00:00Le mercredi, vous le savez, c'est le jour des sorties ciné, mais on ne vous parle pas ce matin
00:03de la dernière super production américaine.
00:06Non, non, on vous présente deux jeunes réalisateurs français très inspirants, deux copains, budget très serré, mais ils n'ont
00:11rien lâché.
00:12Bonjour, Armand Fouex et Clément Devilliers. Bonjour à tous les deux.
00:15Bonjour.
00:15Bonjour.
00:16Merci d'être avec nous. Donc, on a Clément qui est à gauche et on a Armand qui est à
00:21droite.
00:21Vous venez de Nantes et vous sortez là cet été. Votre tout premier long métrage, ça s'appelle Un grand
00:26raccourci.
00:27Vous allez nous raconter un petit peu l'histoire de ce film et un grand raccourci, ça résume déjà un
00:31peu votre histoire à vous.
00:32Déjà juste votre âge. Vous avez quel âge ?
00:34Tous les deux, 22 ans.
00:35Tous les deux, 22 ans. Donc, très jeune. Le budget du film ?
00:39260 000 euros.
00:40Il faut vous mettre d'accord.
00:43260 000 euros. Alors, vous partiez, c'est ce qu'il vous expliquait, de zéro.
00:47Pour un long métrage, ce n'est pas énorme, 260 000 euros, on est d'accord ?
00:50Non, c'est très faible. En moyenne, c'est 4,5 millions un film français.
00:534,5 millions. 260 000, c'est quand même pour nous, simple mortel, déjà une somme.
00:58Comment vous avez fait pour réunir cette somme-là ? Vous partiez de zéro.
01:01Il paraît que vous êtes incrusté au Festival de Cannes. Qui nous raconte ça, Clément ?
01:06Oui. Quand on s'est incrusté au Festival de Cannes, ce n'était pas pour trouver de l'argent.
01:09On avait déjà bouclé la partie du financement qui concerne le tournage.
01:14Et puis, en fait, on est allé au Festival de Cannes pour trouver un acteur qui est nécessaire
01:17pour sortir un film au cinéma en France qui s'appelle un distributeur.
01:20Et donc, il y a deux fonctions. C'est à la fois convaincre les gens à travers le marketing d
01:23'aller voir le film.
01:24Et puis aussi convaincre les salles de cinéma de diffuser le film.
01:28Ça veut dire quoi ? C'est incrusté au Festival de Cannes ? Vous avez fait quoi ? Vous êtes
01:30venu incognito ?
01:31Non, en gros, c'est qu'on a regardé les numéros de tous les distributeurs, les 01.
01:35Et on les appelait pour leur dire « Est-ce qu'on peut vous rencontrer ? »
01:37Sauf que c'était juste avant le festival. Et tout le monde nous disait « Mais on sera à Cannes,
01:40on ne peut pas vous voir là. »
01:42Et donc, au bout du sixième appel, on nous dit « Mais est-ce que vous serez à Cannes ?
01:45»
01:45On a dit « Ah oui, oui, bien sûr. » On a regardé, on n'y était jamais allé.
01:47On a pris deux trains couchettes et on s'est incrusté là-bas dans un Airbnb à une heure.
01:52Et franchement, ça a marché parce que c'est comme ça qu'on a rencontré notre distributeur aujourd'hui.
01:57Au culot !
01:57Au culot !
01:58Les réseaux sociaux aussi, et puis qui vous ont aidé notamment à lever des fonds, c'est ça qui s
02:02'est passé ?
02:03Oui. En fait, on a créé du coup un compte Instagram qui s'appelle Armand et Clément,
02:07où en même temps qu'on fabriquait le film, on faisait de la pédagogie sur ce milieu-là
02:12qui reste quand même assez confidentiel avec de la starification
02:15et un ensemble de règles qui ne sont pas forcément évidentes à comprendre.
02:19Et donc, nous, on souhaitait effectivement avoir ce volet un peu pédagogique,
02:22d'explications un peu authentiques de notre parcours.
02:24Avec un budget comme ça, vous avez pu payer vos acteurs ?
02:27Complètement. Justement, ça a été tout l'enjeu de rémunérer tout le monde
02:30selon les conventions du cinéma, parce qu'il y a des règles pour sortir un film au cinéma,
02:33pour être subventionné. Et donc, tout le monde a bien été rémunéré.
02:36Et vous aussi ?
02:37Oui. Même nous, on a été obligés de se rémunérer, même si au départ,
02:40on aurait voulu ne pas se rémunérer.
02:41Et tout ça, on ne l'a pas dit encore, mais avec une équipe de tournage aussi très jeune,
02:45la vingtaine, quand même un mot du pitch de ce film, un grand raccourci.
02:50Expliquez-nous, ça raconte quoi ?
02:51Alors déjà, on est en Bretagne, je peux dire ça ?
02:53On est même en centre-Bretagne.
02:54En centre-Bretagne.
02:55C'est assez loin du littoral et des paysages qu'on peut connaître de la Bretagne.
02:59Et donc, c'est l'histoire de deux cousins qui, confrontés à la fermeture du restaurant familial,
03:04décident de relâcher des rats pour lancer leur business de dératisation.
03:09Et dont les magouilles vont croiser celles de deux jeunes femmes
03:11qui trafiquent un concours de beauté pour faire connaître leurs bijoux.
03:14Donc, c'est une comédie sociale de personnages.
03:16Nous, les films qui nous ont inspirés, c'est beaucoup les comédies d'Agnès Jaoui,
03:20de Jean-Pierre Bacry, les premiers films de Cédric Lapierre,
03:22je pense à un air de famille. Donc, c'est dans cet esprit-là.
03:25Et c'est déjà un peu une histoire de débrouille, ces deux couples dont vous nous parlez
03:28et qu'on suit dans cette histoire.
03:30Ma question, on parlait du budget tout à l'heure, donc on a compris, rémunération, OK.
03:34Mais sur le plan technique, j'allais dire, quand on a un budget aussi faible,
03:37on rogne sur quoi ? Il y a moins de grosses caméras ?
03:39On met l'accent sur autre chose ?
03:41C'est surtout sur les décors. En fait, nous, on a tout négocié.
03:44En fait, on avait la chance d'avoir une équipe très jeune qui s'est beaucoup investie
03:47parce que pour tous les membres de l'équipe, ce projet était très important.
03:50Et nous, dès le départ, on savait qu'on aurait un faible budget.
03:52Donc, on n'a pas eu la sensation de devoir couper des éléments
03:55parce qu'on savait dès le départ qu'on aurait un faible budget.
03:58Et nous, là où on est heureux, c'est qu'on a vraiment la sensation
04:00d'avoir fait le film qu'on voulait faire au départ.
04:02Vous parlez de 260 000 euros.
04:03Juste, l'Odyssée, le Christopher Nolan, c'est 250 millions de dollars
04:07juste pour se rendre compte.
04:09Ce manque de moyens, je ne sais pas s'il manque, c'est le bon mot,
04:13mais ça a été juste une contrainte ou c'est quelque chose
04:15sur lequel vous avez joué ? Ça peut être une force aussi ?
04:18Oui, nous, c'est comme ça qu'on a fait tous nos courts-métrages.
04:21On a fait pas mal de films ensemble.
04:22On s'est rencontrés au collège, donc ça fait depuis longtemps qu'on travaille ensemble.
04:25Et nous, on a toujours considéré que la contrainte,
04:28c'est un élément déterminant pour commencer à créer
04:30et pour surtout créer des choses qui existent à la fin
04:32et qui sortent sur YouTube, sur les réseaux sociaux.
04:35Et là, le 12 août, au cinéma.
04:37Vous êtes copain depuis la quatrième, je crois, à la classe de quatrième.
04:39Passionné de cinéma depuis toujours.
04:41Quand on voit votre histoire, et c'est aussi pour ça qu'on voulait vous inviter,
04:45jeune, pas beaucoup d'argent, et on y arrive quand même.
04:48Armand, vous diriez que c'est ça le message ?
04:50Quand on veut, on peut ?
04:51Complètement. Nous, ce qu'on veut montrer dans le film,
04:53c'est la force d'initiative de la jeunesse,
04:54que justement, à 20 ans, on peut faire des choses.
04:56Nous, en réalité, on s'est beaucoup battus pour ce film,
04:59mais on n'a pas la sensation de s'être battu contre un système.
05:02On est très heureux de ce qu'on a fait.
05:04C'est aussi parce qu'on a eu beaucoup d'aide, plein de partenaires.
05:07Et justement, toute notre équipe, on n'est pas les seuls jeunes de cette équipe.
05:11L'équipe a en moyenne 24 ans.
05:13Donc, je pense que c'est quand même une aventure collective.
05:15Et nous, c'est aussi ça qu'on défend.
05:16C'est cette belle aventure humaine.
05:18Et aujourd'hui, on espère, ce qui serait le plus beau pour nous,
05:21c'est que les spectateurs aillent voir ce film.
05:23Parce que ce qui est très important pour un film en France,
05:25en fait, c'est de le voir sur sa semaine de sa sortie.
05:27Parce que c'est ce qui permettra ensuite d'avoir plus de salles de cinéma.
05:30Et donc, c'est très important de voir le film
05:32entre le 12 août et le 19 août.
05:35Et d'y aller avec plusieurs personnes,
05:37avec, on espère, trois personnes au moins.
05:40Évidemment.
05:40Je crois qu'il y a au moins trois personnes qui regardent Télématins.
05:42Donc, on aura peut-être contribué à ça.
05:44Merci à tous les deux, Armand Fouex, Clément De Villiers,
05:48d'avoir été avec nous.
05:49Un grand raccourci.
05:50C'est donc votre premier long-métrage.
05:52Ça sort cet été au cinéma, le 12 août, pour la date de sortie.
05:56Merci d'avoir été avec nous ce matin.
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