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  • il y a 5 heures
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:01Europe 1. Pascal Proulx et vous.
00:02Nous sommes avec Pierre Chasserey que vous connaissez pour son livre Balance ton plein.
00:06Quel est le prix de la vie d'un Français ? L'idée c'est une galerie de portraits.
00:09Oui c'est un petit peu plus que ça. Pascal évidemment je pars de ça parce qu'on le sait
00:13très bien,
00:13on a des Français qui nous appellent. Ici à Europe 1 vous les avez eus en ligne.
00:16Moi je les ai eus avec l'association 40 millions d'automobilistes et j'ai eu des portraits.
00:20Ça a été très dur d'en sélectionner que quelques-uns.
00:22Mais pour que chacun au début du livre puisse s'identifier dans les vies.
00:26dans le portrait de Marie qui est infirmière libérale, dans le portrait de Léa,
00:30une jeune femme de 24 ans qui lui propose un emploi à 100 km de son domicile
00:34et qui va devoir le refuser parce qu'elle ça veut dire 13 euros de carburant par jour
00:37et qu'elle ne peut pas se le permettre.
00:39En fait c'est toute cette France qui renonce à des choses et qui finit par être les premières victimes
00:46et la seconde victime c'est l'État, la France, qui de son côté perd énormément d'argent
00:50parce que tous ces renoncements de la part des Français ont des conséquences économiques
00:55terribles pour la nation.
00:56Alors par exemple vous dites Marie comme tous les Français vit au compte-goût
01:00tel calcul mentalement.
01:01Si je fais ce détour pour voir M. Gérard qui est seul et en fin de vie
01:06je perds 5 euros de bénéfice net sur ma journée.
01:09Dans la voiture elle entend qu'il faut préserver notre système de santé,
01:12le meilleur du monde.
01:13Dixit, ceux qui nous dirigent, Marie le trouve en perdition.
01:17Donc c'est ça qui est passionnant.
01:19Moi j'adore ce journalisme-là puisque c'est un journaliste de témoignages,
01:22de réalité par rapport à ce qu'on entend parfois dans la bouche des hommes politiques.
01:28Marie en fait s'appelle Marion dans la réalité et quand Marion m'a raconté
01:32qu'en tant qu'infirmière libérale on lui donnait gracieusement 2,75 euros
01:39pour aller se rendre sur un rendez-vous et que ça lui coûtait parfois 5 ou 6 euros
01:43de s'y rendre.
01:44Ça veut dire qu'elle perd de l'argent, elle perd du temps, elle perd de l'argent
01:47mais elle le fait comme un sacerdoce.
01:49Elle le fait parce que ses femmes sont admirables, parce qu'ils font des jobs admirables,
01:52parce qu'ils se battent pour la nation et que la réponse qu'ils ont en retour
01:56sur les prix des carburants c'est du mépris.
01:58C'est-à-dire que si vous n'êtes pas gros rouleur, si vous ne remplissez pas
02:02les cases qui sont dictées par l'administration fiscale,
02:06vous n'avez le droit à rien si ce n'est peut-être au mépris.
02:10Ça vous y avez droit.
02:10Et puis pendant ce temps-là, on nous explique que c'est bon, il y a moins de 2 euros
02:14le litre,
02:14tout va bien.
02:15Mais pour quiconque traverse ou est en contact avec la France des régions,
02:18ce qu'on a tous ici, ce qui fait la force d'Europe et de cette émission,
02:23c'est qu'on est en contact avec les Français.
02:25Et donc j'écoute très souvent dans la voiture parce que c'est le seul moyen
02:28de rester connecté parce que nous tous autour de la table, on est des privilégiés.
02:32C'est vrai.
02:33Et on doit utiliser notre privilège qu'on a justement pour défendre
02:36à la fois notre nation économiquement, parce que l'État n'a plus les moyens
02:40de ne pas baisser les taxes.
02:42Il faut les baisser pour relancer l'économie.
02:44Et parce qu'on a cette mission aussi, peut-être, de faire un État
02:48dans lequel la mobilité n'est pas taxée.
02:50Est-ce que vous pourriez tous, et je me mets dans le lot,
02:53vivre pendant un certain temps avec, pourquoi pas, le SMIC par exemple.
02:58Vous êtes un homme politique et avant de prendre votre fonction,
03:03vous devez pendant 2 mois ou 3 mois vivre dans les conditions.
03:09Il y avait un service militaire.
03:12Alors le service militaire c'est différent parce que là il n'y avait pas d'argent du tout.
03:15Vous étiez payé.
03:16C'est quand même une prise avec le réel un petit peu différente.
03:18Mais vous avez raison.
03:19Mais alors, on ne va pas faire effectivement nous-mêmes,
03:23il y a une forme de déconnexion qui peut exister quand on est coupé de la réalité
03:29ou en tout cas de certaines réalités.
03:32Vous parlez, ça m'a étonné d'ailleurs, des 2500 derniers
03:36Mohicans, les pompistes indépendants.
03:38Il n'y a plus que 2500 pompistes indépendants.
03:42Oui, ils sont très peu et puis ils ferment les uns après les autres.
03:44Je pensais qu'il y en avait quand même un peu plus.
03:45Je pense à mon ami Jacques Vez qui est dans l'Aveyron
03:49et qui a sa petite station de service indépendante
03:51et qui m'a dit ça.
03:51Il m'a dit, Pierre, tu sais, quand quelqu'un vient faire son plein chez moi,
03:55je prends 5 à 6 centimes de marge.
03:58Et à la fin de son plein de carburant, ça ne me paye toujours pas un café.
04:02Et quand j'entends ça, il faut se mettre à la place des Français qui viennent,
04:05ont une facture qui affiche 3 chiffres.
04:06Sur 50 euros, il prend 5 à 6 centimes.
04:08Oui, c'est 5 à 6 centimes par litre.
04:11Ah oui, par litre.
04:13Par litre.
04:13Ah oui, donc un plein, c'est 50 litres.
04:16Oui, 40 litres.
04:17Donc 4 fois 5, 20, ça lui fait 2 euros, il n'a toujours pas un café.
04:20Oui.
04:20Voilà.
04:21Donc quand on voit cette situation,
04:23on s'aperçoit qu'on a des Français qui se font matraquer à coups de taxes à la station service.
04:27Si on en a parlé ensemble, vous vous souvenez de cette petite multiplication que vous aviez faite la dernière fois
04:32qu'on s'est vu ?
04:32Bien sûr, bien sûr, bien sûr.
04:342 000 euros de carburant par Français et par an.
04:37Le simple fait de dire ça, de dire 2 000 euros de carburant par Français et par an.
04:42On comprend tout de suite que ce n'est pas jouable en termes économiques.
04:46Après derrière, on va se plaindre, on va dire,
04:48ah ben oui, dans les cinémas, dans les cinémas, il y a moins de monde.
04:51Mais pourquoi ? Il n'y a plus de pouvoir d'achat.
04:53On a pompé l'argent des Français pour quelque chose d'inutile.
04:57On leur a grévé leur forcément mobilité.
04:58Oui, non, non, attention, il y a beaucoup de choses qui sont gratuites pour les Français aussi.
05:02Pardonnez-moi.
05:02Mais ça, c'est autre chose.
05:03Ben oui, mais c'est l'argent qui est distribué et qui est redistribué.
05:06Il y a beaucoup de...
05:07Un État, il a deux possibilités.
05:10Soit il prend beaucoup et il redistribue beaucoup.
05:13Soit il prend peu et il redistribue peu.
05:15Soit il se trompe, Pascal.
05:16Parce que là, le problème de la surfiscalité sur les carburants,
05:19et c'est ce que j'explique dans ce livre, je l'ai voulu,
05:21j'ai voulu qu'à la fin des 120 pages, on comprenne que la France
05:25se fait un araquiri économique en surtaxant les carburants.
05:29Si vous surtaxez les Français dans leur mobilité,
05:32il ne faut pas se plaindre du chiffre qui est tombé depuis qu'on s'est vu la dernière fois,
05:35Pascal.
05:36Augmentation de 20% des livraisons de petits colis.
05:39Voilà ce qui s'est passé depuis l'augmentation des taxes sur le carburant.
05:46Parce qu'en 2026, on a fait la plus grosse erreur qu'on pouvait faire aux Français.
05:50Et ça aussi, c'est à découvrir dans Balance ton plein.
05:52C'est qu'il faut le savoir, on a augmenté la fiscalité des Français sur les carburants
05:56de 18 centimes par litre.
05:58Ce n'est pas anodin, 18 centimes par litre.
06:01Et c'est passé crème.
06:02Oui, c'est pour des raisons écologiques.
06:04Le 1er janvier, le 1er janvier.
06:06Pierre Chasserey est avec nous sur l'antenne d'Europe 1 pour son livre Balance ton plein.
06:10Quel est le prix de la vie d'un Français aux éditions Fayard ?
06:13Ce qui est vraiment le plus intéressant, c'est de voir que tous ces gens que vous rencontrez,
06:19ils ne sont pas à 1 euro près.
06:21Ils sont à 10 centimes d'euro près.
06:23C'est ça qui est intéressant.
06:25Et moi, souvent, je pose la question, par exemple, dans une boulangerie,
06:28vous savez que maintenant, il y a des machines qui permettent de mettre l'espèce.
06:34Et je demandais à la boulangère l'autre jour,
06:37est-ce que les gens laissent 2 centimes ou 3 centimes ?
06:40Personne ne laisse.
06:40Comme auparavant, personne ne laisse.
06:42Et le pourboire, dans votre génération, plus personne ne laisse que pourboire.
06:48Ça n'existe quasiment plus.
06:50Non, mais parce que beaucoup de personnes payent un carte avec un contact.
06:54Aussi, bien sûr.
06:56J'ai lu ça récemment.
06:58que quand on paye sans contact, on n'a pas la douleur de voir vraiment la somme.
07:03Donc, on dépense plus.
07:05Oui, ça a réfléchi.
07:06Vous avez beaucoup l'air.
07:07Surtout, les bonboires, maintenant, ils sont proposés, Pascal, sur les TPE.
07:11Oui, alors ils sont proposés 10-15%.
07:13Vous dites, nous sommes les champions du monde de la triple peine.
07:16On nous demande de produire comme des Allemands, de payer comme des Suisses,
07:19mais avec un reste à vivre qui nous ramène chaque jour un peu plus vers la précarité.
07:22Oui, parce qu'en fait, dans ce livre, c'est à découvrir aussi.
07:25J'en ai eu marre de ces discours officiels qu'on entend partout.
07:27Alors, la France n'a pas les moyens de baisser les taxes.
07:29Ce n'est pas vrai.
07:30Et puis, j'ai vu aussi un autre truc.
07:32Beaucoup de journalistes ont relayé le message avec une certaine réalité
07:36que dans d'autres pays européens, le litre de carburant était parfois un peu plus cher.
07:40Mais il faut donner toute la vérité.
07:42Quand on ne dit pas toute la vérité, c'est un mensonge.
07:43La réalité, c'est que quand on prend le salaire médian ou les salaires les plus bas
07:47et qu'on compare combien il faut d'heures de travail à un Français par rapport à un Suisse,
07:53un Allemand, un Norvégien ou un Suédois pour faire son plein de carburant,
07:56le champion toute catégorie confondue de celui qui fait les poches des Français,
08:01c'est l'État français.
08:02Et encore une fois, j'insiste, et c'est ce que j'ai voulu mettre en avant dans ce livre,
08:05à tort, puisque la France est en train de s'appauvrir.
08:08Regardez, Pascal, juste une chose.
08:10Il ne vous a pas échappé que ce qui a changé depuis le mois de mars pour les Français,
08:14grosso modo, c'est l'augmentation des carburants.
08:17C'est à peu près le sujet qui a été le plus lourd avec le détroit d'Ormuz,
08:20qui est devenu l'alpha et l'oméga de l'économie française.
08:23Vous avez vu ce qui s'est passé sur la France ?
08:25On n'a pas voulu baisser les taxes ?
08:27Taux de croissance ? Zéro.
08:28On est à un ras de la récession.
08:30J'entends que le prix du litre d'essence est le même qu'en 1974 pour le Français.
08:37Non, ce n'est pas tout à vrai.
08:38Non, ce n'est pas vrai.
08:39C'est-à-dire que par rapport au SMIC, on va prendre cet indicateur,
08:43mais le coût de la vie est beaucoup plus cher.
08:46Vous avez raison, Pascal, encore une fois, vous avez tout à fait raison.
08:48C'est ce que j'entends.
08:49C'est-à-dire qu'en soi, c'est intéressant.
08:53Exactement.
08:53La société a changé.
08:55Aujourd'hui, il faut...
08:55Les dépenses contraintes n'étaient pas les mêmes.
08:57Je suis d'accord avec vous, mais bon...
08:58Maintenant, on ne peut pas vivre sans smartphone.
09:01Nos gamins ont un smartphone.
09:03Et c'est comme ça, sinon ils ne vivent plus dans leur société.
09:05J'entends, j'entends, j'entends.
09:07Je pense que là où vous avez raison, c'est beaucoup plus difficile aujourd'hui
09:11d'être démuni que ce ne l'était il y a 80 ans.
09:16Parce qu'il y a une société de consommation qui est beaucoup plus forte
09:18et surtout, on sait tout de l'autre.
09:20On sait la voiture de l'autre, l'hôtel de l'autre, la maison de l'autre,
09:23ce qui n'existait pas il y a 80 ans.
09:25Donc ça crée, pour celui qui ne l'a pas, sans doute davantage de frustration et de rancœur.
09:29Il est 17h55.
09:30Allez France, ce soir !
09:32Eh oui, 20h.
09:33Allez les bleus.
09:35Vous êtes très très beau gosse en chaussures, en basket.
09:38Je ne vous avais jamais vu en basket.
09:39Je suis tout à fait là.
09:40Toutes ces années, ça vous va très très bien.
09:42Vous rigolez ou quoi ?
09:44Vous ne l'avez jamais vu en basket.
09:45C'est tout.
09:46Il nous reste combien dedans ?
09:48Allez, on a le temps de diffuser ça, par exemple.
09:49Michael Olysee, pala pala
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