00:00Europe 1, Eliott Deval et vous.
00:04On poursuit notre discussion autour de ces tournants judiciaires,
00:08quasiment trois ans après le meurtre terrible de Thomas qui avait sidéré la France en novembre 2023.
00:16Et bien deux ans et demi, quasiment trois ans après ce drame,
00:19les juges d'instruction ont reconnu donc la circonstance aggravante
00:23des faits de racisme anti-blanc et anti-français en bande organisée.
00:30C'est un tournant judiciaire majeur, ça ne veut pas dire que les suspects,
00:35les mis en cause dans ce drame seront forcément condamnés par une cour d'assises pour mineurs
00:41parce qu'au moment des faits, la plupart étaient mineurs,
00:44donc au moment des faits, ça ne veut pas dire qu'ils sont forcément condamnés pour ces faits-là.
00:48Il y a un procès qui sera en cours, ils sont toujours, ils restent présumés innocents,
00:52c'est bien évidemment l'idée avant un procès,
00:56mais c'est un tournant judiciaire, un tournant politique
01:00et un tournant médiatique, Mathieu Hock.
01:02Oui, en effet, vous avez raison, il y aura un avant et un après Crépole,
01:06assurément, en tout cas d'un point de vue et judiciaire et politique.
01:09Pourquoi cela ? Parce que vous avez d'une part Crépole à révéler ce que l'on appelait
01:14la barbarisation de la société, c'est-à-dire que de plus en plus nous assistons à des crimes
01:18qui sont de plus en plus sauvages, de plus en plus barbares, y compris sur des mineurs.
01:22Et là, en l'espèce, beaucoup de médias et de politiques ont refusé de voir
01:26qu'une partie de la jeunesse était en voie d'ensauvagement, ça c'est le premier point.
01:30Et puis le deuxième point, c'est qu'on arrive effectivement avec ce que prononcent,
01:37en tout cas ce que dit les juges d'instruction qui suivent ce dossier-là,
01:42ouvre la voie peut-être à une condamnation avec circonstances aggravantes
01:48comme de racisme anti-blanc.
01:50Et cette ouverture est importante parce que historiquement, en France,
01:54on a une très grande difficulté, parce que vous l'avez très bien dit tout à l'heure,
01:58pour des questions intellectuelles et des questions politiques,
02:02a qualifié le racisme anti-blanc.
02:03Et la justice également. Il n'y a que très peu de condamnations.
02:06J'ai en mémoire deux condamnations pour racisme anti-blanc
02:09avec effectivement des prononcées de peine qui étaient différentes
02:11en première instance versus en deuxième instance.
02:14Donc là, il faut rester prudent parce qu'effectivement,
02:16le parquet n'a pas encore retenu ce qualificatif.
02:20Le juge en première instance ne prononcera peut-être pas
02:24cette circonstance agréante de racisme anti-blanc.
02:26Idem en deuxième instance s'il y a un appel.
02:28En revanche, ce que l'on peut dire, c'est que le racisme anti-blanc,
02:31aujourd'hui, dans une affaire qui est très médiatisée,
02:33celle de Crépol, ce qui n'était pas le cas des autres affaires de racisme anti-blanc,
02:36va permettre de dire dans le débat public,
02:39oui, aujourd'hui, comme le pensent 67% des Français,
02:42il y a du racisme anti-blanc et c'est factuel.
02:46Pierre Maricev est avec nous en direct.
02:49Merci d'être en direct, cher Pierre Maricev.
02:51Vous êtes directeur de l'Institut pour la justice.
02:55Est-ce que selon vous, il y avait une vraie injustice à ce que dans des dossiers aussi dramatiques,
03:02des faits qui sont pourtant relatés par bon nombre de témoins,
03:07et là, on apprend qu'il y en a, non pas seulement neuf,
03:10comme le présentaient les médias à l'époque,
03:13mais à minima une dizaine, 14 eux-mêmes,
03:18est-ce qu'il y avait une forme d'injustice à ce que le réel ne soit pas présenté au
03:23cœur de ce dossier ?
03:24Le réel, c'est quoi ?
03:25C'est la mort dramatique dans des conditions atroces d'un garçon de 16 ans à l'époque, Thomas,
03:32et avec des circonstances aggravantes,
03:34c'est-à-dire le racisme anti-blanc et anti-français.
03:38Alors, comme l'a dit François Bousquet,
03:41le racisme anti-blanc n'obéit absolument pas au narratif,
03:44au système narratif qui est mis en place depuis 40 ans en France,
03:48des dominés et des dominants,
03:49qui est un système narratif de gauche, il faut le dire,
03:52c'est le cas, c'est un système narratif de gauche,
03:54est dominant et qui a écrasé tous les autres modes de pensée depuis 40 ans.
04:00Donc le racisme anti-blanc, on a énormément de mal à le retenir,
04:05la justice a énormément de mal à le retenir,
04:07là en l'occurrence, certes, on a aujourd'hui un avis de fin d'information du juge d'instruction
04:12qui va dans le bon sens,
04:13mais de un, ce n'est pas définitif dans son ordonnance de renvoi,
04:16il pourrait toujours modifier cette circonstance aggravante,
04:20et puis de deux, comme vous l'avez rappelé,
04:21il n'est pas du tout certain que la cour d'assises retienne, elle,
04:24cette circonstance aggravante,
04:26et qu'elle condamne les auteurs éventuels de ce meurtre
04:31avec la circonstance aggravante de racisme.
04:33Donc c'est très difficile, ça a été long,
04:36vous vous souvenez de l'affaire des PV cachés ?
04:38Il y a quelques mois, on a eu, il s'est sorti dans la presse,
04:41comme quoi des PV auraient été malencontreusement,
04:44on ne sait pas trop si c'est par erreur ou si c'est volontaire,
04:46bon, on va être optimiste et considérer que c'était une erreur,
04:51mais des PV qui justement témoignaient et relataient ces éléments de racisme anti-blanc
04:57qui avaient été perdus dans la procédure.
04:59On ne sait pas trop pourquoi, on ne sait pas trop comment.
05:01Donc ça a été très compliqué,
05:03on a eu le parquet qui a fait ses premiers réquisitoires
05:05dans lesquels il ne retenait pas le racisme anti-blanc,
05:08donc on sent que c'est très difficile pour le système
05:12de retenir cette circonstance qui n'obéit pas,
05:15comme je le disais, au narratif.
05:16Et il faut donc un juge d'instruction qui est un juge indépendant,
05:19et donc là, il faut rendre hommage à l'indépendance du juge d'instruction,
05:23même si ça paraît quand même évident
05:25quand on a 14 témoignages et des enregistrements de téléphones portables,
05:28parce qu'on sait que c'est sorti aussi,
05:31et que c'est dans le dossier du juge d'instruction.
05:34Bon, heureusement, on a ce juge d'instruction indépendant,
05:37qui ne dépend pas du parquet, donc du ministre de la Justice,
05:40qui a pu prendre une décision qui paraît être évidente, au final.
05:46Pierre-Marie Seff, vous avez pu, ces trois dernières années,
05:50échanger avec des familles de victimes
05:52ou des personnes qui étaient présentes à Crépaule ?
05:55Non, pas à Crépaule directement, effectivement.
05:59Pourtant, effectivement, il y a eu beaucoup de victimes,
06:02beaucoup de victimes potentielles,
06:03pas directement avec Crépaule.
06:04Nous, la difficulté, c'est que bien souvent,
06:07les victimes qui viennent nous voir,
06:08ce sont des victimes, à l'Institut pour la Justice,
06:11notre but, c'est de changer la loi,
06:12ce n'est pas d'intervenir dans une affaire spécifique.
06:15Et donc, quand ils viennent nous voir,
06:16bien souvent, c'est qu'ils ont déjà cheminé,
06:18et que non seulement ils ont été déçus
06:21par la décision judiciaire qui les a concernées,
06:23et donc ils veulent ensuite changer les choses.
06:25Donc, ils font preuve, moi je trouve,
06:27je suis très admiratif des victimes qui viennent nous voir,
06:29ils disent, dans mon cas, c'est trop tard,
06:31dans mon cas, j'ai été victime d'un crime ou d'un délit,
06:35ou un de mes proches,
06:36la justice n'a pas été à la hauteur,
06:37et c'est pourquoi, maintenant, je m'engage pour les autres.
06:40Donc, effectivement, c'est encore un petit peu tôt
06:42pour qu'on se dirige, nous, vers ces victimes-là,
06:45ou qu'elles se dirigent vers nous.
06:46Mais, effectivement, vous avez raison,
06:47c'est clairement des...
06:49On attendra, évidemment,
06:51quel traitement la justice fera.
06:53Si la justice fait un mauvais traitement de cette affaire-là,
06:55évidemment, on s'attendra à ce qu'il est très probable,
06:58que des victimes de cette affaire-là viennent nous voir.
07:01C'est très probable.
07:02De nombreuses réactions politiques.
07:04Marion Maréchal, qui tweet,
07:05« Enfin, après presque trois ans,
07:07le racisme anti-blanc est reconnu
07:08comme une circonstance aggravante
07:10dans la tragédie du bal de Crépaule
07:12et le meurtre du jeune Thomas Perrotto.
07:15Stéphane Ravier, qui dit,
07:16« Le seul racisme qui tue en France
07:18est le racisme anti-blanc. »
07:21Une fois, même la justice a été obligée de le reconnaître.
07:24Gilbert Collard,
07:25« Meurtre de Thomas Crépaule,
07:26la circonstance aggravante de racisme
07:28finalement retenue par les juges. »
07:30On va planter du blanc.
07:31Ils ont mis du temps à l'admettre.
07:33Enfin, l'horrible réalité est prise en compte judiciairement.
07:37Enfin, Thibaut Monnier,
07:40qui dit attaque du bal de Crépaule,
07:42« Grâce à notre mobilisation,
07:44le racisme anti-blanc est enfin reconnu. »
07:47Et il y a, chez certains responsables politiques,
07:51l'idée d'une sorte de soulagement,
07:53c'est-à-dire de se dire,
07:55non pas être soulagé
07:56parce que l'affaire est absolument dramatique,
07:59mais de dire,
07:59« Mais enfin, on entend les victimes. »
08:02Enfin, ce que vous avez vu,
08:04vous ne l'avez pas vu.
08:04Ce que vous avez entendu,
08:05vous ne l'avez pas entendu.
08:07Eh bien, enfin,
08:07ceci est balayé par une juge d'instruction.
08:11Ça ne veut pas dire que la finalité
08:14sera la même.
08:15Clément Veil-Rénal,
08:16qui dit,
08:16« Allô, Larcom,
08:17allez-vous annuler votre mise en demeure
08:19adressée à CNews
08:20maintenant que la justice reconnaît
08:22les circonstances aggravantes
08:23de racisme anti-blanc
08:24dans le meurtre de Thomas à Crépaule ?
08:26Intervenez en masse auprès de Larcom
08:28pour exiger cette annulation. »
08:30Parce que je rappelle
08:31que Larcom a mis en demeure CNews.
08:34CNews a été mis en demeure,
08:36selon qui la chaîne
08:37a traité de manière univoque
08:39l'affaire de Crépaule.
08:40Mais je me souviens comme si c'était hier
08:43de cette mise en demeure de Larcom.
08:45Et moi, je suis un enfant de CNews.
08:48Du premier jour.
08:50Et vous n'imaginez pas à quel point
08:52ça peut être parfois dur
08:53d'avancer contre cette machine,
08:56ce système médiatique et politique
08:58qui vous dit ce que vous dites là ?
09:01Vous mentez.
09:02Vous mentez.
09:03Vous exagérez.
09:04Vous instrumentalisez.
09:06Vous croyez que c'est un plaisir
09:07de parler d'un drame comme celui-ci ?
09:10Vous ne croyez pas qu'il y a la famille
09:12qui vous anime en permanence,
09:14dans la tête, dans l'esprit,
09:15dans le cœur,
09:16lorsque vous traitez de ce sujet ?
09:17Vous n'avez pas l'envie
09:19de pleurer,
09:20d'hurler votre colère
09:21quand vous traitez de ces sujets-là ?
09:22Non, mais c'est votre honneur.
09:23Mais il n'y a pas question d'honneur.
09:24Si, c'est un honneur professionnel.
09:25Mais ce que je veux dire,
09:26c'est que...
09:26La conscience professionnelle
09:27de dire les choses.
09:28Vous imaginez, mais on va réécouter
09:30les éditos des grands donneurs de leçons
09:32de M. Cohen,
09:34qui vous expliquait ce qui s'était passé
09:36trois jours ou quatre jours après le drame.
09:38Il n'a pas été, lui...
09:39Il a été sanctionné par l'ARCOM.
09:41Ah oui, c'est vrai.
09:42Bien sûr qu'il a été sanctionné
09:44au moment de son édito.
09:45Mais il n'y a pas que lui.
09:46Tous les médias,
09:47qu'est-ce qu'ils vont dire demain ?
09:49Est-ce qu'ils vont traiter l'affaire ?
09:51Donc ça, c'est un vrai sujet.
09:54La boussole, la seule boussole,
09:55c'est de relater des faits,
09:57rien que des faits.
09:58De parler du réel, rien que du réel.
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