00:00Les manifestants islamistes ont été condamnés aujourd'hui à une prison ferme.
00:04Selon le Fonds islamique du salut, le FIS, 14 000 personnes ont été arrêtées dans la seule semaine du 6
00:09au 13 février.
00:10Le gouvernement annonce pour sa part 5 000 arrestations.
00:13L'ancien parti unique, le FLN, estime dans un communiqué urgent un retour à une vie constitutionnelle normale.
00:20Notre envoyé spécial à Alger, Pascal Guignet, a pu rencontrer Mohamed Boudiaf,
00:24qui remplace de fait le président Chadilly à la tête de l'État.
00:28Je suis un homme qui ne tolérait pas que ce qu'il soit porté atteinte physique ou morale à ses
00:34interpellés.
00:35Ce que j'ai pu dire, c'est que toutes ces personnes ont été arrêtées légalement
00:40et que de ce fait-là, aucune atteinte à leur personne, que ce soit morale ou physique, ne doit intervenir.
00:49Je m'engage personnellement à ne tolérer aucun dépassement dans ce sens.
00:53Et s'il y a quelques dépassements, ils ont été signalés et les auteurs, leurs auteurs seront sanctionnés.
01:03Ce que j'espère, c'est qu'avec le retour au calme, que cette situation d'urgence ne dure pas
01:10et que la plupart de ces gens-là soient libérés.
01:13M. le Président, vous apparaissez sur la scène politique algérienne comme un homme neuf,
01:17mais vous héritez aussi de structures et d'hommes qui appartiennent au passé.
01:21Est-ce qu'ils ne risquent pas de vous freiner ?
01:23Bon, ce n'est peut-être pas possible, mais ce qu'il faut retenir, c'est que l'idée de
01:29changement
01:30et de changement capital est inscrite dans les faits.
01:33Je ferai tout pour que cela puisse aller rapidement.
01:36Ce n'est pas facile.
01:37Avec le gouvernement, le nouveau gouvernement, il y a des nouvelles qui vont apparaître.
01:42Nous allons dans ce sens, en rectifiant, ce que je puisse avancer, c'est que des choses
01:50comme ça ne puissent pas se faire du jour au lendemain.
01:52Ce n'est pas un coup de baguette magique qui va régler le problème de l'Algérie.
01:56M. le Président, vous n'avez pas été élu, vous n'avez pas été choisi par le peuple algérien.
02:00Alors d'où tirez-vous votre légitimité ?
02:03J'ai été appelé à un moment très difficile pour l'Algérie et j'ai pensé que ma présence
02:09pouvait être utile pour sortir l'Algérie de cette situation.
02:13C'est vrai que cette légitimité, on peut se référer à une légitimité historique,
02:17cela ne m'intéresse pas.
02:18Ce que je voudrais personnellement, c'est que cette situation exceptionnelle ne dure pas
02:22et qu'on débouche réellement sur une ère de démocratie, une ère de débat
02:27qui pourrait donner une légitimité à moi ou tout autre qui se présenterait à la présidence
02:32ou à ce poste de... à cette responsabilité suprême de l'être.
02:38Je considère qu'un début de solution pourrait être trouvé dans un regroupement patriotique
02:44parce que tous les autres critères ont disparu,
02:46seuls capables de poser les véritables problèmes de l'Algérie dans toute leur ampleur
02:50et de faire que ces gens-là qui attendent tout puissent être des acteurs aussi dans ce processus.
02:55Vous êtes donc un président au-dessus des partis ?
02:58Oui, oui, je suis au-dessus des partis.
03:02Je voudrais que ces partis développent leur action en dehors de l'autorité.
03:06Cette autorité, elle a des objectifs, à savoir établir l'autorité, établir l'État dans son autorité,
03:13revenir à l'ordre, à l'acquitté, de permettre aux Algériens de ne plus avoir peur,
03:18de s'exprimer et de discuter, de poser leurs problèmes.
03:21Bien sûr, il y a beaucoup de choses que l'Algérie attend, ce n'est pas un un jour ou
03:25deux,
03:26mais je crois que l'essentiel, c'est de prendre le bon départ et de voir les choses avec un
03:30grand réalisme
03:31et de le dire aussi au peuple.
03:32Voilà ce que nous sommes capables de faire et voilà ce que nous ne sommes pas capables de faire.
03:36Et je crois que c'est cette franchise dont a besoin le peuple algérien.
03:39Selon vous, la solution pour l'Algérie, ce serait une économie mixte où on trouverait à la fois un secteur
03:44public fort et un secteur privé dynamique ?
03:46Oui, c'est cela. Nous sommes engagés dans la voie du libéralisme, nous sommes engagés dans la voie de l
03:53'économie de marché.
03:56L'Algérie sera un pays ouvert aux investisseurs étrangers dans le cadre de la coopération et des partenariats.
04:03Et nous pensons qu'on peut aller comme ça avec un secteur privé qu'il faut maintenir parce qu'il
04:10est stratégique
04:10et un secteur privé qu'il faut encourager.
04:14L'État ne dirigeant pas, mais étant un régulateur, beaucoup plus qu'un agent d'autorité.
04:20Selon vous, c'est ainsi qu'on améliorera la vie quotidienne ?
04:23Je pense que oui, parce que nous avons beaucoup de potentialité.
04:27Le secteur privé est très porteur d'investissement. Jusqu'à présent, on l'a découragé.
04:32Et nous pensons aussi à notre immigration en France, qui pourrait apporter aussi sa contribution.
04:37Nous avons été touchés par des gens qui pourraient investir en Algérie, qui sont très disposés à le faire.
04:43Si demain, vendredi, la situation reste calme, est-ce que vous considérez cela comme une victoire ?
04:49Si il y a une victoire, c'est la victoire pour l'Algérie.
04:52Je voudrais personnellement que cette Algérie s'installe dans l'attitude, qu'il éloigne d'elle la peur, la hantise
04:58de chaque vendredi.
04:59Et c'est là une grande victoire pour tout le monde.
05:02Parce que, bon, avoir vécu cet an dernier, chaque vendredi apporte avec lui une masse d'incertitude.
05:09Je crois que si on arrive à apaiser la situation, et je pense que ce vendredi, comme tous les autres
05:14vendredis, sera calme.
05:16Parce que l'autorité a pris ses responsabilités.
05:18Ce n'est pas contre les fils d'un autre, mais nous ne voudrions pas que dans ces sociétés qui
05:22ont encore meurtri,
05:23qui souffrent de beaucoup de choses, la violence s'installe aussi.
05:27Et à partir de ce moment-là, ce n'est pas la violence qui résoudra les problèmes d'un autre.
05:29Depuis...
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