Bentala
35:51d'avoir soutenu
35:51les terroristes
35:52l'incident n'est pas relaté
35:54par la télévision officielle
35:55mais il a bien eu lieu
35:56témoignage d'un couple
35:57d'habitants
35:57choqué par les propos
35:58du ministre
36:00le lendemain de la boucherie
36:01le ministre de la santé
36:02est venu Guidoum
36:03quelqu'un dont toute la famille
36:05avait été tuée
36:05lui a dit que les services
36:06de sécurité
36:07n'étaient même pas intervenus
36:08mais il lui a répondu
36:10c'est vous qui leur donniez
36:11à boire
36:11à manger aux terroristes
36:13il nous a dit
36:14vous êtes les racines
36:15du terrorisme
36:16alors il faut assumer
36:20Guidoum
36:21il a failli être lâché
36:22dire que c'est de votre faute
36:24vous n'avez pas
36:25à soutenir
36:26les groupes armés
36:27
36:29je me pose des questions
36:31sincèrement
36:31je me pose des questions
36:32ils ont tous le même dialogue
36:33tous le même discours
36:37mais les habitants de Bentala
36:38ne sont pas au bout
36:39de leur surprise
36:40après le reportage
36:42retour plateau
36:42et attaque en règle
36:44contre les journalistes
36:45notamment ceux de l'AFP
36:46qui ont osé dire
36:47que le massacre de Bentala
36:48avait fait plus de 85 morts
36:49dans le même temps
36:51le porte-parole du gouvernement
36:52apporte un démenti formel
36:54aux chiffres fantaisistes
36:55avancés par certaines agences
36:57d'information
36:57et les chaînes étrangères
36:59ces agences d'information
37:00qui se nourrissent du sang
37:02des algériens
37:02dans la course au scoop
37:04cette version officielle
37:06qui minimise le bilan du massacre
37:07va déclencher la colère
37:08des rescapés
37:09le lendemain du drame
37:10un caméraman algérien
37:11travaillant pour France 2
37:13est pris à partie
37:13par les familles des victimes
37:14qui le prennent
37:15pour un journaliste
37:16de la télévision algérienne
37:21à l'étranger
37:22sur les chaînes de télévision
37:23on a bien vu
37:23ce qui s'est passé
37:24pas ici
37:25alors partez
37:28vous racontez n'importe quoi
37:30elle est là la réalité
37:31regardez là
37:34tu vas vraiment passer
37:35ce que je dis à la télé
37:37alors laisse moi
37:37te poser une question
37:38c'est qui les terroristes
37:41nous on a que
37:42des fusils à deux coups
37:46le gouvernement
37:46ne nous a donné que
37:47des fusils à deux coups
37:49eux ils ont des kalachnikov
37:50ils ont des bombes
37:52alors qui est-ce
37:53qui terrorise
37:54c'est l'état
37:55ou c'est les terroristes
37:58dis-moi toi
37:58c'est qui
38:03un mois après le massacre
38:05la presse internationale
38:06est invitée à Alger
38:07pour couvrir
38:07les élections municipales
38:09d'octobre 97
38:11au programme
38:12reportage sous escorte
38:13et hébergement obligatoire
38:15à l'hôtel Horaci
38:18tous les matins
38:19les autorités proposent
38:20aux journalistes
38:20la liste des reportages possibles
38:25on avait deux trois listes
38:27chaque matin
38:27des places
38:28où on pouvait aller
38:30alors évidemment
38:31Bentala
38:31ça passait très bien
38:33l'image
38:34il y avait toujours
38:35une grande liste
38:36sur Bentala
38:37et donc les algériens
38:39ont organisé
38:40des cars
38:40deux, trois, quatre cars
38:42plein de journalistes
38:44de photographes
38:45sur Bentala
38:46et il y avait toujours
38:48des journalistes
38:49algériens
38:49avec nous
38:50pour parler
38:52aux gens
38:52pour expliquer
38:54tout ça
38:55et donc là
38:56c'est les voyages
38:57et la première étape
38:59c'est au cimetière
39:02et les guides
39:03aident
39:04à trouver la maison
39:05les survivants
39:07les témoignages
39:08et tout ça
39:08et on essayait
39:10de parler aux gens
39:11et chaque fois
39:13qu'on s'approchait
39:13aux gens
39:14il y avait
39:14quelqu'un d'autre
39:15qui se faisait
39:18disons
39:18intermédiaire
39:20aussi quand les gens
39:20parlaient français
39:22c'est une vengeance
39:24c'est une vengeance
39:25il voit le type là
39:26il est là
39:27voilà
39:27c'est une vengeance
39:28pourquoi ?
39:29parce que
39:29ils ont enseigné
39:30tous les algériens
39:31ils coupent la parole
39:32aux autres
39:32qui après
39:33ne vont jamais parler
39:35ils partent
39:36les français toujours
39:36c'est une femme
39:37qui ont emmené
39:38les gens du JIA
39:39dans le village
39:40de Bentana
39:42et après
39:43il s'en va
39:44allez hop
39:44et c'est qui lui ?
39:46il est arrivé
39:46avec la gendarme
39:47on ne sait jamais
39:48si c'est avec qui
39:49c'est pas un patriote
39:50on ne sait pas
39:51il s'enfuit
39:52on ne les retrouve plus
39:56derrière les témoins
39:57officiels
39:58les vraies victimes
39:59comme les voisins
39:59de Nesrola
40:00voudraient bien s'exprimer
40:02mais avec la présence
40:03des escortes
40:03pas facile de parler
40:04librement à la presse étrangère
40:09je connais un type
40:09qui a perdu
40:12Msaoud
40:12qui a perdu
40:13huit gosses
40:13sa femme
40:14et ses huit gosses
40:16il était malade
40:17il écoutait son gamin
40:18se faire égorger
40:19il me disait
40:20ça c'est mon fils
40:22c'est mon fils
40:22ils sont en train
40:23d'égorger mon fils
40:24il était impuissant
40:24il pouvait rien faire
40:27et le lendemain
40:28avec toute cette rage
40:29il voulait discuter
40:30parler avec
40:30avec les gars
40:31de MBC
40:33il a été intervoué
40:34par MBC
40:34et il a dit
40:35que voilà
40:35les militaires
40:36ne sont pas intervenus
40:37ils étaient là
40:38qu'il n'y avait pas de bombes
40:40qu'il n'y avait pas de mines
40:41et il y a un policier
40:42qui est venu vers lui
40:43qu'il a écouté
40:44qu'il est venu vers lui
40:44il lui dit
40:45si tu ajoutes un mot
40:45je te liquide là
40:46devant tout le monde
40:48c'est ce qu'il lui a dit
40:50il lui a dit
40:51je te tue ici
40:52devant tout le monde
40:54les journalistes
40:54n'ont pas le droit non plus
40:55de parler aux militaires
40:56présents au moment du massacre
40:58à défaut
40:59Sarah Hachot
41:00la reporter de Channel 4
41:01essaye de comprendre
41:02si le monsieur droit de l'homme
41:03du régime algérien
41:04a pu lui
41:05interroger les militaires
41:06dialogue de sourd
41:08excusez-moi
41:09je vous répondrai
41:10dans mon rapport 1997
41:12bon mais alors
41:13sans parler de votre rapport
41:141997
41:16est-ce qu'au moins
41:16vous avez pu parler
41:17aux militaires
41:18des casernes implantées
41:19près de Bintala
41:19je vous ai déjà répondu
41:22donc vous leur avez parlé
41:23je vous ai déjà répondu
41:25je suis désolé
41:26j'ai pas compris
41:27votre réponse
41:27je vous ai dit
41:28qu'on ne faisait pas
41:29une enquête
41:30mais une investigation
41:31donc vous ne leur avez pas parlé
41:33je vous ai déjà répondu
41:38je suis désolé
41:39excusez-moi
41:40non non non
41:40on arrête là
41:45je suis vraiment déçu
41:46par votre attitude
41:48en février 98
41:49une délégation
41:50de parlementaires européens
41:51débarque à Alger
41:52à leur tête
41:54André Soulier
41:54un vieil ami du FLN
41:57pour Alger
41:58qui craint l'arrivée
41:58d'une commission
41:59d'enquête internationale
42:00pas question de parler
42:01des massacres
42:02mais André Soulier
42:03fait comme si tout allait bien
42:05nous pouvons dire
42:06que nous n'avons
42:08dans nos discussions
42:09et dans notre volonté
42:10de nous informer
42:11de nous informer
42:13aucune entrave
42:14et que de ce point de vue
42:16nous le disons
42:18à l'égard des autorités algériennes
42:20et de nos collègues parlementaires
42:22Alger est content
42:23la question des massacres
42:25n'a pas été abordée publiquement
42:27dans les rues en revanche
42:29beaucoup se sentent lâchés
42:30par la communauté internationale
42:31colère
42:46Aujourd'hui
42:47l'une des parlementaires européennes
42:49qui s'était rendue à Alger
42:50révèle qu'avant le départ
42:51une partie de la délégation
42:53avait demandé à se rendre
42:54à Bentala
42:54la réponse d'Alger
42:55fut sans appel
42:56Et bien Alger dit non
42:57tout simplement
42:58parce que
42:59c'est clair
43:00c'est net
43:01pas question
43:02que nous mettions le nez
43:03dans les affaires algériennes
43:06Sinon ?
43:06Sinon on n'y va pas
43:08c'est tout
43:12C'était ça en fait
43:13l'enjeu c'était ça
43:13c'était si vous voulez
43:14insister sur les massacres
43:15vous ne vous en rentrez pas
43:20Eh oui
43:21et ça c'est vrai
43:22qu'il faut reconnaître
43:24qu'on n'a pas voulu
43:25finalement prendre ce risque là
43:31Amateur d'Algérie
43:32bonjour
43:33bonjour
43:33j'aurais voulu
43:34le secrétariat
43:35de l'ambassade
43:35s'il vous plaît
43:36oui
43:39occupé monsieur
43:40vous patientez
43:40je patiente
43:42En un an d'enquête
43:43et malgré plusieurs
43:44demandes de visa
43:45Alger ne nous a accordé
43:46aucune autorisation
43:47pour nous rendre en Algérie
43:49Malgré la gravité
43:50des faits
43:51rapportés par les survivants
43:52aucun officiel
43:53n'a souhaité s'exprimer
43:54sur le massacre de Bentala
43:56un an et demi
43:57après les faits
43:58aucune enquête indépendante
43:59n'a été menée en Algérie
44:00sur ce qui restera
44:01l'un des plus graves crimes
44:02commis dans le pays
44:03depuis 1992
44:12Nesroul Ayous
44:13lui
44:13vit toujours à Paris
44:14en attendant
44:15que la lumière
44:16soit faite officiellement
44:17sur les massacres de 97
44:18il milite avec sa soeur
44:20en faveur des 3500 personnes
44:21portées et disparues
44:22en Algérie
44:23après avoir été arrêté
44:24par les forces de sécurité
44:26aujourd'hui
44:27chaque disparu
44:27a droit à un ballon
44:28symbolique
44:29dans le ciel de Paris
44:30imaginez ce que c'est
44:31c'est le nombre de personnes
44:32
44:34si on pouvait les retrouver
44:35un jour
44:35nous demandons
44:36à vivre en fait
44:40ça suffit
44:41nous voulons
44:41que nos enfants
44:42vivent en fait
44:46ils ont le droit
44:47de vivre
44:57cela vient d'être évoqué
44:58dans l'enquête
44:58mais je voudrais insister
44:59sur le fait que
45:00Jean-Baptiste Rivoire
45:01a essayé à de nombreuses reprises
45:03d'obtenir une réaction
45:04des autorités algériennes
45:05aux graves soupçons
45:06qui pèsent sur elles
45:07ces faxes et téléphones
45:08sont restés sans réponse
45:10jusqu'à aujourd'hui
45:12nous revenons en Suisse
45:13avec une question
45:14qui préoccupe
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