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  • il y a 4 heures
Eliot Deval revient, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Vous voulez réagir ? Appelez le 01.80.20.39.21 (numéro non surtaxé) ou rendez-vous sur les réseaux sociaux d’Europe 1 pour livrer votre opinion et débattre sur grandes thématiques développées dans l'émission du jour.

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Transcription
00:00Et l'information judiciaire de la journée, elle est très très importante.
00:05Elle concerne le meurtre de Thomas à Crépaule.
00:08C'était dans la nuit du 18 au 19 novembre 2023.
00:13La circonstance aggravante de racisme a été retenue par les juges d'instruction.
00:20Racisme anti-blanc et il y a aussi la notion de racisme anti-français.
00:25Nous sommes en direct avec Marie-Hélène Thoraval, qui est la maire de Romand-sur-Isère.
00:30Merci d'être avec nous, madame la maire.
00:32Bonjour.
00:33Bonjour. Marie-Hélène Thoraval, d'abord une première réaction à cette décision des juges d'instruction
00:40de retenir cette circonstance aggravante de racisme anti-blanc.
00:46Au vrai dire, la première réaction, c'est enfin, à savoir qu'il y avait un PV de 2023 qui
00:53est ressorti en 2025.
00:54Et aujourd'hui, on a le courage d'une juge d'instruction qui considère cet état de racisme anti-blanc,
01:03alors que les victimes clament haut et fort cette situation depuis le meurtre de Thomas, c'est-à-dire en
01:11novembre 2023.
01:12Les principaux suspects dans cette affaire viennent d'un quartier dit sensible de votre ville.
01:18Et je disais tout à l'heure en préambule, vous avez eu le courage à l'époque de dire tout
01:25haut ce que bon nombre de Français pensaient tout bas.
01:28Alors, premièrement, que cette affaire n'était pas un fait divers, une affaire anecdotique, exceptionnelle au sens propre comme au
01:37sens figuré,
01:37mais un fait de société.
01:39Et que ce drame était aussi le symptôme de racailles délinquants, criminels, qui pourrissaient la vie de tout un quartier.
01:51Oui, je maintiens l'intégralité des propos qui ont été les miens, et notamment sur le comportement des mis en
02:02cause.
02:02Enfin, aujourd'hui, lorsque je disais que ce n'était pas un fait divers, mais un fait de société,
02:08malheureusement, M. Deval, je vous laisse juste regarder ce qu'a été l'actualité depuis novembre 2023.
02:15Je pense que les seules boites de demain ne suffiront pas pour compter le nombre d'attaques au couteau que
02:20nous avons eues sur le territoire
02:23et les drames qui se sont manifestés lors de ces attaques.
02:30Donc, la notion aussi de bande organisée est importante, parce qu'on n'arrive pas à être épaule par hasard.
02:35Donc, les choses, elles étaient organisées.
02:38Madame la maire, il faut dire aussi que votre vie a changé depuis novembre 2023.
02:44Parce que pour avoir mené ce combat-là, vous avez été menacée à maintes reprises.
02:50J'ai été menacée de mort quatre fois, avec deux qui ont été arrêtées,
02:58pour lesquelles, je vous le dis très franchement, j'ai obtenu des dommages à intérêt
03:01que j'ai reversés intégralement à l'association des victimes de Crépole,
03:04en soutien au combat qui est le leur,
03:08et notamment pour faire en sorte que soient considérés tous les éléments
03:12qui ont eu attrait à ce drame du mois de novembre 2023.
03:17Thomas et les autres victimes.
03:18On sait, Madame le maire, où sont les mises en cause aujourd'hui,
03:23s'ils sont toujours derrière les barreaux, en détention provisoire ?
03:26Il y en a onze qui sont derrière les barreaux,
03:30qui sont aussi défendus par des avocats,
03:33qui m'ont accusé de mettre de l'huile sur le feu.
03:35Moi, je dis que de ne pas prendre en considération cette notion de racisme anti-blanc,
03:39comme le demandaient les victimes, c'était leur craché à la figure.
03:43Il faut rappeler aussi, mais ça, ce n'est pas votre rôle,
03:45c'est le traitement médiatique à l'époque.
03:47Quoique, vous avez été la cible des avocats,
03:50la cible parfois de menaces de mort sur les réseaux sociaux,
03:54des lettres qui vous ont été envoyées,
03:56et puis il y a la manière dont on vous a présenté dans la presse.
04:00Vous étiez devenue une mère d'extrême droite.
04:02Oui, oui, complètement.
04:03Mais vous savez, quand vous dites la vérité,
04:04quand la vérité dérange,
04:06la seule réponse qui est là,
04:08c'est de vous cataloguer, de vous insulter,
04:11voire de vous caricaturer.
04:12Moi, j'ai assumé tout ce qui a été fait,
04:14parce que je savais que ce que je défendais était juste.
04:17C'était une réalité.
04:19Aujourd'hui, les habitants de Romand-sur-Isère,
04:22les habitants peut-être de Crépaule que vous pouvez croiser,
04:26trois ans plus tard, ils vous le disent quoi ?
04:28Trois ans après le drame absolu et la mort de Thomas ?
04:32C'est toujours partagé.
04:34Romand où on n'est pas en marge de la société.
04:39Certains saluent le combat qui est celui des victimes
04:42et l'aspect que j'ai eu une parole très ouverte et très franche.
04:46Moi, je ne dirais pas courageuse.
04:48J'ai dit ce qu'était la réalité, tout simplement.
04:50Je pense que quand on est maire,
04:51si on commence à ne pas voir la réalité,
04:53je ne donne pas cher de l'administration qu'on fait de sa ville.
04:56Donc, je pense avoir fait les choses comme je devais les faire.
04:59Et puis, vous savez, je n'étais pas seule non plus.
05:00Je me souviens d'Olivier Véran qui était venu à Crépaule
05:05venir rencontrer les élus.
05:09Et ensuite, il avait rencontré les familles de victimes.
05:11Et déjà, à ce moment, les familles de victimes
05:15avaient fait état de ce racisme anti-blanc.
05:17Et j'avais bien vu que ça dérangeait énormément.
05:20Mais il ne peut pas dire qu'il ne l'a pas entendu.
05:21Donc, vous voyez même les membres du gouvernement,
05:24ceux qui étaient venus, avaient entendu cette parole.
05:27Et je me souviens d'une séquence, d'ailleurs,
05:29j'en ai la chair de poule rien que d'en parler,
05:31d'un homme qui a habité le coin
05:35et qui était venu interpeller Olivier Véran
05:39en lui disant, vous n'avez pas honte,
05:41parce que le gouvernement avait mis beaucoup de temps
05:43avant de réagir, avant de venir voir la famille.
05:46Et il y avait cette volonté, peut-être, à l'époque,
05:49de considérer qu'on était face à un fait divers.
05:52Et cet homme qui avait une veste fluo,
05:57une veste de moto, qui l'avait interpellé,
05:59je vais ressortir la séquence pour ce soir.
06:00C'est André.
06:02Comment ? André.
06:03André, il s'appelle.
06:04André.
06:05Voilà, André qui l'avait interpellé en hurlant,
06:07vous n'avez pas honte,
06:08et qui avait complètement assumé en disant,
06:10mais je suis papa d'une petite fille,
06:11ça aurait pu être ma gamine.
06:13C'est insupportable ce qui était en train de se passer.
06:16C'est vrai que ce drame a marqué, évidemment, votre région,
06:22mais a marqué l'ensemble de la France
06:24et ceux qui ont pu couvrir ce drame.
06:27Parce qu'il y avait aussi, je le disais en début d'émission,
06:30cette notion du déni, du déni de réalité.
06:34Il y avait une notion de déni de réalité,
06:37et on voulait aussi nous enfermer
06:39dans une certaine forme de caricature
06:42entre la population des campagnes
06:45et la population des villes.
06:46C'était absolument ridicule.
06:48Et d'ailleurs, il y a deux journalistes
06:49qui s'y sont effayés au travers d'un livre
06:51qui a fait un royal bide,
06:53mais qui finalement n'était qu'une somme de caricature.
06:56Et aujourd'hui,
07:00je me dis que...
07:01Enfin, mon premier sentiment,
07:04moi, quand j'ai dit ça,
07:05je ne cherchais pas une notoriété particulière.
07:08j'administre ma mairie,
07:10je m'exécute dans les mandats qui sont les miens.
07:13Mais à un moment donné,
07:14si on ne prend pas son courage à deux mains
07:15pour dire ce qu'est la réalité des choses,
07:18comment voulez-vous que les choses soient traitées ?
07:19Mais vous avez vu que c'est quand même
07:20un combat absolument gigantesque.
07:24Bien sûr.
07:24Parce que plus de trois ans,
07:26pour arriver à faire intégrer
07:29ce que disent des victimes,
07:32franchement, je trouve ça un peu gros.
07:33Et surtout, il faut expliquer
07:36que ce n'est pas parce que
07:37cette qualification est retenue
07:40par les juges d'instruction
07:41que les suspects et les mises en cause
07:44seront condamnés pour meurtre en bande organisée
07:49avec comme circonstance aggravante
07:51le racisme anti-blanc et anti-français.
07:55Donc, j'ai une dernière question,
07:57madame la maire Marie-Hélène Toraval,
08:01maire de Romance-sur-Isère.
08:02Là, je ne veux pas...
08:04Vous pouvez ne pas me répondre,
08:06mais évidemment,
08:07on a une pensée pour la famille de Thomas.
08:09Et c'est une famille qui est très discrète,
08:11qui n'a pas pris la parole,
08:12si je ne m'abuse,
08:13ces trois dernières années.
08:14J'ai juste envie de savoir
08:15comment ils vont.
08:16Est-ce que, par hasard,
08:17vous avez eu des nouvelles ?
08:19Est-ce que...
08:21Je n'en ai pas eu une dernièrement.
08:23Parce qu'on ne peut pas aller bien
08:24quand on perd son enfant
08:25dans ces conditions-là.
08:26Mais comment vont-ils ?
08:27C'est un combat du quotidien.
08:29Je n'ai pas eu une nouvelle dernièrement,
08:30mais je sais qu'ils sont très occupés
08:31au regard de leur activité professionnelle
08:34pendant la période estivale.
08:36Ce sont des vrais combattants.
08:38C'est des gens qui se battent
08:39pour leur fils,
08:40la mémoire de leur fils,
08:42mais aussi, finalement,
08:43dans leur combat,
08:44c'est un combat aussi
08:46qui doit faire évoluer
08:47la société française.
08:49Je ne sais pas
08:49si on peut aller jusque-là,
08:52mais moi,
08:52c'est un petit peu
08:53la manière dont je le vois.
08:54C'est le combat des victimes.
08:55C'est le combat aussi.
08:57La famille de Thomas
08:58est effectivement très soutenue,
09:00mais il y a les jours
09:01où ça se passe,
09:02et puis ensuite,
09:02il y a les jours d'après.
09:04Je pense que les jours d'après,
09:07on compte ses amis,
09:08on compte ses soutiens,
09:10mais je pense qu'il y a
09:11de nombreux Français
09:12qui ne les ont pas oubliés.
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