- il y a 2 jours
Avec Charles-François Mathis, Professeur d’Histoire à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et Steve Hagimont, Maitre de conférences en Histoire à Sciences Po Toulouse
Animation de Luc Daireaux, Professeur agrégé et docteur en histoire, auteur de Chemins d’histoire, podcast d’actualité historiographique
Quelle est la part de responsabilité des sociétés occidentales dans la crise environnementale actuelle ? C’est la question que pose l’ouvrage collectif La Terre perdue, dans lequel une trentaine d’historiens analysent avec précision et nuance l’histoire des rapports entre la culture occidentale et la nature au cours des trois derniers siècles. En analysant l’évolution de différents espaces (forêts, rivières, mers, campagnes...) mais aussi diverses façons de se relier au monde naturel (la politique, l’économie, la guerre, le tourisme etc.), ils essayent de comprendre les dynamiques enclenchées depuis la fin du XVIIIe siècle pour en montrer la contingence et, ce faisant, peut-être, offrir des pistes pour le futur.
Animation de Luc Daireaux, Professeur agrégé et docteur en histoire, auteur de Chemins d’histoire, podcast d’actualité historiographique
Quelle est la part de responsabilité des sociétés occidentales dans la crise environnementale actuelle ? C’est la question que pose l’ouvrage collectif La Terre perdue, dans lequel une trentaine d’historiens analysent avec précision et nuance l’histoire des rapports entre la culture occidentale et la nature au cours des trois derniers siècles. En analysant l’évolution de différents espaces (forêts, rivières, mers, campagnes...) mais aussi diverses façons de se relier au monde naturel (la politique, l’économie, la guerre, le tourisme etc.), ils essayent de comprendre les dynamiques enclenchées depuis la fin du XVIIIe siècle pour en montrer la contingence et, ce faisant, peut-être, offrir des pistes pour le futur.
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00:00:08La Terre perdue, une histoire de l'occident et de la nature, 18e, 21e siècle, chez Talendier.
00:00:13Un ouvrage sous la direction de Steve Agimont.
00:00:16Steve Agimont, maître de conférence en histoire à Sciences Po Toulouse, donc à votre gauche.
00:00:22Et Charles-François Matisse, est-ce qu'on doit encore le présenter dans le cadre d'une conférence du comité
00:00:29d'histoire ?
00:00:30Professeur des universités à Paris 1 à Panthéon-Sorbonne et président du conseil scientifique du comité d'histoire ministériel.
00:00:40Alors, ils sont là aujourd'hui pour nous présenter cet ouvrage collectif, pour en fait discuter de la relation de
00:00:49l'Occident à la nature.
00:00:50Des relations, d'ailleurs, des relations de l'Occident à la nature, qui nous permettent quand même de mieux comprendre
00:00:58aujourd'hui et peut-être demain.
00:01:02Il y a aussi cette ambition et c'est un ouvrage collectif dans lequel on retrouve un grand nombre d
00:01:09'historiens familiers pour nous
00:01:14et qui sont pour une bonne partie membres du comité d'histoire de l'environnement et du développement durable,
00:01:19puisqu'on, je vais quand même les citer, on retrouve Anne-Claude Ambroise-Rendu, Renaud Bécaud, membre du comité scientifique,
00:01:27Jean Bérard, Hélène Blais, Christophe Bonneuil, Martine Chalvet, Patrick Fournier, Jean-Baptiste Fressot, Stéphane Frioux, Frédéric Grabert,
00:01:35Romain Granchet, membre aussi du conseil scientifique du comité d'histoire, Sébastien François Jarry,
00:01:41qui va venir l'an prochain nous présenter son dernier ouvrage, celui-là, sur l'histoire des conflits environnementaux en
00:01:50France
00:01:50depuis la fin du 18e ou le début du 19e, je ne sais plus, mais en gros depuis 200 ans.
00:01:56Fabien Locher, Rémi Lulia, Rémi Lulia aussi membre du conseil scientifique du comité d'histoire,
00:02:02président de la Société Nationale de Protection de la Nature et professeur agrégé et docteur en histoire,
00:02:07Corinne Marach, Raphaël Moreira qui est intervenu, Raphaël Moreira, l'année dernière,
00:02:13Giacomo Parinello, Emiliane Pépi, membre du conseil scientifique du comité d'histoire,
00:02:18Violette Pouillard, elle aussi membre, Solène Rivoal qui est intervenue en décembre dernier,
00:02:25Marc Stoll, Anna Prespeuch-Bertelot, Julien Vincent qui est intervenu au début de l'année
00:02:31pour la présentation d'une histoire environnementale de la France pour le tome 1,
00:02:37Alexis Vrignon, encore un membre du conseil scientifique du comité d'histoire,
00:02:41et Estelle Zong-Mangal.
00:02:44Donc un ouvrage collectif comme c'est souvent le cas lorsqu'on aborde des sujets ambitieux
00:02:51comme celui quand même de traiter des relations de l'Occident avec la nature,
00:02:58j'aurais dit d'ailleurs avec les natures et je suis sûr qu'il y a eu une discussion à
00:03:01ce sujet
00:03:02et qu'on est resté sur ce titre qui est quand même plus vendeur,
00:03:05mais je pense que les natures est aussi plus juste parce que c'est différentes conceptions,
00:03:10suivantes visions, représentations de la nature qui sont traitées dans cet ouvrage.
00:03:16Et je vous remercie beaucoup d'être là pour le présenter,
00:03:19un ouvrage qui vraiment permet aussi d'ouvrir un petit peu notre horizon.
00:03:25On n'est pas sûr de l'histoire des politiques publiques comme on peut le faire
00:03:29au comité d'histoire, au street, au sensu,
00:03:32même si le rôle des acteurs sur l'environnement et dont les acteurs publics,
00:03:38les administrations et les poétiques publiques sont quand même traités,
00:03:41mais ce n'est pas le cœur de l'ouvrage.
00:03:43Et je remercie encore Luc Desraux,
00:03:45Luc Desraux qui cette année a énormément donné de sa personne
00:03:48pour présenter cet ouvrage.
00:03:52Luc Desraux qui est professeur d'histoire en lycée
00:03:57et qui est l'auteur du podcast Chemin d'Histoire,
00:04:00qui est un podcast d'actualité historiographique.
00:04:05Et d'ailleurs, vraiment, je vous invite à aller sur le site chemindhistoire.fr
00:04:09car là, il nous fait le plaisir quand même cette année
00:04:13de présenter quatre ouvrages quand même, Luc,
00:04:16mais il traite de l'histoire en général.
00:04:19C'est-à-dire que sur Chemin d'Histoire,
00:04:20vous avez vraiment des ouvrages qui ne traitent pas que d'histoire environnementale
00:04:24ou des politiques du pôle ministériel.
00:04:27Et on a aussi même de l'histoire médiévale,
00:04:29l'histoire antique, etc.
00:04:31Voilà, donc je laisse la parole à Luc
00:04:34et je vous remercie encore tous les trois d'être présents aujourd'hui
00:04:38parce qu'il faut le dire quand même,
00:04:40on pressurise quand même les invités du comité d'histoire
00:04:44parce que Charles-François Maty, je te remercie encore.
00:04:47Tu donnes beaucoup de ta personne, vraiment.
00:04:49En tant que président du Conseil scientifique,
00:04:51tu es beaucoup intervenu, tu es très disponible.
00:04:54Et pour ce qui est visible,
00:04:55c'est-à-dire aussi les conférences, les pédéjeuners, etc.
00:04:58Mais aussi pour tout ce qui est invisible,
00:05:00vraiment, je te remercie beaucoup.
00:05:02Luc, tu as beaucoup donné cette année pour animer.
00:05:05Et puis Steve aussi, merci encore d'être membre du Conseil scientifique.
00:05:10Ta voix est aussi précieuse au Conseil scientifique.
00:05:14Voilà, je te laisse la parole à Luc.
00:05:17Merci beaucoup.
00:05:18On pourrait peut-être commencer, si vous voulez,
00:05:20Charles-François Maty et Steve Agimond,
00:05:22par cette première vignette,
00:05:26où on voit les deux couvertures successives de l'ouvrage.
00:05:31Donc la première édition,
00:05:33parue en 2025 et puis l'édition de Poche,
00:05:37qu'est-ce qu'elles disent de votre projet, finalement ?
00:05:42Elles disent des choses à la fois semblables et différentes,
00:05:45je ne sais pas, mais est-ce que vous voulez,
00:05:47peut-être, Charles-François Maty,
00:05:49commenter un petit peu ce que nous disent ces images ?
00:05:51Et puis on voit aussi qu'il y a une petite différence de titre.
00:05:55Alors, déjà, il y a eu beaucoup de discussions sur le titre
00:05:59entre nous et avec l'éditeur.
00:06:02Est-ce que La Terre perdue,
00:06:04c'est un titre qu'on a élaboré avec Steve,
00:06:08qui nous plaisait beaucoup,
00:06:10mais qui a suscité quelques réticences de la part de l'éditeur
00:06:12qui nous disait, mais on n'y comprend rien,
00:06:14on ne sait pas de quoi ça parle.
00:06:15Donc, d'où évidemment le sous-titre
00:06:17Une histoire de l'Occident et de la nature,
00:06:18qui était censé expliciter les choses,
00:06:21visiblement pas suffisamment,
00:06:22ce qui fait que quand le livre est paru en poche,
00:06:25l'éditeur a préféré un titre un peu plus neutre,
00:06:27peut-être, un petit peu moins angoissant que La Terre perdue,
00:06:30donc l'histoire de la nature en Occident.
00:06:33Alors, malgré tout, on tient, je crois,
00:06:36à la première version, à La Terre perdue,
00:06:38parce que, vous entendez bien,
00:06:41parce que ça fait un écho bizarre.
00:06:43Ce titre suggérait deux choses pour nous.
00:06:45D'un côté, un rapport à La Terre, à l'environnement,
00:06:50qui serait assez propre à l'Occident
00:06:53et qui reposerait sur l'invisibilisation des conséquences de nos actions
00:06:58et de nos modes de vie sur l'environnement.
00:07:01C'est-à-dire, perdre la Terre,
00:07:02c'est oublier que nous en sommes dépendants,
00:07:04que nous reposons sur elle
00:07:06et que la moindre de nos actions, évidemment,
00:07:09a un effet sur elle.
00:07:10Et le deuxième sens auquel on tenait,
00:07:14c'était un peu la conséquence de ce rapport de détachement,
00:07:18disons, au monde.
00:07:19C'est les conséquences,
00:07:20c'est-à-dire le fait qu'on est en train de perdre une Terre habitable
00:07:23du fait du dérèglement climatique,
00:07:24de l'érosion, de la biodiversité,
00:07:26de toutes les crises environnementales que nous traversons.
00:07:29Et le sous-titre et ensuite le titre de la version de poche
00:07:34visait à montrer notre ambition
00:07:36qui était de travailler sur les raisons de ce détachement
00:07:39et de cette destruction
00:07:40à travers trois siècles d'histoire de l'Occident
00:07:43dans son rapport à la fois matériel,
00:07:46très concrètement,
00:07:47comment les pays occidentaux ont transformé
00:07:50le monde naturel depuis trois siècles
00:07:52et puis aussi dans une dimension plus idéale, imaginaire,
00:07:55quelles sont les représentations qui ont porté
00:07:57ce rapport au monde naturel depuis trois siècles.
00:08:00Je ne sais pas si tu veux ajouter quelque chose ?
00:08:02Non, simplement sur les images choisies,
00:08:05on a eu de longs échanges
00:08:08pour trouver la bonne image
00:08:10qui conviendrait bien avec le maquettage du titre
00:08:12et sans rentrer trop dans les détails,
00:08:15là, simplement, la première image
00:08:17où on voit la Terre perdue
00:08:19qui pourrait apparaître comme des nuages
00:08:22vus du ciel, c'est une photo de Thomas Pesquet.
00:08:26Eh bien, en fait, ce sont des incendies,
00:08:28de grands incendies qui, voilà,
00:08:30depuis l'espace se voient parfaitement bien.
00:08:34La deuxième image montre une nature
00:08:38davantage géométrique
00:08:41avec cette rivière
00:08:42dont on se demande si c'est encore
00:08:44son séméandre naturel,
00:08:46mais on voit bien qu'elle est complètement
00:08:48canalisée, maîtrisée par ailleurs.
00:08:50Donc, c'est une nature entièrement
00:08:53maîtrisée, mais qu'on pourrait appeler
00:08:54quand même nature,
00:08:55puisque c'est une image de la campagne
00:08:57et que, dans l'esprit commun, disons,
00:09:00eh bien, la campagne est associée à la nature.
00:09:02Bon, voilà, deux types d'images
00:09:03pour envoyer à aussi des chapitres différents
00:09:05dans l'ouvrage.
00:09:06Merci.
00:09:07Alors, dans votre...
00:09:08Vous partez, alors c'est intéressant,
00:09:10alors là, je l'ai mis en intégralité,
00:09:12mais vous partez d'un texte
00:09:15qui interpelle,
00:09:17puisque c'est un texte qui date
00:09:18du début du XXe siècle
00:09:19de Jean-Baptiste Delamarque
00:09:22et qui ne départ pas
00:09:23dans notre actualité.
00:09:25Enfin, on pourrait dire
00:09:26qu'il a quelque chose
00:09:27de très moderne.
00:09:28J'imagine que c'est pour ça
00:09:29que vous l'avez voulu le placer
00:09:31au début du livre,
00:09:32Charles-François Mathis.
00:09:33C'est ça l'intention ?
00:09:34Alors, en fait,
00:09:35comme c'est Steve qui l'a trouvé,
00:09:36peut-être que je peux donner...
00:09:37C'est toi qui l'a trouvé.
00:09:38Non, figure-toi que c'est toi.
00:09:39C'est toi, c'est toi
00:09:40qui étais tombé sur cette...
00:09:42C'est une note de backpage
00:09:43au tout début de cet ouvrage
00:09:44de Jean-Baptiste Delamarque
00:09:48et je suis peut-être
00:09:49allé chercher la citation
00:09:50dans son intégralité,
00:09:51mais c'est toi
00:09:52qui avais trouvé cette citation
00:09:54qui effectivement
00:09:55fait directement écho au présent.
00:09:56Mais toute notre volonté,
00:09:59c'est de montrer à la fois
00:09:59qu'il y a des continuités
00:10:00et que les inquiétudes
00:10:01ne sont pas nouvelles,
00:10:04mais de pouvoir,
00:10:05au fil des chapitres,
00:10:08recontextualiser ce type de propos
00:10:09quand il est question
00:10:10de stérilité de ce sol.
00:10:11Il y a tout un rapport
00:10:13à la forêt qui est présente
00:10:14par exemple dans cette...
00:10:15qui est sous-entendue
00:10:16dans cet extrait
00:10:17et qu'on essaye
00:10:19dans la suite de l'ouvrage
00:10:20de déconstruire,
00:10:21de recontextualiser
00:10:21pour montrer que
00:10:22on s'inquiète
00:10:23pour les transformations
00:10:24majeures de l'environnement
00:10:26depuis un certain temps.
00:10:27La colonisation a été
00:10:28un élément majeur là-dedans
00:10:29et les effets
00:10:30de la colonisation européenne,
00:10:33mais qu'il y a,
00:10:34qu'il faut à chaque fois
00:10:34remettre en contexte
00:10:36ces préoccupations.
00:10:38Oui, c'est quand même
00:10:39des grands apports
00:10:40de l'histoire environnementale
00:10:41et si vous avez assisté
00:10:42aux conférences présentant
00:10:44l'histoire environnementale
00:10:44de la France
00:10:45dans ses trois volumes,
00:10:47l'un des objectifs
00:10:48de ces volumes
00:10:48et aussi de la Terre perdue
00:10:49et de toute l'histoire
00:10:51environnementale,
00:10:51c'est de rappeler
00:10:52qu'il n'y a pas
00:10:52une prise de conscience
00:10:53générale des problèmes
00:10:54environnementaux
00:10:55dans les années 1970,
00:10:56mais qu'on a des façons
00:10:58d'envisager l'environnement
00:11:01et sa dégradation
00:11:02par les sociétés humaines
00:11:03depuis bien longtemps,
00:11:04au minimum de siècles
00:11:05et probablement avant,
00:11:06mais que comme le dit Steve,
00:11:08évidemment à chaque fois,
00:11:10ces alertes doivent être remises
00:11:12dans leur contexte,
00:11:13renvoient à une certaine
00:11:13conception de l'environnement
00:11:15et des rapports des sociétés
00:11:16humaines avec cet environnement,
00:11:17mais c'est vrai que cette citation-là
00:11:19était tellement incroyable,
00:11:20je ne sais pas si vous avez
00:11:21le temps de la lire
00:11:21pendant qu'on bavasse,
00:11:22mais quand on la lit,
00:11:25on pourrait très bien
00:11:26la réécrire aujourd'hui
00:11:27et elle aurait pleinement
00:11:28son sens.
00:11:30Alors c'est intéressant
00:11:31parce qu'au tout début
00:11:32de votre ouvrage,
00:11:33à la suite immédiatement
00:11:34de cette citation
00:11:36et du commentaire
00:11:37que vous faites,
00:11:38vous introduisez
00:11:39l'expression anthropocène
00:11:41et donc là,
00:11:41on voit bien la,
00:11:43comment dirais-je,
00:11:44la succession
00:11:45des analyses dans le temps,
00:11:46c'est-à-dire que l'expression
00:11:47elle est relativement récente,
00:11:49mais la prise de conscience
00:11:50elle est bien ancienne.
00:11:51Vous jouez un petit peu
00:11:52sur cette chronologie-là
00:11:53et c'est important de le faire
00:11:55dans le cadre de votre livre aussi,
00:11:57bien sûr,
00:11:57de jouer sur les chronologies.
00:11:59Quand on pose des mots
00:12:00sur les choses,
00:12:00ça ne veut pas dire
00:12:01que le phénomène débute,
00:12:03il est parfois très ancien.
00:12:05Oui,
00:12:05mais il fallait aussi
00:12:08qu'on arrive
00:12:09à justifier notre chronologie
00:12:10parce qu'on s'est aussi
00:12:11beaucoup posé la question.
00:12:12Ce livre initialement
00:12:13est une commande
00:12:14de l'éditeur,
00:12:16enfin de l'éditrice
00:12:16en l'occurrence,
00:12:17et qui m'avait proposé
00:12:19initialement
00:12:19une histoire
00:12:20des hommes et de la nature
00:12:21depuis l'Antiquité.
00:12:22Et là,
00:12:22je lui ai dit que,
00:12:23bon,
00:12:23il y avait déjà des choses
00:12:24qui avaient été faites
00:12:24et que c'était un petit peu
00:12:25ambitieux quand même
00:12:26et donc en en discutant
00:12:28avec elle,
00:12:28avec Steve,
00:12:29on a fini par réduire
00:12:30la focale un tout petit peu,
00:12:32c'est déjà très vaste
00:12:35et la question était
00:12:36évidemment,
00:12:36quand est-ce qu'on commence ?
00:12:37Quand est-ce qu'il y a
00:12:38ce rapport singulier
00:12:39ou pas de l'Occident
00:12:40et de la nature ?
00:12:41Quand est-ce que ça fait sens
00:12:43de l'évoquer ?
00:12:44Et on a choisi donc
00:12:45la deuxième moitié
00:12:46du XVIIIe siècle
00:12:47au début du XIXe,
00:12:48en partie pour les raisons
00:12:51qui ont donné naissance
00:12:53à la notion d'anthropocène,
00:12:55c'est-à-dire,
00:12:56notamment,
00:12:57ça c'est un peu mon dada,
00:12:58mais le recours
00:12:59aux énergies fossiles
00:13:00qui, à mon sens,
00:13:00change profondément
00:13:02le rapport au monde naturel
00:13:03et l'impact de l'humanité
00:13:04sur ce monde naturel,
00:13:05mais aussi l'envol
00:13:06des impérialismes,
00:13:08mais aussi les transformations
00:13:09du capitalisme,
00:13:11et j'en oublie peut-être encore,
00:13:12et les progrès des sciences naturelles
00:13:14qui font qu'il y a bien
00:13:15un autre sens,
00:13:16quelque chose qui se joue
00:13:17dans cette deuxième moitié
00:13:19du XVIIIe siècle,
00:13:19début du XIXe,
00:13:20qui singularise
00:13:21le rapport occidental
00:13:22et qu'on peut appeler
00:13:23anthropocène.
00:13:24Alors, si on regarde
00:13:25un petit peu les enjeux du livre,
00:13:28alors, vous dites
00:13:29entreprendre une histoire
00:13:30des rapports à la nature
00:13:31du point de vue occidental,
00:13:33donc ça c'est intéressant,
00:13:34c'est donc à la fois
00:13:35restituer la façon
00:13:36dont la nature a été
00:13:37instrumentalisée
00:13:38et rendre compte
00:13:38des dispositions
00:13:39à considérer la nature
00:13:40comme vivante.
00:13:41vous tenez beaucoup
00:13:42à cette espèce
00:13:44de balancier,
00:13:46et ensuite vous expliquez
00:13:48que la nature
00:13:49c'est une catégorie
00:13:51plutôt souple,
00:13:52un ensemble d'éléments
00:13:54impossibles à isoler
00:13:55qu'à relier.
00:13:55L'idée de relation
00:13:56est très importante,
00:13:58enfin il faut
00:13:59apposer des a priori
00:14:01sur cette notion de nature
00:14:02et ça c'est très important.
00:14:04Donc il y a cette idée
00:14:05de cette forme de souplesse
00:14:07de l'analyse,
00:14:08du raisonnement,
00:14:08il faudrait peut-être
00:14:09bien expliquer ça
00:14:10à notre public,
00:14:11comment vous approchez
00:14:13les choses,
00:14:13cette histoire des rapports,
00:14:14comment vous la construisez,
00:14:15je ne sais pas si Steve
00:14:16veut un peu...
00:14:17Oui, on avait envie
00:14:19de montrer
00:14:21que cette...
00:14:23de sortir,
00:14:24disons,
00:14:25de l'idée
00:14:25que la nature
00:14:27c'est ce qui est extérieur
00:14:29aux humains,
00:14:31donc c'est ce que les anthropologues
00:14:33nous invitent à...
00:14:34on pensait que les anthropologues
00:14:35nous invitent à abandonner
00:14:36et il nous a semblé
00:14:38qu'en fait,
00:14:38lorsque ce concept de nature
00:14:40se cristallise au XVIIIe siècle
00:14:43dans le sens moderne,
00:14:46en fait,
00:14:46il est constamment contesté,
00:14:48il y a ce sens assez général
00:14:49de la nature comme extériorité,
00:14:50mais dans les faits,
00:14:51et c'est ce qu'on a essayé
00:14:52de faire dans l'ouvrage,
00:14:53on a essayé de suivre
00:14:54dans l'usage
00:14:55ce terme de nature,
00:14:57dans l'usage qu'on en faisait
00:14:58dans les sociétés occidentales
00:15:00et de voir qu'en fait,
00:15:01cette nature n'a jamais été
00:15:03complètement considérée
00:15:04comme quelque chose d'extérieur
00:15:05et que les interactions
00:15:07ont préoccupé
00:15:09les générations passées
00:15:11depuis un bon moment,
00:15:12et y compris au cœur
00:15:13de la révolution scientifique,
00:15:15on ne cesse de penser
00:15:16révolution scientifique
00:15:17et industrielle,
00:15:18on ne cesse de penser
00:15:19ces interactions constantes
00:15:20qui fait qu'on s'aventure
00:15:22dans des directions
00:15:22sans savoir exactement
00:15:23quelles vont être
00:15:24les rétroactions ensuite.
00:15:25Tous les termes
00:15:26ne sont pas posés,
00:15:26ils vont être posés ensuite
00:15:27avec l'avènement de l'écologie
00:15:28au XXe siècle surtout,
00:15:30mais un certain nombre
00:15:32de pensées interactionnistes
00:15:34sont bel et bien présentes
00:15:36au XIXe siècle.
00:15:37On pourrait citer
00:15:38un certain nombre de personnes,
00:15:39mais de personnages
00:15:40comme Humboldt reclus
00:15:41un peu plus tard,
00:15:42réalisés reclus
00:15:43un peu plus tard
00:15:43au XIXe siècle,
00:15:44mais y compris
00:15:45au sein de l'administration,
00:15:46on s'inquiète,
00:15:47des boucles de rétroaction
00:15:48qui peuvent naître
00:15:49d'actions humaines.
00:15:50La notion,
00:15:51c'est intéressant
00:15:52quand on lit votre introduction,
00:15:53la notion d'expérience
00:15:56est vraiment importante.
00:15:57J'ai écrit là,
00:15:58en reprenant vos termes,
00:16:00tenter d'approcher
00:16:00les expériences ordinaires,
00:16:02extraordinaires des personnes.
00:16:04Donc c'est une histoire
00:16:05des hommes et des femmes
00:16:07et de leur lien
00:16:07avec la nature,
00:16:08ils sont au cœur
00:16:09de votre projet,
00:16:09il faut le dire.
00:16:10C'est ce qu'on a essayé.
00:16:12Alors encore une fois,
00:16:12c'est très ambitieux
00:16:14parce qu'on a
00:16:15quelques centaines de pages
00:16:16pour traiter
00:16:17du rapport
00:16:18de toutes les sociétés occidentales
00:16:20à certains éléments naturels
00:16:21ou autour
00:16:21de certaines thématiques
00:16:22sur trois siècles.
00:16:23Donc l'enjeu était compliqué,
00:16:25mais on voulait effectivement
00:16:26que nos auteurs
00:16:28aillent au plus près du terrain
00:16:29en quelque sorte,
00:16:30c'est-à-dire sortir
00:16:31des grandes catégories
00:16:32pour voir très concrètement
00:16:33à la fois comment
00:16:34le monde naturel est perçu,
00:16:36conçu, envisagé
00:16:37et comment il est vécu,
00:16:38comment matériellement,
00:16:40disons,
00:16:41les relations se font
00:16:41entre les êtres humains,
00:16:44les membres des sociétés occidentales
00:16:45et leur environnement naturel
00:16:47interagissent.
00:16:48D'ailleurs,
00:16:49on parle,
00:16:50le titre est un petit peu trompeur
00:16:52parce qu'on ne parle pas
00:16:53d'Occident
00:16:53qui est une notion
00:16:54compliquée,
00:16:55qu'on pourrait contester,
00:16:56etc.
00:16:56On a dû le mettre en titre
00:16:58parce que l'éditeur le voulait,
00:17:00mais on parle plus
00:17:01de société occidentale
00:17:02qui nous paraissait plus juste
00:17:03en fait comme expression
00:17:04que d'Occident en soi.
00:17:06D'où cette attention
00:17:07effectivement aux êtres vivants,
00:17:09hommes et femmes eux-mêmes.
00:17:11Mais aussi d'ailleurs,
00:17:12puisque j'en profite,
00:17:13pas seulement aux êtres humains,
00:17:15mais aussi à tout le vivant.
00:17:17Et je ne sais pas
00:17:18si c'est le moment de le dire,
00:17:19mais on a un index
00:17:21avec plusieurs entrées
00:17:23et on a une entrée
00:17:24qui est,
00:17:25je ne sais plus d'ailleurs
00:17:26comment l'appeler,
00:17:27êtres vivants
00:17:27ou animaux et végétaux.
00:17:29Enfin,
00:17:29on a voulu,
00:17:30il y avait un petit côté potache,
00:17:31c'est-à-dire,
00:17:32on s'est un peu amusé
00:17:33à faire une entrée
00:17:33où vous aurez morse,
00:17:34algues,
00:17:35caribous,
00:17:36baleines,
00:17:37je ne sais quoi.
00:17:39Il y avait un petit jeu là-dessus,
00:17:40mais aussi quelque chose
00:17:41au sérieux derrière
00:17:42qui était de rappeler
00:17:42que cette histoire,
00:17:44elle doit prendre en compte
00:17:45justement le vivant
00:17:46et tout le vivant
00:17:47dans toutes ses incarnations
00:17:48parce qu'ils font partie
00:17:49de ces interactions justement,
00:17:50que ce ne sont pas juste
00:17:51des objets,
00:17:52loin de là,
00:17:53mais des êtres à part entière
00:17:54et que ça fait partie
00:17:56justement du changement d'études
00:17:57qu'on doit avoir
00:17:58que de les prendre en considération.
00:17:59Oui,
00:18:00alors ça,
00:18:00c'est très important
00:18:01de dire à notre public
00:18:02que là,
00:18:02il y a trois index.
00:18:03Alors ça,
00:18:03c'est remarquable
00:18:05et donc il faut le saluer.
00:18:07Alors,
00:18:07disons un mot bien sûr
00:18:08de l'équipe
00:18:09dont vous êtes deux directeurs
00:18:11mais il y a aussi
00:18:12en plus de vous deux
00:18:1426 contributeurs,
00:18:18contributrices.
00:18:18On recevait l'autre jour
00:18:20pour ces derniers mois,
00:18:23comment dirais-je,
00:18:25des auteurs
00:18:25d'une histoire environnementale
00:18:27de la France.
00:18:28Alors,
00:18:28il y en a 8 sur 13
00:18:29qui sont aussi
00:18:30dans votre livre.
00:18:31Donc,
00:18:32comment est-ce que vous avez,
00:18:33je ne sais pas,
00:18:34managé cette équipe-là ?
00:18:35Comment ça s'est passé ?
00:18:36Racontez-nous,
00:18:37Steve.
00:18:39Je crois que ça a été
00:18:40assez facile.
00:18:41Notre difficulté,
00:18:43c'était à la fois
00:18:44qu'on vous...
00:18:45Je pense que cet ouvrage
00:18:46arrive avec d'autres,
00:18:47avec l'histoire environnementale
00:18:48de la France
00:18:48comme un petit point d'étape
00:18:49pour l'histoire environnementale
00:18:51française,
00:18:51pour montrer tout son foisonnement.
00:18:53Et donc,
00:18:53c'est vrai qu'il y a
00:18:54une majorité d'hommes,
00:18:56les chiffres sont parlants,
00:18:57il y a deux tiers d'hommes
00:18:58et un tiers de femmes.
00:18:59On y a pensé d'emblée
00:19:02et en même temps,
00:19:02comme ça arrivait
00:19:03comme un point d'étape,
00:19:04il y a un certain nombre
00:19:04de collègues
00:19:05qui ont d'abord
00:19:05majoritairement été des hommes
00:19:06qu'on a sollicitées
00:19:08parce qu'on voyait mal
00:19:09comment faire un ouvrage
00:19:10sans eux.
00:19:12Et donc,
00:19:13il y a...
00:19:13Mais on a quand même
00:19:15tenté
00:19:18de faire une place
00:19:19aux femmes,
00:19:20ce n'est pas suffisant.
00:19:21Et voilà,
00:19:22il faudra...
00:19:23Je pense qu'aujourd'hui,
00:19:24la génération actuelle
00:19:26d'historiennes et historiennes
00:19:27de l'environnement,
00:19:28justement,
00:19:29on arrive par exemple
00:19:30au sein de la principale
00:19:31association d'historiennes
00:19:32et historiennes
00:19:32de l'environnement
00:19:32en France,
00:19:33on arrive à être
00:19:34quasiment paritaires
00:19:36parmi les adhérents,
00:19:37les 200 adhérents,
00:19:38il y a autant d'hommes
00:19:39que de femmes.
00:19:40Donc,
00:19:40pour les ouvrages à venir,
00:19:42je pense qu'il y aura...
00:19:43Voilà,
00:19:43on arrivera beaucoup plus facilement
00:19:45à l'équilibre.
00:19:46Sinon,
00:19:47pour le management,
00:19:48ça a été très simple.
00:19:49On a contacté les auteurs,
00:19:50on a discuté avec eux
00:19:51de l'orientation
00:19:53qu'on pouvait donner.
00:19:53Nous,
00:19:54en gros,
00:19:54on avait fait un sommaire idéal
00:19:57et on a contacté
00:19:58les auteurs ensuite,
00:19:59autrices.
00:20:00On a discuté avec eux
00:20:01du contenu.
00:20:02Enfin,
00:20:03je crois que tout le monde
00:20:03a joué le jeu,
00:20:04tout le monde a rendu à l'heure.
00:20:06C'est assez extraordinaire
00:20:07et à chaque fois,
00:20:07avec un dialogue très fécond
00:20:09à partir de la première version.
00:20:11Je pense qu'on a été
00:20:12jusqu'à une quatrième version
00:20:13entre les allers-retours.
00:20:15Mais globalement,
00:20:16les premières versions
00:20:16étaient déjà excellentes
00:20:18et c'était juste
00:20:20dans le souci
00:20:20de le rendre accessible
00:20:21au grand public
00:20:22qu'on a ensuite
00:20:22fait des retours.
00:20:24C'est vrai que c'était
00:20:25très simple
00:20:26et on a eu beaucoup de chance
00:20:27parce que,
00:20:28comme le dit Steve,
00:20:28tout le monde a joué le jeu.
00:20:29Puis,
00:20:29quand on a fait le sommaire,
00:20:31en fait,
00:20:31à la fois,
00:20:32on s'est dit
00:20:32bon,
00:20:33il faut,
00:20:33dans un ouvrage comme celui-là,
00:20:34qu'on ait telle thématique
00:20:35qui soit traitée
00:20:36et là,
00:20:37on l'associait
00:20:37à un auteur ou une autrice.
00:20:39Puis,
00:20:39inversement,
00:20:40on pensait à des collègues
00:20:42dont on appréciait les travaux,
00:20:43dont on savait
00:20:43qu'il serait bon
00:20:44qu'il soit un peu accessible
00:20:46justement
00:20:48au grand public.
00:20:49Et à ce moment-là,
00:20:50on essaie de réfléchir
00:20:51quelles thématiques
00:20:52on pouvait leur demander
00:20:52traiter,
00:20:53comment les intégrer
00:20:53dans l'ouvrage
00:20:54et c'est un peu
00:20:54dans ce dialogue-là
00:20:55qu'on a bâti
00:20:56le plan de l'ouvrage.
00:20:57Quand on regarde
00:20:58votre livre,
00:20:59on voit aussi
00:21:00qu'il y a
00:21:01une matrice
00:21:02un peu anthropologique
00:21:03aussi dans votre travail.
00:21:04Vous appuyez,
00:21:05alors là,
00:21:06j'ai mis parmi d'autres,
00:21:08si les travaux
00:21:09de Philippe Descola,
00:21:09par exemple,
00:21:10mais Anna Tsing,
00:21:11Virginie Maris,
00:21:12c'était important.
00:21:14Il y a,
00:21:15du point de vue
00:21:16de la dynamique
00:21:17que vous avez,
00:21:18ce substrat
00:21:20anthropologique,
00:21:20il était important
00:21:21et c'était important
00:21:22de le rendre visible
00:21:24aussi,
00:21:24Charles-François Matisse.
00:21:26Vu l'ambition du livre
00:21:28qui était de couvrir
00:21:29trois siècles
00:21:29et vu la qualité
00:21:31des productions
00:21:33anthropologiques
00:21:33mais aussi philosophiques
00:21:34mais aussi d'histoire
00:21:35de l'art,
00:21:36etc.,
00:21:36on devait bien sûr
00:21:38se saisir
00:21:39de toutes les productions
00:21:40qui sont faites.
00:21:41Aujourd'hui,
00:21:42l'histoire environnementale
00:21:43ne peut pas faire,
00:21:45ne peut pas vivre
00:21:46dans l'oubli
00:21:47de tout ce que font
00:21:48les humanités environnementales
00:21:49qui enrichissent
00:21:50considérablement
00:21:51nos réflexions.
00:21:52Donc,
00:21:52dans l'ouvrage,
00:21:53il n'y a qu'une
00:21:55personne
00:21:55qui n'est pas historienne
00:21:56mais qui est historienne
00:21:57de l'art,
00:21:57c'est Stelzon Mangual,
00:21:58je crois,
00:21:59tous les autres
00:21:59c'est des historiens
00:22:01parce que bon,
00:22:02là encore,
00:22:02il fallait un moment choisir
00:22:03mais il est clair
00:22:04qu'on aurait pu laisser
00:22:04leur place
00:22:05aux autrices
00:22:06que vous mentionnez ici,
00:22:07à Descola,
00:22:09à des philosophes
00:22:10comme Baptiste Morisot,
00:22:11qui tous ont irrigué
00:22:11notre pensée
00:22:13et des collègues géographes.
00:22:14Oui,
00:22:15à nos collègues géographes
00:22:16qui travaillent finalement
00:22:18sur ces rapports
00:22:19à l'environnement
00:22:20depuis bien longtemps
00:22:21et dont les réflexions
00:22:24nous nourrissent également.
00:22:25On est vraiment
00:22:26dans cette interdisciplinarité
00:22:28en essayant d'aller vers
00:22:31les sciences
00:22:32de la matière
00:22:32et du vivant
00:22:33mais sans oublier
00:22:34l'apport extraordinaire
00:22:35des sciences sociales
00:22:36pour comprendre
00:22:36les trajectoires
00:22:38qui ont conduit
00:22:38à la situation présente.
00:22:40Et oui,
00:22:42non, non,
00:22:42je m'arrête là.
00:22:43Alors,
00:22:44la géographie fait la transition
00:22:46avec la diapositive suivante
00:22:47puisque votre première partie
00:22:50est très géographique.
00:22:52C'est une promenade
00:22:53comme vous dites
00:22:55dans les territoires
00:22:56de l'Anthropocène.
00:22:57Alors là,
00:22:58j'ai mis sur chacune
00:22:59des vignettes.
00:23:01On verra le sommaire
00:23:03de la partie.
00:23:04On voit vers quoi vous allez.
00:23:06On voit des campagnes,
00:23:07des forêts,
00:23:07la montagne.
00:23:09Les littoraux,
00:23:10les zones humides,
00:23:11etc.
00:23:12Enfin voilà,
00:23:12en embrassant aussi bien sûr
00:23:14cette idée d'imaginaire.
00:23:17Vous partez
00:23:18dans votre introduction,
00:23:19je crois que l'introduction
00:23:20de cette partie,
00:23:21vous partez de cette,
00:23:22enfin,
00:23:23de Whitefield Confrontation
00:23:25par Agnès Dénèche.
00:23:28Comment dirais-je
00:23:29de 1982 ?
00:23:30Un champ de céréales
00:23:31face au tour
00:23:32du World Trade Center.
00:23:33C'est un peu
00:23:33votre point de départ,
00:23:34je crois,
00:23:35de la partie.
00:23:36Pourquoi vous êtes,
00:23:37enfin,
00:23:37c'était évidemment
00:23:38pour produire
00:23:38une espèce
00:23:39de confrontation
00:23:40et la travailler ?
00:23:41Enfin,
00:23:41quel était l'objet ?
00:23:44Enfin,
00:23:44pourquoi vous avez choisi
00:23:45tous les deux,
00:23:46je ne sais pas qui a choisi
00:23:47entre vous deux,
00:23:48de partir de cette situation-là ?
00:23:51Là,
00:23:52en l'occurrence,
00:23:53c'est moi qui connaissais
00:23:54ce travail
00:23:56de cette artiste
00:23:57d'origine hongroise,
00:23:58je crois,
00:23:58installée aux Etats-Unis.
00:23:59et que je trouve
00:24:00il y avait des friches
00:24:03devant le World Trade Center
00:24:05et elle a planté
00:24:06un champ de blé
00:24:07et ensuite,
00:24:07elle a pris des photographies
00:24:08et je trouve que
00:24:09ce sont des images
00:24:10qui sont très belles,
00:24:11on les trouve
00:24:11assez facilement
00:24:12sur Internet
00:24:14et qui sont symboliquement
00:24:15très fortes.
00:24:16Évidemment,
00:24:16ce champ de blé
00:24:17qui rappelle
00:24:18la base de l'alimentation,
00:24:20la simplicité
00:24:21d'une alimentation
00:24:22ancrée dans une terre
00:24:23et puis face à elle,
00:24:25l'incarnation
00:24:25de cette déconnexion
00:24:27justement entre le monde,
00:24:28enfin entre les sociétés
00:24:29et le monde
00:24:29que sont le centre
00:24:31du commerce mondial
00:24:32que c'était
00:24:32le World Trade Center.
00:24:33Il y avait quelque chose
00:24:34d'assez parlant,
00:24:34je trouve,
00:24:35et qui permet d'emblée
00:24:36d'entrer dans cette tension
00:24:38qui existe entre les sociétés,
00:24:41la façon dont les sociétés
00:24:42occidentales se relient
00:24:43aux membres naturels
00:24:44et qui permettait
00:24:45donc d'ouvrir cette partie.
00:24:48En revanche,
00:24:48qui avait été une idée
00:24:49de Steve,
00:24:50qui était de faire
00:24:51une partie plus géographique
00:24:52puisqu'on n'arrive pas
00:24:53à définir nature,
00:24:54puisque c'est impossible
00:24:55de définir nature,
00:24:56autant l'aborder
00:24:57à travers ces différentes incarnations
00:24:59que sont effectivement
00:25:00les campagnes,
00:25:00les forêts,
00:25:01les mers,
00:25:01les océans,
00:25:01les rivages,
00:25:02etc.
00:25:03Et à chaque fois,
00:25:03de demander aux spécialistes
00:25:05en question
00:25:06de voir comment ces milieux
00:25:08se sont transformés
00:25:09au cours des trois siècles
00:25:10que nous étudions
00:25:11et aussi,
00:25:12encore une fois,
00:25:12comment ils ont été perçus
00:25:13par les sociétés occidentales
00:25:15avec des changements
00:25:16par exemple autour
00:25:16de la montagne
00:25:18qui devient un lieu
00:25:19de tourisme,
00:25:20c'est toi qui devrais
00:25:21en parler Steve,
00:25:22et non plus un lieu
00:25:23qui rebute,
00:25:25pareil pour les zones humides
00:25:27qu'on va transformer
00:25:28à sécher,
00:25:28etc.
00:25:29Et le tout,
00:25:30et ça c'est ce que vous montrez
00:25:32Luc dans les citations
00:25:34que vous avez mises
00:25:34sur la droite de l'écran,
00:25:36avec une sorte de paradoxe
00:25:39qui est que d'un côté
00:25:40on comprend mieux
00:25:40ces espaces
00:25:41par le progrès
00:25:42des sciences naturelles
00:25:44et on voit l'écologie naître,
00:25:46etc.
00:25:47et de l'autre,
00:25:48on a un rapport
00:25:49à ces espaces
00:25:50qui est totalement
00:25:52simplificateur.
00:25:54Giacomo Parinello
00:25:55dans le chapitre
00:25:56sur les fleuves
00:25:57et les rivières
00:25:57dit que les rivières
00:25:58et les fleuves
00:25:58sont épurées,
00:26:00c'est-à-dire qu'on les voit
00:26:00plus que comme des flux
00:26:01et pas du tout
00:26:02comme des lieux de vie
00:26:03en fait,
00:26:04comme des flux
00:26:05qui permettent le transport,
00:26:06qui permettent
00:26:06l'évacuation des déchets
00:26:08ou qui permettent
00:26:09de faire tourner
00:26:11des centrales hydroélectriques
00:26:12à la fin du XIXe siècle
00:26:13mais pas du tout
00:26:14comme, encore une fois,
00:26:16un environnement
00:26:17en fait, véritablement.
00:26:18Et c'est cette simplification
00:26:19du vivant
00:26:20qui est un peu la trame
00:26:21je crois
00:26:22de tous ces chapitres.
00:26:25Donc ça veut dire aussi
00:26:26cet évagement
00:26:27qu'on travaille,
00:26:27on le disait,
00:26:28c'est vrai sur la montagne
00:26:30par exemple
00:26:30dans le chapitre
00:26:31d'Emiliane Pépi
00:26:32mais c'est vrai aussi
00:26:33dans le chapitre
00:26:33sur les mers
00:26:35et les océans,
00:26:36on travaille aussi
00:26:36sur les imaginaires,
00:26:37sur la construction
00:26:38des imaginaires.
00:26:40Donc là,
00:26:40c'est cette dimension-là
00:26:41et on le voit
00:26:42par les vignettes
00:26:44qu'on a mises
00:26:45et qu'on a placées ici
00:26:46sur l'imaginaire
00:26:47des fonds marins
00:26:48offerts aux enfants,
00:26:49ça c'est très joli
00:26:49et on trouve facilement
00:26:50sur Gallicard
00:26:51les dessins
00:26:52du début du XXe siècle
00:26:54dans un petit recueil
00:26:55qui s'appelle
00:26:56L'an 2000.
00:26:57Donc le travail
00:26:58des imaginaires
00:26:58était aussi
00:26:59une dimension importante
00:27:01de cette partie.
00:27:02Oui absolument,
00:27:03on a vraiment tenu
00:27:04à articuler
00:27:04comme l'a très bien dit
00:27:05Charles-François,
00:27:06articuler les transformations
00:27:07concrètes,
00:27:08les nouvelles formes
00:27:10d'entrée en politique
00:27:12et d'institutionnalisation
00:27:13de ces éléments naturels,
00:27:15voilà comment les sociétés
00:27:16se construisent
00:27:17autour de la maîtrise
00:27:19de ces éléments
00:27:19et les imaginaires
00:27:22et le tout étant
00:27:23relié en interaction,
00:27:25comme on est
00:27:25en interaction constante
00:27:26avec l'ensemble
00:27:28de la nature,
00:27:29on est,
00:27:30enfin,
00:27:30il y a une interaction
00:27:31constante entre
00:27:32ce qui est de l'ordre
00:27:32de l'imaginaire
00:27:33et ce qui est de l'ordre
00:27:33de la matérialité
00:27:35des sociétés
00:27:36et de leurs institutions,
00:27:38de leurs institutions.
00:27:39Donc voilà,
00:27:40oui,
00:27:40c'est ce qu'on a essayé
00:27:42de voir
00:27:43avec une attention
00:27:44dans plusieurs chapitres
00:27:45sur la manière
00:27:46dont cette société,
00:27:49cet imaginaire,
00:27:50s'est reposé aussi
00:27:51sur des projections
00:27:52dans le futur
00:27:53et comment,
00:27:53qu'on pourrait appeler
00:27:54aussi les horizons
00:27:55d'attente,
00:27:56ont structuré
00:27:57des décisions
00:27:57dans le présent,
00:27:58un certain rapport
00:27:59au passé
00:28:01et un certain rapport
00:28:02à la nature
00:28:03comme étant toujours
00:28:04à maîtriser
00:28:05mais aussi
00:28:05parmi les autres,
00:28:06là on a plutôt
00:28:07des imaginaires
00:28:09de science-fiction,
00:28:10plutôt des imaginaires
00:28:11positifs,
00:28:12disons,
00:28:12avec cette,
00:28:13on imagine
00:28:14pouvoir vivre
00:28:15sous les eaux
00:28:16une fois que les terres
00:28:17auraient été entièrement
00:28:19dominées,
00:28:21mais on peut voir
00:28:22des imaginaires
00:28:23beaucoup plus négatifs,
00:28:24des imaginaires
00:28:24beaucoup plus dystopiques
00:28:26qui se retrouvent également
00:28:27dans les différents
00:28:28chapitres.
00:28:29Si je peux juste
00:28:30rajouter quelque chose,
00:28:31je pense que c'est
00:28:31vraiment important,
00:28:32en tout cas moi je suis
00:28:33historien de la culture
00:28:34initialement
00:28:34et il me semble
00:28:36vraiment important
00:28:37de rappeler
00:28:38que ce basculement
00:28:39entre la fin
00:28:40du 18e et le 19e
00:28:43doit aussi beaucoup
00:28:44à la conviction
00:28:46des contemporains
00:28:47qu'il est possible
00:28:49de transformer le monde
00:28:50pour le mieux
00:28:50et d'obtenir l'abondance
00:28:52pour les sociétés.
00:28:53C'est-à-dire qu'il y a
00:28:53vraiment une foi
00:28:54ancrée chez des ingénieurs,
00:28:55chez des philosophes,
00:28:56des écrivains,
00:28:57etc.
00:28:57Pas tous,
00:28:58évidemment il y a
00:28:58des contestations
00:28:59mais ceux qui finalement
00:29:00finissent par dominer
00:29:01en quelque sorte
00:29:01le tissu social
00:29:03et le monde politique
00:29:03une foi profondément
00:29:05ancrée dans la capacité
00:29:06du progrès
00:29:06à apporter
00:29:07l'abondance
00:29:08aux sociétés humaines
00:29:09notamment par la puissance
00:29:11donnée par les énergies fossiles.
00:29:12Donc cette dimension-là
00:29:13de conception
00:29:14d'un monde
00:29:15qui est une patte à modeler
00:29:16dans les mains
00:29:17d'une humanité toute puissante
00:29:18et dont on est encore
00:29:20un peu les héritiers
00:29:20si on en croit
00:29:21si on en croit
00:29:22Elon Musk
00:29:22et ses contemporains
00:29:28et ses amis
00:29:30elle est centrale
00:29:31en fait
00:29:31dans l'appréhension du monde.
00:29:33Et ces deux petites images
00:29:34je le dis juste
00:29:35elles ont été suggérées
00:29:35par une de mes étudiantes
00:29:36de master
00:29:37donc ça fait plaisir
00:29:37que vous les mettiez
00:29:38qui travaillait sur les représentations
00:29:40des fonds marins
00:29:41et des abysses
00:29:42à la fin du 19e siècle
00:29:43et dans la première moitié
00:29:44du 20e
00:29:45et qui montre justement
00:29:46là encore
00:29:46cette volonté
00:29:47de contrôle
00:29:49y compris
00:29:49de ces espaces inaccessibles
00:29:50que sont les abysses
00:29:51à ce moment-là.
00:29:52Le balénobus
00:29:53il est génial
00:29:54vraiment.
00:29:55Alors dans cette partie
00:29:56on va rencontrer aussi
00:29:58donc on décrit
00:29:59ce processus
00:29:59d'appropriation
00:30:00tous les imaginaires
00:30:02autour de ça
00:30:02mais on va rencontrer
00:30:03aussi des résistances
00:30:04ça c'est intéressant
00:30:05et dans des catégories
00:30:08socio-professionnelles
00:30:09un peu
00:30:09un peu différentes
00:30:11ces résistances
00:30:12et résistantes-là
00:30:13ils, elles
00:30:14sont présents aussi
00:30:15dans cette partie
00:30:16pour le dire
00:30:17je ne sais pas
00:30:17si vous voulez
00:30:18ajouter un mot Steve
00:30:20Non mais peut-être
00:30:21simplement
00:30:22sur la partie
00:30:23atmosphère et climat
00:30:23par exemple
00:30:24on voit bien
00:30:25que ce que décrit
00:30:26Fabien Locher
00:30:27c'est que
00:30:28la connaissance
00:30:29de l'atmosphère
00:30:29et du climat
00:30:30s'inscrit
00:30:33en pleine opposition
00:30:35géopolitique
00:30:36entre des grandes puissances
00:30:37qui vont avoir
00:30:38en particulier
00:30:38au 20e siècle
00:30:39et pendant la guerre froide
00:30:40intérêt à comprendre
00:30:41ce qui se passe
00:30:41dans l'atmosphère
00:30:42mais c'est en même temps
00:30:43de là
00:30:43que va naître
00:30:44une des contestations
00:30:45fondamentales
00:30:46du régime
00:30:48du métabolisme
00:30:49actuel de la société
00:30:50c'est-à-dire
00:30:51que ce sont
00:30:51des sciences du climat
00:30:52que va venir
00:30:54l'alerte sur le changement
00:30:55climatique
00:30:55dernière des grandes
00:30:56alertes environnementales
00:30:57qui émergent
00:30:58vraiment dans les débats
00:30:59publics dans les années
00:31:001980
00:31:01et qui est aujourd'hui
00:31:03devenue l'alerte
00:31:04fondamentale
00:31:04mais donc on voit
00:31:05l'articulation
00:31:06entre volonté
00:31:07de maîtrise
00:31:08et puis parfois
00:31:08en fait
00:31:09ça ne va pas partir
00:31:10dans la direction
00:31:11forcément souhaitée
00:31:12et que va en naître
00:31:14de ces connaissances
00:31:15des contestations
00:31:16alors évidemment
00:31:17j'imagine
00:31:18dans cette partie-là
00:31:19comme dans les suivantes
00:31:20vous avez voulu
00:31:22bien sûr
00:31:22vous adosser
00:31:23à l'historiographie
00:31:24la plus récente
00:31:25sur la question
00:31:26par exemple
00:31:26des abysses
00:31:28des fonds marins
00:31:29enfin on a
00:31:31et ils sont venus
00:31:32je crois
00:31:32la présenter
00:31:33présenter leur travail
00:31:34ici
00:31:35on a les travaux
00:31:36tout récents
00:31:36le livre
00:31:37qu'ils ont dirigé
00:31:39Solène Rivoy
00:31:40les Romains Granchet
00:31:41donc voilà
00:31:41à chaque fois
00:31:42les zones humides
00:31:43le travail de Raphaël
00:31:44Moreira
00:31:45est paru tout récemment
00:31:46vous mettez aussi
00:31:47au diapason
00:31:48de cette historiographie
00:31:50la plus
00:31:51la plus neuf
00:31:52c'était aussi
00:31:53un des objectifs
00:31:54de faire une forme
00:31:55de synthèse
00:31:56historiographique
00:31:56récente
00:31:57et extrêmement bien informée
00:31:59oui
00:31:59un peu comme
00:32:00l'histoire environnementale
00:32:01de la France
00:32:01et ses trois volumes
00:32:02mais de façon peut-être
00:32:03plus ouverte
00:32:04encore à un public
00:32:04généraliste
00:32:05l'idée aussi
00:32:06tout à fait
00:32:07c'était de faire
00:32:07une sorte de point d'étape
00:32:08accessible
00:32:09à tout le monde
00:32:11ce livre
00:32:12il était quand même
00:32:13porté par une urgence
00:32:14aussi pour nous
00:32:15une volonté
00:32:16un peu d'agir
00:32:17à notre niveau
00:32:17en tant que scientifique
00:32:18pour essayer
00:32:19de faire comprendre
00:32:20certains des enjeux
00:32:21des raisons
00:32:22de la crise actuelle
00:32:23et pour ça
00:32:24faire appel
00:32:25à des scientifiques
00:32:26et faire appel
00:32:27aux scientifiques
00:32:27les plus en pointe
00:32:29les plus renommés
00:32:29les vrais spécialistes
00:32:30de ces questions-là
00:32:31qu'on connaissait
00:32:33notamment autour
00:32:34de ce réseau
00:32:34d'historiens
00:32:35de l'environnement
00:32:36était central
00:32:37pour nous
00:32:38alors dans la partie
00:32:40suivante
00:32:40vous intéressez
00:32:41aux médiatisations
00:32:43picturales
00:32:44religieuses
00:32:44artistiques
00:32:45qui témoignent
00:32:46vous dites
00:32:47à tout le moins
00:32:47que notre rapport
00:32:48à la nature
00:32:48est une construction
00:32:50une construction
00:32:50qui est évidemment
00:32:51pas tout à fait
00:32:52naturelle
00:32:54et ce qui est intéressant
00:32:56c'est que vous partez
00:32:57alors là
00:32:57ça m'a beaucoup
00:32:58intéressé
00:32:59je veux dire
00:32:59personnellement
00:33:00vous partez
00:33:01du rôle
00:33:01de la religion
00:33:02c'est pour ça
00:33:02qu'on a mis
00:33:04un article
00:33:04qui avait été débattu
00:33:06en son temps
00:33:06de Lynn White
00:33:07et puis
00:33:08comment dirais-je
00:33:09un livre
00:33:10de Jean Viard
00:33:12c'est cela
00:33:12qu'on entend
00:33:13parfois encore
00:33:14dans les médias
00:33:15aujourd'hui
00:33:17je me souviens
00:33:18de ces chroniques
00:33:19sur France Info
00:33:20sur la nature
00:33:22est-elle protestante
00:33:22etc
00:33:23donc partir
00:33:24de la religion
00:33:24je ne sais pas
00:33:25je m'imagine
00:33:25que ça fait l'objet
00:33:26d'une discussion
00:33:27en fait
00:33:30entre vous
00:33:31ça ne paraît pas
00:33:32depuis m'abord
00:33:33évident
00:33:34mais vous avez voulu
00:33:34le faire
00:33:35parce que ça a informé
00:33:36beaucoup de choses
00:33:37de ce point de vue là
00:33:40en fait
00:33:41ça nous paraissait
00:33:41absolument fondamental
00:33:42de faire une place
00:33:44à la religion
00:33:44puisqu'on partait
00:33:45du XVIIIe
00:33:46et du XIXe siècle
00:33:47qui sont des sociétés
00:33:49profondément marquées
00:33:50par la culture religieuse
00:33:51ce qu'on ne doit surtout
00:33:52pas oublier
00:33:53en historien
00:33:53historienne
00:33:54mais ce qu'on oublie
00:33:55parfois
00:33:55à quel point
00:33:56la culture religieuse
00:33:57est omniprésente
00:33:59dans les références
00:34:00partagées
00:34:00dans les sociétés
00:34:01et mettre en avant
00:34:03le travail de Mark Stoll
00:34:04qui a en quelque sorte
00:34:06révélé quelque chose
00:34:07qui était presque
00:34:08un pensée
00:34:09enfin un pensée
00:34:10qu'une bonne partie
00:34:11des grands noms
00:34:12de l'écologie
00:34:13de la pensée
00:34:14de la nature
00:34:14en tout cas
00:34:15étaient des protestants
00:34:16ou avaient une culture
00:34:17protestante
00:34:18une formation religieuse
00:34:20théologique
00:34:21protestante
00:34:21et donc Mark Stoll
00:34:23qui a très bien
00:34:24montré ça
00:34:24dans des travaux passés
00:34:27qui est états-unien
00:34:28à Mark Stoll
00:34:28si je ne dis pas
00:34:29de bêtises
00:34:31donc Mark Stoll
00:34:32nous a fait l'honneur
00:34:32de rédiger ce chapitre
00:34:34il porte surtout
00:34:36sur les protestants
00:34:38mais il faudrait
00:34:39on a bien conscience
00:34:39qu'il faudrait
00:34:40étoffer ça
00:34:41et aller voir
00:34:42plus en détail
00:34:43la religion catholique
00:34:44l'islam
00:34:45qui a pris une importance
00:34:47enfin qui a pris
00:34:47de plus en plus
00:34:48d'importance
00:34:49au cours des décennies
00:34:51depuis le XIXe siècle
00:34:52et puis la religion juive
00:34:54pour les grands monothéismes
00:34:55en tout cas
00:34:56voir
00:34:56ces rapports particuliers
00:34:58à la nature
00:34:59mais Mark Stoll
00:34:59fait un récit
00:35:02ramassé
00:35:03sur le rapport
00:35:04protestant
00:35:05à la nature
00:35:05qui est extrêmement intéressant
00:35:06en partant
00:35:07de Jean Viard
00:35:08et de
00:35:10l'article
00:35:11de Lynn White
00:35:12où Lynn White
00:35:13accusait le protestantisme
00:35:15finalement d'être
00:35:15à l'origine
00:35:16de la crise écologique
00:35:17et Mark Stoll
00:35:18prend le parti inverse
00:35:19en montrant
00:35:19qu'une partie
00:35:20des conceptions
00:35:21de l'écologie
00:35:23scientifique
00:35:24et écologie politique
00:35:25viennent
00:35:26d'un certain rapport
00:35:27du protestantisme
00:35:30à la nature
00:35:32sauvage
00:35:32en particulier
00:35:34On a eu beaucoup de mal
00:35:35à trouver quelqu'un
00:35:36qui puisse traiter
00:35:37de ce sujet
00:35:38parce que
00:35:39c'est un grand manque
00:35:40dans l'historiographie
00:35:41il y a très peu de travaux
00:35:42sur les liens
00:35:42entre religion et environnement
00:35:43et c'est le seul étranger
00:35:47qui écrit dans le livre
00:35:49parce que c'est le seul
00:35:50qu'on connaissait
00:35:50et a priori le seul
00:35:52qui travaille sur ces questions
00:35:53et c'est vrai
00:35:54qu'on a beaucoup interrogé
00:35:56la place
00:35:57où mettre ce chapitre
00:35:59il y a quand même
00:35:59une certaine logique
00:36:00c'est-à-dire
00:36:00on partait donc
00:36:01de la religion
00:36:02qui marque quand même
00:36:04profondément
00:36:05de son empreinte
00:36:06comme le disait Steve
00:36:06les sociétés
00:36:07surtout du 18ème
00:36:08et du 19ème
00:36:09puis on traite
00:36:10de l'éducation
00:36:11puis la façon
00:36:11dont la nature
00:36:12est médiatisée
00:36:13par les journaux
00:36:14la presse
00:36:15etc
00:36:15et médiatiser aussi
00:36:17c'est le chapitre 13
00:36:18par des techniques
00:36:20qui permettent
00:36:21de voir la terre
00:36:21du ciel
00:36:22et ensuite
00:36:23on a la mise en politique
00:36:24et la mise en peinture
00:36:25il y avait quand même
00:36:26une certaine progression
00:36:27dans tout ça
00:36:28Oui oui
00:36:28alors parmi les moyens
00:36:29bien sûr
00:36:30vous évoquez
00:36:31tout le rôle
00:36:32de l'éducation
00:36:32alors là j'ai mis
00:36:33les premières lignes
00:36:34ça m'a amusé
00:36:35avec ma casquette de prof
00:36:37mais la circulaire habit
00:36:38c'est vrai qu'on a peut-être
00:36:39oublié
00:36:40que
00:36:41l'éducation
00:36:42et l'environnement
00:36:43c'est déjà
00:36:43une histoire
00:36:45de quasiment 40 ans
00:36:46au moins
00:36:46avec la circulaire
00:36:49habit
00:36:49donc ça c'est un aspect
00:36:51important
00:36:51l'éducation
00:36:52c'était aussi
00:36:53enfin c'était
00:36:54votre volonté
00:36:55de pointer
00:36:57cet aspect
00:36:57oui quand même
00:36:59déjà moi je suis
00:37:00la génération
00:37:01qui a connu
00:37:01les classes vertes
00:37:02et ça m'a beaucoup
00:37:03marqué
00:37:03donc c'était important
00:37:05et plus généralement
00:37:06oui
00:37:07dans un ouvrage
00:37:09qui voulait traiter
00:37:10la façon dont on se
00:37:11représente le monde
00:37:12naturel
00:37:12en Occident
00:37:13il était indispensable
00:37:15d'évoquer comment
00:37:15cette représentation
00:37:17est aussi formée
00:37:18et forgée
00:37:18par l'éducation
00:37:20et pour les enfants
00:37:21dans mes travaux
00:37:22j'essaie d'accorder
00:37:23justement la place
00:37:23aux enfants
00:37:24c'est souvent
00:37:25une catégorie
00:37:26qu'on ne pense pas
00:37:27or elle est centrale
00:37:28parce qu'évidemment
00:37:29ce qu'on vous dit
00:37:30à l'école
00:37:30et des choses aussi
00:37:31qui peuvent
00:37:31complètement transformer
00:37:32la façon dont vous
00:37:33vous reliez adulte
00:37:34en l'occurrence
00:37:35au monde naturel
00:37:36et Anna Trespeche-Bertelot
00:37:37a fait un magnifique travail
00:37:39où elle montre
00:37:39comment on passe
00:37:40d'une éducation
00:37:41alors que je ne me trompe pas
00:37:43à la nature
00:37:44et une éducation
00:37:45par la nature
00:37:46et enfin
00:37:47une éducation
00:37:48pour l'environnement
00:37:49donc une espèce
00:37:50d'évolution
00:37:50au cours des siècles
00:37:52qui change
00:37:53la façon
00:37:54dont on traite
00:37:55du monde naturel
00:37:56à l'école
00:37:58alors on ne peut pas
00:37:59tout dire
00:38:00il y a beaucoup de choses
00:38:01dans cette partie
00:38:02mais moi j'avais envie
00:38:04qu'on revienne un peu
00:38:05sur la nature
00:38:06et la nature et peinture
00:38:07là c'est un
00:38:08je trouve que c'est un chapitre
00:38:10extrêmement stimulant
00:38:11donc c'est pour ça
00:38:12que le moderniste
00:38:13qui parle toujours en moi
00:38:14a glissé
00:38:16une toile de Titien
00:38:18le concert Champette
00:38:19parce que c'est
00:38:20la démonstration
00:38:21d'Estelle Zong
00:38:22Mengual
00:38:22part de là
00:38:24et c'est assez passionnant
00:38:26donc de s'intéresser
00:38:27à l'art
00:38:30si vous voulez
00:38:31expliquez-nous
00:38:32un petit peu
00:38:32comment
00:38:33vous avez intégré
00:38:34toutes les réflexions
00:38:36d'Estelle
00:38:37Zong Mengual
00:38:38dans votre travail
00:38:40donc j'ai mis là
00:38:41son grand livre
00:38:42Apprendre à voir
00:38:43le point de vue
00:38:43du vivant
00:38:45comment ça a été pensé
00:38:47ça
00:38:47et à quoi aboutit
00:38:49un peu cette démonstration
00:38:50je ne sais pas si vous pourriez
00:38:52nous synthétiser ça
00:38:54je ne sais pas
00:38:54c'est un peu complexe
00:38:56c'est Charles-François
00:38:56qui est allé
00:38:58je vous conseille vraiment
00:39:00de lire l'ouvrage
00:39:00le nôtre évidemment
00:39:02mais aussi l'ouvrage
00:39:02Estelle Zong Mengual
00:39:03Apprendre à voir
00:39:04c'est un ouvrage
00:39:05vraiment magnifique
00:39:06la couverture est
00:39:07complètement ratée
00:39:07je ne sais pas comment
00:39:08ils ont fait
00:39:09mais Acte Suite
00:39:10fait des belles couvertures
00:39:10là franchement
00:39:11mais bon
00:39:12en tout cas
00:39:12lisez-le
00:39:13ne soyez pas rebutés
00:39:13par la couverture
00:39:14c'est un bel ouvrage
00:39:16et c'est magnifique
00:39:16donc
00:39:19ce qu'elle dit
00:39:20dans le chapitre
00:39:21qu'elle a écrit
00:39:21pour notre ouvrage
00:39:23c'est que
00:39:24la façon
00:39:25dont on
00:39:26qu'il y a un grand
00:39:28ce qu'elle appelle
00:39:29le grand partage
00:39:31comment on dit ça
00:39:31le grand partage
00:39:32de l'enchantement
00:39:33je crois
00:39:34qui s'opère
00:39:35au 18e
00:39:3619e siècle
00:39:36enfin à la période moderne
00:39:37d'abord
00:39:37et puis qui se renforce
00:39:38au 18e et 19e siècle
00:39:39qui verrait
00:39:40une dichotomie
00:39:42entre d'un côté
00:39:42la science
00:39:43qui deviendrait
00:39:43seule à même
00:39:44de dire quelque chose
00:39:45du vivant
00:39:45et l'art
00:39:47qui serait du pur domaine
00:39:48des représentations
00:39:49et de l'émotion
00:39:50mais qui ne parlerait pas vrai
00:39:51en quelque sorte
00:39:52quand il traite
00:39:53du monde naturel
00:39:55et que dès lors
00:39:56l'art
00:39:57est condamné
00:39:58à représenter
00:39:58une nature
00:39:59qui est muette
00:40:02qui n'est qu'un décor
00:40:04ou alors
00:40:05un décor
00:40:05qu'on investit
00:40:06d'émotions
00:40:06comme on le fait
00:40:07à l'époque romantique
00:40:08donc à partir justement
00:40:09de la période
00:40:09qui nous intéresse
00:40:10mais qui reste
00:40:11une espèce
00:40:12de soliloque
00:40:13c'est à dire qu'il n'y a pas
00:40:14on ne s'adresse pas
00:40:14une altérité
00:40:15et on ne représente pas
00:40:16une altérité
00:40:17qui serait celle
00:40:18d'un autre être vivant
00:40:19qui serait un animal
00:40:20une fleur etc
00:40:21mais simplement
00:40:22un réceptacle
00:40:23de nos émotions
00:40:24et que cette relation
00:40:25faussée d'après elle
00:40:27et qu'il faudrait transformer
00:40:28est visible
00:40:29à travers l'art
00:40:30c'est passionnant
00:40:31alors là
00:40:31les deux figures
00:40:32que j'ai mis
00:40:32en bas
00:40:33c'est des figures
00:40:34qu'elle évoque
00:40:35dans son livre
00:40:36Apprendre à voir
00:40:37et qui ont
00:40:37une autre approche
00:40:38de la nature
00:40:40c'est franchement
00:40:40tout à fait passionnant
00:40:41alors dans la partie suivante
00:40:44donc dans la troisième partie
00:40:46qui s'intitule
00:40:47Dominer la nature
00:40:49là vous vouliez aborder
00:40:53quelle était votre intention
00:40:54quelle était la ligne conductrice
00:40:56peut-être que Steve
00:40:57de cette partie
00:40:59et en quoi elle s'articule
00:41:00aux deux précédentes
00:41:01essayons de bien faire le lien
00:41:03je vous pose des questions
00:41:04difficiles
00:41:07on voulait comprendre
00:41:09comment le concept de nature
00:41:11avait circulé
00:41:13dans les rapports de domination
00:41:16enfin comment la nature
00:41:16avait servi à asseoir
00:41:18des rapports de domination
00:41:21le sommaire
00:41:22que vous avez indiqué
00:41:24le sommaire de la troisième partie
00:41:26je pense
00:41:26est assez clair
00:41:27comment la nature
00:41:29le chapitre d'Hélène Blais
00:41:30qui ramasse finalement
00:41:31une trentaine d'années
00:41:33de l'historiographie
00:41:34anglophone
00:41:35et francophone
00:41:36sur la manière
00:41:37dont le concept de nature
00:41:39a pu être mobilisé
00:41:40à la fois pour
00:41:41dominer des populations
00:41:43qui étaient considérées
00:41:44comme plus proches
00:41:44de la nature
00:41:45et dénigrer
00:41:47leurs rapports concrets
00:41:48au reste de la nature
00:41:50leurs interactions concrètes
00:41:52avec le reste de la nature
00:41:53comme étant des rapports
00:41:55prédateurs
00:41:55destructeurs
00:41:56qu'il fallait civiliser
00:41:57et comment
00:41:58finalement
00:41:59une partie
00:42:00de la mission
00:42:00civilisatrice coloniale
00:42:02était aussi
00:42:02une mission environnementale
00:42:05comment
00:42:07Anna Trespeuch
00:42:07part des travaux
00:42:09de Caroline Merchant
00:42:11historienne
00:42:12états-unienne
00:42:13enfin historienne
00:42:13philosophe états-unienne
00:42:14qui dans les années
00:42:151970
00:42:16publie
00:42:17la mort de la nature
00:42:18et où elle montre
00:42:19une sorte de destinée commune
00:42:20entre
00:42:21la manière dont on a pu
00:42:22traiter les femmes
00:42:23à l'époque moderne
00:42:23et la manière dont on a pu
00:42:24traiter la nature
00:42:25une féminisation
00:42:27des femmes
00:42:27et de la nature
00:42:28et qui amène
00:42:29à une même manière
00:42:30de leur dénier
00:42:32au moment de la révolution
00:42:34scientifique du XVIIe siècle
00:42:35et du XVIIIe siècle
00:42:36de leur dénier
00:42:39une agentivité propre
00:42:40et de les associer
00:42:42à des formes
00:42:42de réactions
00:42:44mécaniques
00:42:45voilà
00:42:46on pourrait à chaque fois
00:42:48multiplier sur tous ces thèmes
00:42:49les animaux évidemment
00:42:50les classes populaires
00:42:51enfin les classes ouvrières
00:42:52le chapitre de Renaud Becaud
00:42:53qui repart en particulier
00:42:55des travaux extrêmement importants
00:42:57de l'économiste
00:42:58Joan Martinez Allier
00:42:59mais qui s'était associé
00:43:00à des historiens
00:43:00pour montrer
00:43:01les formes de résistance
00:43:02passées
00:43:03à la modernisation
00:43:04dans les campagnes
00:43:06parmi les ouvriers
00:43:07les résistances aux pollutions
00:43:08par exemple
00:43:08les résistances aux appropriations
00:43:10de forêts
00:43:11de zones agricoles
00:43:12et comment
00:43:13ces appropriations
00:43:14ont été justifiées
00:43:15par l'idée
00:43:16d'un bon usage
00:43:16de la nature
00:43:17et comment
00:43:18les résistances
00:43:19n'ont que rarement
00:43:21utilisé le terme
00:43:22de nature
00:43:22mais pour autant
00:43:23ont défendu
00:43:24des rapports
00:43:24beaucoup moins
00:43:25prédateurs
00:43:25et destructeurs
00:43:26à cet environnement
00:43:28voilà
00:43:28je ne vais pas reprendre
00:43:30en détail
00:43:30mais ce qui fait
00:43:31qu'on retrouve
00:43:31ces espaces
00:43:32qu'on avait évoqués
00:43:33dans la première grande partie
00:43:34on les retrouve
00:43:36et puis on retrouve
00:43:36aussi les formes
00:43:37de médiatisation
00:43:38la manière
00:43:39dont les catégories
00:43:41populaires
00:43:41vont être plutôt associées
00:43:42à des destructeurs
00:43:44de l'environnement
00:43:45et la manière
00:43:46dont finalement
00:43:46y compris
00:43:47dans les mondes
00:43:48post-coloniaux
00:43:49un certain
00:43:50rapport
00:43:52de domination
00:43:53par la vision
00:43:55de la nature
00:43:55se perpétue
00:43:56au-delà
00:43:57des années 1960
00:43:57dans les mondes
00:43:59post-coloniaux
00:44:01si je peux juste
00:44:02rajouter une petite chose
00:44:03c'est qu'effectivement
00:44:05l'idée aussi
00:44:06de ce chapitre
00:44:06c'est donc de montrer
00:44:07qu'on
00:44:07dominer la nature
00:44:08c'est dominer
00:44:09des hommes et des femmes
00:44:10mais qu'il y a aussi
00:44:12donc une domination
00:44:13d'une certaine manière
00:44:14de concevoir
00:44:15le monde naturel
00:44:15c'est ce que tu disais
00:44:17à la fin
00:44:18c'est-à-dire que
00:44:19le rapport
00:44:20que nous avons aujourd'hui
00:44:21au monde naturel
00:44:22est aussi finalement
00:44:23un rapport
00:44:24qui s'est inscrit
00:44:25dans des institutions
00:44:28dans la loi
00:44:29dans un certain nombre
00:44:30de structures
00:44:32qui ont permis
00:44:33de mettre en place
00:44:34ce rapport délétère
00:44:35au monde naturel
00:44:36qui n'était pas
00:44:37le seul
00:44:37mais qui s'est imposé
00:44:38donc on a bien
00:44:39des rapports de force
00:44:40des rapports de domination
00:44:41y compris dans les modes
00:44:42de conception
00:44:44du monde naturel
00:44:45et de relation
00:44:46avec ce monde naturel
00:44:47Alors expliquez-nous
00:44:48peut-être pourquoi
00:44:49vous avez choisi
00:44:49de commencer
00:44:50par nature
00:44:52nature et empire colonial
00:44:53nature colonial
00:44:55le fait d'ouvrir
00:44:56cette partie
00:44:56par ce chapitre-là
00:44:57quelle était l'idée
00:44:59je ne sais pas
00:45:00si c'est une question pertinente
00:45:03parce qu'on s'était interrogé
00:45:05sur la délimitation
00:45:05de notre objet
00:45:06et en se disant
00:45:07mais en fait
00:45:08on est dans un monde connecté
00:45:09et ce n'est pas seulement
00:45:10depuis les années 2000
00:45:11qu'on est dans un monde connecté
00:45:13les sociétés modernes
00:45:14sont des sociétés
00:45:15déjà très connectés
00:45:17donc il y avait
00:45:18un absent forcément
00:45:20qui était le reste du monde
00:45:21et il y avait aussi
00:45:22l'idée
00:45:22qui est posée
00:45:23dès l'introduction
00:45:24que le rapport occidental
00:45:26à la nature
00:45:26c'est
00:45:27enfin envahit le monde
00:45:29et donc
00:45:30il nous fallait
00:45:31un chapitre
00:45:32qui revienne
00:45:32sur la colonisation
00:45:34et sur les rapports
00:45:35à la nature
00:45:36dans la colonisation
00:45:37donc il me semblait
00:45:38que c'était un
00:45:39bon tous les chapitres
00:45:40sont évidemment importants
00:45:41mais que
00:45:41penser l'Occident
00:45:43avec ses colonies
00:45:44c'est absolument
00:45:45indispensable
00:45:46pour comprendre
00:45:46la trajectoire
00:45:47qu'on a eu
00:45:48comprendre la matérialité
00:45:49des sociétés occidentales
00:45:52et donc
00:45:53il fallait ce chapitre
00:45:55à une place
00:45:55importante
00:45:56et donc au début
00:45:57de la troisième partie
00:45:58ça nous semblait
00:45:59important
00:46:00alors la partie suivante
00:46:02Steve vous êtes
00:46:03aussi l'acteur
00:46:04en titre d'auteur
00:46:06si j'ose dire
00:46:07dans cette
00:46:07dans cette partie
00:46:09puisque vous rédigez
00:46:10deux des chapitres
00:46:11sur le tourisme
00:46:14et les risques
00:46:14naturels
00:46:15donc là
00:46:16j'ai synthétisé
00:46:17un peu quelques-unes
00:46:18de vos idées
00:46:18à l'ouverture
00:46:19de la partie
00:46:20vous dites
00:46:21il s'agit
00:46:22dans cette partie
00:46:23d'envisager
00:46:24la façon
00:46:25dont les sociétés
00:46:26ont interagi
00:46:26avec le monde matériel
00:46:27en affrontant
00:46:28des risques
00:46:28de pénurie
00:46:29en tentant
00:46:30de contourner
00:46:31de repousser
00:46:31les limites naturelles
00:46:32en cherchant
00:46:32à éliminer
00:46:33ce que la nature
00:46:33présente
00:46:35présentait d'indésirable
00:46:36et de dangereux
00:46:36sans jamais
00:46:37totalement parvenir
00:46:39à chacun
00:46:39de ses buts
00:46:40donc là
00:46:41j'ai mis
00:46:41quelques éléments
00:46:43alors évidemment
00:46:45on aperçoit
00:46:46le pétrole
00:46:48déversé
00:46:48par la Moko Cadiz
00:46:49ça a frappé
00:46:51les imaginaires
00:46:51à la fin des années
00:46:5370
00:46:54j'ai mis
00:46:55une carte
00:46:55des surfaces
00:46:56à récolte
00:46:56cultivées
00:46:57selon le mode
00:46:57biologique
00:46:58en 2019
00:46:59l'évolution
00:47:01du tourisme mondial
00:47:02les chiffres
00:47:03sont éloquents
00:47:05et puis
00:47:05une figure
00:47:07par exemple
00:47:08sur laquelle
00:47:09vous arrêtez
00:47:09un moment
00:47:10par exemple
00:47:12celle du suédois
00:47:13Svante Arrhenius
00:47:14qui calcule
00:47:15le réchauffement climatique
00:47:17que pourrait
00:47:18engendrer
00:47:19la combustion
00:47:19d'énergie fossile
00:47:20après la
00:47:21première guerre mondiale
00:47:22donc on voit
00:47:24que vous abordez
00:47:24des thématiques
00:47:25diverses
00:47:26la question
00:47:27de la santé
00:47:28des énergies
00:47:29du tourisme
00:47:30bon mais néanmoins
00:47:32cette partie
00:47:33elle a une unité
00:47:34au-delà
00:47:35de ces différents
00:47:36aspects
00:47:37est-ce que vous pourriez
00:47:37nous la ramasser
00:47:39en quelques mots
00:47:39l'unité
00:47:40disons
00:47:41l'unité
00:47:41de cette partie
00:47:43c'est que
00:47:46en schématisant
00:47:47le rapport
00:47:48à la nature
00:47:48qui se met en place
00:47:49à partir du 18ème siècle
00:47:50disons que la nature
00:47:51va être perçue
00:47:51selon
00:47:53deux
00:47:54grandes catégories
00:47:55ressources
00:47:56la catégorie de ressources
00:47:57peut-être encore plus
00:47:58que celle de nature
00:47:59finalement
00:47:59la catégorie de ressources
00:48:01elle est fondamentale
00:48:02la ressource
00:48:03c'est un élément
00:48:04du milieu naturel
00:48:05qui devient appropriable
00:48:07et qui peut rentrer
00:48:09dans des circuits économiques
00:48:10et ça
00:48:11cette vision du monde
00:48:12en ressources
00:48:12cette parcellisation
00:48:13de la nature
00:48:13en ressources
00:48:14cette vision
00:48:18ce découpage
00:48:19de la nature
00:48:19en ressources
00:48:20il est absolument
00:48:22fondamental
00:48:22pour comprendre
00:48:23un certain nombre
00:48:23de nos problèmes
00:48:24et l'oubli
00:48:24des interrelations
00:48:25entre chacune
00:48:26de ce qu'on va identifier
00:48:27comme des ressources
00:48:29donc ça c'est le premier point
00:48:30et puis l'autre aspect
00:48:31c'est de voir la nature
00:48:33comme un ensemble
00:48:33de risques
00:48:35de risques
00:48:35de contraintes
00:48:37à éliminer
00:48:37ou à dominer
00:48:38à comprendre
00:48:38en tout cas
00:48:39donc c'est ce qu'on essaye
00:48:40un petit peu
00:48:40de voir
00:48:42les risques
00:48:42on les retrouve
00:48:43évidemment
00:48:43il y a un chapitre
00:48:44mais en agriculture
00:48:45se défaire
00:48:46de la variabilité naturelle
00:48:48c'est un élément
00:48:48absolument fondamental
00:48:49on pourrait le retrouver
00:48:50pour l'énergie
00:48:51on le retrouve
00:48:52pour la santé aussi
00:48:54et puis
00:48:54après il y a
00:48:55une troisième dimension
00:48:56et là qui est peut-être
00:48:57davantage développée
00:48:58dans les chapitres
00:48:58tourisme
00:48:58et santé
00:49:00c'est que cette nature
00:49:00en elle-même
00:49:01elle va continuer
00:49:02à offrir
00:49:04des éléments
00:49:05potentiellement
00:49:07favorables
00:49:07à la bonne santé
00:49:08des populations
00:49:10et donc
00:49:11cette parcellisation
00:49:12de la nature
00:49:13en ressources
00:49:14elle va aussi
00:49:15être accompagnée
00:49:18d'inquiétudes
00:49:19pour les conséquences
00:49:19sur la santé
00:49:20et pour les conséquences
00:49:21pour la destruction
00:49:22de paysages
00:49:22qui sont devenus
00:49:23des éléments
00:49:24de ressourcement
00:49:24absolument essentiels
00:49:26pour des sociétés
00:49:26urbanisés
00:49:27le titre
00:49:28de cette partie
00:49:31vise aussi
00:49:31à rappeler
00:49:32que la période
00:49:33qu'on considère
00:49:34est une période
00:49:34d'enrichissement
00:49:35du monde occidental
00:49:38les sociétés
00:49:39se portent mieux
00:49:39elles mangent mieux
00:49:40elles ont plus
00:49:41de confort
00:49:42elles découvrent
00:49:43de nouveaux loisirs
00:49:44comme le tourisme
00:49:46et ça il faut le rappeler
00:49:47c'est-à-dire que
00:49:48on n'est pas du tout
00:49:49dans
00:49:49l'objectif du livre
00:49:51n'était pas du tout
00:49:52une espèce d'autoflagellation
00:49:54occidentale
00:49:56il y a des gros problèmes
00:49:57évidemment
00:49:57très très gros
00:49:59mais on veut aussi
00:49:59rappeler quand même
00:50:00qu'il s'est passé
00:50:02des choses
00:50:03positives
00:50:03pour les sociétés
00:50:04occidentales
00:50:05mais qui se sont
00:50:05traduites par
00:50:06évidemment
00:50:08une dégradation
00:50:09considérable
00:50:09de l'environnement
00:50:10donc c'est essayer
00:50:10de tenir un peu
00:50:11cela
00:50:12en essayant de comprendre
00:50:13comment cette richesse
00:50:14du monde
00:50:14a été captée
00:50:15au bénéfice
00:50:16des sociétés occidentales
00:50:17et quelles conséquences
00:50:19ça a eu
00:50:19sur l'environnement
00:50:20et aussi
00:50:20comment on l'a pensé
00:50:21parce que comme le disait
00:50:22Steve
00:50:23on a très tôt pensé
00:50:24ces impacts
00:50:25de nos modes de vie
00:50:26sur le monde naturel
00:50:27simplement
00:50:28ce sont des
00:50:31des craintes
00:50:32et des critiques
00:50:32qui ont pu être
00:50:33marginalisées
00:50:33étouffées
00:50:34ignorées
00:50:35mais elles étaient là
00:50:37dans votre introduction
00:50:38vous évoquez aussi
00:50:39le fameux rapport
00:50:40de la norvégienne
00:50:41Groenland
00:50:42sur le développement durable
00:50:44c'est intéressant
00:50:44parce que cette idée
00:50:45de développement durable
00:50:46elle sature aussi
00:50:48les programmes
00:50:48d'enseignement
00:50:50jusqu'à ce qu'on ne comprenne
00:50:52même pas
00:50:52plus très bien
00:50:53le concept
00:50:53on a l'impression
00:50:55que vous êtes
00:50:55un petit peu
00:50:56réservé
00:50:56sur ce concept
00:50:58est-ce que vous pourriez
00:50:59nous expliquer
00:51:00un peu
00:51:00la portée
00:51:01de vos réserves
00:51:03Steve ?
00:51:04disons que
00:51:05les différents chapitres
00:51:06pas spécifiquement
00:51:06peut-être l'introduction
00:51:08justement
00:51:09trace un peu
00:51:10la genèse
00:51:10de ce concept
00:51:12de développement durable
00:51:12et on peut
00:51:13en voir des origines
00:51:15dans la gestion forestière
00:51:16déjà au 18ème
00:51:17et surtout au 19ème siècle
00:51:18et puis dans des débats
00:51:20qu'il va y avoir
00:51:20entre conservationnisme
00:51:22et préservationnisme
00:51:24aux Etats-Unis
00:51:24autour de 1900
00:51:26je ne vais pas revenir
00:51:27en détail
00:51:27sur ce débat-là
00:51:28mais simplement
00:51:29l'idée
00:51:30qu'une bonne connaissance
00:51:31et une bonne gestion
00:51:33de la nature
00:51:34permettrait à la fois
00:51:35de la protéger
00:51:36et d'augmenter
00:51:38les richesses disponibles
00:51:41et finalement
00:51:41le rapport
00:51:42Brundtland
00:51:43vient mettre
00:51:43un terme
00:51:45commun et partagé
00:51:46là-dessus
00:51:46en venant plutôt
00:51:47d'une inspiration
00:51:48alors on est dans
00:51:50les derniers feux
00:51:51du tiers-mondisme
00:51:52mais il y a quand même
00:51:52cette idée
00:51:53de justice internationale
00:51:54c'est-à-dire
00:51:55de rééquilibrer
00:51:55les richesses internationales
00:51:58mais avec une forme
00:51:59d'arbitrage
00:51:59qui est de dire
00:52:01que les sociétés occidentales
00:52:02ne vont pas se priver
00:52:04mais qu'il faut permettre
00:52:05aux plus pauvres
00:52:05aujourd'hui
00:52:06de se développer
00:52:07mais en respectant
00:52:07la nature
00:52:09mais il me semble
00:52:10je vais parler pour moi
00:52:12il y a d'autres historiens
00:52:12qui ont pu en parler
00:52:13qu'en fait c'est une idée
00:52:14qui n'est pas si neuf
00:52:16que ça
00:52:16et qui a accompagné
00:52:17le développement
00:52:19industriel
00:52:19par ailleurs
00:52:20il faut voir
00:52:21dans un contexte plus court
00:52:22la manière
00:52:22dont ce développement durable
00:52:23vient un petit peu
00:52:24mettre un point final
00:52:26à la grande séquence
00:52:28de controverses environnementales
00:52:30qui démarre
00:52:30dans les années 1960
00:52:32et qui est un petit peu
00:52:32comme point d'orgue
00:52:34le rapport Médose
00:52:35de 1972
00:52:36qui annonce
00:52:37qu'un développement
00:52:40économique infini
00:52:41sur une planète finie
00:52:42est impossible
00:52:44et qu'on court
00:52:44vers un désastre
00:52:45quelque part
00:52:46au XXIe siècle
00:52:46si on n'agit pas à temps
00:52:47et le rapport
00:52:49Bruntland
00:52:50hérite de ces discussions-là
00:52:52et va un petit peu
00:52:54les mettre de côté
00:52:54en disant
00:52:55mais si c'est possible
00:52:57en administrant mieux
00:52:59la nature
00:53:00on arrivera
00:53:00à la fois
00:53:01à la préserver
00:53:01et à faire vivre
00:53:03mieux les générations futures
00:53:04de manière un peu
00:53:06illusoire
00:53:07ou enfin
00:53:07qu'est-ce que
00:53:08il n'y a qu'à voir
00:53:09la situation
00:53:10un peu belle
00:53:10je crois
00:53:11oui
00:53:11c'est-à-dire que
00:53:12les trois
00:53:13les trois pans
00:53:14du développement durable
00:53:15société
00:53:16économie
00:53:16environnement
00:53:17bon
00:53:17l'économie
00:53:19globalement
00:53:19s'est développée
00:53:20les sociétés
00:53:21l'égalité
00:53:22l'accès
00:53:23aux soins
00:53:24etc.
00:53:25restent quand même
00:53:26très très inégales
00:53:26et puis
00:53:27l'environnement
00:53:28est resté
00:53:29la cinquième roue
00:53:29du carrosse
00:53:32et a été
00:53:33encore plus dégradé
00:53:34donc
00:53:3640 ans après
00:53:37il me semble
00:53:38que les résultats
00:53:38ne sont pas très probants
00:53:39de cela
00:53:40voilà
00:53:41oui oui
00:53:41je suis entièrement
00:53:42d'accord
00:53:43mais ce que
00:53:44d'autres disent
00:53:44c'est aussi
00:53:45que ce développement durable
00:53:46finalement
00:53:46il a paru
00:53:47relativement inoffensif
00:53:48c'est pour ça aussi
00:53:49qu'il a eu
00:53:49un grand développement
00:53:51enfin pardon
00:53:52une grande diffusion
00:53:55mais
00:53:56ce côté
00:53:57relativement
00:53:58aseptisé
00:53:58par rapport
00:53:59aux critiques
00:53:59écologistes
00:54:00des années 1970
00:54:01ou au rapport
00:54:01médoze
00:54:02a permis
00:54:03à la thématique
00:54:04environnementale
00:54:05de se diffuser
00:54:05bien au-delà
00:54:06des milieux
00:54:07des seuls milieux
00:54:08contestataires
00:54:08et que finalement
00:54:09peut-être que ce
00:54:10développement durable
00:54:10a eu le mérite
00:54:11de rendre l'environnement
00:54:12absolument incontournable
00:54:13partout
00:54:13même si les actions
00:54:14n'étaient pas forcément
00:54:15à la hauteur des enjeux
00:54:17personne ne pouvait
00:54:17vraiment nier
00:54:18qu'il y avait des problèmes
00:54:19avec l'environnement
00:54:20donc c'était un peu
00:54:21à double tranchant
00:54:22à la fois
00:54:22un concept
00:54:24qui a accompagné
00:54:25une forme d'inaction
00:54:26et en même temps
00:54:27un concept
00:54:28qui a acclimaté
00:54:29l'importance
00:54:31de la question
00:54:32environnementale
00:54:33Alors on arrive
00:54:34à votre dernière partie
00:54:36puis ensuite
00:54:36on pourra
00:54:37solliciter le public
00:54:39connaître
00:54:40réguler
00:54:41maîtriser la nature
00:54:42cette partie
00:54:42c'est vraiment
00:54:43s'intéresse à l'ambiguïté
00:54:44des sciences modernes
00:54:45qui ont à la fois
00:54:46accompagné
00:54:46cette
00:54:48cette accumulation
00:54:49tout ce processus
00:54:51là que vous
00:54:51que vous décrivez
00:54:52et puis qui ont aussi
00:54:53permis d'appuyer
00:54:55la protection
00:54:55de la nature
00:54:56donc
00:54:56c'est intéressant
00:54:58là vous interrogez
00:54:59sur cette ambiguïté
00:55:01fondamentale
00:55:03fondamentale
00:55:03des sciences
00:55:04et donc vous passez
00:55:06notamment par le
00:55:07par le droit
00:55:07c'était aussi
00:55:08et là c'est
00:55:10le chapitre
00:55:10qui ouvre
00:55:11cette partie
00:55:13oui
00:55:13il nous paraissait
00:55:14important
00:55:14quand même
00:55:15dans cette partie
00:55:18qui traitait
00:55:19plutôt
00:55:19comment dire
00:55:20des grandes structures
00:55:23encadrant
00:55:23la gestion
00:55:24de l'environnement
00:55:26de partir du droit
00:55:28parce qu'on l'oublie
00:55:29souvent
00:55:29mais il est
00:55:30évidemment central
00:55:31dans la façon
00:55:32dont on se relie
00:55:32au monde naturel
00:55:33et il se trouve
00:55:34qu'en plus
00:55:35on connaît
00:55:35Jean Perard
00:55:36quelqu'un
00:55:37qui a fait
00:55:38des travaux
00:55:38qui fait
00:55:39des travaux
00:55:39absolument brillants
00:55:40et passionnants
00:55:41sur le sujet
00:55:42et donc
00:55:43on s'est tourné
00:55:44vers lui
00:55:45et il montre bien
00:55:47l'évolution
00:55:48du droit
00:55:49de l'environnement
00:55:50mais aussi
00:55:50comment
00:55:50c'est un
00:55:51c'est un droit
00:55:53qui
00:55:55est un droit
00:55:56qui est toujours
00:55:57protecteur
00:55:58c'est à dire
00:55:58que la règle
00:56:00c'est le laisser faire
00:56:01et qu'ensuite
00:56:01le droit de l'environnement
00:56:02introduit des exceptions
00:56:03qui le protègent
00:56:05là où
00:56:06d'après lui
00:56:07il faudrait
00:56:08plutôt un basculement
00:56:08inverse
00:56:09c'est à dire
00:56:09une protection générale
00:56:11avec des exceptions
00:56:12éventuelles
00:56:12d'actions
00:56:13sur le monde naturel
00:56:15donc en tout cas
00:56:17peu importe
00:56:18en quelque sorte
00:56:19sa thèse
00:56:20mais ce qui nous
00:56:21paraissait important
00:56:21c'était d'avoir
00:56:22ce regard un peu
00:56:22sur plan
00:56:23pour comprendre
00:56:23comment le droit
00:56:25conditionne une certaine
00:56:26façon de se relier au monde
00:56:27notamment en définissant
00:56:29ne serait-ce que
00:56:30les animaux
00:56:30comme des biens
00:56:31et à partir de là
00:56:32évidemment
00:56:33ça change quand même
00:56:34beaucoup
00:56:35la façon dont on conçoit
00:56:36les êtres
00:56:37les êtres vivants
00:56:38et à partir de là
00:56:39une fois que ces bases
00:56:41législatives étaient posées
00:56:42on pouvait avancer
00:56:43dans le reste
00:56:44de la partie
00:56:45notamment avec un chapitre
00:56:46qui nous paraissait important
00:56:47aussi sur la propriété
00:56:48de la terre
00:56:48parce que
00:56:49montrer comme le fait
00:56:51Frédéric Raber
00:56:51que la conception
00:56:52qu'on a
00:56:53de la propriété
00:56:54comme un bien
00:56:55exclusif
00:56:56dont on peut faire
00:56:56ce qu'on veut
00:56:57dans le mépris complet
00:56:58de ce qui l'entoure
00:56:59en quelque sorte
00:57:00quelques contraintes
00:57:02maintenant
00:57:02mais globalement
00:57:03cette conception-là
00:57:04elle est singulière
00:57:05à notre monde occidental
00:57:09elle se rigidifie
00:57:11en quelque sorte
00:57:12justement au tournant
00:57:13du 18e et du 19e siècle
00:57:14et elle a
00:57:15des conséquences énormes
00:57:17sur les modalités
00:57:17de gestion du monde naturel
00:57:18et de développement
00:57:19de l'industrie
00:57:20ou d'autres
00:57:21de l'extraction
00:57:23et de toutes les activités
00:57:24qui peuvent abîmer
00:57:25justement l'environnement
00:57:27et après on continue
00:57:28je ne vais pas refaire
00:57:28chaque chapitre
00:57:29mais sur les mises en économie
00:57:31ou les actions de protection
00:57:32alors disons peut-être
00:57:34un mot
00:57:35parce qu'il y a ce chapitre
00:57:36qui est passionnant
00:57:37de Julia Vincent
00:57:39c'est pour ça que vous avez
00:57:40une drôle de courbe
00:57:40qu'on appelle
00:57:42la courbe en éléphant
00:57:44mais peut-être
00:57:44terminons ce dialogue
00:57:46avant de passer
00:57:47la parole au public
00:57:49sur le concept
00:57:50qui est mis en avant
00:57:51par Christophe Bonneuil
00:57:53dans le chapitre 30
00:57:54le dernier
00:57:55« Pensez la planète en Occident »
00:57:57de régime
00:57:59de planétarité
00:58:01donc évidemment
00:58:02qui reprend
00:58:03un petit peu
00:58:03l'idée de régime
00:58:04d'historicité
00:58:05est-ce que vous pourriez
00:58:06un peu nous expliquer
00:58:08est-ce que ce concept
00:58:09est complètement neuf
00:58:11est-ce qu'il a déjà
00:58:12une histoire
00:58:13est-ce que ça y est
00:58:14on peut le mettre
00:58:16en musique
00:58:17ça y est
00:58:18il est labellisé
00:58:19en quelque sorte
00:58:20on peut l'utiliser
00:58:21je ne sais pas
00:58:21au ministère de l'environnement
00:58:23dans nos cours
00:58:23dans nos cours du secondaire
00:58:25ça y est
00:58:25est-ce qu'il faut lui faire
00:58:26une grande publicité
00:58:27ou est-ce qu'il a besoin
00:58:28encore de se chercher
00:58:30je ne sais pas
00:58:31alors
00:58:32tu veux
00:58:33le
00:58:34on l'a mis
00:58:35en fin
00:58:36d'ouvrage
00:58:39parce que
00:58:39c'est une sorte
00:58:40de préconclusion
00:58:42dans la mesure
00:58:43où
00:58:43il dresse
00:58:44un espèce
00:58:44justement
00:58:45par ce concept-là
00:58:47il propose
00:58:48un concept
00:58:49qui permet
00:58:49d'aborder
00:58:51l'ensemble
00:58:51de la période
00:58:51de façon un peu
00:58:52plus générale
00:58:53incluant
00:58:54un peu
00:58:54toutes les thématiques
00:58:54qu'on a vues
00:58:55dans le reste
00:58:55de l'ouvrage
00:58:56donc avec ce concept
00:58:57de régime de planétarité
00:58:58c'est simplement évoqué
00:59:00un peu ce qu'on disait
00:59:01tout à l'heure
00:59:01c'est les façons
00:59:02dont des sociétés
00:59:03à un moment
00:59:04de l'histoire
00:59:05envisagent leur rapport
00:59:07à la planète
00:59:07dans son ensemble
00:59:09donc d'un point de vue
00:59:10de la géographie
00:59:11des aménagements
00:59:12des usages énergétiques
00:59:13etc.
00:59:14et donc ils distinguent
00:59:14plusieurs périodes
00:59:16avec des régimes de planétarité
00:59:17un petit peu différents
00:59:18qui sont simplement
00:59:19là encore une fois
00:59:20une manière de rappeler
00:59:21que la pensée du globe
00:59:23en gros
00:59:23ne date pas
00:59:26du GIEC
00:59:27et du réchauffement climatique
00:59:29mais qu'on a pensé
00:59:31alors on
00:59:31pas tout le monde
00:59:33mais souvent des savants
00:59:35des ingénieurs
00:59:36etc.
00:59:37ont pensé
00:59:38le rapport
00:59:39de certaines sociétés
00:59:40et de leurs actions
00:59:41au monde
00:59:41dans son ensemble
00:59:42notamment par exemple
00:59:44ils évoquent
00:59:45l'idée
00:59:47qu'il fallait
00:59:47déforester
00:59:48le nouveau monde
00:59:49pour permettre
00:59:50de réduire
00:59:51un petit peu
00:59:52son humidité
00:59:52et pouvoir mieux
00:59:53le cultiver
00:59:54inversement
00:59:55on s'inquiète
00:59:55à partir
00:59:56du début
00:59:58du 19ème siècle
00:59:59des risques
01:00:00d'assèchement
01:00:00de la France
01:00:01notamment
01:00:02et donc
01:00:02on encourage
01:00:03le reboisement
01:00:04bref
01:00:05il y a une pensée
01:00:06comme ça
01:00:06du climat
01:00:06et du monde
01:00:07du lien
01:00:08à la planète
01:00:09donc oui
01:00:10on peut l'utiliser
01:00:10du moment
01:00:11que vous aurez acheté
01:00:12le livre
01:00:12et que vous l'aurez lu
01:00:13vous aurez le droit
01:00:14de l'utiliser
01:00:15à l'école
01:00:15ou au ministère
01:00:16mais bien sûr
01:00:17oui
01:00:18alors je précise
01:00:19parce que j'ai oublié
01:00:19de le dire
01:00:20le concept
01:00:21de régime
01:00:22d'historicité
01:00:23c'est le concept
01:00:23de François Artaug
01:00:24c'est important
01:00:25qui a fait florès
01:00:26dans l'historiographie
01:00:27mais voilà
01:00:28je laisse la parole
01:00:29à Steve
01:00:29oui non
01:00:30François Artaug
01:00:31désignait par là
01:00:31la manière
01:00:32dont chaque société
01:00:33se situe dans le temps
01:00:34voilà
01:00:35et là donc
01:00:35c'était
01:00:35comment chaque société
01:00:36à un moment
01:00:37se situe
01:00:38par rapport
01:00:38à l'entièreté
01:00:39de la planète
01:00:40et de ses phénomènes
01:00:41physiques
01:00:41et écologiques
01:00:43voilà
01:00:43il distingue
01:00:44donc je pense
01:00:46que la volonté
01:00:46de Christophe
01:00:47c'était de mettre
01:00:47en circulation
01:00:48justement
01:00:48et mettre
01:00:49en discussion
01:00:50cette idée
01:00:50de régime
01:00:51de planétarité
01:00:52et peut-être
01:00:54pour dire un mot
01:00:54de cette partie
01:00:55dans son ensemble
01:00:56on essayait aussi
01:00:57mais ça traverse
01:00:58tout le livre
01:00:59de montrer
01:00:59et c'est là
01:01:00peut-être l'articulation
01:01:01au présent
01:01:01que notre présent
01:01:03est la somme
01:01:05d'un héritage
01:01:06parfois d'héritage
01:01:07très profond
01:01:08qui remonte
01:01:09qui remonte
01:01:10à l'époque moderne
01:01:11pour certains
01:01:13et ça représente
01:01:15une inertie
01:01:17face au poids
01:01:17du passé
01:01:18dans le présent
01:01:20un certain nombre
01:01:21de verrouillages
01:01:22mais qu'on pense
01:01:23qu'en les identifiant
01:01:25évidemment
01:01:25on se donne aussi
01:01:26des outils
01:01:27pour sortir
01:01:28des verrouillages
01:01:29pour autant
01:01:30on ne donne pas
01:01:30de préconisations
01:01:31aux politiques
01:01:33un petit mot
01:01:34de conclusion
01:01:34avant qu'on cède
01:01:35la parole au public
01:01:35parce que là
01:01:36on n'a pas de diapositive
01:01:37pour la conclusion
01:01:37mais qui sera
01:01:38uniquement par les mots
01:01:39et qui est exactement
01:01:41dans la lignée
01:01:41de ce que Steve dit
01:01:44dans notre conclusion
01:01:45on voudrait rappeler
01:01:46qu'en fait
01:01:46ce livre
01:01:47n'est pas censé
01:01:47être déprimant
01:01:49il montre
01:01:50quand même
01:01:50évidemment
01:01:50un certain nombre
01:01:51de problèmes
01:01:53mais notre idée
01:01:54encore une fois
01:01:54n'était pas
01:01:55simplement
01:01:56de gindre
01:01:57mais d'expliquer
01:01:58pas de désigner
01:01:59des coupables
01:02:00mais de montrer
01:02:01une complexité
01:02:02en oeuvre
01:02:03et des évolutions
01:02:05historiques
01:02:06techniques
01:02:06géographiques
01:02:07on voulait pointer
01:02:08en revanche
01:02:09à la fin
01:02:09deux choses
01:02:10c'est-à-dire
01:02:10le poids des imaginaires
01:02:11c'est-à-dire
01:02:12le poids
01:02:12de nos façons
01:02:13de représenter
01:02:13le monde vivant
01:02:14dans la crise
01:02:15que nous connaissons
01:02:15actuellement
01:02:16et la deuxième chose
01:02:17le rôle du politique
01:02:18parce qu'il nous paraît
01:02:19essentiel
01:02:20que le monde politique
01:02:22et les responsables politiques
01:02:23s'empare justement
01:02:24de ces questions
01:02:25et notamment
01:02:26des imaginaires
01:02:26et contribue
01:02:27par les institutions
01:02:28par l'éducation
01:02:29par tout ce qui relève
01:02:30de leurs prérogatives
01:02:33à changer justement
01:02:35les choses
01:02:35et à permettre
01:02:36un autre rapport
01:02:36au monde
01:02:37qui soit moins délétère
01:02:39très bien
01:02:39voici venu
01:02:40merci beaucoup
01:02:41le temps des questions
01:02:43j'ai laissé la parole
01:02:44à Benoît
01:02:46merci beaucoup
01:02:46c'était absolument passionnant
01:02:49moi je voudrais revenir
01:02:50sur la question
01:02:50de la périodisation
01:02:52que vous avez choisie
01:02:52puis idem pour
01:02:53les trois tomes
01:02:55de l'histoire environnementale
01:02:56parce que
01:02:57en faisant ça
01:02:58vous mettez l'accent
01:02:59sur
01:03:00l'ère pré-industrielle
01:03:02ou l'ère industrielle
01:03:03et en gros
01:03:04ça nous dit
01:03:04les problèmes
01:03:05enfin
01:03:06les problèmes majeurs
01:03:07et les solutions
01:03:08sont là
01:03:08mais il y a peut-être
01:03:09une autre histoire
01:03:10parce que
01:03:10je trouve que la religion
01:03:11s'en tire bien
01:03:12finalement
01:03:12dans votre propos
01:03:14avec
01:03:14oui le protestantisme
01:03:16a un rapport affinitaire
01:03:17à la nature
01:03:18on connaît
01:03:18la façon dont les allemands
01:03:20les anglais
01:03:20n'ont pas le même
01:03:21rapport à la nature
01:03:22mais il y a une autre thèse
01:03:23qui consiste à dire
01:03:24et c'est l'Occident chrétien
01:03:25le problème
01:03:26le problème vient
01:03:27bien avant le protestantisme
01:03:29dès le Moyen-Âge
01:03:30dès l'activité des moines
01:03:32de défrichement
01:03:33dès cette idée culturelle
01:03:35de
01:03:35Adam et Ève
01:03:36vous sortez du paradis
01:03:37puis maintenant
01:03:37vous allez travailler
01:03:38la nature
01:03:39vous n'allez pas
01:03:39vous contenter de cueillir
01:03:40vous allez travailler
01:03:41la nature
01:03:41et le propre
01:03:43de l'homme
01:03:43et de la femme
01:03:44c'est de travailler
01:03:45la nature
01:03:45et donc
01:03:47évidemment
01:03:47quand on oppose
01:03:48cette histoire-là
01:03:49on n'arrive pas du tout
01:03:50aux mêmes conclusions
01:03:51c'est-à-dire
01:03:51dans un cas
01:03:52si on se centre
01:03:55sur la période industrielle
01:03:56on va dire
01:03:56on va chercher
01:03:57les solutions
01:03:58contre le système capitaliste
01:04:00ou la façon
01:04:00dont les organiser
01:04:01et dans un autre cas
01:04:02si on dit
01:04:03que c'est beaucoup
01:04:04plus lointain
01:04:04que ça
01:04:05plus culturel
01:04:05il faut travailler
01:04:06sur d'autres éléments
01:04:08j'aimerais bien
01:04:09que vous reveniez là-dessus
01:04:10s'il vous plaît
01:04:12Je démarre
01:04:13mais de manière vague
01:04:14c'est une grande question
01:04:16évidemment
01:04:16en fait vous pointez
01:04:18un question d'histoire
01:04:20majeure
01:04:20c'est que
01:04:21la périodisation
01:04:22engage un peu le récit
01:04:23qu'on va en faire
01:04:24mais on est contraint
01:04:25de périodiser
01:04:26quand on fait des ouvrages
01:04:28simplement
01:04:29il nous a semblé
01:04:30que par rapport
01:04:30aux éléments
01:04:31qu'a rappelé
01:04:31Charles-François
01:04:32au tout début
01:04:33ces éléments
01:04:34l'emportent
01:04:35dans la manière
01:04:35où des rapports
01:04:36de force établissent
01:04:37et que
01:04:37tout n'est pas joué
01:04:38au Moyen-Âge
01:04:39avec la chrétienté
01:04:40que par exemple
01:04:41des figures
01:04:42comme François d'Assise
01:04:43aujourd'hui
01:04:43quand on reprend
01:04:44ses textes
01:04:44il nous offrirait
01:04:45des perspectives
01:04:47assez incroyables
01:04:48pour renouer
01:04:48avec la nature
01:04:49simplement
01:04:50au sein même
01:04:51de l'église
01:04:51au sein même
01:04:52des institutions
01:04:52pendant l'époque
01:04:53moderne
01:04:54un certain rapport
01:04:55de force
01:04:56plutôt favorable
01:04:57à la domination
01:05:00étatique
01:05:00puis à la domination
01:05:01impériale
01:05:02ces rapports de force
01:05:03là vont l'emporter
01:05:04sur des tendances
01:05:05qui étaient
01:05:06moins prédatrices
01:05:08pour l'environnement
01:05:08et donc nous
01:05:09on part un peu
01:05:09de plutôt
01:05:10finalement
01:05:12la structuration
01:05:13absolument contingente
01:05:14du capitalisme
01:05:16pendant l'époque
01:05:16moderne
01:05:17par un ensemble
01:05:18de phénomènes
01:05:19et puis
01:05:21l'arrivée
01:05:22des énergies fossiles
01:05:23qui va un petit peu
01:05:24aussi changer
01:05:25mais disons
01:05:26il nous semble
01:05:27que les changements
01:05:27majeurs
01:05:28se situent
01:05:28plutôt
01:05:29au moment
01:05:30du XVIIIe siècle
01:05:31même si évidemment
01:05:32il y a un certain
01:05:33nombre de racines
01:05:34plus anciennes
01:05:35mais que là
01:05:35cette racine
01:05:36chrétienne
01:05:37ne nous a pas
01:05:38paru la plus
01:05:39importante
01:05:40d'autres récits
01:05:41font remonter
01:05:42à la naissance
01:05:42de l'agriculture
01:05:43pendant le néolithique
01:05:44et voilà
01:05:45on revoit
01:05:46et à chaque fois
01:05:47évidemment
01:05:48et ça c'était
01:05:48d'autres travaux
01:05:49de Christophe Bonneuil
01:05:51et de Jean-Baptiste
01:05:52Fressose
01:05:52mais surtout Christophe
01:05:53qui s'était intéressé
01:05:54à ça
01:05:54sur la manière
01:05:55selon le moment
01:05:56où on choisit
01:05:57de démarrer
01:05:58la crise environnementale
01:05:59on a un récit
01:06:01et des solutions politiques
01:06:02qui sont entièrement
01:06:02différentes
01:06:03voilà
01:06:05et oui
01:06:06cette question
01:06:07est extrêmement difficile
01:06:08effectivement
01:06:10et on en a
01:06:10encore beaucoup discuté
01:06:12et on en discute
01:06:12beaucoup entre nous
01:06:13parce qu'on pourrait
01:06:14aussi très bien
01:06:15faire démarrer
01:06:16les choses
01:06:16avec le système
01:06:17des plantations
01:06:18par exemple
01:06:19dont certains disent
01:06:19qu'il est à l'origine
01:06:20d'une forme de capitalisme
01:06:22extractif
01:06:22et destructeur de la nature
01:06:23et qui est l'origine
01:06:24des problèmes
01:06:25donc il y a plein de moments
01:06:26pour démarrer en fait
01:06:28cette crise environnementale
01:06:30en quelque sorte
01:06:30et clairement
01:06:31il fallait faire un choix
01:06:32et on a fait ce choix-là
01:06:35parce que
01:06:35alors
01:06:36mais c'est ce que vient
01:06:37de dire Steve
01:06:37enfin en ce qui me concerne
01:06:39vraiment
01:06:39je reste persuadé
01:06:40qu'il y a des
01:06:41comment dire
01:06:43des potentialités
01:06:45destructrices
01:06:46qui sont à l'oeuvre
01:06:47dans les sociétés occidentales
01:06:48avant le 18e siècle
01:06:49d'un rapport
01:06:50délétéromont naturel
01:06:51mais qu'il ne prend
01:06:52de réalité
01:06:53massive
01:06:54que
01:06:55à partir de la fin
01:06:56du 18e et du 19e
01:06:57par justement
01:06:58la puissance donnée
01:06:59au monde
01:07:00par les énergies fossiles
01:07:01c'est à partir du moment
01:07:02où la puissance d'action
01:07:03de l'humanité
01:07:04et en l'occurrence
01:07:05la société occidentale
01:07:06d'abord
01:07:06peut s'exprimer
01:07:07pleinement
01:07:07que ces potentialités
01:07:09donc se traduisent
01:07:10par une dégradation
01:07:11considérable
01:07:12de l'environnement
01:07:12et un rapport
01:07:13qui est de plus en plus
01:07:14délétère
01:07:14de plus en plus
01:07:15ressourciste
01:07:16et qui parvint
01:07:16à s'imposer aussi
01:07:17aux différents
01:07:18aux différentes sociétés
01:07:19donc c'est un choix
01:07:21qu'on peut effectivement
01:07:22discuter
01:07:23mais ce choix
01:07:25il repose
01:07:25sur cette question
01:07:26des énergies
01:07:27entre autres
01:07:28si je puis me permettre
01:07:29on peut le prendre
01:07:29dans tous les sens
01:07:30la révolution française
01:07:32cristallise
01:07:33beaucoup
01:07:34aussi
01:07:34même si
01:07:35cette révolution française
01:07:36en soi
01:07:36on peut
01:07:38l'isoler
01:07:38mais en réalité
01:07:39elle cristallise
01:07:40un nombre de choses
01:07:40vous l'avez dit
01:07:41le droit à la propriété
01:07:42et c'est ce qui précède
01:07:43la révolution industrielle
01:07:44etc
01:07:45donc c'est pour ça
01:07:45que ça se justifie là
01:07:47comme ça se justifie
01:07:48pour le chapitre
01:07:49pour le tome 1
01:07:50de l'histoire environnementale
01:07:51de la France
01:07:52puisque c'est la même chronologie
01:07:54qui a été retenue
01:07:55mais là
01:07:55cette fois-ci
01:07:56pour la France
01:07:57on la prend dans tous les sens
01:07:59on a toujours
01:08:00cette rupture
01:08:01fin 18ème
01:08:02début 19ème
01:08:03la grande révolution
01:08:04c'est-à-dire
01:08:05qu'on commence
01:08:06avant 1789
01:08:07mais on finit aussi
01:08:08en fait
01:08:09avec le premier empire
01:08:11pour ce qui nous concerne
01:08:11nous français
01:08:12mais enfin
01:08:12voilà
01:08:13c'est quand même un tournant
01:08:15qu'on le veuille ou non
01:08:16on le prend dans tous les sens
01:08:18en histoire
01:08:19c'est vraiment le tournant
01:08:20qu'on peut
01:08:21qu'il est difficile
01:08:22de
01:08:23il est difficile
01:08:24de passer
01:08:25au-delà de cette periodisation
01:08:26voilà
01:08:27c'est ça que je voulais
01:08:28quand même rajouter
01:08:29et en attendant
01:08:30c'était juste pour dire aussi
01:08:30qu'on attend avec impatience
01:08:31le volume zéro
01:08:33de l'histoire environnementale
01:08:34de la France
01:08:34qui va porter sur la période
01:08:35médiévale et moderne
01:08:36et on verra ce qu'ils auront
01:08:37à nous dire justement
01:08:38de cette question
01:08:39vous savez moi
01:08:39j'ai assisté à des débats
01:08:41Christophe Bonneuil
01:08:43en colloque
01:08:44avec des médiévistes
01:08:45et c'était pas triste
01:08:46je peux vous dire
01:08:47qu'il y a eu
01:08:48toute une discussion
01:08:49sur la crise du 13ème siècle
01:08:51qui était une crise
01:08:51environnementale aussi
01:08:52enfin
01:08:53c'est vraiment
01:08:54il y a des médiévistes
01:08:55qui soutiennent
01:08:56que c'est bien avant
01:08:57que le problème
01:08:58était intervenu
01:08:59je pense un peu
01:09:00avec un peu de mauvaise foi
01:09:01mais
01:09:02ça c'est mon
01:09:03c'est mon point de vue
01:09:04Patrick
01:09:04oui
01:09:05la période
01:09:06la période
01:09:07que vous avez
01:09:07donc évoquée
01:09:09était celle aussi
01:09:10où l'Occident
01:09:11découvrait
01:09:12d'autres civilisations
01:09:13dans des rapports
01:09:15qui n'étaient pas forcément
01:09:16des rapports
01:09:16de pays colonisateurs
01:09:18à pays colonisés
01:09:20alors je pense
01:09:21à des périodes
01:09:23où on parlait
01:09:24par exemple
01:09:25de l'orientalisme
01:09:26on parlait
01:09:27du japonisme
01:09:28donc
01:09:29et d'autres
01:09:30alors est-ce qu'effectivement
01:09:32on retrouve
01:09:32dans la poésie
01:09:34dans la peinture
01:09:36dans l'histoire
01:09:37des religions
01:09:38dans l'histoire
01:09:39de la philosophie
01:09:40des modes de vision
01:09:41de la nature
01:09:42également
01:09:43vus par d'autres
01:09:44types de civilisations
01:09:45est-ce que
01:09:46est-ce que vous pensez
01:09:47que ça c'est une
01:09:49historiographie
01:09:49qui mériterait
01:09:50d'être mieux connue
01:09:53donc c'est un petit peu
01:09:54parallèle
01:09:55à ce que vous avez fait
01:09:56mais il y a peut-être
01:09:57un moment
01:09:58des petites évocations
01:09:59qui ont été faites
01:10:01petites en effet
01:10:02en particulier
01:10:03avec le courant
01:10:04enfin les courants
01:10:06naturiens
01:10:06et le mouvement
01:10:08du Lebensräform
01:10:09au début du XXe siècle
01:10:12en Grande-Bretagne
01:10:13mais qui est
01:10:14en Grande-Bretagne
01:10:15pardon
01:10:15en Allemagne
01:10:16enfin dans l'espace germanique
01:10:17qui correspond à
01:10:19qui correspond effectivement
01:10:21à l'importation
01:10:22enfin à l'influence
01:10:24d'un courant orientaliste
01:10:25et de la découverte
01:10:26des religions
01:10:27de la redécouverte
01:10:28des religions orientales
01:10:29enfin l'orient
01:10:30c'est vraiment
01:10:30c'est quasiment
01:10:31tout le reste du monde
01:10:32enfin c'est de l'Afrique
01:10:33jusqu'au Japon
01:10:36mais disons
01:10:37la redécouverte
01:10:38et qui invite
01:10:39avec des tentatives
01:10:40d'importation
01:10:41dans la culture occidentale
01:10:44et dans une perspective
01:10:45de renouer
01:10:46enfin d'établir
01:10:47des relations
01:10:47plus apaisées
01:10:48avec la nature
01:10:48donc oui il y a ça
01:10:49on ne fait que l'évoquer
01:10:51vraiment de manière brève
01:10:53si je ne me trompe pas
01:10:54et il faudrait
01:10:56sans doute
01:10:57aller plus loin
01:10:58là il y a une thèse
01:10:59en cours
01:10:59sur le mouvement
01:10:59naturien en France
01:11:01et par ailleurs
01:11:02je ne connais pas
01:11:03tous les travaux
01:11:03en cours
01:11:04mais c'est une vraie
01:11:06voilà
01:11:06l'influence
01:11:07de la
01:11:07c'est évident
01:11:08pour le mouvement hippie
01:11:09par exemple
01:11:09dans les années 60
01:11:11mais sans doute
01:11:12qu'au 19ème siècle
01:11:13déjà il se joue
01:11:14des choses
01:11:15où on voit
01:11:15que je ne sais pas
01:11:16quelqu'un comme
01:11:16Élisée Reclus
01:11:17c'est quelqu'un
01:11:17qui est passionné
01:11:18par les cultures du monde
01:11:19dans un rapport
01:11:19où il veut échapper
01:11:21en tout cas
01:11:21à un rapport colonial
01:11:22et dominateur
01:11:23et où il pense
01:11:24en même temps
01:11:24des rapports plus apaisés
01:11:25avec la nature
01:11:26donc ouais
01:11:26il y a des pistes
01:11:28importantes
01:11:28à aller creuser
01:11:30dans cette direction
01:11:31même si inversement
01:11:32très souvent
01:11:33auprès des décideurs
01:11:35politiques
01:11:35ou du lobby
01:11:37pro-colonial
01:11:38l'orientalisme
01:11:41est plutôt vécu
01:11:42sous le mode
01:11:43de la domination
01:11:43c'est-à-dire que
01:11:44l'une des motivations
01:11:45de la colonisation
01:11:47c'est de dire justement
01:11:47ces populations-là
01:11:49sont arriérées
01:11:50ne savent pas gérer
01:11:51correctement leur environnement
01:11:52et c'est à nous
01:11:53de leur montrer
01:11:54comment on gère
01:11:54rationnellement
01:11:55dans une équipe
01:11:55de développement durable
01:11:56mais comment on gère
01:11:58correctement
01:11:58leur environnement
01:11:59et donc là
01:12:00le rapport est inversé
01:12:01ce n'est pas
01:12:02une inspiration
01:12:03mais au contraire
01:12:04une justification
01:12:04d'une domination
01:12:05Bonjour
01:12:06merci beaucoup
01:12:07pour la présentation
01:12:08de notre ouvrage
01:12:09moi j'avais une question
01:12:10par rapport à votre conclusion
01:12:11vous parliez des représentations
01:12:13et puis des mouvements politiques
01:12:14et on voit émerger
01:12:16une sorte de parlement
01:12:17de la Loire
01:12:17par exemple
01:12:18ou donner une personnalité
01:12:20juridique à la nature
01:12:21ça peut être un fleuve
01:12:23en l'occurrence
01:12:23mais ça peut être d'autres choses
01:12:24et comment vous
01:12:25vous le voyez
01:12:26comme une réalité actuelle
01:12:28comment ça peut se développer
01:12:31et comment le ministère
01:12:32peut s'approprier
01:12:34ces notions
01:12:34de personnalité juridique
01:12:35de la nature
01:12:37oui oui
01:12:37alors en fait
01:12:39si on reprend
01:12:39donc Jean Bérard
01:12:40dans le chapitre
01:12:41évoque
01:12:42évoque ces nouvelles
01:12:43enfin cette réinvention
01:12:45du droit
01:12:47en cours
01:12:48alors voilà
01:12:48il y a des bases théoriques
01:12:50pour la France
01:12:51qui remontent même
01:12:51au début du 20ème siècle
01:12:53et sinon
01:12:54il y a l'ouvrage
01:12:54de Christopher Stone
01:12:55en 1972
01:12:56sur si les arts
01:12:57pouvaient plaider
01:12:59donc bon
01:12:59il revient
01:13:00il revient là-dessus
01:13:00mais je crois
01:13:01un des éléments
01:13:02qui l'apporte
01:13:03c'est que
01:13:03quand on regarde
01:13:04les expériences
01:13:05dans le monde
01:13:05de dotations
01:13:07enfin comment dire
01:13:08où on donne
01:13:09des droits à la nature
01:13:10à des fleuves
01:13:11ou à la nature
01:13:12en général
01:13:13en Amérique latine
01:13:13en Nouvelle-Zélande
01:13:15dans les faits
01:13:16ça ne change pas
01:13:16grand chose
01:13:18ça ne change pas
01:13:19grand chose
01:13:19dans la mesure
01:13:20où le poids
01:13:21en particulier
01:13:21en Amérique latine
01:13:22le poids des intérêts
01:13:23qu'on va appeler
01:13:24extractivistes
01:13:24enfin les intérêts
01:13:25miniers
01:13:26et d'extraction
01:13:27d'énergie fossile
01:13:29en fonction
01:13:30des rapports
01:13:30de force politique
01:13:31et des besoins
01:13:32enfin
01:13:33et des besoins
01:13:34économiques
01:13:34des pays
01:13:36malgré la transformation
01:13:37du droit
01:13:37ces intérêts
01:13:38l'emportent
01:13:39donc ce que dit
01:13:40en partie
01:13:41Jean Bérard
01:13:41et donc ce que je vais
01:13:42poursuivre après lui
01:13:42pour ne pas le faire parler
01:13:43pour ne pas parler
01:13:44à sa place
01:13:44c'est que
01:13:45déjà une application
01:13:47plus stricte
01:13:48du droit de l'environnement
01:13:49en France
01:13:50donnerait sans doute
01:13:50beaucoup d'outils
01:13:51pour limiter
01:13:54la catastrophe écologique
01:13:56donc peut-être
01:13:57qu'on peut changer
01:13:58de cosmologie
01:13:59peut-être qu'on peut changer
01:14:00de droit
01:14:00mais peut-être aussi
01:14:01qu'il y a dans notre droit
01:14:02des instruments
01:14:03qu'on pourrait
01:14:05davantage faire peser
01:14:06disons dans les rapports
01:14:07de force aussi
01:14:08entre en gros
01:14:09développement
01:14:09et protection
01:14:10de l'environnement
01:14:11il y a plutôt
01:14:11peut-être encore
01:14:12une tendance
01:14:13à faire peser
01:14:14davantage
01:14:14les intérêts
01:14:15de l'économie
01:14:16là je parle
01:14:17sous votre contrôle
01:14:18et voilà
01:14:19l'occasion
01:14:20de faire la publicité
01:14:21pour le colloque
01:14:22sur les 50 ans
01:14:24d'histoire
01:14:25du droit
01:14:26de l'environnement
01:14:26qui sera organisé
01:14:28bientôt
01:14:28à l'université
01:14:29de Pau
01:14:30avec le comité
01:14:30d'histoire
01:14:31et la société
01:14:31française
01:14:32du droit
01:14:32de l'environnement
01:14:32société française
01:14:34du droit
01:14:34de l'environnement
01:14:35qui a fait déjà
01:14:35si je ne dis pas
01:14:36de bêtises
01:14:37un numéro
01:14:38de sa revue
01:14:40de droit français
01:14:41de l'environnement
01:14:42sur la personnalité
01:14:43juridique
01:14:44des ressources
01:14:45et des fleuves
01:14:45etc
01:14:46donc il y a des ressources
01:14:47du côté de la société
01:14:48française du droit
01:14:49de l'environnement
01:14:49qui est un partenaire
01:14:50important du comité
01:14:52d'histoire
01:14:52avec qui on a plaisir
01:14:53à travailler aussi
01:14:54et puis puisqu'on est
01:14:55sur l'annonce
01:14:56de colloque
01:14:56il y a le colloque
01:14:57du 4 et 5 novembre
01:14:59sur la loi de 1976
01:15:01sur les 50 ans
01:15:01de la loi de 1976
01:15:03et la loi de 2016
01:15:04qui se tiendra
01:15:05aux archives nationales
01:15:06organisées notamment
01:15:07aussi par le comité
01:15:09d'histoire
01:15:10et par plein d'associations
01:15:11et auxquelles évidemment
01:15:12vous êtes aussi
01:15:13tous conviés
01:15:14et il y a notamment
01:15:14la SFDE
01:15:15qui intervient
01:15:16je vous en prie
01:15:18déjà merci
01:15:19pour votre présentation
01:15:20c'était très intéressant
01:15:21j'avais une petite question
01:15:23je suis arrivée en retard
01:15:24donc peut-être
01:15:25que vous avez évoqué
01:15:26le sujet
01:15:26avant que je n'arrive
01:15:28mais je me demandais
01:15:30pourquoi
01:15:31parler de
01:15:32de nature
01:15:33plutôt que de vivant
01:15:34parce que j'ai l'impression
01:15:36que le terme
01:15:36de nature
01:15:38reste un peu
01:15:39dans cette dichotomie
01:15:40entre homme
01:15:41et nature
01:15:42quoi ?
01:15:43alors c'est
01:15:43oui on l'a un petit peu
01:15:44on l'a un petit peu dit
01:15:45mais pas tout à fait
01:15:47sous l'angle de votre question
01:15:49qui est une très bonne question
01:15:50merci
01:15:50le
01:15:51on essaie de définir nature
01:15:53au départ
01:15:53sans y arriver
01:15:54d'où le fait
01:15:55que dans la première partie
01:15:56on la traite
01:15:57sous ses différentes incarnations
01:15:59le
01:16:00c'est vrai que c'est
01:16:02c'est vrai que c'est un mot
01:16:02qui renvoie à la dichotomie
01:16:03nature culture
01:16:04de Descola
01:16:04et à notre façon propre
01:16:06d'envisager le monde
01:16:09c'est un mot
01:16:10qui est pratique
01:16:11aussi je veux dire
01:16:12tout simplement
01:16:14et au delà de ça
01:16:16je ne sais même pas
01:16:17pourquoi on n'a pas
01:16:18utilisé vivant
01:16:18on l'utilise beaucoup
01:16:19les auteurs
01:16:20l'utilisent beaucoup
01:16:21eux-mêmes
01:16:21spontanément
01:16:22dans leurs différents chapitres
01:16:24je pense qu'on avait
01:16:26peut-être ici
01:16:26une vision un peu plus
01:16:27englobante
01:16:27qui incluait les paysages
01:16:28qui incluait
01:16:29c'était un mot
01:16:30un peu valise
01:16:31qui permettait
01:16:33à la fois
01:16:34de se situer
01:16:35dans cette terre
01:16:36naturaliste
01:16:37qui considère
01:16:38une nature
01:16:38et non pas
01:16:39l'homme dans la nature
01:16:39en quelque sorte
01:16:40l'homme dans le vivant
01:16:42et qui permettait
01:16:43d'englober
01:16:44tous les éléments
01:16:44dont on voulait traiter
01:16:45c'était juste
01:16:46un peu par
01:16:48c'était un peu pratique
01:16:50en fait
01:16:51ne pas se priver
01:16:52d'un mot
01:16:53qui finalement
01:16:53fait sens
01:16:54pour beaucoup de monde
01:16:56même si
01:16:56il porte
01:16:58une vision
01:16:59dualiste
01:17:00qui est problématique
01:17:02mais
01:17:03bon
01:17:04là
01:17:04disons
01:17:05je ne pense pas
01:17:07que ce soit
01:17:07le mot
01:17:07qui pose problème
01:17:09que ce n'est pas
01:17:10à cause d'un mot
01:17:10qu'on a commencé
01:17:12à avoir des rapports
01:17:13délétères
01:17:13à ce qui nous entoure
01:17:16c'est ce qui
01:17:17charrie
01:17:17mais ce mot
01:17:17il peut évoluer
01:17:18avec les usages
01:17:19et nous
01:17:19c'était dans cette
01:17:20idée là
01:17:21et vraiment
01:17:21suivre ce mot
01:17:22dans les actes
01:17:24où à la fois
01:17:24la nature
01:17:25ça a été
01:17:26cette chose extérieure
01:17:28qu'on pouvait dominer
01:17:28et la nature
01:17:29ça a été
01:17:30un formidable
01:17:32motif
01:17:34de lutte
01:17:34de protestation
01:17:36d'émotion
01:17:36et ça
01:17:37en fait
01:17:38cette émotion
01:17:38c'est aussi
01:17:39ce qui peut
01:17:40ce qui peut
01:17:41encore porter
01:17:42aujourd'hui
01:17:42des combats
01:17:43pour
01:17:44des rapports
01:17:44plus harmonieux
01:17:45avec
01:17:46ce avec quoi
01:17:47nous cohabitons
01:17:48mais en tout cas
01:17:48quand on l'emploie
01:17:49à chaque fois
01:17:49qu'on l'a employé
01:17:50je crois
01:17:50on avait bien en tête
01:17:51que ce mot
01:17:52est insuffisant
01:17:52et qu'il charrie
01:17:53un imaginaire
01:17:54qui est en partie
01:17:54problématique
01:17:55mais les autres
01:17:56quand on parle
01:17:57de non humain
01:17:58de plus qu'humain
01:18:00c'est des débats
01:18:00donc là je m'avance
01:18:02et je ne parle
01:18:02que en mon nom
01:18:03mais on complique
01:18:05extraordinairement
01:18:06le discours
01:18:07pour finalement
01:18:08ne pas faire concrètement
01:18:09enfin il ne me semble pas
01:18:10que concrètement
01:18:11ça apporte grand chose
01:18:12le vivant
01:18:13ok mais comment
01:18:14on intègre la matière
01:18:15comment on intègre
01:18:16les énergies fossiles
01:18:17comment on intègre
01:18:18un paysage
01:18:20à chaque fois
01:18:20les mots sont insuffisants
01:18:21en fait pour parler
01:18:22de ce tout
01:18:24et c'est la nouvelle
01:18:25définition d'ailleurs
01:18:26de la nature
01:18:26quand on prend
01:18:27les dictionnaires
01:18:27c'est en fait
01:18:28la nature
01:18:29c'est le tout
01:18:30et nous y compris
01:18:30c'est une belle conclusion
01:18:32merci beaucoup
01:18:33pour les actualités
01:18:35du comité d'histoire
01:18:36donc en vous abonnant
01:18:37à la lettre de diffusion
01:18:39du comité d'histoire
01:18:41qui vous informe
01:18:42de la tenue
01:18:42alors des petits déjeuners
01:18:44du comité d'histoire
01:18:45les ateliers
01:18:46c'est des ateliers
01:18:47en fait
01:18:47des ateliers
01:18:48recherche
01:18:49sur des politiques publiques
01:18:51sur l'histoire
01:18:52d'une politique publique précise
01:18:54les conférences
01:18:55du comité d'histoire
01:18:56les colloques aussi
01:18:57que nous organisons
01:18:58ou co-organisons
01:18:59il y a aussi
01:19:00le colloque
01:19:00genre et environnement
01:19:02bientôt
01:19:02Charles-François
01:19:03et je te rappelle
01:19:04alors
01:19:05parce que tu l'as oublié
01:19:06le colloque
01:19:07genre et environnement
01:19:08le colloque international
01:19:09du Ruche
01:19:09qu'on soutient
01:19:10avec plusieurs
01:19:12partenaires aussi
01:19:14effectivement
01:19:14cette année
01:19:15c'est l'année
01:19:16des 50 ans
01:19:18de la loi
01:19:18de protection
01:19:18de la nature
01:19:19donc on organise
01:19:19beaucoup
01:19:20d'activités
01:19:22en lien avec
01:19:23la loi
01:19:24de 1976
01:19:26aussi
01:19:27il y a 50 ans
01:19:28de la loi
01:19:29sur les installations
01:19:30classées
01:19:30donc
01:19:31des risques
01:19:32l'histoire des risques
01:19:33c'est un sujet
01:19:34important aussi
01:19:36cette année
01:19:37et je vous informe
01:19:39qu'au mois d'octobre
01:19:41les ministères
01:19:42seront présents
01:19:43au rendez-vous
01:19:44de l'histoire de Blois
01:19:45pour plusieurs tables rondes
01:19:47avec cette année
01:19:48le thème des marchands
01:19:49il y aura plusieurs
01:19:50tables rondes
01:19:51Charles-François
01:19:51en présidera
01:19:53animera
01:19:53je ne sais pas
01:19:54comment le qualifier
01:19:55animer
01:19:55on animera une
01:19:57par exemple
01:19:58on aura plusieurs
01:19:59tables rondes
01:19:59d'ailleurs
01:20:00une qui est intitulée
01:20:01la marchandisation
01:20:02du vivant
01:20:03donc là on a choisi
01:20:04plutôt effectivement
01:20:05l'idée de vivant
01:20:06la marchandisation
01:20:08du vivant
01:20:08on aura aussi
01:20:09des marchands de sommeil
01:20:10sur l'histoire
01:20:11du mal logement
01:20:12en France
01:20:13le gouvernement
01:20:14des flux
01:20:15des marchands
01:20:16et des marchandises
01:20:17sur l'histoire
01:20:18du cadre
01:20:20de contrôle
01:20:21des flux
01:20:22on va dire
01:20:22enfin en tout cas
01:20:23de tentative
01:20:23de contrôle des flux
01:20:24et enfin
01:20:25une dernière table ronde
01:20:27sur les marchands
01:20:28de doute
01:20:28qui est en fait
01:20:29un prétexte
01:20:30le titre
01:20:31est un prétexte
01:20:31à faire une histoire
01:20:34du backlash
01:20:35environnemental
01:20:36une histoire
01:20:36en fait
01:20:38des climato-négationnistes
01:20:40en réalité
01:20:41donc des tables rondes
01:20:43qui seront proposées
01:20:43donc à Blois
01:20:44dans le cadre
01:20:44des rendez-vous
01:20:45de l'histoire
01:20:45avec de nombreux membres
01:20:47du conseil scientifique
01:20:48que je remercie encore
01:20:51écoutez moi je vous dis
01:20:52pour le comité d'histoire
01:20:54rendez-vous en septembre
01:20:55pour une prochaine conférence
01:20:57ce sera alors
01:20:58vraisemblablement
01:21:00ce sera le 8 septembre
01:21:04peut-être le premier
01:21:05mais plutôt sans doute
01:21:06le 8 septembre
01:21:07et on reprendra donc
01:21:09souvent les mardis
01:21:10le midi
01:21:11dans l'auditorium
01:21:12avec de nouveaux
01:21:14intervenants
01:21:15merci beaucoup
01:21:16à tous
01:21:17et merci beaucoup
01:21:17à nos trois intervenants
01:21:19du jour
01:21:20on
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