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  • il y a 23 heures
Mickaël Dorian, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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News
Transcription
00:0013h-14h, Europe 1 Info.
00:02Il est 13h16 sur Europe 1, vous êtes bien avec Europe 1 Info et Michael Dorian et nos deux chroniqueurs
00:08du jour.
00:09Gabrielle Cluzel, directrice de la rédaction du site Boulevard Voltaire, et Jean-Michel Salvatore, chroniqueur politique et communicant.
00:16Bonjour à tous les deux.
00:17Bonjour Michael.
00:17C'est un coup de théâtre dans l'une des plus grandes affaires criminelles françaises de ces dernières années.
00:21Après avoir toujours nié toute implication, Cédric Jubilat reconnaît aujourd'hui sa responsabilité dans la disparition de son épouse Delphine.
00:29D'abord, ce qui interroge, c'est pourquoi maintenant, pourquoi maintenant, à quelques semaines de son procès en appel, Gabrielle
00:35Cluzel ?
00:36L'âme humaine est complexe, donc c'est difficile de le dire, mais c'est vrai qu'on peut supposer
00:40une forme de stratégie.
00:42C'est-à-dire que, vous connaissez l'adage, alors en l'occurrence, qu'il s'agisse d'un crime,
00:46c'est un peu quand même exagéré,
00:48mais faute avouer est admis pardonné.
00:50Alors, elle n'est pas admis pardonnée, pour un crime évidemment,
00:52mais il y a cette idée que celui qui avoue serait rentré dans une forme de contrition,
00:59et donc ça pourrait alléger sa peine, donc il y a peut-être une forme de stratégie.
01:05On peut imaginer aussi que le temps passant, il est réfléchi, il est réfléchi, qu'il pense à ses enfants.
01:15Ce qu'il dit paraît évidemment de la part d'un homme qui a commis un acte pareil, presque hypocrite,
01:21mais encore une fois, voilà, quand il dit « je voudrais donner une sépulture à la mère de mes enfants
01:27»,
01:27mais encore une fois, l'âme humaine est tellement complexe qu'on ne peut pas exclure cette dimension,
01:32même chez un monstre, donner une sépulture à la femme qui l'a tuée,
01:36certes, ça paraît un peu dérisoire, mais il lui reste des enfants, donc il y a cet aspect-là.
01:43Donc il veut, ça c'est le côté optimiste, le côté pessimiste,
01:48c'est de se dire qu'il veut revenir sur le devant de la scène,
01:50peut-être faire le buzz, entre guillemets,
01:52parce qu'à chaque fois qu'il y a une actualité nouvelle dans un crime,
01:55ça permet de reparler du coupable, il était passé un peu dans l'ombre.
02:01Il y a d'autres criminels, je crois que Michel Fourniret a avoué des crimes bien longtemps
02:05après les avoir connus, pour parler du plus célèbre,
02:08mais il y en a d'autres qui ont avoué bien après,
02:12mais c'est vrai que d'une certaine façon, il faut quand même,
02:17j'allais dire s'en réjouir, mais là encore, le mot n'est pas adapté,
02:21mais disons qu'il va indiquer nécessairement,
02:24sinon on ne voit pas pourquoi il aurait dit tout cela,
02:26où est le corps ?
02:27Il a dit qu'il allait le faire en tout cas.
02:29Voilà, et pour les enfants, et pour les frères et sœurs,
02:33parce que je crois que Delphine Dubillard était d'une fratrie de quatre,
02:35sauf erreur de ma part, je crois qu'elle n'a plus ses parents,
02:38mais en tout cas pour les frères et sœurs, pour les enfants, pour les amis,
02:42ce sera quand même un soulagement, c'est terrible,
02:44quand les corps ne sont jamais retrouvés.
02:46Alors, ce sont des révélations qui ont été faites par ces avocats,
02:50ces avocats qui expliquent avoir obtenu ce que les juges,
02:53les enquêteurs et même ses précédents défenseurs n'avaient jamais obtenu sa parole.
02:58Donc, qu'est-ce que ça dit, Jean-Michel Salvatore,
03:01qu'est-ce que ça dit du travail des avocats,
03:02de leur relation avec leurs clients versus celui des enquêteurs, finalement ?
03:07Moi, je pense que, enfin, je suis un peu comme Gabriel,
03:10je pense qu'il y a beaucoup de stratégies autour de ça.
03:13Donc, il n'avait pas envie de faire ses aveux avant le premier procès,
03:19mais c'est vrai que le premier procès, en fait, s'est très mal passé pour lui,
03:21puisque toutes les apparences étaient contre lui.
03:24Il n'y a pas de preuves irréfutables de sa culpabilité,
03:27mais il y avait un faisceau d'indices.
03:28Et je pense qu'il a dû réfléchir à son intérêt, évidemment,
03:34en se disant que des aveux seraient forcément pas bien perçus,
03:39mais enfin, permettraient éventuellement d'atténuer un petit peu la peine.
03:43Mais je pense que le secret est devenu vraiment trop important pour lui,
03:48puisque, à plusieurs reprises, il avait fait des demi-aveux
03:52à une ancienne petite amie, à un co-détenu.
03:55Donc, on voyait bien qu'il n'était pas très, très solide sur ses appuis.
03:59Et on voyait bien qu'il n'arrivait pas à assumer,
04:03et donc qu'il avait besoin de soulager sa conscience
04:07pour un meurtre absolument épouvantable.
04:10Et c'est vrai qu'on pense, évidemment, à ses enfants.
04:12On en parlait tout à l'heure avec Gabriel,
04:14mais c'est vrai que c'est deux enfants qui, finalement,
04:16se retrouvent sans mère qui a été assassinée
04:19et avec un père qui est un criminel.
04:22Bon, c'est une véritable tragédie.
04:25Mais je comprends aussi la famille
04:28qui ressent un sentiment de soulagement,
04:30parce que, malgré tout, ça referme une porte.
04:33Ils le savaient, mais ils avaient quand même besoin de l'entendre.
04:36Et puis deux, c'est vrai que s'ils peuvent retrouver ce corps,
04:39c'est très, très important pour une famille de retrouver le corps.
04:41Écoutons maître Guy Debuisson, qui est l'avocat de Cédric Jubilard
04:44et qui a pris la parole il y a quelques minutes
04:46lors d'une conférence de presse.
04:47Il y a eu cette relation de confiance qui s'est tissée.
04:50Et puis un jour, il y a quelques semaines,
04:51il m'a dit, écoutez, maître, il faut que je vous dise la vérité,
04:54c'est moi.
04:54C'est moi qui suis à l'origine de la disparition de ma femme.
04:59L'explication qu'il donne est la suivante.
05:00Il s'agit d'un couple qui s'est dégradé inexorablement
05:04depuis plusieurs mois, avec des tensions de plus en plus fortes.
05:06Et c'est dans le cadre d'une énième dispute conjugale
05:09que les choses ont mal tourné.
05:11Quand il a réalisé ce qu'il avait fait,
05:12il a tout de suite pensé à ses enfants.
05:14Il n'a pas voulu leur infliger cette vision
05:16de ce corps inanimé de leur mère.
05:18Et donc, il s'est dit, il ne faut pas qu'il ne voit ça.
05:21Donc, je dois déplacer le corps.
05:23Il est disposé à collaborer entièrement.
05:24Et moi, à ce stade, je formule le vœu très vif
05:26qu'on puisse évidemment retrouver Delphine
05:28pour lui donner une sépulture.
05:31Maître Guy de Buisson, donc avocate de Cédric Jubilard,
05:34pendant des années, Cédric Jubilard dénonçait une enquête à charge.
05:38Aujourd'hui, il reconnaît sa culpabilité
05:41tout en laissant entendre que certains éléments du dossier
05:43seraient inexacts.
05:44Il le fait auprès de son avocat et pas auprès des enquêteurs.
05:47Est-ce que ce n'est pas aussi, Gabriel Cluzel,
05:49peut-être une façon de reprendre le contrôle du récit ?
05:53Oui, vous avez raison de le dire.
05:55Maintenant, je pense qu'il a été peut-être conseillé
05:57dans ce sens-là.
05:58Ce n'est peut-être pas lui tout seul qui a décidé de cela.
06:01Vous avez eu tout à fait raison de dire que
06:03le premier procès s'était mal passé
06:06dans le sens où il avait donné le visage de lui-même
06:09le plus abject.
06:10Parce qu'en réalité, tout était contre lui
06:12et lui niait l'évidence.
06:14Il y avait une forme d'arrogance dans ce déni.
06:16Donc là, moi, je sais,
06:19il ne faut pas juger les avocats,
06:21ils font leur métier, etc.
06:22Mais c'est vrai que quand on entend dire
06:24il a tout de suite pensé à ses enfants
06:26une fois qu'il est le meurtre fait.
06:29On a envie de dire, dommage qu'il n'ait pas pensé avant.
06:32De dire, alors j'ai caché le corps pour ne pas qu'il le voit.
06:35Ça aussi, c'est un récit.
06:37C'est un récit qui est, pardonnez-moi de penser,
06:40c'est subjectif,
06:41mais qui l'est reconstruit à posteriori.
06:45C'est-à-dire que six ans après,
06:47on peut imaginer que ce récit,
06:48il a pu avoir le temps d'être travaillé,
06:50d'être réfléchi.
06:52Exactement, alors là encore,
06:53l'âme humaine est complexe,
06:54on ne peut pas enlever le fait
06:57qu'il peut y avoir des éléments ici et là de vérité,
07:00c'est indéniable.
07:01Mais là, on rentre dans une stratégie
07:04pour le procès,
07:05c'est évident,
07:06on veut montrer que c'est sur un coup de colère,
07:08qu'il le regrette beaucoup,
07:12qu'aussitôt que ça a été commis,
07:13il l'a regretté,
07:14que c'est un bon père de famille,
07:16parce que finalement,
07:16les enfants reviennent souvent.
07:17Donc oui, c'est de l'ordre de la stratégie,
07:20il ne faut pas être naïf,
07:21et je ne crois pas que les juges
07:22soient tout à fait dupes.
07:24Jean-Michel Salvador,
07:25alors je ne sais pas si les juges
07:26sont tout à fait dupes,
07:27mais est-ce que ces aveux
07:28peuvent en tous les cas
07:30changer quelque chose
07:31à la peine encourue
07:32ou la manière dont la Cour d'appel
07:34va apprécier ce dossier ?
07:36Moi, je ne sais pas,
07:36mais je pense que les juges
07:38vont être un peu surpris quand même
07:40de la mise en scène,
07:41parce qu'il y a une mise en scène
07:43et il y a, comme vous le disiez tout à l'heure,
07:44une volonté de maîtriser le scénario.
07:47En toute rigueur,
07:50l'avocat n'aurait pas dû...
07:52Enfin, je pense que Cédric Jubilard
07:55n'aurait pas dû faire cette lettre à l'avocat
07:58et l'avocat aurait dû lui dire
07:59« ce n'est pas moi qu'il faut l'envoyer,
08:00il faut l'envoyer au président du tribunal,
08:01c'est comme ça que ça doit se passer ».
08:03En principe, moi,
08:04je pense que je me souviens un petit peu
08:07de mes cours de droit,
08:08un avocat n'a pas le droit
08:10de trahir le secret professionnel
08:14qu'il a avec son client.
08:16Donc, l'avocat n'aurait jamais dû
08:18rendre publique cette lettre.
08:20Sauf si c'est une demande du client.
08:22Non, absolument pas.
08:24Le secret professionnel
08:25ne peut pas être cassé
08:26par un avocat.
08:28Il ne peut pas en être relevé
08:29même par son client.
08:30Si son client lui dit
08:31« voilà, c'est une conférence de presse
08:34qu'a donné l'avocat de son client ».
08:36J'ai posé la question à Jean-Yves Leborgne,
08:37il disait « non, c'est comme le secret
08:39de la confession ».
08:39Jamais, jamais, jamais,
08:41on ne peut trahir le secret,
08:43le secret que…
08:44l'avocat ne peut pas trahir son secret.
08:47Et c'est vrai que si vous voulez,
08:49la mise en scène,
08:51la lettre à l'avocat…
08:52Jean-Michel Savalator,
08:53ce n'est pas exactement
08:54une confidence
08:55que lui a fait son client.
08:56C'est son client
08:57qui décide de faire des révélations.
08:58C'est comme s'il déléguait
08:59sa parole.
09:00Oui, il délègue sa parole.
09:01Ensuite, il y a la conférence de presse
09:02dans la foulée.
09:03Donc, on voit bien
09:04qu'il y a presque un plan média.
09:06Bon, excusez-moi,
09:06mais je pense que c'est totalement indécent.
09:08Oui, ça c'est certain
09:09qu'il y a une stratégie
09:11derrière médiatique.
09:11Bon, est-ce que
09:12ces aveux vont marquer,
09:13en tous les cas,
09:14est-ce que la fin
09:17de l'affaire Jubilar
09:18va être débute par ses aveux ?
09:20Est-ce qu'on arrive enfin ?
09:21Est-ce qu'on voit la fin du tunnel,
09:23le bout du tunnel
09:24avec ces aveux aujourd'hui ?
09:25Ah bah oui,
09:25parce que jusqu'à présent,
09:26il y avait quand même ce doute.
09:27Alors, même s'il y avait
09:295% de doute
09:30et 95% de certitude,
09:32mais là, bon voilà,
09:33c'est la fin de l'histoire,
09:34malheureusement.
09:34Et donc, on va sans doute
09:35retrouver le corps.
09:37Et donc, voilà.
09:38Et donc, je pense que c'est
09:39la fin d'une...
09:40Moi, je ne suis pas tout à fait sûr.
09:41Moi, je ne suis pas convaincu, justement.
09:43Et qu'on retrouve le corps ?
09:44Non, alors qu'on retrouve le corps,
09:45je pense que si,
09:45mais la fin de l'affaire,
09:46je ne suis pas convaincu.
09:47C'est-à-dire que ça dépend
09:47de ce que vous appelez
09:48la fin de l'affaire.
09:49C'est-à-dire qu'il y a
09:50la fin de l'énigme.
09:51C'est-à-dire que, comme vous dites,
09:52on a levé l'ultime doute.
09:54Voilà, a priori,
09:55bon, a priori,
09:56pas grand monde avait des doutes,
09:57mais là, on n'en a plus du tout.
09:59Mais est-ce que c'est
10:00la fin de l'histoire ?
10:01Je vais vous dire pour qui
10:01ce n'est pas de la fin de l'histoire.
10:02Pour les enfants, déjà,
10:03pour la famille,
10:04parce que se reconstruire
10:05dans ce contexte,
10:06ce n'est quand même pas simple.
10:07Et puis, on va voir
10:07ce que la justice va décider.
10:09Moi, si vous voulez,
10:10j'ai toujours beaucoup de peine.
10:14C'est parce que je me dis
10:15que cette jeune femme,
10:17elle, c'est terminé,
10:18elle n'aura plus d'avenir.
10:19Lui, que va-t-il arriver ?
10:21Vous connaissez notre justice ?
10:22Moi, je ne sais pas.
10:23Je ne sais pas.
10:24Quand je vois que le meurtrier
10:27de la petite Maëlys,
10:29vous vous souvenez,
10:29il a fait sa vie en prison.
10:31Enfin, il a eu un enfant.
10:33Enfin, moi, je ne sais pas.
10:34Je me dis,
10:34mais quelle douleur pour la famille.
10:36Donc, dire que c'est la fin,
10:38oui et non.
10:39C'est la fin de l'énigme ?
10:40C'est la fin de l'énigme,
10:41mais ce n'est pas la fin de l'histoire.
10:42Et ce n'est pas la fin de l'affaire.
10:43Et les juges tiennent quand même
10:45entre leurs mains,
10:46évidemment, la sanction.
10:48Allez, près de 700 pompiers
10:49mobilisés dans les Pyrénées-Orientales
10:51pour tenter de ralentir
10:52la progression des flammes hier soir.
10:54Plus de 10 000 personnes
10:55ont été évacuées
10:56et réparties
10:57dans plusieurs communes voisines.
10:59L'étape prévue aujourd'hui
11:01du Tour de France
11:02a tout de même débuté,
11:03sans public,
11:04évidemment,
11:04pour permettre aux secours
11:06de continuer de travailler.
11:07Et on s'interroge, évidemment,
11:08sur les moyens mis en œuvre.
11:10Est-ce qu'ils sont réellement suffisants
11:11aujourd'hui
11:12pour contenir
11:13et pour maîtriser
11:14ces incendies
11:15qui démarrent
11:16de plus en plus en avance ?
11:17C'est un vrai problème.
11:18On en parle chaque année
11:19et c'est de pire en pire,
11:20évidemment, chaque année.
11:21Restez bien avec nous.
11:22Actualité et décryptage.
11:23Jusqu'à 14h,
11:24c'est Europe 1 Info
11:24avec Michael Dorian.
11:25On revient dans un instant.
11:27Il est 13h28 sur Europe 1.
11:28Et on revient dans un instant.
11:31Il est 13h30 sur Europe 1.
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