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  • il y a 7 heures
Avec Ariane Calvo, psychologue et autrice de plusieurs ouvrages dont « L’Autonomie émotionnelle » - Éditions Robert Laffont et « Se réconcilier avec son enfant intérieur - Vulnérabilité, sensibilité, créativité et joie, les 4 ressources qui nous font grandir » - Editions Eyrolles.

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##BRIGITTE_LAHAIE-2026-07-03##
Transcription
00:00:04Bonjour à tous, nous passons ces deux heures ensemble sur Sud Radio et on va parler de notre enfance
00:00:10parce qu'on ne sait pas à quel point l'enfance nous marque pour la vie.
00:00:15J'aimerais revenir aujourd'hui sur l'enfant intérieur.
00:00:19Vous savez cette part de nous qui existe et qui peut à la fois être merveilleuse
00:00:23quand justement cet enfant intérieur nous invite à continuer à rêver, à désirer découvrir d'autres choses.
00:00:30Mais cet enfant intérieur peut aussi nous bloquer, nous empêcher d'être heureux
00:00:34tant ses blessures sont encore présentes et nous handicapent notamment dans notre vie amoureuse.
00:00:40Et bien sûr pour parler de notre enfant intérieur, qui mieux que Ariane Calvo qui est avec nous ?
00:00:46C'est vrai qu'avec vous Ariane, vous nous aidez toujours à mieux comprendre nos émotions, nos blessures
00:00:52et c'est vrai que dans le domaine affectif, bien des blessures de l'enfance entrent en jeu,
00:00:57notamment déjà dans nos choix amoureux.
00:00:59Et surtout ce sont ces blessures qui provoquent des grandes crises dans le couple
00:01:05puisque notre partenaire va appuyer là où ça fait très très mal.
00:01:09Je vous invite donc à témoigner ou peut-être à poser des questions.
00:01:13Donc n'hésitez pas à nous rejoindre et pour ça vous connaissez notre numéro, c'est le 0 826 300
00:01:18300.
00:01:19En deuxième heure également, nous parlerons des chagrins d'amour avec un roman qui vient de sortir de Elodie Wallas.
00:01:26Les chagrins d'amour, oui c'est aussi souvent notre enfant intérieur qui réagit.
00:01:34Parce que rappelons-le peut-être, le premier grand chagrin d'amour c'est quand on défusionne avec maman.
00:01:39Avec maman, oui, avant un an, surtout autour de 8 à 10 mois où l'enfant comprend qu'il a
00:01:46un corps séparé de celui de sa mère.
00:01:47Et à partir de là on va chercher à faire lien plus ou moins fusionnel selon la façon dont cette
00:01:53séparation-là s'est passée.
00:01:54Alors c'est important parce que moi j'ai compris ce que vous dites mais peut-être que pour beaucoup
00:01:58de personnes c'est pas clair.
00:01:59Parce que bon, on est dans le ventre de maman, on vient au monde et on vient au monde donc
00:02:05on est déjà séparé du corps de maman.
00:02:07Sauf qu'on ne le sait pas.
00:02:09On le découvre autour de 8 à 10 mois.
00:02:11Parce qu'on est encore une sorte de pas fini j'ai envie de dire.
00:02:16Exactement.
00:02:17Et c'est pour ça que ça braille pour un rien parce que dans le ventre de maman on a
00:02:22soif, on boit, on a chaud.
00:02:24Tandis que quand on est sorti, on a froid, on a faim et on braille parce qu'on ne comprend
00:02:29pas pourquoi tout d'un coup ça ne vient pas tout de suite.
00:02:31On éprouve un inconfort qu'on n'avait jamais connu.
00:02:34Et donc en fait cet inconfort-là, il y a une réponse à disposition en permanence.
00:02:39Sauf qu'à un moment cette réponse commence à s'éloigner et à s'éloigner de plus en plus.
00:02:43Et donc ça crée une angoisse que l'enfant n'arrive à conscientiser et à comprendre à quoi elle est
00:02:48liée à cette distance qu'autour de 8 à 10 mois.
00:02:52Et donc à partir de là, toute l'enfance va être une négociation, un apprentissage et une intégration du fait
00:02:58que la séparation n'est pas un drame.
00:03:00On ne va pas en mourir mais on peut apprendre en autonomie petit à petit à répondre à ses propres
00:03:05besoins.
00:03:06Et alors selon comment ça, ça a pu se négocier dans cette danse-là entre les parents et l'enfant.
00:03:11Et bien les liens futurs, tous les liens futurs, mais surtout les liens amoureux parce que c'est ceux qui
00:03:16nous affectent le plus, vont se trouver impactés de ça, de cette coloration.
00:03:21Et c'est pour ça que vous avez d'ailleurs écrit votre livre et que vous avez mis ce titre,
00:03:26l'autonomie émotionnelle.
00:03:27Parce qu'en effet, il faut devenir plus autonome et c'est vraiment un problème humain parce que l'animal,
00:03:36il est dans la survie, il ne se pose pas toutes ces questions.
00:03:41Tout à fait.
00:03:41Tandis que nous, on se pose toutes ces questions et c'est pour ça que je dis que l'amour
00:03:45est quelque chose d'essentiel, l'amour au sens large du terme.
00:03:49Et qu'on est des êtres qui ne peuvent survivre que grâce à l'amour.
00:03:53Tout à fait.
00:03:54L'amour est au lien.
00:03:55On est vraiment dans cette recherche-là, cette quête désespérée, sans se rendre compte qu'il y a beaucoup de
00:04:01choses qu'on peut se donner à soi-même.
00:04:02Et que ce qu'on peut, ce qu'on a envie de recevoir de l'extérieur, c'est plus facile
00:04:09quand on n'en a pas un besoin viscéral.
00:04:11Mais qu'on peut l'accueillir comme un cadeau que l'on donne et qu'on reçoit.
00:04:15Et c'est un besoin viscéral quand on est tellement blessé par ces...
00:04:20Alors là, vous avez parlé des dix premiers mois, mais on sait aussi qu'avant l'âge de sept ans,
00:04:26l'âge de raison, comme on dit, l'enfant n'est qu'une éponge émotionnelle.
00:04:31Donc, tout est vécu de manière très émotionnelle.
00:04:35Et on absorbe toutes ces émotions-là et ces blessures.
00:04:38Et donc après, ça crée des filtres de lecture du monde et des relations qui vont impacter plein de choses
00:04:43dans notre vie.
00:04:44Quand vous dites que nos liens amoureux appuient là où ça fait mal, c'est exactement ça.
00:04:49C'est-à-dire que ce n'est pas qu'il va volontairement chercher à appuyer là où ça fait
00:04:52mal.
00:04:53C'est qu'en fait, comme il est tellement important pour nous, ce lien amoureux,
00:04:57et que notre filtre de lecture du monde à travers notre blessure émotionnelle est très présent,
00:05:02eh bien, ça vient s'entrechoquer.
00:05:04C'est-à-dire, le désir que l'autre soit auprès de nous va venir rencontrer toutes nos peurs.
00:05:10Ma peur d'être humiliée, ma peur d'être trahie, ma peur d'être abandonnée, ma peur d'être rejetée,
00:05:15ma peur de vivre des situations injustes vont se réactiver parce que j'ai peur de perdre cette personne-là.
00:05:21Et alors, pour pallier ces blessures, on met parfois des armures en place.
00:05:28Je parlais dans le Love Conseil Mardi de notre armure émotionnelle, personnelle.
00:05:35On met des choses en place, mais en même temps, ce n'est pas bon non plus
00:05:39parce que ça nous ferme à la relation à l'autre.
00:05:42Exactement. On croit que ça permet notre survie.
00:05:45Et c'est vrai, des fois, dans le passé, ça a réellement permis notre survie, ces armures-là.
00:05:49Mais effectivement, si on n'apprend pas à la retirer, à entrer dans une forme de confiance
00:05:53en soi et en l'autre et en la vie, ces trois aspects-là,
00:05:57on ne peut pas vivre des relations profondes, matures et saines, joyeuses même.
00:06:04Et généralement, les personnes qui s'en sortent mieux dans les relations amoureuses
00:06:08sont les personnes qui déjà s'aiment.
00:06:09C'est vrai.
00:06:10C'est pour ça que je n'insiste pas assez encore sur le fait que c'est nous qui devons
00:06:15d'abord nous aimer.
00:06:16Oui, parce que s'aimer permet de se protéger de la dépendance affective.
00:06:20Et en fait, c'est la dépendance affective qui fait souffrir.
00:06:22Les gens confondent souvent, ça fait trop souffrir les relations amoureuses.
00:06:26Ben non, les relations amoureuses, c'est tout sauf souffrant, normalement.
00:06:30Sauf si on en dépend pour survivre.
00:06:33Et là, oui, effectivement, là, ça fait mal.
00:06:35Mais c'est cette dépendance affective-là dont il faut sortir.
00:06:38On sait quel est le pourcentage de gens qui sont dans la dépendance affective ?
00:06:41Je crois que c'est énorme.
00:06:42Je crois que c'est presque trois quarts de la population qui est estimée blessée
00:06:46au point d'être dans une sécurité affective qui mène à la dépendance affective.
00:06:50J'avais lu des statistiques au moment de faire mes recherches là-dessus, sur l'attachement.
00:06:54Et en fait, il n'y aurait qu'un quart de la population qui est sécure.
00:06:57Ça ne m'étonne pas parce qu'on entend parfois des gens qui sont très indépendants.
00:07:00Mais être indépendant, c'est aussi se protéger de la dépendance affective.
00:07:03En fait, on s'arrange pour n'avoir besoin de personne ou alors juste de son chien.
00:07:09Et en fait, des fois, c'est de la peur aussi, cette indépendance.
00:07:12Donc, une vraie autonomie, c'est différent.
00:07:14C'est savoir aussi demander de l'aide.
00:07:16C'est savoir aussi devenir vulnérable et ne pas avoir peur de ça.
00:07:20Et demander de l'aide, ça fait partie, oui, il faut être fort pour oser demander de l'aide.
00:07:27Exactement.
00:07:27Il faut être en confiance.
00:07:28Cette fameuse confiance dont on parle depuis le début de l'émission,
00:07:31c'est un prérequis à plein de relations calmes, en fait.
00:07:36Bon, je crois qu'on n'aura pas assez de deux heures pour aborder tout ça.
00:07:40Mais c'est tellement important.
00:07:42Et encore une fois, c'est ça aussi qu'il faut comprendre.
00:07:45C'est qu'il faut garder.
00:07:46Notre enfant intérieur, il est là.
00:07:48Tous nos souvenirs d'enfance, ils sont là.
00:07:50D'ailleurs, toute notre vie est marquée par notre enfance.
00:07:53Que ce soit le choix professionnel.
00:07:55Absolument.
00:07:55Enfin, qu'importe.
00:07:57Mais en même temps, il faut le garder avec cette capacité à s'émerveiller aussi.
00:08:02Parce qu'il y a des gens qui se coupent complètement de leur enfance
00:08:05et qui deviennent très vite aigris, en fait.
00:08:08La capacité à l'insouciance, la capacité à la confiance, la capacité à la joie.
00:08:12Exactement.
00:08:13Au jeu qui est tellement important en amour et en sexualité.
00:08:16Tout ça, ça vient de l'enfance aussi.
00:08:18C'est très beau.
00:08:19On va parler de tout ça.
00:08:21Et on va commencer dans un instant avec Sabrina.
00:08:23Qui va nous parler de sa belle-mère.
00:08:27Qui n'était pas très sympathique.
00:08:29Et qui a certainement, évidemment, marqué Sabrina.
00:08:31Elle nous raconte dans un instant.
00:08:3414h-16h.
00:08:35Brigitte Laé, Sud Radio.
00:08:37Nous sommes avec Ariane Calveau.
00:08:39Qui est avec nous, psychologue clinicienne.
00:08:42Et vous avez écrit de nombreux livres.
00:08:43Et peut-être que celui dont il faut parler, c'est se réconcilier avec son enfant intérieur.
00:08:48Qui était sorti aux éditions Erol.
00:08:51Exactement.
00:08:51Et vous parliez des quatre ressources qui nous font grandir.
00:08:56Vulnérabilité, sensibilité, créativité, joie.
00:08:59Et on vient d'en parler il y a un instant.
00:09:01Sabrina, merci d'être avec nous.
00:09:03Bonjour.
00:09:04Bonjour Brigitte.
00:09:05Bonjour Ariane Calveau.
00:09:06Bonjour.
00:09:08Je suis ravie d'être à vos côtés, vraiment.
00:09:10Nous aussi, Sabrina.
00:09:11Merci.
00:09:13Alors écoutez, moi, j'ai une enfance pas très, on va dire...
00:09:19Pas très joyeuse.
00:09:20Oui, voilà, exactement.
00:09:22Donc j'étais avec une belle-mère qui, malheureusement, a été très violente envers moi.
00:09:27Et j'étais plus qu'une domestique...
00:09:30Alors attendez, belle-mère, ça veut dire que vous êtes venue au monde ?
00:09:33Votre mère est décédée ?
00:09:35Je n'ai pas su qu'elle était ma mère, en fait.
00:09:37J'ai su quand j'avais 18 ans.
00:09:39D'accord.
00:09:39Vous avez été...
00:09:41Votre mère vous a abandonnée à la naissance ?
00:09:43C'est ça.
00:09:43D'accord.
00:09:44Oui, c'est ça.
00:09:45Encore aujourd'hui, je ne connais pas vraiment la vraie raison.
00:09:49Ça, c'est déjà difficile, quoi qu'il en soit, puisque...
00:09:54Très difficile.
00:09:55On sait aujourd'hui, avec toutes les recherches qui ont été faites sur le lien entre le fœtus
00:10:02et la mère, l'enfant sait qu'il est séparé.
00:10:09Absolument.
00:10:10Et l'enfance commence, en fait, dans le ventre de la mère.
00:10:15Effectivement.
00:10:16Et donc, cette femme que vous appelez votre belle-mère, c'est intéressant, d'ailleurs, vous ne l'appelez pas
00:10:19votre mère.
00:10:20Non, pas la belle-mère.
00:10:22C'est elle qui vous a adoptée, donc.
00:10:24Exact.
00:10:25Adoptée.
00:10:26On va dire qu'elle n'avait pas trop le choix.
00:10:28Mon père s'est remarié avec elle.
00:10:32Je le dis de suite, même si je ne crée aucun exemple, mais je suis de confession musulmane.
00:10:39Et effectivement, mon père a choisi cette dame pour s'occuper de moi et de mon...
00:10:43J'ai un frère aîné.
00:10:45D'accord.
00:10:46Mais donc, votre père, c'est bien votre père ?
00:10:50Oui.
00:10:50Lui, pour le coup, c'est bien mon père.
00:10:52D'accord.
00:10:53Et lui travaillait la journée.
00:10:54Et donc, moi, j'étais avec cette dame qui s'occupait de moi.
00:10:58Et entre-temps, elle a eu d'autres enfants.
00:11:02Et donc, pour moi, c'était ma mère.
00:11:04Pour moi, c'était ma vraie mère.
00:11:06Oui, mais vous ne saviez pas que...
00:11:07D'accord.
00:11:08Du tout.
00:11:08Et comme j'étais...
00:11:09Donc, mes origines...
00:11:11Voilà.
00:11:11Donc, pour moi, la fille, elle devait s'occuper de la maison.
00:11:14C'était...
00:11:14J'étais remplie dans...
00:11:15J'avais grandi dans ce terreau.
00:11:19Donc, pour moi, ce que je faisais, c'était normal.
00:11:21Mais Sabrina, encore aujourd'hui, vous ne savez pas pourquoi votre mère est sortie de la vie de votre père
00:11:25?
00:11:26Non.
00:11:26D'accord.
00:11:27Non.
00:11:27Et malheureusement, j'essaye des fois d'avoir des petites...
00:11:31Parce que je suis loin de ma famille.
00:11:33J'essaye des fois, parfois...
00:11:34Oui.
00:11:34J'essaye de...
00:11:35En fait, ils ont un conflit avec ma belle-mère du côté de ma famille, puisque mon père est décédé.
00:11:39D'accord.
00:11:40Et du coup, il n'y a personne qui...
00:11:42Personne ne veut me donner des réponses.
00:11:43Et du côté de votre père, il n'y a pas des personnes de sa famille avec lesquelles vous pourriez
00:11:48renouer pour avoir des réponses ?
00:11:52Non.
00:11:53Non, non.
00:11:53Ils ont fait une croix sur moi.
00:11:55Du côté de ma belle-mère, ils ont fait une croix sur moi.
00:11:57Non, du côté de votre père, demande Brigitte.
00:12:00Alors, le problème du côté de mon père, en fait, j'ai la famille qui, si vous voulez, ne garde
00:12:05pas leur libre-arbitre.
00:12:07Donc, ils ont tendance plus à dénigrer...
00:12:11Non, ils ont...
00:12:12Non, j'essaye en vain de leur poser des questions, mais la seule réponse qu'ils me disent, c'est
00:12:18qu'elle n'avait pas le choix.
00:12:19Elle n'avait pas le choix, ta mère, de partir.
00:12:21D'accord.
00:12:22Et ils incriminent la belle-mère, mais sans me donner des explications.
00:12:24Mais vous avez un frère qui est de la même mère ?
00:12:27Oui, qui a un an de plus que moi.
00:12:30D'accord.
00:12:30Un frère aîné.
00:12:31Donc, votre père a mis enceinte votre mère avec votre frère.
00:12:37Et ensuite, il a remis enceinte votre mère avec vous ?
00:12:41Exactement, avec cinq enfants, elle a eu.
00:12:44Cinq enfants ? Votre mère biologique ?
00:12:46Oui, non, ma mère... ma belle-mère.
00:12:50Non, mais je parle de votre mère biologique.
00:12:53Si j'ai bien compris, vous avez un frère qui est aussi de votre mère biologique.
00:12:57C'est ça, vous avez deux enfants, même père, même mère.
00:12:59Voilà.
00:12:59Ok.
00:13:00Bon, donc, votre père, si j'ai bien compris, il est quand même resté avec votre mère au moins trois
00:13:06ans.
00:13:08Au moins.
00:13:09Au moins.
00:13:10Donc, il y a quand même des moyens, à mon avis, de trouver des pistes.
00:13:15Où est-ce que vous êtes née, Sabrina ?
00:13:18Je suis née à Versailles.
00:13:19Ah oui, donc en France.
00:13:20Donc, vous aviez accès à son nom.
00:13:22Ah non, vous ne saviez pas jusqu'à vos 18 ans, c'est ça ?
00:13:25En fait, ce qui s'est passé...
00:13:26Voilà.
00:13:27En fait, je ne savais pas du tout.
00:13:28Parce qu'à l'école, on nous a demandé un document, un état civil.
00:13:32Et mon père, quand il a remis ce document dans une enveloppe, il m'a dit surtout, tu ne l
00:13:36'ouvres pas et tu la remets directement à ta maîtresse.
00:13:40Oui.
00:13:40Et bien, vous savez, nous, on s'arrête toujours à tu ne l'ouvres pas.
00:13:43Bien sûr.
00:13:44Donc, moi, je l'ai ouverte, tout bêtement, et je l'ai ouverte.
00:13:47Et j'ai vu qu'il y avait une erreur de...
00:13:49Et tout sierre, je rentre à la maison et je dis à mon père, papa, je suis désolée, mais ils
00:13:53se sont trompés à la mairie.
00:13:54Ils ont marqué ce prénom, alors que c'est le nom de...
00:13:58En pensant que c'était ma mère, ma belle-mère.
00:14:00Et de là, il me dit, écoute, assieds-toi, je vais te parler.
00:14:04Et je l'ai su à 18 ans.
00:14:06D'accord.
00:14:06Donc, vous avez le prénom de votre mère.
00:14:08Oui, et la date de naissance.
00:14:10Et sa date de naissance, c'est son nom de famille.
00:14:11Vous pouvez faire des recherches avec ça.
00:14:14Oui, en fait, je l'ai retrouvée, ma mère, Brigitte.
00:14:17Mais en fait, c'est une dame qui, malheureusement, a perdu toutes ses facultés mentales, en fait.
00:14:23Et du coup, je n'ai pas voulu poursuivre, parce que je me voyais en elle.
00:14:28D'accord.
00:14:28Comme si j'avais fait un rejet.
00:14:31Ça vous a fait peur ?
00:14:33Oui, j'ai pris de la distance.
00:14:34Parce que déjà, j'avais de la colère, qu'elle ne me retrouve pas.
00:14:37Mais il faut essayer de voir des membres de sa famille à elle.
00:14:41Oui.
00:14:42Sabrina, c'est important parce que ça va éclairer des parties de votre propre vie.
00:14:49Il faut mener cette enquête.
00:14:51Parce que votre mère, surtout si elle est encore en vie, vous allez pouvoir remonter à des membres de sa
00:14:55famille.
00:14:57Bien sûr.
00:14:57Puisqu'en plus, elle est née en France.
00:14:59Donc, il y a des traces.
00:15:01Quitte à prendre un détective, quelqu'un qui va vous aider dans cette recherche, si c'est difficile pour vous.
00:15:07Quitte à savoir la vérité, en fait, ça va m'aider dans mon parcours.
00:15:10J'en suis persuadée.
00:15:11Oui, mais c'est vrai que je ne vous cache pas que je suis restée 20 ans avec un homme
00:15:15qui, malheureusement, pour moi, je pensais qu'il m'aimait.
00:15:19Et j'ai accepté l'inacceptable.
00:15:21Je suis restée pour mes enfants pendant 20 ans.
00:15:23Oui.
00:15:23Parce que je n'ai pas eu d'amour, de ma mère et de mon père.
00:15:27Et j'ai accepté un homme qui, je pensais, il m'aimait.
00:15:30Je suis restée 20 ans.
00:15:31Et j'ai tellement souffert que j'ai dû m'échapper.
00:15:36Comme je me suis échappée de chez moi à 18 ans.
00:15:38Je me suis échappée de mon couple à 20 ans.
00:15:42Oui, mais il faut éclairer tout ça pour comprendre.
00:15:45Parce qu'il y a quand même quelque chose d'énorme dans ce que vous nous racontez, quand même.
00:15:50Oui.
00:15:51Alors, peut-être que votre père a abandonné votre mère parce qu'elle perdait la tête.
00:15:56Ou chassée.
00:15:57Ou chassée.
00:15:57Mais en tout cas, il y a du traumatisme, oui.
00:15:59Et peut-être qu'il l'a aimée et qu'il a choisi une autre femme pour pouvoir vous élever.
00:16:06Et c'est normal que cette belle-mère vous ait détestée.
00:16:10Enfin, encore une fois, ça n'excuse rien.
00:16:13Mais ça explique pas mal de choses.
00:16:15Et après, bien sûr, vous, vous avez subi...
00:16:20Une tyrannie de quelqu'un que vous pensiez être votre mère.
00:16:23Et ça, c'est un véritable trauma, bien sûr.
00:16:26Parce que la seule chose que vous dit la famille de votre père, c'est que ta mère n'a
00:16:29pas eu le choix que de partir.
00:16:31C'est ça.
00:16:32Et ils incriminent la belle-mère.
00:16:33Donc ça fait quand même penser qu'elle a été chassée au profit de la belle-mère.
00:16:37C'est exactement les propos qu'ils ont été tenus, effectivement, qu'elle a été chassée par ma belle-mère.
00:16:43Mais sans rentrer dans les détails.
00:16:45Et donc, c'est votre père qui est d'origine musulmane ?
00:16:48Exactement, oui.
00:16:49Et votre mère, elle est d'origine française ?
00:16:51Tunisienne.
00:16:52Tunisienne, mais née à Versailles.
00:16:54Non, non, en Tunisie.
00:16:55C'est Sabrina qui est née à Versailles.
00:16:56Elle est née en Tunisie, je suis.
00:16:57Née en Tunisie, pardon.
00:16:59Et ma belle-mère est algérienne.
00:17:01Mais votre mère est toujours sur le territoire français ?
00:17:04Oui.
00:17:05Donc, facilement retrouvable.
00:17:07Et elle a de la famille en France ?
00:17:09Elle a de la famille, oui.
00:17:10Beaucoup à Toulon.
00:17:11Bon.
00:17:12Oui, ok.
00:17:13Alors, restez avec nous, parce que là, on a fait un peu les détectives.
00:17:17Et on va revenir sur l'enfance martyrisée dont vous allez nous parler dans un instant.
00:17:24Restez avec nous, on se retrouve après le Love Conseil.
00:17:30Alors, évidemment, Ariane Calveau, j'étais obligée de partir sur un Love Conseil qui parle de votre enfant intérieur.
00:17:37Alors, c'est un petit exercice que je vous propose.
00:17:40Vous, vous êtes seule, dans un endroit calme, silencieux.
00:17:44Et de préférence avec quelques photos de vous, enfants, enfants bas âge et puis peut-être un peu plus âgés
00:17:53jusqu'au moment de l'adolescence.
00:17:55Et vous allez commencer ce dialogue avec votre enfant intérieur.
00:17:59Quel message avez-vous eu sur votre corps, côté poids, côté santé ?
00:18:05Est-ce que vos parents vous trouvaient beau ?
00:18:07Est-ce qu'ils vous encourageaient à bouger ou au contraire vous disaient que la vie est dangereuse ?
00:18:12Quelle phrase retenez-vous le plus de ce que vous ont dit vos parents quand vous reveniez avec votre bulletin
00:18:17scolaire ?
00:18:18À l'adolescence, est-ce que vous avez eu envie de partir vite ou de rester longtemps chez papa, maman
00:18:24?
00:18:24Est-ce que vos parents vous ont influencé pour faire des études, pour choisir une profession ?
00:18:29Comment vous ont-ils parlé d'amour, de sexe ?
00:18:32Alors évidemment, vous allez découvrir que certaines entraves à votre épanouissement actuel proviennent de tout ça.
00:18:40Et vous allez peut-être pouvoir commencer à essayer de changer vos repères.
00:18:44Donnez-vous la permission, quitte à aller demander de l'aide.
00:18:47Alors voilà, c'est un questionnement, on pourrait en rajouter plein d'autres.
00:18:51Mais ça peut être un exercice, si on le fait vraiment seul, vraiment, qui peut éveiller la conscience.
00:18:58Complètement, qui peut nous apprendre plein de choses sur nous-mêmes et en particulier pourquoi on fonctionne comme ça.
00:19:04Parce que tant qu'on n'a pas fait le point sur tous ces messages qu'on a reçus et
00:19:07intégrés sans pouvoir vraiment les conscientiser ou y réfléchir,
00:19:11on ne se rend pas compte de pourquoi on fonctionne comme on fonctionne.
00:19:15Et donc on croit que c'est des réflexes sur lesquels on n'a pas prise.
00:19:18À partir du moment où on comprend d'où ça vient, on peut choisir des alternatives à des réactions, des
00:19:24comportements qu'on avait de façon totalement inconsciente.
00:19:27Et notamment, je pense aux métiers qu'on choisit.
00:19:30Oui, par exemple, nos parents nous ont influencés.
00:19:36Oui, surtout sur le premier métier.
00:19:38Là, aujourd'hui, on voit des carrières où il y a un métier, deux métiers, trois métiers, quatre métiers.
00:19:42Mais ce n'est pas pour rien.
00:19:43C'est parce qu'effectivement, comme vous le dites, le premier métier, il est très souvent pour faire plaisir aux
00:19:46parents.
00:19:47Et c'est ensuite qu'on s'autorise à vivre vraiment la vie qu'on veut.
00:19:50Exactement.
00:19:51Donc n'hésitez pas, c'est un petit exercice qui est assez simple à faire, qui peut bouleverser d'ailleurs.
00:19:57Attention.
00:19:58Tout à fait.
00:19:58Et puis, c'est le moment de jouer avec Passage du Désir et Sud Radio pour gagner ce coffret Toucheux
00:20:03de la marque Passage du Désir
00:20:05et qui comprend notamment un œuf vibrant, également une bougie de massage et quelques douceurs
00:20:11que vous allez découvrir dans ce coffret.
00:20:13Et vous avez envie de le gagner, vous envoyez Brigitte par SMS au 7-20-18.
00:20:18Sabrina, on vous a fait un tout petit peu patienter.
00:20:20Mais là, maintenant, on va revenir sur votre enfance et cette mère tyrannique
00:20:27qui vous a un petit peu utilisé.
00:20:34Oui, utilisé, malmené, oui.
00:20:38Oui, en fait, je n'ai pas eu d'enfance.
00:20:41Je n'ai pas eu d'enfance, tout simplement.
00:20:43Je n'ai pas eu...
00:20:44Il a fallu que je fuis à 18 ans cette vie-là.
00:20:49Et votre père, vous aviez l'impression d'être un peu aimée par votre père ou même pas ?
00:20:53Non, en fait, c'est pareil.
00:20:55En fait, tout ce qu'elle lui répétait, derrière, moi, je re-subissais de la violence.
00:20:59Oui, il me...
00:21:01C'était double peine, quoi.
00:21:03C'était double peine.
00:21:04Donc, parfois, j'essayais d'être...
00:21:07En fait, j'étais violentée, mais je ne savais pas pourquoi.
00:21:13Voilà, donc, et quand lui rentrait et qu'elle lui disait ce qu'il en était,
00:21:17j'avais double peine.
00:21:19J'avais...
00:21:20Lui, il me...
00:21:21Mais parce qu'elle vous détestait, en fait.
00:21:23On peut imaginer qu'elle projetait sur vous votre mère biologique, hein, ouais.
00:21:27Je ne sais pas ce qu'elle projetait, mais en tout cas, effectivement, j'ai énormément...
00:21:31Oui, j'ai que de la violence.
00:21:32Il n'y a pas...
00:21:34Quand je venais, je rentrais de l'école et que je l'embrassais, elle me repoussait.
00:21:39Ah oui.
00:21:39Donc, j'ai...
00:21:41La haine et du rejet, quoi.
00:21:43Ouais, voilà.
00:21:44Et je ne comprenais pas, je me disais...
00:21:46Et c'est étonnant parce que moi-même, je le suis comme ça.
00:21:49Je ne supporte pas que mes enfants collent.
00:21:51Ah oui.
00:21:52Comme si je l'ai rejeté et je l'ai resté que je ne sais pas pourquoi je...
00:21:56C'est votre carapace émotionnelle, là, qu'il a fallu mettre en place quand vous étiez enfant
00:22:01et que vous n'avez toujours pas pu faire tomber.
00:22:05Mais ce n'est pas le plus grave, ça.
00:22:06Ce qui est grave, c'est que vous n'avez pas eu d'amour, quoi, en fait.
00:22:12Tout à fait.
00:22:13Et pas appris à en recevoir et pas pu le donner.
00:22:16Et c'est vrai que moi, malheureusement, je suis encore dans cette dépendance affective.
00:22:21Dès qu'un homme, ça reste à moi.
00:22:23J'ai l'impression d'être un cadeau pour moi.
00:22:30Mais oui, bien sûr.
00:22:31C'est vrai que j'ai tendance à accepter des choses pour rester avec.
00:22:35Bien sûr.
00:22:36Je suis consciente, mais c'est très difficile pour moi de quitter ça.
00:22:41Est-ce que vous arrivez à avoir des amis en qui vous avez confiance
00:22:47et qui sont des gens sur qui vous pouvez compter ?
00:22:50Est-ce que vous avez des gens comme ça autour de vous
00:22:53avec qui ça fonctionne quand même sur un plan positif ?
00:22:57Moi, j'en ai, Brigitte.
00:22:59J'ai l'impression que parfois, ils m'infantilisent.
00:23:01Et je n'ai pas l'impression de trouver ma place.
00:23:03Comme si vous étiez fragile ?
00:23:05Oui, c'est ça.
00:23:06À leurs yeux, disons.
00:23:08À leurs yeux, exactement.
00:23:09Vous voulez dire qu'ils auraient pitié de vous un peu ?
00:23:12Oui, c'est ça.
00:23:13Voilà, c'est ça.
00:23:15Et donc, vous ne vous sentez pas à égalité dans ces relations-là ?
00:23:18Non, du tout.
00:23:19J'ai l'impression que je suis toujours, vous savez, le mot victime, en fait.
00:23:23Est-ce que vous parlez beaucoup, justement, de votre parcours
00:23:27et de votre enfance difficile ?
00:23:29Alors, ils connaissent mon parcours.
00:23:31Parce que c'est peut-être ça qui...
00:23:33Oui.
00:23:34J'en parle pas constamment, mais effectivement,
00:23:36j'ai beaucoup parlé de la séparation avec mon ex,
00:23:38qui a été très, très difficile.
00:23:41Donc, effectivement, avec tout ce que j'ai vécu, oui, ça les a un peu...
00:23:44Il faudrait, dans des gens que vous rencontrez nouveaux,
00:23:47que vous évitiez de parler de votre passé de victime.
00:23:52Vous êtes une victime.
00:23:53Oui.
00:23:54Mais vous avez été victime.
00:23:56Il ne faut pas qu'on vous identifie comme étant que victime.
00:24:00Parce que ça, c'est un peu le danger.
00:24:02Et à ce moment-là, forcément, on va vous prendre en pitié.
00:24:06On va vouloir vous protéger, ce qui est plutôt gentil, mais qui, en même temps...
00:24:11Et puis, dès que j'ai des soucis, ils s'entendent à me dire ce que je dois faire.
00:24:15Et du coup, je n'ai pas l'impression d'avoir mon libre à réduire.
00:24:18Et parfois, je me rendais même compte que parfois, à une seule situation,
00:24:22je les ai appelées pour leur dire, mais là, je fais comment ?
00:24:23Qu'est-ce que vous me conseillez ?
00:24:25Vous voyez, j'avais vraiment ce réflexe de les appeler constamment.
00:24:30Oui, donc c'est quelque chose qui s'est tissé à deux, en fait.
00:24:33Enfin, à deux ou à plusieurs, mais c'est vous qui introduisez ça.
00:24:36Et puis, eux, ils y répondent.
00:24:37Mais maintenant, vous ne vous en sortez plus.
00:24:39Alors que vous ne voulez pas être vue que comme une victime.
00:24:42Du tout.
00:24:42Non, non, comme quelqu'un avec qui je m'exprime,
00:24:45où je dis effectivement ma tristesse.
00:24:48Mais sans me prendre en victime comme elle, elle échangerait avec moi.
00:24:51Mais comme la relation s'est construite comme ça, c'est compliqué après d'en sortir.
00:24:54Sabrina, je pense que dans votre cas,
00:24:57ce serait pas mal de rentrer dans des choses de groupe.
00:25:00Par exemple, une chorale, tout ce qui...
00:25:03Moi, j'allais penser, c'est rigolo.
00:25:05Oui, c'est important parce que vous allez vous retrouver dans un groupe
00:25:09où vous serez un individu tout à fait comme les autres.
00:25:16Et vous allez trouver un peu d'autonomie.
00:25:20Parce qu'en fait, il faut que vous retrouviez votre autonomie vous-même
00:25:25par rapport aux autres.
00:25:26Et votre place de femme adulte, quoi.
00:25:28Avec toute son histoire, certes, mais avec aussi plein d'autres choses.
00:25:32De la force, du courage.
00:25:34J'ai beaucoup mal à me positionner dans un logement.
00:25:37Je suis constamment dans des logements à meubler.
00:25:40Comme si je me cherchais où m'ancrer.
00:25:46Mais encore au jour d'aujourd'hui, je suis encore dans une location meublée
00:25:50et avec mes bagages.
00:25:51Non mais Sabrina, vous partez de loin.
00:25:53Donc, soyez aussi indulgente avec vous-même.
00:25:56C'est pour ça que je vous dis, il ne faut pas hésiter à faire amener votre petite enquête.
00:26:02Ça va vous aider.
00:26:03Et puis ensuite, prenez du temps avec des groupes, avec des gens.
00:26:08Et essayez de vous noyer un peu dans la masse tout en étant un individu.
00:26:13Et puis moi, je pense qu'il faut que vous puissiez vous parler à vous-même.
00:26:18C'est-à-dire qu'il y a un moment donné, il va falloir que vous fassiez la part entre
00:26:21votre passé
00:26:22et ce que vous avez envie d'être.
00:26:24Parce que j'entends dans votre voix quand même une force et une envie.
00:26:27Tout à fait, un courage, oui.
00:26:28Et donc, vous avez cet élan vital qui va vous permettre de peut-être vous redresser.
00:26:38Et de trouver votre place.
00:26:39Il faut que vous...
00:26:40Moi, je crois comme ça.
00:26:42C'est très intuitif ce que je vous dis.
00:26:43Mais comme c'est positif, je vais vous le dire.
00:26:45Je pense que quand même, votre maman, la vraie, elle vous a désirée, vous a aimée.
00:26:52Oui, j'en suis persuadée.
00:26:54Bon, ça c'est quand même le point de départ positif.
00:27:00Et que c'est probablement vrai ce que dit la famille de votre père, qu'elle n'a pas eu
00:27:03le choix.
00:27:03Ce n'était pas son choix à elle de vous abandonner, vous et votre frère.
00:27:07Merci.
00:27:08Et que comme votre belle-mère a été méchante avec vous, elle a probablement été une garce, pardonnez l'expression,
00:27:16avec votre mère biologique.
00:27:19Merci, oui.
00:27:21Ce dont elle ne s'est jamais remis.
00:27:23Donc vous, il faut que vous brisiez la chaîne, là.
00:27:25En tout cas, je m'arrête sur vos précieux conseils.
00:27:27Non, parce que je vais vous en donner un autre.
00:27:28Ah, vous notez, vous prenez des notes, hein.
00:27:32Je note.
00:27:33Je note.
00:27:34Vous allez lancer un mauvais sort à cette belle-mère.
00:27:38Vous savez, comme dans les contes de fées.
00:27:41Oui.
00:27:41Il ne va pas me revenir, Brigitte.
00:27:44Il ne va pas me revenir, rassurez-moi, parce que moi, je crois au karma.
00:27:47Non, il ne va pas vous revenir, parce que vous allez lui renvoyer tout ce qu'elle vous a fait.
00:27:52D'accord.
00:27:53Vous voyez ?
00:27:53Très bien.
00:27:54Vous allez lui rendre sa méchanceté, son mauvais sort.
00:28:00Parce que qu'est-ce qu'elle a fait ?
00:28:01Elle a essayé de vous tuer.
00:28:03De vous maudire, oui.
00:28:04Au sens symbolique, bien sûr.
00:28:06Et donc, vous allez lui renvoyer.
00:28:08Vous pouvez même lui écrire une lettre, que vous allez brûler, évidemment, vous ne lui envoyez pas,
00:28:12en lui disant toute votre colère et tout ce qu'elle vous a fait subir.
00:28:18Je te rends, tout ce que tu m'as fait subir, la maltraitance, les mauvaises paroles.
00:28:24Et ça va vous permettre d'évacuer ça.
00:28:29D'accord ?
00:28:30Et de ne pas le garder en vous.
00:28:33C'est vrai que cette piste-là, effectivement, je ne l'avais pas...
00:28:35Je l'avais fait par rapport à mon père, mais effectivement, elle, je l'avais complètement écartée.
00:28:39Et je sais que ce n'est plus qu'elle qui m'a blessée dans mon enfance.
00:28:43Et c'est étonnant que je n'ai pas pensé à couper ce lien avec elle.
00:28:47Non, ce n'est pas étonnant, Sabrina, parce que vous êtes une fille.
00:28:51Et une fille ne peut pas tuer sa mère.
00:28:54C'est très compliqué.
00:28:56On s'identifie, forcément.
00:28:57Et pourtant, à un moment donné, quand on a une mauvaise mère comme ça, il faut la tuer.
00:29:02Oui.
00:29:03D'accord.
00:29:04Mais ce n'est pas autorisé.
00:29:08Mais j'ai bien compris.
00:29:09J'ai bien compris.
00:29:11Merci infiniment.
00:29:12Je ne sais pas, j'ai l'impression d'avoir ouvré une autre porte.
00:29:15Et je sens que celle-là, elle va vraiment être salvateur.
00:29:19C'est tout ce qu'on vous souhaite, en tout cas.
00:29:21Vraiment, merci.
00:29:22Faites-vous confiance, Sabrina.
00:29:25Merci, merci.
00:29:26Merci pour vos conseils et merci pour vos émissions.
00:29:28Parce que je tiens vraiment à vous dire qu'elles m'ont fait vraiment avancer, Brigitte.
00:29:34Merci.
00:29:34Très belle route.
00:29:35Je prends, je prends, je prends.
00:29:37Merci, Sabrina.
00:29:38On fait une petite pause et c'est Salomé qu'on va retrouver,
00:29:41qui s'est fait harceler à l'école.
00:29:43Et ça aussi, ça peut être des blessures d'enfance qui ont la vie dure.
00:29:4814h-16h, Brigitte Laé, Sud Radio.
00:29:52Ariane Calveau est avec nous et on essaye de soigner vos enfants,
00:29:57enfin votre enfant intérieur, parce qu'on n'en a qu'un.
00:29:58Heureusement, déjà qu'il prend de la place, celui-là.
00:30:01Si on en avait plusieurs, ça ne serait pas possible.
00:30:04Bonjour Salomé.
00:30:06Bonjour Brigitte, bonjour Ariane.
00:30:08Bonjour.
00:30:09Donc vous, vous avez connu du harcèlement à l'école.
00:30:12De quel âge à quel âge ?
00:30:14À partir de mes 6 ans jusqu'à mes 6 ans, au lycée, 15 ans.
00:30:20Toutes les écoles primaires, collèges, lycées.
00:30:23Oui, pas lycées, lycées, je me suis...
00:30:28Primaire, collèges.
00:30:29Oui.
00:30:30Oui.
00:30:31Et pourquoi ?
00:30:32Une petite envie de réagir.
00:30:33Donc je vous ai appelées, parce qu'ils me touchent énormément.
00:30:38Et puis je trouve que quand on parle de blesser l'enfant,
00:30:41on peut avoir un harcèlement scolaire.
00:30:45Et ça peut chambouler toute une vie.
00:30:47Oui, et c'est important parce que vous allez nous dire
00:30:51qu'est-ce qui a fait que vous avez été harcelée.
00:30:53Est-ce que c'est un problème de physique,
00:30:55un problème d'origine, de timidité ?
00:30:59Un problème physique ?
00:31:00Un problème physique, c'est que j'étais un peu en surpoids.
00:31:03OK.
00:31:05Du coup, c'était des moqueries, des insultes,
00:31:08me sentir regrettée.
00:31:10Je finis par croire que...
00:31:12Alors ce qu'il faut...
00:31:14Ce qu'il faut comprendre, Salomé,
00:31:16je vais le dire pour ceux qui nous écoutent,
00:31:19chez les enfants,
00:31:20on aime trouver le bouc émissaire,
00:31:22celui sur lequel on va déverser sa haine.
00:31:24Et en règle générale, en effet,
00:31:27c'est parfois, enfin c'est même assez souvent,
00:31:29un problème physique.
00:31:32Et certainement que vous,
00:31:34vous aviez un peu de surpoids
00:31:35et que vous ne le viviez pas très bien.
00:31:37Parce qu'en général, on prend aussi un enfant
00:31:39qui n'est pas très sûr de lui,
00:31:42qui n'est pas très à l'aise,
00:31:43qui n'est pas dans la confiance en soi, etc.
00:31:45Et à partir du moment où vous acceptez d'être harcelée,
00:31:50mais en même temps, vous n'avez pas trop le choix.
00:31:52C'est pas, quand je dis que vous acceptez,
00:31:55c'est juste que vous êtes fragiles,
00:31:57donc vous acceptez d'être harcelée.
00:32:01Tout le monde se met sur vous.
00:32:03Et à ce moment-là, ça ne fait qu'augmenter
00:32:07votre blessure,
00:32:07qui est quand même à l'origine du harcèlement.
00:32:11Et c'est ça qu'il faut vraiment comprendre.
00:32:12Parce que c'est comme ça qu'on peut guérir du harcèlement.
00:32:16C'est comme une dynamique, en fait,
00:32:18qui se joue à deux ou plusieurs.
00:32:21Qui se nourrit l'une l'autre.
00:32:23C'est-à-dire que le harcèlement que vous subissez
00:32:25nourrit votre fragilité,
00:32:26qui nourrit le harcèlement.
00:32:28Donc c'est très difficile de s'en sortir à cause de ça.
00:32:35Je voulais juste te dire que mon enfant,
00:32:38encore aujourd'hui intérieur,
00:32:40il est encore blessé.
00:32:41Donc il y a des choses que je n'accepte toujours pas.
00:32:44Mais c'est normal.
00:32:46C'est pour ça que je vous dis qu'il faut,
00:32:49pour guérir votre enfant intérieur,
00:32:53il faut aller à l'origine du harcèlement.
00:32:55Si vous restez sur le harcèlement,
00:32:57si vous pensez que c'est le harcèlement
00:32:59qui vous fait aller mal,
00:33:02vous avancerez moins vite.
00:33:03Il faut d'abord aller sur l'origine du harcèlement.
00:33:06C'est-à-dire le fait que vous vous sentiez un peu pas bien
00:33:10d'être dans ce surpoids.
00:33:12Brigitte n'est pas en train de dire que c'est OK le harcèlement.
00:33:17En plus de la blessure immense de ce harcèlement,
00:33:20il y a quelque chose en vous,
00:33:23une fragilité à l'origine,
00:33:24qui a permis que ce harcèlement s'inscrive
00:33:27et perdure dans le temps.
00:33:30Ça veut dire que vos parents
00:33:33ne vous ont pas protégés dans cette fragilité.
00:33:36Vos parents auraient dû voir
00:33:37que vous n'étiez pas bien dans ce surpoids
00:33:39et vous aider.
00:33:40Et à ce moment-là, on ne vous aurait pas harcelé.
00:33:43Parce que c'est extrêmement long,
00:33:45ce que vous avez vécu.
00:33:47Primaires et collèges entiers.
00:33:50C'est énorme.
00:33:50Vous n'avez pas pu alerter ?
00:33:52Oui.
00:33:55Donc vous vous en êtes sortie toute seule ?
00:33:57Oui, je m'en suis sortie toute seule.
00:33:59Mais parce que...
00:34:01Parce que je suis tombée malade par d'autres biais.
00:34:04Enfin, voilà.
00:34:05Et j'ai perdu du bois.
00:34:06Donc du coup, on m'a moins regardée.
00:34:08Je faisais plus partie des normes.
00:34:09Vous voyez ce que je veux dire ?
00:34:10J'ai changé d'école.
00:34:11J'ai changé plus de choses en même temps.
00:34:14Du coup, j'ai été moins stigmatisée.
00:34:18D'accord.
00:34:18Et est-ce que ça vous parle, ce que dit Brigitte,
00:34:21d'une vulnérabilité de base ?
00:34:23Alors oui, mais du coup, moi, en tant que maman,
00:34:25aujourd'hui, je trouve que la position de parent pour aider l'enfant à s'accepter avec du surpoids.
00:34:35Je ne sais pas comment je pourrais aider mon fils s'il était en surpoids.
00:34:40Vous avez un enfant de quel âge ?
00:34:42Il a 12 ans.
00:34:43Mais il n'est pas en surpoids ?
00:34:47Si ? Il est en surpoids ?
00:34:49Non, il n'est pas en surpoids.
00:34:51Mais il aurait tendance à prendre du poids plus facilement que les autres.
00:34:55Vous voyez ce que je veux dire ?
00:34:56C'est quelqu'un qui mange sucré.
00:34:58D'accord.
00:34:59C'est un ado, quoi.
00:35:00Revenons sur vous.
00:35:02C'est encore plus pertinent ce que vous dit, Brigitte.
00:35:04Oui, revenons sur vous.
00:35:05Bon, ok, vous étiez en surpoids.
00:35:08Est-ce que vos parents étaient en surpoids ?
00:35:09Est-ce que quelqu'un dans votre famille était en surpoids ?
00:35:11Est-ce qu'il y avait une mauvaise alimentation dans votre famille ?
00:35:14Non.
00:35:16Qu'est-ce qui fait que vous étiez ?
00:35:17Non, non, moi, c'était moi qui étais en surpoids.
00:35:21Mais parce que plus on me dénigrait, plus on me disait que j'étais grosse,
00:35:24plus j'allais me réfugier dans la bouffe.
00:35:25Et vos parents vous disaient que vous étiez grosse ?
00:35:29Non, mais ils ne me disaient rien non plus.
00:35:32Vous voyez ce que je veux dire ?
00:35:33Ils n'ont jamais dit que j'étais jolie comme j'étais.
00:35:36Mais bon, je ne sais pas si réellement, à 6 ans, on est capable d'entendre tout ça.
00:35:41Je ne sais pas.
00:35:42Ben si, vous voyez, je pense que vous voulez tellement protéger vos parents
00:35:48que vous n'arrivez pas à comprendre ce que je suis en train d'essayer de vous expliquer.
00:35:52Oui, je suis d'accord.
00:35:53Vous le comprenez peut-être intellectuellement, mais vous n'arrivez pas à le comprendre émotionnellement.
00:35:56Parce qu'à 6 ans, un enfant en surpoids, ce n'est pas normal.
00:36:00Il y a quelque chose, soit médical, soit alimentaire, mais on n'est pas en surpoids comme ça.
00:36:04Ou des abus, ou des choses psychologiques, effectivement, tout à fait.
00:36:09Vous voyez, il y a quelque chose qui ne va pas et vos parents ne vous ont pas protégés.
00:36:16Ou pas alertés.
00:36:18Je ne sais pas ce qu'il y a le moment.
00:36:20Encore une fois, je ne dis pas que c'est de leur faute.
00:36:24Peut-être qu'ils ne pouvaient pas voir.
00:36:26Je ne suis pas en train de les accuser.
00:36:28Oui, oui, oui.
00:36:29Mais il faut comprendre que vous êtes une petite fille qui n'est pas protégée,
00:36:34qui n'est pas sécurisée par des parents.
00:36:36Et qui donc peut être victime de harcèlement.
00:36:41C'est vraiment ça le message que vous devez entendre.
00:36:44Et à partir de ce moment-là, ce qu'il faut faire, c'est travailler sur votre sécurité intérieure
00:36:49pour arriver à dépasser la blessure du harcèlement.
00:36:52Oui, mais est-ce que vous ne pensez pas que les enfants sont...
00:36:55Parce qu'aujourd'hui, quand je regarde les photos de moi, enfant,
00:36:58je n'étais pas, comment je pourrais dire, en surpoids.
00:37:03Ça ne fait que confirmer ce que je vous dis.
00:37:05Mais Salomé, vous entendez ce que vous dites, Brigitte ?
00:37:08C'est-à-dire que c'était en vous, cette vulnérabilité sur votre corps,
00:37:11dont vous ne saviez pas vous dépatouiller,
00:37:14et qui vous a probablement été transmise,
00:37:17au moins inconsciemment ou non-verbalement,
00:37:20qui a permis que vous subissiez tout ça.
00:37:23Il y a des enfants gros, enfin en surpoids,
00:37:25qui sont hyper rigolos, qui ont hyper confiance en eux,
00:37:28et que personne ne harcèle.
00:37:29Vous voyez ce que je veux dire ?
00:37:30Ce n'est pas automatique.
00:37:32Tous les enfants gros, et encore moins quand ils ne sont pas vraiment gros,
00:37:35comme vous, vous ne l'étiez pas, apparemment,
00:37:37sont harcelés.
00:37:42Donc c'est ce manque de sécurité affective
00:37:45qui n'était pas là quand vous aviez 6 ans,
00:37:48qui a provoqué le harcèlement.
00:37:50Et c'est ça qui va vous permettre de vous en sortir,
00:37:53c'est de travailler cette sécurité.
00:37:55Et d'accompagner votre fils,
00:37:56dans cette sécurité affective aussi,
00:37:58et intérieure.
00:38:00Oui.
00:38:00Puisqu'en fait, c'est ça la clé.
00:38:02Ce n'est pas est-ce qu'il est en surpoids ou pas.
00:38:03C'est est-ce qu'il prend soin de lui ?
00:38:06Est-ce qu'il est bien dans son corps ?
00:38:08Est-ce qu'il a les deux pieds sur terre
00:38:10et la tête qui monte vers les étoiles ?
00:38:12Et est-ce que ça circule du haut en bas ?
00:38:15Vous voyez ?
00:38:16C'est ces messages-là qu'il faut lui transmettre.
00:38:20Ton corps t'appartient, il est vivant,
00:38:22et chaque cellule vibre.
00:38:25Il est super, tel qu'il est.
00:38:28Et on en prend soin.
00:38:31C'est très différent de maigrir ou...
00:38:33Vous voyez ?
00:38:34En prendre soin de soi,
00:38:35ce n'est pas automatiquement maigrir.
00:38:39Oui, c'est accepter qui on est.
00:38:42Oui, et puis se traiter bien.
00:38:43S'apporter une bonne alimentation,
00:38:46bouger, se faire du bien.
00:38:48Respirer, plein poumon,
00:38:51profiter de ses cinq sens,
00:38:54être dans le plaisir de vibrer son corps.
00:38:59Et après, des kilos en plus, des kilos en moins,
00:39:01ça n'a aucune importance.
00:39:02Est-ce que vous pensez qu'un professionnel de santé pourrait m'aider ?
00:39:04Oui.
00:39:05De santé mentale et ou physique, oui.
00:39:08Où est-ce que vous en êtes aujourd'hui dans votre corps ?
00:39:11Est-ce que vous vous aimez ?
00:39:12Est-ce que vous aimez l'image que vous envoyez dans la glace ?
00:39:14Est-ce que vous vous sentez bien en énergie ?
00:39:16Non, je suis toujours à la recherche.
00:39:18Non, non, bien sûr que non.
00:39:20Ça, ça raconte quand même une sécurité intérieure
00:39:23et un amour de soi qui est un peu bas,
00:39:25en tout cas un peu en défaillance.
00:39:28Il y a quelque chose qui a dénigré votre corps
00:39:30à un moment donné, Salomé.
00:39:31C'est ça qu'il faut aller chercher.
00:39:34C'est là la clé.
00:39:34Ou quelqu'un.
00:39:35Oui, je ne sais pas.
00:39:37On est d'accord.
00:39:40Ok.
00:39:43Mais vous pouvez vous en sortir, Salomé.
00:39:45Il y a de l'énergie, vous avez envie d'aider votre fils.
00:39:49Ça va vous porter, ça.
00:39:50Tout à fait.
00:39:51D'accord ?
00:39:52Oui, c'est lui qui vous porte.
00:39:53Oui, effectivement.
00:39:54Non, non, c'est vous qui le portez.
00:39:56C'est vous la mère.
00:39:58N'inversons pas les rôles.
00:39:59Et c'est d'autant plus important que vous alliez vous faire aider
00:40:02pour pouvoir vraiment le porter.
00:40:04Ok ?
00:40:05D'accord.
00:40:06Je vous remercie beaucoup.
00:40:07Je vous en prie, Salomé.
00:40:08Merci à vous.
00:40:09La petite devinette du jour.
00:40:10La vie, c'est comme la bicyclette.
00:40:12Pourquoi ?
00:40:12On a la réponse après les infos grâce à Ariane Calvaux.
00:40:20Nous sommes avec Ariane Calvaux.
00:40:22Merci d'être avec nous, Ariane.
00:40:24C'est toujours très intéressant
00:40:25parce que vous avez une facilité
00:40:27à parler de choses qui sont tellement complexes.
00:40:30Notre enfant intérieur,
00:40:31nos blessures d'enfance,
00:40:33notre autonomie émotionnelle.
00:40:35Merci.
00:40:35Et j'invite vraiment les auditeurs à vous lire.
00:40:38Vous avez écrit notamment deux livres déjà.
00:40:42Et merci d'échanger avec nous.
00:40:45Et on va donner la parole à Frédéric dans un instant.
00:40:47Moi, je voudrais la réponse à ma devinette.
00:40:49Pourquoi la vie, c'est comme la bicyclette ?
00:40:50Ça continue tant qu'on pédale ?
00:40:53Oui.
00:40:55Pour ne pas perdre l'équilibre,
00:40:57il faut avancer.
00:40:59Exactement.
00:41:00Si vous arrêtez de pédaler, vous tombez.
00:41:03Donc, vous n'avancez plus.
00:41:04Je trouve que c'est assez joli, l'image.
00:41:09Bonjour Frédéric.
00:41:10Bonjour Brigitte.
00:41:11Bonjour Ariane.
00:41:12Bonjour.
00:41:13Bonjour.
00:41:14Juste une chose comme ça,
00:41:15vous savez qu'un imbécile qui marche
00:41:17va beaucoup plus loin qu'un intellectuel assis.
00:41:20Bien vu.
00:41:22C'est pour ça que la France va si mal.
00:41:25Oh là, non.
00:41:26Non, c'est pas.
00:41:28Alors, on en a, vous voyez une qui est pas mal.
00:41:31Vous ne verrez jamais aucun groupe animal
00:41:35qui mettra le plus con en chef de meute.
00:41:39Oui, ça oui.
00:41:40Sauf un, peut-être.
00:41:43Ça commence par un H.
00:41:45Allez, soyons sérieux, ça voyons sérieux.
00:41:47D'accord.
00:41:48Oui, moi je vous appelle
00:41:50parce que je pense que
00:41:52pour déjà réussir à
00:41:54soigner ces blessures d'enfance,
00:41:56il faut déjà les trouver
00:41:57et savoir mettre
00:41:59une explication sur des mots
00:42:01que l'on a et que l'on ressent
00:42:02au cours de sa vie.
00:42:04Eh oui.
00:42:04Alors, pour ma part,
00:42:06moi j'ai pas vécu une enfance
00:42:09particulièrement difficile ni rien.
00:42:10Maintenant,
00:42:11j'étais un petit peu rondouillard
00:42:13et pas très grand.
00:42:14Mais vous savez, Frédéric,
00:42:16quelle que soit notre enfance,
00:42:18on a tous des blessures.
00:42:19Elles sont plus ou moins graves,
00:42:21plus ou moins fortes,
00:42:22mais on a tous des blessures.
00:42:23Déjà parce que,
00:42:25émotionnellement,
00:42:26un enfant,
00:42:26il est souvent pas très bien compris
00:42:28par ses parents
00:42:29parce que la communication
00:42:31entre un enfant et un adulte,
00:42:32elle est compliquée.
00:42:34et que la frustration
00:42:35et les incompréhensions
00:42:37font partie de l'enfance,
00:42:38de toutes nos vies.
00:42:39Et ayant été parents,
00:42:41on ne nous donne pas
00:42:42la notice non plus.
00:42:43C'est ça.
00:42:44C'est pas évident.
00:42:45Après, moi je blâme personne
00:42:46sur ça.
00:42:47Non, non, mais c'est très compliqué
00:42:50quand un enfant pleure,
00:42:52quand un bébé pleure,
00:42:54pourquoi il pleure ?
00:42:55Est-ce qu'il faut aller
00:42:55tout de suite le secourir
00:42:58ou est-ce qu'il faut le laisser
00:42:58un petit peu dans la frustration ?
00:43:00Enfin, je veux dire,
00:43:01il n'y a pas de mode d'emploi parfait.
00:43:03Oui, de toute façon.
00:43:06Après, voilà,
00:43:06c'est vrai que ça posait un problème
00:43:09parce que physiquement,
00:43:09étant comme ça,
00:43:11chose qui s'est très vite réglée
00:43:12après l'adolescence
00:43:13parce que je suis passé
00:43:14à 1m90 pour 100 kilos
00:43:16et à faire du sport.
00:43:19Tout de suite, ça l'est mieux.
00:43:20Donc vous avez grandi très tard,
00:43:21c'est ça, si je comprends bien ?
00:43:23Oui, j'ai grandi entre 18 et 20 ans.
00:43:26Pas 18 ans,
00:43:27je faisais 1m80 par là
00:43:29et entre 18 et 20 ans,
00:43:31j'ai pris 10 centimètres.
00:43:32Un peu plus même.
00:43:33Oui, c'est étonnant.
00:43:34Et en faisant du sport et autres,
00:43:37ça a tout bien.
00:43:38Voilà quoi.
00:43:40Donc du coup,
00:43:40je suis allé revoir des anciens amis
00:43:41qui m'avaient largement harcelé
00:43:43à ce moment-là
00:43:43et ça les a moins fait rigoler,
00:43:45par contre.
00:43:47Surtout si vous faisiez 100 kilos,
00:43:49ça va.
00:43:49C'est toujours satisfaisant.
00:43:50C'est ça.
00:43:52On n'a pas envie de vous chercher quoi.
00:43:54Non.
00:43:55Quand on m'insultait,
00:43:56il fallait un peu avoir d'avance.
00:43:58Mais bref,
00:43:59bon,
00:43:59après c'est ça là.
00:44:01Après,
00:44:01j'ai eu une autre chose
00:44:02où ma mère m'avait expliqué
00:44:05cette chose.
00:44:05Alors,
00:44:06j'ai un petit frère
00:44:07et ma mère m'a expliqué
00:44:08qu'en fin de l'adolescence,
00:44:12qu'elle était enceinte
00:44:12deux jumeaux avec moi
00:44:14et qu'elle en a perdu un sur les deux.
00:44:16Moi, je suis resté.
00:44:17Et donc,
00:44:18je veux dire,
00:44:18maintenant je suis un peu parti
00:44:20dans la spiritualité,
00:44:21j'ai une cinquantaine d'années,
00:44:22le taylorisme et autres,
00:44:24un peu tout ça.
00:44:25Et donc,
00:44:26je me suis enseigné,
00:44:27j'ai compris,
00:44:28je veux dire,
00:44:30pourquoi j'avais toujours
00:44:30des mots,
00:44:31un peu de mal,
00:44:32un peu de souffrance,
00:44:33un vagalame quoi.
00:44:34Mais oui,
00:44:35il y a une théorie
00:44:36qui dit qu'on se souvient
00:44:37de la perte de son jumeau
00:44:39dans le ventre de sa mère,
00:44:41même quand parfois
00:44:42la fausse couche
00:44:43était avant la naissance.
00:44:44Oui,
00:44:45elle a été avant la naissance.
00:44:46D'accord.
00:44:47Donc,
00:44:47ça confirme
00:44:48ce que j'ai appris.
00:44:50Oui,
00:44:50on peut s'en souvenir,
00:44:52enfin,
00:44:52de manière très,
00:44:52évidemment,
00:44:54inconsciente,
00:44:55mais c'est possible,
00:44:56oui.
00:44:57Et c'est peut-être ça aussi
00:44:59que vous avez pu finir
00:45:00de grandir
00:45:01que quand vraiment
00:45:01vous aviez passé
00:45:03les 18 ans.
00:45:05Quand j'ai appris,
00:45:05peut-être.
00:45:06Peut-être.
00:45:07Oui,
00:45:07si en plus ça coïncide,
00:45:09oui,
00:45:09certainement.
00:45:12Et c'est pour ça,
00:45:13c'est pour ça,
00:45:14vous voyez que,
00:45:15moi,
00:45:16restez avec nous,
00:45:17ne vous étouffez pas.
00:45:20c'est pour ça que moi,
00:45:21je suis vraiment
00:45:22pour qu'il n'y ait pas
00:45:23de secret de famille
00:45:23parce que c'est terrible
00:45:25les secrets de famille
00:45:25qui laissent
00:45:26des traces inconscientes
00:45:28et qu'on ne sait pas pourquoi.
00:45:30Même une vérité difficile,
00:45:31c'est plus simple
00:45:32à intégrer
00:45:33qu'un silence
00:45:34ou un mensonge.
00:45:36c'est ce que je voulais dire
00:45:37aussi,
00:45:37je crois que les plus terribles
00:45:38des cas de maltraitance
00:45:40et autres,
00:45:41bien sûr,
00:45:42mais les cacheteries,
00:45:45les mensonges de famille,
00:45:47les secrets de famille
00:45:48qui sont,
00:45:49vous voyez,
00:45:52on l'a fait
00:45:52avec ma fille,
00:45:54mon grand
00:45:55était plus grand
00:45:56et mon grand-père
00:45:58s'est suicidé
00:45:59et on lui a caché
00:46:00la chose
00:46:01jusqu'à ses 9-10 ans.
00:46:03Parce qu'elle avait
00:46:054 ans,
00:46:06elle avait 5 ans
00:46:07quand elle l'a appris,
00:46:08voilà,
00:46:09qu'elle a mort.
00:46:10Donc,
00:46:11on n'a pas voulu
00:46:12la perturber
00:46:12mais dès qu'on a senti
00:46:14qu'elle était capable
00:46:15de l'entendre,
00:46:15on lui a dit la chose.
00:46:17Vous lui avez dit
00:46:18la vérité.
00:46:18Mais c'est très différent,
00:46:20non ?
00:46:20Parce que vous vous dites
00:46:21que vous aviez 18 ans
00:46:22et par ailleurs,
00:46:23ce n'était pas spécialement
00:46:24quelque chose de douloureux
00:46:26à entendre
00:46:26comme un suicide.
00:46:28Parce qu'un suicide,
00:46:29c'est très difficile
00:46:29à envisager
00:46:30et à concevoir
00:46:31quand on est enfant.
00:46:32Alors que voilà,
00:46:33il y avait 2 bébés
00:46:34dans le ventre
00:46:34et il y en a un
00:46:35qui est parti,
00:46:36on ne sait pas trop pourquoi,
00:46:37des fois ça arrive,
00:46:38etc.
00:46:39Bon,
00:46:41ça peut être un peu triste
00:46:42à posteriori
00:46:44mais juste ça.
00:46:46Après,
00:46:47je ne me rappelle plus
00:46:48exactement,
00:46:49où elle était en âge
00:46:52de comprendre
00:46:53avec mon ex-femme,
00:46:54on a senti
00:46:55qu'on pouvait lui dire
00:46:56plutôt que de le cacher.
00:46:57Et vous savez pourquoi
00:46:58vos parents ne vous l'ont dit
00:46:59que très tard ?
00:47:00Que ma mère me l'ont dit
00:47:01que très tard ?
00:47:02Oui.
00:47:03Je ne sais pas.
00:47:04Après,
00:47:05bon,
00:47:06disons qu'arrivée
00:47:07à l'adolescence,
00:47:08il y a eu pas mal
00:47:09d'histoires familiales
00:47:11entre mon père
00:47:12et ma mère,
00:47:13je veux dire,
00:47:13ma mère a eu une enfance
00:47:15assez...
00:47:17Disons que...
00:47:19Comment dirais-je ?
00:47:20Je ne sais pas.
00:47:21Mes parents ont été
00:47:22en séparation
00:47:23pendant 3 ans quasiment
00:47:24à vivre ensemble
00:47:24et en se séparant,
00:47:26toutes les choses
00:47:26se séparaient.
00:47:27Donc,
00:47:27il y avait une ambiance
00:47:27familiale
00:47:28qui était assez...
00:47:29Et donc,
00:47:29je pense que ma mère
00:47:30a voulu lâcher des choses
00:47:31et dire des choses...
00:47:32Voilà, quoi.
00:47:35Elle avait besoin
00:47:36de vider son sac ?
00:47:37Peut-être.
00:47:38Peut-être.
00:47:38Peut-être.
00:47:39Et vous ne lui avez pas demandé
00:47:40pourquoi elle ne vous l'avait pas dit
00:47:41plus tôt ?
00:47:42Non,
00:47:43je ne lui ai pas demandé
00:47:43parce qu'à l'époque...
00:47:45Enfin,
00:47:46comment vous dire...
00:47:48Déjà,
00:47:48bon,
00:47:50je savais que...
00:47:51Par exemple,
00:47:51elle était en séparation
00:47:52avec mon père,
00:47:53je savais qu'elle avait un amant,
00:47:54mon frère et moi,
00:47:54nous savions.
00:47:55Ah oui.
00:47:56Et tout et tout.
00:47:56Donc,
00:47:57si vous voulez,
00:47:57au niveau de la discussion,
00:47:58le dialogue était un peu rompu,
00:48:00quoi.
00:48:00Donc,
00:48:01quand on est un peu dans l'adolescence,
00:48:02on est un petit peu brut de décoffrage,
00:48:04surtout moi.
00:48:06Donc,
00:48:06en plus du reste,
00:48:07quoi.
00:48:07Donc,
00:48:08voilà,
00:48:08je n'ai pas...
00:48:09Oui,
00:48:09vous l'avez protégée
00:48:11plutôt que de connaître mieux
00:48:13votre vérité.
00:48:14Mais c'est votre vérité qui compte.
00:48:18Et elle est décédée,
00:48:20votre mère ?
00:48:21Non,
00:48:21pas du tout.
00:48:22Non,
00:48:22pas du tout.
00:48:23Demandez-lui pourquoi elle vous l'a dit
00:48:24si tard.
00:48:25Je...
00:48:26C'est pas évident
00:48:27à en parler de ça.
00:48:28Disons que ma mère
00:48:30est avec une personne
00:48:31qui a eu
00:48:32apparemment
00:48:33des choses malveillantes
00:48:34sur ma fille.
00:48:35Donc,
00:48:35je ne lui parle plus
00:48:36à ma mère.
00:48:36Je vais rester avec lui.
00:48:38Voilà.
00:48:38D'accord.
00:48:40Votre beau-père
00:48:41a abusé
00:48:42de votre fille ?
00:48:43Apparemment.
00:48:44D'accord.
00:48:46Mais il n'y a pas de souvenirs,
00:48:47il n'y a pas de tout ça.
00:48:48Ma fille ne s'en rappelle pas.
00:48:49Enfin,
00:48:49grosso modo,
00:48:50il lui a expliqué,
00:48:51il lui a dit que voilà,
00:48:52il avait fait ça
00:48:53alors qu'elle était toute petite.
00:48:56Ça s'aurait été
00:48:57des attouchements,
00:48:57quoi.
00:48:58C'est lui qui l'a dit ?
00:48:59Qu'il l'a reconnu ?
00:49:01Oui.
00:49:01Spontanément ?
00:49:02Oui,
00:49:03il l'a appelée,
00:49:04il l'a appelée,
00:49:05elle avait le jour
00:49:06de son anniversaire.
00:49:08Mais apparemment,
00:49:08je ne sais pas.
00:49:08Est-ce qu'il s'en voulait ?
00:49:11Peut-être,
00:49:11je ne sais pas,
00:49:12il a voulu jouer
00:49:12l'intéressant.
00:49:14Je ne cherche pas
00:49:15à comprendre ça,
00:49:16en fait.
00:49:18Oui,
00:49:18en fait,
00:49:19comme vous voulez,
00:49:19évidemment,
00:49:20Frédéric,
00:49:20mais attention
00:49:21à ne pas laisser
00:49:22des secrets
00:49:23comme ça,
00:49:24pas très clairs,
00:49:25qui sont quand même
00:49:26toujours des fantômes
00:49:28pas positifs
00:49:30pour personne.
00:49:31Il n'y a pas de secret.
00:49:33Ça s'est passé
00:49:33il y a plus de 13 ans.
00:49:36Ma fille a 30 ans
00:49:38aujourd'hui,
00:49:39elle a fait beaucoup
00:49:40de travail sur elle-même
00:49:41parce que bien sûr,
00:49:42elle en est très perturbée.
00:49:43Je pense qu'il y a encore
00:49:44des petits soucis
00:49:45à ce niveau-là,
00:49:45mais si vous voulez,
00:49:47voilà.
00:49:47D'accord,
00:49:48vous savez ce qui s'est passé,
00:49:50donc ce n'est pas un secret.
00:49:51Oui,
00:49:52voilà,
00:49:53je veux dire,
00:49:54non,
00:49:54non,
00:49:55il n'y a pas de secret
00:49:56à ce niveau-là.
00:49:57Bon,
00:49:57après,
00:49:58j'ai des petits-enfants,
00:49:59ils n'ont pas lieu de savoir,
00:50:00ils ne savent pas,
00:50:00ils ne voient pas
00:50:01leur arrière-grand-mère,
00:50:02donc non plus,
00:50:04voilà,
00:50:04il n'y a pas d'histoire
00:50:06là-dessus.
00:50:06Bon,
00:50:07en tout cas,
00:50:07vous ne voulez plus rentrer
00:50:09en lien avec elle
00:50:11et on peut le comprendre
00:50:12après tout.
00:50:13Bon,
00:50:14écoutez,
00:50:15merci Frédéric,
00:50:15en tout cas,
00:50:16de votre témoignage,
00:50:17mais il est vrai,
00:50:18en effet,
00:50:18que la perte d'un jumeau
00:50:20peut laisser des traces
00:50:21et ça,
00:50:23c'est vrai
00:50:23que c'est quelque chose
00:50:24qui est assez peu connu
00:50:26et qui est tout à fait juste.
00:50:28Et encore plus,
00:50:28il ne sait pas parler
00:50:29parce que du coup,
00:50:30on ne sait pas
00:50:30d'où viennent ces manques
00:50:32terribles.
00:50:33Exactement.
00:50:34Merci Frédéric,
00:50:34on fait une petite pause,
00:50:35on va retrouver Aurore
00:50:37dans un instant.
00:50:3914h-16h,
00:50:40Brigitte Laé,
00:50:41Sud Radio.
00:50:42Ariane Calveau,
00:50:43avec nous,
00:50:44psychologue clinicienne,
00:50:45on parle des blessures
00:50:46d'enfance
00:50:46et je crois qu'on va revenir
00:50:48sur la blessure de rejet
00:50:50avec Aurore
00:50:51qui nous rejoint.
00:50:51Bonjour Aurore.
00:50:53Oui,
00:50:53bonjour Brigitte
00:50:54et bonjour Ariane.
00:50:55Bonjour.
00:50:58Oui,
00:50:58alors,
00:50:59c'est un peu
00:51:00l'interprétation
00:51:01que j'en ai faite,
00:51:01je me sens souvent rejetée
00:51:03parce que moi,
00:51:04en fait,
00:51:04je ne me sens pas abandonnée
00:51:05parce que pour être abandonnée,
00:51:07il faudrait déjà avoir été acceptée
00:51:08et dans mes histoires amoureuses,
00:51:11ce n'est pas du tout
00:51:11ce que je vis,
00:51:13donc je suis même
00:51:15plutôt rejetée
00:51:17par les gens
00:51:17que j'aimerais bien.
00:51:20Forcément,
00:51:20il y a toujours des gens
00:51:21qui,
00:51:21des hommes,
00:51:22parce que moi,
00:51:22je suis hétérosexuelle,
00:51:23donc il y a des hommes
00:51:25évidemment qui gravitent
00:51:26autour de moi
00:51:27pour diverses raisons,
00:51:29parfois,
00:51:30c'est ça,
00:51:31Véritah
00:51:32puis d'autres,
00:51:32bon,
00:51:33moins,
00:51:34mais néanmoins,
00:51:35les personnes
00:51:36qui,
00:51:36moi,
00:51:37pourraient me plaire,
00:51:39me semble-t-il
00:51:40me convenir,
00:51:42eh bien,
00:51:43je suis plutôt
00:51:44rejetée,
00:51:44repoussée
00:51:45et je ne sais pas
00:51:48comment faire
00:51:49de ça,
00:51:50quoi faire de ça.
00:51:51On va essayer
00:51:51d'avancer avec vous,
00:51:53Aurore,
00:51:53et on va revenir sur...
00:51:55Les effets
00:51:55des deux blessures,
00:51:57non ?
00:51:57Parce qu'elles sont
00:51:57souvent confondues.
00:51:58C'était là-dessus
00:51:59que vous étiez,
00:52:00Brigitte ?
00:52:00Pas forcément,
00:52:01je voulais voir
00:52:02dans votre enfance
00:52:03qu'est-ce qui vient...
00:52:04Quelles seraient
00:52:05les origines
00:52:06de cette blessure
00:52:06de rejet
00:52:07que vous pensez
00:52:08avoir analysée
00:52:09et on va voir
00:52:10si ça colle ?
00:52:12Oui.
00:52:13Alors,
00:52:13en fait,
00:52:15déjà,
00:52:15ma mère ne voulait
00:52:16absolument pas de moi,
00:52:17mon père non plus,
00:52:18mais à l'époque,
00:52:20il n'y avait pas
00:52:20d'avortement possible,
00:52:21donc elle a tout fait
00:52:22pour me faire partir,
00:52:23mais nous sommes
00:52:24trois enfants
00:52:25et elle avait déjà
00:52:25fait ça avec les trois,
00:52:26donc j'étais la première.
00:52:29Voilà,
00:52:30elle ne souhaitait pas
00:52:31du travail.
00:52:31raconter ça.
00:52:33oui,
00:52:33oui,
00:52:33oui,
00:52:33oui,
00:52:34oui,
00:52:35parce que,
00:52:36oui,
00:52:37je pense que
00:52:37si elle avait pu,
00:52:39elle n'en aurait pas eu,
00:52:39quoi.
00:52:40Mais ce qui fait
00:52:41que je me suis...
00:52:41Alors,
00:52:41au-delà de ça,
00:52:42comme j'étais l'aînée
00:52:43et qu'elle détestait
00:52:44cette place-là
00:52:45pour des raisons
00:52:45à elle,
00:52:46personnelles,
00:52:47de son histoire personnelle,
00:52:49en fait,
00:52:49elle me la sait payer.
00:52:51Donc,
00:52:51le moindre truc,
00:52:52c'était non,
00:52:53c'était je ne veux pas,
00:52:56je ne suis pas d'accord
00:52:57avec toi.
00:52:58En fait,
00:52:58elle a toujours été
00:52:59dans l'opposition,
00:53:00le rejet
00:53:01de ce que je pouvais être,
00:53:04de ce qui aurait pu
00:53:04m'épanouir,
00:53:06même de l'affection
00:53:07que je pouvais lui porter.
00:53:09J'ai vraiment tout fait
00:53:11pendant très,
00:53:12très longtemps,
00:53:13très,
00:53:13très,
00:53:13très longtemps.
00:53:14Quand vous alliez vers elle,
00:53:15en fait,
00:53:15elle vous rejetait ?
00:53:17Oui,
00:53:17oui,
00:53:17oui.
00:53:18Donc,
00:53:18on est bien dans cette blessure-là,
00:53:22très bien,
00:53:23d'accord.
00:53:23Voilà,
00:53:23donc,
00:53:24en fait,
00:53:25je l'analyse avec beaucoup de recul
00:53:27et beaucoup de distance,
00:53:28maintenant,
00:53:30mais ce qui me chagrine,
00:53:33je peux l'avoir compris
00:53:35et avec des tas d'exemples
00:53:36de ce que j'ai pu vivre
00:53:38et observer dans ma vie
00:53:39avec elle
00:53:40et mon père,
00:53:41d'ailleurs,
00:53:43mais ça ne m'apporte pas
00:53:45de solution
00:53:45pour m'en sortir,
00:53:46en fait,
00:53:47c'est ça.
00:53:48J'en ris parce que,
00:53:49bon,
00:53:50je ne vais pas me rouler par terre,
00:53:52mais c'est vrai que ça me pèse
00:53:55de me rendre compte
00:53:56de cette idée.
00:53:56Juste peut-être
00:53:57la petite distinction.
00:53:58Dans la blessure d'abandon,
00:54:00l'effet principal,
00:54:01c'est qu'on est convaincu
00:54:02qu'on ne s'en sortira pas
00:54:04si on reste seul.
00:54:05Donc,
00:54:05on va chercher à tout prix
00:54:07à s'associer à quelqu'un d'autre
00:54:09dans le couple,
00:54:10quitte à s'hyper adapter,
00:54:12quitte à se sacrifier,
00:54:13quitte à perdre complètement
00:54:14son identité
00:54:15au profit de la fusion
00:54:16et de l'adaptation totale
00:54:18à l'autre.
00:54:19Dans le rejet,
00:54:20on est convaincu
00:54:21qu'on ne mérite pas
00:54:22d'être choisi et aimé
00:54:24et que chaque fois
00:54:25qu'on va sembler l'être,
00:54:27qu'on va penser
00:54:28que quelqu'un nous a choisi
00:54:29et que quelqu'un nous aime,
00:54:30ça va forcément finir
00:54:33par un éloignement,
00:54:36quelle que soit la façon
00:54:37dont l'autre s'éloigne.
00:54:39Donc,
00:54:39il y a cette conviction-là
00:54:40qui fait qu'on n'entre pas
00:54:41dans l'amour
00:54:43ou en tout cas pas
00:54:44avec des personnes
00:54:44avec qui c'est possible.
00:54:45on anticipe déjà la fin
00:54:47en fait,
00:54:48avant même d'avoir
00:54:48commencé l'histoire.
00:54:50Est-ce que ça correspond
00:54:51à ce qui vous arrive ?
00:54:53Oui,
00:54:53puis alors avec le temps
00:54:54qui passe,
00:54:56j'en suis de plus en plus
00:54:57désespérée entre guillemets.
00:54:59Oui,
00:54:59parce que vous venez
00:55:00confirmer votre peur
00:55:02en fait,
00:55:03avec des hommes
00:55:03qui ne peuvent pas
00:55:04vous choisir
00:55:06pour une façon
00:55:06ou pour une autre
00:55:07que vous intuitionnez.
00:55:09Ce n'est pas aussi
00:55:11concret et verbalisé
00:55:12dans votre tête.
00:55:13mais en tout cas,
00:55:14vous allez venir
00:55:15confirmer votre peur
00:55:16et vous l'anticipez.
00:55:17C'est-à-dire que ça vous donne
00:55:18l'illusion d'avoir
00:55:19une sorte de contrôle
00:55:20là-dessus.
00:55:22Vous savez à l'avance
00:55:23ce qui va se passer.
00:55:24Il faudrait presque,
00:55:25au revoir,
00:55:25faire quelque chose
00:55:26qu'on n'a pas envie de faire,
00:55:27c'est-à-dire choisir
00:55:28quelqu'un qui vraiment
00:55:28ne vous intéresse pas,
00:55:30qui n'est pas du tout
00:55:33assez bien pour vous
00:55:34et vous verriez
00:55:36que celui-là,
00:55:36il ne vous rejette pas.
00:55:38Voyez ?
00:55:38Pour perdre cette peur.
00:55:39Ça, c'est sûr.
00:55:42Je l'ai déjà vécu
00:55:43et moi,
00:55:44si je ne vibre pas
00:55:45avec la personne,
00:55:47ça me...
00:55:48Oui,
00:55:48mais ça veut dire
00:55:49que pour l'instant,
00:55:50en tant que vous laissez
00:55:51votre fonctionnement
00:55:52que vous connaissez bien
00:55:54qui est donc le rejet,
00:55:56vous n'allez pas
00:55:57vous en sortir.
00:55:58Oui,
00:55:58parce que vous allez choisir
00:55:59des personnes
00:55:59qui, indéfectiblement,
00:56:00vont vous rejeter.
00:56:02Là,
00:56:02ce qui serait intéressant,
00:56:03c'est d'abord
00:56:04d'être consciente
00:56:04de ce qui se joue pour vous,
00:56:06que c'est ça
00:56:06que vous êtes en train de faire.
00:56:07Essayez d'avoir
00:56:08le contrôle du scénario.
00:56:10Et apprendre
00:56:11le lâcher prise.
00:56:12D'abord,
00:56:12l'amour de soi.
00:56:14Et arrêtez
00:56:15de vous rejeter vous-même.
00:56:17Ça,
00:56:18j'ai bien travaillé là-dessus,
00:56:19par contre.
00:56:20Voilà,
00:56:21maintenant,
00:56:21c'est la deuxième étape.
00:56:22Je reste
00:56:24en présence de quelqu'un
00:56:26que j'aime
00:56:26et que je choisis
00:56:27et je ne décide pas
00:56:29à l'avance
00:56:29de ce qu'il va en faire.
00:56:32D'accord.
00:56:34Je le laisse vivre
00:56:35cette relation
00:56:36comme il l'entend.
00:56:37quoi.
00:56:38Rester,
00:56:39partir,
00:56:40et je n'en déduis rien
00:56:41au sujet de ma valeur
00:56:42ou de mon identité.
00:56:44C'est vrai que
00:56:45cette dernière phrase
00:56:46que vous venez de dire,
00:56:48elle me colle à la peau
00:56:49et j'ai du mal
00:56:50à m'en défaire.
00:56:51Vous avez raison.
00:56:51C'est vraiment
00:56:52la phrase de la blessure
00:56:53de Roger, ça.
00:56:54De ne pas comprendre
00:56:55qui on est
00:56:56en dehors du regard
00:56:57de l'autre.
00:56:58Donc,
00:56:58ça commence par ça.
00:56:59Apprendre à se connaître
00:57:00et à s'aimer.
00:57:02Oui.
00:57:03Parce que
00:57:05si on essaye
00:57:06d'être rationnel
00:57:07et c'est vrai
00:57:08qu'on n'est pas jamais rationnel
00:57:09quand on parle d'amour.
00:57:11Mais Aurore,
00:57:12vous choisissez,
00:57:13enfin,
00:57:13il y a un homme
00:57:14qui vous fait vibrer,
00:57:15vous décidez
00:57:16d'entrer dans la relation,
00:57:18il vous choisit,
00:57:20il accepte
00:57:20de vivre avec vous
00:57:22un moment.
00:57:23Oui.
00:57:24Donc,
00:57:24ça veut bien dire
00:57:25qu'il ne vous a pas rejeté
00:57:26puisqu'il a accepté
00:57:27de vivre avec vous.
00:57:28Et que vous êtes aimable
00:57:29et choisissable.
00:57:30Alors,
00:57:30attendez,
00:57:31laissez-moi finir.
00:57:32Et à un moment donné,
00:57:34vous mettez
00:57:34un mécanisme en place
00:57:36qui va l'obliger
00:57:37à vous rejeter.
00:57:39Comme si vous lui montriez
00:57:40le chemin.
00:57:42Vous comprenez
00:57:42ce que je veux dire ?
00:57:44Oui,
00:57:44oui,
00:57:44oui.
00:57:46Oui,
00:57:46je comprends.
00:57:47Parce que
00:57:48sinon,
00:57:50si vous rejetez
00:57:51dès le départ,
00:57:52de toute façon,
00:57:53il n'y aurait rien.
00:57:53Mais vous parlez bien
00:57:54d'histoires
00:57:55qui ont quand même
00:57:56un tout petit peu durées.
00:58:00Il y en a eu peu,
00:58:01justement.
00:58:02Moi,
00:58:02j'ai beaucoup pris
00:58:03par défaut,
00:58:03surtout à des périodes
00:58:05quand on est plus jeune
00:58:07et qu'on veut des enfants.
00:58:09Par désespoir,
00:58:10un petit peu.
00:58:10Aujourd'hui,
00:58:11je suis beaucoup plus âgée
00:58:12et je ne veux plus
00:58:14vivre les choses
00:58:14par défaut
00:58:15et par désespoir.
00:58:16Même si ça me peine,
00:58:18mais bon.
00:58:20Oui,
00:58:20mais enfin,
00:58:22on voit bien,
00:58:23je pense,
00:58:23Aurore,
00:58:24le travail qu'il faut faire.
00:58:25C'est une estime de soi
00:58:26et un amour de soi
00:58:27et une confiance en soi
00:58:28et une sécurité intérieure.
00:58:31Parce que sinon,
00:58:32forcément,
00:58:33vous allez vers des hommes
00:58:34qui ne sont pas,
00:58:36qui ne peuvent pas
00:58:37vous rendre heureuse.
00:58:39parce qu'ils ne savent pas choisir
00:58:41et qu'ils ne savent pas aimer.
00:58:42C'est probablement
00:58:43ce type d'homme-là
00:58:43que vous choisissez
00:58:44et qui vous fait vibrer.
00:58:46Et en fait,
00:58:46cette vibration,
00:58:47ce n'est pas de l'amour,
00:58:48c'est de la peur.
00:58:49Oui.
00:58:50Et puis,
00:58:51ça se rapporte peut-être
00:58:52à ce que j'ai connu
00:58:53et qui me rassure aussi,
00:58:54finalement,
00:58:55inconsciemment.
00:58:58Vous savez,
00:58:59Aurore,
00:59:00je vais lancer des fleurs
00:59:01à Ariane Calvo,
00:59:02mais c'est important
00:59:05de trouver des thérapeutes
00:59:08qui savent entendre
00:59:09et qui peuvent vous guider
00:59:11dans la bonne direction
00:59:12parce que sinon,
00:59:13vous allez ressasser
00:59:14pendant des années
00:59:15votre mère qui vous rejette,
00:59:19votre père qui vous rejette
00:59:20et puis ça ne vous fait pas avancer.
00:59:22Et puis,
00:59:22c'est impossible
00:59:23à identifier en soi.
00:59:24Même pour nous,
00:59:25les psychologues,
00:59:26on a aussi des psys,
00:59:27je le rappelle souvent,
00:59:28parce que nos zones d'ombre,
00:59:30elles sont dans l'ombre,
00:59:31précisément.
00:59:31Et sans le regard de l'autre,
00:59:33on n'y va pas.
00:59:35Oui,
00:59:36merci de ce que vous me dites
00:59:38parce que ça va m'aider
00:59:41à avancer.
00:59:43Ma vie n'est pas finie.
00:59:44Ben non,
00:59:45alors regardez-vous
00:59:46dans la glace ce soir
00:59:47et ne vous rejetez pas.
00:59:49C'est vrai.
00:59:50Et puis,
00:59:51choisissez quelqu'un
00:59:51pour vous accompagner
00:59:52sur ce chemin,
00:59:53au moins un petit bout de route
00:59:54qui vous montre
00:59:55la route.
00:59:56D'accord.
00:59:57Vers vous-même.
00:59:58Écoutez,
00:59:59oui,
00:59:59je retiendrai
01:00:00vos précieux conseils
01:00:02à toutes les deux.
01:00:03Merci.
01:00:04Merci Aurore.
01:00:05Et puis,
01:00:06dans un instant,
01:00:07on va se retrouver
01:00:08pour un sexe au conseil
01:00:09important
01:00:10puisqu'on va parler
01:00:11de l'orgasme féminin.
01:00:13Brigitte Lae et Sud Radio,
01:00:15le sexe au conseil.
01:00:17Eh bien,
01:00:18dans ce sexe au conseil,
01:00:18nous allons parler
01:00:19de l'orgasme féminin,
01:00:21n'est-ce pas ?
01:00:22Alors,
01:00:22première chose,
01:00:23évidemment,
01:00:23il est plus complexe
01:00:24par rapport
01:00:25à l'orgasme masculin
01:00:26qui est évidemment
01:00:27plus mécanique
01:00:29que l'orgasme féminin.
01:00:30Donc,
01:00:31la femme doit gérer
01:00:32quelques paramètres
01:00:33pour se libérer
01:00:35et il faut donc
01:00:36s'abandonner,
01:00:37lâcher prise,
01:00:38bon,
01:00:38tout ça,
01:00:39aujourd'hui,
01:00:39on commence à le connaître,
01:00:41on l'entend quand même
01:00:42pas mal.
01:00:43Alors,
01:00:43cela commence par laisser
01:00:44de côté
01:00:45tout ce qui se passe
01:00:46par la tête
01:00:47comme,
01:00:47zut,
01:00:48j'ai oublié
01:00:48de mettre mon téléphone
01:00:49sur vibreur,
01:00:50par exemple,
01:00:52de veiller donc
01:00:53à ce qu'il n'y ait pas
01:00:54de bruit parasite
01:00:55comme par exemple
01:00:55le chat
01:00:56qui joue avec les chaussures
01:00:57qu'on vient juste
01:00:58de laisser
01:00:59à côté
01:01:00au pied du lit.
01:01:01Non,
01:01:02ça ne sent pas le vécu
01:01:02parce que je n'ai pas de chat,
01:01:03moi,
01:01:04mais je...
01:01:04je pense que
01:01:07ça peut être
01:01:08un petit détail
01:01:09qui tue.
01:01:10Qui perturbe.
01:01:10Donc,
01:01:11le seul moyen
01:01:12de revenir
01:01:13à vos sensations
01:01:14corporelles,
01:01:15ce n'est pas
01:01:15en les formulant
01:01:16par votre pensée
01:01:18mais juste
01:01:18en ressentant
01:01:19et pour s'aider
01:01:20à ressentir,
01:01:21pour être
01:01:22dans ces sensations,
01:01:23qu'est-ce qu'on fait ?
01:01:24On respire.
01:01:25On descend dans son corps
01:01:26et on respire,
01:01:27oui.
01:01:27Oui,
01:01:28c'est ça.
01:01:28C'est-à-dire qu'on
01:01:29ressent son corps,
01:01:30on ressent,
01:01:31s'il est en train
01:01:32de vous caresser
01:01:32le genou,
01:01:33vous êtes
01:01:34votre genou
01:01:36et si vous avez
01:01:37du mal à être
01:01:37votre genou,
01:01:38vous respirez
01:01:39en mettant
01:01:39tout le souffle,
01:01:41inspiration,
01:01:42expiration
01:01:42dans le genou.
01:01:43Et c'est comme ça
01:01:44que vous allez
01:01:45ressentir
01:01:47précisément
01:01:47la caresse.
01:01:48Plus vous respirez
01:01:49lentement,
01:01:50plus vous entrez
01:01:50dans votre corps.
01:01:52quand on fait
01:01:53de la méditation
01:01:54on connaît ça
01:01:54par cœur,
01:01:55mais c'est vrai
01:01:56que c'est important
01:01:56de le dire
01:01:57au moment
01:01:57où on est en train
01:01:58d'être dans
01:01:59l'acte sexuel,
01:02:00la respiration
01:02:01permet de revenir
01:02:03aux sensations
01:02:03et au corps.
01:02:05Et ça je crois
01:02:05qu'on ne le dit pas
01:02:06très souvent.
01:02:06C'est vrai,
01:02:07alors que c'est la base
01:02:08de la méditation,
01:02:09en particulier occidentale.
01:02:11Pour pouvoir
01:02:11arrêter de penser,
01:02:13la seule façon
01:02:13qu'a l'être humain
01:02:14d'arrêter de penser,
01:02:15c'est de se concentrer
01:02:17sur les sensations
01:02:18du corps.
01:02:18Donc en fait
01:02:19c'est essentiel
01:02:20dans la recherche
01:02:21de l'orgasme.
01:02:23Alors ne vous attendez
01:02:24pas forcément
01:02:24à ce que ce soit
01:02:25facile au début,
01:02:26il va falloir peut-être
01:02:27plusieurs fois
01:02:28pour que vous y arriviez
01:02:30à lâcher la tête,
01:02:31mais si chaque fois
01:02:32que vous êtes à nouveau
01:02:33dans la pensée,
01:02:34vous revenez sur le corps
01:02:35et la respiration,
01:02:36à un moment donné
01:02:37il y a quelque chose
01:02:37qui va se libérer.
01:02:39Alors pour vous aider,
01:02:40moi je conseille souvent
01:02:40de mettre un peu de musique,
01:02:41mais des musiques
01:02:42évidemment sans parole,
01:02:44des musiques,
01:02:44vous savez,
01:02:45un peu comme il y a
01:02:46dans les salons de massage
01:02:46ou dans les...
01:02:48qui font lâcher
01:02:49l'intellect en fait
01:02:50et le mental.
01:02:51Ils font lâcher l'intellect
01:02:51parce que ça permet
01:02:52d'avoir un fond musical
01:02:54qui nous permet
01:02:56un petit peu
01:02:56de nous évader.
01:02:58Les éléments extérieurs
01:02:59doivent être assez neutres,
01:03:01pas trop de lumière,
01:03:02pas d'odeur trop forte,
01:03:04parce que tous nos sens
01:03:05peuvent nous ramener
01:03:06au mental.
01:03:07Oui.
01:03:07C'est ça qui est terrible.
01:03:08C'est-à-dire que si on est
01:03:09dans le corps,
01:03:10nos sens nous amènent
01:03:11vers la jouissance.
01:03:13si on est à l'extérieur
01:03:14du corps,
01:03:16c'est-à-dire par la tête,
01:03:17c'est-à-dire qu'on sent
01:03:18tout d'un coup
01:03:18une odeur de cuisine
01:03:19ou je ne sais quoi,
01:03:20on part du corps
01:03:22et on est dans la tête.
01:03:23Et le pire effectivement
01:03:24dans ce contexte,
01:03:24c'est le téléphone quand même.
01:03:25Parce qu'alors là,
01:03:26on remonte dans le mental
01:03:27immédiatement.
01:03:27Non mais ça,
01:03:28si vous allez faire l'amour
01:03:29et que vous laissez
01:03:30votre téléphone ouvert,
01:03:32je pense que vous avez
01:03:34envie que ça ne marche pas.
01:03:36Alors il faut être
01:03:36très entraîné.
01:03:38Oui.
01:03:39Et puis,
01:03:40il y a certaines pratiques
01:03:41qui laissent le mental
01:03:42de côté.
01:03:43Évidemment,
01:03:44le massage,
01:03:45à condition encore une fois
01:03:46de bien ressentir
01:03:47les mains du masseur
01:03:49sur son corps.
01:03:51Et puis,
01:03:53moi j'ai presque envie
01:03:54de dire,
01:03:56par exemple,
01:03:56comme si au moment
01:03:57des caresses,
01:03:58laissez-vous aller
01:03:59comme si vous aviez
01:04:01envie de dormir.
01:04:02Et si vous vous endormez,
01:04:04quelque part,
01:04:05ce n'est pas bon signe
01:04:06pour l'amant,
01:04:07mais c'est bon signe
01:04:08pour vous parce que
01:04:08ça veut dire qu'il y a
01:04:09vraiment quelque chose
01:04:09qui est à lâcher.
01:04:10Oui, c'est vrai.
01:04:11Et la prochaine fois,
01:04:13vous vous endormirez
01:04:14peut-être pas.
01:04:14Mais voilà.
01:04:16Apprendre à lâcher,
01:04:16c'est quand même la clé,
01:04:17oui.
01:04:18De l'orgasme féminin,
01:04:19c'est sûr.
01:04:20Alors là,
01:04:20il y en a peut-être
01:04:21qui sont déçus
01:04:21parce qu'ils s'attendaient
01:04:22peut-être à ce que je donne
01:04:26là, c'était vraiment
01:04:28le B à bas.
01:04:29Le contraire de la technique,
01:04:30oui.
01:04:31Voilà.
01:04:32Bon, il vous reste
01:04:33quelques minutes
01:04:34pour gagner peut-être
01:04:35avec Sud Radio
01:04:36et Passage du Désir,
01:04:38ce coffret tout shut
01:04:39que vous pouvez gagner
01:04:40depuis le début de la semaine.
01:04:42Je rappelle qu'il y a
01:04:42dedans notamment
01:04:43un œuf vibrant connecté
01:04:45et une bougie de massage.
01:04:48Moi, j'aime beaucoup
01:04:48les bougies de massage.
01:04:49Voilà.
01:04:50Donc, si vous voulez
01:04:50gagner ce coffret,
01:04:51vous envoyez Brigitte
01:04:52par SMS au 7-20-18.
01:04:55Ariane Calveau,
01:04:56on va parler
01:04:56du chagrin d'amour
01:04:57qui est quand même
01:04:58un événement traumatique
01:05:00qui peut nous emmener loin,
01:05:02voire même
01:05:02en hôpital psychiatrique.
01:05:04C'est en tout cas
01:05:05ce que raconte
01:05:06ce roman
01:05:07qui est sorti
01:05:08chez Flammarion,
01:05:10juste un chagrin d'amour.
01:05:12Elodie Wallace
01:05:13est avec nous.
01:05:14Bonjour,
01:05:14merci d'être avec nous.
01:05:16Bonjour.
01:05:16Vous êtes écrivienne,
01:05:18scénariste et comédienne.
01:05:19Oui, absolument.
01:05:20C'est vrai que
01:05:22dans votre livre,
01:05:24ça ne démarre pas très bien.
01:05:26Non, c'est ce qu'on puisse dire.
01:05:28Parce que,
01:05:28mais ce que j'ai trouvé
01:05:29vraiment intéressant,
01:05:30c'est que vous nous montrez
01:05:33tout ce que c'est
01:05:34qu'un sentiment amoureux,
01:05:38l'escalade du sentiment amoureux
01:05:40où on a l'impression
01:05:40que la vie est rose,
01:05:42etc.
01:05:44et la désescalade,
01:05:46si je puis dire,
01:05:47du sentiment amoureux.
01:05:48Parce qu'en fait,
01:05:50ça ne parle pas d'amour,
01:05:51cette histoire.
01:05:53Non, c'est ça qui est un peu paradoxal.
01:05:54C'est que finalement,
01:05:55je ne suis pas sûre
01:05:55que l'amour ce soit ça.
01:05:56Enfin, je suis même plutôt sûre
01:05:57que ça ne l'est pas.
01:05:58Et effectivement,
01:05:59je pense que l'intensité
01:06:01de cette montée,
01:06:02de cette rencontre,
01:06:03elle est proportionnelle aussi
01:06:05à l'effondrement
01:06:06qui vient après,
01:06:07au moment de la rupture.
01:06:08Et ce qui est intéressant,
01:06:09c'est que l'héroïne
01:06:11dont vous parlez
01:06:14dans cette histoire d'amour,
01:06:16à un moment donné,
01:06:17elle va chercher
01:06:18auprès d'un gourou
01:06:20l'éclairage de sa conscience,
01:06:22etc.
01:06:23Donc j'ai trouvé
01:06:24le roman assez actuel.
01:06:26Il y a beaucoup de gens
01:06:28aujourd'hui qui pensent
01:06:29que par la pleine conscience,
01:06:32le développement personnel,
01:06:33vont trouver leur vérité.
01:06:35Et c'est un petit peu,
01:06:37je ne sais pas si vous êtes d'accord
01:06:38avec ça, Ariane.
01:06:39C'est un peu dangereux.
01:06:40Parfois, il y a des choses
01:06:41très bien.
01:06:42Mais c'est un peu...
01:06:44En tout cas,
01:06:45il n'y a pas de baguette magique.
01:06:46Ce n'est pas forcément...
01:06:49Ça peut même complètement perdre
01:06:51les gens, je trouve.
01:06:52Prudence, prudence.
01:06:53C'est-à-dire que tout est
01:06:55une question de dosage aussi.
01:06:57C'est-à-dire que quand on est
01:06:58dans des moments de vulnérabilité
01:06:59comme l'est le personnage
01:07:01de mon roman,
01:07:02elle rencontre le mauvais gourou
01:07:04au mauvais moment.
01:07:05C'est-à-dire qu'elle est tellement mal
01:07:06qu'elle est prête à gober
01:07:08tout ce qu'il lui propose
01:07:09comme modèle du monde
01:07:10et comme recette magique,
01:07:12justement.
01:07:13Et elle va le suivre
01:07:14bien trop loin,
01:07:15de la même façon
01:07:15qu'elle a suivi cet homme
01:07:16qu'elle a rencontré
01:07:17bien trop loin.
01:07:18Oui, bien sûr.
01:07:19Et d'ailleurs,
01:07:20elle se retrouve...
01:07:21Vous décrivez très bien,
01:07:22d'ailleurs, je trouve,
01:07:23tout ce passage
01:07:24dans les hôpitaux psychiatriques.
01:07:29C'est à la fois drôle
01:07:31parce que ça peut vite
01:07:32devenir sordide.
01:07:34Et finalement,
01:07:35j'ai trouvé que c'était intéressant
01:07:37de voir à quel point
01:07:39il se crée presque une famille.
01:07:41Absolument.
01:07:42Alors justement,
01:07:42la question que je vous pose,
01:07:45Elodie Wallace,
01:07:46vous avez été...
01:07:48Enfin, je veux dire,
01:07:49vous avez été voir,
01:07:49vous avez...
01:07:51Oh, j'ai fait...
01:07:51Oui, j'ai été enquêtée personnellement.
01:07:54Non, j'ai fait plusieurs séjours
01:07:56en hôpital psychiatrique.
01:07:57Vous-même ?
01:07:58Moi-même, absolument, oui.
01:08:00Donc, c'est du vécu.
01:08:01Oui, oui, oui.
01:08:02C'est ce qu'on appelle
01:08:03un peu pompeusement
01:08:04l'autofiction.
01:08:05Donc, il y a un peu de fiction,
01:08:06un peu d'autobiographie.
01:08:08En tout cas, voilà,
01:08:09toute la partie
01:08:10à l'hôpital psychiatrique,
01:08:12c'est quelque chose
01:08:12que j'ai vécu.
01:08:13Et c'est vrai
01:08:13qu'on ne s'y attend pas.
01:08:14Et on ne s'y attend pas
01:08:16surtout après une rupture amoureuse.
01:08:17C'est-à-dire que moi,
01:08:18je me suis dit vraiment
01:08:19t'es une peaufille, quoi.
01:08:19Tu te retrouves à l'HP
01:08:20parce qu'un mec t'a quitté.
01:08:22Et ça ne me donnait pas
01:08:23une image de moi
01:08:24très reluisante.
01:08:25Et puis, là-bas,
01:08:26déjà, j'ai compris
01:08:27que je n'y étais pas
01:08:28juste pour un chagrin d'amour.
01:08:29Mais surtout,
01:08:30j'ai rencontré des gens
01:08:32exceptionnels,
01:08:32extraordinaires,
01:08:33d'une humanité,
01:08:34d'une authenticité
01:08:36qu'on trouve rarement
01:08:37à l'extérieur.
01:08:38Et en fait,
01:08:39je me suis retrouvée
01:08:40dans des situations
01:08:41très drôles,
01:08:41très touchantes,
01:08:42avec plein d'émotions,
01:08:43avec des excès,
01:08:45avec des coups de mou aussi.
01:08:46Mais effectivement,
01:08:47il y a une vraie solidarité
01:08:48qui se forme
01:08:49dans ce genre d'endroit
01:08:50et dans ce genre de moments de vie
01:08:51qui sont un peu difficiles.
01:08:52Oui, mais c'est très drôle.
01:08:53Ça paraît curieux
01:08:54de dire que c'est très drôle
01:08:55tout ce passage.
01:08:59Mais c'est vrai que c'est...
01:09:01Enfin, moi,
01:09:01je trouve que le livre
01:09:02est intéressant
01:09:03pour montrer à la fois
01:09:04la fragilité de l'être humain
01:09:07et en même temps,
01:09:09les ressources.
01:09:10Oui, exactement.
01:09:10Le collectif en est une.
01:09:12Et d'ailleurs,
01:09:12c'est ce qui est beau en HP,
01:09:14c'est qu'on a beaucoup d'images
01:09:16de vols au-dessus
01:09:17d'un nid de coucou,
01:09:18d'électrochocs,
01:09:18de carrelages blancs,
01:09:19de gens qui bavent.
01:09:20Il y a aussi évidemment
01:09:21des endroits comme ça,
01:09:22mais il y a des endroits
01:09:23un peu plus doux
01:09:24où effectivement,
01:09:25on peut rencontrer des gens
01:09:28qui deviennent eux-mêmes
01:09:29des ressources
01:09:29les uns les autres,
01:09:30en fait,
01:09:30les uns pour les autres.
01:09:31Il y a d'ailleurs,
01:09:32je ne sais plus comment
01:09:32elle s'appelle,
01:09:33le personnage totalement
01:09:36maquillé,
01:09:37extraordinaire.
01:09:38Christiane, oui.
01:09:40Et ça,
01:09:41je trouve que c'est un...
01:09:42Enfin, je veux dire,
01:09:43c'est en ça
01:09:43que j'ai trouvé
01:09:43le roman intéressant
01:09:44parce que vous montrez bien
01:09:47tout ce qui est
01:09:47l'être humain.
01:09:49Les aspects touchants
01:09:50en fait,
01:09:50de ce parcours-là.
01:09:51Et à quel point,
01:09:52finalement,
01:09:53l'amour est une...
01:09:55Moi, je dis souvent,
01:09:56l'amour,
01:09:56c'est un peu comme la religion.
01:09:58C'est les deux soupapes
01:10:00dont on a besoin
01:10:01pour survivre.
01:10:02Et en même temps,
01:10:04l'amour,
01:10:05ce n'est pas
01:10:06une sécurité affective
01:10:09sûre.
01:10:10Et puis,
01:10:10en même temps,
01:10:11on voit aussi
01:10:12toute la fragilité
01:10:13de la nature humaine.
01:10:16D'ailleurs,
01:10:17il y a beaucoup de femmes
01:10:18et d'hommes
01:10:19que j'ai rencontrées
01:10:19en hôpital psychiatrique
01:10:20qui étaient là
01:10:21a priori,
01:10:22suite à une rupture amoureuse
01:10:23ou suite à un divorce,
01:10:24une séparation,
01:10:26en tout cas,
01:10:26quelque chose autour
01:10:27du couple et de l'amour.
01:10:28Et c'était assez étonnant
01:10:29de voir comment,
01:10:30en fait,
01:10:31ça plonge tout le monde
01:10:32dans les affres,
01:10:33vraiment,
01:10:34de la psyché.
01:10:35Et en fait,
01:10:36on a...
01:10:37Mais tout ça,
01:10:37ce n'est pas de l'amour,
01:10:38en fait.
01:10:38C'est un déclencheur,
01:10:39j'ai l'impression.
01:10:40C'est surtout quelque chose
01:10:41qui vient...
01:10:41Enfin,
01:10:42Ariane Calvaux
01:10:42pourra le dire mieux que moi.
01:10:44C'est vrai que l'amour,
01:10:45c'est un moyen de survivre.
01:10:48Si même ça,
01:10:49ça s'en va,
01:10:50à ce moment-là,
01:10:50on peut toucher le fond, quoi.
01:10:51Oui,
01:10:52tout à fait.
01:10:53Mais là,
01:10:53j'ai l'impression
01:10:53que vous faites le distinguo
01:10:54entre sentiment amoureux
01:10:55et amour.
01:10:57Véritable ?
01:10:58Tout ça est encore
01:10:59un peu vague.
01:10:59Si quelqu'un a la réponse
01:11:00qui nous appelle,
01:11:03mais qu'est-ce que c'est
01:11:04l'amour, vraiment ?
01:11:05Je crois que l'amour,
01:11:06c'est d'abord l'amour de soi.
01:11:07Et c'est quand on est
01:11:08dans l'amour de soi
01:11:09qu'on va pouvoir avoir
01:11:10une relation d'amour
01:11:11avec l'autre.
01:11:12Tant qu'on est
01:11:13dans la recherche d'amour,
01:11:15forcément,
01:11:16on est dans la dépendance
01:11:17amoureuse.
01:11:17En tout cas,
01:11:18ce n'est pas une réparation.
01:11:19Et c'est vrai que des fois,
01:11:20dans le sentiment amoureux,
01:11:22dans les premières expériences amoureuses,
01:11:23on a l'impression
01:11:24qu'on rencontre
01:11:25et qu'on choisit
01:11:26celui qui viendra réparer
01:11:28une blessure profonde.
01:11:29Alors ça,
01:11:30ça ne peut que mal finir
01:11:32il est dans l'utilisation de vous
01:11:33pour sa blessure profonde à lui.
01:11:35Oui, c'est des blessures
01:11:35qui se rencontrent
01:11:36et qui cohabitent
01:11:37plus ou moins bien.
01:11:38Et ça finit dans un choc
01:11:38de traumatisme
01:11:40qui ne peut pas aider.
01:11:41Dans l'amour,
01:11:42il y a une forme
01:11:42d'autorisation à la liberté,
01:11:44à la joie
01:11:45et à l'autonomie
01:11:46de tout le monde
01:11:46qui fait qu'on peut échanger,
01:11:48partager, jouer,
01:11:50se soutenir
01:11:51sans dépendre
01:11:52l'un de l'autre,
01:11:53sans avoir besoin
01:11:53l'un de l'autre.
01:11:54D'ailleurs,
01:11:55le sentiment amoureux
01:11:55est un sentiment
01:11:56qui fait se sentir vivant.
01:11:58Et le problème,
01:11:59c'est quand l'autre s'en va,
01:12:01on s'éteint,
01:12:02on veut mourir,
01:12:03on veut disparaître.
01:12:04Pas tout le monde,
01:12:04heureusement.
01:12:05Mais en tout cas,
01:12:06beaucoup des gens
01:12:06que j'ai retrouvés en HP
01:12:08perdaient totalement
01:12:09leur valeur
01:12:10quand l'autre était parti.
01:12:12Et c'est là où,
01:12:13effectivement,
01:12:13pour aimer l'autre,
01:12:15il faut déjà s'aimer soi-même,
01:12:16il faut déjà prendre soin
01:12:16de soi-même.
01:12:18Bien sûr,
01:12:19mais malheureusement,
01:12:20on ne nous apprend pas
01:12:22et on sait combien de gens
01:12:24sont dans une éducation
01:12:28qui ne les a pas suffisamment aimés
01:12:30et sécurisés.
01:12:31Moi,
01:12:32je pense qu'il faut vraiment
01:12:32comprendre qu'on a besoin
01:12:33à la fois d'être aimés
01:12:34et sécurisés
01:12:35durant l'enfance.
01:12:36Et sinon,
01:12:37on a des failles
01:12:38qui se...
01:12:39En tout cas,
01:12:40c'est un roman
01:12:41qui parle d'amour,
01:12:42qui parle de la fragilité humaine.
01:12:44Ça s'appelle
01:12:45Juste un chagrin d'amour.
01:12:46C'est aux éditions Flammarion.
01:12:47C'est un roman
01:12:48qui est vraiment formidable.
01:12:49Je le conseille vraiment
01:12:50à toutes les femmes
01:12:52mais les hommes aussi
01:12:53parce que je pense
01:12:53que les hommes
01:12:54s'y reconnaîtront tout autant
01:12:55qui sont encore
01:12:56dans la dépendance amoureuse.
01:12:57Ça peut vous aider
01:12:58à voir plus clair.
01:12:59On en parle encore
01:12:59dans un instant.
01:13:00Restez avec nous
01:13:01et on se retrouve tout de suite.
01:13:0414h-16h,
01:13:05Brigitte Laé,
01:13:06Sud Radio.
01:13:07Eh bien,
01:13:08Ariane Calveau
01:13:08est avec nous
01:13:09et elle nous conseille
01:13:11de soigner
01:13:11notre enfant intérieur.
01:13:13Et nous parlons
01:13:14de ce roman
01:13:15Juste un chagrin d'amour
01:13:16qui est sorti
01:13:17aux éditions Flammarion.
01:13:18Nous sommes avec
01:13:18Elodie Wallaz.
01:13:19Vous êtes écrivaine,
01:13:21comédienne
01:13:22et romancière.
01:13:24Et c'est votre roman
01:13:27dont on parle.
01:13:29Justement,
01:13:30Ariane Calveau,
01:13:30on en a déjà parlé
01:13:31tout à l'instant.
01:13:34On voit bien
01:13:35dans l'héroïne
01:13:36à quel point
01:13:37forcément son enfant
01:13:39intérieur
01:13:39il est bien abîmé.
01:13:41Bien abîmé.
01:13:43et qu'il a cherché
01:13:44à se réparer
01:13:46avec quelqu'un
01:13:46qui semblait
01:13:49permettre
01:13:49une réparation,
01:13:50une restauration
01:13:51de ses blessures
01:13:52qu'il n'a pas pu
01:13:52lui donner.
01:13:53Et c'est très souvent ça.
01:13:55En fait,
01:13:55on se rend compte
01:13:55que ce qu'on a
01:13:56le plus de mal
01:13:57à lâcher
01:13:57dans une séparation
01:13:58amoureuse,
01:13:59ce n'est pas tellement
01:14:00la personne,
01:14:01c'est tout ce qu'on avait
01:14:02imaginé vivre
01:14:03avec la personne,
01:14:04tout ce qu'on avait voulu
01:14:05que cette personne
01:14:05nous apporte
01:14:06et qu'on aurait voulu
01:14:08vivre avec elle,
01:14:09qu'on avait pensé
01:14:09pouvoir vivre avec elle,
01:14:10qui s'éloigne.
01:14:12C'est comme si on se sentait
01:14:13complètement abandonnée
01:14:14au milieu d'un monde
01:14:15désert.
01:14:15Oui, exactement.
01:14:16C'est comme une promesse
01:14:17qui ne serait pas tenue.
01:14:18Oui, exactement.
01:14:19Ça se sent trahi.
01:14:20Quelque chose que moi
01:14:21j'ai ressenti très fort
01:14:22et que j'ai essayé
01:14:22d'écrire dans le roman,
01:14:24c'est à quel point
01:14:25cette héroïne,
01:14:25du coup,
01:14:26elle se sent abandonnée
01:14:28mais elle se sent trahie
01:14:29aussi par rapport
01:14:30à un projet commun,
01:14:31une vision commune
01:14:32qu'il avait.
01:14:32Oui, en plus,
01:14:33c'est elle qui va vers lui,
01:14:34si je me souviens bien,
01:14:35qui fait quand même
01:14:35un petit peu le premier pas.
01:14:37qui prend des initiatives,
01:14:39qui donc a envie
01:14:40de s'en sortir.
01:14:42Elle est enceinte,
01:14:43il l'oblige
01:14:45parce qu'elle n'a
01:14:46pratiquement pas le choix.
01:14:47Enfin, je veux dire,
01:14:48c'est déjà d'une violence.
01:14:49Elle aurait le choix
01:14:50de garder l'enfant
01:14:51et de s'en occuper toute seule.
01:14:52Elle fait le choix
01:14:52de ne pas se retrouver
01:14:53dans cette situation-là.
01:14:54Oui, mais vous racontez
01:14:55d'ailleurs très, très bien
01:14:56et j'ai trouvé ça
01:14:57très touchant aussi,
01:14:59la manière dont c'est un trauma,
01:15:02un IVG.
01:15:03De toute façon,
01:15:04on a beau aujourd'hui
01:15:04banaliser ça,
01:15:05ça reste pour beaucoup
01:15:06de femmes, un trauma
01:15:07et vous le racontez bien
01:15:08et c'est ça aussi
01:15:09qui, à mon avis,
01:15:12abîme votre héroïne.
01:15:14Oui, complètement.
01:15:14Et puis après,
01:15:15il revient
01:15:16et puis finalement,
01:15:17ils lui disent
01:15:18si on faisait un enfant,
01:15:19enfin, je veux dire,
01:15:19on voit bien
01:15:20que c'est un mec
01:15:20qui n'est absolument pas stable.
01:15:22Je pense que
01:15:22si on racontait
01:15:23sa version de l'histoire,
01:15:24on raconterait aussi
01:15:25celle d'un enfant
01:15:26qui est blessé,
01:15:27qui a aussi eu
01:15:29ses manques à lui
01:15:30et qui cherche en elle
01:15:31quelque chose
01:15:31à réparer
01:15:32ou à rattraper
01:15:33et ça ne se rencontre pas.
01:15:34C'est sûr.
01:15:36Et puis,
01:15:37à un moment donné,
01:15:40il ne vient pas
01:15:41parce qu'il doit garder le chat.
01:15:42Alors, excusez-moi,
01:15:43je viens de parler du chat
01:15:44dans mon sexe au conseil.
01:15:46Je veux dire,
01:15:47ça ne tient pas la route.
01:15:49Je pense que
01:15:50dans ces situations-là,
01:15:51on fait tous un peu
01:15:51ce qu'on peut.
01:15:52C'est vrai que là,
01:15:53elle est enceinte,
01:15:54ils n'habitent pas
01:15:54au même endroit,
01:15:55ils doivent prendre
01:15:56une décision assez rapidement
01:15:57parce qu'il y a des délais
01:15:58à respecter
01:15:58et puis l'obstacle majeur
01:16:00à ce moment-là,
01:16:01c'est le chat.
01:16:02C'est qui va garder le chat.
01:16:03Et c'est vrai que moi,
01:16:05je viens de la comédie
01:16:06donc j'aime beaucoup
01:16:06mettre des notes d'humour.
01:16:07Oui, d'ailleurs,
01:16:08c'est là où votre roman
01:16:10est réussi
01:16:10parce que l'histoire,
01:16:11elle est plutôt triste
01:16:13mais ça se lit bien
01:16:14et avec plaisir
01:16:15parce qu'il y a des tas
01:16:15de choses drôles.
01:16:16Et la question du chat
01:16:17est capitale.
01:16:18Oui, franchement.
01:16:19qui garde le chat
01:16:20dans ces moments-là.
01:16:21J'adore les animaux
01:16:22mais franchement,
01:16:23il y a un moment
01:16:23où il faut arrêter.
01:16:26Moi aussi,
01:16:26mais depuis,
01:16:27j'ai pris un chien quand même.
01:16:29Oui, mais c'est encore
01:16:30plus difficile
01:16:30à faire garder qu'un chat.
01:16:31Oui, ça c'est sûr.
01:16:32Surtout que moi,
01:16:33j'en ai deux dos.
01:16:34Faites petits bras,
01:16:35moi j'en ai quatre.
01:16:37Oui, je suis petite joueuse,
01:16:39effectivement.
01:16:40Vous avez raison,
01:16:40au moins les chiens
01:16:41ne nous abandonnent pas.
01:16:42Non, ça c'est sûr.
01:16:43On peut compter
01:16:44sur leur amour.
01:16:45Ce sont des supports
01:16:45de résilience extraordinaire.
01:16:47Bon, non, mais revenons
01:16:48à votre roman.
01:16:50C'est pareil,
01:16:51franchement,
01:16:52vous savez,
01:16:53écrire des choses
01:16:54qui sont difficiles,
01:16:56qui sont dures
01:16:57et avec beaucoup d'émotion
01:16:59et beaucoup d'humour
01:17:01et je pense que c'est ça
01:17:02qui rend votre roman
01:17:02tout à fait intéressant
01:17:04parce que je pense que
01:17:06l'humour,
01:17:08Ariane Calvo,
01:17:09c'est une des rares
01:17:11défenses positives.
01:17:12C'est une thérapie incroyable
01:17:13et un support de résilience
01:17:15très très très précieux.
01:17:16Nous, on rit beaucoup
01:17:17en psychothérapie
01:17:18avec mes patients
01:17:18et patientes
01:17:19et en fait,
01:17:20les collègues se posent
01:17:21toujours la question
01:17:22pourquoi on entend
01:17:22des éclats de rire
01:17:23dans mon cabinet
01:17:24alors que je suis quand même
01:17:24spécialisée en psychotraumatisme ?
01:17:27Parce que ça aide
01:17:28énormément
01:17:28et l'autodérision
01:17:30et le fait de voir
01:17:31du cocasse
01:17:32dans des situations
01:17:32parfois dramatiques.
01:17:34En fait,
01:17:35ça aide à prendre
01:17:35de la distance.
01:17:36Je voudrais revenir
01:17:37sur quelque chose.
01:17:38Ce n'est pas seulement
01:17:39qu'on ne se rencontre pas
01:17:41quand on se choisit
01:17:42surtout pour réparer
01:17:43ses blessures,
01:17:44c'est qu'on finit
01:17:44par se détester
01:17:45parce qu'en fait,
01:17:47quand l'autre n'entre pas
01:17:48dans notre scénario,
01:17:49dans celui qu'on veut
01:17:49absolument qu'il nous donne,
01:17:52ça crée une frustration
01:17:53qui entraîne
01:17:54une forme de haine
01:17:55et de rage
01:17:57qui est complètement
01:17:57destructrice
01:17:58parce que
01:17:58quand on donne
01:18:00de l'amour à l'autre,
01:18:00on n'a pas envie
01:18:01d'avoir de la rage
01:18:02en retour.
01:18:02Au contraire.
01:18:03Et en fait,
01:18:04on s'embarque
01:18:05dans un cercle vicieux
01:18:06qui fait que ça ne peut
01:18:07que mal finir
01:18:08dans un déchirement.
01:18:09alors que l'amour véritable,
01:18:11même quand on en finit
01:18:12par se séparer
01:18:13parce que ça ne fonctionne
01:18:14pas concrètement,
01:18:15on n'est pas obligé
01:18:16de se détester.
01:18:17On peut tout à fait
01:18:18se quitter dans l'amour.
01:18:19Complètement.
01:18:19Et d'ailleurs,
01:18:21dans le livre,
01:18:22j'évoque une très belle relation
01:18:23que le personnage a
01:18:24avec un ancien amoureux
01:18:26avec qui elle est restée
01:18:27très longtemps
01:18:28et qui fait partie
01:18:29de sa vie
01:18:30comme un pilier
01:18:31qui est là
01:18:31dans ces moments difficiles
01:18:33et qui est,
01:18:33pour moi,
01:18:34presque l'amour véritable,
01:18:36c'est ça.
01:18:36C'est d'être capable
01:18:37de rester dans la vie
01:18:38l'un de l'autre
01:18:39pour qui on est,
01:18:40au-delà de la relation
01:18:42de couple.
01:18:43Et c'est là où moi
01:18:44je fais vraiment la différence
01:18:45avec ce qui est
01:18:45de l'ordre de la dépendance affective.
01:18:47On vient remplir
01:18:48son pot d'amour
01:18:49en piochant dans le pot de l'autre.
01:18:51Non mais il est évident
01:18:52que si on déteste un ex,
01:18:54sauf s'il a été toxique,
01:18:56violent,
01:18:56etc.
01:18:57Mais si on déteste son ex,
01:18:59c'est qu'il y a quelque chose
01:19:00qui ne va pas
01:19:01et il faut se poser la question
01:19:03pourquoi on déteste un ex,
01:19:05il n'y a pas de raison.
01:19:05Un ex,
01:19:06normalement,
01:19:07on l'a aimé.
01:19:07C'est aimé, oui, c'est ça.
01:19:08On peut éventuellement
01:19:10être indifférent
01:19:11mais on ne doit pas le détester.
01:19:12Oui, mais je crois
01:19:13qu'on en revient
01:19:13à cette promesse
01:19:14qui n'est pas tenue
01:19:15ou ce sentiment de trahison
01:19:16mais où le point de départ
01:19:17est un malentendu,
01:19:19en fait, souvent.
01:19:20C'est-à-dire qu'on a l'impression
01:19:20qu'on se met ensemble
01:19:21pour être heureux
01:19:22et pour vivre une histoire
01:19:23mais chacun a sa version
01:19:24de l'histoire.
01:19:24Donc,
01:19:25ça crée des malentendus, quoi.
01:19:28C'est toujours la même chose.
01:19:30Qu'est-ce qu'on va chercher
01:19:31dans l'amour ?
01:19:32Qu'est-ce qu'on va chercher
01:19:33chez l'autre ?
01:19:34Et puis,
01:19:35de toute façon,
01:19:36ça démarre toujours très fort
01:19:38parce que, justement,
01:19:40on sent qu'on va trouver
01:19:41ce dont on a besoin
01:19:43mais quand on va vers l'autre
01:19:45par besoin,
01:19:46on est souvent déçus, évidemment.
01:19:48Le sauvetage n'est pas toujours
01:19:49à la hauteur.
01:19:50On cherche à être sauvé,
01:19:50Qui l'autre a ses propres besoins aussi
01:19:52auxquels on ne peut pas
01:19:53forcément répondre.
01:19:54Vraiment.
01:19:56Alors,
01:19:56dans l'hôpital psychiatrique,
01:19:59il y a plein de personnages
01:20:00qui sont...
01:20:01Alors,
01:20:01il y a de tout
01:20:02mais c'est vraiment comme ça.
01:20:04On a à la fois des gens
01:20:05qui...
01:20:06On a l'impression
01:20:06qu'ils sont là pour la vie, quoi.
01:20:09Ils font partie du décor.
01:20:11Ils font partie du décor
01:20:12et on a des personnes
01:20:14qui sont,
01:20:15j'allais presque dire,
01:20:19peut-être pas géniales
01:20:20mais en tout cas,
01:20:21dans cette folie
01:20:23qui donne envie
01:20:24d'en faire quelque chose, quoi.
01:20:27En tout cas,
01:20:27ce qui réunit
01:20:28tous ces personnages,
01:20:29c'est leur hypersensibilité
01:20:30et qui leur joue des tours
01:20:33la plupart du temps
01:20:34et c'est la raison
01:20:34pour laquelle
01:20:34ils se retrouvent souvent
01:20:35suite à des événements
01:20:36de vie hospitalisés.
01:20:37C'est qu'ils sont tellement sensibles
01:20:39qu'en fait,
01:20:39tout est violent,
01:20:41tout est trop,
01:20:42en fait, pour eux.
01:20:44Mais du coup,
01:20:45ça leur donne aussi
01:20:45une vision du monde,
01:20:47une approche des choses,
01:20:48une sensibilité,
01:20:49un rapport à l'autre
01:20:50qu'on ne voit pas beaucoup
01:20:51en dehors
01:20:52parce qu'il y a
01:20:52les masques sociaux,
01:20:53parce qu'il y a
01:20:54la bienséance,
01:20:56les règles sociales
01:20:57et c'est vrai
01:20:58qu'à l'hôpital psychiatrique,
01:20:59on peut être
01:21:00soi-même entièrement
01:21:01et les autres
01:21:02vous acceptent
01:21:03entièrement comme vous êtes
01:21:04et ça crée
01:21:05des moments
01:21:06vraiment magnifiques.
01:21:07Ça donne presque
01:21:08envie d'y aller.
01:21:09Presque.
01:21:10Mais vous savez
01:21:10que parfois,
01:21:11ça me manque.
01:21:11Parfois,
01:21:12quand je ne vais pas bien,
01:21:12j'aimerais qu'on me décharge
01:21:14de moi-même.
01:21:16Je dis ça,
01:21:17mais je ne le dis pas
01:21:17vraiment en plaisantant.
01:21:19Est-ce qu'il n'y a pas
01:21:20moyen dans notre société
01:21:21qui ne va pas bien,
01:21:22on sait qu'il y a
01:21:23de plus en plus de gens
01:21:23qui ne vont pas bien,
01:21:24de créer des lieux
01:21:25comme ça
01:21:26ou qui ne soient pas
01:21:27des hôpitaux psychiatriques
01:21:28forcément,
01:21:29mais des lieux
01:21:29où on pourrait
01:21:30juste se retrouver
01:21:32et puis être un peu fou,
01:21:33être un peu...
01:21:34Je veux dire,
01:21:35on savait qu'à l'époque,
01:21:36il y avait le carnaval,
01:21:38il y avait des choses
01:21:38comme ça.
01:21:39Je trouve que notre société
01:21:40perd de ces espaces
01:21:42où on peut être
01:21:43un peu fou
01:21:44et tous ensemble.
01:21:47Il y a un lieu
01:21:47qui s'appelle
01:21:48la Maison Perchée
01:21:49à Paris
01:21:50qui est très bien pour ça
01:21:51et notamment pour les jeunes
01:21:52qui ne savent pas vraiment
01:21:54vers qui se tourner
01:21:55et pour les parents,
01:21:56pour les accompagnants aussi
01:21:57et qui est un endroit
01:21:58où je pense qu'on peut
01:21:59retrouver cette forme
01:22:00de liberté
01:22:00et de bienveillance.
01:22:02Quoi qu'il arrive,
01:22:03on est tous dans le même bateau
01:22:04et c'est OK.
01:22:06Bon, en tout cas,
01:22:07j'ai beaucoup aimé votre livre.
01:22:08Vous l'avez compris,
01:22:08je le conseille.
01:22:09Ça s'appelle juste
01:22:10un chagrin d'amour.
01:22:11C'est nos éditions Flammarion.
01:22:13Merci, Elodie.
01:22:13Merci à vous.
01:22:15Nous le présenter.
01:22:16Ariane Calvo,
01:22:16je vous aime beaucoup.
01:22:17Vous le savez.
01:22:18Moi aussi, je vous aime, Brigitte.
01:22:19On s'aime.
01:22:20On est plein d'amour.
01:22:22C'est ça.
01:22:23Tout de suite,
01:22:24vous retrouvez
01:22:26Alexandre Dolevan
01:22:26pour C'est votre avenir.
01:22:28Lundi,
01:22:28nous retrouvons
01:22:29Yves-Alexandre Talman.
01:22:30Il a toujours une vision
01:22:31assez particulière.
01:22:33Moi aussi, j'aime bien.
01:22:34Et on va parler
01:22:35de la culpabilité.
01:22:36On va essayer
01:22:36de comprendre
01:22:37pourquoi la culpabilité
01:22:38est un handicap au bonheur.
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