00:00Allez, si vous nous rejoignez il y a 23h50 sur BFM TV, sachez que c'est toute une partie de
00:04l'Europe qui fait en ce moment face à la canicule.
00:06Bien sûr, il y a la France, mais il y a aussi l'Espagne. L'Espagne qui connaît en ce
00:10moment son pire incendie depuis 40 ans.
00:11On est à Almeria, en Andalousie, où vous trouvez Clémence Renard. Rappelons ce bilan qui est lourd.
00:16Au moins 12 morts, 23 disparus. Et on commence par en savoir un peu plus sur la nationalité de ses
00:21victimes.
00:21Parmi les disparus, il y a une française confirmation ce soir. Histoire tragique. Son mari, lui, est parvenu à s
00:27'enfuir.
00:30Oui, Jérôme Navarro, qui a d'ailleurs livré un témoignage bouleversant.
00:34Il a raconté l'enfer qu'il a vécu avec sa femme Stéphanie lorsqu'ils ont tenté d'échapper aux
00:38flammes jeudi.
00:39Il s'est confié à nos confrères de TF1. Il expliquait qu'ils étaient arrivés dans cette maison de vacances
00:43depuis seulement deux jours.
00:45Qu'ils ont vu le brasier arriver très rapidement vers leur maison.
00:48Il explique qu'à ce moment-là, ils n'avaient reçu aucun ordre d'évacuer, mais qu'ils ont pris
00:52peur.
00:53Ils ont fui, lui à moto, et sa femme Stéphanie dans sa voiture avec son chien.
00:58Il raconte alors qu'ils ont été très rapidement pris au piège par des flammes impressionnantes, qu'il a qualifiées
01:03de boules de feu.
01:05Il explique que c'est à ce moment-là qu'il a perdu tout contact avec sa femme Stéphanie.
01:09Il raconte qu'il a dû continuer sa fuite dans un ravin en rampant.
01:14Il s'est d'ailleurs blessé aux bras, aux jambes. Il a des brûlures, des griffures un petit peu partout
01:20sur le corps.
01:21Il a été hospitalisé. Il est sorti de l'hôpital ce matin.
01:25Et il explique que depuis, il n'a eu aucune nouvelle de sa femme Stéphanie.
01:28Cela fait donc deux jours qu'il est sans nouvelles.
01:31Alors certains médias espagnols ici affirment que Stéphanie est décédée dans son véhicule avec son chien,
01:36que son corps a été récupéré par les équipes médico-légales sur place hier.
01:40Et vous l'avez dit, effectivement, le Quai d'Orsay confirme qu'une Française fait bien partie des 23 personnes
01:45portées disparues dans ce brasier,
01:46mais que son identification est toujours en cours.
01:50– 15 km en 2 heures, ce feu fulgurant n'a laissé aucune chance aux victimes.
01:55Clémence, qu'en est-il ce soir ? Est-ce que cet incendie a diminué en intensité ?
02:00Je crois que les pompiers sont toujours sur place.
02:02– Les pompiers sont toujours sur place, oui, au sol.
02:07Plusieurs centaines de pompiers, des militaires qui continuent de lutter contre ce brasier.
02:12Ils disent qu'ils ont réussi à le limiter, à le stabiliser, en tout cas en partie,
02:17notamment grâce aux moyens aériens qui étaient très importants,
02:20qui ont été déployés tout au long de la journée.
02:22On les a vus avec Willem Gay.
02:24On se trouve, nous, au niveau du rond-point de Los Gallardos,
02:26où il y a la piscine municipale juste à côté.
02:28C'est ici notamment que les hélicoptères bombardés d'eau venaient s'approvisionner en eau.
02:32Donc il y avait une importante activité aérienne.
02:35Avec donc toutes ces aéronefs, il y avait également des canadaires
02:38qui ont donc permis notamment l'évolution favorable de cette situation,
02:42avec aussi des conditions météorologiques plus favorables.
02:45Il y avait notamment moins de vent.
02:47Et là, l'autre information ce soir qu'on voulait vous dire,
02:51c'est qu'il y a 600 personnes qui ont pu rentrer chez elles ce soir.
02:54Il y a trois communes qui ont rouvert à la population.
02:57Également le camping de Los Gallardos.
02:58Il y avait une commune voisine de la commune de Lubrine qui était confinée depuis jeudi.
03:02Le confinement a été levé.
03:04Voilà donc l'évolution favorable avec ces 600 personnes qui ont pu rentrer chez elles ce soir.
03:08On rappelle qu'il y avait plus de 1400 personnes qui avaient été évacuées jeudi.
03:13Ça fait donc toujours environ 800 personnes qui vont devoir passer une troisième nuit en dehors de chez elles ce
03:19soir.
03:20On est toujours à 6600 hectares parcourus par le brasier.
03:23C'est le même chiffre depuis le début de la matinée.
03:25Ce qui veut dire donc que l'incendie, en tout cas pour l'instant, ne progresse plus, ne se propage
03:29plus.
03:30Clémence Renard en direct de Los Gallardos avec Wilhelm Guier.
03:33Ça fait 2000 hectares quand même, Gaël Musquet, de plus qu'hier.
03:35Hier on était à 4000, on monte à 6600 hectares avec une gestion de crise qui rappelle un peu celle
03:41de Valence
03:41puisque la presse espagnole se fait l'écho ce soir de la mauvaise gestion, peut-être du manque d'alerte
03:46qui n'a pas été donné à ses habitants.
03:48Oui, tout à fait. Il faut savoir que l'Espagne, comme tous les pays européens, dispose d'un système d
03:52'alerte national
03:54qui s'appelle ES Alert, comme le FR Alert français ou le BE Alert belge.
04:00Et effectivement, cet outil est à la main à la fois de l'État et de la province.
04:04Là où en France, il est à la main du préfet.
04:07Et donc effectivement, entre les manques de budget, le climat climato-sceptique dans certaines provinces dirigées par le Parti populaire
04:18et en plus ce manque de coordination parfois qu'il peut y avoir, ce sont des régions autonomes.
04:23Donc cette question de la gestion de l'urgence et de l'alerte est à la main de ces régions
04:28autonomes,
04:29donc de la jante au gouvernement de l'Andalousie.
04:35Et donc effectivement, là, on a, comme à Valence, malheureusement, au moment des inondations,
04:41à nouveau cette question de la dilution de la responsabilité ou du manque de prise de responsabilité
04:47pour l'alerte et pouvoir donner de manière chirurgicale.
04:50C'est un peu ce qu'il se disait.
04:52Est-ce qu'on demande aux gens d'évacuer ? Est-ce qu'on leur demande de se confiner avec
04:54cet outil ?
04:55Là, il y a des enquêtes sur les réseaux de téléphonie mobile, sur la capacité des opérateurs,
05:00notamment Telefonica, de pouvoir transmettre de manière chirurgicale cette alerte.
05:03Et donc, il faut tirer le son, y compris en France, sur l'usage de ces moyens-là.
05:08Monter aussi en puissance, l'Europe l'encourage que les télévisions, que la radio, la téléphonie mobile, le porte-à
05:14-porte.
05:15Il n'y a pas qu'une manière d'alerter que tous ces moyens soient mis en œuvre.
05:18Mais ça, ça ne s'improvise pas.
05:19Il faut des exercices, il faut de la prévention, il faut aussi intervenir dans les classes.
05:23Ça, c'est l'exercice non plus en fait.
05:24Exactement.
05:25Christian Pinodo, quand on voit sur ces images ces buissons, cette végétation qui mord sur le bord de la route,
05:30quand on décrit ces maisons qui ont brûlé et qui se retrouvent au milieu de la végétation,
05:35on se dit que le danger était prévisible ?
05:38Complètement.
05:40C'est chronique de catastrophe annoncée, si j'ose dire ça.
05:43En fait, ce dont nous parlons depuis le début de cette émission, c'est de la gestion des risques.
05:49On est rentré dans une...
05:51Ça fait déjà un certain temps, mais disons que c'est de plus en plus évident.
05:54Alors, dans le cadre du changement climatique, du réchauffement climatique, les risques augmentent.
06:00Nous avons une population qui a augmenté, on est passé de 66 millions à 69 millions d'habitants,
06:06auxquels s'ajoutent 100 millions de touristes par an.
06:10Et en plus, là, on est en période de migration de population.
06:12Alors là, c'est le facteur risque multiplié par X.
06:16Oui, c'est les grandes vacances qui ont démarré.
06:18Et donc, dans un espace sur lequel les risques sont maximums et qui était complètement annoncé.
06:27On a l'air de s'étonner de voir que dans le Loire-Atlantique, c'est une zone à risque.
06:32Mais j'ai des cartes à votre disposition, si vous voulez, qui datent de 2010 pour les plus récentes.
06:38Mais on en avait... Les forestiers en avaient déjà bien avant.
06:42Et le risque incendie de forêt est cartographié jusqu'à Angers, sans problème.
06:48Et ça, on le sait depuis les années 2000.
06:51Et donc, pas d'anticipation, pas de politique de prévention.
06:55On est dans une gestion des risques après coup, c'est-à-dire en réaction,
07:00et pas dans une gestion des risques par anticipation.
07:03Or, c'est ça la politique qu'on doit développer aujourd'hui.
07:06C'est aussi une des conclusions du rapport du Haut Conseil pour le climat, dont je parlais un peu plus
07:10tôt.
07:10Et c'est-à-dire que nous sommes, en France aujourd'hui, toujours dans une logique,
07:13ou presque toujours dans une logique, donc de indemnisation a posteriori,
07:17et pas forcément dans une logique de prévention a priori.
07:20Même si l'investissement pour des logiques de prévention a priori permettrait, en réalité,
07:24d'avoir des coûts complets qui sont moins importants que de gérer des catastrophes
07:30et de devoir indemniser a posteriori.
07:31Je prends un exemple très concret pour rejoindre ce que disaient Christian et Gaël.
07:35Sur cette question des infrastructures vitales, si vous voulez avoir la télécommunication,
07:39si vous voulez pouvoir alerter les gens, tout simplement, sur une zone où vous avez des incendies comme ça,
07:43il faut que vous puissiez avoir des moyens, par exemple des antennes relais, qui soient indépendantes.
07:48Et là, pour le coup, les solutions énergétiques, les batteries, par exemple, ne suffisent pas.
07:52Donc typiquement, ces solutions énergétiques qui permettraient d'autonomiser ces infrastructures vitales,
07:56aujourd'hui, on les a. Je prends un exemple concret, un stockage hydrogène,
07:59avec derrière une pile à combustible pour fournir électricité à l'infrastructure vitale,
08:03pour permettre justement, en cas de cyclone, en cas d'incendie, etc.,
08:07de pouvoir maintenir cette communication ou des capacités de relais ou que sais-je.
08:11Aujourd'hui, ces technologies, on les a, on les connaît,
08:14et surtout, elles sont accessibles financièrement, même à un État qui se pense en faillite.
08:18Et ça, et la pédagogie, vous rappelez la culture du risque à transmettre sur le jeune public.
08:22Ça, c'est important. C'est vrai qu'on ne fait peut-être pas trop encore dans les écoles, non
08:25plus.
08:25Bien sûr, complètement. Là, je... Pour rejoindre Soitémico, on a, sur l'outre-mer,
08:30je prends le cadre de la Caraïbe, le plus gros exercice auquel je participe tous les ans,
08:35c'est Caribouave, Pacifique Ocean Wave.
08:37On a réussi à évacuer, au moment d'une vraie alerte tsunami, 2,5 millions de personnes, en 1h10, sans
08:43victimes.
08:44Donc, c'est dire à quel point on est en capacité aujourd'hui.
08:47Et le Chili, d'ailleurs, l'a montré, les 2,5 millions, on n'a qu'un million sept au
08:51crédit que du Chili.
08:52Pays hispanophone qui a énormément à transmettre à l'Espagne sur ces questions-là.
08:58On le disait déjà à l'époque de Valence.
09:00Et pour terminer sur le grand feu qu'on a connu au Portugal, ce que disait Micco,
09:05le facteur aggravant, en 2017, 65 morts, le facteur aggravant, c'est les télécommunications.
09:10Pas de réseau, pas d'alerte, et donc 65 morts, dont 30 dans les véhicules.
09:14Un petit mot encore rapide, parce que j'aimerais qu'on ait en France aussi.
09:17Il y a aussi d'autres incendies en France, on y sera dans un...
09:19Bien sûr, évidemment, en Guadeloupe, on a CaruSmart aussi qui existe et qui donne des outils d'aide à la
09:23décision.
09:24À la Réunion, il y a des stratégies qui ont été développées là-dessus aussi,
09:27pour l'autonomisation des infrastructures vitales que j'évoquais tout à l'heure,
09:29par rapport aux catastrophes naturelles.
09:31Donc, en France, on a, mais pas dans l'Hexagone forcément, des solutions.
09:34– Christian Pinaudot.
09:35– Je confirme ça complètement.
09:37Deux chiffres, un hectare de forêt qui brûle, le coût, c'est autour de 20 000 euros.
09:44Je parle du coût, pas des pertes, parce que les pertes, c'est en plus.
09:48Et l'entretien de la forêt, c'est quelques centaines d'euros par an.
09:54Voilà.
09:55Donc, on réagit, ça coûte 15 000, 20 000 euros pour défendre un hectare de forêt qui brûle,
10:03alors que si on investit dans la prévention par anticipation,
10:08ça coûte quelques centaines d'euros par an.
10:10– Ah oui.
10:10– Cherchez l'erreur.
10:11– Cherchez l'erreur, comme vous dites.
10:13– Cherchez l'erreur.
10:13– Cherchez l'erreur.
10:13– Cherchez l'erreur.
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