00:01Europe 1. Pascal Proulx et vous.
00:02Nous sommes avec Pierre Chasserey que vous connaissez pour son livre Balance ton plein.
00:06Quel est le prix de la vie d'un Français ? L'idée c'est une galerie de portraits.
00:09Oui c'est un petit peu plus que ça. Pascal évidemment je pars de ça parce qu'on le sait
00:13très bien,
00:13on a des Français qui nous appellent. Ici à Europe 1 vous les avez eus en ligne.
00:16Moi je les ai eus avec l'association 40 millions d'automobilistes et j'ai eu des portraits.
00:20Ça a été très dur d'en sélectionner que quelques-uns.
00:22Mais pour que chacun au début du livre puisse s'identifier dans les vies.
00:26dans le portrait de Marie qui est infirmière libérale, dans le portrait de Léa,
00:30une jeune femme de 24 ans qui lui propose un emploi à 100 km de son domicile
00:34et qui va devoir le refuser parce qu'elle ça veut dire 13 euros de carburant par jour
00:37et qu'elle ne peut pas se le permettre.
00:39En fait c'est toute cette France qui renonce à des choses et qui finit par être les premières victimes
00:46et la seconde victime c'est l'État, la France, qui de son côté perd énormément d'argent
00:50parce que tous ces renoncements de la part des Français ont des conséquences économiques
00:55terribles pour la nation.
00:56Alors par exemple vous dites Marie comme tous les Français vit au compte-goût
01:00tel calcul mentalement.
01:01Si je fais ce détour pour voir M. Gérard qui est seul et en fin de vie
01:06je perds 5 euros de bénéfice net sur ma journée.
01:09Dans la voiture elle entend qu'il faut préserver notre système de santé,
01:12le meilleur du monde.
01:13Dixit, ceux qui nous dirigent, Marie le trouve en perdition.
01:17Donc c'est ça qui est passionnant.
01:19Moi j'adore ce journalisme-là puisque c'est un journaliste de témoignages,
01:22de réalité par rapport à ce qu'on entend parfois dans la bouche des hommes politiques.
01:28Marie en fait s'appelle Marion dans la réalité et quand Marion m'a raconté
01:32qu'en tant qu'infirmière libérale on lui donnait gracieusement 2,75 euros
01:39pour aller se rendre sur un rendez-vous et que ça lui coûtait parfois 5 ou 6 euros
01:43de s'y rendre.
01:44Ça veut dire qu'elle perd de l'argent, elle perd du temps, elle perd de l'argent
01:47mais elle le fait comme un sacerdoce.
01:49Elle le fait parce que ses femmes sont admirables, parce qu'ils font des jobs admirables,
01:52parce qu'ils se battent pour la nation et que la réponse qu'ils ont en retour
01:56sur les prix des carburants c'est du mépris.
01:58C'est-à-dire que si vous n'êtes pas gros rouleur, si vous ne remplissez pas
02:02les cases qui sont dictées par l'administration fiscale,
02:06vous n'avez le droit à rien si ce n'est peut-être au mépris.
02:10Ça vous y avez droit.
02:10Et puis pendant ce temps-là, on nous explique que c'est bon, il y a moins de 2 euros
02:14le litre,
02:14tout va bien.
02:15Mais pour quiconque traverse ou est en contact avec la France des régions,
02:18ce qu'on a tous ici, ce qui fait la force d'Europe et de cette émission,
02:23c'est qu'on est en contact avec les Français.
02:25Et donc j'écoute très souvent dans la voiture parce que c'est le seul moyen
02:28de rester connecté parce que nous tous autour de la table, on est des privilégiés.
02:32C'est vrai.
02:33Et on doit utiliser notre privilège qu'on a justement pour défendre
02:36à la fois notre nation économiquement, parce que l'État n'a plus les moyens
02:40de ne pas baisser les taxes.
02:42Il faut les baisser pour relancer l'économie.
02:44Et parce qu'on a cette mission aussi, peut-être, de faire un État
02:48dans lequel la mobilité n'est pas taxée.
02:50Est-ce que vous pourriez tous, et je me mets dans le lot,
02:53vivre pendant un certain temps avec, pourquoi pas, le SMIC par exemple.
02:58Vous êtes un homme politique et avant de prendre votre fonction,
03:03vous devez pendant 2 mois ou 3 mois vivre dans les conditions.
03:09Il y avait un service militaire.
03:12Alors le service militaire c'est différent parce que là il n'y avait pas d'argent du tout.
03:15Vous étiez payé.
03:16C'est quand même une prise avec le réel un petit peu différente.
03:18Mais vous avez raison.
03:19Mais alors, on ne va pas faire effectivement nous-mêmes,
03:23il y a une forme de déconnexion qui peut exister quand on est coupé de la réalité
03:29ou en tout cas de certaines réalités.
03:32Vous parlez, ça m'a étonné d'ailleurs, des 2500 derniers
03:36Mohicans, les pompistes indépendants.
03:38Il n'y a plus que 2500 pompistes indépendants.
03:42Oui, ils sont très peu et puis ils ferment les uns après les autres.
03:44Je pensais qu'il y en avait quand même un peu plus.
03:45Je pense à mon ami Jacques Vez qui est dans l'Aveyron
03:49et qui a sa petite station de service indépendante
03:51et qui m'a dit ça.
03:51Il m'a dit, Pierre, tu sais, quand quelqu'un vient faire son plein chez moi,
03:55je prends 5 à 6 centimes de marge.
03:58Et à la fin de son plein de carburant, ça ne me paye toujours pas un café.
04:02Et quand j'entends ça, il faut se mettre à la place des Français qui viennent,
04:05ont une facture qui affiche 3 chiffres.
04:06Sur 50 euros, il prend 5 à 6 centimes.
04:08Oui, c'est 5 à 6 centimes par litre.
04:11Ah oui, par litre.
04:13Par litre.
04:13Ah oui, donc un plein, c'est 50 litres.
04:16Oui, 40 litres.
04:17Donc 4 fois 5, 20, ça lui fait 2 euros, il n'a toujours pas un café.
04:20Oui.
04:20Voilà.
04:21Donc quand on voit cette situation,
04:23on s'aperçoit qu'on a des Français qui se font matraquer à coups de taxes à la station service.
04:27Si on en a parlé ensemble, vous vous souvenez de cette petite multiplication que vous aviez faite la dernière fois
04:32qu'on s'est vu ?
04:32Bien sûr, bien sûr, bien sûr.
04:342 000 euros de carburant par Français et par an.
04:37Le simple fait de dire ça, de dire 2 000 euros de carburant par Français et par an.
04:42On comprend tout de suite que ce n'est pas jouable en termes économiques.
04:46Après derrière, on va se plaindre, on va dire,
04:48ah ben oui, dans les cinémas, dans les cinémas, il y a moins de monde.
04:51Mais pourquoi ? Il n'y a plus de pouvoir d'achat.
04:53On a pompé l'argent des Français pour quelque chose d'inutile.
04:57On leur a grévé leur forcément mobilité.
04:58Oui, non, non, attention, il y a beaucoup de choses qui sont gratuites pour les Français aussi.
05:02Pardonnez-moi.
05:02Mais ça, c'est autre chose.
05:03Ben oui, mais c'est l'argent qui est distribué et qui est redistribué.
05:06Il y a beaucoup de...
05:07Un État, il a deux possibilités.
05:10Soit il prend beaucoup et il redistribue beaucoup.
05:13Soit il prend peu et il redistribue peu.
05:15Soit il se trompe, Pascal.
05:16Parce que là, le problème de la surfiscalité sur les carburants,
05:19et c'est ce que j'explique dans ce livre, je l'ai voulu,
05:21j'ai voulu qu'à la fin des 120 pages, on comprenne que la France
05:25se fait un araquiri économique en surtaxant les carburants.
05:29Si vous surtaxez les Français dans leur mobilité,
05:32il ne faut pas se plaindre du chiffre qui est tombé depuis qu'on s'est vu la dernière fois,
05:35Pascal.
05:36Augmentation de 20% des livraisons de petits colis.
05:39Voilà ce qui s'est passé depuis l'augmentation des taxes sur le carburant.
05:46Parce qu'en 2026, on a fait la plus grosse erreur qu'on pouvait faire aux Français.
05:50Et ça aussi, c'est à découvrir dans Balance ton plein.
05:52C'est qu'il faut le savoir, on a augmenté la fiscalité des Français sur les carburants
05:56de 18 centimes par litre.
05:58Ce n'est pas anodin, 18 centimes par litre.
06:01Et c'est passé crème.
06:02Oui, c'est pour des raisons écologiques.
06:04Le 1er janvier, le 1er janvier.
06:06Pierre Chasserey est avec nous sur l'antenne d'Europe 1 pour son livre Balance ton plein.
06:10Quel est le prix de la vie d'un Français aux éditions Fayard ?
06:13Ce qui est vraiment le plus intéressant, c'est de voir que tous ces gens que vous rencontrez,
06:19ils ne sont pas à 1 euro près.
06:21Ils sont à 10 centimes d'euro près.
06:23C'est ça qui est intéressant.
06:25Et moi, souvent, je pose la question, par exemple, dans une boulangerie,
06:28vous savez que maintenant, il y a des machines qui permettent de mettre l'espèce.
06:34Et je demandais à la boulangère l'autre jour,
06:37est-ce que les gens laissent 2 centimes ou 3 centimes ?
06:40Personne ne laisse.
06:40Comme auparavant, personne ne laisse.
06:42Et le pourboire, dans votre génération, plus personne ne laisse que pourboire.
06:48Ça n'existe quasiment plus.
06:50Non, mais parce que beaucoup de personnes payent un carte avec un contact.
06:54Aussi, bien sûr.
06:56J'ai lu ça récemment.
06:58que quand on paye sans contact, on n'a pas la douleur de voir vraiment la somme.
07:03Donc, on dépense plus.
07:05Oui, ça a réfléchi.
07:06Vous avez beaucoup l'air.
07:07Surtout, les bonboires, maintenant, ils sont proposés, Pascal, sur les TPE.
07:11Oui, alors ils sont proposés 10-15%.
07:13Vous dites, nous sommes les champions du monde de la triple peine.
07:16On nous demande de produire comme des Allemands, de payer comme des Suisses,
07:19mais avec un reste à vivre qui nous ramène chaque jour un peu plus vers la précarité.
07:22Oui, parce qu'en fait, dans ce livre, c'est à découvrir aussi.
07:25J'en ai eu marre de ces discours officiels qu'on entend partout.
07:27Alors, la France n'a pas les moyens de baisser les taxes.
07:29Ce n'est pas vrai.
07:30Et puis, j'ai vu aussi un autre truc.
07:32Beaucoup de journalistes ont relayé le message avec une certaine réalité
07:36que dans d'autres pays européens, le litre de carburant était parfois un peu plus cher.
07:40Mais il faut donner toute la vérité.
07:42Quand on ne dit pas toute la vérité, c'est un mensonge.
07:43La réalité, c'est que quand on prend le salaire médian ou les salaires les plus bas
07:47et qu'on compare combien il faut d'heures de travail à un Français par rapport à un Suisse,
07:53un Allemand, un Norvégien ou un Suédois pour faire son plein de carburant,
07:56le champion toute catégorie confondue de celui qui fait les poches des Français,
08:01c'est l'État français.
08:02Et encore une fois, j'insiste, et c'est ce que j'ai voulu mettre en avant dans ce livre,
08:05à tort, puisque la France est en train de s'appauvrir.
08:08Regardez, Pascal, juste une chose.
08:10Il ne vous a pas échappé que ce qui a changé depuis le mois de mars pour les Français,
08:14grosso modo, c'est l'augmentation des carburants.
08:17C'est à peu près le sujet qui a été le plus lourd avec le détroit d'Ormuz,
08:20qui est devenu l'alpha et l'oméga de l'économie française.
08:23Vous avez vu ce qui s'est passé sur la France ?
08:25On n'a pas voulu baisser les taxes ?
08:27Taux de croissance ? Zéro.
08:28On est à un ras de la récession.
08:30J'entends que le prix du litre d'essence est le même qu'en 1974 pour le Français.
08:37Non, ce n'est pas tout à vrai.
08:38Non, ce n'est pas vrai.
08:39C'est-à-dire que par rapport au SMIC, on va prendre cet indicateur,
08:43mais le coût de la vie est beaucoup plus cher.
08:46Vous avez raison, Pascal, encore une fois, vous avez tout à fait raison.
08:48C'est ce que j'entends.
08:49C'est-à-dire qu'en soi, c'est intéressant.
08:53Exactement.
08:53La société a changé.
08:55Aujourd'hui, il faut...
08:55Les dépenses contraintes n'étaient pas les mêmes.
08:57Je suis d'accord avec vous, mais bon...
08:58Maintenant, on ne peut pas vivre sans smartphone.
09:01Nos gamins ont un smartphone.
09:03Et c'est comme ça, sinon ils ne vivent plus dans leur société.
09:05J'entends, j'entends, j'entends.
09:07Je pense que là où vous avez raison, c'est beaucoup plus difficile aujourd'hui
09:11d'être démuni que ce ne l'était il y a 80 ans.
09:16Parce qu'il y a une société de consommation qui est beaucoup plus forte
09:18et surtout, on sait tout de l'autre.
09:20On sait la voiture de l'autre, l'hôtel de l'autre, la maison de l'autre,
09:23ce qui n'existait pas il y a 80 ans.
09:25Donc ça crée, pour celui qui ne l'a pas, sans doute davantage de frustration et de rancœur.
09:29Il est 17h55.
09:30Allez France, ce soir !
09:32Eh oui, 20h.
09:33Allez les bleus.
09:35Vous êtes très très beau gosse en chaussures, en basket.
09:38Je ne vous avais jamais vu en basket.
09:39Je suis tout à fait là.
09:40Toutes ces années, ça vous va très très bien.
09:42Vous rigolez ou quoi ?
09:44Vous ne l'avez jamais vu en basket.
09:45C'est tout.
09:46Il nous reste combien dedans ?
09:48Allez, on a le temps de diffuser ça, par exemple.
09:49Michael Olysee, pala pala
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