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L’installation publique Africa to Carolina, inaugurée en Caroline du Nord, rappelle l’arrivée forcée d’Africains réduits en esclavage sur les côtes de Caroline. Ce type de mémorial pose une question essentielle : pourquoi l’histoire de l’esclavage doit-elle aussi être inscrite dans l’espace public, et pas seulement racontée dans les musées ?



#Mémoire #AfricaToCarolina #HistoireNoire #DiasporaAfricaine

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Personnes
Transcription
00:00Pendant longtemps, comme nous le savons, les villes ont mis des statuts au centre des places.
00:04Nous parlons de généraux, de conquérants, de gouverneurs, des hommes qui ont colonisé, possédé, déplacé et exploité.
00:11Mais les personnes réduites en esclavage, elles, étaient souvent absentes de l'espace public.
00:15Pas absentes de l'histoire, absentes de la mémoire officielle.
00:19Et c'est là que cette installation inaugurée en Caroline du Nord, donc aux États-Unis, est très importante.
00:24Elle s'appelle Africa to Caroline.
00:26Et son objectif est simple mais puissant.
00:28marqué psychologiquement, physiquement l'histoire de l'arrivée forcée d'Africains sur les côtes de Caroline.
00:35Parce que l'esclavage ne commence pas seulement dans les plantations,
00:38il commence aussi sur les quais, dans les ports, dans les lieux d'embarquement.
00:42Dans ces espaces où des hommes, des femmes, des enfants africains arrivent après la traversée,
00:49arrachés à leur terre, à leur famille, à leur langue, à leur nom.
00:52Et pendant des siècles, beaucoup de ces lieux n'ont presque rien dit.
00:55On a parfois gardé les bâtiments coloniaux.
00:59On a conservé les forts, oui comme nous le savons.
01:01On a restauré les maisons, les maisons des planteurs je le précise.
01:04On a inscrit les noms des puissants dans la pierre.
01:07Mais les noms des captifs, eux, ont souvent, très souvent disparu.
01:11Je vais vous poser une question comme dans chacune de mes vidéos.
01:13Pourquoi les mémoriaux de l'esclavage doivent-ils sortir des musées ?
01:17Parce que l'esclavage n'a pas seulement eu lieu dans les livres, vous comprenez ?
01:21Il a eu lieu dans les villes, dans les ports, dans les rues, sur les routes,
01:25dans les paysages que les gens traversent encore aujourd'hui,
01:28sans savoir ce qu'il s'est réellement passé.
01:30Un musée peut expliquer, oui.
01:32Mais un mémorial dans l'espace public oblige les citoyens à regarder.
01:36Il dit tout clairement, cette histoire n'est pas enfermée dans une salle ou dans les livres.
01:41Elle est ici, elle a construit ce territoire,
01:43elle a façonné son économie, sa politique, ses statuts,
01:46ses cultures, ses familles, ses silences.
01:49Et surtout, un mémorial comme celui-là change la question à mon.
01:53On ne demande plus seulement que s'est-il passé ici,
01:54on demande pourquoi personne ne l'a remarqué plus tôt.
01:57Parce que commémorer l'esclavage colonial,
02:00ce n'est pas seulement rappeler la souffrance,
02:02c'est aussi rééquilibrer l'espace public.
02:04C'est-à-dire, si les colonisateurs ont eu leur statut,
02:07les personnes déportées, exploitées et résistantes
02:10doivent aussi avoir leur lieu de mémoire.
02:12Pas pour enfermer les descendants de ces dites personnes dans la douleur, non,
02:16mais pour poser une base très claire.
02:18Ces vies ont compté,
02:19ces arrivées forcées ont changé l'histoire.
02:22Et désormais, on ne pourra plus jamais traverser ces lieux
02:24comme si rien ne s'était passé.
02:26Musique
02:26Musique
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