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Dans son édito du 29/06/2026, Paul Sugy revient sur les propos de Monseigneur Matthieu Rougé sur l'euthanasie.

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Transcription
00:00Oui, c'est très important cette histoire, Romain.
00:02Depuis de nombreuses années déjà en France,
00:04quand des textes sont votés qui heurtent la sensibilité morale, religieuse,
00:08d'un certain nombre de Français, notamment de praticiens, de médecins, de personnels de santé,
00:12il est d'usage que l'on insère une clause de conscience
00:14qui permet à ceux qui seraient heurtés dans leur conscience par le fait de poser certains actes,
00:18c'est vrai depuis l'IVG par exemple,
00:20de ne pas avoir à y recourir eux-mêmes et de laisser un collègue s'en charger.
00:24C'est une liberté qui est donnée aux praticiens de santé,
00:27et en particulier sur l'euthanasie à ceux qui estiment que pratiquer l'euthanasie,
00:31ça ira à l'encontre du serment d'Hippocrate pour les médecins
00:33qui, on le rappelle depuis l'Antiquité, dit qu'un médecin ne doit pas donner la mort.
00:37Et ce que dénonce Mgr Rouget, et pas seulement lui,
00:40mais derrière lui tous les chrétiens et beaucoup de politiques et de soignants de toute sensibilité,
00:43c'est que les députés ont cru bon, samedi, de voter ce texte,
00:47de voter l'ensemble des mesures du texte,
00:50en écartant volontairement cette clause de conscience
00:52qui permettait, au nom de ces convictions morales ou spirituelles,
00:56pour un établissement de ne pas avoir à être obligé de pratiquer l'euthanasie en son sein.
01:02Pour certains établissements de santé, c'est très important
01:04parce que ça figure au cœur de leur charte.
01:06C'est vrai, par exemple, si vous voulez un exemple parmi d'autres,
01:08des petites sœurs des pauvres.
01:09Vous savez que les petites sœurs des pauvres partout en France
01:11accueillent beaucoup de pensionnaires, de personnes âgées,
01:13avec un dévouement qui force l'admiration,
01:15et les petites sœurs des pauvres le disent depuis des mois,
01:17mais elles prêchent dans le désert.
01:18Si la loi est votée en l'État sans cette clause de conscience,
01:21elles ne pourront probablement plus continuer
01:23d'accueillir des pensionnaires en fin de vie ou très âgés dans leurs établissements.
01:27Et quand on sait la tension qui pèse sur le nombre de places en EHPAD en France,
01:30on se dit que ce n'est pas forcément très malin
01:31d'écarter les petites sœurs des pauvres.
01:33Le gouvernement s'était pourtant engagé sur cette clause de conscience ?
01:36Oui, alors ce qui avait été fait,
01:37c'est qu'il y avait un compromis parlementaire
01:39qui avait été trouvé autour d'un statut,
01:41ça a été imaginé par un député socialiste,
01:43Dominique Potier,
01:45qui s'inspirait de ce qui se passe dans le monde
01:47de l'économie sociale et solidaire
01:49pour créer une clause d'établissement.
01:51Au nom de certains principes,
01:52qui dépendent de la nature même de l'établissement,
01:55eh bien, on peut trouver une façon de déroger au droit commun.
01:58Et le gouvernement avait donné aux représentants des cultes,
02:00ça c'est Mathieu Roger qui le dit,
02:01une assurance de son soutien à cette clause d'établissement
02:05il y a encore peu de jours.
02:06Mais la ministre, au cours des discussions parlementaires,
02:09a fini par écarter cette clause
02:11que pourtant elle s'était engagée à soutenir.
02:14Mgr Roger dénonce dans le Figaro
02:15une trahison de la parole donnée.
02:17Alors l'Assemblée doit voter définitivement le texte le 15 juillet.
02:22Il est finalement ce texte beaucoup plus dur
02:24que ce qui avait été annoncé au début.
02:26Oui, une fois encore,
02:27tous les garde-fous qui avaient été à un moment
02:29imaginés par les parlementaires,
02:31voire même proposés par le gouvernement à l'origine
02:33pour faire en sorte que la portée du texte soit limitée,
02:35ont été écartés.
02:37Maintenant, c'est un véritable droit à l'euthanasie,
02:39contrairement aux déclarations d'Emmanuel Macron depuis des années,
02:41qui va être ouvert si le texte est voté en l'État.
02:43L'avantage au moins, c'est que les députés
02:46ne pourront pas dire qu'ils ne savaient pas.
02:47C'est-à-dire que le texte contient en son sein
02:49l'ensemble des dérives futures qu'il pourrait permettre.
02:52Et il n'y a pas d'ambiguïté possible.
02:54Les députés pourront difficilement tenir un discours d'entre-deux
02:57en disant, écoutez, ce texte me pose quelques problèmes,
03:00mais comme c'est un texte d'équilibre et très mesuré,
03:02je pense qu'il faut malgré tout le voter.
03:04Non, c'est un texte maximaliste.
03:05Quand on voit par exemple que la semaine dernière,
03:07les Pays-Bas ont euthanasié pour la première fois de leur histoire
03:10un enfant de l'âge de 12 ans,
03:11on sait déjà qu'en France,
03:13ce genre de dérives seront possibles dans quelques années
03:15parce que le texte n'empêche pas de les écarter.
03:18Donc les députés vont devoir maintenant
03:20sonder leur propre conscience,
03:21car même si on écarte la clause de conscience,
03:23eux, ils en ont encore une au moment du vote
03:24avant d'apporter leur signature en bas de ce texte.
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