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  • il y a 3 mois
En 1945, près de 650 000 Français, contraints de travailler durant deux ans pour la machine de guerre nazie, rentrent chez eux. On les appelle les S.T.O. pour Service du travail obligatoire ; trois lettres qu'ils vont porter toute leur vie comme un fardeau. Pris au mieux pour des lâches, au pire pour des collabos, ils ont disparu du roman national. Après ...des décennies de silence, les derniers témoins et leurs descendants font entendre leurs voix.

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Transcription
00:00Au printemps 1945, dans les ruines d'une Allemagne vaincue,
00:04des millions de déplacés par la guerre rentrent chez eux.
00:07Dans cette foule disparate, 650 000 travailleurs français,
00:11650 000 victimes du travail forcé.
00:14C'est le gouvernement de Vichy qui avait sacrifié une partie de sa jeunesse
00:19pour les donner aux Allemands.
00:21Ces gens-là ont été livrés par leur gouvernement aux nazis.
00:26On les appelle les STO.
00:30Pour service du travail obligatoire.
00:32Trois lettres qui vont les marquer toute leur vie.
00:35C'était des gamins à ce moment-là.
00:37La guerre, c'était pour les parents.
00:40À 20 ans, ils ont été arrachés à leur famille.
00:44Ils ont connu la fin, subi la répression
00:46et survécu aux bombardements alliés sur l'Allemagne.
00:51Deux années de souffrance qu'ils ont dû taire à leur retour.
00:56Il y a eu une suspicion de collabo qui a plané en permanence.
01:01Je ne dirais pas ce qu'il plane encore.
01:03Papa, il a gardé tous les secrets macabres et sanglants
01:08pour nous épargner, nous, sa famille.
01:10Mon grand-père avait une partie de sa vie dont il ne voulait pas parler.
01:13Peut-être parce qu'il ne pouvait pas le raconter.
01:17Pris au mieux pour des lâches, au pire pour des traîtres,
01:21ils ont disparu du roman national.
01:25Ce sont les oubliés de la victoire.
01:26On les a oubliés, oui, totalement.
01:33Leur histoire est celle d'un tabou,
01:35d'une blessure restée vivace au cœur des familles.
01:40Après des décennies de silence,
01:42les derniers témoins et leurs descendants font entendre leur voix.
01:47On ne peut pas oublier des trucs comme ça, c'est impossible.
01:50Ça vous brise, ça vous brise, je vous dis la vérité.
01:53J'ai 102 ans et je n'ai pas oublié tout ça.
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