00:00Remenez Raphaël sur ce que dit la CREU, la commission de régulation de l'énergie qui vient de présenter la
00:04facture du soutien aux énergies renouvelables pour 2027, ça va être très cher.
00:08Oui, elle s'annonce très lourde cette facture Sandra, effectivement, 14,2 milliards d'euros, oui oui, pour les charges
00:17de services publics de l'énergie.
00:19Alors attention, dans ces 14 milliards, il n'y a pas que l'éolien et le solaire, ça comprend aussi
00:24les territoires insulaires, le biométhane, la co-génération au gaz ou encore différents mécanismes de solidarité.
00:32Mais même en isolant uniquement l'éolien et le solaire, la tendance est absolument spectaculaire.
00:41Le soutien aux renouvelables électriques et au biométhane, pardon qu'on peut ajouter aussi, devrait approcher les 10 milliards d
00:49'euros en 2027.
00:519,8 milliards d'euros précisément.
00:55En 2024, c'était, tenez-vous bien, moins de 4 milliards.
00:59En 3 ans, la facture aura été multipliée par 2,5.
01:03Alors pourquoi ? C'est très simple, parce que l'État garantit aux producteurs un prix fixé par contrat.
01:11Quand le prix de marché est inférieur, c'est le contribuable qui paye la différence.
01:16Et comme les capacités installées augmentent, les volumes subventionnés augmentent eux aussi.
01:22On a inventé une mécanique budgétaire assez redoutable.
01:27Plus on installe, plus on paye.
01:30Les contrats ont quand même rapporté de l'argent à l'État, Raphaël.
01:32Oui, c'est vrai Sandra, lorsque les prix de l'électricité ont explosé en 2022 et 2023, les producteurs ont
01:40reversé environ 5,5 milliards à l'État.
01:44C'est une somme.
01:45Le contrat pour différence, ça s'appelle comme ça, quand le prix de marché est inférieur en subventionne,
01:50quand il est supérieur, les producteurs reversent à l'État.
01:54Donc ce contrat pour différence fonctionne un peu comme une assurance à double sens.
02:00Le principe n'est donc pas absurde.
02:03Et le soutien a été efficace.
02:05La production de renouvelables françaises est passée de moins de 100 TWh en 2016 à près de 150 en 2024.
02:14Donc ça a bien fonctionné.
02:16Le biométhane a décollé.
02:18Le solaire a atteint ses objectifs.
02:20Et le problème, ce n'est pas d'avoir soutenu ces filières.
02:24Le problème, c'est de continuer à les soutenir comme si elles étaient encore balbutiantes.
02:30Parce qu'en réalité, l'éolien et le solaire sont devenus aujourd'hui des industries matures.
02:36Les appels d'offres attirent les investisseurs professionnels.
02:40Le photovoltaïque au sol, maintenant, s'est échangé autour de 75 euros le MWh.
02:45L'éolien terrestre, autour de 87 euros.
02:48Ça veut dire qu'ils sont plus compétitifs que le futur nucléaire des EPR qu'on va installer.
02:53Qui sera entre 90 euros et 100 euros le MWh.
02:58Donc on n'est plus dans l'artisanat énergétique.
03:01On est dans un marché industriel mature.
03:04Il faut le traiter comme tel.
03:05Et ça veut dire qu'il faut supprimer les aides ?
03:06Alors peut-être pas toutes les aides, effectivement.
03:08Mais il faut arrêter de sortir le chèque en blanc à chaque fois.
03:12Il faut arrêter de subventionner systématiquement la production.
03:16Lorsque les prix deviennent négatifs.
03:19Et puis surtout, il faut sauter progressivement les vieux contrats.
03:22C'est eux qui coûtent une fortune.
03:23Ceux qui ont été signés avant 2010.
03:26Qui coûtent encore près de 2 milliards par an.
03:29Avec des tarifs décidés à une époque où les panneaux étaient rares et chers.
03:33Bref, globalement, il faut entrer aujourd'hui dans une logique de marché.
03:37Et arrêter de rémunérer aveuglément chaque kilowattheure supplémentaire.
03:42Merci beaucoup Raphaël Legendre.
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