- il y a 22 heures
Élus par les territoires, les sénatrices et les sénateurs connaissent le terrain et côtoient les acteurs de notre patrimoine agricole et nourricier, tout ce qui fait de la France un pays où le contenu de l'assiette relève d'un engagement quotidien.
Vincent Ferniot rencontre ces hommes et ces femmes, en compagnie d'un sénateur ou d'une sénatrice, sur son territoire. Année de Production :
Vincent Ferniot rencontre ces hommes et ces femmes, en compagnie d'un sénateur ou d'une sénatrice, sur son territoire. Année de Production :
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00:01Retrouvez, mangez, c'est voter avec le concours général agricole.
00:30Bien le voir, la Guadeloupe, c'est une terre de saveurs multiples.
01:03...
01:08Madame la sénatrice, bonjour, bonjour Vincent, comment allez-vous ?
01:13Écoutez, ce serait difficile d'aller mal.
01:16Est-ce que vous m'autorisez à m'asseoir dans le tableau du paradis ?
01:19Je vous en prie.
01:20Est-ce que vous êtes chez vous, là ?
01:22Je suis chez moi, je suis sur mon île.
01:24Ici, c'est le sud-ouest de l'archipel de la Guadeloupe.
01:28Exactement, qui fait partie de l'archipel des Seintes,
01:31puisque l'archipel des Seintes, c'est sept îles,
01:33dont deux habités, Terre de haut et Terre de bas.
01:36La France, c'est aussi ces territoires ultramarins,
01:38c'est aussi cette insularité,
01:40c'est le lieu où on se sent apaisé, reposé, malgré les difficultés.
01:45C'est votre ADN, ça, du coup, de porter les couleurs du marin, quoi ?
01:49Oui, c'est notre ADN, je suis très proche de la mer,
01:53de par ma famille, je le dis fièrement,
01:55je suis fille et petite fille de marin pêcheur.
01:58J'ai été maire adjoint de Terre de bas,
02:00donc la base, c'est Terre de bas,
02:02puisque nous sommes à Terre de bas en triple insularité,
02:05puisque nous devons passer par Terre de haut d'abord,
02:08avant de venir à Terre de bas.
02:09Un petit périple initiatique à chaque fois.
02:11Mais c'est tout le charme.
02:13J'essaye d'imaginer une jeune saintoise,
02:17comme vous, qui monte dans l'avion,
02:19en partant de Guadeloupe, s'endort,
02:22se réveille pratiquement en arrivant à Paris,
02:25et pousse les portes du Sénat.
02:27Exactement.
02:28Qu'est-ce que vous avez ressenti ?
02:29La fierté.
02:30La fierté pour mes parents,
02:32la fierté pour mon île,
02:34et une reconnaissance du travail fourni pendant trois ans,
02:37puisque j'ai été avant maire adjoint,
02:39élue en 2020,
02:40et rejoindre le Sénat trois ans après.
02:43C'est pour moi une mission accomplie sur mon territoire.
02:46Au-delà de faire la fierté de mes parents,
02:48mais je fais la fierté des habitants de mon territoire.
02:51Et je prouve à la Guadeloupe proprement dite
02:54qu'elle va rayonner à travers ses îles
02:56pour que nous puissions réussir le territoire.
02:59Et réussir le territoire, c'est s'engager.
03:01S'engager politiquement,
03:02mais c'est s'engager aussi en tant qu'agriculteur,
03:05en tant qu'éleveur et dans d'autres métiers,
03:07mais s'engager pour son territoire.
03:09Il faut dire que je suis une femme aussi.
03:13Là, la chose est d'autant plus importante,
03:16parce que si vous voulez,
03:17parmi sept parlementaires guadeloupéens,
03:19je suis la seule femme.
03:21Et faire respecter sa parole pour une femme,
03:24moi, en tout cas, c'est mon combat.
03:25J'ai très envie de découvrir la Guadeloupe
03:28dans toutes ses formes en votre compagnie.
03:31Avec plaisir.
03:32Je vous ferai découvrir la Guadeloupe
03:33que vous ne connaissez pas.
03:34J'espère bien.
03:35Avec plaisir.
03:36On y va tout de suite ?
03:37On y va.
03:37Parce que je crois qu'on a de la route
03:38et d'abord du bateau.
03:39Et d'abord du bateau.
03:44Sillonnons la Guadeloupe
03:45en nous arrêtant d'abord à Bosco Nutri Local,
03:47un chantier d'insertion par le maraîchage.
03:50Nous ferons le tour du jardin
03:51avec Marion, Sonia et Achille, les encadrants.
03:54Ensuite, rendez-vous avec Joanne
03:56et ses petits poulets
03:57avant de découvrir
03:58les beaux légumes bio de Nadege.
04:00Puis, nous plongerons
04:01dans la forêt tropicale avec JR
04:03pour y trouver bien cachés
04:05ses cacaoyers, ses caféiers et ses vanilles
04:07avant une petite visite
04:09à la distillerie Bologne,
04:10une véritable institution à Bastère.
04:13Mais avant ça, cap plein sud
04:15sur l'archipel des Saintes
04:17où Rémi le Pêcheur
04:18nous attend en port.
04:19Allez, on embarque !
04:28Ah ouais, c'est beau, hein ?
04:29Alors Rémi, c'est le président des pêcheurs ?
04:32De l'association des marins pêcheurs
04:34des îles des Saintes.
04:36Le haut et le bas réunis ?
04:38Terre de haut et terre de bas réunis.
04:39Ouh là là !
04:40Au l'amont de la pêche.
04:41Et vous pêchez de la même façon ?
04:42On pêche autour des Saintes
04:44et on pêche sous le vent de la Guadeloupe
04:46donc en dessous de la basse terre.
04:48On va aussi vers Marie-Galante,
04:50vers le Moule,
04:53Pointe des Châteaux,
04:54on va un peu partout en Guadeloupe.
04:55Quelles sont les grandes races
04:57ou grandes variétés ?
04:57Les grandes espèces.
04:58Donc on a les poissons de roche,
04:59on va dire.
05:00On a aussi les poissons pélagiques
05:02donc tout ce qui est thon,
05:04dorade corichenne, espadon.
05:06Des grands poissons qui nagent vite
05:07et profonds et loin.
05:08Voilà, ils font des spectacles.
05:10Et après, on a les coustacées,
05:11les langoustes, le lambi.
05:14En venant, tout à l'heure,
05:15en faisant la traversée
05:16depuis basse terre,
05:18j'ai vu des nappes de sargasse
05:20absolument partout.
05:22C'est compliqué.
05:23Ce n'est vraiment pas quelque chose
05:24qui nous facilite le métier.
05:26Ça va enclaver certaines plages,
05:28certains ponts,
05:29comme à Terre-de-Bas notamment.
05:30Et les conséquences du vieillissement
05:33de la sargasse,
05:34ça crée une hausse d'oeuvre
05:35qui est vraiment très désagréable.
05:38Alors, pour ceux qui ne savent pas,
05:39on va être très clair,
05:40c'est la fameuse odeur d'œufs pourris.
05:42C'est un problème sanitaire
05:43puisque c'est un gaz
05:44comme les algues vertes
05:46qui peut tuer.
05:47Et c'est pour ça que nous,
05:49ultramarins,
05:49surtout Martinique-Guadeloupe,
05:51on se bat ensemble
05:52pour que l'État puisse reconnaître
05:54et surtout prendre en charge
05:56la collecte des sargasses
05:57puisque c'est une problématique,
05:59il a dit,
06:00économique pour lui
06:00puisqu'il n'y a plus de poissons
06:01ou alors on est obligé
06:02d'aller pêcher plus loin.
06:03Mais c'est une problématique sanitaire
06:05parce que vous voyez l'île,
06:06nous vivons en bord de mer.
06:08Dans les maisons,
06:10l'électroménager,
06:10les multimédia sont détruits,
06:12les climatisations,
06:13parce que ça ronge le cuivre,
06:15par exemple.
06:15Ah, il y a une corrosion.
06:17Exactement.
06:17Et puis des fois,
06:18c'est une perte de temps
06:18parce que du coup,
06:19quand on va pêcher
06:20à deux heures de route,
06:21on doit s'arrêter 15 fois,
06:2320 fois pour enlever les sargasses
06:25dans l'aspiration.
06:26Mais si on ne l'a pas vu,
06:28mais l'alarme, elle sonne,
06:29mais le moteur a chauffé.
06:29Enfin, plein de petits trucs comme ça
06:31et des solutions,
06:32j'ai envie de dire,
06:32s'il y en avait une vraiment,
06:34j'ai envie de dire,
06:35on l'aurait déjà trouvée.
06:36Le seul moyen,
06:37c'est le ramassage.
06:39On ne veut pas être ramasseur
06:40de sargasses
06:40et on veut faire notre pétier
06:42parce que c'est un métier difficile,
06:43mais c'est un métier qu'on aime
06:44avant tout.
06:45Rémi, en arrivant,
06:46j'ai vu sur le marché
06:47qu'il n'y avait pas profusion
06:49de poissons.
06:50Est-ce que les pêcheurs ici
06:51ont un deuxième métier ?
06:53On va dire,
06:54on appelle ça ici des jobs.
06:55Oui, oui, oui.
06:57Des jobs saisonniers.
06:57Il y a des réglementations
06:58qui permettent aujourd'hui
06:59de faire du pescatourisme.
07:01Donc, le pescatourisme,
07:02c'est une forme de tourisme
07:04sur le bateau de pêche.
07:05D'emmener pêcher, quoi.
07:05Voilà.
07:06On peut amener 5, 6 personnes
07:07en fonction de notre embarcation
07:09pour aller découvrir le métier.
07:10Tout est lié au tourisme.
07:11Les pêcheurs, à l'époque,
07:13ils disaient qu'ils n'ont pas
07:13besoin de touristes.
07:14Mais aujourd'hui,
07:15s'il n'y a pas de restaurant ouvert,
07:16le poisson, il ne se vend pas.
07:17On a une quarantaine,
07:19presque 50 pêcheurs professionnels
07:21sur les deux îles en tout.
07:22Ah oui.
07:23Donc, c'est vrai que c'est notre patrimoine.
07:26La pêche, c'est notre patrimoine.
07:27Les scintoirs ont la réputation
07:29et je ne paraîtrais peut-être pas objectif
07:30en le disant.
07:31Ce sont les meilleurs pêcheurs.
07:32Mais ont la réputation
07:33d'être les meilleurs pêcheurs
07:34de la Caraïbe.
07:35Alors, ça m'étonne
07:35ce que vous me dites.
07:36Je ne pensais pas
07:36que vous alliez me dire ça.
07:38Eh bien, il faut dire.
07:40Avec preuve.
07:59Madame la Sénatrice,
08:01on a quitté votre jolie petite île.
08:03On est de retour sur la terre ferme,
08:04la basse terre ferme, on peut dire.
08:06Et où est-ce qu'on est ?
08:07Nous sommes à Gourber.
08:08Nous allons à la rencontre de Marion
08:10qui est responsable d'un chantier d'insertion.
08:12Et donc, nous allons voir avec elle
08:13comment on insère nos jeunes
08:15au niveau de l'agriculture.
08:17Bonjour, bonjour.
08:18Bonjour.
08:18Marion, vous êtes la responsable du site ?
08:22Je suis responsable du service
08:23de l'atelier chantier d'insertion,
08:25le Bosco Nutrilocal.
08:27Et donc, nous sommes à Gourber.
08:28On a un site de 17 hectares
08:30autour de l'association Saint-Jean-Bosco.
08:3217 hectares ?
08:32Exactement.
08:33Alors ici, c'est un chantier d'insertion
08:35qui s'adresse à qui ?
08:36Notre public, c'est des personnes
08:38très éloignées de l'emploi.
08:39Principalement, c'est des personnes
08:40qui étaient bénéficiaires du RSA.
08:42D'accord.
08:42On leur fait signer un contrat
08:44et on va les accompagner.
08:45Premier contrat de 4 mois
08:46et avec les encadrants techniques
08:49sur le terrain
08:50par l'activité maraîchage
08:51de prestations espaces verts
08:53et avec des conseillères en insertion.
08:55Ils vont travailler les freins à l'emploi.
08:57Et là, on a des problématiques
08:59et des freins qui sont importants.
09:00Des personnes qui n'ont jamais travaillé,
09:01qui ont des problématiques de logement,
09:03de mobilité, de justice, d'addiction.
09:05Et voilà, on va travailler tous ces freins
09:08avant de les remettre
09:09sur leurs propres projets professionnels.
09:11L'agriculture, c'était souvent
09:13le jeune qui n'avait pas réussi.
09:15Oui, bien sûr.
09:15Et donc, il se tournait vers l'agriculture.
09:17Ce n'est plus le concept qui est retenu,
09:20mais on s'oriente vers l'agriculture.
09:22Donc, on est diplômé en agriculture.
09:24C'est le cas de Sonia
09:26et donc d'Achille.
09:27Et à ce moment-là, on transmet.
09:29Donc, la transmission pour notre jeunesse
09:31est importante au moment où on parle
09:33de souveraineté alimentaire
09:34et d'autonomie alimentaire
09:36parce qu'elle est possible en Guadeloupe.
09:37Le but, vraiment, c'est aussi ça.
09:39C'est que la personne en insertion,
09:41elle se rend compte qu'elle plante,
09:43elle travaille la terre
09:44et elle va voir, en fait,
09:45le produit de ses fruits
09:46et elle va vendre elle-même
09:47parce que c'est nos salariés qui font tout.
09:49Nous, on les accompagne.
09:50Mais le but, c'est vraiment
09:51de développer l'autonomie.
09:53Là, vous voyez, il n'y en a pas beaucoup
09:54parce qu'il y en a qui sont partis
09:56justement en prestation espace vert.
09:58C'est quoi une prestation espace vert ?
10:00C'est un outil qu'on a mis en place
10:02qui permet à ces jeunes
10:03de se responsabiliser.
10:04Donc, on va chez les particuliers
10:06qui ont accepté.
10:06Oui, on va entretenir leur jardin
10:08et faire la proposition
10:09de mettre en place un jardin potager.
10:11Achille, il y a une légende ici.
10:13On dit, oui, dans les tropiques,
10:15tout pousse.
10:16Il suffit de planter, tout pousse.
10:18Est-ce que c'est vrai ?
10:18Ce n'est pas une légende,
10:19c'est la réalité.
10:20C'est la réalité.
10:20On est bénis.
10:22On est bénis, oui, particulièrement.
10:23Tout pousse.
10:24Vous voyez, il fait beau.
10:25On a un beau climat.
10:28Et un interpopis.
10:30En fait, c'est une culture adaptée
10:32au climat tropical.
10:33Donc, c'est nécessaire pour nos populations
10:35de revenir à la terre bio
10:37puisqu'à un moment donné,
10:39on s'est écarté de ce chemin-là.
10:40Quel est le nombre de vos effectifs ici,
10:43le nombre d'apprentis qui viennent ?
10:44On a 30 salariés en insertion.
10:46On a trois équipes.
10:48Le but, c'est vraiment ça,
10:49c'est d'être un tremplin
10:50vers l'emploi ou la formation.
10:52C'est un contrat de travail,
10:53de droit commun.
10:54Donc, la personne,
10:55elle doit être volontaire.
10:56Elle passe un entretien d'embauche
10:57quand elle vient chez nous.
10:58Et c'est pour ça que certains freins
10:59ont besoin d'être travaillés
11:01et l'estime de soi aussi.
11:03Et ils deviennent beaux.
11:06Oui, ils deviennent beaux.
11:07Ils prennent en charge leur vie.
11:09On voit des gens qui reprennent goût à la vie
11:11et qui se responsabilisent
11:13et qui deviennent des très bons
11:14parce qu'on a de beaux retours
11:16de certains qui sont passés ici.
11:18Ça renaît une force,
11:21une volonté de réussir,
11:24de recommencer.
11:25L'échec, c'est juste une étape.
11:26Ce n'est pas une fin à soi.
11:28Et que ça fait partie de la vie.
11:30Mais il faut savoir rebondir.
11:32Et ça favorise pour nous en Guadeloupe
11:34le circuit court.
11:35Ce qu'on appelle le circuit court.
11:37Donc, c'est valorisant à tous les niveaux.
11:39J'ai un ami qui m'a dit
11:40que pour durer,
11:41il faut 3 mètres.
11:43En criolle, il dit
11:43il dit son main qu'à râler l'autre.
11:45Donc, c'est donner la main à ces jeunes
11:47et les pousser vers le haut.
12:00Dites donc, madame la sénatrice,
12:02le temps change vite ici en Guadeloupe.
12:03Oui, tout à fait,
12:04puisque nous sommes sur les ponts
12:05de la Soufouillère.
12:06Nous sommes à Palmiste,
12:07toujours à Gourbert,
12:08mais à Palmiste,
12:09dans les hauteurs de Gourbert.
12:10Oui, ça garde les nuages, évidemment.
12:12Exactement.
12:12Il pleut régulièrement
12:13sur cette partie de la Guadeloupe.
12:15Et on va voir qui, là ?
12:16On va voir Johan Hatchi,
12:17qui est producteur et transformateur
12:19de volailles en Guadeloupe.
12:21Et donc, il lutte sur toute la Guadeloupe
12:23proprement dite.
12:24Et aussi, il fait de l'agriculture.
12:26Ah ben, il nous attend à l'abri, lui.
12:28Il est malin.
12:29Oui, oui.
12:29Bonjour, j'ai rencontré vous.
12:31Dites donc, Johan,
12:33c'est des piou-piou,
12:34c'est des tout-petits, vos poulets.
12:36Tout à fait.
12:37Donc, là, c'est un bâtiment
12:38où il y a des poulets de 3 semaines.
12:393 semaines, voilà.
12:41Là, ils sont chauffés, nourris, chouchoutés.
12:44Avant de nuer de bons poulets,
12:46ils arrivent d'où, surtout ?
12:47Mais les poussins arrivent de la métropole
12:49à un jour.
12:50Ah oui ?
12:50Voilà.
12:51OK.
12:52Par avion ?
12:52Par avion, tout à fait.
12:54Donc, ils voyagent en première place.
12:55Madame la sénatrice,
12:57le poulet en Guadeloupe,
12:58c'est important.
12:59Nous sommes en manque de poulet.
13:01En tout cas, il y a une difficulté
13:02sur le prix du poulet.
13:04C'est une difficulté.
13:05Mais quand nous voyons,
13:06chez Johan,
13:07comment les poulets sont chouchoutés
13:09pour avoir un produit de qualité,
13:10il faut un investissement important.
13:14Johan,
13:14quand vous vous êtes installé ici,
13:16vous aviez déjà ces terrains ?
13:17Moi, je suis issu de famille d'agriculteurs.
13:20J'ai pu bénéficier du terrain régional
13:22qui n'a pas été facile à acquérir.
13:26On est resté 4 ans sans électricité.
13:28Donc, il fallait pouvoir monter les dossiers,
13:31chercher les financements.
13:32On a monté des dossiers
13:33par rapport aux fonds européens.
13:35La difficulté des fonds européens,
13:37c'est qu'il faut avancer les fonds.
13:39D'accord ?
13:40Et on est remboursé quelques fois,
13:42un an, voire deux ans après.
13:44Ici en Guadeloupe,
13:44on a le problème du foncier.
13:46D'accord ?
13:46On commence à trouver des solutions dessus.
13:49Mais après, sans argent,
13:51c'est vraiment le parcours du combattant.
13:54C'est une création.
13:55C'est véritablement une création.
13:57Il faut vraiment aimer ce qu'on fait.
13:58Oui, c'est ça.
13:59C'est une passion avant tout.
14:00Donc, nous, on gère tous les coûts,
14:02de l'élevage à l'abattage,
14:04à la découpe
14:07et à la commercialisation.
14:08Vous avez un abattoir.
14:09Vous abattez combien ici environ ?
14:11Donc, en général, par année,
14:12on a à peu près 125 000 volets.
14:14Qui dit abattoir,
14:15dit également personnel.
14:17Qu'est-ce que vous avez comme personnel ?
14:18Sur l'exploitation,
14:20on a 12 salariés.
14:21Est-ce qu'aujourd'hui,
14:22votre entreprise,
14:23elle est profitable ?
14:24L'entreprise,
14:25c'est sur papier.
14:27Ça va, OK ?
14:29Mais après,
14:30être dans l'élevage,
14:31c'est beaucoup de sacrifices.
14:33Quelquefois,
14:33on a l'impression
14:35de se demander
14:36pourquoi on continue.
14:37J'ai commencé par des plantations.
14:39J'ai eu maria qui est passé.
14:41J'ai tout perdu.
14:42C'est un cyclone,
14:43un cyclone maria.
14:44Tout perdu.
14:45Et il faut pouvoir redémarrer.
14:47Excusez-moi,
14:47ça coûte combien un poussin
14:48quand ça arrive ici ?
14:50Il faut contenir au 43.
14:51D'accord.
14:51On va dire un 50.
14:53Voilà, un poussin.
14:54Et après,
14:54au niveau de l'alimentation,
14:55tout ça,
14:56donc après,
14:57sortir un poulet,
14:58en général,
14:59il faut compter à peu près
15:006-7 euros,
15:01on leur vend à peu près 10 euros.
15:02Nous,
15:03notre objectif,
15:03ce n'est pas forcément
15:04de marger à outrance,
15:06c'est de faire consommer
15:07parce que si chaque personne,
15:09comme je vous dis,
15:0980 personnes autour
15:11sont réguliers,
15:13d'accord ?
15:13Nous,
15:14on sait que derrière,
15:15notre production,
15:16elle partira.
15:18L'alimentation
15:19est un sujet chez nous.
15:20la santé passe par l'assiette.
15:39j'ai bien compris
15:39que vous avez décidé
15:40de me mettre à l'épreuve
15:41en me faisant marcher
15:42par cette chaleur,
15:43madame la sénatrice,
15:44vous m'emmenez où ?
15:45On va à la rencontre
15:46de Nadège Renéla,
15:47qui est une agriculturist
15:48en bio de Saint-François.
15:50Et donc,
15:50je crois que je l'aperçois
15:52à quelques centimètres de nous.
15:54Ah oui,
15:54elle a eu la bonne idée
15:55de se mettre à l'ombre,
15:55elle.
15:57Bonjour.
15:59Bonjour.
16:00Bonjour,
16:00bonjour madame la sénatrice.
16:02Bonjour Nadège,
16:03Vincent.
16:03Bonjour Vincent.
16:04Oh là là,
16:04je vais faire attention
16:05de par ma chaise
16:06dans les soucis.
16:07On a assez de soucis comme ça.
16:09Effectivement.
16:10On essaie de mélanger
16:11nos cultures
16:12avec des fleurs.
16:13Madame la sénatrice,
16:15est-ce que c'est encore
16:17très présent
16:18ici en Guadeloupe
16:19que les gens
16:20ont leur potager
16:21en quelque sorte ?
16:22Les familles sont
16:23en train de se réapproprier
16:25le petit jardin créole
16:26avec un seul but,
16:27l'autonomie alimentaire
16:28que nous souhaitons
16:29pour nos territoires
16:30et surtout les territoires
16:31ultramarins
16:31pour ne pas avoir
16:32cette dépendance
16:33à l'importation.
16:34Alors Nadège,
16:35vous,
16:36vous n'êtes pas
16:37une agricultrice
16:38de famille.
16:39C'est une reconversion.
16:40C'est un terrain familial
16:41que mon grand-père
16:42qui à son époque
16:44était également
16:45exploitant agricole.
16:46Donc lui,
16:46c'était plutôt de la terre,
16:47tout ce qui était tubercule,
16:48tout ce qu'il cultivait.
16:49On a quand même gardé
16:50la façon de produire
16:51des grands-parents.
16:52Donc toujours
16:53d'éviter d'utiliser
16:54les pesticides,
16:55toujours d'éviter
16:56d'utiliser
16:56tout ce qui est
16:56intranche chimie.
16:57Les gens qui s'astreignent,
16:59je dirais,
16:59parce que c'est plus difficile
17:00que d'aller pousser
17:01un caddie
17:01dans une grande surface,
17:03à venir chercher
17:03vos produits,
17:05il y a un échange.
17:07Et surtout,
17:08accepter
17:08qu'il n'y ait pas
17:09le produit voulu
17:10au moment voulu.
17:11Ah c'est ça !
17:12On n'appuie pas
17:13sur un bouton là.
17:14Non, non, non.
17:14On respecte la nature.
17:15On a la chance
17:16d'avoir le produit,
17:17le produit sain
17:18et de pouvoir le cuisiner
17:19et avoir des recettes aussi
17:20pour mettre en valeur
17:21ce produit.
17:22Nadej aide,
17:23propose des recettes
17:24et puis ce sont
17:25des autres clientes
17:26qui proposent aussi
17:26d'autres recettes.
17:27Alors moi,
17:28je vois les surfaces
17:29que vous avez ici,
17:30c'est pas énorme.
17:32Est-ce que vous arrivez
17:33à en vivre ?
17:34Alors je dirais
17:35qu'à ce jour,
17:36non.
17:37Tout simplement
17:37parce que nous n'avons
17:39pas de matériel mécanique,
17:41nous ne sommes pas mécanisés.
17:43Voilà,
17:43donc tout est fait à la main
17:44et ce sont mes parents
17:45qui m'aident,
17:46mes parents qui sont retraités
17:47qui m'aident
17:47parce que voilà,
17:48on reprend l'exploitation.
17:50À partir du moment
17:51où on s'inscrit
17:52dans une convention
17:52d'installation
17:53aux jeunes agriculteurs,
17:54on a l'obligation
17:55de lancer l'exploitation
17:56et de continuer
17:57quoi qu'il arrive
17:58à produire.
17:59Il faut avoir
18:01la capacité
18:02et la volonté
18:03d'aller jusqu'au bout
18:04de son projet.
18:05Il y a des difficultés
18:06mais on peut être aidé.
18:07Mais il faut chercher
18:08les voies et moyens
18:08pour cet accompagnement.
18:10Mais elle a une énergie
18:11incroyable,
18:13une positivité incroyable.
18:14et je crois que c'est
18:15la première arme
18:15de Nadège.
18:16C'est un combat.
18:17C'est un combat
18:18de tous les jours.
18:19Je pense que c'est
18:20de ma nature peut-être.
18:21C'est une femme guadeloupéenne.
18:23Ah bah c'est ça.
18:23C'est d'abord
18:24une femme guadeloupéenne.
18:25Oui, si je vais.
18:25C'est trop bon et marée.
18:27Evidemment.
18:27Ben oui.
18:40Appuyez-vous sur moi
18:41madame asséatrice
18:42parce que ça glisse
18:43et puis on n'y voit
18:43pas très clair
18:44dans les sous-bois.
18:45On va où là ?
18:46Alors juste tout droit
18:48j'aperçois
18:49Jean-Roger,
18:50J.R.
18:51Génial.
18:52Bonjour, bonjour.
18:53Bonjour, Roger.
18:55Bonjour.
18:56Vous allez bien ?
18:56Très bien et vous ?
18:57Ça va.
18:58Ça va très bien.
18:59Je vais réussir
18:59à me laisser la figure.
19:02Mais dites donc,
19:03on est sous un cacaoïet là ?
19:05Oui.
19:06Ah là là, c'est incroyable.
19:07et ça, c'est une vanille.
19:10C'est une vanille.
19:23Une vanille.
19:37attention en plantant
19:38de nouvelles parcelles
19:40qui fait que vous vous retrouvez
19:41comme en Afrique
19:42ou en Amérique du Sud.
19:43Enfin,
19:44certains coins en Amérique du Sud
19:45avec que du cacaoïet.
19:47Et là,
19:48vous êtes motorisé.
19:49Mais le parfum,
19:50le goût
19:51n'est pas pareil.
19:52Ça prend le goût du terroir
19:53comme la vigne.
19:54Voilà.
19:54Moi, je vous présente
19:56la vanille,
19:57le café,
19:57le cacao.
19:58Pourquoi ?
19:58Parce que nous travaillons
19:59avec les trois.
20:01Les trois font un.
20:02Quelle est la taille
20:03de votre beau parcelle ici ?
20:05Alors, c'est un terrain familial.
20:06On est à peu près
20:07sur entre 40 et 60 hectares.
20:09Mais non.
20:10Oui, mais ça fait plus que ça.
20:12Et là, évidemment,
20:13aucune mécanisation possible.
20:15Non.
20:16Tout à la main.
20:17Vous ne risquez pas
20:17d'en oublier des arbres
20:18sur les 60 hectares ?
20:19On oublie, on oublie.
20:20Mais ce n'est pas grave.
20:21Vous allez passer aujourd'hui
20:22et vous allez faire
20:22la cueillette du cacao
20:23ici.
20:25Demain, vous allez repasser,
20:26vous allez retrouver
20:26des cacaos encore.
20:28Des cabos.
20:29C'est vaste.
20:29Ce n'est pas une exploitation
20:31optimisée comme un champ ?
20:33Non.
20:34C'est une forêt ?
20:34C'est une forêt.
20:35Voilà.
20:36Ce n'est pas de la culture intense.
20:38Moi, c'est un choix
20:39que j'ai pris.
20:41Je ne regarde pas
20:43la quantité.
20:44Je plante à chaque arbre.
20:46Alors, quel est le projet
20:47à terme que vous souhaitez
20:48mener sur cette exploitation ?
20:51On a décidé de reprendre
20:53le cacao et de refaire
20:54une filière.
20:55Cette année,
20:56on a récolté 700 kilos
20:59pour le moment
20:59et on n'a pas fait
21:00les deux récoltes.
21:01Et le but du jeu,
21:02c'est d'arriver à peu près
21:03dans trois ans
21:04à plus d'une dizaine
21:06ou une vingtaine de tonnes
21:06de cacao.
21:07de cacao.
21:08Vous le transformez ?
21:09Je le transforme.
21:10D'accord.
21:11Je le transforme.
21:11Fermentation, séchage ?
21:13Voilà, séchage.
21:14Ça prend beaucoup de temps.
21:15Mais vous ne le torréfiez pas ?
21:16La fêle de cacao ?
21:18Ah oui.
21:18Ah oui, vous allez jusqu'au chocolat.
21:20Oui, oui, oui.
21:21Quand on vous parle
21:22de souveraineté alimentaire
21:24ou d'autonomie alimentaire,
21:25qu'est-ce que vous répondez ?
21:26C'est de pouvoir produire suffisamment
21:28pour pouvoir mettre sur le marché
21:31local
21:32local
21:33du produit 100% guadeloupéen.
21:35Est-ce que vous y croyez ?
21:36Oui.
21:37Sinon, je ne serais pas là.
21:38Merci beaucoup.
21:52On va où, madame la séatrice ?
21:53Je vous emmène à la distribuerie Bologne.
21:55Ah, d'accord.
21:56Oui, parce que vous n'allez pas quitter
21:57la Guadeloupe
21:58sans une bouteille de rhum.
22:00Bonjour, Fabienne.
22:01Bonjour.
22:01Bonjour, Fabienne, Vincent.
22:03On aimerait bien comprendre
22:04un peu comment ça a vieilli
22:05dans votre chai.
22:06Eh bien, je vais vous expliquer
22:07tout cela en allant
22:08dans notre chai, vous allez voir.
22:09Eh bien, on vous suit, génial.
22:10On rentre ici.
22:12On a l'impression
22:13de rentrer dans un baba au rhum.
22:15Pourtant, tous les fûts sont fermés,
22:16on est d'accord ?
22:17Exactement.
22:17C'est ce qu'on appelle
22:18la part des gens,
22:19c'est-à-dire qu'on perd
22:20un petit peu d'alcool
22:21à cause de notre climat tropical.
22:23Donc, cet alcool que nous perdons,
22:26nous le perdons en vapeur
22:27et c'est ce que vous ressentez
22:29là, aujourd'hui.
22:29Pour faire simple,
22:31ça sort de l'alambic à colonne,
22:33c'est blanc,
22:33donc c'est les rhum blancs.
22:34Exactement.
22:35Et ici, on fabrique du rhum vieux.
22:36Et je dirais même aussi
22:37du rhum ambrie.
22:38L'ambie, on va plutôt l'appeler
22:39élevé sous bois.
22:40D'accord.
22:41Et le rhum vieux, on va dire
22:42vieilli à partir de 3 ans
22:43qu'on pourra appeler...
22:44On a le droit à l'appellation.
22:45À l'appellation rhum vieux, exactement.
22:47On va passer peut-être par la boutique
22:48pour aller chercher une bouteille.
22:49Oui.
22:50Eh bien, je vous y emmène.
22:51Merci.
22:51Je vous en prie.
22:57Alors, vous préférez goûter quoi ?
22:58Le blanc ou le rhum vieux, vous ?
23:00Je préfère un petit vieux.
23:01Un petit vieux, ça tombe bien,
23:02il est là.
23:03Je vous suis.
23:04Allez, c'est parti.
23:07Cette fameuse black cane,
23:08c'est une variété de canne à sucre.
23:10La canne noire, c'est une canne
23:12qui a un faible rendement en jus
23:13parce qu'on est sur un petit côté
23:15un peu plus épicé,
23:16le côté poivré,
23:17le côté gingé,
23:18l'épice douce, ici.
23:20Alors, je vais goûter la fameuse black cane.
23:22Si vous en priez,
23:23vous me direz ce que vous en pensez.
23:27J'ai envie de dire
23:28black is beautiful.
23:29Exactement.
23:30Voilà.
23:30Exactement.
23:49Ça allonge.
23:51Comment est-ce qu'on peut s'attacher
23:53à cette idée de l'Europe
23:54quand on est au bord du continent américain ?
23:57Je suis d'abord une centroise
23:58puis une guadeloupéenne
24:00et après, je dis que je suis une française
24:02et une européenne.
24:03Oui, nous dépendons de l'Europe.
24:05Nous sommes les territoires de l'Hexagone
24:08et nous appartenons à l'Europe de fait
24:10puisque nous avons voté pour.
24:12Mais oui, nous nous sentons bien loin
24:15et bien oubliés certaines fois.
24:18Donc, moi, je demande,
24:19je demande à l'État français
24:20et je demande même au niveau européen
24:22qu'on prenne en compte cette difficulté
24:24et de dire qu'il faut accompagner
24:26nos forces vives,
24:28puisque je parle de forces vives,
24:30nos forces vives pour produire local.
24:33Et les problématiques,
24:34si elles sont singulières
24:35aux territoires ultramarins,
24:37nous regrettons que ces problématiques
24:39ne soient pas prises en compte
24:40par l'Europe.
24:41La France n'est pas l'Hexagone,
24:43la France est avec tous
24:44ces territoires ultramarins.
24:46Quand on est sénateur, sénatrice,
24:48est-ce que vous, vous avez une sorte de club,
24:52une communauté de l'outre-mer au Sénat ?
24:54Moi, quand j'ai un amendement à faire voter,
24:57je demande des co-signatures
24:58de sénateurs de l'Hexagone.
25:00Et c'est tout à fait normal
25:01parce que je défends une cause
25:03et je veux qu'on comprenne
25:04la cause que je défends.
25:05Je sais que dans le monde créole,
25:07les femmes ont une importance énorme.
25:10Je suis une femme de caractère,
25:11je suis une femme ayant le pouvoir.
25:13Je pense que j'ai le pouvoir
25:14et j'y tiens à ce pouvoir.
25:16Par contre, je n'aime pas le terme
25:17de potomitant,
25:19cette femme à qui le mari travaille,
25:21mais elle, souvent,
25:22elle est au foyer
25:22et c'est la femme qui organise le foyer.
25:24Mais je n'aime pas
25:25puisque c'est à double tranchant.
25:26Je ne peux pas avoir cette charge.
25:28Vous n'avez pas le sentiment
25:29que c'est un peu ridicule
25:31quand nos ministres de l'outre-mer
25:32ne sont pas des ultramarins ?
25:36Moi, ce qui me choque,
25:37c'est qu'il y ait un ministère de l'outre-mer.
25:40Comme si on mettait à part l'outre-mer.
25:41Comme si nous étions à part.
25:43Or, la Corse ne fait pas partie
25:45du ministère de l'outre-mer.
25:48Il faudra m'expliquer.
25:49Donc, moi, je défends
25:50qu'on enlève ce ministère de l'outre-mer.
25:52Je suis au Sénat
25:53pour défendre l'insularité,
25:56le caractère archipélagique de la Guadeloupe,
25:58mais aussi pour défendre le fait
26:00que nous ne soyons pas des Français
26:02à part entière ou entièrement à part.
26:05Et encore merci.
26:07Et si vous avez l'intention
26:08de venir visiter la Guadeloupe
26:09ou les Guadeloupes,
26:10puisque cet archipel est multiple,
26:12n'hésitez pas, évidemment.
26:14Et si vous n'avez pas le temps,
26:15tout de suite,
26:16commencez par regarder à nouveau cette émission
26:18et retrouvez toutes nos émissions
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26:21ou la chaîne Public Sénat.
26:22À bientôt.
26:34C'était Manger, c'est voter
26:36avec le concours général agricole.
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