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  • il y a 5 heures
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Roger Ruak, médecin généraliste, qui nous donne son avis et son sentiment sur ce qu'il faut faire ou ne
00:06pas faire dans cette période de canicule.
00:08Écoutons Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, qui parle de l'alcool.
00:13Je pense qu'on peut se passer de boire de l'alcool dans les jours qui viennent,
00:17quand on sait en plus que l'alcool vient aggraver les problèmes de santé pour des problèmes d'hydratation.
00:21Donc c'est prouvé et démontré, c'est un appel au bon sens.
00:23Mais parfois le bon sens, il faut le compléter par des mesures qui encadrent le sujet.
00:27Et le préfet de police a pris la décision, qui me semble tout à fait pertinente,
00:31d'interdire la vente d'alcool après 18 heures.
00:34C'est du bon sens pour faire en sorte que, ou par esprit de civisme,
00:38ou par esprit de rendre plus compliqué la consommation d'alcool.
00:43L'objectif est très clair, ce n'est pas de brider les gens, ce n'est pas de les empêcher
00:46de faire la fête.
00:47Par contre, on voudrait les empêcher de venir saturer les hôpitaux.
00:50Je crois que la ministre de la Santé l'a bien dit, la priorité, c'est que tous nos moyens
00:53de secours,
00:53tous nos moyens de soins, tous nos moyens hospitaliers puissent être consacrés
00:57à la prise en charge de personnes qui, pour des raisons vraiment indépendantes de l'alcool,
01:01se retrouvent avec un problème de santé sérieux.
01:04Alors ça, moi j'aime bien cette intervention parce qu'elle est argumentée.
01:08Donc vous avez des hôpitaux, effectivement, qui vont être peut-être saturés,
01:12et si vous avez des gens qui faisaient la fête,
01:15et qui parce qu'ils faisaient la fête, et parce qu'ils étaient alcoolisés,
01:19entraient dans les hôpitaux et prenaient pourquoi pas la place d'un vieux monsieur,
01:23d'une dame qui a eu un accident cardiaque, etc.,
01:25la question se pose, Jules Thorez, elle se pose quand même.
01:29Oui, encore une fois, la question se pose, mais c'est toujours...
01:32Ce que je ne me dis pas, c'est combien de personnes à Paris, par exemple,
01:35statistiquement, Roger Rua, c'est combien de personnes solidaires ?
01:39Je vais regarder.
01:40C'est 100 000 personnes ?
01:42Oui, sur plusieurs jours.
01:44Combien de personnes, statistiquement, dans un cas comme celui-là,
01:49un cas extrême de chaleur, seraient rentrées dans les hôpitaux ?
01:53Et j'imagine que les stats existent sur ce genre de situation.
01:56Je n'en suis pas certain, je n'en suis pas certain qu'il y ait des stats là-dessus,
01:59mais bon, on a ce problème-là.
02:01Moi, j'étais hospitalier à l'hôpital Amorasse-Pareil,
02:04qui était à côté de Longchamp, et j'étais au service des urgences,
02:08donc j'ai une expérience dans ce domaine, si je puis dire,
02:12mais bon, c'est toute l'année, vous avez des possibilités de saturation.
02:16Il suffit qu'il y ait, par exemple, un week-end, en voiture,
02:20où il y a plus d'accidents, il va y avoir une saturation.
02:23Toute l'année, on va avoir des saturations.
02:25Et d'ailleurs, en 2004, j'avais participé à une commission sénatoriale sur les urgences,
02:31en 2004, avec le sénateur Descours,
02:35et on avait décidé, au bout d'un an de discussion,
02:38de proposer des trucs pour régler le problème des urgences hospitalières.
02:422004.
02:43En 2026, le constat est toujours le même.
02:47C'est quoi le constat ?
02:48Rien n'a été fait.
02:49C'est ce qu'on vient de dire.
02:51Saturation, mauvaise organisation, manque de personnel.
02:54Et les conclusions de cette réflexion, quelles étaient-elles ?
02:58C'était de réformer, donc de prendre du personnel adapté,
03:03d'avoir de...
03:04Mais ce n'est pas le cas, il n'y a pas de personnel adapté aux urgences ?
03:06Pas assez.
03:08C'est-à-dire que le problème des urgences, c'est que...
03:10Aux urgences, par exemple.
03:10À cette heure-là, à Ambroise Paré, si quelqu'un arrive en urgence,
03:13qu'est-ce qui se passe quand il arrive aux urgences ?
03:15Il est pris en charge, d'abord par une infirmière d'accueil,
03:19ensuite par un senior, un médecin qui est là,
03:22qui va trier.
03:24Dans un hôpital parisien ?
03:25Aujourd'hui, il y a beaucoup de monde dans les services d'urgence, en plus.
03:29Mais c'est combien de personnes ?
03:30C'est 20 personnes ? 30 personnes ? 40 personnes ?
03:32Oui, plus de 20 personnes.
03:33Plus de 20 personnes ?
03:34Ah oui.
03:34Et combien de personnes arrivent précisément à Ambroise Paré,
03:37aux urgences, par jour ?
03:38On a à peu près, du temps où j'y étais,
03:41on avait entre 150 et 180 passages par jour.
03:44Et sur ces 180 passages, combien sont vraiment urgents, si j'ose dire ?
03:48Très peu.
03:49Les vraies types d'urgence sont canalisées par le SAMU, en général.
03:53C'est accident de voiture ?
03:54Accident de voiture, action cardiaque, infarctus...
03:57Mais il y a des gens qui viennent pour un bobo ?
03:59Pour rien, pour une petite entorse.
04:00Vous savez, l'autre jour...
04:02Alors que, bon, c'est pas utile.
04:04En plus...
04:05Mais ça, il faut les éduquer aussi, c'est ça, c'est une prévention, il faut éduquer les réseaux.
04:09Il y a beaucoup de choses qui ont été...
04:10Sérieusement, ma maman est tombée dans les pommes il y a quelques semaines,
04:14elle a été aux urgences, elle est arrivée à 21h, elle a été prise à 4h du matin.
04:19C'est ça la réalité, bien sûr.
04:20Et ça m'a choqué, parce qu'on a vu qu'il lui arrive rien, etc.
04:23Il y a un encombrement, il y a toutes sortes de gens qui débarquent, d'ailleurs.
04:27Et pourquoi rien n'a été fait, alors ?
04:29Je ne sais pas, monsieur Roger Rua.
04:31Pourquoi rien n'a été fait ?
04:32Je pense que vous en parlez souvent dans vos émissions.
04:34Les petits hommes gris.
04:35Les petits hommes gris sont derrière tout ça, et pour les budgets, ils ne veulent pas non plus.
04:39Parce que quand vous devez dimensionner un service d'urgence,
04:43il faut prévoir sur toute l'année un nombre de personnel suffisant.
04:47Mais dans l'année, il y a au moins la moitié de l'année où il y a trop de
04:52personnes par rapport aux urgences.
04:54Donc ils ne veulent pas mettre des postes supplémentaires où il y aura trop de...
04:58Oui, mais c'est essentiel, plutôt que de le redistribuer.
05:01C'est pour ça que le grand reset en 2027, il est important.
05:05Vous êtes médecin depuis quelle année ?
05:0780.
05:08Donc vous avez 46 ans ?
05:10Oui.
05:10Ça fait 46 ans que vous êtes médecin.
05:12Bon, est-ce que vous diriez qu'aujourd'hui, la médecine fonctionne moins bien ?
05:19L'organisation, je ne parle pas de la qualité des soins, la qualité des soins a sans doute progressé.
05:23Je l'espère, c'est même sur des maladies graves, elle a évidemment progressé.
05:28Mais est-ce que vous diriez que l'accueil du patient, le rapport qu'a la médecine avec lui, s
05:35'est détérioré ?
05:37Et est-ce que vous diriez que c'est moins bien qu'en 1980 ?
05:40Alors, il se trouve que j'étais aussi président des syndicats de médecins.
05:43Donc j'ai participé à beaucoup de négociations avec la Caisse, avec le gouvernement, les ministres, les présidents de la
05:48République.
05:50Et je dirais aujourd'hui qu'on a voulu détruire la médecine libérale.
05:57Depuis 81.
05:58Il faut donner les bonnes années.
06:01On a tout voulu détruire depuis 81, si vous me permettez.
06:03Il n'y a pas que la médecine libérale.
06:05L'école, la justice, l'entreprise.
06:07Entre autres, je veux dire.
06:09Je fais une part en théorie.
06:10Le régalien, la police.
06:11J'exagère un peu, bien sûr.
06:13A peine.
06:13Pas tant.
06:14Et pour ça, on a mis en place des contraintes de plus en plus fortes pour que les médecins n
06:19'aient plus envie de s'installer en libéral,
06:21de façon à n'avoir qu'un seul service public hospitalier.
06:25Mais de l'autre côté, le service public hospitalier, on ne l'a pas non plus amélioré.
06:29Exactement.
06:30On a créé des grands hôpitaux qui fonctionnent mal, et puis on a surtout laissé les dépenses filer.
06:37Mais Pompidou, par exemple, tous ceux qui passent par Pompidou soulignent l'excellence de cette médecine qui est prodiguée.
06:44Heureusement.
06:45Et on a le sentiment que ça fonctionne particulièrement bien.
06:48Tous ceux qui sont traités dans ces grands hôpitaux disent souvent sur le personnel qui est là,
06:55sur la manière dont ils sont accompagnés, sur la qualité des soins.
06:59J'entends très rarement des gens se plaindre de cela.
07:02J'entends aux urgences, je l'entends, mais des gens qui sont dans un traitement long disent tout.
07:06Je suis tombé sur des gens extraordinaires, j'ai été très bien soigné.
07:10La qualité première d'un médecin est des soignants, pas que les médecins, c'est d'être humain.
07:14Donc d'avoir des relations humaines avec les patients qui viennent en situation de difficulté,
07:19et nous on est là, les sachant, pour les aider.
07:22Donc ça serait quand même dommage que les soignants deviennent des gens néfastes pour la qualité des soins.
07:30Non mais je rebondissais, vous disiez, on a construit des grands hôpitaux qui ne marchent pas,
07:33et je vous citais Pompidou, c'était cela ?
07:35Oui, alors l'hôpital Pompidou, je sais, j'ai connu sa création, entre guillemets,
07:40puisqu'il était concurrent de l'hôpital Ambroise-Parey où j'étais.
07:43Donc bon, mais peu importe, à la limite, on a créé des grandes structures,
07:47mais qui fonctionnent mal parce qu'aujourd'hui, sur ces grandes structures,
07:51tout le monde le dit, tout le monde le répète,
07:52il y a au moins 30 à 40, voire 50% de personnel administratif.
07:57Oui, bien sûr, c'est le sujet.
07:59Non mais bien sûr, c'est là, alors que dans les hôpitaux privés, il n'y a pas ça, vous
08:03avez raison.
08:04Moins, en tout cas.
08:04Bon, ça serait pas mal quand même de réformer tout ça, de réformer la France,
08:07mais je ne sais pas, la médecine, les ARS, c'est une usine à gaz.
08:12Ceux qui gouvernent la médecine, c'est les enfants de Kouchner aujourd'hui,
08:15et on a vu que ce n'est pas forcément, c'est Marisol Touraine, c'est toute cette tradition-là.
08:20Manifestement, ce n'est pas ce qui a été le plus efficace pour la médecine française.
08:24Alors, il est 16h41, on marque une pouce peut-être, c'est passionnant en fait de vous écouter.
08:29Mais oui, puisque vous nous apprenez des choses, et puis vous avez un regard qui est le vôtre,
08:33et depuis 1980, ce regard quand même, il mérite d'être entendu.
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