00:00Europe 1 Info
00:01Europe 1 Info avec Lélie Mathias revient avec nos invités Arthur de Vatrigan, Sébastien Ligné pour nos chroniqueurs
00:07et Franck Alizio, député RN des Bouches-du-Rhône qui est avec nous et nous parlons toujours de l'attente
00:12du résultat du procès de Marine Le Pen qui arrive demain.
00:15Et à ce propos, ce sera demain après-midi d'ailleurs.
00:17A ce propos, écoutons Gilbert Collard qui était ce matin sur CNews, l'avocat et ancien député européen.
00:24Ce serait une attente à la démocratie pour vous ?
00:26Ah oui, franchement oui. J'ai toujours été contre le fait que des juges puissent prononcer une décision d'inéligibilité.
00:33Je voulais que cette décision soit confiée au Conseil constitutionnel ou alors à une commission particulière du Parlement et de
00:40l'Assemblée.
00:41Le juge n'a pas à interférer dans le pouvoir politique et à une séparation des pouvoirs dans la démocratie.
00:47Elle doit être préservée à tout prix.
00:48Quand un juge peut dire un tel ne sera pas candidat, je suis désolé, il empiète sur le pouvoir de
00:54l'électeur.
00:55Votre réaction Sébastien Lillier ?
00:57Je ne suis pas forcément d'accord avec ça.
00:58Pardon, quelqu'un qui aurait été condamné pour meurtre, je n'ai pas forcément envie qu'il puisse être candidat
01:02à l'élection présidentielle.
01:03L'inéligibilité en tant que telle, je ne trouve pas que ce soit tant un sujet.
01:07En revanche, savoir qui peut la prononcer, ça, ça peut être un débat.
01:10On pourrait très bien imaginer...
01:12Par exemple, oui.
01:14Dans le cas de l'affaire Jubilard.
01:16Pourquoi pas imaginer une nouvelle méthode où les députés, les élus du peuple seraient jugés par le peuple lui-même.
01:25Et que dans le cas d'un député, d'un président de la République, enfin d'un ancien président de
01:30la République,
01:30parce qu'il est intouchable, que ce soit un juré populaire qui décide.
01:35Voilà.
01:35La justice est rendue au nom du peuple français.
01:37On parle potentiellement d'une éligibilité d'empêcher quelqu'un d'être condamné.
01:41Même pour des affaires comme ça, qui ne sont pas pour des crimes.
01:44Mais surtout pour des affaires dites d'atteinte à la probité qui touchent des élus de la nation.
01:49Ce ne serait pas totalement choquant, je trouve, que ce soit les Français qui décident eux-mêmes du sort de
01:56leurs représentants.
01:57Franck Alizeau, qu'est-ce que vous pensez de la proposition de Sébastien Ligné ?
02:01Pourquoi pas.
02:03Disons que ça permettrait de rendre la chose...
02:05Enfin, c'est une question politique.
02:07Donc, c'est une question démocratique.
02:09Donc, oui, l'affaire tranchée par des citoyens, ce serait une solution parmi d'autres, vous savez, mais c'est
02:17vrai que...
02:17Ça peut être une élection ?
02:18Oui.
02:19Ça peut être une élection ?
02:20Pardon, si vous croyez vraiment en démocratie, mais même un type qui est en prison qui se présente,
02:25si vous êtes démocrate, c'est des peuples jugés.
02:27Et si les Français décident qu'un type qui est condamné pour meurtre en prison peut se présenter, peut être
02:32élu,
02:33c'est-à-dire que c'est la démocratie.
02:34Soit on y croit, soit on n'y croit pas.
02:35Là, je pousse le raisonnement à l'extrême.
02:36Oui, bien sûr, parce que c'est volontairement.
02:37Après, là, on porte atteinte au régime démocratique.
02:41C'est-à-dire que si on a...
02:41Parce que si on commence à accepter des gens qui sont condamnés, je parle pour meurtre, mais ça peut pas
02:45être autre chose.
02:46Non, mais parce qu'on a poussé la musique jusqu'au bout.
02:47Mais alors, prenons la logique Marine Le Pen ou quelqu'un qui est condamné pour détournement de fonds publics réellement.
02:52Non, non, non, pour Marine Le Pen, c'est différent.
02:53Réellement, je parle de quelqu'un qui est condamné pour détournement.
02:55Un Jérôme Cahuzac, par exemple, pourquoi il ne pourra pas se présenter ?
02:58Moi, je suis d'accord.
02:58Je trouve que ce qu'on a appelé les atteintes à la probité,
03:01je n'ai jamais compris pourquoi ça devait nécessairement entraîner une peine d'ingébilité.
03:04Dans le cas de Marine Le Pen, là aussi...
03:06Il n'y a pas une question d'exemplarité, peut-être ?
03:07Mais l'exemplarité, ça ne veut rien dire.
03:08Ça, c'est le mot qui a été inventé.
03:10Excusez-moi, hein, j'en ai pas sûr.
03:13Vous êtes exemplaire parce que vous n'arrivez pas à agir sur le cours des choses.
03:16C'est que vous remplacez votre capacité politique par les vertus.
03:19C'est ça le problème.
03:19Et c'est pour moi, c'est là où le scandale est véritable.
03:22C'est-à-dire que je ne crois pas du tout au complot.
03:24Ce serait trop facile.
03:25Ce serait trop simple qu'il y ait un grand complot
03:27des gens dans une pièce qui se soient mobilisés
03:29pour dire qu'on va empêcher Marine Le Pen d'être condamnée.
03:31Hélas, c'est la vérité beaucoup plus terrible.
03:34Parce qu'il n'y a pas de complot.
03:35C'est un état d'esprit qui a été mis en place au sein de la justice
03:38qui a considéré que les juges avaient maintenant une mission presque expiatoire.
03:43C'est-à-dire qu'il fallait corriger les fautes de toutes ces politiques
03:45qui ont un petit peu grignoté à droite à gauche pendant 40 ans.
03:49C'est vrai.
03:49Oui, c'est ce que j'allais dire.
03:49Peut-être qu'effectivement, il y a eu des excès de l'autre côté.
03:53Mais c'est parce qu'il y a eu ces excès
03:54qu'on a décidé de donner au juge cette mission morale.
03:58C'est-à-dire que maintenant, le juge a en plus une mission
04:00d'expier les fautes de générations
04:03qui ont certainement piqué dans la caisse.
04:04Mais pour moi, c'est une erreur.
04:06Marine Le Pen n'a pas à payer
04:08pour 30 ans de fautes ou de dérives politiques.
04:12C'est tout.
04:12Elle doit être jugée pour ce qu'elle a fait.
04:14Et en l'occurrence, ce qu'elle a fait, c'est quoi ?
04:16C'est le principe de la justice.
04:17Oui, mais concrètement, depuis tout à l'heure,
04:19on parle de ce procès.
04:20On est quand même face à un procès
04:21qui se résume à un différent administratif.
04:24Il y a le Parlement européen
04:25qui considère que les assistants parlementaires
04:27doivent être utilisés de cette façon.
04:29Et vous avez tous les autres partis politiques.
04:31Parce que ce sont tous les autres partis politiques
04:33qui, pendant 20 ans, ont fait la même chose.
04:35Considérer que les règles n'étaient pas claires
04:36et que les collaborateurs
04:38pouvaient avoir une mission plus large.
04:39Voilà, c'est tout.
04:40Est-ce que ce différent mérite une pénéligibilité ?
04:43Je ne pense pas.
04:44On verra demain.
04:45On va écouter un témoignage.
04:46Nicolas, bonjour.
04:48Vous nous avez appelé au 01-80-20-39-21
04:50et on vous remercie.
04:52Nous vous écoutons.
04:54Bonjour.
04:55Bonjour à tout votre plateau.
04:57Écoutez, que dire ?
04:59Je rejoindrai Franck Elisio
05:01sur le fait que
05:02si Marine Le Pen
05:04était rendue
05:06inéligible pour la présidentielle,
05:08je pense qu'effectivement,
05:08il y aura des chances
05:09que ce soit contre-productif.
05:11Moi, quand je discute
05:13avec des amis,
05:13quel que soit leur bord politique,
05:15d'ailleurs,
05:15j'ai constaté quelque chose
05:17que je n'avais pas constaté
05:18au précédent présidentiel,
05:19malgré le fait
05:20qu'on en soit encore
05:21à presque un an,
05:21c'est que beaucoup de gens
05:22ont déjà pris leurs décisions
05:23et ils sont fermement attachés.
05:26Avant, les gens disaient
05:27« Oh, je ne sais pas,
05:27on va voir comment se passent
05:28les élections, etc. »
05:29Là, je ne suis pas persuadé
05:30que ça change grand-chose.
05:31Au contraire,
05:32je pense que ça risque
05:32d'être contre-productif.
05:35dans le fait qu'ils veulent
05:37empêcher Marine Le Pen
05:38d'être présidente, j'entends.
05:39Oui, oui, on a bien compris
05:40votre point.
05:42Voilà.
05:44Sur un autre fait,
05:45je ne sais pas.
05:45Je trouve que c'est
05:46une affaire relativement bizarre
05:47à titre personnel.
05:48Comme me le disait encore
05:49M. Alizio il y a quelques instants,
05:50les choses ne sont pas très claires.
05:54Nous, on n'a pas l'air
05:55de comprendre
05:55qu'il y a un délit
05:56vraiment prononcé.
05:58C'est plutôt une mésentente.
06:00Non, il ne fallait pas
06:01utiliser l'argent pour ça.
06:02Il fallait l'utiliser pour ça.
06:03D'autres parties,
06:04si je ne dis pas de bêtises,
06:06ont été jugées.
06:07Le Modem, par exemple,
06:09Relax,
06:10là, on apprend que
06:11LF1 ne sera même pas jugée.
06:15Alors, ce n'était pas
06:16tout à fait les mêmes affaires,
06:17ni sur la durée,
06:18ni sur les sommes.
06:21Ce n'était pas tout à fait
06:21comparable.
06:22Il y a eu des condamnés au Modem.
06:23C'est François Béroux
06:24qui a échappé à la condamnation.
06:25D'accord.
06:27Donc là, Marine Le Pen,
06:28on va voir si elle échappe
06:29à la condamnation ou pas.
06:30Non, réponse demain
06:31à partir de 13h30.
06:33Merci Nicolas pour votre appel.
06:36Franck Alizeau,
06:36je vous laisse peut-être réagir
06:37à ce que vient de dire
06:38Nicolas qui nous a appelé.
06:40Non, mais encore une fois,
06:41c'est factuel.
06:42Il n'y a pas eu
06:42d'enregistrement personnel.
06:45C'est factuel.
06:46on n'a pas été traité
06:47comme d'autres parties
06:49ont été traitées
06:51par rapport à ces questions.
06:52Il y a aussi quelque chose
06:54de factuel.
06:54C'est que quoi qu'il arrive,
06:57c'est ce que dit notre auditeur,
06:58les Français en ont marre.
07:00Les Français ont compris
07:01où en était le pays.
07:04Les Français ouvrent les yeux
07:05petit à petit.
07:05Vous savez,
07:06je parle de chez moi
07:07de manière très concrète.
07:08Quand vous avez,
07:08dans une ville comme Marseille,
07:10deuxième ville de France,
07:11avec, comment dire,
07:12très, très, très,
07:14c'est très compliqué Marseille.
07:16On arrive à 40%
07:18à une élection.
07:20C'est que les Français,
07:21et là en l'occurrence
07:22les marseillais,
07:23ouvrent les yeux.
07:24Donc quoi qu'il arrive,
07:26ils s'apprêtent à faire
07:27un choix historique.
07:29Donc nous souhaitons
07:30que ce soit avec Marine Le Pen,
07:32parce que là,
07:33pour l'instant,
07:34on a le tandem idéal
07:36pour redresser le pays.
07:38Encore une fois,
07:39avec Marine Le Pen,
07:40elle disait,
07:41et Jordan Bardella
07:41à Matignon.
07:42Et s'il en était autrement,
07:45eh bien,
07:46dans ces cas-là,
07:47ce serait le même tandem,
07:48mais pour porter
07:50Jordan à l'Élysée.
07:52À ce propos,
07:52Jordan Bardella,
07:53on le voit dans les sondages,
07:54il devance légèrement
07:55Marine Le Pen à chaque fois.
07:56Est-ce que finalement,
07:57le candidat naturel
07:57n'est pas devenu
07:58Jordan Bardella
07:59plutôt que Marine Le Pen ?
08:00Non,
08:01le candidat naturel
08:01est toujours Marine Le Pen,
08:03aux yeux d'ailleurs
08:04du principal intéressé,
08:06Jordan Bardella.
08:07Les sondages
08:08à presque un an
08:10de l'élection,
08:10présidentielle,
08:11moi,
08:11je m'en méfie,
08:12j'ai commencé une campagne
08:14municipale à Marseille,
08:14j'étais à 15,
08:15j'ai fini à 40.
08:17Bon,
08:17les sondages,
08:18il faut toujours s'en méfier.
08:19Et surtout,
08:20il ne faut jamais être berné,
08:21il ne faut jamais partir
08:23favori.
08:23Comme dit Marine,
08:24on mène toujours une campagne
08:26comme si on était
08:26à 10,
08:2715%,
08:28on donne tout
08:29et puis on verra.
08:29à une telle distance,
08:31les sondages disent
08:32que dans les deux cas,
08:33on est bien placé,
08:34dans les deux cas,
08:35on a le soutien des Français,
08:36mais ce soutien,
08:37il faut continuer
08:38à le mériter,
08:39à se battre
08:39et jusqu'à la dix minutes
08:40pour remporter
08:42cette présidentielle.
08:43Merci beaucoup Franck Alizio,
08:45je rappelle que vous êtes
08:46députée reine des Bouches de Rhône
08:47d'être venue comme ça
08:48à la veille de cet arrêt
08:50de la cour d'appel de Paris
08:51concernant Marine Le Pen.
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