Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 22 heures
Le remboursement des traitements aGLP-1 marque une avancée dans la reconnaissance de l’obésité comme maladie chronique. Mais leur efficacité dépend d’un parcours de soins global et durable : alimentation, activité physique, suivi médical, sous peine de reprise de poids à l’arrêt.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:04Bonjour Élise Bourgeois. Bonjour. Bonjour Damien Cacaré. Bonjour. Bienvenue dans Santé Futur.
00:09Je le disais, avec l'arrivée de ces médicaments, est-ce qu'on assiste à un changement de modèle
00:15dans la façon de traiter l'obésité ? Il commence. Damien, je vous sens partant.
00:22Effectivement, c'est une avancée majeure, ces médicaments. Jusqu'à présent, il n'y avait pas de médicaments
00:27qui prenaient en charge cette pathologie, qui est une vraie pathologie chronique.
00:32On parle du surpoids et de l'obésité. C'est une avancée parce que, pour la première fois,
00:37on a des molécules qui agissent spécifiquement sur cette perte de poids
00:41et qui ont des autorisations de mise sur le marché avec un objectif de perte de poids.
00:46On a vu d'autres médicaments il y a quelques années arriver, mais qui n'étaient pas spécifiques
00:50pour la perte de poids. Ceux-là sont spécifiques pour la perte de poids, encore une fois,
00:53avec une AMM, une autorisation de mise sur le marché. Donc oui, c'est une véritable avancée.
00:57Maintenant, il faut rester vigilant parce que ces médicaments,
01:03contrairement à ce que parfois le grand public peut penser, une piqûre magique
01:07ou peut-être demain une pilule magique, ce n'est pas vraiment le cas.
01:11On voit dans la vie réelle que ces médicaments doivent être pris dans certaines conditions,
01:15sous certaines conditions. On va certainement en parler, mais d'ailleurs,
01:17les remboursements depuis le 15 juin 2026 de ces médicaments sont faits sous certaines conditions.
01:23C'est ça qui est important pour nous, en tout cas, côté RNPC.
01:26C'est le bon usage du médicament qui est important.
01:30Oui, tout à fait. Donc, c'est vraiment une avancée très positive.
01:34Et ça permet aussi de mettre en avant que l'obésité est une maladie chronique.
01:37Donc, ça englobe différents facteurs.
01:39Par exemple, les facteurs génétiques, psychologiques, biologiques, environnementaux et même aussi sociaux.
01:44Et donc là, grâce aux médicaments, ça montre aussi que l'obésité n'est pas seulement due à un manque
01:50de volonté ou de stigmatisation.
01:52Donc, c'est vraiment, oui, ça englobe vraiment tout ce qui est la psychologie, la nutrition et l'activité physique.
01:58Donc là, ce traitement pourra aider ces personnes.
02:00Mais toutes les personnes souffrant d'obésité ne peuvent pas en bénéficier.
02:03Comme vous avez dit, c'est qu'il y a différents critères.
02:07Donc, il faut...
02:08Quels sont ces critères, justement ?
02:09Donc, c'est pour des personnes avec un IMC supérieur à 40 ou ceux qui ont un IMC supérieur à
02:1435 avec une comorbidité qui est associée.
02:17Donc, ça, c'est vraiment encadré par un parcours de soins.
02:21Et aussi, c'est des médecins formés et qui exercent au niveau d'un CSO ou au CHU ou un
02:29SMR qui peuvent prescrire ce médicament.
02:32En l'état, quels sont les principaux points de fragilité dans le parcours des patients vivants avec une obésité ?
02:38Ou est-ce que ça pêche ? Ou est-ce que c'est compliqué ?
02:42Très souvent, il n'y a pas cette approche globale.
02:45Ces personnes sont souvent isolées, elles essayent, elles ont des solutions qui sont, encore une fois, un peu isolées.
02:52Soit une diététicienne, un diététicien, soit une solution avec un médecin nutritionniste.
02:58Mais il n'y a pas suffisamment cette approche globale.
03:01Et c'est important de rappeler quand même, on parle de l'obésité, mais il y a aussi le surpoids.
03:06Et quand on ajoute le surpoids à l'obésité, c'est quand même un Français sur deux, quasiment.
03:10C'est 49% de la population qui sont en surpoids et en obésité.
03:14Et donc, il faut avoir des solutions avec des médicaments, mais aussi avec une approche qui est beaucoup plus holistique
03:21pour « soigner » cette maladie.
03:25Parce que c'est une pathologie chronique, on vient de le rappeler.
03:27Et donc, il faut pouvoir en guérir, quelque part.
03:31Et ce n'est pas uniquement la perte de poids qui guérit de cette maladie.
03:36Oui, ça, c'est l'idée reçue numéro un quant à cette maladie.
03:40Et quelle doit être, justement, la place, aujourd'hui, de l'accompagnement nutritionnel et comportemental
03:47aux côtés de ces traitements médicamentaux, finalement ?
03:49Il faut que la prise en charge soit pluridisciplinaire.
03:52Donc, déjà, que le médecin traitant soit aussi intégré à ce parcours.
03:56Il faut qu'il soit formé.
03:57Parce que dans la formation, les médecins sont peu formés en nutrition, les médecins généralistes.
04:03Donc, il faudrait accentuer cette formation.
04:04Et après, aussi, avoir une prise en charge psychologique.
04:07L'obésité, c'est quand même beaucoup de facteurs psychologiques avec l'activité physique adaptée.
04:12Que ce soit adapté en fonction des besoins du patient, mais aussi à ses capacités.
04:16Que les personnes obèses ont souvent du mal à se mettre à l'activité physique par peur qu'on les
04:21juge,
04:21par peur de ne pas réussir.
04:23Et aussi, du coup, à un point de vue nutritionnel, avec une diététicienne formée à l'obésité.
04:29Damien, qu'est-ce qui fait la différence entre une perte de poids obtenue grâce à un traitement
04:33et une transformation durable des habitudes de vie ?
04:36Comment est-ce qu'on arbitre ?
04:39En fait, la perte de poids, en soi, ce n'est pas l'objectif final.
04:46Évidemment, il faut perdre du poids parce que le poids, cette masse...
04:49Normalement, c'est l'attente du patient quand il commence ce type de traitement.
04:52Oui, mais il faut le faire dans les bonnes conditions.
04:56Et c'est la raison pour laquelle, revenons à ces autorisations de mise sur le marché,
04:59l'Agence européenne des médicaments a mis ces médicaments sur le marché avec des conditions
05:03qui sont de les prendre dans le cadre d'un accompagnement avec un régime hypocalorique
05:08et une augmentation de l'activité physique adaptée.
05:11Ce n'est pas le médicament seul pour perdre du poids, c'est vraiment une approche...
05:15C'est qu'une étape, en fait, la perte de poids.
05:16La perte de poids est une première étape, effectivement.
05:19Et il faut aller plus loin, il faut pouvoir accompagner le patient,
05:23qu'il devienne autonome parce que ces médicaments,
05:25quand vous arrêtez le traitement, le poids reprend après la reprise du traitement.
05:31Il y a des études qui ont été récemment d'ailleurs publiées
05:34qui montrent que deux tiers du poids perdu est repris au bout d'un an
05:38lorsqu'on arrête le traitement.
05:39Donc, c'est véritablement un accompagnement qu'il faut pour que le patient change son mode de vie,
05:46change sa relation avec les nutriments, mais bien au-delà aussi.
05:53C'est un comportement global qu'il faut pouvoir accompagner.
05:55Avant que Hervé nous pose sa question,
05:56quels sont les autres critères pour évaluer la réussite d'une prise en charge de l'obésité ?
06:01Parce qu'on se focus sur la perte de poids,
06:03mais c'est quoi les autres critères de réussite d'une bonne prise en charge ?
06:08Il y a effectivement la qualité de vie qui est rentrée en compte.
06:13Nous, chez RNPC, il y a un facteur qu'on mesure énormément
06:16qui est l'activité physique, la sédentarité,
06:19la manière dont la personne devient active ou redevient active
06:24dans le cadre de sa perte de poids.
06:25Lorsque des personnes en obésité sont souvent en sédentarité sévère,
06:32ce qu'il faut mesurer, c'est tout ce qui va changer autour,
06:34tout simplement ressortir, redescendre des escaliers,
06:38recommencer une activité physique.
06:39On ne dit pas que la personne retourne à la salle de sport.
06:42Ce n'est pas le sujet, mais de sortir de la sédentarité,
06:46redevenir une personne qui va avoir une activité physique,
06:50du lien social, ça joue aussi.
06:51Les conditions, les personnes qui sont très souvent un peu en marge
06:56parce que stigmatisées de par cette pathologie.
06:59Donc il faut, et la perte de poids participe évidemment à ça.
07:02C'est cette approche, encore une fois, qui est un ensemble
07:06qui permet à la personne de retrouver une place,
07:09déjà de guérir, si la perte de poids est accompagnée
07:12de tout un environnement et rééducation nutritionnelle notamment.
07:19Ça, c'est un de nos objectifs.
07:21Mais que la personne redevienne autonome au quotidien
07:24et de manière durable avec cette perte de poids.
07:27C'est ça, c'est aussi la mobilité en fait.
07:29La mobilité au niveau, retrouver ses sensations alimentaires aussi,
07:32ce que souvent les personnes obèses perdent ses sensations.
07:35Donc la satiété, la faim, prendre du plaisir à manger
07:37parce que l'alimentation c'est un des plaisirs on va dire.
07:40Et oui, c'est retrouver une qualité de vie globalement positive
07:44et voilà, tous ces facteurs à prendre en compte.
07:48Hervé ?
07:48Je trouve que le sujet, je suis d'accord avec tout ce que vous dites,
07:51c'est que ça va forcément retomber en partie sur les médecins généralistes.
07:54Alors je suis d'accord avec vous, qui n'y connaissent rien.
07:55Et puis qui n'ont pas vraiment le temps.
07:57Enfin, moi je connais des médecins généralistes,
07:5930 euros la consulte, 8 minutes en moyenne.
08:01Je ne vois pas comment dans la même séance,
08:04on parle d'activités physiques adaptées.
08:07En fait, on ne sait pas ce que c'est.
08:09Le soutien psychologique, bah voilà.
08:12La nutrition, je ne sais pas trop.
08:14Et la facilité, c'est de dire, je vais vous prescrire ces maglucides.
08:18Non rembourser.
08:21Mais comment est-ce qu'on va envoyer les patients vers les centres dont vous parliez,
08:26ou les experts, les endocrinologues, je ne sais pas.
08:29Ce n'est pas si simple, parce qu'il n'y a pas encore un maillage territorial énorme pour tout
08:32ça.
08:34Surtout que les personnes,
08:35elles n'ont pas tous un centre spécialisé dans l'obésité à côté de chez eux.
08:37Absolument, oui.
08:38Donc c'est un traitement, voilà.
08:41Donc après, il faut qu'il y ait vraiment un parcours de soins
08:43qui est le coordonné au mieux,
08:44pour que le patient ne se retrouve pas, au final, sans solution,
08:48on lui prescrit un médicament.
08:49Mais comment ?
08:51C'est maglucide, point, ça suffit, rapport.
08:53Et les effets secondaires aussi,
08:53gérer les effets secondaires de ce traitement,
08:55il y en a quand même pas mal pour tout traitement,
08:58mais on a en compte ces questions-là pour le patient.
09:01Et justement, il est que vous parliez de l'importance de former les professionnels.
09:05Est-ce qu'on a assez de professionnels formés ?
09:10Nous, on a un rôle important,
09:12on n'est pas les seuls,
09:13mais en tout cas, à notre échelle,
09:15on est une société à mission,
09:17et notre rôle, c'est aussi d'apporter une solution.
09:20Vous parliez des médecins généralistes,
09:22la médecine de ville,
09:23les centres RNPC,
09:24ils vont à la rencontre de ces professionnels de santé,
09:27justement, pour leur apporter une solution
09:32dans le cadre d'une prise en charge.
09:34Et alors, on n'est pas les seuls à le faire,
09:36mais on pense que c'est indispensable,
09:37et on voudrait d'ailleurs être aidé par les pouvoirs publics
09:40et par les autorités ARS et autres,
09:43à vraiment, quelque part, vulgariser auprès des professionnels de santé
09:48qui n'ont pas suffisamment de compétences ou de formations,
09:51et comme vous le dites,
09:52qui n'ont pas le temps,
09:53qui n'ont plus le temps.
09:54Un médecin généraliste,
09:55il voit 30 patients par jour,
09:58il passe sa journée en consultation,
10:02voilà, donc ils ont besoin quand même d'avoir cette information,
10:05parce que c'est une nouveauté,
10:07c'est une innovation,
10:07mais il faut qu'elle soit faite dans de bonnes conditions.
10:09On voit dans d'autres pays
10:10où il y a eu quand même de nombreuses dérives.
10:13La France a pris des décisions
10:15qui sont relativement sages, quand même,
10:17dans les remboursements,
10:18des conditions assez strictes,
10:19on en a parlé,
10:20mais pour éviter justement ces dérives,
10:22il faut continuer à sensibiliser la médecine de ville,
10:26notamment les médecins de proximité,
10:28qu'ils soient généralistes ou spécialistes,
10:30en libéral,
10:31sur les conditions, en fait, de ces médicaments,
10:33sachant qu'en plus,
10:34le patient, aujourd'hui,
10:36arrive avec cette idée en tête de
10:39docteur, je veux une prescription pour perdre du poids.
10:42Voilà, donc il n'y a pas de risque en l'état,
10:46il y a suffisamment de garde-fous
10:47pour que l'accès aux médicaments
10:49ne prenne pas le pas sur l'accompagnement.
10:51Après, le médicament,
10:52il a été tellement aussi immédiatisé aux États-Unis
10:54comme une facilité à avoir ce traitement
10:57et d'avoir une perte de poids
10:58en un claquement de doigt,
11:00alors sans montrer les effets secondaires de ce traitement,
11:02il n'y avait pas toutes les stars utilisées aux États-Unis,
11:04il n'y avait aucune prise en charge
11:05et donc c'est vrai que c'est un peu devenu
11:07un traitement médiatisé.
11:08Et un peu miracle.
11:09Oui, voilà, donc sauf qu'à l'arrêt...
11:11Il y a eu des dérives aux États-Unis,
11:12pour le coup,
11:12qu'il a été utilisé par des personnes
11:13qui n'étaient pas obèses.
11:15En France aussi.
11:16Oui, en France, partout dans le monde.
11:17Oui, en TikTok, on a vu des appels.
11:19Ça se trouve en France aussi,
11:20parce que là, on parle des remboursements,
11:21mais on peut très bien prescrire le médicament
11:24sur des IMC qui ne sont pas des IMC supérieurs à 30.
11:29Et là, c'est quoi le risque ?
11:30Le risque, c'est une perte de poids, effectivement,
11:33parce qu'il y aura une perte de poids,
11:35la personne n'a pas faim,
11:36vous avez l'impression d'avoir une éponge dans l'estomac,
11:37donc l'effet satiétogène, c'est un peu ça.
11:40Donc, vous ne mangez pas.
11:41Et on a des personnes qui sont dénutries,
11:43qui vont perdre de la masse maigre,
11:45donc en particulier de la masse musculaire,
11:47de manière très importante.
11:48Il faut savoir que les études
11:50de mise sur le marché de ces médicaments
11:52ont montré que vous perdez 49% de masse maigre,
11:55là où dans un régime classique,
11:57vous perdez seulement 25%.
11:59Donc, c'est dans des proportions bien plus importantes.
12:02Donc, c'est un danger de perdre de la masse musculaire,
12:04surtout quand on a 50-60 ans.
12:08Donc, les muscles sont essentiels pour notre organisme.
12:12Et donc, il y a ces dangers de perte de masse musculaire,
12:16de personnes qui sont carencées, d'inutries.
12:18Si vous ne mangez plus ou vous mangez mal,
12:19forcément, vous manquez de vitamines,
12:21de minéraux, etc.
12:22Et les dérives, c'est toutes les pathologies
12:25qui sont associées à la dénutrition,
12:27à la malnutrition, etc.
12:28Donc, il faut quand même être très vigilant.
12:31Restez avec nous.
12:32On passe tout de suite au scan d'Hervé.
Commentaires

Recommandations