00:00Au printemps 1945, dans les ruines d'une Allemagne vaincue,
00:04des millions de déplacés par la guerre rentrent chez eux.
00:07Dans cette foule disparate, 650 000 travailleurs français,
00:11650 000 victimes du travail forcé.
00:14C'est le gouvernement de Vichy qui avait sacrifié une partie de sa jeunesse
00:19pour les donner aux Allemands.
00:21Ces gens-là ont été livrés par leur gouvernement aux nazis.
00:26On les appelle les STO.
00:30Pour service du travail obligatoire.
00:32Trois lettres qui vont les marquer toute leur vie.
00:35C'était des gamins à ce moment-là.
00:37La guerre, c'était pour les parents.
00:40À 20 ans, ils ont été arrachés à leur famille.
00:44Ils ont connu la fin, subi la répression
00:46et survécu aux bombardements alliés sur l'Allemagne.
00:51Deux années de souffrance qu'ils ont dû taire à leur retour.
00:56Il y a eu une suspicion de collabo qui a plané en permanence.
01:01Je ne dirais pas ce qu'il plane encore.
01:03Papa, il a gardé tous les secrets macabres et sanglants
01:08pour nous épargner, nous, sa famille.
01:10Mon grand-père avait une partie de sa vie dont il ne voulait pas parler.
01:13Peut-être parce qu'il ne pouvait pas le raconter.
01:17Pris au mieux pour des lâches, au pire pour des traîtres,
01:21ils ont disparu du roman national.
01:25Ce sont les oubliés de la victoire.
01:26On les a oubliés, oui, totalement.
01:33Leur histoire est celle d'un tabou,
01:35d'une blessure restée vivace au cœur des familles.
01:40Après des décennies de silence,
01:42les derniers témoins et leurs descendants font entendre leur voix.
01:47On ne peut pas oublier des trucs comme ça, c'est impossible.
01:50Ça vous brise, ça vous brise, je vous dis la vérité.
01:53J'ai 102 ans et je n'ai pas oublié tout ça.
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