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  • il y a 4 mois
Au programme de cette nouvelle édition de "En direct du Sénat" : l’impressionnante canicule qui frappe la France depuis une semaine. Le gouvernement a reconnu qu’il y a "un mur d'investissements devant nous" en matière d'adaptation au changement climatique. Également à la une cette semaine, le drame du meurtre de la petite Lyhanna. La commission d’enquête du Sénat lancée il y a quinze jours recevait des associations de victimes. Troisième thème cette semaine¿: et la délégation aux droits des femmes du Sénat qui remettait cette semaine son rapport sur le phénomène masculiniste. Et enfin, cette question de plus en plus pressante dans le débat public¿: faut-il interdire les réseaux sociaux aux adolescents¿? Un colloque était organisé au Sénat, mardi. Année de Production :

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00:00:11Bonjour à tous, bienvenue dans cette nouvelle édition en direct du Sénat.
00:00:15Votre programme qui revient tous les jeudis sur les temps forts de l'actualité de la Chambre haute du Parlement.
00:00:19Voici les titres cette semaine.
00:00:21A la une, il y a cette impressionnante canicule qui frappe la France depuis une semaine.
00:00:25Le gouvernement a reconnu qu'il y a un mur d'investissement devant nous en matière d'adaptation au changement
00:00:30climatique.
00:00:31Également à la une cette semaine, le drame du mœur de la petite Liana.
00:00:34La commission d'enquête du Sénat a lancé il y a 15 jours recevait des associations de victimes.
00:00:39Troisième thème cette semaine, la délégation aux droits des femmes du Sénat qui remettait cette semaine son rapport sur le
00:00:45phénomène masculiniste.
00:00:47Analyse à suivre.
00:00:48Et enfin, cette question de plus en plus pressante dans le débat public.
00:00:51Faut-il interdire les réseaux sociaux aux adolescents ?
00:00:54Un colloque était organisé au Sénat mardi.
00:01:01Mais d'abord donc, chaleur étouffante, canicule historique, phénomène d'une intensité exceptionnelle.
00:01:07Toutes ces expressions ont fait la une de l'actualité ces derniers jours.
00:01:10Voyez cet échange hier lors des questions d'actualité du Sénat.
00:01:14Il y a des records dont personne ne peut être fier.
00:01:18Hier c'était la journée la plus chaude de l'histoire, cette nuit aussi et ce printemps le plus chaud
00:01:24jamais enregistré.
00:01:26Qui peut s'en étonner puisque les scientifiques nous l'annonçaient depuis des décennies.
00:01:31Ils nous disent aujourd'hui que ces canicules-ci apparaîtront bien clémentes au regard de celles des décennies à venir.
00:01:38Seule la réussite de la neutralité carbone pourra conjurer le chaos.
00:01:43Nous avons détraqué le climat par nos énergies fossiles et ce climat détraqué s'impose à nous tous.
00:01:52Avec le climat, on ne compose pas, on ne mégote pas, on ne reporte pas, on ne transige pas.
00:01:58Pour protéger ici et maintenant et adapter, s'entraîner, c'est ce qu'exigent les Français en surchauffe,
00:02:06les personnes vulnérables dans les logements fournaises, les enfants des classes invivables, les travailleurs exposés,
00:02:12les services d'urgence sursollicités et nos infrastructures qui souffrent.
00:02:17Madame la Ministre, je ne vais pas épiloguer sur les insuffisances, les stop and go, les reculs, les désengagements qui
00:02:23sont derrière nous.
00:02:23Certains très récents, je pense au Fonds Vert, au Fonds Climat Territorial, à MaPrimeRénov' ou encore l'ADEME, CEREMA, l
00:02:30'OFB,
00:02:30qu'il faut conforter et non déstabiliser.
00:02:34Le choc caniculaire nous oblige tous à un nouvel élan, une puissante détermination collective.
00:02:39La nation ne peut pas laisser ses collectivités locales assumées seules, démunies en première ligne,
00:02:46pour les mesures d'urgence et les transformations structurelles.
00:02:48C'est le message fort qu'a délivré notre Sénat par sa commission d'enquête d'Olivier Henault et Thomas
00:02:54Dossu sur l'investissement des collectivités.
00:02:57Madame la Ministre, nos communes, nos intercos, nos régions ont besoin d'un État à la hauteur.
00:03:01Allez-vous fixer nettement le cadre, les obligations, les normes, les limites pour protéger les enfants, les salariés exposés et
00:03:07les plus vulnérables ?
00:03:08Allez-vous programmer pour les collectivités territoriales les 3 milliards de surcoûts de l'adaptation estimés par le rapport Pisani
00:03:15-Ferry-Mapouz ?
00:03:16Ne soyons plus à la ramasse, ne soyons plus dépassés. Votre gouvernement est-il déterminé à changer la donne ?
00:03:23Je donne la parole à Madame la Ministre de la transition écologique, Madame Barbu.
00:03:30Monsieur le Président, Monsieur le Sénateur, effectivement cet été nous rappelle que nous n'avons pas été à la hauteur
00:03:39au niveau mondial des efforts qu'il aurait fallu faire pour ne pas arriver à ces extrêmes que nous vivons
00:03:46aujourd'hui.
00:03:47Aujourd'hui, nous vivons effectivement les conséquences de ce dérèglement climatique puisque nous avons été collectivement incapables de tenir l
00:03:58'objectif de 1,5 degré d'augmentation des températures.
00:04:02Il se trouve aussi, et ça c'est clair, que l'Europe est en première ligne de cette surchauffe et
00:04:11des dérèglements climatiques si on le prend sur la question des augmentations de températures.
00:04:16Vous avez aussi raison, et je partage ce constat, ce que nous vivons ici est un avant-goût de ce
00:04:24qui va arriver dans les années à venir, puisque d'ici 2050, c'est cinq fois plus de vagues de
00:04:30chaleur que nous vivrons chaque année comparé à ce que nous vivons aujourd'hui.
00:04:36Très clairement, l'État, on ne peut pas dire qu'il n'a rien fait. Les plans nationaux d'adaptation
00:04:44aux changements climatiques qui ont été mis en œuvre, on en est à la version numéro 3, puisque les deux
00:04:52premiers ont été terminés, le troisième est en cours d'application.
00:04:56Je rappelle que 185 mesures de ce plan ont déjà été exécutées, doit nous amener aussi à réfléchir à la
00:05:06question des moyens.
00:05:08Et c'est clair que, là, je vais le dire comme je le pense, c'est un mur d'investissement
00:05:14qu'il va falloir que nous acceptions de regarder collectivement.
00:05:19Ce mur d'investissement, il est tant pour l'État que pour les collectivités et les individus.
00:05:26Et monsieur le sénateur, je dois vous dire que sur les collectivités, c'est vrai qu'aujourd'hui, elles sont,
00:05:35je pense aux plus petites d'entre elles, très démunies.
00:05:38Et c'est pourquoi nous avons décidé que 50% du fonds vert cette année irait uniquement aux questions de
00:05:48financement des collectivités locales de taille petite, de préférence.
00:05:54Par ailleurs, par ailleurs, je termine.
00:06:09Et j'accueille en salle des conférences Bernard Delcroix, bonjour.
00:06:12Bonjour.
00:06:13C'est vous, le président centriste de la délégation aux collectivités locales du Sénat.
00:06:17Beaucoup de conséquences à la canicule qui touchent la France, les logements mal isolés, comme les écoles, tout le bâti
00:06:23public en général, les hôpitaux, les réseaux, le train.
00:06:26Quelles leçons, selon vous, faut-il tirer ce matin de ce que nous vivons depuis une semaine ?
00:06:30Alors déjà, un, ça fait 50 ans et plus que les chercheurs, les scientifiques nous alertent sur le réchauffement climatique
00:06:37et ses conséquences.
00:06:38Il restait encore aujourd'hui des climato-sceptiques.
00:06:40J'espère qu'aujourd'hui, ils sont convaincus.
00:06:43Donc, c'est un vrai sujet sur lequel il y a des décisions, des priorités, des décisions fortes et urgentes
00:06:48à prendre, notamment pour protéger nos enfants.
00:06:50On a entendu, le Premier ministre, envoyer la faute aux collectivités ce matin dans Le Parisien.
00:06:54Il a dit, la question des bâtiments scolaires, vous y alliez, c'est historiquement de la compétence des collectivités.
00:06:59C'est le corollaire de la décentralisation.
00:07:01Je veux bien rouvrir le débat, mais je ne suis pas certain qu'elle le veuille réellement.
00:07:04Et depuis 2017, les aides de l'État aux collectivités pour équiper et rénover les écoles, collèges et lycées ont
00:07:09dépassé plus de 1,2 milliard d'euros.
00:07:12Bernard Delcroix, si les écoles, elles ferment parce qu'il fait trop chaud, c'est la faute aux maires dans
00:07:16les collectivités locales ?
00:07:17Je ne le crois pas. Effectivement, les maires sont en première ligne, comme chaque fois d'ailleurs qu'il y
00:07:21a des crises.
00:07:22Ils sont en première ligne parce que d'abord, pour les écoles primaires, ce sont les communes qui ont la
00:07:26compétence.
00:07:26Et puis, de toute façon, dès qu'il y a des crises, on l'a vu avec la crise sanitaire,
00:07:29les maires sont au front parce que ce sont les premiers concernés qui sont dans la proximité avec les habitants.
00:07:34Aujourd'hui, 7% seulement, 7% des bâtiments scolaires, des surfaces de bâtiments scolaires sont climatisées,
00:07:40alors que 60% des superficies de bureaux où travaillent des adultes sont climatisées.
00:07:45Donc, on voit bien qu'il y a une urgence sur la protection de nos enfants.
00:07:48Ça ne passe pas seulement d'ailleurs par la climatisation des espaces, mais ça passe aussi par la climatisation des
00:07:52espaces.
00:07:53Qu'est-ce que vous répondez au Premier ministre quand il dit que depuis 2017, les aides de l'État
00:07:56aux collectivités pour équiper et rénover les écoles,
00:07:58elles ont dépassé 1,2 milliard ?
00:08:00C'est vrai qu'il y a des aides aux collectivités, mais qui ne sont pas seulement pour les écoles
00:08:03d'ailleurs.
00:08:04Il y a la dotation d'équipements des territoires ruraux.
00:08:06Le fonds vert a été créé et peut être utilisé utilement pour cela.
00:08:11Mais aujourd'hui, il faut un plan d'action plus fort.
00:08:13S'il y a seulement 7% des bâtiments scolaires qui sont climatisés,
00:08:16on voit bien que c'est parce que les maires, notamment pour ce qui concerne le primaire,
00:08:19il y a aussi les collèges et les lycées, n'ont pas les moyens de pouvoir faire plus tout de
00:08:23suite.
00:08:23Donc, il y a une priorité.
00:08:24Je pense que le fonds vert est le bon outil pour cela.
00:08:26Je pense qu'il faut qu'il soit priorisé sur la question de la protection de nos enfants.
00:08:30Ça passe par l'aménagement des cours, ça passe par la protection des bâtiments, évidemment, contre les canicules.
00:08:36Et donc, il faut qu'il soit utilisé prioritairement pour cela.
00:08:39Prioritairement, je le dis, pour les communes les plus petites,
00:08:41parce que ce sont elles qui ont le moins de moyens pour protéger les enfants au sein des écoles.
00:08:45Et je pense qu'il faut augmenter le fonds vert.
00:08:48Il était important, il a été diminué dans la loi de finances.
00:08:50Je pense qu'il faut revenir à un montant du fonds vert
00:08:52qui permette aux maires de faire face à cette question de canicules,
00:08:56de réchauffement climatique et notamment de protection des enfants.
00:08:58J'en viens très logiquement à cette autre citation grâce à vous, Bernard Delco,
00:09:02puisque le Premier ministre, il s'agace aussi dans le Parisien ce matin
00:09:05des critiques qui dénoncent les coups de rabot successifs au fonds vert.
00:09:08Il dit « Depuis l'élection d'Emmanuel Macron, nous avons mis beaucoup d'argent pour les collectivités,
00:09:12particulièrement via le fonds vert que nous avons créé en 2023.
00:09:14Nous avons également accompagné beaucoup de projets locaux,
00:09:17plus de 6 000, parfois au détriment d'autres, comme les hôpitaux et les prisons.
00:09:19C'est aussi parce qu'on a fait cela qu'on accuse aujourd'hui un déficit.
00:09:22Ayons le courage de le dire et soyons cohérents. »
00:09:24Qu'est-ce que vous lui répondez là encore ?
00:09:26Le gouvernement a tout bien fait, en fait.
00:09:27Non, je pense qu'il ne faut pas aller sur ce terrain-là.
00:09:30Chacun porte sa part, pas de responsabilité en tout cas,
00:09:34à sa part pour agir pour demain, pour faire mieux.
00:09:37C'est vrai que ce gouvernement a créé le fonds vert qui n'existait pas.
00:09:40Je pense que c'est encore une fois que c'est le bon outil.
00:09:43Je pense d'abord qu'il faut des mesures de fonds,
00:09:45de lutte contre le réchauffement climatique, qu'il faut accélérer.
00:09:48Ça, c'est un autre sujet, mais c'est important.
00:09:49Il ne faut pas traiter seulement les conséquences, mais aussi s'attaquer aux causes.
00:09:52Et sur les conséquences, et notamment sur les écoles, je le redis,
00:09:55parce que c'est nos enfants, il faut les protéger.
00:09:57C'est une priorité, c'est une urgence.
00:09:59Je pense qu'il faut augmenter le fonds vert, il faut le maintenir et l'augmenter
00:10:02pour permettre aux élus, en ciblant vraiment les communes
00:10:04qui ont le moins de capacité d'autofinancement,
00:10:07c'est-à-dire moins de capacité à pouvoir engager des travaux importants
00:10:09pour protéger les enfants, il faut cibler le fonds vert vers ces communes-là.
00:10:12Et donc, dans ce contexte, vous accueillez favorablement
00:10:15ce qu'a dit hier la ministre de la Transition écologique
00:10:17qui disait que 50% du fonds vert pourrait aller aux petites communes.
00:10:20C'est un bon geste qu'elle a dit hier.
00:10:22Oui, je le crois et je pense aussi qu'il faut rehausser le fonds vert
00:10:26et encore une fois en faire une priorité.
00:10:28Et je partage l'orientation de la ministre sur ce sujet.
00:10:32J'ai une dernière question, il nous reste une minute,
00:10:34mais est-ce qu'il y a une question aussi de moyens de compétence,
00:10:36d'expertise dans les départements ?
00:10:38Vous le disiez, les petites communes, est-ce qu'elles ont besoin d'être aidées particulièrement
00:10:40et c'est toujours coincé ?
00:10:41Alors, ça pose tout le problème de l'ingénierie apportée aux plus petites communes
00:10:45et c'est des sujets sur lesquels la délégation a beaucoup travaillé.
00:10:49Et je pense que là aussi, il y a des dispositions qui ont été prises
00:10:51par les gouvernements en matière d'ingénierie,
00:10:53notamment pour les villages d'avenir, mais pas seulement.
00:10:55Et je pense qu'il faut vraiment qu'on prenne soin
00:10:57de ne pas réduire ces aides à l'ingénierie qui ont été mises en place,
00:11:01notamment pour les plus petites collectivités.
00:11:03En tout cas, effectivement, l'accompagnement des collectivités,
00:11:05des plus petites, l'ingénierie qu'on peut leur apporter
00:11:07pour les aider à prendre les bonnes décisions,
00:11:10c'est extrêmement important et je pense qu'il ne faut pas relâcher l'effort sur ce sujet.
00:11:13Eh bien, merci. Merci Bernard Delcroix d'être venu réagir au micro de public, Sénat.
00:11:16Merci beaucoup.
00:11:21Allez, on en vient au deuxième thème dans cette émission
00:11:24et les dysfonctionnements de la chaîne pénale dans l'affaire de la petite Liana.
00:11:28Lundi, les premières conclusions d'une enquête administrative étaient dévoilées.
00:11:32Elles pointent des dysfonctionnements autour du traitement
00:11:35de la plainte d'une autre adolescente, Rosa, à l'été 2025.
00:11:39Dans ce contexte, le Sénat a commencé les auditions
00:11:42dans le cadre d'une nouvelle commission d'enquête
00:11:44qui recevait hier les associations de victimes.
00:11:47Vous voyez les moments forts de cette audition préparée pour Public Sénat
00:11:49par Mathilde Nuttarelli et Chloé Vaquette.
00:11:52Je suis coordinatrice au collectif Féministe contre le viol.
00:11:55Notre association anime aujourd'hui trois lignes d'écoute
00:11:58pour les victimes de viol et d'agressions sexuelles.
00:12:00La ligne qui a été ouverte en 1986, le 0800 05 95 95 viol femme information.
00:12:07La ligne violence sexuelle dans l'enfance que nous avons ouverte avec la CIVIS
00:12:10pour recueillir les témoignages des adultes qui ont été victimes dans l'enfance,
00:12:13le 0805 802 804.
00:12:16Et cet été, nous avons ouvert une troisième ligne d'écoute
00:12:19qui est une ligne dédiée aux victimes de l'agresseur Joël Le Squarnec
00:12:23qui est montée en collectif et qui a la possibilité de nous contacter
00:12:26pour être aidée et accompagnée sur une ligne directe qui n'est pas publique.
00:12:29Donc je ne dirai pas le numéro aujourd'hui.
00:12:32En plus de nos lignes, le CFCV anime des formations,
00:12:37des groupes de parole, accompagne les victimes lors des procès des agresseurs
00:12:41et depuis 40 ans produit des données et des campagnes grand public
00:12:46justement pour traduire et la parole des victimes
00:12:49et contrer tous les stéréotypes qu'on peut entendre sur les violences sexuelles.
00:12:53Avant de commencer sur les questions et puis sur le partage de nos constats,
00:12:59effectivement, je souhaiterais revenir sur cette audition qui est terrible
00:13:02puisqu'elle est dans un contexte très particulier.
00:13:06Je pense que nous avons aujourd'hui beaucoup de matière à réfléchir collectivement,
00:13:09mais nous avons aussi beaucoup de solutions qui ont été pensées collectivement.
00:13:14Les associations et les services médico-sociaux qui accompagnent chaque jour
00:13:18les victimes de viols, d'agressions sexuelles, de prostitution, de proxénétisme, de cybercriminalité
00:13:23ont cumulé à ce jour en 2026 des années de solidarité, des années d'aide et de partenariat,
00:13:30mais aussi des données et des propositions.
00:13:32Ces propositions de la société, elles se traduisent dans un travail de fond de la société civile
00:13:36qui, bien sûr, on pense aux plus de 80 revendications de la CIVIS et de ce rapport de 2023,
00:13:44qui est une base formidable pour comprendre ce qui se passe pour les victimes mineures de viols aujourd'hui
00:13:50et ce qu'il faudrait faire.
00:13:51Le deuxième point qui est aujourd'hui très formalisé en interassociatif,
00:13:56c'est ce projet, effectivement, de la loi cadre, qui n'est pas un projet d'hier,
00:13:59mais qui est un projet avec lequel nous, on travaille depuis maintenant deux ans.
00:14:06Autour de la table, il y a plusieurs associations et le CFCVI a grandement participé
00:14:10en donnant tous ces constats de base et ces revendications qu'on peut formuler depuis 40 ans.
00:14:16Alors, sur les trois lignes que nous animons, notre cœur de métier, nous, c'est l'écoute.
00:14:20C'est l'écoute des victimes et ces lignes, ce sont des espaces d'aide, de soutien, avant tout.
00:14:25Une personne peut nous appeler une fois, plusieurs fois.
00:14:27On a un système de rappel qui permet de préserver aussi l'anonymat.
00:14:31Donc, on suit les personnes pendant des années et notamment, on les suit pendant les années de la procédure pénale,
00:14:37qui sont souvent des années qui vont au-delà des sept ans.
00:14:41Ces trois lignes d'écoute sont aussi un observatoire du réel formidable pour comprendre les réalités des victimes.
00:14:46Et c'est pour ça que, généralement, on produit des bulletins quasi annuels
00:14:52où on fait des constats et on formule des revendications.
00:14:56La première chose qu'on a appris, et on a beaucoup appris sur ces lignes d'écoute,
00:15:00pour toutes celles qui ont travaillé au CFCV, c'est de regarder le crime de viol.
00:15:06Et ça, ça n'a pas été chose facile parce que ça voulait dire regarder l'agresseur
00:15:10et regarder ce qu'il faisait dans l'ensemble de la société.
00:15:13Dans la famille, le couple, le travail, la rue, les institutions et puis Internet, bien sûr, aujourd'hui,
00:15:21un agresseur qui agresse et qui n'a aucune... il n'aura jamais aucune raison de s'arrêter.
00:15:26Et ce que je veux dire par là, c'est que nous, les lignes qu'elles nous ont apprises,
00:15:28c'est que l'agresseur fait toujours d'autres victimes et qu'il faut prendre en compte
00:15:32que la répétition fait partie intégrante du viol.
00:15:36Sur lignes viols sexuelles dans l'enfance, par exemple, en 2025,
00:15:3991% des victimes qui nous ont appelées nous ont déclaré qu'elles savaient
00:15:43que l'agresseur avait fait d'autres victimes.
00:15:45Sur lignes viols, par information, c'est un autre chiffre, c'est 50%.
00:15:48En tout cas, elles ont très souvent, et ça, ça se répète d'année en année,
00:15:52connaissance que l'agresseur ne fait rarement qu'une seule victime.
00:15:55Et généralement, il fait aussi, il commet d'autres viols sur cette même personne.
00:16:01Alors les victimes nous ont aussi montré le mode opératoire des violeurs.
00:16:05Déjà la vitrine qu'ils peuvent avoir, une vitrine sociale, une vitrine sociétale,
00:16:09leur scénario d'agression, les rituels d'humiliation, les terreurs,
00:16:14la répétition des insultes, l'organisation de l'isolement, la chosification de leur corps.
00:16:20On entend aussi beaucoup sur les lignes l'inversion du coupable.
00:16:23C'est les victimes qui deviennent coupables.
00:16:25C'est souvent facilité par l'utilisation de la drogue, de l'alcool.
00:16:27Et aujourd'hui, je pense qu'il faut qu'on le prenne en compte dans tous nos travaux,
00:16:31par la diffusion massive de vidéos du viol.
00:16:34Et aujourd'hui, c'est l'une des armes des agresseurs, c'est de dire que si tu parles, je
00:16:39vais l'envoyer partout.
00:16:42Elle nous montre aussi les victimes l'aide que les agresseurs peuvent recevoir,
00:16:46soit par le silence, soit par l'encouragement de leurs actes et de leur position sociale.
00:16:51Et c'est là la première chose que je voudrais rappeler aujourd'hui.
00:16:54C'est que les associations féministes, les professionnelles, les écoutantes, les juristes,
00:16:58les travailleuses sociales, les soignantes, les avocates et les victimes elles-mêmes
00:17:02produisent un savoir assez formidable en criminologie.
00:17:06Et ça, en regardant les archives du CFCV, ce que j'ai trouvé un objet formidable,
00:17:12c'est que la première formation sur l'accueil des femmes victimes de violences sexuelles,
00:17:16en 1981, qui avait été réalisée en France,
00:17:19elle était à destination des forces de police.
00:17:22Elle a été faite par le planning familial, animée par Marie-France Casalis,
00:17:25qui est aussi l'une des cofondatrices du CFCV.
00:17:27Et ça, aujourd'hui, on est dans un manque total, aujourd'hui,
00:17:31de cette connexion police-justice et association de terrain auprès des victimes.
00:17:35Nous, on animait des formations pendant des années dans les écoles de police.
00:17:39Ça n'arrive plus du tout aujourd'hui.
00:17:42C'est un regret et je pense que c'est un manque également
00:17:45pour apporter justement ce que la criminologie par la victime
00:17:49peut nous apporter dans les enquêtes.
00:17:53Donc voilà, un rappel sur le fait qu'on ne peut pas faire l'économie de ce savoir
00:17:56dans la formation de base et dans la formation continue
00:17:59de tous les professionnels de la chaîne pénale
00:18:02qui vont intervenir, finalement.
00:18:05Après la formation, notre deuxième point d'inquiétude
00:18:08se porte sur la façon dont une personne qui va dénoncer un violeur
00:18:12va être regardée.
00:18:15Peut-être avant ça, il est important de rappeler aussi
00:18:17tous les avancées qu'on peut documenter aujourd'hui
00:18:23qui sont des avancées de droit et de dispositifs de protection.
00:18:26Je pense notamment à l'allongement des délais de prescription
00:18:29des crimes et délits sexuels.
00:18:31Pour l'anecdote, quand le CFCV ou la ligne Viole-Femme-Information,
00:18:34une mineure victime d'agression sexuelle a trois ans
00:18:36pour déposer plainte.
00:18:38Ça nous semble inimaginable aujourd'hui qu'on est victime à trois ans
00:18:41et prescrite à six ans.
00:18:42On a fait des progrès qui sont formidables dans ce sens-là.
00:18:45Et je pense qu'on doit nommer aussi aujourd'hui
00:18:47l'ordonnance de protection, le téléphone grave danger,
00:18:50les réformes pénales de la protection de l'enfance,
00:18:53le tchat police avec qui nous, nous travaillons tous les jours,
00:18:56qui permettent de faciliter les échanges entre police et population.
00:18:59Mais malgré tous ces avancées, malgré tout ce droit
00:19:03qui aujourd'hui permet aux victimes de pouvoir dire
00:19:08la réalité des violences, l'impunité reste reine.
00:19:11Et pourquoi elle perdure ?
00:19:12Elle perdure parce qu'aucune protection ne peut fonctionner,
00:19:15aucune enquête ne peut prospérer,
00:19:17et aucun dispositif n'est efficace tant que la victime
00:19:19doit d'abord prouver qu'elle mérite d'être crue.
00:19:23Et ça, cette phrase, elle a son importance
00:19:24parce que c'est la première difficulté que nous rencontrons,
00:19:28nous, dans tous les appels qu'on peut avoir
00:19:29sur les dysfonctionnements de la chaîne pénale,
00:19:31c'est que quand la victime tend d'être entendue,
00:19:34quand elle pousse une porte,
00:19:35la première difficulté, c'est les biais sexistes,
00:19:38c'est la misogynie, c'est les stéréotypes.
00:19:41Et ça, nous le constatons chaque semaine
00:19:42dans les refus de plainte
00:19:43qu'on peut, nous, documenter et objectiver.
00:19:49Pour vous donner un exemple,
00:19:50mais c'est un exemple parmi tant d'autres à la permanence,
00:19:52début de semaine, une femme qui a souhaité déposer plainte
00:19:54a dû faire quatre commissariats de police
00:19:56avant de pouvoir trouver un agent d'accueil
00:19:58qui lui a pris la plainte.
00:20:00Et ça, c'est un reproche constant à la victime,
00:20:02c'est de lui dire qu'elle n'a pas déposé plainte assez tôt,
00:20:04seulement qu'il aide à déposer plainte assez tôt
00:20:06quand elle doit se déplacer dans quatre lieux différents
00:20:08pour trouver un agent d'accueil qui prenne la plainte.
00:20:11Ensuite, on va lui reprocher de ne pas avoir assez de preuves.
00:20:14Mais seulement tous ces allers-retours
00:20:15entre différents dispositifs,
00:20:17c'est une perte de preuves considérable
00:20:19pour les victimes, pour l'enquête.
00:20:21Et ça fragilise aussi la suite
00:20:23parce qu'une femme qui se déplace une fois
00:20:24pour pousser la porte d'un commissariat
00:20:26est prête à parler.
00:20:27Si elle doit repousser plusieurs portes,
00:20:29on perd la chance qu'elle puisse parler
00:20:31et donner un témoignage, une parole
00:20:33qui va venir documenter ce qu'a fait l'agresseur.
00:20:36Alors oui, le motif du classement sans suite,
00:20:38c'est celui de l'insuffisance,
00:20:40de l'infraction insuffisamment caractérisée.
00:20:41C'est celle qui revient en boucle.
00:20:43Seulement, nous, ce qu'on constate
00:20:44dans les dépôts de plainte auxquels on a accès,
00:20:47c'est que le minimum des enquêtes pénales
00:20:49n'est aujourd'hui pas celui qu'on espère.
00:20:52C'est-à-dire qu'on n'a pas
00:20:53de fouilles automatiques des téléphones,
00:20:55de fouilles automatiques de l'ordinateur de l'agresseur
00:20:58et de l'audition de l'entourage.
00:21:00Et c'est pour ça que j'ai rappelé
00:21:01les personnes qui nous décrivent d'autres victimes.
00:21:03C'est-à-dire que quand on pose la question aux victimes,
00:21:05elles connaissent d'autres personnes
00:21:06qui ont été victimes
00:21:07et ces personnes méritent d'être auditionnées
00:21:09même si elles ne déposent pas plainte.
00:21:11De la même façon,
00:21:13les victimes devraient avoir un lieu
00:21:15où se poser,
00:21:16où déposer des preuves médico-légales
00:21:18et recevoir les premiers soins.
00:21:20Aujourd'hui, elles ont le choix
00:21:21entre déposer plainte et aller aux UMJ
00:21:23ou aller aux urgences.
00:21:25Et ça, ce n'est pas un choix qui est convenable
00:21:27quand on vient d'être victime de viol.
00:21:29On a besoin d'un lieu déjà où se poser,
00:21:31de rencontrer des professionnels formés
00:21:33et des unités médico-légales
00:21:35qui ne sont pas contraintes
00:21:37à la plainte pour nous recevoir.
00:21:38Mais aujourd'hui,
00:21:39on envoie des hybridations,
00:21:41on envoie des UMJ
00:21:42qui naissent aujourd'hui sans réquisition,
00:21:44mais ça reste un impensé
00:21:45qu'elles doivent recevoir tout
00:21:46au même endroit
00:21:47et notamment qu'elles puissent déposer plainte
00:21:49aussi dans ce lieu-là.
00:21:50Les victimes nous appellent aussi beaucoup
00:21:51parce qu'elles ont du mal
00:21:52à repérer les lieux
00:21:53où elles peuvent être accueillies,
00:21:54les lieux où elles peuvent recevoir
00:21:56justement ces soins
00:21:57et qu'est-ce qu'elles doivent faire
00:21:58de leurs culottes sales
00:21:58ou de leurs t-shirts souillés.
00:22:00Ce sont des questions
00:22:00qui reviennent très régulièrement.
00:22:03Alors, des actes d'enquête
00:22:04qui sont aléatoires
00:22:05alors qu'ils, pour nous,
00:22:06ils déconstruisent
00:22:08une expression qu'on entend tous les jours,
00:22:10c'est le parole contre parole.
00:22:12Pour nous, c'est un non-sens.
00:22:13La parole de la victime,
00:22:15elle est documentée aussi
00:22:16par la scène de crime
00:22:17qui est son corps,
00:22:18qui est le psychotrauma
00:22:19et qui est tout ce qu'elle a
00:22:20en sa connaissance
00:22:21sur ce qu'a fait l'agresseur
00:22:23et la façon dont il s'y prend.
00:22:24C'est pour ça que je parlais
00:22:25de criminologie tout à l'heure.
00:22:27Après les actes d'enquête,
00:22:29on a un point, nous,
00:22:30d'inquiétude très régulier
00:22:32au CFCV,
00:22:33c'est la protection des victimes.
00:22:36Tout au long de la procédure,
00:22:38les victimes ont peur.
00:22:39Elles ont peur de croiser l'agresseur,
00:22:41elles ont peur de ses proches,
00:22:42elles ont peur qu'ils recommencent,
00:22:44elles ont peur des représailles,
00:22:46elles ont peur des menaces de mort.
00:22:48Et je vais vous dire,
00:22:49c'est la raison,
00:22:49parce qu'aujourd'hui,
00:22:50on va parler de Liana
00:22:50et je pense qu'on a bien raison
00:22:51de parler de Liana aujourd'hui.
00:22:53Mais nous, en préparant l'audition,
00:22:54on a aussi pensé à Chaina
00:22:55et on a aussi pensé
00:22:56à d'autres victimes
00:22:57qu'on avait accompagnées.
00:22:59Et Chaina,
00:23:00elle a été violée et tuée
00:23:02par...
00:23:02Elle a été brûlée
00:23:03dans son quartier.
00:23:04Elle avait dénoncé
00:23:05l'effet de viol
00:23:06et d'agression sexuelle
00:23:07qu'elle avait subie.
00:23:08Et elle a été brûlée
00:23:09parce qu'elle avait déposé plainte.
00:23:11Pareillement,
00:23:12on pense qu'aujourd'hui,
00:23:13des solutions peuvent exister,
00:23:15notamment l'interdiction de contact
00:23:16qui doit être quasi automatique.
00:23:18Quand une victime dépose plainte,
00:23:19l'agresseur ne peut plus rentrer
00:23:21en contact avec elle
00:23:22et ça doit être acté
00:23:23dans un acte pénal.
00:23:25La création d'une ordonnance
00:23:26de protection,
00:23:26c'est dans la loi intégrale,
00:23:27on le demande.
00:23:28C'est pour les victimes
00:23:29de violences conjugales,
00:23:30mais ça a tout son sens
00:23:31pour toutes les victimes
00:23:31de violences sexuelles.
00:23:32Je pense aussi aux victimes
00:23:33de proxénétisme,
00:23:34de traite,
00:23:35de prostitution et de viol
00:23:36qui sont souvent
00:23:38à la merci, en fait,
00:23:39des agresseurs
00:23:41qui subissent des représailles
00:23:42de manière plus régulière
00:23:44qu'on le pense.
00:23:46Je vous le disais,
00:23:47le CFCV accompagne
00:23:48de manière solidaire,
00:23:51ça c'est notre base,
00:23:52les victimes
00:23:53dans les audiences
00:23:54et notamment
00:23:55pendant les procès,
00:23:56les agresseurs.
00:23:58Comme tout le monde,
00:23:59moi, quand j'ai commencé
00:23:59au CFCV,
00:24:00je pensais que le tribunal judiciaire
00:24:02était un haut lieu
00:24:03de sécurité,
00:24:04il était un lieu paisible
00:24:05où on pouvait effectivement
00:24:07faire justice
00:24:08et rendre quelque chose
00:24:09de juste pour la société.
00:24:10Ce que j'ai vu
00:24:11en accompagnant les victimes,
00:24:12c'est que ce lieu-là,
00:24:14le lieu du tribunal judiciaire,
00:24:15est en fait un haut lieu
00:24:16de l'insécurité des victimes.
00:24:18J'y ai vu des menaces
00:24:20de mort de l'agresseur
00:24:21contre la victime
00:24:24qui venaient aussi
00:24:25des proches
00:24:25et de l'organisation
00:24:26de la violence
00:24:28dans le tribunal judiciaire.
00:24:30Les représailles,
00:24:31c'est là où elles ont
00:24:32un espèce de climax
00:24:33assez improbable
00:24:34puisque c'est là
00:24:35où l'agresseur
00:24:36va tout tenter
00:24:37pour ne pas être puni.
00:24:39Alors moi,
00:24:40je nous ai vus
00:24:40avec l'équipe du CFCV
00:24:42sortir par une porte dérobée
00:24:43d'un tribunal judiciaire
00:24:45et ne pas entendre
00:24:46le délibéré
00:24:46avec la victime,
00:24:47c'est-à-dire que même
00:24:48s'il y avait une condamnation,
00:24:49la victime n'était pas présente
00:24:50à l'audience
00:24:51pour entendre
00:24:52que l'agresseur
00:24:52était reconnu
00:24:53comme violeur
00:24:54et qu'il l'avait violée
00:24:55et l'agresseur
00:24:56n'était pas présent
00:24:56pour voir que la victime
00:24:57l'entendait également.
00:24:58En fait,
00:24:59ce mécanisme-là
00:25:00n'a aucune vertu pédagogique
00:25:02ni pour l'agresseur,
00:25:03ni pour la victime,
00:25:04ni pour la société.
00:25:05J'ai vu aussi
00:25:06une victime se cacher
00:25:07tous les midis
00:25:07pour pouvoir manger tranquillement
00:25:09quand le procès
00:25:11était sur quatre jours
00:25:12et j'ai vu aussi
00:25:14l'équipe du CFCV
00:25:14se mobiliser régulièrement
00:25:16pour accompagner
00:25:16les victimes
00:25:17dans les toilettes
00:25:17puisque dans les tribunats judiciaires
00:25:19rien n'est pensé
00:25:19en termes de circulation
00:25:20entre victimes et agresseurs
00:25:22et que c'est au moment
00:25:23de la circulation
00:25:24aux toilettes et au café
00:25:25que se passe
00:25:26un maximum de maux
00:25:27qui sont des infractions pénales.
00:25:31Alors je pense que
00:25:32c'est une pensée
00:25:35un peu citoyenne
00:25:36que je vous partage.
00:25:37Je pense que
00:25:38réaménager des couloirs
00:25:39ce n'est pas quelque chose
00:25:40qui coûte énormément
00:25:41à la société
00:25:41et que ça peut être fait
00:25:42très facilement
00:25:43et pour le bien-être
00:25:44de tout le monde.
00:25:46Enfin
00:25:48une des grosses préoccupations
00:25:49du CFCV
00:25:50c'est bien sûr
00:25:51les enfants.
00:25:52Il n'y a pas très longtemps
00:25:53on a réédité
00:25:54un texte
00:25:55de Marie-France Casalis
00:25:56qui datait de 1991
00:25:57qui portait sur l'inceste
00:26:00et la protection des mères
00:26:01et la non-protection
00:26:02de la société
00:26:02des enfants victimes
00:26:03d'inceste.
00:26:04J'ai hésité
00:26:05à vous le lire
00:26:06aujourd'hui
00:26:07tout simplement
00:26:08et puis après
00:26:09je me suis dit
00:26:09qu'en fait
00:26:09tout simple
00:26:10j'allais vous dire
00:26:10ce que nous on entend
00:26:11sur les lignes
00:26:11aujourd'hui
00:26:12c'est ce schéma
00:26:13qui se répète
00:26:14depuis plusieurs décennies
00:26:15la situation d'enfants
00:26:17qui révèlent des violences
00:26:17sexuelles
00:26:19commises par un parent
00:26:20souvent le père
00:26:20en tout cas nous
00:26:21c'est les chiffres
00:26:22qu'on a
00:26:23c'est des enfants
00:26:24qui parlent
00:26:24qui vont répéter
00:26:25parfois
00:26:26et puis qui face
00:26:27à l'inaction des adultes
00:26:29ou face à des actions
00:26:29répétées
00:26:30de mise en déni
00:26:33et en accusation
00:26:33de l'enfant
00:26:34vont se rétracter
00:26:34et pendant ce temps-là
00:26:36on a tout un combat
00:26:37de parents protecteurs
00:26:38de mères
00:26:38qui dénoncent
00:26:39et qui deviennent
00:26:40elles-mêmes suspectes
00:26:42trop protectrices
00:26:43trop inquiètes
00:26:44et donc beaucoup trop mères
00:26:45finalement
00:26:48dans ces décisions
00:26:49on a des décisions
00:26:51civiles de droit de visite
00:26:52et d'hébergement
00:26:53qui reposent
00:26:54sur des expertises
00:26:55puisque c'est leur moyen
00:26:56de pouvoir
00:26:57acter des décisions
00:26:58qui sont non fondées
00:27:00scientifiquement
00:27:00et qui font
00:27:01de ces mères inquiètes
00:27:02et trop protectrices
00:27:04les coupables
00:27:04et qui les font
00:27:05qui les rendent
00:27:06aliénantes
00:27:07et souvent
00:27:08on voit des décisions
00:27:09qui sont complètement
00:27:10à l'envers
00:27:11nous on le dit souvent
00:27:11on marche sur la tête
00:27:12où l'enfant
00:27:14est remis
00:27:14à un père
00:27:15qui est accusé
00:27:17par l'enfant lui-même
00:27:18de le violer
00:27:19tous les soirs
00:27:19et on a accompagné
00:27:22un enfant
00:27:23qui a décrit
00:27:24à onze reprises
00:27:25en audience civile
00:27:27et pénale
00:27:27l'effet de viol
00:27:28du père
00:27:29il les a décrit
00:27:30onze fois
00:27:31dans onze audiences
00:27:32et en fait
00:27:33il s'est rétracté
00:27:34à la dernière
00:27:35parce qu'il était
00:27:36face à neuf adultes
00:27:37et tout le monde
00:27:38a été soulagé
00:27:38et cet enfant
00:27:39est aujourd'hui
00:27:40avec le père
00:27:41qui a été dénoncé
00:27:43nous avons vu
00:27:44des mères condamnées
00:27:45pour non représentation
00:27:47d'enfants
00:27:47et ça depuis 40 ans
00:27:48et puis des juges
00:27:50aussi leur mettent
00:27:51des jours amendes
00:27:52pour que chaque jour
00:27:52de non remise
00:27:53au père
00:27:54qu'elle dénonce
00:27:56soit
00:27:56qu'elle puisse
00:27:57payer ces jours-là
00:27:59le constat
00:28:00qu'on fait
00:28:01c'est que sur ces décisions-là
00:28:02on joue avec le feu
00:28:03c'est la société du risque
00:28:05et c'est le cœur
00:28:06de la violence
00:28:06de notre société
00:28:07pour nous
00:28:07c'est ça
00:28:08c'est ces viols d'enfants
00:28:09qui continuent
00:28:10c'est cette non-protection
00:28:13tous les jours
00:28:14au CFCV
00:28:14nous signalons
00:28:15des enfants en danger
00:28:16il peut y avoir
00:28:18des défaillances
00:28:19et il peut y avoir
00:28:20des responsabilités individuelles
00:28:22mais on doit
00:28:23impérativement
00:28:24les contextualiser
00:28:25on doit pas
00:28:27on est face
00:28:28à une responsabilité
00:28:29de l'état
00:28:31la responsabilité
00:28:32de l'état
00:28:33pourrait presque
00:28:34être engagée
00:28:34dans tous ces dossiers
00:28:36dont on parle
00:28:37et dont on s'est aperçu
00:28:38qu'ils n'ont jamais
00:28:38été traités convenablement
00:28:40alors oui on peut
00:28:43dire
00:28:43haro sur tel procureur
00:28:45oui on peut
00:28:46dire haro sur tel enquêteur
00:28:48mais tant que non
00:28:50qu'on ne leur permettra pas
00:28:52de travailler
00:28:53dans des conditions
00:28:54normales
00:28:55il y a évidemment
00:28:57pour répondre
00:28:57à votre question
00:28:58derrière
00:28:59ces défaillances
00:29:02personnelles
00:29:03une grosse défaillance
00:29:04de l'état
00:29:08moi je voulais
00:29:11aussi évoquer
00:29:12avec vous
00:29:14on a parlé
00:29:15tout à l'heure
00:29:16d'un point
00:29:17qui est assez
00:29:18symptomatique
00:29:19par rapport
00:29:22à la manière
00:29:24dont
00:29:24monsieur Barrella
00:29:26avait été
00:29:27identifié
00:29:28par
00:29:29les services
00:29:31d'enquête
00:29:31aux Etats-Unis
00:29:32comme ayant
00:29:35consulté des fichiers
00:29:36pédopornographiques
00:29:36alors ça
00:29:37ça nous a renvoyé
00:29:38au dossier
00:29:39Le Square Neck
00:29:41dans lequel
00:29:42l'enfant
00:29:42était également intervenu
00:29:44dans le dossier
00:29:45de monsieur Le Square Neck
00:29:46c'est encore
00:29:46les Etats-Unis
00:29:47le FBI
00:29:48qui avait
00:29:50informé
00:29:51les autorités judiciaires
00:29:52françaises
00:29:53de ce que
00:29:54monsieur Le Square Neck
00:29:55consultait des fichiers
00:29:56pédopornographiques
00:29:57et qu'est-ce qui a été fait
00:29:58là aussi
00:29:58il y a une défaillance
00:29:59c'est-à-dire que
00:30:01les enquêteurs
00:30:02ont par une maladresse
00:30:05prévenu
00:30:06c'était évidemment
00:30:07pas intentionnel
00:30:08mais prévenu
00:30:09monsieur Le Square Neck
00:30:10de ce qu'ils allaient
00:30:12venir
00:30:13voir un petit peu
00:30:14s'il y avait des choses
00:30:15chez lui
00:30:16donc il avait évidemment
00:30:16fait le ménage
00:30:18et
00:30:19moi mon interrogation
00:30:21c'est
00:30:22pourquoi est-ce qu'on dépend
00:30:24des autorités
00:30:25américaines
00:30:26pour identifier
00:30:28des personnes
00:30:29en France
00:30:29qui consultent
00:30:31des vidéos
00:30:33pédopornographiques
00:30:34où l'on voit
00:30:35au quotidien
00:30:36des enfants
00:30:37se faire violer
00:30:39pourquoi ?
00:30:40parce qu'il y a
00:30:41une structure
00:30:42en France
00:30:43qui a été créée
00:30:44il y a quelques années
00:30:45dont l'effectif
00:30:46est aujourd'hui
00:30:47de 40 personnes
00:30:48alors qu'elle devrait
00:30:48être de 85
00:30:5134
00:30:51merci
00:30:5334
00:30:54vous voyez
00:30:54effectivement
00:30:55je ne suis pas assez précis
00:30:56alors qu'elle devrait
00:30:58être de 80
00:30:58je crois
00:30:59et que
00:31:00comparativement
00:31:01en Grande-Bretagne
00:31:03ils sont 800
00:31:05donc
00:31:06voilà
00:31:07il n'y a pas
00:31:08d'autre explication
00:31:08alors on peut
00:31:10encore une fois
00:31:10aller fustiger
00:31:11tel ou tel intervenant
00:31:13tel ou tel enquêteur
00:31:14tel ou tel magistrat
00:31:16mais évidemment
00:31:17c'est
00:31:19structurellement
00:31:19que le problème existe
00:31:21et c'est une volonté politique
00:31:23qui à mon sens
00:31:24est
00:31:25totalement
00:31:27défaillante
00:31:29vous avez
00:31:29aussi
00:31:31demandé
00:31:31quelles étaient
00:31:32les conditions
00:31:34d'accueil
00:31:35faites aux
00:31:36plaignants
00:31:36au moment du dépôt
00:31:37de la plainte
00:31:37auprès de la police
00:31:38ou de la gendarmerie nationale
00:31:39et sur l'accompagnement
00:31:41dont ils bénéficient
00:31:42alors là
00:31:44mesdames de l'association
00:31:45France Victime
00:31:46ont parlé de progrès
00:31:47considérable
00:31:48je veux mettre
00:31:48beaucoup
00:31:49beaucoup de réserves
00:31:49sur l'aspect
00:31:50considérable
00:31:52pour ce qui concerne
00:31:53l'audition des mineurs
00:31:54oui il y a eu
00:31:55des progrès
00:31:55et je ne vais pas
00:31:57prêcher pour ma paroisse
00:31:58mais un petit peu quand même
00:31:59parce que les UAPED
00:32:00c'est vraiment la voix
00:32:01de l'enfant
00:32:01qui a pu les mettre en place
00:32:03mais il n'y en a pas assez
00:32:05il n'y en a pas assez
00:32:05les UAPED
00:32:06ce sont des structures
00:32:07qui sont installées
00:32:09dans les établissements
00:32:11hospitaliers
00:32:12où vous avez
00:32:13une action
00:32:15pluridisciplinaire
00:32:15transverse
00:32:16où les enfants
00:32:17sont accueillis
00:32:18à la fois
00:32:19en civil
00:32:20par un gendarme
00:32:22ou un policier
00:32:23où il y a
00:32:24un psychologue
00:32:25où il y a
00:32:26tout un
00:32:27centre de santé
00:32:28où il y a même
00:32:29des chiens
00:32:29d'accompagnement
00:32:30des enfants
00:32:31il y a des histoires
00:32:32formidables
00:32:33que je pourrais vous raconter
00:32:33sur la manière
00:32:35dont précisément
00:32:35cet environnement
00:32:36permet
00:32:38de mieux recueillir
00:32:40la parole de l'enfant
00:32:40parce qu'il y a tout
00:32:41le débat sur la sacralisation
00:32:42de la parole de l'enfant
00:32:43ou trop etc
00:32:44etc
00:32:44mais dans un dossier
00:32:47où la parole
00:32:48de l'enfant
00:32:49est bien accueillie
00:32:52les résultats
00:32:52sont là
00:32:53pour marquer
00:32:54effectivement
00:32:54que les enquêtes
00:32:55peuvent prospérer
00:32:58et c'est là
00:32:58où je ne suis pas
00:32:59dans le même constat
00:33:00des progrès considérables
00:33:01parce que
00:33:02malheureusement
00:33:03il n'y a pas assez
00:33:04de structures d'accueil
00:33:05et il y a
00:33:06énormément
00:33:09de plaintes
00:33:10qui sont déposées
00:33:11par les parents
00:33:11ou par des enfants mineurs
00:33:14d'abord
00:33:14qui ne sont pas du tout
00:33:15instruites
00:33:15et encore une fois
00:33:16le rapport de 2023
00:33:17le montre
00:33:17c'est à dire
00:33:19des gens qui viennent
00:33:19porter plainte
00:33:22et qui ne voient
00:33:23absolument rien
00:33:24non seulement
00:33:25on leur dit rien
00:33:26sur le suivi de la plainte
00:33:27mais en réalité
00:33:28on s'aperçoit
00:33:28qu'elle ne donne pas
00:33:30lieu à enquête
00:33:31ou s'il y a enquête
00:33:33rapidement
00:33:33elle est clôturée
00:33:35et on a
00:33:36le classement sans suite
00:33:40je rebondis
00:33:41aussi sur l'aspect
00:33:42loterie
00:33:43c'est à dire que
00:33:44selon que vous portiez
00:33:46plainte
00:33:47à Dax
00:33:48ou à Béthune
00:33:50vous allez avoir
00:33:51plus ou moins
00:33:52de chances de succès
00:33:53de voir votre plainte
00:33:54non pas forcément
00:33:55prospérer
00:33:56mais en tout cas
00:33:58être sérieusement
00:33:59étudié
00:34:00et ça
00:34:01on ne peut absolument
00:34:02pas
00:34:02se satisfaire
00:34:04d'une telle situation
00:34:05alors pour répondre
00:34:06à cette question
00:34:08sur l'accueil
00:34:09fait au plaignant
00:34:10et
00:34:10je dirais
00:34:11les qualités
00:34:12d'accueil
00:34:12les qualités
00:34:13d'écoute
00:34:13les qualités
00:34:14de traitement
00:34:15des plaintes
00:34:16là aussi
00:34:17malheureusement
00:34:17ce sont les chiffres
00:34:18j'espère être
00:34:20suffisamment précis
00:34:21mais on recense
00:34:21160 000 enfants
00:34:23160 000 enfants
00:34:24par an
00:34:25en France
00:34:27qui sont victimes
00:34:28de viol
00:34:28ou de violences sexuelles
00:34:30c'est à dire
00:34:31ça en fait un
00:34:32toutes les
00:34:33trois minutes
00:34:35je ne sais pas
00:34:36combien de temps
00:34:36va durer notre audition
00:34:37mais je vous laisse
00:34:38faire le compte
00:34:40absolument sidérant
00:34:41du nombre
00:34:41d'agressions sexuelles
00:34:43et de viols
00:34:44qui vont se dérouler
00:34:45pendant
00:34:46le temps
00:34:47durant lequel
00:34:48nous allons échanger
00:34:50et
00:34:51une fois qu'on a
00:34:52ce constat là
00:34:54on sait qu'il y a
00:34:55plus de 6 plaintes
00:34:57sur 10
00:34:57qui sont classées
00:34:58sans suite
00:35:00c'est ça
00:35:01l'accueil fait
00:35:02au plaignant
00:35:04alors si on pouvait dire
00:35:05mais les 6
00:35:07classements sans suite
00:35:07ils sont
00:35:08hyper motivés
00:35:09ils auront été
00:35:10hyper travaillés
00:35:11en amont
00:35:11et bon
00:35:12on peut considérer
00:35:13effectivement
00:35:14il n'y a pas lieu
00:35:15de penser que
00:35:15les classements sans suite
00:35:18seraient
00:35:19systématiquement
00:35:20inappropriés
00:35:21que ce soit
00:35:22pour les mineurs
00:35:22ou pour les majeurs
00:35:23mais quand on voit
00:35:25la manière
00:35:25dont les enquêteurs
00:35:26sont à même
00:35:27de travailler
00:35:29comment est-ce
00:35:30qu'on peut considérer
00:35:30qu'effectivement
00:35:31l'accueil fait
00:35:32au plaignant
00:35:34serait
00:35:36normal
00:35:36serait régulier
00:35:37serait positif
00:35:40sur les 178 300
00:35:42majeurs
00:35:43mis en cause
00:35:43pour viol
00:35:44ou agressions sexuelles
00:35:45sur mineurs
00:35:45entre 2017
00:35:46et 2024
00:35:4764%
00:35:48n'ont pas été
00:35:49poursuivis
00:35:50donc
00:35:52encore une fois
00:35:53je suis loin
00:35:55d'aller
00:35:59sur la sacralisation
00:36:00il ne s'agit pas
00:36:00de la sacralisation
00:36:01de la parole
00:36:02de l'enfant
00:36:02il s'agit simplement
00:36:03de permettre
00:36:04et là encore
00:36:05c'est la volonté
00:36:07la volonté politique
00:36:08et c'est l'action politique
00:36:09qui doit le faire
00:36:10de permettre
00:36:11à ce que
00:36:12la parole de l'enfant
00:36:13soit bien accueillie
00:36:15soit sérieusement
00:36:16accueillie
00:36:17pour que
00:36:18ensuite
00:36:18on puisse
00:36:19évidemment
00:36:20travailler
00:36:21mais
00:36:22cette surcharge
00:36:23c'est sous-effectif
00:36:25et c'est ce que nous
00:36:26constatons
00:36:27au quotidien
00:36:27que ce soit
00:36:28en tant qu'avocat
00:36:29de la voix de l'enfant
00:36:30mais tous les
00:36:31tous les avocats
00:36:32et tous les
00:36:33les auxiliaires
00:36:34de justice
00:36:34qui interviennent
00:36:35aux côtés d'enfants
00:36:36et aux côtés de victimes
00:36:38le voient systématiquement
00:36:39c'est-à-dire qu'on doit
00:36:40effectivement parfois
00:36:41changer de commissariat
00:36:42ou de gendarmerie
00:36:43parce que la personne
00:36:44qui est là
00:36:45n'a pas le temps
00:36:47et quand on arrive
00:36:48dans un autre
00:36:49établissement
00:36:50oui on va avoir
00:36:51quelqu'un
00:36:51qui va
00:36:53prendre
00:36:54en compte
00:36:55la demande
00:36:56mais qui va faire
00:36:57un petit débat
00:36:58de plainte
00:36:59et
00:37:00vous aurez noté
00:37:02dans le rapport
00:37:02d'inspection
00:37:03qui a été diffusé
00:37:05hier
00:37:05il y avait
00:37:06quand même
00:37:06cette plainte
00:37:07de cet enfant
00:37:08qui s'appelle
00:37:08Rosa
00:37:08qui évoquait
00:37:0950
00:37:10faits de viol
00:37:12donc
00:37:14personne ne peut
00:37:15penser ici
00:37:16que l'enquêteur
00:37:17qui
00:37:20prend connaissance
00:37:21de ce document
00:37:23et qui
00:37:24constate
00:37:26qu'effectivement
00:37:26il y a
00:37:27cette plainte
00:37:28d'un enfant
00:37:29qui dit avoir été
00:37:30violé 50 fois
00:37:31par monsieur Barrel
00:37:32personne ne peut
00:37:33penser ici
00:37:34que cet enquêteur
00:37:35va s'en ficher
00:37:36et d'ailleurs
00:37:38l'enfant
00:37:39a été correctement
00:37:40entendu
00:37:41dès sa première
00:37:43présentation
00:37:44c'est après
00:37:45qu'effectivement
00:37:46les défaillances
00:37:47sont intervenues
00:37:47alors que
00:37:48cet enquêteur
00:37:49avait signalé
00:37:50le dossier
00:37:51comme étant urgent
00:37:51et comme devant
00:37:53conduire à une
00:37:54transmission électronique
00:37:55on n'a pas eu
00:37:55les moyens
00:37:56donc on a fait
00:37:56le courrier
00:37:57et ensuite
00:37:57quand le courrier
00:37:58arrive au parquet
00:37:59il reste pendant
00:38:00un mois
00:38:01dans la case
00:38:02affaires non-urgentes
00:38:03parce que c'est
00:38:04comme ça
00:38:04que ça se passe
00:38:05et ensuite
00:38:06le parquetier
00:38:06au lieu de le traiter
00:38:08en urgence
00:38:08il n'y avait pas
00:38:09de parquetier
00:38:10spécialisé enfant
00:38:11donc on a fait
00:38:12venir un parquetier
00:38:13qui était simplement
00:38:14en renfort
00:38:16et c'est ça
00:38:17la justice quotidienne
00:38:18c'est ça
00:38:19la justice de proximité
00:38:21en France
00:38:21quand on veut
00:38:23quand on veut
00:38:24travailler
00:38:25et c'est heureux
00:38:27quand on veut
00:38:29protéger
00:38:29le pays
00:38:30contre le terrorisme
00:38:31on y arrive
00:38:31on a fait
00:38:32des choses
00:38:33formidables
00:38:37la procédure
00:38:38judiciaire
00:38:38sur le Bataclan
00:38:39a été
00:38:40admirablement
00:38:40menée
00:38:42la lutte
00:38:43contre le terrorisme
00:38:43la lutte
00:38:44contre le stupéfiant
00:38:45le parquet
00:38:46financier
00:38:46tout ça
00:38:47ce sont des structures
00:38:47qui fonctionnent
00:38:49très bien
00:38:49c'est la justice
00:38:50de proximité
00:38:51qui est totalement
00:38:52défaillante
00:38:53et c'est cette justice
00:38:54de proximité
00:38:54à laquelle
00:38:55nous autres
00:38:56nous sommes
00:38:56quotidiennement
00:38:57confrontés
00:38:58que ce soit
00:38:59les enfants
00:38:59les femmes
00:39:00victimes
00:39:01d'agressions
00:39:01et c'est là
00:39:03où effectivement
00:39:04il y a cette responsabilité
00:39:05pour répondre
00:39:06à votre question
00:39:07première
00:39:07cette responsabilité
00:39:09qui est
00:39:10évidemment
00:39:11beaucoup plus
00:39:12structurelle
00:39:13qu'individuelle
00:39:14bonjour Louis Vaugelle
00:39:16bonjour
00:39:16vous êtes membre
00:39:17de la commission
00:39:17d'enquête
00:39:18sur la politique pénale
00:39:19en lien avec
00:39:19l'affaire Liana
00:39:20sénateur des indépendants
00:39:22de Seine-et-Marne
00:39:22vous receviez donc
00:39:23on l'a vu
00:39:24les associations
00:39:24de victimes
00:39:25hier matin
00:39:25il ne faut pas lâcher
00:39:27la victime
00:39:28une fois qu'elle a déposé plainte
00:39:29c'est ce qu'a plaidé la directrice générale adjointe
00:39:31de la fédération France Victime
00:39:33cette audition d'hier
00:39:34elle démontre
00:39:35la distance à parcourir
00:39:36encore en 2026
00:39:37pour bien prendre en compte
00:39:39les victimes
00:39:40tout à fait
00:39:41les auditions
00:39:42c'était la première audition
00:39:44la commission d'enquête
00:39:45qui se lance tout juste
00:39:45voilà
00:39:46présidée par
00:39:47Marie de Jourdat
00:39:47le président
00:39:48de la commission des lois
00:39:50c'était très intéressant
00:39:51parce que
00:39:51c'était très concret
00:39:52il faut qu'à l'occasion
00:39:53de cette triste
00:39:54très triste affaire
00:39:55on essaye de faire
00:39:57qu'il n'y en ait pas d'autres
00:39:58qui aillent dans le même
00:40:00est-ce que vous vous fixez
00:40:01avec ces travaux
00:40:01évidemment
00:40:03alors
00:40:04ce qu'on a pu constater
00:40:06ça a commencé comme ça
00:40:07une des questions principales
00:40:09de départ
00:40:09c'est est-ce que c'est
00:40:10une responsabilité structurelle
00:40:12du système
00:40:13ou est-ce que c'est
00:40:13une responsabilité personnelle
00:40:15la réponse est
00:40:16l'une
00:40:17n'efface pas l'autre
00:40:19il peut y avoir
00:40:19une responsabilité personnelle
00:40:21dans ce cas-là
00:40:21on voit bien
00:40:22qu'il y a eu des problèmes
00:40:22dans la transmission
00:40:23du dossier de Toulouse à Hoche
00:40:25et dans le traitement
00:40:26des dossiers
00:40:27donc ça
00:40:28il peut y avoir ça
00:40:29notamment pas dans l'affaire
00:40:30Liana elle-même
00:40:31mais l'affaire de la petite Rosa
00:40:32qui avait porté plainte pour viol
00:40:34contre Jérôme Barrella
00:40:35en 2025
00:40:35et donc elle a été lâchée
00:40:37par le système
00:40:37ça fait quoi
00:40:38est-ce que disaient
00:40:38les associations de victimes
00:40:39alors il y a sûrement
00:40:42des comportements individuels
00:40:43qui sont en cause
00:40:43d'ailleurs le Premier ministre
00:40:44a dit qu'il y avait eu
00:40:46une rupture dans la chaîne
00:40:48et qu'il fallait
00:40:50la sanctionner
00:40:50mais ce qui est très intéressant aussi
00:40:52bon ça
00:40:53ça se règle comme ça
00:40:54de façon individuelle
00:40:54mais c'est le système lui-même
00:40:56est-ce qu'il dysfonctionne
00:40:57alors certains ont dit
00:40:57il n'y a pas assez de moyens
00:40:59c'est vrai que la justice
00:41:00c'est chronique
00:41:00il n'y a pas assez de moyens
00:41:02mais il y a de plus en plus
00:41:03de moyens
00:41:04il y a eu un effet
00:41:04de rattrapage
00:41:06et
00:41:08est-ce qu'il n'y a pas
00:41:08autre chose
00:41:09que pas assez de moyens
00:41:10et ce qu'on a constaté hier
00:41:11dans ce qu'on dit
00:41:12des associations
00:41:12c'est qu'il y avait
00:41:13des problèmes d'organisation
00:41:14d'accord
00:41:16notamment
00:41:17deux choses sont ressorties
00:41:18c'est que
00:41:18d'un endroit à l'autre
00:41:19les situations sont
00:41:20très différentes
00:41:21il y a un problème
00:41:22d'égalité
00:41:23devant la loi
00:41:23on est très des victimes
00:41:25mais on le voit l'heure
00:41:25avec le rapport d'inspection
00:41:26qu'on a vu cette semaine
00:41:27c'est qu'à Toulouse visiblement
00:41:28les inspecteurs généraux
00:41:30étaient plutôt satisfaits
00:41:31de la réaction
00:41:31des parquets
00:41:32et des gendarmes
00:41:33exactement
00:41:33et dès que vous traversez
00:41:34la frontière du département
00:41:35à Hoche
00:41:36c'est problématique
00:41:36oui
00:41:37vous avez tout à fait raison
00:41:38donc d'un endroit à l'autre
00:41:39les victimes sont traitées
00:41:40de façon complètement différente
00:41:42et il n'y a pas
00:41:43le même engagement
00:41:44d'un endroit à l'autre
00:41:45donc là l'idée
00:41:46ce n'est pas de coordonner
00:41:47au niveau départemental
00:41:48au niveau régional
00:41:48il y a un problème
00:41:49de coordination nationale
00:41:50il faut que le ministre
00:41:52ait le pouvoir
00:41:52de faire que les victimes
00:41:54soient traitées partout
00:41:55de la même façon
00:41:55et le deuxième sujet
00:41:57très intéressant
00:41:58qui est ressorti
00:41:58des discussions
00:41:59avec les associations
00:42:00de protection
00:42:00des victimes
00:42:02c'est que les personnels
00:42:03ne sont pas assez formés
00:42:05à la criminologie
00:42:07à la victimologie
00:42:08à savoir
00:42:09qui est dangereux
00:42:10comment ça va se passer
00:42:11comment est-ce qu'il faut
00:42:12traiter une victime
00:42:13quels sont les points
00:42:14auxquels il faut faire attention
00:42:15et là
00:42:16les personnes
00:42:17ne sont pas assez formées
00:42:18c'est à la fois
00:42:18les gendarmes
00:42:19les officiers de police
00:42:21c'est les magistrats
00:42:22c'est les avocats
00:42:23et le problème
00:42:25de notre pays
00:42:26c'est que la criminologie
00:42:27c'est le parent pauvre
00:42:28de l'enseignement en droit
00:42:29personne ne veut en faire
00:42:30les sociologues
00:42:31considèrent que les criminologues
00:42:32c'est des sous-sociologues
00:42:33les juristes considèrent
00:42:34que la criminologie
00:42:35c'est pas du droit
00:42:36et donc
00:42:37moi je viens de finir
00:42:38une mission
00:42:39pour le garde des Sceaux
00:42:40d'accord
00:42:41vous avez remis le rapport
00:42:41aujourd'hui
00:42:42j'ai remis le rapport
00:42:44lundi
00:42:44et c'est officiel
00:42:45depuis aujourd'hui
00:42:46et j'ai constaté
00:42:47exactement la même chose
00:42:48c'est que
00:42:49nous
00:42:50les personnels
00:42:51qui s'occupent de justice
00:42:52les magistrats
00:42:53les personnels pénitentiaires
00:42:55les spips
00:42:57les avocats
00:42:58ne sont pas
00:42:59formés
00:42:59les personnels
00:43:02qui s'occupent
00:43:03des détenus
00:43:03de la réinsertion
00:43:05des détenus
00:43:05d'accord
00:43:05et donc
00:43:06tous ces personnels
00:43:07ne sont pas suffisamment
00:43:09formés
00:43:09à la criminologie
00:43:11quelle est la dangerosité
00:43:12de la personne
00:43:13quelle peine sera
00:43:14la mieux adaptée
00:43:15dans son cas
00:43:16on va pas traiter
00:43:16de la même façon
00:43:17quelqu'un qui a commis
00:43:18des violences
00:43:18envers sa femme
00:43:19et quelqu'un qui a fait
00:43:21un vol dans un magasin
00:43:22donc vous voyez
00:43:22adapter la peine
00:43:23vérifier s'il est dangereux
00:43:24vérifier s'il y a un risque
00:43:26de récidive
00:43:26quels sont les facteurs
00:43:27de désistance
00:43:28est-ce qu'ils sont présents
00:43:29le logement
00:43:30l'emploi
00:43:30donc tout
00:43:31c'est une façon
00:43:32moderne
00:43:32exactement
00:43:33et c'est
00:43:34ce qu'on a constaté hier
00:43:35c'est qu'on a le même problème
00:43:37en matière de protection
00:43:38de la victime
00:43:39il faut absolument
00:43:40créer
00:43:42par des accords
00:43:43avec le ministère
00:43:43de l'enseignement
00:43:44supérieur de la recherche
00:43:44développer
00:43:45de la recherche appliquée
00:43:47de la recherche appliquée
00:43:48qui concerne
00:43:49les français
00:43:50parce que nous
00:43:51on s'inspire
00:43:51de recherches américaines
00:43:53de recherches canadiennes
00:43:54qui ne concernent
00:43:55absolument pas
00:43:55notre société
00:43:56donc ce premier point
00:43:57et faire qu'il y ait
00:43:58des modules de formation
00:43:59dans toutes les écoles
00:44:00les écoles de police
00:44:01l'école nationale
00:44:02magistrature
00:44:03les écoles du barreau
00:44:04pour que
00:44:05on puisse traiter
00:44:06de façon intelligente
00:44:08de façon plus
00:44:09plus subtile
00:44:10plus fine
00:44:10plus fine
00:44:11les problèmes
00:44:12qui se posent à nous
00:44:13et bien merci Louis
00:44:14j'ai longtemps
00:44:14votre plaidoyer
00:44:15en faveur de cette formation
00:44:16merci à vous
00:44:17merci
00:44:22allez on en vient
00:44:23au troisième thème
00:44:24dans cette émission
00:44:24et le rapport
00:44:25de la délégation
00:44:26aux droits des femmes
00:44:26du Sénat
00:44:27sur le masculinisme
00:44:28depuis novembre
00:44:30les sénateurs
00:44:31et sénatrices
00:44:31ont reçu des chercheurs
00:44:32des associations féministes
00:44:34des responsables
00:44:34de l'éducation nationale
00:44:35ou encore l'ARCOM
00:44:36voyez les conclusions
00:44:37de ce rapport
00:44:39la manosphère
00:44:40prend un essor
00:44:41considérable
00:44:42et grâce aux algorithmes
00:44:45enferment ses cibles
00:44:46dans une véritable
00:44:47emprise numérique
00:44:47bien évidemment
00:44:49il ne s'agit pas simplement
00:44:51d'un trend
00:44:52sur les réseaux sociaux
00:44:54et ça existe aussi
00:44:56dans la vraie vie
00:44:57ça se passe au quotidien
00:44:58pour de vrai
00:44:59comme nous l'avons
00:45:01bien entendu
00:45:03et beaucoup entendu
00:45:04pendant nos
00:45:05nombreuses auditions
00:45:06et je pense
00:45:08particulièrement
00:45:08à la sociologue
00:45:09Mélissa Blais
00:45:11le masculinisme
00:45:12est une stratégie
00:45:13d'adaptation
00:45:13du patriarcat
00:45:15aux avancées
00:45:15des droits
00:45:17des femmes
00:45:17portées par les féministes
00:45:19adoptant
00:45:20un discours
00:45:21victimaire
00:45:21les masculinistes
00:45:23ont développé
00:45:24un langage codé
00:45:24et invitent
00:45:25par exemple
00:45:26à prendre
00:45:26la red pill
00:45:27la pilule rouge
00:45:29pour découvrir
00:45:30le monde tel qu'il est
00:45:31réellement
00:45:32à savoir
00:45:32dominé par les femmes
00:45:34les féministes
00:45:35sont allées trop loin
00:45:36rien ne fonctionne plus
00:45:38parce que personne
00:45:39n'est à sa juste place
00:45:41ce discours
00:45:42de la crise
00:45:42de la masculinité
00:45:43que les chercheurs
00:45:44comme Francis
00:45:45Dupuy-Derry
00:45:46ou Christine Marad
00:45:46font remonter
00:45:47jusqu'à l'antiquité
00:45:49a une fonction sociale
00:45:51car il permet
00:45:51de désigner
00:45:52un ennemi commun
00:45:53pour assurer
00:45:54la cohésion
00:45:55du groupe
00:45:55dominant
00:45:57sinon je peux
00:45:58me coucher
00:45:58sur la table
00:46:01le masculinisme
00:46:02s'inscrit donc
00:46:03dans un continuum
00:46:04de violences
00:46:04faites aux femmes
00:46:05et aux enfants
00:46:06et ces violences
00:46:07sont bien réelles
00:46:09le rapport du HCE
00:46:10dont la présidente
00:46:11parlait tout à l'heure
00:46:12et je salue
00:46:13notre nouvelle invitée
00:46:15le rapport du HCE
00:46:17de janvier 2026
00:46:19sur l'état du sexisme
00:46:20en France
00:46:21a révélé
00:46:21des chiffres
00:46:22particulièrement alarmants
00:46:24et proposé
00:46:25une grille de lecture
00:46:26du sexisme
00:46:28avec une gradation
00:46:29entre le sexisme
00:46:30paternaliste
00:46:31et le sexisme
00:46:31hostile
00:46:32au total
00:46:3312,5 millions
00:46:35de français
00:46:36adhèrent aujourd'hui
00:46:37au sexisme
00:46:38paternaliste
00:46:397,5 millions
00:46:41d'hommes
00:46:41et 5 millions
00:46:42de femmes
00:46:43qu'est-ce que ça veut dire
00:46:45ça veut dire
00:46:45sur les stéréotypes
00:46:47les hommes doivent
00:46:47assurer les revenus
00:46:49le revenu du ménage
00:46:50et les femmes
00:46:51nourrissent
00:46:52l'homme protège
00:46:53et la femme
00:46:54prend soin
00:46:55ce sexisme paternaliste
00:46:57s'exprime
00:46:57en parallèle
00:46:58d'un sexisme
00:46:59hostile
00:46:59basé sur l'idée
00:47:00d'une hiérarchie
00:47:01des genres
00:47:02la femme
00:47:03est inférieure
00:47:03à l'homme
00:47:04l'homme doit donc
00:47:05la contrôler
00:47:06la dominer
00:47:07voire la violenter
00:47:08d'après les résultats
00:47:10du baromètre national
00:47:11du HCE
00:47:12les adhérents
00:47:12au sexisme
00:47:13hostile
00:47:13seraient
00:47:1410 millions
00:47:15en France
00:47:15soit 17%
00:47:17de la population
00:47:18dont les deux tiers
00:47:19sont des hommes
00:47:21il est conseillé
00:47:22de punir sa copine
00:47:23si elle veut sortir
00:47:25en boîte
00:47:25avec ses amis
00:47:26elle n'a pas besoin
00:47:27d'avoir le permis
00:47:28de conduire
00:47:29elle n'a
00:47:30d'ailleurs
00:47:30c'est pas la peine
00:47:31qu'elle travaille
00:47:31puisque comme les femmes
00:47:33ne sont pas ambitieuses
00:47:34autant qu'elles s'occupent
00:47:35de la maison
00:47:36afin qu'elles soient disponibles
00:47:37le soir
00:47:38quand l'homme
00:47:38qui travaille pour de vrai
00:47:40lui revient
00:47:41et comme ça
00:47:41elle peut s'occuper de lui
00:47:42on en vient
00:47:43à remettre en cause
00:47:45le droit de vote
00:47:46des femmes
00:47:47dans certains pays
00:47:48quand on ne menace pas
00:47:49simplement
00:47:50de les brûler vives
00:47:51si elles refusent
00:47:52de rester dans la cuisine
00:47:53le terreau sexiste
00:47:55de nos sociétés
00:47:56permet au masculinisme
00:47:57de se déployer
00:47:58et de circuler
00:47:59citons le porno
00:48:01qui sexualise la violence
00:48:02je vous rappelle
00:48:03que
00:48:05la cause
00:48:05la première cause
00:48:06d'AVC
00:48:07en France
00:48:08chez les femmes
00:48:09de moins de 40 ans
00:48:10c'est la pratique sexuelle
00:48:11de l'étranglement
00:48:12qui vient évidemment
00:48:13du porno
00:48:15un certain type de rap
00:48:16également
00:48:18qui véhicule
00:48:18des stéréotypes
00:48:20très ancrés
00:48:21alors que
00:48:22comme cela nous a été expliqué
00:48:24à l'origine
00:48:25il s'agissait
00:48:26d'une culture
00:48:26d'émancipation
00:48:27y compris des femmes
00:48:28le sport
00:48:29une certaine pratique
00:48:31du sport
00:48:31en ce qu'elle doit
00:48:33permettre aux hommes
00:48:34d'atteindre
00:48:35la meilleure version
00:48:37d'eux-mêmes
00:48:38conforte
00:48:39et banalise
00:48:40les stéréotypes sexistes
00:48:41les féministes
00:48:42et les associations féministes
00:48:43sont évidemment
00:48:44en première ligne
00:48:44et donc
00:48:45les premières cibles
00:48:47intimidation
00:48:47menace
00:48:48tentative d'entrave
00:48:49de leurs actions
00:48:50raides numériques
00:48:51cyberviolence
00:48:52ils tentent
00:48:53de les obliger
00:48:54à quitter
00:48:54la sphère publique
00:48:55les masculinistes
00:48:57discréditent
00:48:57la parole des femmes
00:48:58pour les invisibiliser
00:49:01enfin
00:49:02à l'issue
00:49:03de ces huit mois
00:49:04de travaux
00:49:04nous sommes convaincus
00:49:05qu'on ne peut décorréler
00:49:06ces mouvements
00:49:07du nombre
00:49:08qui reste élevé
00:49:09malgré toutes nos avancées
00:49:10législatives
00:49:11des féminicides
00:49:12il constitue
00:49:14l'expression
00:49:15la plus courante
00:49:16de la violence masculiniste
00:49:17des femmes sont tuées
00:49:19parce qu'elles sont des femmes
00:49:20le féminicide
00:49:22le féminicide
00:49:23est le meurtre
00:49:24d'un propriétaire
00:49:25qui n'admet pas
00:49:26que sa femme
00:49:27lui échappe
00:49:28le masculinisme
00:49:30légitime
00:49:30le fait qu'un homme
00:49:31est un prédateur
00:49:32et que la femme
00:49:33est une proie
00:49:34au total
00:49:35en 2024
00:49:36d'après les chiffres
00:49:37de l'observatoire national
00:49:38des violences faites aux femmes
00:49:401283 femmes
00:49:41ont été victimes
00:49:42de féminicides
00:49:42ou de tentatives
00:49:44de féminicides
00:49:44directes
00:49:45ou indirectes
00:49:46dès lors
00:49:47je considère
00:49:47que chaque féminicide
00:49:48est un crime masculiniste
00:49:49au delà
00:49:51de ce continuum
00:49:52des violences faites aux femmes
00:49:53entre violences sexistes
00:49:54et violences sexuelles
00:49:55violences numériques
00:49:56et violences réelles
00:49:57nos travaux
00:49:58ont permis
00:49:59de documenter
00:49:59l'émergence
00:50:00d'une menace terroriste
00:50:01masculiniste
00:50:02étayée par nos contacts
00:50:04avec la DGSI
00:50:05le PNAT
00:50:06parquet national antiterroriste
00:50:08FAROS
00:50:09LARCOM
00:50:09et autres
00:50:10en France
00:50:11la menace terroriste
00:50:12masculiniste
00:50:12est aujourd'hui suivie
00:50:13de très près
00:50:14par la DGSI
00:50:15les services de renseignement
00:50:17intérieur
00:50:17qui ont développé
00:50:19en la matière
00:50:20une réelle expertise
00:50:21et une volonté
00:50:22d'anticipation
00:50:23de cette menace
00:50:23émergente
00:50:24ils nous ont
00:50:26expliqué
00:50:27avoir constaté
00:50:28une très forte
00:50:29augmentation
00:50:30durant les deux
00:50:31dernières années
00:50:32de cette menace
00:50:33en lien avec
00:50:34la mouvance
00:50:34INCEL
00:50:35la plus radicalisée
00:50:37eux c'est la black pill
00:50:39à ce jour
00:50:40pour ce qui relève
00:50:40de cette mouvance
00:50:41un seul attentat
00:50:42terroriste imminent
00:50:43a été déjoué
00:50:44vous le savez
00:50:44à Saint-Etienne
00:50:46en juillet 2025
00:50:47et pour la première fois
00:50:49il a fait l'objet
00:50:50d'une saisine
00:50:50d'une parquet
00:50:51national antiterroriste
00:50:52sous la qualification
00:50:54d'association
00:50:54de malfaiteurs
00:50:55terroristes criminels
00:50:56une dizaine
00:50:57d'autres affaires
00:50:58de radicalisation
00:50:59violente
00:51:00liées à cette idéologie
00:51:03est suivie de près
00:51:04par les services
00:51:04du renseignement intérieur
00:51:06lesquels soulignent
00:51:07un rajeunissement
00:51:08drastique
00:51:09des sujets
00:51:10porteurs de menaces
00:51:11une radicalisation
00:51:12bien plus rapide
00:51:14et un passage
00:51:14à l'acte
00:51:15également accéléré
00:51:16et le tout
00:51:17est possible
00:51:18par une désensibilisation
00:51:19à la violence
00:51:20et des liens étroits
00:51:21entre les mouvements
00:51:22masculinistes
00:51:23et les mouvements
00:51:23d'ultra droite
00:51:24le masculinisme
00:51:26c'est un bar à salade
00:51:27dans lequel
00:51:28chaque influenceur
00:51:29ou responsable politique
00:51:30choisit ses objets
00:51:31de haine
00:51:31incohérence
00:51:32porosité
00:51:33tous
00:51:34mènent à une pente
00:51:35glissante
00:51:36la seule ligne de cohérence
00:51:37c'est la violence
00:51:38et la haine
00:51:39c'est pourquoi nous proposons
00:51:40de consolider
00:51:41notre doctrine sécuritaire
00:51:42face au risque
00:51:43de terrorisme masculiniste
00:51:45d'une part
00:51:46en poursuivant
00:51:47l'acculturation
00:51:48de l'ensemble
00:51:48des pouvoirs publics
00:51:49à la prise en compte
00:51:50de cette menace
00:51:51par le biais
00:51:52de programmes
00:51:53de sensibilisation
00:51:54de formation
00:51:55à sa détection
00:51:56et d'autre part
00:51:57en mobilisant davantage
00:51:58la qualification
00:51:59de crimes haineux
00:52:00fondés sur le genre
00:52:01et plus globalement
00:52:02en intégrant davantage
00:52:04la violence de genre
00:52:05dans les incriminations
00:52:06pénales retenues
00:52:06par les parquets
00:52:07lorsque sortant
00:52:09d'une boîte de nuit
00:52:09où il a passé
00:52:10la soirée
00:52:11à se prendre des fours
00:52:12un homme
00:52:13en rentrant chez lui
00:52:14écrase une femme
00:52:15ça n'est pas
00:52:16la circonstance aggravante
00:52:18de crimes haineux
00:52:18en raison du genre
00:52:20qui a été retenu
00:52:20c'est la conduite
00:52:22en état d'ébriété
00:52:23c'est plus facile
00:52:23à qualifier
00:52:24et néanmoins
00:52:25cela contribue
00:52:26à banaliser
00:52:27et à invisibiliser
00:52:28la violence misogyne
00:52:29dernier exemple
00:52:31les états membres
00:52:32de l'OSCE
00:52:33transmettent chaque année
00:52:33des données statistiques
00:52:35pour faire un état
00:52:36de la violence
00:52:37contre les personnes
00:52:38en les catégorisant
00:52:39pour 2024
00:52:41la France a recensé
00:52:426 000 crimes haineux
00:52:44environ 10 000 crimes homophobes
00:52:46environ 4 000 crimes
00:52:48antisémites
00:52:49et racistes
00:52:50le nombre
00:52:51combien de femmes
00:52:52victimes de crimes de haine
00:52:53en France
00:52:54en seule raison
00:52:55de leur genre
00:52:55recensé en 2024
00:52:58zéro
00:52:59je passe la parole
00:53:00à Laurence Rossignol
00:53:01merci
00:53:05bonjour
00:53:05à celles et ceux
00:53:07qui sont là
00:53:07et à celles et ceux
00:53:08qui sont en ligne
00:53:09merci d'être venus
00:53:10et on est heureuse
00:53:11de vous accueillir
00:53:12dans cette salle
00:53:13Olympe de Gouges
00:53:14qui est la salle
00:53:15de la délégation
00:53:16droit des femmes
00:53:17salle climatisée
00:53:18vous pourrez le dire
00:53:19à vos collègues
00:53:20qui sont restés
00:53:20derrière leur écran
00:53:21ils ont raté
00:53:22une bonne heure
00:53:23dans une atmosphère fraîche
00:53:26ceci étant dit
00:53:27peut-être un mot
00:53:28pour pourquoi
00:53:29la délégation
00:53:29droit des femmes
00:53:30a travaillé
00:53:31sur ce sujet
00:53:32parce que
00:53:33notre travail
00:53:34à nous parlementaires
00:53:36c'est d'étudier
00:53:37à la fois
00:53:38la condition sociale
00:53:39des femmes
00:53:39les politiques publiques
00:53:41qui doivent contribuer
00:53:42à l'égalité
00:53:43mais aussi
00:53:44tout le contexte
00:53:45dans lequel
00:53:45les droits des femmes
00:53:47et l'égalité
00:53:48progressent
00:53:49ou à l'inverse
00:53:51régressent
00:53:51ou est menacée
00:53:52de régression
00:53:52et au même titre
00:53:53que nous avions travaillé
00:53:55il y a trois ans
00:53:55sur le porno
00:53:57avec le rapport
00:53:58porno
00:53:58l'enfer du décor
00:53:59nous avons considéré
00:54:01que la question
00:54:01du masculinisme
00:54:04devait être portée
00:54:05comme un sujet politique
00:54:06il y a toujours
00:54:07une tendance
00:54:08dans le monde politique
00:54:09à considérer
00:54:10que ce sont des sujets
00:54:11qui relèvent plutôt
00:54:12des libertés individuelles
00:54:13des individus
00:54:14de la vie privée
00:54:15et nous ce que nous voulons faire
00:54:16c'est porter des sujets
00:54:18politiques
00:54:18qui ont une influence
00:54:19sur la condition
00:54:20des femmes
00:54:21donc c'est ainsi
00:54:22que nous avons travaillé
00:54:23pendant huit mois
00:54:24et peut-être la première remarque
00:54:25que je peux faire
00:54:25de ce qui nous a frappé
00:54:27c'est qu'entre le moment
00:54:28où on a commencé
00:54:29notre travail
00:54:30il y a huit mois
00:54:30et aujourd'hui
00:54:32ça n'a fait que
00:54:33se développer
00:54:35croître
00:54:35et pénétrer
00:54:37de plus en plus profondément
00:54:38dans la société française
00:54:40et probablement aussi
00:54:42dans les sociétés
00:54:42qui sont exposées
00:54:45aux mêmes réseaux sociaux
00:54:46et aux mêmes influenceurs
00:54:47que les nôtres
00:54:48donc c'est d'abord
00:54:49un écosystème
00:54:50à la fois numérique
00:54:51économique
00:54:51politique
00:54:52qui s'inscrit
00:54:53dans un contexte
00:54:54international
00:54:55et idéologique
00:54:56c'est à dire
00:54:57qu'il faut relier
00:54:58le développement
00:54:59des mouvements masculinisme
00:55:00à la montée
00:55:02du suprémacisme
00:55:03de manière générale
00:55:05et tous les experts
00:55:07identifient assez clairement
00:55:08comment à partir
00:55:09de contenus masculinistes
00:55:10auxquels les jeunes
00:55:11sont exposés
00:55:12les garçons
00:55:12sont exposés
00:55:13très rapidement
00:55:13sur les réseaux sociaux
00:55:14ils en arrivent
00:55:15assez facilement
00:55:16à des contenus
00:55:17qui sont des contenus
00:55:18racistes, antisémites
00:55:19homophobes
00:55:22transphobes
00:55:22racistes, antisémites
00:55:23homophobes
00:55:24transphobes
00:55:24je crois que c'est déjà
00:55:25pas mal
00:55:25et qui tous
00:55:28validisent
00:55:28peut-être aussi
00:55:30et qui tous
00:55:31en fait
00:55:32conduisent
00:55:33la même idéologie
00:55:34qui est celle
00:55:35de la supériorité
00:55:36des hommes
00:55:37sur les femmes
00:55:37et des hommes blancs
00:55:39sur le reste
00:55:39des autres individus
00:55:41donc ça s'inscrit
00:55:42dans un contexte
00:55:43qui est celui
00:55:44d'une remise en cause
00:55:45profonde
00:55:45de la démocratie
00:55:46et qui connaît
00:55:48un basculement
00:55:49nouveau
00:55:49à partir de la deuxième
00:55:51élection
00:55:51de Donald Trump
00:55:52et à partir du moment
00:55:53où la Silicon Valley
00:55:55rejoint politiquement
00:55:57Donald Trump
00:55:58dans le projet
00:55:58qu'on dit
00:55:59illibéral
00:56:00et on observait
00:56:02qu'avant
00:56:03cette période-là
00:56:04on pouvait reprocher
00:56:06aux réseaux sociaux
00:56:07et aux plateformes
00:56:08de ne pas être
00:56:08assez vigilant
00:56:09et d'être assez mou
00:56:10sur la régulation
00:56:12après l'élection
00:56:13de Donald Trump
00:56:14après un nombre
00:56:14de transferts
00:56:15économiques
00:56:16dans les réseaux
00:56:18on s'aperçoit
00:56:19qu'en fait
00:56:19ces contenus
00:56:20sont poussés
00:56:21et promus
00:56:23par les mêmes réseaux
00:56:24c'est pas simplement
00:56:25de l'indolence
00:56:26à la régulation
00:56:27ce à quoi on a affaire
00:56:28c'est une volonté politique
00:56:29et des chercheurs
00:56:31qu'on a rencontrés
00:56:32au Québec
00:56:33nous disaient
00:56:34que pour eux
00:56:35c'était un cheval
00:56:36de trois
00:56:36d'un projet politique
00:56:39global
00:56:39de destruction
00:56:40des démocraties
00:56:41dans nos pays
00:56:43ça c'est la première marque
00:56:44donc c'est effectivement
00:56:45bien une question politique
00:56:47c'est une question économique
00:56:49c'est pour ça
00:56:49que nous insistons aussi
00:56:50sur la question
00:56:50de la monétisation
00:56:51de ces contenus
00:56:52et nous demandons
00:56:53de les démonétiser
00:56:54ça rapporte beaucoup d'argent
00:56:55ça rapporte aux influenceurs
00:56:57parce qu'ils vendent
00:56:58des formations
00:56:59ils vendent des produits
00:57:00ils vendent des stéroïdes
00:57:02et ça rapporte aux plateformes
00:57:04bien entendu
00:57:05qui se réfugient
00:57:07le plus souvent
00:57:08derrière le fait
00:57:08qu'ils ne sont que
00:57:09des hébergeurs
00:57:09mais ils sont des bénéficiaires
00:57:11économiques
00:57:12de tout ce business
00:57:13du masculinisme
00:57:14qui s'est développé
00:57:15donc c'est pour ça
00:57:16que nous proposons
00:57:17une stratégie européenne
00:57:18deuxième sujet
00:57:19que nous avons abordé
00:57:21parce que notre but
00:57:22c'est de faire
00:57:22des états des lieux
00:57:23faire de sujets
00:57:25de dites sociétés
00:57:25des sujets politiques
00:57:26mais ensuite
00:57:27de proposer
00:57:28des réponses
00:57:29et des recommandations
00:57:32la première
00:57:32c'est que
00:57:33qui combat aujourd'hui
00:57:36le masculinisme
00:57:38principalement
00:57:38les associations féministes
00:57:40ce sont les associations féministes
00:57:41les lieux
00:57:42le HCE est là
00:57:44représenté par Muriel Dreyus
00:57:45ce sont les lieux
00:57:48où on observe
00:57:49la question féministe
00:57:50qui sont ceux
00:57:51où on peut
00:57:52identifier
00:57:53ce type de sujet
00:57:54et les combattre
00:57:55donc premier sujet
00:57:56donner aux associations féministes
00:57:59les moyens budgétaires
00:58:00et financiers
00:58:01pour qu'elles puissent
00:58:02faire leur travail
00:58:03de contre discours
00:58:06dissection des contenus
00:58:08analyse
00:58:08et ça va très vite
00:58:09parce que
00:58:10personne n'ignore
00:58:12que dans le monde numérique
00:58:14le temps qu'on s'aperçoive
00:58:15de quelque chose
00:58:16ils sont déjà passés
00:58:17à autre chose
00:58:17et à un autre sujet
00:58:19deuxième sujet important
00:58:20dans la question
00:58:21des familles
00:58:23moi je suis
00:58:24nous on a été très frappés
00:58:25par le nombre
00:58:25de témoignages
00:58:26Olivia et mes collègues
00:58:27l'ont évoqué auparavant
00:58:28encore ce matin
00:58:30un journaliste
00:58:31dans un couloir
00:58:32me disait que
00:58:33son petit garçon de 10 ans
00:58:35s'était mis à lui parler
00:58:36du besoin de manger
00:58:36des protéines
00:58:39d'où par où
00:58:39ce gamin de 10 ans
00:58:40s'intéresse aux protéines
00:58:41et bien il avait vu
00:58:43des vidéos
00:58:44dans lesquelles
00:58:45on lui disait
00:58:45que pour grandir
00:58:46et pour développer
00:58:47les muscles
00:58:47il fallait prendre
00:58:48des protéines
00:58:48donc il y a tout un business
00:58:51et toute une influence
00:58:52et ça rentre dans les familles
00:58:54c'est ce qu'on a évoqué
00:58:55donc il y a une question
00:58:56qui est pour nous importante
00:58:58qui est la question
00:58:58du soutien à la parentalité
00:59:00il faut aider les parents
00:59:02les mères
00:59:02les soeurs
00:59:03les filles
00:59:04en général
00:59:04à faire face
00:59:06à ces injonctions
00:59:07parce que le masculinisme
00:59:08produit des injonctions
00:59:10ça a été évoqué
00:59:11il y a un instant
00:59:11mais quand subitement
00:59:13une mère de famille
00:59:14entend son fils dire
00:59:15à sa soeur
00:59:15mais tu vas quand même
00:59:16pas sortir habillée comme ça
00:59:17t'as l'air
00:59:18d'une moins que rien
00:59:20et que c'est jamais
00:59:21quelque chose
00:59:21qu'on a dit à la maison
00:59:22ça veut dire que
00:59:22c'est venu d'ailleurs
00:59:23et c'est venu
00:59:24des divers influenceurs masculinistes
00:59:26qu'il a eu l'occasion
00:59:27de croiser
00:59:28sur les réseaux sociaux
00:59:29on demande aussi
00:59:30une stratégie interministérielle
00:59:32de prévention
00:59:33et lutte contre ces mouvements
00:59:35on peut pas
00:59:35alors ça a été dit
00:59:37on a le ministère de l'intérieur
00:59:38le ministère de la justice
00:59:40via la PJ
00:59:41l'éducation nationale
00:59:42qui a pris conscience
00:59:43et qui est en mouvement
00:59:44aussi
00:59:45mais on a besoin
00:59:46d'une stratégie
00:59:47interministérielle
00:59:48et de faire de la lutte
00:59:49contre le masculinisme
00:59:50une lutte de défense
00:59:51de la démocratie
00:59:52puisque la démocratie
00:59:53c'est quand même fondée
00:59:53sur le principe
00:59:54de l'égalité
00:59:55des citoyens
00:59:56pour participer
00:59:57à la décision collective
00:59:58dès lors que des contenus
01:00:01profèrent l'idée
01:00:02que les citoyens
01:00:03ne sont pas égaux
01:00:03et donc ils ne peuvent pas
01:00:05tous participer
01:00:05à la décision collective
01:00:06nous n'oublions pas quand même
01:00:07que Peter Thiel
01:00:08explique que
01:00:09le droit de vote
01:00:10des femmes
01:00:10est une hérésie
01:00:12dans l'histoire
01:00:13de l'humanité
01:00:13et donc c'est une remise
01:00:15en cause
01:00:16de la démocratie
01:00:16et donc il y a besoin
01:00:18que nos pouvoirs publics
01:00:21se mobilisent
01:00:22on a proposé
01:00:23que la journée
01:00:23du 25 janvier
01:00:24qui est une journée nationale
01:00:25de lutte contre le sexisme
01:00:27qui est insuffisamment
01:00:28à notre sens
01:00:29exploitée
01:00:30utilisée
01:00:31promue
01:00:31par les pouvoirs publics
01:00:33soit rebaptisée
01:00:33journée nationale
01:00:34de lutte contre le sexisme
01:00:35et le masculinisme
01:00:36parce qu'il faut nommer
01:00:37le masculinisme
01:00:38qui est aujourd'hui
01:00:39certes
01:00:40on dira toujours
01:00:41que c'est la forme nouvelle
01:00:42des antiféministes
01:00:43mais sauf que
01:00:44les antiféministes
01:00:45sont passés
01:00:45du comptoir
01:00:46du café du coin
01:00:47à une diffusion
01:00:50massive
01:00:51sur l'ensemble
01:00:52de la population
01:00:53donc ça peut paraître
01:00:55symbolique
01:00:55mais c'est l'action importante
01:00:56enfin je voudrais
01:00:57peut-être conclure
01:00:58en disant une chose
01:00:58il faut mesurer
01:00:59la violence
01:01:00qui est incluse
01:01:01dans cette affaire
01:01:02de masculinisme
01:01:03et c'est une violence
01:01:04à plusieurs niveaux
01:01:05d'abord au niveau
01:01:06risque terroriste
01:01:07c'est identifié
01:01:09par le PNAT
01:01:09et la DGSI
01:01:11premier niveau
01:01:12de violence
01:01:13c'est une violence
01:01:14à l'égard des femmes
01:01:15au quotidien
01:01:16dans la vie
01:01:18puisque les gamins
01:01:18les hommes
01:01:20qui pratiquent
01:01:22le masculinisme
01:01:23on peut le dire
01:01:23comme ça
01:01:24déploient
01:01:25dans leur quotidien
01:01:26on a vu
01:01:26ce week-end
01:01:27le fameux
01:01:30clavinator
01:01:31claviculare
01:01:33qui se promenait
01:01:34avec sa petite vidéo
01:01:35merci aux parisiennes
01:01:36et aux françaises
01:01:37d'avoir remis
01:01:38ce garçon
01:01:38à la place
01:01:38où il fallait le mettre
01:01:39c'est à dire
01:01:39de l'avoir renvoyé
01:01:41au ridicule
01:01:42et à la violence
01:01:42de son propos
01:01:43on est très fiers
01:01:44il a dit qu'on était
01:01:45toutes des lesbiennes
01:01:46on est très fiers
01:01:46que ce soit en France
01:01:48qu'il ait pris
01:01:49une petite leçon
01:01:50donc violence
01:01:52à l'égard des femmes
01:01:53au quotidien
01:01:54cyber-violence
01:01:55cyber-harcèlement
01:01:56le cyber-harcèlement
01:01:57est un des outils
01:01:58des masculinistes
01:01:59et puis enfin
01:02:00violence contre
01:02:01les garçons eux-mêmes
01:02:02par toute cette
01:02:05mythification
01:02:06de la virilité
01:02:07et de la musculation
01:02:09et du muscle
01:02:10qui passe
01:02:10par la consommation
01:02:11de produits
01:02:12très toxiques
01:02:13pour des gamins
01:02:15et des jeunes gens
01:02:16enfin donc
01:02:17le monde politique
01:02:18doit aussi
01:02:18et ça c'est
01:02:19ma petite touche
01:02:20personnelle
01:02:20faire attention
01:02:21à lui-même
01:02:24il vous a pas échappé
01:02:25qu'il y a encore
01:02:25beaucoup d'hommes
01:02:25dans le monde politique
01:02:27faire attention
01:02:28à lui-même
01:02:28à faire attention
01:02:29à ses présupposés
01:02:32ou à ses
01:02:32comment dire
01:02:33à ses lieux communs
01:02:34ses poncifs
01:02:35qui circulent
01:02:36toujours dans notre monde
01:02:37un des fondamentaux
01:02:39des masculinistes
01:02:40c'est de dire
01:02:41ça a été évoqué tout à l'heure
01:02:42je crois par Béatrice
01:02:43ou Olivia
01:02:44c'est de dire
01:02:46des féministes
01:02:47c'est bon
01:02:47elles ont un moment
01:02:48assez obtenu
01:02:49les femmes ça va
01:02:50et c'est malheureusement
01:02:52des choses qu'on entend encore
01:02:53de temps en temps
01:02:53autour de nous
01:02:54qu'est-ce qu'elles veulent
01:02:55encore les féministes
01:02:56et quand un homme politique
01:02:57reprend à son compte
01:02:59ce type de discours
01:02:59il alimente lui aussi
01:03:01la crédibilité
01:03:03des propos masculinistes
01:03:04je vous remercie
01:03:04on a une dernière question
01:03:06en visio
01:03:08Mathilda Ruiz
01:03:09Yes
01:03:09pour mesinfos.fr
01:03:11sur le financement
01:03:13des associations féministes
01:03:15dont ce financement
01:03:17qui a baissé
01:03:18entre 2024
01:03:19et 2025
01:03:20or elles sont
01:03:21un levier nécessaire
01:03:22à la lutte
01:03:23contre le masculinisme
01:03:24comment leur donner
01:03:25davantage de moyens
01:03:26en tenant compte
01:03:27du contexte budgétaire
01:03:29actuel
01:03:32dans le contexte budgétaire
01:03:34actuel
01:03:34qui certes est très pesant
01:03:35la demande
01:03:36des associations féministes
01:03:37c'est quand même
01:03:38pas énorme
01:03:39par rapport aux sommes
01:03:41qui sont en jeu
01:03:41dans le contexte budgétaire
01:03:43donc je pense
01:03:44qu'on peut tout à fait
01:03:45dans le contexte budgétaire
01:03:47actuel
01:03:47accorder aux associations
01:03:49féministes
01:03:49les moyens
01:03:50de mener
01:03:52la bataille culturelle
01:03:53pour autant
01:03:54les plateformes
01:03:55ont un petit peu
01:03:56tendance à considérer
01:03:57que c'est aux associations
01:03:57féministes
01:03:58de faire le boulot
01:04:00de repérage
01:04:03et alerte
01:04:04pour les inciter
01:04:06à la régulation
01:04:07il faut aussi
01:04:08que les plateformes payent
01:04:09parce que c'est eux
01:04:11qui sont à l'origine
01:04:13de la toxicité
01:04:15on ne peut pas demander
01:04:17au budget de l'état
01:04:19de prendre en charge
01:04:20sur ses propres données
01:04:22la régulation
01:04:24de ce que les plateformes
01:04:25autorisent
01:04:26je dis ça
01:04:27parce qu'il y a une petite
01:04:28tendance à nous dire
01:04:28il n'y a qu'à demander
01:04:29aux associations féministes
01:04:30elles n'ont qu'à nous signaler
01:04:32oui mais qui paye
01:04:33les associations féministes
01:04:33pour signaler
01:04:34il faut que les plateformes payent
01:04:38j'aimerais compléter
01:04:39cette brillante intervention
01:04:41si je peux
01:04:45on nous demande
01:04:46de voter 36 milliards
01:04:47supplémentaires pour l'armée
01:04:48ce serait encore insuffisant
01:04:49pour répondre à la menace
01:04:50je ne conteste pas
01:04:51cette chose
01:04:52je dis juste que
01:04:54à enchaîner
01:04:55les priorités
01:04:56les unes après les autres
01:04:57parce que c'est une question
01:04:58de priorité de politique publique
01:05:00on enlève toujours à Paul
01:05:01ce qu'on donne à Jacques
01:05:02et il y a un moment
01:05:04où on se retrouve
01:05:04un peu tout nu
01:05:05donc
01:05:07je dis ça
01:05:08puisque ce matin
01:05:08ont débuté
01:05:09les travaux
01:05:10de la commission d'enquête
01:05:12sur l'état
01:05:13de la chaîne pénale
01:05:15et du monde judiciaire
01:05:16et de la réponse
01:05:16adaptée
01:05:18pour la pédocriminalité
01:05:23lorsque les violences
01:05:25intrafamiliales
01:05:25ont été déclarées
01:05:28priorité nationale
01:05:29j'ai oublié comment ça s'appelait
01:05:31les budgets ont été pris
01:05:32sur la protection
01:05:33sur la lutte contre la pédocriminalité
01:05:35de ce qu'on m'avait expliqué
01:05:36donc aujourd'hui
01:05:38on revient à la lutte
01:05:39contre
01:05:40la lutte contre les atteintes sexuelles
01:05:42sur mineurs
01:05:43évidemment c'est très important
01:05:44où est-ce qu'on va prendre le budget
01:05:47depuis que je suis élue
01:05:48depuis octobre 2023
01:05:50on n'entend que parler
01:05:51de lutte contre
01:05:53le narco
01:05:54et le grand banditisme
01:05:55je ne dis pas
01:05:55qu'il ne faut pas lutter
01:05:56contre le narco
01:05:57et le grand banditisme
01:05:57mais une priorité nationale
01:05:59en chasse une autre
01:06:00il y a un moment
01:06:01on va peut-être réfléchir
01:06:02à ce qu'on veut
01:06:03comme projet de société
01:06:04c'est ça qu'on dit
01:06:06et que tout est lié
01:06:07et que mettre l'argent
01:06:08dans les gros fusils
01:06:09et dans les grosses armes
01:06:11ce n'est pas n'importe qui
01:06:12qui prend la décision
01:06:13de faire ça
01:06:14et que peut-être
01:06:15on pourrait essayer
01:06:16de s'entendre
01:06:17pour réussir
01:06:18à vivre tous ensemble
01:06:20alors je vais rebondir
01:06:21là-dessus
01:06:22en disant que
01:06:23justement
01:06:23on met de l'argent
01:06:24dans notre armée
01:06:25parce qu'on se dit
01:06:25qu'il y a potentiellement
01:06:27une menace russe
01:06:28qui est une menace
01:06:29sur notre société aussi
01:06:30puisque là on voit bien
01:06:31que ce que prône la Russie
01:06:33c'est un combat sociétal
01:06:35c'est parce que
01:06:38justement
01:06:38on soutient l'homosexualité
01:06:40on laisse trop de place
01:06:41aux femmes
01:06:41c'est le même combat
01:06:43c'est le même combat
01:06:44donc on comprend
01:06:45qu'il faille
01:06:46le combattre
01:06:46par les armes
01:06:47quand ils arrivent
01:06:48avec des chars
01:06:49pour autant
01:06:50il ne faut pas
01:06:50le combattre
01:06:51que par les armes
01:06:51parce que
01:06:52par les réseaux
01:06:53et on sait bien
01:06:54que les réseaux
01:06:55russes
01:06:55entre autres
01:06:57attaquent nos réseaux
01:06:58et bien
01:06:58ils l'attaquent
01:06:59entre autres
01:07:01culturellement
01:07:02par le biais
01:07:02du masculinisme
01:07:03donc c'est exactement
01:07:05le même combat
01:07:05et donc
01:07:07c'est pour la même raison
01:07:08qu'il faut qu'on trouve
01:07:08du financement
01:07:09pour pouvoir lutter
01:07:10et j'accueille
01:07:11en salle des conférences
01:07:12Béatrice Gosselin
01:07:13bonjour
01:07:13bonjour
01:07:14vous êtes sénatrice
01:07:14LR de la Manche
01:07:15vous étiez l'une des
01:07:16co-rapporteurs
01:07:16de ce travail
01:07:17sur le masculinisme
01:07:18quelle était l'idée
01:07:19avec ce rapport
01:07:20c'est d'abord
01:07:20de faire connaître
01:07:21au plus grand nombre
01:07:22les dérives
01:07:23d'un phénomène
01:07:24que le grand public
01:07:25connaît mal
01:07:26c'est la première fois
01:07:27qu'une institution
01:07:27parlementaire française
01:07:28dresse un état des lieux
01:07:29complet de ce phénomène
01:07:30encore peu documenté
01:07:31on peut le dire
01:07:32voilà alors
01:07:33évidemment
01:07:33c'est la première fois
01:07:34que en France
01:07:35nous avons un rapport
01:07:37sur ce sujet
01:07:37c'est vrai comme vous le disiez
01:07:39que ça n'est pas forcément connu
01:07:40mais c'est quelque chose
01:07:41qui se distille
01:07:42et qui se distille notamment
01:07:43de façon insidieuse
01:07:44dans nos jeunes générations
01:07:45et c'est pourquoi
01:07:46c'est pourquoi
01:07:46la DDF
01:07:48la délégation des droits des femmes
01:07:49a décidé de s'en emparer
01:07:50et de travailler sur ce sujet
01:07:52votre rapport
01:07:52qui parle d'un mouvement
01:07:53social et politique
01:07:55qui vise à anéantir
01:07:56les droits des femmes
01:07:57et in fine
01:07:57à démanteler
01:07:59notre socle démocratique
01:08:00si on voulait parler
01:08:01de ce phénomène
01:08:02aux gens qui le connaissent mal
01:08:03comment l'expliquer ?
01:08:05alors ce phénomène
01:08:06il était latent
01:08:07il existe depuis des lustres
01:08:09et depuis des siècles
01:08:10parce qu'il y a toujours eu
01:08:11cette quasiment compétition
01:08:14entre les hommes et les femmes
01:08:15les femmes
01:08:16ayant toujours voulu
01:08:18et c'est normal
01:08:18récupérer des droits
01:08:19parce que souvent
01:08:20une société patriarcale
01:08:21ou une société
01:08:23souhaitait que
01:08:23l'homme était l'homme fort
01:08:25l'homme protecteur
01:08:26et la femme était
01:08:26la femme soumise
01:08:27qui devait s'occuper
01:08:28de façon essentielle
01:08:31des enfants
01:08:32et de la famille
01:08:32donc ça
01:08:33les femmes se battent
01:08:34depuis des générations
01:08:36pour cette équité
01:08:37cette égalité
01:08:38entre les hommes
01:08:39et les femmes
01:08:40et donc
01:08:40c'est une réaction
01:08:41c'est un moment réactionnaire
01:08:43à cette demande
01:08:44de gain de droit
01:08:45de la part des femmes
01:08:46voilà
01:08:46en 1970
01:08:47dans les années 70
01:08:48on disait déjà
01:08:48que l'égalité était atteinte
01:08:50ce qui n'était pas
01:08:50tout à fait le cas
01:08:51donc il y a eu
01:08:52des avancements depuis
01:08:53et c'est très bien
01:08:53il y a eu pas mal de choses
01:08:57et l'égalité dans le monde
01:08:58du travail
01:08:58l'égalité dans le monde
01:09:00représentatif, politique
01:09:01n'est pas encore
01:09:02complètement atteinte
01:09:02mais il y a une évolution
01:09:03et il faut qu'elle continue
01:09:04et c'est souvent
01:09:06une volonté
01:09:07de contrecarrer
01:09:08cette évolution féminine
01:09:09vous parlez d'un phénomène
01:09:10grandissant
01:09:11est-ce qu'on a une idée précise
01:09:12du poids du masculinisme
01:09:14dans la société actuelle
01:09:15en France ?
01:09:16alors du poids du masculinisme
01:09:17ça dépend à quel niveau
01:09:18vous vous placez
01:09:19si c'est sur le plan
01:09:21le masculiniste radical
01:09:23avec des dangers
01:09:24des dangers
01:09:25et des atteintes
01:09:28verbales
01:09:29ou plus graves
01:09:30des atteintes
01:09:31des gestes
01:09:32qui sont dangereux
01:09:33pour les femmes
01:09:34il y en a
01:09:35il y en a eu
01:09:36il y en aura
01:09:37j'espère que ça diminera
01:09:38il y en a
01:09:39si on parle de ce qui se distille
01:09:41dans la tête de nos enfants
01:09:42ça c'est beaucoup plus récent
01:09:43et c'est vraiment
01:09:43quelque chose
01:09:44qui est inquiétant
01:09:45ce mouvement n'est pas anodin
01:09:47car il mène aussi
01:09:48à une forme de radicalisation
01:09:49violente
01:09:49et même des attentats
01:09:50comme au Québec
01:09:51récemment
01:09:52c'est un mouvement dangereux
01:09:53comment on explique
01:09:54ce niveau de violence
01:09:55qu'il peut atteindre ?
01:09:56c'est tout un paroxyme
01:09:58c'est tout un chemin
01:09:59qui se fait
01:10:01avec beaucoup
01:10:01et là
01:10:02on pourra en parler
01:10:03tout à l'heure
01:10:03mais de l'importance
01:10:04des plateformes
01:10:04et du numérique
01:10:06et donc
01:10:08des gens
01:10:08qui se radicalisent
01:10:10qui continuent
01:10:11à lire des contenus
01:10:12qui ont tout un tas
01:10:13il y a beaucoup
01:10:14d'expressions
01:10:16de ce mouvement
01:10:17c'est parfois
01:10:18tout simplement
01:10:19dans le langage
01:10:19dans l'idéologie
01:10:20c'est parfois
01:10:21tout simplement aussi
01:10:21dans le sport
01:10:23dans plein de domaines
01:10:25et ces sujets
01:10:27continuent à se développer
01:10:28on a beaucoup d'argent
01:10:29qui se fait derrière aussi
01:10:31et de fil en aiguille
01:10:32on a des gens
01:10:33qui deviennent
01:10:34qui ont la haine des femmes
01:10:36et déjà en 1989
01:10:37le premier attentat
01:10:39qui a été reconnu
01:10:40bien après 1989
01:10:42comme étant
01:10:42un attentat
01:10:43lié à la mouvance
01:10:44terroriste
01:10:45masculiniste
01:10:47a été fait
01:10:48par
01:10:49je vais oublier son nom
01:10:50mais je vais vous le retrouver
01:10:51mais
01:10:5414 femmes
01:10:55ont été tuées
01:10:56en repasant cette émission
01:10:57j'étais surpris
01:10:57de lire des commentaires
01:10:58sur les réseaux sociaux
01:10:59de Public Sénat
01:10:59où on évoque
01:11:00le masculiniste claviculaire
01:11:01qui était à Paris
01:11:02la semaine dernière
01:11:03les internautes
01:11:04qui dénoncent
01:11:04le fait même
01:11:05que notre chaîne
01:11:06en parle
01:11:06il ne faudrait pas
01:11:07leur faire de publicité
01:11:08qu'est-ce que vous en pensez ?
01:11:10il faut en parler
01:11:11et je trouve très bien
01:11:12que les femmes
01:11:13aient réagi
01:11:13à cette venue
01:11:14d'une personne
01:11:15qui franchement
01:11:15n'est pas un modèle démocratique
01:11:17au moins s'en faut
01:11:18et donc voilà
01:11:20secrétaire de contenu
01:11:21américain
01:11:21complètement
01:11:22avec des propos
01:11:23qui sont complètement inadmissibles
01:11:26et je suis très heureuse
01:11:27qu'il y ait une réaction féminine
01:11:28maintenant
01:11:29est-ce qu'il faut
01:11:30le médiatiser
01:11:31pour lui donner
01:11:33pignon sur rue ?
01:11:34je ne suis pas certaine
01:11:34très bien
01:11:35et donc du coup
01:11:35ce que vous saluez plutôt
01:11:37c'est la réaction
01:11:38des parisiennes
01:11:39dans les vidéos
01:11:40qui tournent autour
01:11:41de Claviculaire
01:11:42et ces femmes
01:11:43qui ne se laissent pas faire
01:11:44par ce
01:11:45influenceur
01:11:45quelqu'un qui dit
01:11:46voilà
01:11:46ces propos n'ont pas lieu d'être
01:11:48j'ai une dernière question
01:11:49quelles sont les grandes propositions
01:11:50de votre rapport
01:11:51à un nouveau délit
01:11:52également un cadre plus strict
01:11:53pour les mineurs
01:11:54sur les réseaux sociaux
01:11:55alors un nouveau délit
01:11:56et là ce sont les plateformes
01:11:57qu'il faut
01:11:58d'abord au niveau
01:11:59des délits
01:12:00c'est-à-dire
01:12:01que les gens soient condamnés
01:12:02quand il y a des actes
01:12:03ou quand il y a des gestes
01:12:05qui sont condamnables
01:12:06qui est tout de suite
01:12:07une réaction
01:12:09pénale
01:12:09et financière
01:12:10alors je pense
01:12:11qu'on pourrait le faire
01:12:12il faut maintenant
01:12:13que ça soit mis en place
01:12:14et qu'on soit suffisamment réactif
01:12:15pour que derrière
01:12:16ça fasse tout de suite
01:12:18écran à ces violences
01:12:20et puis sur le plan
01:12:21au niveau des plateformes numériques
01:12:22et bien il y a un arrêt
01:12:23il y a un arrêt
01:12:24de la cour de justice européenne
01:12:26qui vient d'arriver
01:12:26qui met en accusation
01:12:28et qui demande
01:12:30aux plateformes
01:12:31d'être responsables
01:12:32quand elles véhiculent
01:12:35des éodologies
01:12:36dans leurs algorithmes
01:12:37et bien je pense
01:12:38que c'est une bonne chose
01:12:39mais ça ne suffira pas
01:12:40il faudra continuer
01:12:40à ce que les plateformes
01:12:42prennent conscience
01:12:42que ce sont des délits
01:12:44ce sont des atteintes
01:12:46à la vie
01:12:47et à la démocratie
01:12:48et il faut vraiment
01:12:49qu'on soit très très vigilant
01:12:50là-dessus
01:12:50et bien merci
01:12:51on entend votre alerte
01:12:52sur ce masculinisme rampant
01:12:54merci à vous
01:12:54Béatrice Gosselin
01:12:59voilà on parlait
01:13:00de cette interdiction
01:13:01des réseaux sociaux
01:13:02pour les moins de 15 ans
01:13:03avec Béatrice Gosselin
01:13:04c'est justement au cœur
01:13:04d'une question
01:13:05dans l'actualité
01:13:06faut-il interdire
01:13:07ces réseaux sociaux
01:13:08et comment
01:13:08une proposition de loi
01:13:10pour aller en ce sens
01:13:11doit avoir le jour
01:13:12bientôt au Parlement
01:13:13le chef de l'État
01:13:14a dit récemment
01:13:15vouloir fermer les comptes
01:13:16des moins de 15 ans
01:13:17d'ici à la fin de l'année
01:13:18voyez l'extrait d'un colloque
01:13:20qui se tenait
01:13:20cette semaine au Sénat
01:13:21la santé mentale
01:13:23est multifactorielle
01:13:24et c'est très difficile
01:13:25y compris dans des situations
01:13:26individuelles
01:13:26d'identifier exactement
01:13:27les ou le facteurs
01:13:29qui ont pu
01:13:31précipiter quelqu'un
01:13:32vers des difficultés
01:13:33y compris majeures
01:13:34mais clairement
01:13:36l'utilisation
01:13:37pas seulement
01:13:38des réseaux sociaux
01:13:39mais de supports numériques
01:13:41dont les caractéristiques
01:13:43peuvent à la fois
01:13:44être addictives
01:13:45entraîner une surconsommation
01:13:47une surutilisation
01:13:48et exposer
01:13:51les jeunes
01:13:52à certains types
01:13:53de risques
01:13:54contribue clairement
01:13:55en tout cas
01:13:56à l'échelle populationnelle
01:13:57à la dégradation
01:13:58de la santé mentale
01:13:59des jeunes
01:13:59et on se pose maintenant
01:14:00de plus en plus
01:14:01de questions
01:14:01sur des usages addictifs
01:14:04pour les jeux vidéo
01:14:05l'addiction
01:14:06est déjà reconnue
01:14:08par la communauté internationale
01:14:09ce sera peut-être le cas
01:14:10pour l'utilisation
01:14:11des réseaux sociaux
01:14:13plus tard
01:14:15et donc peut-être
01:14:16juste pour commencer
01:14:17par quelques chiffres
01:14:18alors sans être redondante
01:14:19on a déjà parlé
01:14:21des 4 à 5 heures par jour
01:14:23que les adolescents
01:14:25passent
01:14:25à utiliser
01:14:26leurs écrans
01:14:27mais c'est quand même
01:14:28principalement
01:14:28leur smartphone par jour
01:14:29donc ça c'est en semaine
01:14:31pendant le week-end
01:14:32c'est 6 heures
01:14:32si vous avez vu
01:14:33les chiffres du dernier
01:14:34eurobaromètre
01:14:35qui vient d'être publié
01:14:36sur le sujet
01:14:36les parents sous-estiment
01:14:38très largement
01:14:38l'exposition
01:14:39de leurs enfants
01:14:40et j'y reviendrai
01:14:41les jeunes disent
01:14:42d'ailleurs eux-mêmes
01:14:43qu'ils ont été exposés
01:14:46pour plus de 30%
01:14:47d'entre eux
01:14:48à des fausses informations
01:14:49pour plus de 30%
01:14:51d'entre eux
01:14:51à des discours haineux
01:14:5220 à 25%
01:14:54des jeunes interrogés
01:14:55disent avoir vu
01:14:57des contenus
01:14:57qui mettent la pression
01:14:58sur leur apparence physique
01:15:00ou sur la manière
01:15:01dont ils se présentent
01:15:02eux-mêmes
01:15:03et entre 10 à 20%
01:15:06ont vu des contenus
01:15:08violents ou pornographiques
01:15:09sans les avoir sollicités
01:15:10en tout cas
01:15:11c'est ce qu'ils déclarent
01:15:11dans les enquêtes
01:15:12donc c'est juste pour dire
01:15:14que quand même
01:15:14on est sur des niveaux
01:15:15d'exposition
01:15:15à des situations à risque
01:15:17très très élevées
01:15:18à l'échelle de la population
01:15:20et je ne reviendrai pas
01:15:20sur les risques spécifiques
01:15:22pour la santé mentale
01:15:23mais aussi pour la santé physique
01:15:24qu'on a tendance
01:15:25à oublier un tout petit peu
01:15:25et il n'y a pas
01:15:28de débat scientifique
01:15:28sur le fait
01:15:29que passer beaucoup de temps
01:15:30sur un écran
01:15:30est associé au risque
01:15:31de surpoids
01:15:32à des problèmes de vue
01:15:34à la fatigue
01:15:35et alors le sommeil
01:15:37s'est peut-être
01:15:37un tout petit peu
01:15:38plus débattu
01:15:39mais le travail
01:15:41qu'on mène
01:15:41dans le cadre
01:15:42du panel spécial
01:15:44de la commission européenne
01:15:45sur ce sujet
01:15:46encore une fois
01:15:47il dépasse
01:15:48la question simple
01:15:49des réseaux sociaux
01:15:50pourquoi ?
01:15:50parce qu'il n'y a pas
01:15:51de définition légale
01:15:52des réseaux sociaux
01:15:53et qu'en réalité
01:15:54le cadre réglementaire
01:15:56tel qu'il existe
01:15:57nous dit
01:15:58que ce sont
01:15:59certains types
01:15:59de fonctionnalités
01:16:00des supports numériques
01:16:01qui peuvent effectivement
01:16:03être utilisés
01:16:03par les réseaux sociaux
01:16:04mais aussi par les jeux vidéo
01:16:05aussi par l'IA générative
01:16:07qui conduisent
01:16:08à un usage
01:16:09donc c'est toutes
01:16:10les fonctionnalités
01:16:11addictives
01:16:12qui conduisent
01:16:14à un usage
01:16:15incontrôlé
01:16:16une surconsommation
01:16:19aussi
01:16:20et plus on utilise
01:16:21plus on passe
01:16:21de temps sur
01:16:22les supports numériques
01:16:24divers et variés
01:16:25mais notamment
01:16:25les réseaux sociaux
01:16:26plus on est exposé
01:16:27à des contenus violents
01:16:28ou à caractère sexuel
01:16:30il faut savoir aussi
01:16:31que malheureusement
01:16:32aussi bien
01:16:32les réseaux sociaux
01:16:33que les supports
01:16:34que les jeux vidéo
01:16:36en réseau
01:16:37sont aussi
01:16:37énormément utilisés
01:16:39par des prédateurs
01:16:40sexuels
01:16:41des pédocriminels
01:16:42qui ciblent
01:16:42directement
01:16:43les enfants
01:16:44et il y a un énorme sujet
01:16:46là vraiment
01:16:46de protection
01:16:47des enfants
01:16:48à réaliser
01:16:50ce que j'aimerais dire
01:16:52c'est que
01:16:53les caractéristiques
01:16:54des supports numériques
01:16:56tels qu'ils existent
01:16:57aujourd'hui
01:16:57font partie du problème
01:16:58et on espère
01:17:00que l'Union Européenne
01:17:01va agir
01:17:02sur ce sujet
01:17:03l'autre aspect
01:17:05c'est aussi
01:17:06les normes
01:17:06d'usage
01:17:07qui existent
01:17:08c'est-à-dire
01:17:09le fait
01:17:10qu'aujourd'hui
01:17:11en France
01:17:11un adolescent
01:17:12de 11-12 ans
01:17:13a en majorité
01:17:14un smartphone
01:17:15c'est beaucoup
01:17:16à l'entrée
01:17:16en sixième
01:17:17alors c'est parfois
01:17:18parce que ça rassure
01:17:19les parents
01:17:19mais c'est aussi
01:17:20parce que tous
01:17:20ses copains
01:17:21et copines
01:17:21utilisent les réseaux
01:17:23sociaux
01:17:23WhatsApp
01:17:23etc
01:17:24et ça
01:17:24peut-être
01:17:25que c'est une norme
01:17:26qui pourrait évoluer
01:17:27un tout petit peu
01:17:29pour que
01:17:30les supports numériques
01:17:32et les différentes activités
01:17:33en ligne
01:17:34ne supplantent pas
01:17:34entièrement
01:17:35les activités
01:17:36qui ne sont pas en ligne
01:17:37et qui restent
01:17:38très importantes
01:17:38pour le bon développement
01:17:40des enfants
01:17:40et des adolescents
01:17:41et d'ailleurs
01:17:41avec mon collègue
01:17:43Jörg Fogert
01:17:44qui est psychiatre
01:17:45de l'enfant
01:17:45et de l'adolescent
01:17:46nous avons beaucoup
01:17:47insisté pour que
01:17:48le travail de l'Union Européenne
01:17:49sur ce sujet
01:17:50s'inscrive dans une approche
01:17:51développementale
01:17:52c'est-à-dire
01:17:54les enfants
01:17:55il y a la convention
01:17:56des Nations Unies
01:17:57sur les enfants
01:17:59mais les enfants
01:18:00entre 0 et 18 ans
01:18:01sont très très différents
01:18:02et leurs besoins
01:18:03Justement
01:18:03si je peux me permettre
01:18:04est-ce qu'en quoi
01:18:05les jeunes sont
01:18:06beaucoup plus sensibles
01:18:07justement aux écrans
01:18:08et pourquoi leur cerveau
01:18:10est plus fragile
01:18:11pourquoi ça les touche
01:18:12particulièrement
01:18:13peut-être plus que les adultes
01:18:14puisqu'on parlait
01:18:14des adultes tout à l'heure
01:18:15en quoi
01:18:16ils ne sont particulièrement
01:18:17vulnérables
01:18:17à une certaine période
01:18:18de la vie
01:18:18Alors je pourrais laisser
01:18:20Amine Benyamina compléter
01:18:21mais il y a différents aspects
01:18:22il y a d'abord le fait
01:18:23que les enfants
01:18:24pour se développer
01:18:25apprendre
01:18:26les relations
01:18:27avec les autres
01:18:28développer des compétences
01:18:29sociales, physiques
01:18:30relationnelles
01:18:31affectives
01:18:31ont besoin
01:18:32d'interactions réelles
01:18:33et si les écrans
01:18:35viennent supplanter
01:18:37tout ce qu'ils ont
01:18:38à apprendre
01:18:38dans leur vie
01:18:39de tous les jours
01:18:40malheureusement
01:18:41ils ne l'apprennent pas
01:18:42et ils ne se développent pas
01:18:44de manière tout à fait optimale
01:18:45et ça c'est vraiment lié
01:18:46aux phases du développement
01:18:48à 25 ou 30 ans
01:18:49on a appris
01:18:50à parler
01:18:51créer des liens
01:18:52avec les autres
01:18:53etc
01:18:53et même si on passe
01:18:54beaucoup de temps
01:18:55sur les écrans
01:18:55ces choses là
01:18:56sont derrière nous
01:18:57l'autre aspect important
01:18:59c'est que
01:18:59effectivement
01:19:00les enfants
01:19:00ne sont pas en mesure
01:19:01et les adolescents
01:19:02ne sont pas en mesure
01:19:02de réguler
01:19:03leur comportement
01:19:04parce que leur cerveau
01:19:05est en développement
01:19:06jusqu'à l'âge de 25 ans
01:19:08et donc
01:19:09le risque d'addiction
01:19:10et de comportement
01:19:11incontrôlé
01:19:12est plus important
01:19:13et puis il faut savoir
01:19:13que l'adolescence
01:19:15et l'entrée dans la vie adulte
01:19:16c'est vraiment
01:19:16les périodes
01:19:17où la survenue
01:19:17des troubles psychiques
01:19:18et des conduites addictives
01:19:19est la plus importante
01:19:20avec en plus
01:19:21des impacts
01:19:23sur la scolarité
01:19:24notamment
01:19:24qu'on ne peut pas
01:19:25rattraper plus tard
01:19:25c'est à dire
01:19:26si on se loupe
01:19:27si pour X raisons
01:19:30on décroche de l'école
01:19:32on se déscolarise
01:19:33c'est pas quelque chose
01:19:34qui est facile à rattraper
01:19:35quand on a 30 ans
01:19:37quand on a passé ce cap
01:19:39donc il y a ces différents aspects
01:19:40moi je voulais juste
01:19:41revenir sur une petite chose
01:19:42avant de terminer
01:19:43c'est le fait
01:19:44qu'on a donc beaucoup parlé
01:19:45de cette approche
01:19:45développementale
01:19:46notamment pour s'interroger
01:19:47aussi sur le rôle
01:19:48des parents
01:19:49parce que évidemment
01:19:50les parents sont responsables
01:19:51du développement
01:19:52et de la sécurité
01:19:53de leurs enfants
01:19:54mais leur rôle
01:19:56évolue entre 0 et 18 ans
01:19:58c'est assez
01:19:59voilà c'est assez évident
01:20:00mais leur rôle
01:20:01dans la manière
01:20:02dont ils peuvent aussi
01:20:03protéger
01:20:03accompagner leurs enfants
01:20:04face à des dangers
01:20:05en ligne
01:20:05évolue aussi
01:20:06et je pense que c'est important
01:20:08de bien se rendre compte
01:20:09du fait que
01:20:10tous les parents
01:20:11ne sont pas à même
01:20:12de protéger leurs enfants
01:20:13de la même manière
01:20:14pour plein de raisons différentes
01:20:15parce qu'ils peuvent eux-mêmes
01:20:16avoir des difficultés psychologiques
01:20:18ne pas comprendre
01:20:19l'importance
01:20:21ou la manière
01:20:23de bien se saisir
01:20:24de ces outils numériques
01:20:25on voit déjà
01:20:25d'énormes inégalités
01:20:26et je pense que
01:20:27ce sera confirmé
01:20:29sans doute
01:20:29par les personnes
01:20:30de l'éducation nationale
01:20:31et donc
01:20:32pour ça
01:20:33on est
01:20:34dans ce groupe
01:20:36qui travaille
01:20:36au nom de la commission européenne
01:20:37on est très préoccupé
01:20:38par les questions
01:20:39d'inégalités
01:20:39alors d'inégalités
01:20:40entre pays
01:20:40vous l'avez mentionné
01:20:41mais aussi d'inégalités sociales
01:20:43et pour ça
01:20:44il faut vraiment
01:20:45des actions universelles
01:20:46qui s'appliquent à tous
01:20:48et à toutes
01:20:49qui pourraient consister
01:20:50à tout simplement
01:20:51faire en sorte
01:20:52que l'internet
01:20:53soit sécure
01:20:55je sais pas
01:20:57pas addictif
01:20:58enfin bon
01:20:58pour tout le monde
01:20:58et on espère que ce sera
01:21:00le cas au sein de l'Union européenne
01:21:01mais en attendant
01:21:02des actions
01:21:04immédiates
01:21:05dès maintenant
01:21:05pour protéger les enfants
01:21:07et repousser le plus possible
01:21:08leur exposition
01:21:09à un certain nombre
01:21:10de fonctionnalités numériques
01:21:13qui posent des risques
01:21:14et des contenus
01:21:16qui peuvent être carrément
01:21:19violents
01:21:20qui peuvent les amener
01:21:21vers de l'abus sexuel
01:21:22etc.
01:21:23est une nécessité absolue
01:21:25et on parle de ce colloque
01:21:27sur l'interdiction des réseaux sociaux
01:21:28au moins de 15 ans
01:21:29avec David Ross
01:21:30bonjour
01:21:30bonjour
01:21:31vous êtes sénateur socialiste
01:21:32de l'Essonne
01:21:33avant d'aller sur le fond des débats
01:21:34où en sommes-nous
01:21:35de cette interdiction
01:21:36on avait le sentiment
01:21:37qu'il y avait une volonté politique
01:21:38d'avancer rapidement en France
01:21:40de la part du président
01:21:41de la République
01:21:41mais également du Parlement
01:21:42tout semblait aligné
01:21:44pourquoi est-ce que
01:21:45cette interdiction
01:21:46n'est toujours pas votée ?
01:21:47alors j'ai envie de dire
01:21:48parce que le Sénat
01:21:49a particulièrement bien travaillé
01:21:50c'est-à-dire qu'il y avait
01:21:51une proposition de loi
01:21:52au départ
01:21:52qui était portée
01:21:54par Catherine Morin de Sailly
01:21:55elle n'a pas été envoyée
01:21:56à l'Assemblée
01:21:57le gouvernement a souhaité
01:21:58mettre le paquet
01:21:59avec la proposition de loi
01:22:00de Laure Miller
01:22:01d'une députée donc
01:22:02d'une députée
01:22:03qui est arrivée
01:22:03donc le texte est arrivé au Sénat
01:22:05avec ce qu'on peut considérer
01:22:06une sorte d'interdiction sèche
01:22:08sur les réseaux sociaux
01:22:09pour les moins de 15 ans
01:22:10or la marque de fabrique
01:22:11au Sénat
01:22:12c'était d'avoir des conditions
01:22:13par rapport à cette interdiction
01:22:14oui c'est ça
01:22:15le Sénat qui lui
01:22:16trouvait que le dispositif
01:22:18était trop fragile
01:22:18de la part de l'Assemblée nationale
01:22:19qui a voulu lui mettre en place
01:22:21une liste noire
01:22:22c'était ça l'idée
01:22:23c'était de créer
01:22:23une liste noire
01:22:24des réseaux sociaux
01:22:25que l'on souhaitait interdire
01:22:26à nos moins de 15 ans
01:22:27c'est ça
01:22:27une liste noire
01:22:28qui serait définie
01:22:29par un décret
01:22:29et qui pourrait être
01:22:31remise à jour chaque année
01:22:32et puis pour les autres
01:22:35accès
01:22:35une autorisation parentale
01:22:37de manière à remettre aussi
01:22:38l'autorité parentale
01:22:39dans le débat
01:22:41pour les réseaux sociaux
01:22:42les moins problématiques
01:22:43qui ont des vertus
01:22:44pédagogiques intéressantes
01:22:46et l'ARCOM serait dans la boucle
01:22:47dans la version du Sénat
01:22:48c'est elle qui aiderait
01:22:50à définir cette liste noire
01:22:51voilà
01:22:51et donc du coup
01:22:52il y a plus d'acteurs sollicités
01:22:53alors on pense
01:22:54que ça passera mieux
01:22:54au niveau du Conseil d'État
01:22:56mais donc il fallait
01:22:57quand même qu'il y ait ce temps
01:22:58et notamment la réponse
01:22:59de l'Europe aussi
01:23:00par rapport à cette législation
01:23:01j'allais y venir
01:23:01la Commission européenne
01:23:02qui doit rendre un avis
01:23:03d'ici le 10 juillet
01:23:04le Parlement
01:23:05qui doit donc attendre
01:23:06l'avis de Bruxelles
01:23:06pour savoir comment s'y prendre
01:23:08pourquoi est-ce qu'on attend
01:23:08cet avis ?
01:23:09Parce qu'on veut
01:23:10qu'à la fin
01:23:11le texte soit efficace
01:23:12donc on préfère avoir un avis
01:23:13pour être sûr
01:23:13que ce qui est fait
01:23:14ne soit pas bancal
01:23:15et ne soit pas retoqué
01:23:16une fois qu'il y aura eu
01:23:17la CMP
01:23:17puisqu'il va falloir
01:23:18qu'il y ait une CMP
01:23:19entre l'Assemblée
01:23:19Commission mixte parité
01:23:207 députés
01:23:217 sénateurs
01:23:22qui doivent trouver
01:23:22un compromis
01:23:23est-ce qu'on sait
01:23:23quand est-ce qu'elle peut être
01:23:24du coup
01:23:26quand est-ce qu'elle peut avoir lieu
01:23:27cette CMP ?
01:23:27Si la réponse a lieu
01:23:28le 10 juillet
01:23:29puisqu'on a des CMP
01:23:30qui peuvent se réunir
01:23:31jusqu'au 21-22 juillet
01:23:33ce serait le créneau possible
01:23:34sinon ce serait
01:23:35à la reprise
01:23:36des travaux
01:23:37et évidemment
01:23:38de l'élection du Sénat
01:23:39donc plutôt au mois d'octobre
01:23:40Et donc c'est l'une
01:23:41de mes questions
01:23:41auxquelles je voulais en venir
01:23:42mais verra-t-on
01:23:43une interdiction
01:23:44des réseaux sociaux
01:23:45ou de certains
01:23:45de ces réseaux sociaux
01:23:46d'ici à la fin du quinquennat
01:23:47selon vous ?
01:23:48C'est l'objectif
01:23:49je pense à la fois
01:23:49l'objectif du président
01:23:50mais nous c'est l'objectif
01:23:51aussi des parlementaires
01:23:52parce qu'on souhaite
01:23:54que non pas mettre ça
01:23:54ou pas au crédit
01:23:55du président de la République
01:23:56mais d'être efficace
01:23:57et opérationnel
01:23:58le plus rapidement possible
01:23:59Qu'est-ce que vous avez envie
01:23:59de dire aux parents
01:24:00qui nous écoutent ?
01:24:01Pourquoi est-ce qu'il est important
01:24:02que le Parlement légifère
01:24:04sur cette question ?
01:24:05Pourquoi est-ce qu'il est important
01:24:06d'interdire certains réseaux sociaux
01:24:06en moins de 15 ans ?
01:24:07Alors d'abord ça permet
01:24:08avec le travail des parlements
01:24:10ça permet de mettre
01:24:10la lumière sur le sujet
01:24:12Nous on a été interpellés
01:24:13par beaucoup de parents
01:24:14qui étaient un peu dépassés
01:24:15par ce phénomène
01:24:16mais en même temps
01:24:17c'est une réalité
01:24:18les réseaux sociaux
01:24:18le numérique
01:24:20ils irriguent tout notre quotidien
01:24:21et qu'on ne compte
01:24:22qu'en tant que parents
01:24:22et donc c'est important
01:24:24qu'on puisse fixer des règles
01:24:25mais qu'on puisse surtout
01:24:25associer le parent
01:24:26dans la manière de gérer ça
01:24:28avec leurs propres enfants
01:24:29et adolescents
01:24:29Et que dire des pays
01:24:30où il y a déjà eu
01:24:31cette interdiction
01:24:32on pense par exemple
01:24:33à l'Australie
01:24:34Quels sont les retours
01:24:35que vous avez de leur exemple ?
01:24:37Alors dans ce colloque
01:24:37on a eu le retour justement
01:24:38de la commissaire
01:24:39qui s'occupe de ça en Australie
01:24:40Julie Inman
01:24:42L'interdiction eux
01:24:43c'est moins de 16 ans
01:24:44il semblerait que ce soit
01:24:45pas aussi efficace
01:24:45que ce qu'ils escomptaient
01:24:46c'est un vrai intérêt
01:24:48parce qu'ils montrent
01:24:49les difficultés
01:24:50avec les plateformes
01:24:50de faire appliquer
01:24:51la réglementation
01:24:52donc ils vont essayer
01:24:53de redurcir leurs bras de fer
01:24:54mais ils sont très regardants
01:24:55de ce qui va être fait
01:24:56en France et en Europe
01:24:57et donc ce qui est intéressant
01:24:58c'est de voir
01:24:58qu'il y a plusieurs pays
01:24:59qui se saisissent de la question
01:25:01et on va converger
01:25:01parce que la solution
01:25:02n'est pas forcément évidente
01:25:03il faut y aller peut-être
01:25:04à tâtons
01:25:04mais ce qui est important
01:25:05c'est en tout cas
01:25:06de commencer par fixer des règles
01:25:08quitte à l'échanger
01:25:08pour vraiment
01:25:09qu'il y ait un électrochoc
01:25:10sur le sujet
01:25:11Et qu'est-ce que vous pensez
01:25:11de la réaction
01:25:12des plateformes elles-mêmes
01:25:13elles renvoient souvent
01:25:15vers Google
01:25:16ou vers les dispositifs
01:25:17qui permettent
01:25:18de télécharger
01:25:19ces applications
01:25:19comment est-ce qu'elles échappent
01:25:21comme ça à la responsabilité
01:25:22Exactement
01:25:22elles cherchent à fuir
01:25:23un peu leur responsabilité
01:25:24Elles communiquent dans la presse
01:25:25avec des grandes pages
01:25:26de publicité
01:25:26Alors moi je leur dis
01:25:28il faut qu'elles fassent attention
01:25:29parce que finalement
01:25:29les deux extrêmes
01:25:30c'est soit aux Etats-Unis
01:25:31où il y a des procès
01:25:32et ça peut leur coûter
01:25:33très très cher
01:25:34ou en Chine
01:25:35où il y a des méthodes
01:25:35un petit peu différentes
01:25:36mais qui sont extrêmement dures
01:25:37et donc nous on essaie
01:25:38de trouver le juste milieu
01:25:39les points d'équilibre
01:25:40et donc il faut qu'elles jouent le jeu
01:25:41parce que c'est
01:25:42y compris dans leur propre intérêt
01:25:43J'ai une dernière question
01:25:44il nous reste 30 secondes
01:25:45mais pourquoi est-ce que
01:25:45vous vous êtes impliqué
01:25:46en particulier sur ce dossier
01:25:47c'est un des sujets
01:25:48sur lesquels vous travaillez beaucoup
01:25:49pourquoi ?
01:25:49Moi je suis très intéressé
01:25:50par tout ce qui est l'éducation
01:25:51l'intelligence artificielle
01:25:53le numérique, l'éducation
01:25:54il y a des choses
01:25:54qui sont très vertueuses
01:25:55et il y a des choses
01:25:56qui peuvent avoir des dangers
01:25:58et donc je ne voudrais pas
01:25:59qu'on tue le bébé
01:26:00avec l'eau du bain
01:26:00et moi je veux à la fin
01:26:02qu'on ait un internet
01:26:03sans crainte
01:26:04plutôt qu'un internet interdit
01:26:05Mais pas sans couper
01:26:06parce qu'il y a aussi
01:26:07une source de connaissance
01:26:07pour les jeunes
01:26:08Exactement, énorme
01:26:09Merci, on suivra
01:26:10l'évolution de ce dossier
01:26:11au Parlement
01:26:12dans les prochaines semaines
01:26:12s'il évolue
01:26:13avec vous notamment
01:26:14Merci
01:26:14Merci beaucoup
01:26:19Et c'est la fin de cette émission
01:26:21Merci à vous de l'avoir suivie
01:26:22N'hésitez pas à lire
01:26:23les décryptages de la rédaction
01:26:24et à voir les replays
01:26:25de nos émissions
01:26:26c'est sur publicsénat.fr
01:26:27Prochain rendez-vous
01:26:28avec l'information
01:26:29dans quelques minutes
01:26:30à 18h
01:26:31pour Sens Public
01:26:32C'est présenté ce soir
01:26:33par Tam Tranui
01:26:34Très belle suite des programmes
01:26:35sur Public Sénat

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