00:00Les députés ont déjà acté le principe d'autoriser l'aide active à mourir dans certains cas.
00:05Reste à savoir dans quel cas, qui pourrait faire la demande de cette euthanasie, de cette aide active à mourir.
00:11Il s'agit donc de patients qui seraient atteints d'une affection, le texte dit en l'état, en phase avancée ou terminale.
00:18C'est on comprend bien des personnes qui sont dans des conditions de vie et de souffrance, notamment physique ou psychologique, très intenses.
00:24Mais là encore, le législateur doit trouver les mots justes et le débat révèle toutes les ambiguïtés de ce texte.
00:30Philippe Juvin l'a très bien formulé.
00:32Il a dit hier à la tribune de l'Assemblée nationale, la vraie question, c'est de savoir si nous voulons limiter cette loi à des gens qui sont à la fin de leur vie
00:39ou si on veut l'ouvrir à des gens qui ont encore plusieurs années à vivre.
00:43Il y a donc un critère de temps qui s'impose et qui a suscité chez le député communiste Stéphane Peu,
00:49qui lui aussi est partisan de mettre des garde-fous très prudents sur ce texte.
00:54Une réflexion que je trouve intéressante.
00:55Stéphane Peu redoute que dans les moments de grande désespérance, la possibilité d'être soigné alors qu'on a encore du temps devant soi
01:02soit contrebalancée par la possibilité de recourir à l'aide à mourir
01:06et que celle-ci soit donc une réponse que l'on pourrait solliciter en cours de maladie bien avant la fin de vie.
01:11Le texte donc sur la fin de vie serait très mal nommé.
01:14Alors le rapporteur du texte, Olivier Farlorni, qui est un défenseur acharné de l'ouverture de l'euthanasie,
01:19lui juge qu'il ne faudrait non pas privilégier un critère quantitatif sur le temps qui reste,
01:23mais un critère qualitatif, c'est-à-dire sur la qualité de vie qui reste.
01:27Mais on voit bien là le vertige de cette loi.
01:30Il faudra assumer plus tard auprès de tous les patients atteints des affections qui sont évoqués dans ces débats parlementaires
01:35et bien ce jugement législatif sur la qualité de la vie de chacun.
01:40Ces mots-mêmes font froid dans le dos.
01:41C'est pour ça que cette loi inquiète notamment les personnes handicapées, les personnes en situation de handicap.
01:46Oui, c'est très intéressant les alertes que donnent les personnes issues de ce monde-là, de cette communauté-là du handicap,
01:51car celles-ci, puis ceux qui les accompagnent et leurs proches,
01:55savent mieux que les bien portants que nous sommes, ce que signifie vraiment la fragilité d'une vie.
01:59Ils en connaissent les richesses et l'infinie dignité.
02:01Et donc ce sont des voix qui comptent lorsqu'il s'agit de nous avertir sur un texte qui risque de classer les gens
02:07par niveau de bien portance pour définir un seuil au-dessous duquel la vie n'est plus nécessairement digne d'être vécue.
02:13Ils savent aussi combien les preuves de la maladie et de la souffrance parfois peuvent altérer le libre-arbitre.
02:17On parle de souffrance y compris psychologique.
02:19Si on souffre d'un point de vue psychologique, cela veut dire qu'on n'est pas toujours en pleine possession de ces moyens
02:23pour décider en tout lieu et en tout temps ce qui serait le mieux pour nous.
02:27On le voit déjà dans l'ordre économique, la rationalité des agents fait que tout le monde
02:31ne prend pas toujours la meilleure décision pour soi.
02:33Il y a des voix qui comptent.
02:34J'ai écouté encore l'autre jour sur France Culture, Elisa Horace.
02:37C'est une avocate qui est atteinte de la maladie des eaux de verre
02:40et qui, je crois, nous met en garde sur un texte qui risquerait d'encourager des personnes
02:46qui en réalité ne sont plus vraiment libres dans leur corps et dans leur tête
02:49d'aller vers des situations commandées par la désespérance seulement.
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