- il y a 2 mois
Les débats de l'été avec Jean-François Vigier, Vice-président de l’AMF et Maire UDI de Bure-sur-Yvette (91) / Ronan Folgoas, grand reporter au service Police-Justice du journal Le Parisien
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NewsTranscription
00:00Sud Radio, les débats de l'été, 10h-13h, Maxime Liedot.
00:05Et d'autres premiers faits du jour, maintenant qu'il est 10h06, c'est justement ce qui s'est passé
00:09à Alès avec Christophe Rivencq, le maire d'Alès,
00:12qui a été exfiltré de chez lui en pleine nuit par le raid, c'était hier, après des menaces de
00:17la DZ Mafia, pour remettre tout un contexte quand même,
00:19ça faisait plusieurs fois déjà qu'il recevait des menaces de mort, jusqu'à recevoir deux balles de 9mm par
00:24la poste,
00:25et forcément tout un contexte qui s'est aggravé, qui plus est, à Alès, où quand on y pense, ce
00:30n'est pas immédiatement une cité qui est aujourd'hui totalement aux mains des trafiquants,
00:35ce n'est pas ça qu'on a comme vision quand on parle d'Alès.
00:37Bonjour Jean-François Vigier.
00:40Bonjour.
00:40Vous êtes vice-président de l'AMF, vous êtes également le maire UDI de Burs-sur-Yvette.
00:45Alès, est-ce qu'on peut dire que c'est un cas isolé ou malheureusement c'est un exemple médiatique
00:50de ce qui se passe dans énormément de villes moyennes en France ?
00:55Oui, ce n'est pas un exemple isolé, et malheureusement nous avons à faire face de plus en plus à
01:02ces faits de blanchiment de drogue et de trafic organisé.
01:09D'abord, l'AMF et son président David Vissnard ont exprimé, et je réexprime à nouveau, un soutien total dans
01:17son combat contre le narcotrafic,
01:20notre collègue Christophe Rivenc, dans sa ville et face à ces menaces graves qui sont totalement inacceptables,
01:27ces faits, finalement, ils montent l'ampleur croissante du danger du narcotrafic,
01:31de l'infiltration des réseaux mafieux de la drogue sur le territoire,
01:35de la menace pour la sécurité de tout le pays.
01:38Et c'est vrai que l'Association des maires de France alerte depuis plusieurs années,
01:42et y compris d'ailleurs, rappelons-le, publiquement lors du Congrès des maires dès 2024, puis en 2025,
01:50sur cette réalité du narcotrafic qui touche désormais toutes les communes et des réseaux de blanchiment.
01:57Mais donc, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que vous déjà, vous déjà, on a parlé d'Alès
02:02là,
02:02mais ça veut dire que ce qui s'est passé à l'aise, vous, vous l'aviez déjà vu remonter
02:06depuis quoi ?
02:07Beaucoup de mois ? Beaucoup d'années ?
02:09Oui, comme je le disais, déjà dès 2024, l'AMF avait alerté lors du Congrès des maires.
02:16On voit bien que c'est une réalité qui nous touche de plus en plus,
02:20et qui n'épargne finalement aucune ville.
02:24Mais est-ce que ça veut dire, pardonnez-moi Jean-François Vigier,
02:27que ce qui se passe à Alès, d'une manière ou d'une autre, risque, non pas de devenir la
02:32norme,
02:32mais risque de devenir une habitude dans beaucoup de villes moyennes ?
02:35On rappelle, Alès, c'est 46 000 habitants.
02:38Est-ce qu'on doit s'habituer à ça ? Parce qu'en réalité, ça va devenir le quotidien de
02:42certains maires.
02:42Mais on ne doit pas accepter que ça devienne une habitude.
02:47On ne peut pas, et le combat que mène notre collègue aujourd'hui dans sa ville,
02:51c'est celui que mènent déjà d'autres maires et que d'autres maires vont être amenées à mener.
02:58Mais les maires, d'abord, ils sont pleinement aux côtés de l'État dans le combat contre le narcotrafic.
03:04Plusieurs mesures, opérations ont été prises.
03:07La loi sur le narcotrafic soutenue par l'AMF,
03:09qui a prévu notamment, vous le savez, la création d'un parquet national anticriminalité,
03:14le renforcement du régime carcéral.
03:16Il y avait aussi la refonte du statut des repentis, la protection des témoins,
03:20les opérations de force de l'ordre.
03:22Mais il faut continuer.
03:24C'est un combat pour la démocratie qui est en train d'être menée.
03:27Je suis navré, loin de moi l'idée de contredire votre plaidoirie,
03:31mais ça fait tellement longtemps maintenant qu'on entend ça.
03:33Ça fait des mois, pour ne pas dire des années.
03:36On a parlé de mexicanisation, on a parlé de cartélisation de la France,
03:41On apprend que de plus en plus de personnalités qui travaillent dans la fonction publique
03:45sont touchées par des scandales de corruption.
03:47Qu'est-ce qui fait que là, ce qui se passe à Alès peut nous faire changer d'avis ?
03:51Parce que vous le dites, ça fait déjà plusieurs années que des maires faisaient remonter des cas similaires.
03:55Bon, le maire d'Alès, il a une chance dans son malheur, si je puis m'exprimer ainsi,
03:59c'est que c'est médiatique.
04:00C'est que tous les projecteurs sont braqués sur la réalité de sa ville.
04:05Mais qu'est-ce qui fait que ça va changer ?
04:07Il faut que ça crée un déclic chez les pouvoirs publics, chez les gouvernants,
04:12et qu'il y ait des mesures encore plus fortes qui soient prises
04:16dans la lutte contre ce narcotrafic qui est en train de gangréner tout le pays.
04:20Donc c'est à l'État, évidemment, de prendre ces mesures,
04:24puisque l'État, vous le savez, a la politique de la sécurité publique en France.
04:29Mais évidemment que les maires sont prêts à y prendre toute leur part.
04:33On a face à nous un trou béant.
04:37Il faut maintenant agir avec la plus grande force.
04:40Parce qu'encore une fois, pour nous, c'est une lutte pour la démocratie
04:44qui est en train d'être menée aujourd'hui.
04:47Mais Jean-François Vigier, en rappelant que vous êtes le vice-président de l'AMF,
04:49l'Association des maires de France, et le maire également UDI de Bure sur Yvette,
04:53concrètement, on peut toujours s'interroger sur le fait que des groupes de narcotrafiquants
04:58comme la DZ Mafia ou la DZ Mafia Nouvelle Génération tentent de s'impliquer dans des villes comme Alès,
05:0446 000 habitants, petite ville très agréable, très sympathique.
05:09Qu'est-ce qui fait tout d'un coup que ces trafiquants cherchent à s'implanter dans ce type de
05:13lieu,
05:13dans ce type d'endroit ?
05:15Écoutez, moi je ne suis pas un spécialiste.
05:17des raisons pour lesquelles un groupe comme la DZ Mafia veut s'implanter.
05:24Peut-être qu'on peut imaginer que c'est une multinationale de la drogue
05:29et qu'elle veut maintenant s'implanter partout et ne pas laisser de la vente sauvage.
05:34Je n'en sais rien, mais nous ce qu'on voit, c'est qu'on le vit au quotidien
05:39et que ça crée de l'insécurité pour nos concitoyens.
05:42C'est ça en fait, c'est que ça crée de l'insécurité pour nos concitoyens,
05:45ça met tout le monde en danger, toute une commune, toute une communauté
05:48et qu'on ne peut pas accepter ça.
05:51Et que l'AMF a tiré la sonnette d'alarme il y a déjà plusieurs années,
05:55on continue à le faire et il faut que des mesures très fermes soient prises.
06:00Mais concrètement, de quoi on parle ?
06:01Parce qu'il y a eu une loi il n'y a pas très longtemps pour essayer justement
06:04de pallier les difficultés qu'on pouvait avoir ou les manques précisément
06:08qu'on pouvait avoir face au narcotrafic.
06:10Concrètement, c'est quoi les mesures plus fortes dont on aurait besoin ?
06:14C'est à l'État de définir le périmètre des actions à mener, la sécurité.
06:20Mais en tout cas, c'est un combat maintenant qu'on va tous mener au quotidien
06:23parce qu'encore une fois, c'est notre démocratie qui est en danger aujourd'hui.
06:28Mais il y a aussi une autre question.
06:32Est-ce que vous, en tant que maire, vous êtes suffisamment protégé,
06:35suffisamment encadré, suffisamment sensibilisé face à ce type de problème ?
06:40Écoutez, on sait que la sécurité des maires est en question depuis maintenant plusieurs années.
06:45On se rappelle, et moi, le choc que j'avais connu, c'était la mort du maire de Signe à
06:51l'été 2019,
06:52lorsque celui-ci avait demandé à deux individus d'aller jeter leurs ordures ailleurs sur un terrain communal
06:59et qu'il y avait laissé la vie.
07:02Depuis, on a eu l'année 2023, qui fut une année quand même horrible
07:05en matière d'atteinte aux élus locaux.
07:10On se souvient de Vincent Jambrun, maire de l'Aïlerose,
07:13mais il y en a eu tant d'autres, le maire de Saint-Brévin.
07:16Et l'AMF avait déjà dit qu'il n'était pas acceptable qu'un représentant de l'autorité publique,
07:22comme l'est le maire, puisse être pris à partie, lui, sa famille, ses proches.
07:26Donc, il y a des mesures qui ont été prises par le législateur, par le gouvernement,
07:33pour renforcer les sanctions pénales contre les maires.
07:36Mais, effectivement, on ne peut pas accepter d'une façon générale
07:40que le représentant de la nation, élu par les habitants,
07:47puisse être pris à partie physiquement, moralement,
07:51lorsqu'il agit en représentant de la nation.
07:55Ça, c'est inacceptable.
07:58Donc, ce qu'on vit là, aujourd'hui, ce que vit le maire d'Alaise,
08:01c'est un degré de plus dans l'inacceptable.
08:05Voilà.
08:08Mais, oui, pardon.
08:09Non, non, non, Jean-François Vizier, simplement, je rebondis à ce qui a été dit
08:12dans l'une de vos précédentes phrases, où vous expliquiez qu'il faut maintenant
08:15que les pouvoirs publics, notamment, prennent conscience de la situation.
08:19Bon, avec un cas comme ça, j'imagine qu'il est difficile de ne pas ouvrir les yeux.
08:22Qu'est-ce qui leur manque pour prendre les bonnes mesures,
08:25prendre les bonnes décisions ?
08:26taper du poing sur la table.
08:29Déjà, il y a eu des mesures qui ont été prises pour nous protéger
08:31lorsque des individus s'en prennent à nous,
08:33notamment, comment dire, dans l'augmentation, la gradation des sanctions pénales.
08:41Maintenant, là, on a affaire, non pas à des individus isolés
08:45qui s'en prennent à un élu local,
08:46on a affaire à une organisation mondialisée de trafic de drogue, de narcotrafic.
08:54Donc, là, c'est sûr qu'on passe à une étape supplémentaire,
08:58c'est une guerre qu'on doit mener.
09:01Mais, en tout cas, nos élus qui font, les élus qui font le travail sur le terrain
09:08pour lutter contre ce narcotrafic, d'abord, un, ils doivent être absolument protégés,
09:12ce qui est le cas aujourd'hui pour le maire, notre collègue d'Alès.
09:17Mais, après, derrière, il y a tout le combat à mener contre le narcotrafic.
09:20Et là, on sent que c'est une mission énorme et immense qui nous attend.
09:23Et qui va demander beaucoup de temps, beaucoup de moyens.
09:26Merci beaucoup, Jean-François Vigier, vice-président de l'AMF.
09:28On le rappelle, l'Association des maires de France est maire UDI de Bure-sur-Yvette.
09:32Et sur ce sujet, on y reviendra, bien sûr,
09:34parce que quand on entend un peu partout les discours martiaux,
09:37des mots aussi importants que mexicanisation, cartélisation de la France.
09:41Et quand on voit, en réalité, qu'on est obligé d'exprimer le trait un maire par le raid,
09:44en pleine nuit, qui plus est, dans une commune charmante,
09:47Alès, ville de 46 000 habitants.
09:49Bon, on va quand même essayer de regarder la réalité en face.
09:52Est-ce qu'en réalité, ce n'est pas la DZ mafia qui dirige la France ?
09:550826 300 300, ce sera l'un de nos premiers débats à 10h.
09:57Pour le moment, 10h15, on passe à notre second sujet,
10:00qui sont des aveux de Cédric Jubilard,
10:03des aveux qu'il a visiblement tenus dans le bureau d'une conseillère de la Cour d'appel le 15
10:07juillet dernier.
10:08Il y reconnaît désormais être responsable de la disparition de Delphine, son ex-femme,
10:12et qui décrit un scénario dans lequel il se serait énervé
10:15et qu'il aurait étranglé Delphine dans leur maison,
10:18avant de cacher le corps, un peu par panique.
10:20Est-ce qu'on peut encore croire, Cédric Jubilard ?
10:23Élément de réponse dans une poignée de secondes.
10:25A tout de suite sur Sud Radio.
10:26Maxime Liedot.
10:2810h18 sur Sud Radio, notre deuxième fait du jour,
10:30concerne une actualité judiciaire qui plus est glaçante.
10:33On les attendait, certains même les espéraient,
10:36d'autres n'y croyaient plus,
10:37mais ils ont visiblement été murmurés dans une salle de la Cour d'appel de Toulouse.
10:43C'était le 15 juillet dernier.
10:45Cédric Jubilard a avoué le meurtre de sa femme Delphine.
10:49Bonjour Ronan Folgoas.
10:51Bonjour.
10:52Merci beaucoup d'être avec nous ce matin.
10:53Vous êtes grand reporter au service Polyjustice du journal Le Parisien.
10:56Vous couvrez cette affaire à la perfection,
10:58avec toujours énormément d'informations,
11:00avec énormément de précisions également.
11:02Qu'est-ce qui s'est passé dans cette salle de la Cour d'appel de Toulouse,
11:06le 15 juillet dernier ?
11:07Cédric Jubilard a avoué.
11:11Oui, c'était une audition qui a duré à peu près une heure,
11:17relativement rapide,
11:18donc sans question, sans contradiction.
11:21Ce n'était pas le moment, ce n'était pas le lieu.
11:24Cédric Jubilard passait à table, il passait aux aveux.
11:28Donc il a livré son récit.
11:31Oui, c'est ça.
11:32Alors une confession...
11:34Avec conséquence juridique derrière, bien sûr.
11:36Oui, une confession dont la sincérité reste encore à évaluer.
11:41Et c'est tout le travail maintenant d'un juge d'instruction
11:44qui sera chargé aussi de réinterroger Cédric Jubilard,
11:49de lui opposer d'autres éléments du dossier
11:52qui viendront peut-être contredire certains éléments
11:57qu'il a avancés lors de ses aveux.
11:59Mais en tout cas, c'est une avancée considérable
12:01parce que pour la première fois,
12:04Cédric Jubilard a avoué avoir donné la mort à son épouse
12:08et pas de n'importe quelle façon.
12:09Justement, qu'est-ce qu'il raconte concrètement pendant cette heure d'entretien ?
12:14Il explique...
12:15Il commence par cela d'ailleurs.
12:17Il dit qu'il a tué sa femme par strangulation.
12:21Il n'emploie pas le mot, mais il dit
12:22« J'ai serré le cou et j'ai pris son cou et j'ai serré.
12:28J'ai serré et j'ai serré. »
12:30Je lui ai dit « Tais-toi, tais-toi ! »
12:32parce qu'il voulait qu'elle se taise.
12:36C'est la formule qui emploie qu'on retrouve d'ailleurs.
12:38En réalité, le contexte d'une dispute, c'est ça ?
12:40Il explique que malgré tous les témoignages pour l'instant,
12:43il raconte une autre réalité de la nuit
12:45et il raconte une scène, on va dire, d'engueulade
12:48dans un couple avec une femme
12:50qui lui dit un certain nombre de choses
12:51qu'il n'a pas envie d'entendre, c'est ça ?
12:53Il explique s'être réveillé vers 1h, 1h30 du matin
12:57parce qu'il dormait, il dormait mal.
12:59Il dormait mal, il était stressé,
13:01l'ambiance était toxique à la maison.
13:02C'est le mot qu'il emploie.
13:05Ils sont dans le cadre d'un divorce.
13:06Et puis là, lorsqu'il se réveille,
13:08il y a une altercation, une dispute qui éclate avec Delphine.
13:11C'est en tout cas la scène qu'il tente de décrire.
13:15Delphine l'aurait provoqué verbalement.
13:18C'est vraiment, il rejette une partie de la responsabilité
13:21de cette dispute sur Delphine
13:24et elle aurait même remis en doute sa virilité.
13:27C'est ça que l'on comprend
13:28puisqu'il explique que la phrase qui l'a fait basculer,
13:31qui l'a fait vriller,
13:32c'est lorsque Delphine lui aurait dit
13:35qu'elle avait trouvé un homme
13:37qui lui faisait mieux l'amour que lui.
13:40Donc sa virilité aurait été vraiment remise en question.
13:43et il se serait senti humilié.
13:45C'est en tout cas ce qu'il explique.
13:46Alors cette version-là, il faut quand même en dire deux mots,
13:50elle est quand même assez peu crédible.
13:53On n'y était pas, évidemment, dans cette maison de Kenya Clémine.
13:56On n'a pas vécu avec Delphine Jubilard,
13:58mais on a des témoignages nombreux
14:02qui nous permettent de comprendre la personnalité de Delphine.
14:06Et ces mots-là ne collent que très très peu
14:10avec la personnalité
14:12et ce qu'elle pouvait avoir l'habitude de dire aux uns et aux autres.
14:16Mais en revanche, l'origine visiblement de la dispute conjugale,
14:20c'est-à-dire le fait que Delphine Jubilard avait trouvé quelqu'un d'autre,
14:23ça s'est avéré.
14:25Ah oui, oui, oui, oui, c'est avéré.
14:27Et il est même possible,
14:29alors là c'est un commentaire que je fais,
14:31il est même possible que la scène décrite par Cédric Jubilard dans ses aveux
14:35soit inspirée d'un fait réel.
14:37Il est possible, par exemple,
14:39que Delphine Jubilard lui ait dit en quelques mots ce soir-là,
14:43mais peut-être pas à une heure et demie du matin,
14:44peut-être à 20h, 21h,
14:46beaucoup plus tôt dans la soirée,
14:48lui a peut-être dit qu'elle avait effectivement rencontré quelqu'un
14:51et qu'elle allait refaire sa vie avec cet homme.
14:54Ça, c'est tout à fait possible
14:55et ça collerait avec d'autres éléments du dossier.
14:57En revanche, il y a des incohérences,
14:59vous l'avez souligné,
15:00déjà sur le motif de la dispute
15:02et en tout cas le contexte de la dispute,
15:04que ce soit sur les horaires,
15:05que ce soit la manière dont ça s'est déroulé.
15:07Là, déjà, il y a quelques incertitudes
15:09parce que ça ne colle pas du tout
15:10avec les différentes données technologiques,
15:12avec le témoignage des enfants,
15:13notamment par rapport à l'horaire et autres.
15:16C'est l'horaire.
15:17En fait, Cédric Jubilard
15:17tente de nous raconter une histoire
15:20où la foudre lui serait tombée dessus.
15:22Voilà, il se serait levé en pleine nuit
15:24et puis là, cette dispute avec ce dialogue,
15:29franchement, on peut en discuter longtemps,
15:31mais c'est assez peu vraisemblable tout ça.
15:34L'idée qu'il se lève,
15:36que Delphine demande
15:36qu'est-ce que tu fous là ?
15:38Lui dit, j'ai pas de compte à prendre,
15:39on en procédure de divorce.
15:41Bon, c'est absolument grotesque.
15:43Je veux dire, un homme qui sort de sa chambre
15:46pour aller éventuellement fumer une cigarette,
15:48il n'y a rien d'incohérent,
15:51il n'y a rien de fou.
15:53Pourquoi sa femme lui leur dit
15:54qu'est-ce que tu fous là ?
15:55Déjà, ce dialogue qu'il tente de restituer,
15:59assez peu vraisemblable.
16:01Mais passons.
16:02Ensuite, il y a d'autres éléments
16:04qui posent aussi question.
16:07Venons-en à ces éléments,
16:08notamment le fait qu'il explique
16:10dans ce témoignage qu'il a livré
16:12à la cour d'appel de Toulouse,
16:13le 15 juillet dernier,
16:15c'est vraiment la volonté
16:17de défendre la thèse de l'accident,
16:18quelque chose qui serait arrivé
16:19totalement par hasard
16:20et qu'il aurait transporté
16:22après l'avoir étranglé,
16:23comme vous l'avez dit,
16:24après avoir confessé
16:25d'une certaine manière,
16:26lui dire d'avoir attrapé le cou,
16:28je l'ai serré, je l'ai serré,
16:30elle est tombée inerte
16:30et il explique ensuite
16:32avoir caché le corps
16:32parce qu'il ne voulait pas
16:33que ses enfants voient leur mère comme ça.
16:35Et là, visiblement,
16:37il raconte
16:38qu'il s'est presque baladé en voiture
16:40et que le hasard l'a mené
16:41face à ces petits tas de terreaux
16:43où ont été retrouvés
16:44des ossements la semaine dernière.
16:46Et c'est là où il y a
16:47notamment une grosse incohérence
16:48parce que quelques jours auparavant,
16:50le téléphone bornait
16:51à proximité de ce lieu,
16:53ce qui laisse présager
16:54un repérage.
16:56Oui, oui.
16:57Alors, comment dire ?
16:58Ce n'est pas tout à fait incompatible
17:01parce qu'il explique
17:03que oui, il connaissait ce lieu
17:04parce qu'il était passé à côté
17:08en se rendant sur un chantier.
17:10Est-ce qu'il était ouvrier,
17:12peintre, plaquise ?
17:13Donc, il se rendait
17:14sur des chantiers
17:16chez des particuliers
17:17parfois à 10, 15, 20,
17:1830 kilomètres de chez lui.
17:20Donc, il était
17:20dans ce contexte-là,
17:22il était passé à côté,
17:23il avait repéré ce lieu
17:23et puis là,
17:24il se retrouve au volant
17:24de sa voiture.
17:25Il ne sait où aller.
17:27C'est ce qu'on comprend
17:28de ses aveux.
17:29Et puis là,
17:30il tilte
17:30et voilà,
17:31il pense à cet endroit.
17:32Bon,
17:34on n'est pas forcément
17:35obligé de le croire
17:36sur parole.
17:37C'est sa version,
17:39encore une fois.
17:40Et en fait,
17:40Cédric Jubilard,
17:41globalement,
17:42il donne un élément
17:42très important
17:43et très accablant
17:45et très incriminant.
17:47C'est ce passage à l'acte
17:48par étranglement
17:49ou strangulation.
17:50On ne sait pas très bien d'ailleurs.
17:51Il y a un petit doute là-dessus.
17:53Donc, il donne un truc énorme
17:54parce que ça suppose
17:55une intention au homicide.
17:57Ce n'est pas un coup
17:58comme ça,
17:59un coup de poing
18:00qui a mal tourné
18:01après une chute,
18:02etc.
18:03Il y a eu une volonté
18:04à la base dans le mouvement.
18:06Son récit induit
18:07une intention au homicide
18:09parce que pour la strangulation,
18:11ce n'est pas un geste
18:12qui dure quelques dizaines
18:13de secondes.
18:14Ça suppose
18:15de serrer
18:16et de serrer encore
18:17et de serrer toujours
18:18pendant plusieurs minutes.
18:20Les experts parlent
18:21de 3, 4, 5 minutes
18:22pour donner la mort
18:23à une personne
18:23par strangulation.
18:25Donc, ça contient
18:26cette intention au homicide.
18:27Et d'un autre côté,
18:29tout le récit
18:30de Cédric Jubilard
18:30tourne autour
18:31de l'idée
18:31d'une improvisation.
18:33Il aurait improvisé
18:34face à cet événement
18:35imprévu.
18:36Et toute cette version,
18:38tout ce récit
18:39qu'il met en scène
18:40vise à contrecarrer
18:41l'autre hypothèse,
18:42celle qui est
18:43beaucoup plus grave,
18:44beaucoup plus lourde,
18:46y compris sur le quantum
18:47de la peine,
18:48la peine qu'il risque
18:49en appel,
18:51c'est la thèse
18:52de la préméditation.
18:53C'est celle,
18:53au contraire,
18:54d'un acte
18:55mûrement réfléchi
18:56qu'il aurait planifié,
18:58préparé
18:59et exécuté
19:00cette nuit
19:01du 15 au 16 décembre 2020.
19:02Ronan Folgoas,
19:03en rappelant que vous êtes
19:04le grand reporter
19:04au service
19:05Police-Justice
19:05du journal Le Parisien,
19:07la question forcément
19:08qu'on se pose,
19:09je me mets à la place
19:09de tous ceux
19:10qui nous écoutent actuellement,
19:11quel crédit
19:12on peut apporter
19:13à ces nouvelles informations ?
19:16Un crédit tout relatif,
19:18évidemment.
19:19par définition,
19:20c'est vrai que Jubilard
19:22a menti
19:23pendant 5 ans et demi
19:24avec une constance
19:28devant l'autorité judiciaire,
19:30devant l'autorité judiciaire,
19:31puisque dans l'intimité
19:33de la prison de Seyce
19:35et même au moment
19:36où il était encore
19:37en liberté,
19:39dans les 6 mois
19:39qui précèdent son interpellation,
19:41finalement,
19:41entre le mois de décembre 2020
19:42et le mois de juin 2021,
19:43à plusieurs reprises,
19:45il s'est laissé aller.
19:46Il a semé des petits cailloux,
19:47il a parfois avoué les faits,
19:49il les a même avoués
19:51avec beaucoup de détails,
19:52notamment auprès
19:53de sa petite amie Jennifer,
19:55c'était au printemps dernier,
19:56au printemps 2025.
19:57Mais face à l'autorité judiciaire,
19:59il a été constant,
20:00il n'y était pour rien,
20:01il était encouragé en cela
20:02par ses avocats aussi,
20:04qui ont participé
20:05de ce système de défense
20:06assez radical,
20:07qui ont consisté à dire
20:08que le dossier était vide,
20:09qu'évidemment,
20:10c'est vrai que Jubilard
20:10était innocent,
20:12qu'eux-mêmes étaient convaincus
20:13de leur innocence,
20:14donc c'est vrai que Jubilard
20:14était aussi.
20:15Et je ne veux pas
20:16le dédouaner
20:17de quoi que ce soit,
20:18mais il était enfermé
20:19par ce système de défense.
20:21Et là,
20:21ils se sont libères
20:22avec des nouveaux avocats,
20:23Pierre et Guy Dubuisson,
20:25qui eux sont allés
20:26sur un autre terrain,
20:27qui l'ont accompagné
20:27sur un autre terrain,
20:29celui de la reconnaissance
20:31totale ou partielle des faits,
20:32ça reste à voir.
20:34Puis maintenant,
20:34il y a un travail
20:35qui va être fait par la justice,
20:37et c'est pour ça
20:37que le procès a été envoyé,
20:38pour dans les prochains mois,
20:40vérifier,
20:41creuser certains éléments,
20:43pourquoi pas essayer
20:44de retrouver d'autres fragments.
20:47C'est ça que ça change,
20:48c'était ma dernière question,
20:49mais le procès,
20:50qui était initialement,
20:50bien sûr,
20:51prévu en septembre,
20:52a été renvoyé
20:52au premier semestre 2027,
20:54pour être précis.
20:55Concrètement,
20:56tous ces nouveaux éléments,
20:57le report du procès,
21:00va permettre,
21:01si vous voulez,
21:01qu'on continue
21:03à récupérer
21:04des informations,
21:05des détails supplémentaires
21:06sur cette nuit
21:06du 15-7 décembre ?
21:08Oui,
21:10concrètement,
21:10des expertises aussi,
21:13psychiatrie,
21:13psychologique,
21:14peuvent être menées
21:14sur César Gubillard,
21:15maintenant qu'il a reconnu les faits.
21:16On peut aussi essayer
21:17de détecter
21:19les éventuels déplacements,
21:22les éventuels repérages
21:23que César Gubillard
21:24aurait pu mener
21:25dans les semaines
21:27qui précèdent.
21:28Et puis,
21:29oui,
21:29il y a cette envie,
21:30peut-être,
21:30chez certaines parties civiles,
21:32de tenter,
21:33je dis bien tenter,
21:34de retrouver
21:36des fragments
21:37de cadavres
21:38de Delphine
21:39qui auraient été
21:41répandus
21:41dans les champs
21:42aux alentours
21:42de Mayotte.
21:43Mais ça,
21:44c'est un travail
21:44très long,
21:45très incertain,
21:46qui risque de produire
21:48aucun résultat.
21:49Mais voilà,
21:51ce temps,
21:52les mois qui arrivent,
21:53peuvent permettre
21:53de réaliser
21:55ces opérations.
21:56Et on comprend
21:57donc le report
21:58ainsi du procès.
21:59Merci beaucoup,
21:59Ronan Folgoise,
22:00d'avoir été avec
22:00nos grands reporters
22:01au service
22:01Polyjustice
22:02du journal
22:03Le Parisien
22:04pour revenir
22:04sur ces aveux
22:06bluffants,
22:07effroyables
22:07de Cédric Jubilard.
22:08Dit-il réellement
22:09la vérité ?
22:10Ce sera,
22:10j'imagine,
22:11l'affaire des enquêteurs
22:12et de la justice
22:12dans les prochaines semaines
22:14et dans les prochains mois.
22:15Il est 10h30
22:16sur Sud Radio
22:17dans un instant.
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