- il y a 2 jours
La République française a-t-elle perdu son âme ? Dans "Du présent faisons table rase – Allons enfants de la Matrix" (Éditions de Chiré), Philippe Bornet, clinicien et écrivain, dresse un constat sévère sur l’évolution de notre régime politique. Selon lui, la République aurait progressivement éloigné le peuple de la souveraineté et vidé ses principes fondateurs de leur substance. De la Révolution française à la Ve République, il analyse les mécanismes qui auraient conduit à cette rupture et explique pourquoi il estime que le système actuel arrive à son terme.
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00:00Mes chers amis, je sais combien certains d'entre vous sont lassés par nos appels aux dons et je vous
00:04le dis franchement, si je pouvais m'en passer, je le ferais volontiers.
00:07La réalité est très simple, les dons sont l'unique source de financement de notre association, une association à but
00:13non lucratif,
00:14qui ne fait aucun profit et dont l'intégralité du budget est consacrée à une seule mission, vous informer.
00:21Je vous le répète souvent parce que c'est crucial ce modèle, c'est le seul qui puisse garantir notre
00:26indépendance totale,
00:28c'est la seule façon de pouvoir vous informer en liberté sans qu'aucun conflit d'intérêt ne ternisse notre
00:34travail.
00:34Nous n'avons pas d'actionnaire, nous ne recevons aucune subvention de l'État, aucun pays étranger ne nous sous
00:39-doit, nous n'avons que vous et nous en sommes fiers.
00:43Notre fonctionnement est presque unique en France parce qu'il se fonde sur une confiance mutuelle, une confiance entre vous
00:49et nous.
00:50Et puis nous croyons, nous espérons au moins que vous tenez suffisamment à TVL, à ses informations, à ses décryptages
00:56pour nous aider à la hauteur de vos moyens
00:59parce qu'il n'y a pas de petits dons, chaque don compte.
01:03Alors dès à présent aidez-nous, soutenez TVL par un don défiscalisable et offrez-nous les moyens de vous informer
01:09sans concession, tout se joue maintenant.
01:12Alors je compte vraiment sur vous.
01:26Bonjour à tous et bienvenue dans notre Zoom aujourd'hui en compagnie de Philippe Bornet.
01:31Bonjour Monsieur.
01:32Bonjour.
01:33Philippe Bornet, vous êtes clinicien, écrivain et vous publiez cet ouvrage aux éditions de Chiré du Présent.
01:40Faisons table rase, allons enfants de la Matrix.
01:44Et vous publiez cela avec André Bercoff, le journaliste, Daniel Koskuluela qui est anthropologue,
01:51ainsi qu'avec le vétérinaire Alain de Peretti, bien connu des téléspectateurs de TV Liberté.
01:57Alors vous dites ceci de la République française, elle n'est qu'un carton, un décor en carton-pâte,
02:05elle a trahi ses principes et renié ce qui lui reste est d'âme.
02:08Alors c'est quoi au juste l'âme de la République française ?
02:12L'âme c'est de respecter les principes qu'on s'est imposés, c'est une obligation morale de faire
02:21ce que l'on dit
02:22et parfois aussi de dire ce que l'on fait.
02:25Or la République démocratique, la cinquième république, repose sur un certain nombre de principes
02:31et donc le plus important est que le peuple est souverain.
02:34Si le peuple est souverain, eh bien il doit s'assurer que sa volonté est respectée.
02:43Or, depuis en particulier une quinzaine d'années,
02:49personne ne doute que le système triche
02:52et que les représentants ne sont pas soumis à la volonté populaire.
02:58Voilà pourquoi la cinquième république est confrontée à ce dilemme périr ou se contredire.
03:06Périr ou se contredire, ok, mais la cinquième république est à 25 révisions constitutionnelles.
03:14Vous pensez qu'elle est en bout de course, qu'il faut l'abolir cette république ?
03:19– En tout cas, d'abord et avant tout, il faut noter qu'elle ne cesse de tricher.
03:25Dans une république, on élit des représentants, des députés, etc.
03:29et ces représentants ont théoriquement un mandat délibératif.
03:33C'est-à-dire qu'ils ont une certaine latitude,
03:36ce qui est déjà un peu déplaisant, ça n'aurait pas plu du tout à Rousseau,
03:40mais ils ont une certaine latitude pour…
03:45Ils ont un mandat de principe, mais ils peuvent discuter les lois, les modifier, etc.
03:50Mais enfin, ils sont toujours soumis aux verdicts populaires.
03:53Ils doivent être les garants que la volonté du peuple s'effectue.
03:58Or, ce système, incontestablement, triche avec lui-même
04:04depuis certainement une quinzaine d'années.
04:06Et tout le monde en est convaincu.
04:07– C'est quoi une quinzaine d'années ?
04:09– Eh bien, c'est par exemple…
04:10– L'exemple flagrant, c'est le référendum de 2005.
04:16Je rappelle, ce que tout le monde devrait savoir,
04:19qu'en 2005, les Français ont voté contre la réforme constitutionnelle,
04:24avec une majorité qui était d'ailleurs très nette, de 54, pratiquement 55%, ce qui est beaucoup.
04:31Et on a fait passer quasiment le même texte,
04:36en prétendant qu'il s'agissait d'amendements, de simples amendements.
04:39On l'a fait passer devant le Parlement et les représentants du peuple
04:42ont dit exactement le contraire de ce qu'avait dit le peuple.
04:47Donc, il y a eu tricherie.
04:48Alors, avant, la tricherie était plus subtile.
04:51Elle se faisait… on mettait la poussière sous le tapis.
04:55Mais là, si vous voulez, c'est flagrant.
04:56Il n'y a pas un Français qui a un minimum d'intelligence
04:59qui ne puisse être d'accord avec ce que je viens de vous dire.
05:02Ce sont des tricheurs.
05:04– Et alors, aujourd'hui, quels sont les objectifs du régime qui gouverne la France ?
05:10Puisque vous me disiez, en préparant cet entretien,
05:12que vous ne voulez plus qu'on parle de république.
05:15– Alors, je pense, en effet, comme je vous l'avais dit,
05:17que la république est un terme générique pour désigner les affaires publiques,
05:21au sens latin du terme « res publica ».
05:23Après, quelle forme prend le gouvernement dans notre république française ?
05:27On pourrait, à la limite, avoir une république monarchique.
05:31Louis XV parlait de la république.
05:34– Il se trouve que nous sommes dans une république démocratique,
05:37alors avec quelques petits points importants,
05:41c'est-à-dire que c'est un régime plutôt présidentiel, etc.
05:44Voilà.
05:45Alors, si vous voulez bien me rappeler votre question.
05:47– Oui, alors, les objectifs du régime qui nous dirigent aujourd'hui, quels sont-ils ?
05:51– Eh bien, c'est de se servir eux-mêmes, tout simplement.
05:54C'est de servir leurs propres intérêts,
05:56et non pas d'obéir à la volonté populaire.
05:58Et d'où un système de quasiment corruption,
06:02de modification et d'instrumentalisation des médias
06:09pour les faire accoucher d'une vérité qui est le fournet du mensonge,
06:15du mensonge officiel.
06:16– Vous dites qu'en décapitant le roi,
06:19la Révolution française a prétendu transmettre la souveraineté au peuple,
06:23mais elle n'en a transmis qu'une moitié,
06:25à savoir une puissance d'agir et de contrainte.
06:28Alors, quelle est l'autre moitié dont les Français auraient été floués ?
06:32– Alors, en fait, depuis toujours, depuis les Romains,
06:35les Romains sont non-maîtres sur ce point,
06:38on distingue dans la souveraineté deux pôles,
06:42la puissance et l'autorité.
06:44Alors, je prends toujours l'image de l'aimant,
06:46parce qu'elle me paraît parlante.
06:48Donc, si vous prenez un aimant,
06:50vous savez, les aimants ont fait un cheval pour ramasser les épingles,
06:53vous avez deux pôles, le pôle Nord et le pôle Sud.
06:57Le Nord, c'est le contraire du Sud,
06:58et le Sud, c'est le contraire du Nord.
07:00Et ces deux pôles, qui sont contraires,
07:03qui se combattent en quelque sorte,
07:04ils sont réunis dans un seul aimant.
07:07Et vous pouvez, évidemment, par votre intelligence,
07:10les discerner, les différencier,
07:11mais vous ne pouvez pas les séparer l'un de l'autre.
07:13Si vous prenez un aimant et que vous le cassez entre vos doigts,
07:16vous n'avez pas le pôle Nord dans une main
07:18et le pôle Sud dans l'autre.
07:19Vous avez, en fait, deux aimants,
07:21chacun avec un pôle Nord et un pôle Sud.
07:23Voilà.
07:24La souveraineté, c'est la même chose.
07:26Il y a la puissance,
07:29la force, la douane, les services secrets, l'armée, etc.
07:33Et puis, il y a aussi cette capacité
07:36à se faire obéir en levant le doigt.
07:40C'est pour ça, d'ailleurs, que les rois de France
07:41n'avaient pas seulement un sceptre dans une main,
07:44quand on les voit,
07:44mais également une main de justice.
07:46La main de justice, c'est l'emblème de l'autorité,
07:49en latin, octoritas.
07:52Alors, cette octoritas, en fait, comme toujours,
07:56elle a un côté sacré.
07:57En fait, elle vient de Dieu, en fait,
08:00tout simplement, l'octoritas.
08:02Et donc, comme dans l'Évangile,
08:05quelqu'un est mandaté sur terre
08:06pour l'exercer au nom de Dieu lui-même.
08:08Enfin, c'est ce que pensent les chrétiens,
08:10en tout cas, c'est le Christ roi.
08:11Eh bien, cette octoritas,
08:13elle a été conférée par le sacre.
08:16Et plus personne n'est sacré, si j'ose dire.
08:20Donc, personne ne veut obéir, en fait.
08:22Personne ne veut obéir,
08:23personne n'éprouve pour le souverain
08:25cet amour, cette confiance
08:27qui devrait exister et qui n'existe plus
08:29depuis très, très longtemps.
08:30Et donc, que se passe-t-il ?
08:33Le souverain, pour se faire obéir,
08:34n'a à disposition que la coercition,
08:37la force, la contrainte, les amendes, les impôts.
08:39Et à la longue, c'est intolérable.
08:41Mais il y a quand même des chefs d'État républicains
08:45qui avaient une autorité
08:47et qui se faisaient respecter,
08:48que les Français respectaient.
08:50Oui, je vois à quoi vous faites allusion.
08:53Charles de Gaulle, par exemple.
08:54Oui, mais je suis le premier à le dire
08:56dans un autre livre que j'ai écrit sur la question.
08:58Comment fait-il que l'autorité soit, à ce point,
09:02soit éclatée entre Charles de Gaulle
09:04et Emmanuel Macron ?
09:06L'autoritas, c'est quelque chose
09:07d'extrêmement bizarre.
09:08Vous savez, je prends, si vous permettez,
09:10je vais peut-être être un peu long,
09:12mais dans le cours de l'histoire,
09:13on a eu le proconsul Sylla
09:15qui avait une autoritas considérable.
09:17C'est-à-dire que lorsqu'il demandait
09:19à ses soldats, ses légionnaires,
09:21de faire quelque chose,
09:22il était obéi, sans avoir besoin de sévir.
09:26À tel point que, à la fin de la campagne
09:28contre Mithridate, il doit rentrer à Rome,
09:30et à Rome, il veut prendre le pouvoir,
09:33ses soldats font une croix sur leur butin,
09:38et il lui restitue en lui disant,
09:40ainsi, tu vas pouvoir t'acheter une flotte
09:42pour rentrer à Rome avec nous tous
09:44et nous combattrons à tes côtés.
09:46C'est quelque chose de mystérieux,
09:48l'autoritas.
09:50On dit qu'on l'a ou qu'on ne l'a pas.
09:52Voilà.
09:53Souvent, les femmes ont une autoritas importante,
09:55pour des raisons que j'expliquerai peut-être
09:57une autre fois.
09:58Et donc, Charles de Gaulle, lui,
10:00il avait une autoritas qui était liée
10:03au prestige obtenu pendant la Deuxième Guerre mondiale.
10:07Et d'ailleurs, elle était tellement forte
10:09que, lorsqu'il s'est exprimé de chez lui
10:13à la veille du coup d'état de velours,
10:14en 1958,
10:17les militaires qui étaient à Alger
10:18ont tous été d'accord avec lui.
10:21Ils ont reconnu que de Gaulle
10:23avait une autoritas sur eux,
10:25et ils ont obéi à l'ordre qui était donné,
10:28et qui était, je vous le rappelle,
10:29d'envoyer des Dakotas chargés de troupes
10:31qui devaient atterrir dans la région parisienne.
10:34Ce qui ne s'est pas produit,
10:35mais qui a été à deux doigts de se produire.
10:37Alors, vous avez écrit un livre sur la tyrannie.
10:41Est-ce que c'est, selon vous,
10:43ce régime qui dirige aujourd'hui la France ?
10:45Oui, c'est une tyrannie, en effet,
10:48parce que l'autoritas a disparu,
10:51si bien qu'on gouverne les Français
10:55avec, par exemple, des passes.
10:57Quand il y a une épidémie,
10:58on leur interdit de sortir de chez eux,
11:00ce qui est une limitation insupportable
11:02au droit de se déplacer.
11:05Mais c'était au nom, dit-on,
11:07de l'intérêt sanitaire supérieur de la France.
11:10Oui, alors, vous parlez à un clinicien,
11:12si vous voulez,
11:14le confinement et l'isolement
11:17sont deux choses différentes.
11:18L'isolement, ça se passe à l'hôpital,
11:20dans une cellule,
11:22enfin, une chambre d'hôpital
11:22où vous êtes bouclé,
11:23et on désinfecte tout ce qui sort,
11:25y compris vos excrétas,
11:27c'est-à-dire vos urines et vos fessesses.
11:29C'est ça, l'isolement.
11:30Voilà.
11:31Alors ça, c'est une bonne chose.
11:32Mais le confinement,
11:33où vous réunissez des gens,
11:34certains qui sont déjà infectés par le Covid,
11:37et d'autres qui ne le sont pas,
11:38et vous les forcer à vivre les uns avec les autres
11:41sur quelques dizaines de mètres carrés,
11:43non seulement ça n'a pas une influence positive,
11:46mais c'est au contraire très négatif.
11:48Alors, cette Ve République,
11:50vous dites qu'elle a prétendu rendre le pouvoir au peuple
11:53tout en construisant un système
11:55où tout est fait pour le neutraliser.
11:57Comment fonctionne ce système, alors ?
12:00Eh bien, il est lié en particulier à la loi électorale.
12:05On a actuellement, pour désigner les députés,
12:08un système qui est celui du vote majoritaire à deux tours.
12:13Et donc, par le biais des reports de voix
12:18et des alliances entre parties,
12:19on dépossède les votants de ce qu'ils ont voulu dire.
12:22C'est ce qui s'est passé encore…
12:24En 2022.
12:25En 2022, où on a trouvé des alliances
12:27entre LFI et certains représentants du centre.
12:31Et donc, c'est cela qui vous fait penser
12:34que ce système neutralise complètement la voix des Français ?
12:38Oui, enfin, c'est une des raisons qui me font penser.
12:40Alors, vous revenez aussi sur la suppression du service militaire.
12:44C'était sous le premier septennat et le seul de Jacques Chirac.
12:48Ce lien organique, dites-vous, entre le peuple et la force armée.
12:52Pourquoi cette suppression a autant d'importance à vos yeux ?
12:55Eh bien, parce que, comme le disait Renan,
12:57dans sa réforme intellectuelle et morale,
13:00l'armée est basée sur…
13:02C'est en fait un système non démocratique.
13:04C'est-à-dire que le chef commande
13:06et le colonel donne un ordre au capitaine qui exécute.
13:10Donc, il y a une différence.
13:11Ils ne sont pas égaux.
13:12C'est une inégalité fondamentale.
13:19Cette inégalité, elle ne peut se concevoir en démocratie
13:23que si tout le monde, à un moment quelconque de sa vie,
13:26a fait partie de l'armée.
13:29À supposer qu'une partie de la population
13:33ne puisse pas faire son service militaire,
13:35on aura immanquablement, au bout d'un certain temps,
13:39un système de prétorien, une armée professionnelle.
13:41Et au prochain conflit, si elle le gagne,
13:44eh bien, elle rentrera en disant que maintenant,
13:47c'est elle qui décide à notre place.
13:50C'est logique.
13:51Ça s'est toujours passé comme ça dans l'histoire.
13:53Tous les généraux vainqueurs prennent le pouvoir.
13:56Quand ils rentrent chez eux,
13:57on l'a vu dix fois sous la République romaine.
14:00Et on l'a vu aussi à la fin de la Révolution
14:03avec un certain Napoléon Bonaparte.
14:06Et sur la démocratie, vous dites qu'elle ne gouverne pas,
14:08qu'elle ne gouverne plus,
14:10mais qu'elle organise la guerre de tous contre tous.
14:13Oui, car la rançon de l'égalité,
14:16c'est aussi au fait que les individus sont atomisés
14:18en permanente concurrence les uns avec les autres.
14:22Ils ne font plus société.
14:24Alors que dans un système inégalitaire,
14:26on a un fort et un faible,
14:27et le fort tend la main aux faibles.
14:29Et donc on forme une société,
14:32un tout organisé, sinon organique,
14:34qui est capable de traverser les orages de l'histoire.
14:37Et vous dites aussi que les citoyens ne sont plus gouvernés
14:39que par des maîtres invisibles.
14:41Mais qui sont ces maîtres alors ?
14:43Alors les maîtres invisibles,
14:44c'est tous ceux qui sont capables
14:46d'avoir un levier sur le politicien.
14:51Donc cette influence,
14:52ça peut être celle d'un service secret étranger,
14:56ça peut être celle d'une ONG,
15:00ça peut être celle d'une grande entreprise,
15:03une entreprise multinationale.
15:05On a depuis l'apparition des sociétés anonymes au 19ème siècle,
15:09des sociétés qui ont des chiffres d'affaires
15:10qui sont l'équivalent du produit intérieur brut des nations.
15:14Donc tous ces gens-là sont capables d'influencer
15:18et de tirer les ficelles des politiciens
15:21qui souvent ne sont que des pantins.
15:24– C'est le lobby qui, en France, censément n'existe pas.
15:28– Oui, il y a plusieurs lobbies qui n'existent pas.
15:31Généralement, ils ne donnent pas leur adresse.
15:33Mais il y a en effet des lobbies qui sont souvent industriels.
15:37– La rue Cadet est connue comme étant la rue d'un célèbre lobby.
15:41– Oui, bien sûr, bien sûr, bien sûr.
15:43Mais il y a aussi les pays qui nous entourent
15:49qui ont des agents qui approchent les responsables politiques
15:53et qui parfois les corrompent.
15:55– Vous pensez qu'il faut nécessairement être roi
15:58et avoir donc un royaume sous sa main pour être incorruptible ?
16:05– Quand on possède tout, on est incorruptible, c'est logique.
16:09– Vous revenez aussi sur le Conseil constitutionnel.
16:12Vous reprochez à ses membres, les sages,
16:15de ne plus dire le droit mais de le fabriquer.
16:19D'où se sont-ils attribués ce pouvoir de fabriquer le droit ?
16:23– Ça a toujours été une tentation des juristes depuis la nuit de temps.
16:26Les parlements royaux étaient les premiers opposants au monarque.
16:32Ceux qui ont bien étudié l'histoire et la biographie de Louis XV le savent.
16:38Il y a eu ce fameux discours de la flagellation
16:40où le roi tape sur la table, on appelle ça un lit de justice.
16:44Il vient, il impose sa volonté car les juristes,
16:47évidemment, à force de dire le droit,
16:49se persuadent qu'ils sont eux-mêmes souverains.
16:53Ça, c'est une pente de l'esprit humain
16:55et de la psychologie humaine
16:57de se croire toujours plus important qu'on est.
17:00– Et ça, le fait que les juges du Conseil constitutionnel
17:05s'érigent en législateur, cela date de quand ?
17:07– Écoutez, je ne sais pas de quand ça date
17:09mais tous les ans qui passent,
17:11on s'aperçoit que c'est plus visible.
17:15En particulier, il y a eu un cas,
17:17le cas Cédric Herrioux
17:19qui introduisait des migrants sur le territoire national.
17:24– Depuis la vallée de la Moria.
17:26– Voilà, et alors, le Conseil constitutionnel a dit
17:30mais dans notre devise, il y a marqué
17:33liberté, égalité, fraternité,
17:35et donc, enfin, ils en ont fait un texte de loi,
17:37ils l'ont interprété à leur manière.
17:38Alors, moi, je ne suis pas juriste du tout,
17:40mais enfin, c'est une affaire qui est proche du délire.
17:43– Donc, faire table rase du présent,
17:46c'est ce que vous proposez avec vos co-auteurs,
17:48mais pourquoi vous pensez que la République
17:50n'est plus réformable en tant que telle aujourd'hui ?
17:53– La République n'est pas réformable
17:57parce qu'elle suit sa pente habituelle,
17:59qui est toujours la même,
18:01qui est celle de la dissolution des responsabilités,
18:05de la corruption,
18:09et par conséquent,
18:10après avoir accumulé une série d'échecs
18:12dans son fonctionnement,
18:13c'est-à-dire la dette souveraine qui a décuplé,
18:18l'immigration incontrôlée,
18:20le déclenchement de guerres en Europe,
18:25si vous voulez, il faudra un jour ou l'autre
18:26que la facture soit présentée.
18:29– Justement, que craignez-vous
18:31si rien n'est fait ?
18:32– Comme tous les Français, je crains la guerre civile,
18:35je crains la ruine,
18:37je crains la ruine de notre économie
18:39et la faillite de la Banque de France.
18:42– Et quel serait, selon vous,
18:44si la République devait tomber,
18:46le régime le plus adapté à la France et aux Français ?
18:49– Mais on n'est pas là pour en discuter, excusez-moi.
18:53– L'histoire a son propre cours
18:55qui nous emporte tous et à un régime…
18:59– Vous pouvez avoir un avis sur ce qui serait le mieux pour la France ?
19:03– Alors, moi, je suis personnellement monarchiste,
19:05mais je pense que parmi les gens qui nous écoutent,
19:08tout le monde ne l'est pas.
19:09Mais de toute façon, la Ve République va disparaître.
19:15Alors, est-ce qu'elle peut réapparaître
19:16sous forme d'une VIe République ?
19:18– Peut-être, je ne lis pas dans le Mar de Café.
19:23– Mais pourquoi, pourtant, vous dites
19:24que la Ve République va disparaître ?
19:26– Oui, je pense qu'elle va disparaître,
19:27sa constitution est venue d'adapter.
19:28– C'est une espèce de prévision, quoi.
19:31– C'est une prévision, c'est de la météo,
19:32je prévois qu'elle va disparaître.
19:34– D'accord.
19:35Et alors, sur quel fondement vous voudriez
19:38reconstruire un nouvel ordre politique ?
19:40– Ce n'est pas l'objet de mon livre,
19:41je me suis arrêté au diagnostic.
19:43– Oui.
19:44– Alors, le diagnostic, c'est une chose,
19:46et le traitement, c'en est une autre.
19:47Donc, pour le traitement, vous devrez me réinviter
19:50si jamais j'écris un nouveau livre sur le sujet.
19:53– Bon, eh bien, merci à vous, monsieur.
19:55Je rappelle le titre de votre ouvrage,
19:56« Du présent faisons table rase, allons enfants de la Matrix ».
20:00Merci à vous, monsieur.
20:01– Merci.
20:01– Sous-titrage Société Radio-Canada
20:03– Sous-titrage Société Radio-Canada
20:05– Sous-titrage Société Radio-Canada
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