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Éric de Riedmatten reçoit un invité dans #LHebdoDeLEco pour approfondir un sujet économique…

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Transcription
00:00Merci d'être avec nous sur CNews, Jean-Hervé Lorenzi.
00:03Depuis des années, les patrons se retrouvent à Aix-en-Provence.
00:06Ce sera les 2, 3 et 4 juillet prochains.
00:10Alors, cette année, c'est quand même différent parce que 2027 approche.
00:14J'imagine qu'il y a des attentes très précises de la part des chefs d'entreprise.
00:18Moi, je crois que la France est toujours un pays avec des comportements cycliques.
00:24Souvenez-vous, 58.
00:2658, on a l'impression que c'est certes, il y a la guerre d'Algérie,
00:30mais Gérard Legault l'arrive et c'est un désordre économique absolument géant,
00:35au moins équivalent de celui qu'on a connu.
00:38Et en très peu de temps, 6 mois, c'est là où la France a une bonne qualité.
00:436 mois, 8 mois, on commence à revenir sur une trajectoire beaucoup plus solide.
00:50Donc, c'est ça ce que les gens attendent.
00:51Ils attendent évidemment des positions assez fermes sur tous les thèmes
00:55qui sont les dépenses publiques, la fiscalité, les problèmes de soutien à l'industrie
01:03que nous avons un peu laissé tomber, etc.
01:05– Donc, aujourd'hui, vous reconnaissez qu'on est un peu au pied du mur quand même.
01:08Certains disent que c'est la dernière élection présidentielle avant le chaos.
01:13– Moi, je suis de tempérament plus modéré et plus optimiste,
01:18mais disons que c'est une élection très importante.
01:21– Est-ce que vous avez des chefs d'entreprise qui vont s'engager,
01:23qui vont être là pour dire qu'il faut bouger les choses, bouger les lignes ?
01:27– Ils vont sûrement tous dire qu'il faut bouger les lignes,
01:32dire comment, pourquoi et quelle trajectoire suivre.
01:36À mon avis, ils sont beaucoup plus prudents.
01:39– Et alors, vous avez quels chefs d'entreprise qui vont participer ?
01:42Vous avez déjà les noms ?
01:43– Ils sont 134.
01:45En gros, on va dire tout le CAC 40, à commencer par Total.
01:49– On a le sentiment que les patrons, quand ils sont entre eux,
01:52ont un discours très franc, très direct,
01:54et puis après, ils sont plus prudents.
01:56Est-ce que ce n'est pas ça le problème en France ?
01:57Qu'on n'ose pas toujours mettre le pied dans le plat ?
01:59– Je crois que c'est le problème général de me permettre
02:04que mon âge me donne une certaine expérience.
02:07Je crois que c'est la tendance naturelle.
02:09On ne dit pas la même chose avec des différents publics,
02:14mais je crois surtout qu'ils sont,
02:17alors c'est ça qui est intéressant,
02:18à la fois convaincus qu'il faut qu'il y ait des choses qui changent,
02:21et à la fois très convaincus de leur responsabilité.
02:25Si on veut que ce pays se réindustrialise, redémarre,
02:30recrée de la richesse, recrée…
02:32Il faut évidemment un environnement qui soit favorable,
02:35mais ça dépend aussi de leur volonté.
02:37Et moi, je les sens sur les 134 à qui je demande un peu d'argent,
02:43donc je les ai tous au bout du fil.
02:45Je les sens tous très soucieux et offensifs.
02:50– Oui, mais alors quand même, aujourd'hui, vous regardez,
02:51les industries, elles sont extrêmement faibles.
02:54On ne produit pas assez, on ne travaille pas assez.
02:56La balance commerciale est en déficit de 80 ou 100 milliards depuis des années.
03:02Il faudrait combien de temps pour redresser la France ?
03:04Comme le dit Alain Madelin, c'est 10 ans minimum ?
03:07Non, alors je ne suis pas d'accord avec ce vieil ami, Madelin.
03:12Je ne crois pas, je ne crois pas que ça marche comme ça en France.
03:15La France est un pays qui, souvenez-vous, j'ai pris l'exemple 58, mais mieux.
03:20En 68, on est à la quatrième puissance du monde.
03:22On se fait une révolution à la castrice.
03:24C'était hallucinant.
03:26C'était hallucinant.
03:27On était un pays, et puis trois mois après, c'était fini.
03:30– Oui, parce qu'il y avait le général de Gaulle qui a su mobiliser.
03:32– Oui, et bien…
03:33– Qui a menacé de partir, si la Shirley continuait.
03:35– On peut espérer qu'on va en avoir un bon l'année prochaine, solide, sérieux.
03:40Et à ce moment-là, je peux vous donner des tas d'exemples.
03:43Encore un bon exemple industriel.
03:47Giscard.
03:47Giscard arrive, le téléphone en France, vous vous en souvenez ?
03:51– Si, si, un peu.
03:52– C'était effrayant, nul.
03:54– Ça ne marche pas.
03:54– Il y avait la plaisanterie de Ferdinand Reynaud sur le 28 à Annières, etc.
03:59En cinq ans, on devient la leader mondiale en téléphonie.
04:03On peut aller très vite en France.
04:05On est capable de regarder le vide, comme c'est le cas aujourd'hui,
04:11en se disant, bon, on n'est pas pressé.
04:13Mais si on est mobilisé, on est très rapide et assez efficace.
04:18Parce que, c'est vous, c'est moi, c'est toi.
04:20– Bien sûr.
04:20– On est délé.
04:21– Mais est-ce qu'on a les moyens ?
04:22Quand on voit, on est empêtré dans des déficits, des dettes.
04:25Il y a tellement de priorités.
04:26Est-ce que l'État est capable de dire, on renonce à cela pour se redéployer sur le futur, sur
04:31l'innovation ?
04:32– Moi, je crois que…
04:33– Utiliser l'argent à bon escient, c'est ça ?
04:35– Je crois que le sujet essentiel de notre pays va être, en réalité, de l'intergénérationnel.
04:42C'est-à-dire que là où le rebond va venir, c'est pas avec des gens de mon âge
04:47si sympathiques soient-ils,
04:49mais c'est avec des gens jeunes, avec des gens qui ont envie que les choses se passent.
04:54C'est là où il faut qu'on mette notre argent.
04:56J'espère, c'est le discours que nous tiendrons à Aix.
04:59On va être très utiles à Aix, on va tenir un vrai discours, il faut absolument utiliser, au fond,
05:06nos financements dans un cadre qui est forcément naturellement très rigoureux,
05:11pour que l'école marche mieux, pour que l'insertion des jeunes au travail soit meilleure,
05:16pour que les jeunes entrepreneurs, et il y en a beaucoup, qui puissent les démarrer.
05:22Moi, j'ai été bluffé.
05:23Quand je suis en phase un peu tristounette, ça arrive à tout le monde, pas mon tempérament.
05:28J'ai un doute, voilà, c'est mieux.
05:31Je prends le train, je vais jusqu'à Grenoble, je ne vais pas à la gare à gauche, c'est
05:37la ville, je vais à droite.
05:38C'est là où elle sent des études, des éclairs, etc.
05:40Il y a des centaines d'entreprises.
05:42En réalité, le tableau n'est pas facile, on a des très mauvais résultats financiers,
05:48mais je suis convaincu que, pour peu qui aient un peu d'enthousiasme, de vision, de perspective,
05:54je suis convaincu qu'on peut résoudre des problèmes très vite.
05:57Ce qui veut dire que la start-up nation peut revenir,
06:00parce que c'était le grand rêve d'Emmanuel Macron il y a dix ans presque.
06:03Bon, elle n'a pas vraiment décollé.
06:05Il y en a, bien sûr, des licornes, mais pas tant que ça.
06:08Oui, mais j'ai mieux, d'abord, je ne suis pas particulièrement défenseur de ces deux quinquennats,
06:15mais d'abord, un, je sépare les deux quinquennats.
06:18Le premier a été quand même assez efficace.
06:20L'autre chose, France, moi j'y ai été, c'est quand même, ça n'existait pas auparavant.
06:25C'est-à-dire qu'il y a quand même beaucoup d'entreprises venues d'outre-Atlantique qui viennent.
06:31Bon, je ne suis pas en train de vous dire que la situation est bonne, elle n'est pas bonne,
06:35mais je suis sûr que notre pays, c'est une caractéristique, il est capable de rebondir,
06:41pour peu qu'on lui donne une envie un peu claire de là où il faut aller.
06:46Et puis, il y a un cap et une vision, ce qui a manqué.
06:50Un cap et une vision.
06:52Voilà, écoutez, je crois que c'est le mot de la fin.
06:54Merci infiniment, Jean-Hermain Lorenzi, d'être venu sur CNews.
06:57Et rendez-vous les 2, 3 et 4 juillet à Aix-en-Provence pour les rencontres, bien sûr,
07:03de l'économie qui existe depuis des années.
07:0426 ans.
07:0526 ans, bravo. Merci.

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