00:006h48 à Raphaël, on est à dix mois de la présidentielle, plusieurs sondages, on est loin encore,
00:05plusieurs sondages d'Aune Marine Le Pen gagnante au second tour contre n'importe quel candidat.
00:10En Europe, la surprise de sa candidature a fait monter la pression d'un cran.
00:13Oui, alors les sondages effectivement à dix mois de l'élection, c'est ce que ça vaut.
00:18Pas grand chose.
00:19Voilà, Balladur, Juppé étaient tous promis, Lionel Jospin à être président.
00:24Bref, la deuxième économie de la zone euro, puissance nucléaire,
00:28membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU,
00:31pourrait-elle être dirigée par une présidente en conflit politique
00:37avec les institutions européennes et porteuse d'un programme économique encore très flou ?
00:43Voilà la question que tout le monde se pose en Europe depuis mardi
00:47et depuis l'éligibilité de Marine Le Pen,
00:51une éligibilité qui a sonné comme un coup de tonnerre en dehors de nos frontières,
00:55une sorte de wake-up call, comme si tout le monde l'avait déjà enterré politiquement.
01:01Beaucoup de pays misaient en effet désormais sur Jordan Bardella
01:06et semblaient presque s'en accommoder en réalité.
01:08Alors pourquoi l'inquiétude est plus forte sur Marine Le Pen ?
01:11Si on prend le cas de l'Allemagne par exemple,
01:13Jordan Bardella avait clairement déclaré dans la presse allemande
01:16que le président français était l'ami du chancelier fédéral
01:20et qu'il devait le rester, c'était une interview à la Frankfurter Allgemeine Zeitung au mois d'avril.
01:26Il avait alors reconnu des accords avec Friedrich Schmerz
01:30en matière de lutte contre la bureaucratie, de compétitivité et de politique migratoire.
01:36Il avait dit qu'il était ouvert à une réforme des retraites contrairement à Marine Le Pen.
01:40Bref, il a envoyé les bons signaux aux conservateurs allemands
01:44qu'il avait plutôt bien reçus.
01:47Marine Le Pen, elle, c'est tout autre chose.
01:49Elle réactive des inquiétudes plus anciennes.
01:52Elle renvoie à l'image d'une France souverainiste, dépensière et méfiante à l'égard de Bruxelles.
01:58Et puis, elle est prête à contester les règles communes du vivre ensemble,
02:04une sorte de règlement de copropriété de la zone euro.
02:07Je pense notamment à la Banque Centrale Européenne.
02:10C'est le sujet le plus sensible pour les Allemands.
02:13Jean-Philippe Tanguy, très proche de Marine Le Pen, a par exemple déjà indiqué
02:17qu'il souhaitait que la Banque Centrale Européenne rachète très directement
02:20des titres de dettes françaises, ce qui fait évidemment bandir tout le monde
02:25à Francfort et à Berlin.
02:27Est-ce qu'il faut y voir une menace directe pour l'euro ?
02:30Il n'est plus question de Frexit au sein du Rassemblement National.
02:34Soyons très clairs, il n'est plus question de sortir de la zone euro.
02:37Mais le risque, aujourd'hui, vu d'Allemagne,
02:40c'est une France qui resterait dans l'euro, mais qui en contesterait les règles,
02:45qui en contesterait la discipline et qui en contesterait les contraintes,
02:50même si on a rarement respecté les critères de Maastricht.
02:55Et cette fois, le sujet ne concernerait pas un petit pays périphérique,
03:00il concernerait la France, si on s'exonère de toutes ses règles,
03:04la France avec plus de 3 500 milliards de dettes,
03:06des déficits persistants et une crédibilité budgétaire déjà très fragile.
03:10Si demain, Paris entrait en bras de fer avec Bruxelles sur le budget
03:15ou avec Francfort sur le rôle de la BCE,
03:18ce ne serait pas une simple crise française.
03:21C'est tout l'édifice européen qui serait mis en branle.
03:26Et évidemment, voilà qui fait trembler l'ensemble des capitales membres de la zone euro.
03:31C'est dommage parce que l'Europe, on en a quand même besoin pour ne pas avoir un...
03:34On n'en a jamais eu autant besoin et Marine Le Pen arrive à un moment
03:38où nous, Français, n'avons jamais été aussi fragiles économiquement.
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