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  • il y a 17 minutes
Théophile Gervet, Cofondateur et président de Genesis AI, était l'invité de François Sorel dans Tech & Co, la quotidienne, ce mardi 23 juin. Il s'est penché sur le robot capable d'imiter l'homme, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Voilà, et pour retrouver Tech & Co Business, il suffit tout simplement d'aller sur la plateforme de BFM Business.
00:07Il est 20h35, on va parler robotique avec mon invité tout de suite.
00:17Théophile Gervais est avec nous, bonsoir Théophile.
00:20Bonsoir François.
00:20Vous êtes le cofondateur et président de Genesis AI, qui est une société robotique full stack internationale.
00:28Vous êtes basé à Paris, mais aussi à San Carlos, et vous développez des robots tout mignons,
00:35alors qu'ils sont sur des grosses roues, j'ai l'impression.
00:39Ils ne marchent pas comme FigurEye ou Optimus d'Elon Musk, mais malgré tout, ils sont là pour exécuter des
00:47tâches.
00:48Expliquez-nous un petit peu ce que vous faites, et notamment présentez-nous Néo, c'est comme ça qu'il
00:52s'appelle ?
00:53Inno.
00:53Inno, pardon. Allez-y.
00:55Oui, on crée des robots généralistes, ou par rapport aux robots industriels aujourd'hui, qui font plus ou moins la
00:59même chose toute la journée.
01:00Là, l'idée, c'est d'avoir un cerveau, un robot vraiment généraliste, avec un cerveau qui puisse s'adapter
01:05à différentes tâches dans différents environnements,
01:07que ce soit dans des environnements industriels comme en automobile, aéronautique, dans des labos pharmaceutiques, ou éventuellement à la maison.
01:14Et c'est le cerveau d'IA qui lui permet de s'adapter à différentes tâches.
01:17D'accord. Parce qu'aujourd'hui, on le voit, le plus compliqué, c'est de donner du bon sens à
01:22un robot et apprendre à faire des tâches.
01:24Parce que c'est vrai que tous les robots qu'on voit, on était encore à Vivatec la semaine dernière,
01:29vous regardez les robots Unitry, ils sont superbes, ils font des trucs incroyables,
01:33mais il y a quelqu'un qui les télécommande derrière, ou alors ils sont programmés pour faire une tâche.
01:36Mais ils n'ont aucune intelligence.
01:38Vous, l'idée, c'est d'arriver à faire du hardware, mais aussi de donner une espèce de savoir-faire
01:46à un robot, c'est ça ?
01:47Exactement. Je pense que ce qui marche vraiment aujourd'hui en robotique, c'est la locomotion,
01:51donc avoir un robot qui marche, ou la navigation, faire une carte et se balader dans une scène.
01:56Mais ce qui ne marche pas encore, c'est la manipulation.
01:58Donc utiliser ses mains pour interagir avec l'environnement,
02:00et c'est vraiment comprendre l'environnement et pouvoir interagir avec qui est la difficulté aujourd'hui.
02:05Et c'est pour ça qu'on se penche dessus depuis le début de la boîte.
02:08Alors comment arrivez-vous à arriver à faire ça, en fait ?
02:11Parce qu'on le voit, on a des boîtes chinoises comme Unitry qui ont du mal, etc.
02:16Comment arrivez-vous à donner ce début d'intelligence au robot ?
02:20On a sorti il y a un mois notre modèle GEN.
02:22D'ailleurs, on avait des vidéos, je ne sais pas si on peut les montrer,
02:24mais l'idée est d'avoir un modèle vraiment généraliste,
02:27qui puisse s'adapter à différents tâches dans différents environnements,
02:30et pouvoir par exemple apprendre, l'idée est d'apprendre de données humaines,
02:35où la plupart des données de manipulation qu'on a aujourd'hui,
02:38c'est nous les humains qui interagissons avec notre environnement.
02:41Donc l'idée est d'apprendre de ces données à travers différents environnements
02:43pour créer un cerveau généraliste.
02:46En fait, il est piloté par GEN, c'est ça ?
02:50Qu'est-ce que c'est que GEN ?
02:52C'est le nom d'un modèle généraliste, le modèle prend une instruction en langage,
02:57comme on peut parler, vous et moi, et la vidéo de ce que le robot voit,
03:00et après contrôle le robot pour lui dire comment bouger ses bras pour résoudre une tâche.
03:05Donc en fait, ce sont des vidéos que le robot, en tout cas que l'IA du robot va ingurgiter,
03:10et après il va reproduire les gestes qu'il a vus sur cette vidéo, c'est ça ?
03:14Exactement, c'est en collectant vraiment des données à l'échelle d'humains
03:17qui faisant différentes tâches, qu'on arrive à prendre un modèle à s'adapter à plein de situations différentes.
03:22C'est hyper intéressant parce qu'on parle beaucoup d'Ami Labs,
03:26la boîte d'IA de World Model de Yann Lequin, c'est un peu son concept,
03:30c'est-à-dire que pour que l'IA comprenne en fait un environnement physique,
03:34il faut lui montrer non pas que du texte, mais des vidéos avec du son
03:38pour qu'elle comprenne son environnement.
03:40En fait, vous rejoignez un petit peu son point de vue ?
03:43L'idée est qu'on a vraiment besoin de données physiques
03:46pour apprendre un robot à interagir avec le monde physique.
03:49Je pense que l'enjeu est vraiment de collecter des données à l'échelle
03:51d'humains qui faisant différentes tâches,
03:53et c'est comme ça qu'on apprend à un robot à faire des tâches de manière généraliste.
03:57Alors aujourd'hui, qu'est-ce qu'il arrive à faire votre robot ?
03:59Parce que vous êtes tout jeune, vous avez été fondé en décembre 2024.
04:02Eno existe déjà ?
04:04Eno existe déjà, pour l'instant, on a créé trois briques technologiques de manière séparée.
04:08On a le modèle GEN qui est un modèle généraliste qui peut faire des tâches
04:12comme on a sorti des vidéos de cuisine, par exemple,
04:15où quatre minutes, on a un modèle qui peut préparer une omelette,
04:18couper des tomates de manière complètement indépendante en utilisant des outils.
04:21Mais alors attendez, par exemple, je le mets dans ma cuisine,
04:23il va arriver à le faire ?
04:24Ou est-ce qu'il faut quand même qu'il ait une cuisine bien spécifique ?
04:28Aujourd'hui, il nous faut encore des données pour chaque tâche.
04:30C'est quelques heures d'apprentissage pour une tâche donnée dans un environnement donné.
04:34L'idée de passer les données à l'échelle,
04:36c'est qu'on arrive vraiment à pouvoir avoir le cerveau du robot
04:39qui s'adapte à une nouvelle tâche dans un environnement avec le moins d'effort possible.
04:42D'accord.
04:43Donc il arrive à faire des tâches basiques de cuisine, c'est ça ?
04:46De cuisine, on a aussi fait, on a sorti le modèle
04:48et aussi capable de faire des expériences avec des pipettes
04:51de manière super précise dans un labo pharmaceutique, par exemple,
04:54au millimètre près,
04:55ou de câbler ensemble des câbles pour l'automobile ou l'aéronautique,
05:00qui est une tâche où il y a trois millions de personnes qui font ça chaque jour.
05:02C'est le même cerveau de robot qui fait toutes ces tâches à la fois.
05:05D'accord.
05:06Et vous venez d'où, en fait ?
05:08Comment avez-vous créé cette boîte-là ?
05:10Et quel était votre objectif au départ ?
05:13Je suis français.
05:14J'ai rencontré mon confondateur en thèse sur la côte Est.
05:17Et on a créé la boîte entre Paris et San Francisco.
05:20On a aussi un bureau à Londres et à Paris,
05:22parce que je pense qu'on a des talents extraordinaires en IA,
05:24en robotique, en graphique,
05:26dont on bénéficie,
05:27et aussi un vivier industriel assez important en Europe.
05:30Et la Silicon Valley,
05:32parce que c'était nécessaire pour l'ambition de la boîte.
05:34Et c'est quand même le centre de l'IA aujourd'hui.
05:36C'est intéressant.
05:37Et alors, vous en êtes où ?
05:38Donc, la prochaine étape, c'est quoi pour Genesys AI ?
05:43Là, on a sorti notre modèle,
05:45notre robot Eno,
05:47qui est notre première plateforme généraliste,
05:48et aussi notre simulateur,
05:50qui est la manière avec laquelle...
05:52Un des problèmes de la robotique aujourd'hui,
05:54c'est qu'on itère à la vitesse du monde réel,
05:55qui est très lent et qu'on ne peut pas paralléliser.
05:57Donc, créer des mondes virtuels,
05:59c'est ça qui nous permet d'évaluer le robot
06:01à travers des centaines de milliers d'environnements en parallèle.
06:03En fait, vous créez des jumeaux de ce robot,
06:05c'est ça ?
06:05Des jumeaux numériques, c'est ça ?
06:06Exactement.
06:06Des centaines de milliers de jumeaux numériques du robot
06:08pour qu'on puisse améliorer tout seul.
06:10Donc, on a sorti ces trois briques.
06:11Et là, la prochaine étape,
06:12c'est d'amener Eno dans des premiers environnements industriels.
06:14Donc, on est en train de créer des partenariats
06:17avec des industriels,
06:18que ce soit en automobile, aéronautique, pharma.
06:22Et la prochaine étape,
06:23c'est d'avoir Eno dans des environnements industriels
06:24d'ici la fin d'année.
06:25Vous êtes persuadé que la robotique,
06:28enfin, les robots vont arriver partout,
06:29dans l'industrie, mais aussi, pourquoi pas, à la maison.
06:33C'est une certitude pour vous ?
06:34Je pense qu'à terme, oui, c'est une certitude.
06:36On aura des robots à travers tous les endroits
06:39où il y a des humains.
06:39Il y aura des robots aussi.
06:40Et il faut que ce soit un futur positif pour tout le monde.
06:43Quand vous voyez, je parlais de Unitree,
06:45mais quand vous voyez, par exemple,
06:46Figure AI qui lève beaucoup d'argent,
06:51Optimus avec Tesla et Elon Musk,
06:55vous avez quand même des armes pour vous battre ?
06:57Parce que j'imagine que vous n'avez pas la trésorerie
06:59de ces boîtes-là.
07:00Vous avez quand même des armes pour vous battre ?
07:01On a des compétiteurs...
07:02Tout est à construire, en fait, aujourd'hui.
07:05C'est-à-dire que le futur roi de la robotique
07:07n'est peut-être pas encore né ?
07:09Je pense qu'on est encore très, très tôt dans cette vague.
07:11Il y a des compétiteurs...
07:12J'ai beaucoup d'admiration pour les entrepreneurs
07:13et en Chine et dans la Silicon Valley,
07:15qui sont super ambitieux.
07:16Et je pense que tout est encore à jouer.
07:18On a commencé il y a à peine 15 mois
07:19et on a sorti des...
07:20Et le modèle, et le simulateur, et le robot
07:22ont dépassé l'état de l'art dans certains sens.
07:25Et donc, on pense que c'est le début de la course
07:26et on est dedans.
07:28Quand vous dites...
07:28Alors, quand on voit Ino,
07:30on se rend compte qu'il n'a pas de...
07:31Je disais, de jambes tout à l'heure.
07:33Il fonctionne avec un système de roux.
07:35Pourquoi avoir choisi ce...
07:38Ce point précis ?
07:40C'est une bonne question.
07:41Je pense que la partie la plus importante
07:42d'un robot humanoïde,
07:43c'est que les bras et les mains soient humains.
07:45Donc, avoir cinq doigts
07:46et les mêmes degrés de fonctionnalité
07:48que les mains humaines.
07:49Et il a un torse aussi ?
07:50Il a une petite tête, je crois ?
07:52On n'a pas besoin de tête, en fait,
07:53parce qu'on n'a pas de cerveau.
07:54Donc, à part les bras et les mains,
07:55le reste du corps n'a pas besoin d'être humain.
07:56Et la plupart des industriels
07:58préfèrent un robot sur roux
07:59parce que c'est plus safe
08:00et plus facile à déployer.
08:02Enfin, là, il a une petite tête, en fait.
08:04On peut imaginer, après,
08:04c'est de l'anthropomorphisme.
08:06Mais on se dit que le dessus, en fait,
08:08de son torse...
08:08Il y a quand même une caméra.
08:09Oui, c'est ça.
08:10C'est ça.
08:12Oui, ça fait un peu une petite tête, quoi,
08:13en quelque sorte.
08:15Et demain, la prochaine étape pour vous,
08:18c'est quoi ?
08:18C'est donc de commencer par l'industrie
08:20et puis après, d'arriver, pourquoi pas,
08:22dans le monde du domestique
08:24et d'avoir un robot à la maison.
08:27Et éventuellement, peut-être, les services
08:28dans des hôtels, des hôpitaux,
08:30restaurants et éventuellement à la maison.
08:32Ça coûte cher, non, tout ça ?
08:34Pas tant que ça.
08:35Vous avez déjà une idée
08:36de ce que ça pourrait coûter
08:37dans quelques années, un robot ?
08:40Et puis, la question subsidiaire,
08:43j'ai envie de vous poser,
08:44comment il va apprendre, en fait ?
08:45Parce que, finalement, chaque robot,
08:47demain, quand on l'aura à la maison,
08:49il aura des tâches bien spécifiques.
08:51Sur ce que ça va coûter,
08:52je pense qu'on en parlera
08:54quand on sort le robot en fin d'année
08:55pour le déploiement commercial.
08:59Mais comment il va apprendre ?
09:00L'idée, c'est vraiment
09:01de passer les données à l'échelle.
09:02Donc, c'est utiliser des données d'humains
09:04à travers plein d'environnements
09:06pour avoir un modèle vraiment généraliste
09:07en passant ces données à l'échelle.
09:08D'accord.
09:09C'est la même manière
09:09qu'on a pu faire pour les modèles.
09:10C'est-à-dire qu'il ne sera pas obligé
09:11d'apprendre quelque chose
09:12que je lui montrerai
09:13quand il arrivera à la maison, en fait.
09:16Exactement.
09:16C'est comme le cloud code aujourd'hui
09:18où une nouvelle base de code,
09:20un nouveau problème,
09:20ça marche sur ce nouveau problème
09:22sans avoir besoin
09:23d'être entraîné sur ce problème.
09:24Je pense que les robots,
09:25on arrivera là
09:25dans les prochaines années.
09:28Vous parliez tout à l'heure
09:29de l'excellence française dans l'IA.
09:31Vous, justement,
09:32c'est pour ça que vous êtes
09:33basé aussi ici en France ?
09:35C'est parce qu'on a
09:36un vrai savoir-faire ?
09:37Je pense qu'on a des talents
09:38extraordinaires en IA,
09:39en robotique
09:40et en rendu graphique aussi
09:42et en simulation physique.
09:43Donc, c'est pour ça
09:43qu'on est basé là en partie.
09:45Très bien.
09:45Écoutez, formidable.
09:47Ça donne envie en tous les cas
09:48de découvrir la suite de tout ça.
09:50La prochaine étape
09:51pour Genesys Series,
09:52c'est quoi ?
09:53La prochaine étape,
09:54c'est des partenaires industriaux
09:55en automobile,
09:56aéronautique
09:57et pharma,
09:58entre autres.
09:59Donc,
10:00si vous voulez bosser ensemble
10:01sur les prochaines années,
10:01on aimerait entendre parler.
10:02Vous recrutez en ce moment ?
10:03On recrute aussi beaucoup
10:04en IA,
10:05robotique et graphique
10:06à Paris et ailleurs.
10:07Et levée de fonds
10:09bientôt prévue ?
10:09On lève toujours en start-up.
10:11Bon, très bien.
10:12Merci beaucoup,
10:13Théophile Gervais.
10:14On va vous suivre de près.
10:16Et la prochaine fois
10:16que vous venez sur le plateau
10:17de Tech & Co,
10:18venez avec Ino.
10:19Ça serait cool.
10:20Ça serait cool.
10:20Avec plaisir.
10:21Merci, Rondon.
10:22Il y a de très belles initiatives
10:24françaises dans le monde
10:25de la robotique.
10:26Théophile Gervais,
10:27cofondateur et président
10:28donc de Genesis AI.
10:31Et tout de suite,
10:32direction la rédaction
10:33de BFM Tech.
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