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  • il y a 2 minutes
Dans son édito du 24/02/2026, Paul Sugy revient sur l'avancée du projet de loi visant à créer un droit à l'aide à mourir accessible aux personnes souffrant d'une affection grave et incurable qui engage le pronostic vital.

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Transcription
00:00Bonjour Romain.
00:00Journaliste au Figaro, vous suivez de près à l'Assemblée Nationale les débats autour de la loi sur la fin
00:06de vie.
00:07Le projet de loi dit fin de vie qui vise à autoriser l'euthanasie et le suicide assisté en France,
00:12qui vise à donner le droit à des soignants de donner la mort.
00:15C'est ça pour être très très clair.
00:17Les députés sont à nouveau en train de faire sauter les garde-fous qui encadraient ce texte.
00:23Oui Romain, je sais que vous avez suivi très attentivement et je vous en remercie ce texte depuis le début.
00:27Lui, on se souvient qu'effectivement on nous avait promis un texte d'équilibre.
00:30On parlait même d'un nouveau modèle français de la fin de vie.
00:33En clair, l'idée c'était qu'on allait proposer le suicide assisté dans certains cas, très limités,
00:39et une exception d'euthanasie lorsque le patient ne serait pas lui-même en mesure de s'administrer la substance
00:44létale.
00:45Mais je dis, deux amendements identiques d'ailleurs, qui permettaient de proposer au patient d'avoir le libre choix de
00:51la modalité,
00:52c'est-à-dire soit de procéder lui-même à l'acte, soit de demander l'assistance d'un médecin,
00:56ont été votés en clair.
00:57L'euthanasie n'est plus une exception dans le texte, mais elle est un libre choix à la discrétion des
01:02patients
01:02et donc le médecin devient, aux yeux de tous, un distributeur de morts sur commande.
01:06Est-ce que vous pensez qu'en l'État, ce texte présente des risques de dérive ?
01:11Et comment vous les évaluez si oui ?
01:13Alors d'une part Romain, je considère que l'aide à mourir et le suicide assisté
01:16sont déjà une dérive anthropologique majeure et une dénaturation du rôle de la médecine.
01:20Mais compte tenu effectivement du choix du gouvernement de proposer malgré tout ce texte,
01:24on peut noter qu'en effet, plusieurs dérives ont été ajoutées sur amendement des députés au cours de l'examen
01:29du texte.
01:30Plusieurs règles de prudence en particulier n'ont pas été retenues par les députés
01:34et nous font courir un risque réel de voir des situations très graves se produire en France,
01:38comme c'est déjà le cas en Belgique, en Suisse ou dans d'autres pays qui ont légalisé l'euthanasie.
01:42Par exemple, la députée Annie Vidal avait proposé un amendement qui visait à rétablir une phrase dans le texte
01:48afin de s'assurer que la souffrance psychologique seule ne pouvait en aucun cas permettre de bénéficier de l'aide
01:55à mourir.
01:56Cet amendement a été rejeté et donc nous courons le risque que bien des personnes,
02:00par exemple en situation de dépression, puissent demain demander l'euthanasie.
02:03En fait, tous les amendements qui visaient aussi à faire la distinction entre le handicap et la fin de vie,
02:08ce n'est pas la même chose quand on est handicapé toute sa vie ou quand on est vraiment dans
02:11les derniers jours de sa vie,
02:11ont été écartés.
02:13Par exemple, ce sont des amendements qui visaient à exclure du dispositif des malades psychiatriques,
02:17des patients atteints de maladies neurodégénératives ou ceux qui ont des déficiences intellectuelles.
02:22Ces amendements donc de prudence ont été rejetés par les députés.
02:25Le texte sera voté dans les prochaines heures ou prochains jours,
02:30parce qu'il reste encore plusieurs centaines d'amendements à étudier.
02:35Il y a une réunion ce matin à l'Assemblée nationale qui pourrait décider de repousser le vote.
02:39Mais c'est dans les tuyaux. Est-ce que vous pensez qu'il va être adopté ?
02:42Selon toute vraisemblance, on voit bien que le rapport de force à l'Assemblée nationale,
02:45malgré la tribune que vous citiez tout à l'heure d'une quarantaine de députés qui s'opposent au texte
02:50et qui s'y expliquent pourquoi, le rapport de force est en faveur de ce texte.
02:53Ce que l'on peut noter, vous avez cité le très grand nombre d'amendements qui restent à étudier.
02:57En réalité, effectivement, il y a un travail parlementaire colossal qui est fait sur ces amendements,
03:02mais qui est fait par une toute petite poignée de députés.
03:04Ils sont au plus une trentaine à avoir véritablement mis les mains dans le cambouis des enjeux techniques du texte
03:10et donc à avoir examiné toutes les conséquences possibles de ce texte.
03:14Et donc, à l'issue, en séance, le texte sera voté par un nombre bien plus grand de députés
03:18qui se borneront à n'avoir du texte qu'une connaissance finalement globale,
03:22finalement assez parcellaire, et qui ne seront pas rentrés dans le détail de ces mesures.
03:26Et je vous ai montré pourtant comment est-ce que amendement par amendement,
03:29c'est un tout autre esprit qu'on insuffle à ce texte.
03:31Est-ce que vous pensez que certains députés vont voter pour le texte
03:36de peur d'avoir à affronter je ne sais qui ou je ne sais quelle force politique ou autre ?
03:41Alors, à droite, on a une liberté de vote, c'est aussi vrai au Ration nationale qu'au sein des
03:46Républicains.
03:46Donc, on peut espérer que les députés votent.
03:48Il n'y a pas cette liberté dans tous les partis ?
03:50Non, on voit bien qu'effectivement, à gauche...
03:52Alors, officiellement, il y a une liberté, mais on voit bien qu'officiellement,
03:55à gauche, le texte sur l'euthanasie est un marqueur de société.
03:57Il est porté par des députés plutôt de gauche modérée en priorité,
04:02qui sont par ailleurs dans un discours sur l'avancée d'un texte progressiste
04:07qui serait déterminant pour, encore une fois, les droits des personnes.
04:10Et c'est vrai que cette logique-là, donc appartenir au camp du bien et au camp du progrès,
04:14est très marquante.
04:15Il faut regarder le détail aussi des votes des députés, pour le coup, du camp macroniste.
04:19On a vu que certains ont usé d'une liberté de ton
04:21qui montre qu'il y a là-dessus des divergences par rapport à la position du gouvernement.
04:24Sous-titrage Société Radio-Canada
04:27Sous-titrage Société Radio-Canada
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